- il y a 7 heures
Aujourd'hui, c'est au tour d'Arnaud Montebourg, entrepreneur et ancien ministre de l’Économie, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:05C'est Arnaud Montebourg qui est avec nous, l'ancien ministre de l'économie, aujourd'hui entrepreneur.
00:09Bonjour M. Montebourg.
00:10Comment allez-vous ?
00:11On est presque collègues de bureau, parce que vous travaillez deux étages au-dessus avec BFM TV à l'occasion
00:17de Made in Montebourg.
00:19C'est votre nouveau rendez-vous ?
00:20C'est un rendez-vous.
00:21Le vendredi 19h avec Paola Puerhari ?
00:24C'est ça.
00:24Alors c'est quoi Made in Montebourg ?
00:26C'est le lieu où on va s'engager pour le Made in France, le fabriquer en France, le produire
00:32en France.
00:33Comment, pourquoi ?
00:35Bref, c'est une émission d'engagement.
00:37Comment on fait pour réindustrialiser la France ?
00:39Comment on remonte l'agriculture ?
00:41Comment on surmonte les obstacles ?
00:43Bref, comment on donne la parole à des entrepreneurs qui sont en train, dans le silence le plus complet,
00:48de révolutionner telle technologie, tel modèle économique ?
00:53Bref, c'est aussi le lieu de la fierté.
00:57Ça veut dire que les solutions ont des solutions.
00:59Mais on les a chez nous.
01:00Elles sont là, elles existent.
01:02C'est incroyable ce que nous avons comme ressources dans notre pays.
01:07D'ailleurs, vous allez dans n'importe quelle région de France, vous ouvrez le journal local,
01:11vous verrez toutes les solutions qui s'agitent, se mettent en place, règlent des problèmes,
01:17dans la France rurale, dans la France des banlieues, dans les métropoles, il se passe plein de choses.
01:22Le tissu économique, il est là ?
01:24Oui, il est fort ? Il est compétitif ?
01:27En tout cas, vous savez, je pense que les Français n'ont pas conscience de la grande force qui est
01:33en nous.
01:34Ils sont les pires procureurs d'eux-mêmes, finalement.
01:37Et donc, c'est l'occasion de dire, il y a dans la France des entrepreneurs qui sont en train
01:43de préparer le futur.
01:44Et il faut les soutenir, les encourager, les connaître, déjà, les connaître, leur donner la parole.
01:51Et puis, c'est aussi les solutions.
01:53Il y a beaucoup d'espoir.
01:54Si on avait des dirigeants capables d'avoir un système décisionnaire qui fonctionne,
02:00c'est quand même, tout est paralysé aujourd'hui.
02:01Vous voyez, tout est paralysé.
02:02Pourquoi c'est paralysé ?
02:03Il n'y a pas de majorité, le gouvernement, il saute tous les quelques mois.
02:08Enfin, vous avez compris qu'il y a un problème.
02:10Donc, si on avait un système normal, le fonctionnement normal,
02:14qui permettrait d'ailleurs de faire rentrer des propositions,
02:18puis de les débattre, et puis de les adopter ou pas, d'ailleurs,
02:21parce que nul n'a la science infuse, je pense qu'on se porterait mieux.
02:25Donc, c'est intéressant, si vous voulez, dans la période actuelle,
02:29d'amener des propositions et des solutions.
02:31Parce qu'il y en a plein, et il y en a plein qui sont portés par des tas de
02:34gens
02:34qui ne trouvent pas à faire connaître dans le débat public
02:38les idées tout à fait intéressantes sur lesquelles on pourrait redémarrer.
02:42Alors, juste une chose, parce que ce matin, vous disiez,
02:45l'État, le gouvernement saute tous les six mois,
02:49mais on n'a plus d'argent aussi, Arnaud Montebourg.
02:51Vous avez entendu le déficit ce matin ?
02:53Alors, ça va mieux.
02:54On est à 5 ans au lieu de 5-4, 3 460 milliards d'euros.
03:00On baisse grâce à hausse d'impôts sur le revenu et d'impôts sur le patrimoine.
03:07Voilà ce qui réduit les déficits, c'est les impôts en France.
03:10Oui, mais enfin, il n'y a pas que l'argent public.
03:12Vous savez, il y a des responsabilités privées aussi.
03:14Vous avez le système financier, le système bancaire, les assurances.
03:18Qu'est-ce qu'ils font ?
03:19Comment ils participent au Made in France ?
03:21Ils ne participent pas suffisamment ?
03:22Pas assez, bien sûr. Ils font, mais pas assez.
03:26Mais parce que derrière, ils savent qu'ils se font taper dessus par l'État aussi.
03:28Non, non, non, ça n'a aucun rapport.
03:31Franchement, il y a de quoi faire et il se passe des tas de choses.
03:33Dans l'agriculture, il n'y a pas que des subventions, vous savez.
03:36Il y a aussi de l'investissement.
03:37D'ailleurs, on pourrait imaginer un système où l'argent public ne serait plus subventionnel.
03:43On ne subventionne plus personne, mais on investit.
03:46Au lieu de donner des aides, on investit.
03:48C'est-à-dire qu'on attend un revenu futur d'une action collective,
03:51c'est-à-dire privée, mais avec de l'argent investi publiquement.
03:54Vous voyez, il y a beaucoup d'idées qui circulent dans ce pays.
03:57Donc, c'est ça que nous allons mettre en valeur.
03:59Et puis surtout, on va s'engager.
04:00C'est une émission de parti pris, un peu comme ici.
04:03C'est-à-dire qu'en fait, moi, je ne fais pas des débats à l'eau tiède.
04:07D'abord, moi, je ne suis pas animateur.
04:09Ce n'est pas mon métier.
04:10En revanche, je suis un entrepreneur.
04:11J'ai été un homme engagé dans la vie publique,
04:14dans l'action privée aujourd'hui, comme entrepreneur,
04:17dans l'agriculture, l'industrie.
04:19On a monté des entreprises.
04:20On essaie de les faire se développer.
04:22Elle marche ?
04:23Ça marche.
04:24On est content.
04:24On a relocalisé une filière entière dans les amendes,
04:29qui est un fruit sec star.
04:3150 000 tonnes consommées par les Français.
04:34Quand on a lancé la compagnie,
04:37800 tonnes étaient produites en France.
04:39Sur 50 000 tonnes, vous imaginez ?
04:41Tout le reste était d'importation.
04:4299% importés.
04:44Et à un moment, on se pose des questions.
04:46On se dit, bon, maintenant, il faut affronter ça,
04:47comme on fait pour replanter.
04:49D'autant que l'amende, son berceau historique,
04:51c'était la Provence, c'était la Méditerranée.
04:54Tout ça est parti aux États-Unis, dans le désert de Californie.
04:56Ils ont planté à coup d'un tronc et de pompage des nables frais.
05:00Est-ce que ça revient moins cher ?
05:01Je pense que c'est surtout qu'ils ont utilisé
05:05des avantages environnementaux
05:08qui, aujourd'hui, sont épuisés.
05:10Donc, maintenant, c'est terminé.
05:11Donc, si vous voulez,
05:13cette stratégie de la relocalisation,
05:15il y en a plein qui le font sur le Télébrat français.
05:17Il faut leur donner la parole.
05:18Mais est-ce qu'on peut passer par le commissariat au plan ?
05:20Regardez, vous savez pourquoi je vous pose la question ?
05:23Parce que je voyais que la Chine,
05:24et je vous conseille de retrouver cet article-là,
05:26vous qui nous écoutez dans les échos,
05:29la Chine a lancé sa planification jusqu'en 2035.
05:32– Ce n'est pas la première fois.
05:33– Non, non, bien sûr.
05:34Il marche comme ça.
05:35– Ça doit être le cinquième plan de 10 ans, comme ça.
05:37Ça fait 50 ans qu'ils font ça.
05:38– Ça fait 50 ans qu'ils font.
05:39Regardez le résultat.
05:40– Justement.
05:40Et là, ils ont ciblé les secteurs dans lesquels il fallait investir,
05:44les secteurs des nouvelles technologies,
05:45de l'intelligence artificielle,
05:47les secteurs des services.
05:48Ils vont mettre des milliards et des milliards.
05:50Bon, la voiture électrique,
05:52ils ont mis des milliards et des milliards.
05:53Photovoltaïque, ils ont mis des milliards.
05:54Donc, je dis,
05:57souvenez-vous que le président chinois a dit
05:58la Chine est inarrêtable.
05:59Donc, le rouleau compresseur chinois,
06:02est-ce que nous, on peut y faire face ?
06:03Nous, les petits Français ici,
06:05avec ces entreprises qui sont très bien,
06:07mais qui, à un moment, vont se heurter aux géants.
06:11– D'abord, la réponse est oui,
06:12si l'Union européenne se donnait la peine
06:14d'assurer ses missions,
06:17c'est-à-dire de protéger l'industrie européenne.
06:20Ce qui n'est pas le cas.
06:21Je rappelle que quand on a créé la PAC,
06:23politique agricole commune,
06:25c'était une politique protectionniste.
06:26C'est-à-dire qu'on ne laissait pas entrer
06:28les productions qui venaient d'ailleurs
06:30pour protéger la production intérieure de l'Europe.
06:33Et puis, elle était démantelée.
06:35Bon, aujourd'hui, le monde entier est protectionniste,
06:38sauf l'Europe,
06:39qui signe encore des accords de libre-échange.
06:42En gros, comme disait un portefeuille,
06:44– Bien sûr, c'est une connerie, quoi, en fait.
06:45– Ou l'Australie, la nouvelle déante, ça continue.
06:47Vous en avez…
06:48Il y en a encore un qui a été signé cette semaine.
06:50Donc, ça continue.
06:51C'est-à-dire qu'on continue d'ouvrir nos marchés
06:53pendant que tous les autres marchés se referment.
06:56Bon, donc, contresens stratégique total.
06:59Conséquence, aujourd'hui, vous avez des gens
07:00qui ne sont franchement pas des mélanchonistes
07:04ou des lepénistes.
07:06Exemple, le président de la BPI,
07:08qui dit, si nous ne nous protégeons pas,
07:10c'est-à-dire si on ne met pas des barrières,
07:12non pas douanières, des quotas d'importation,
07:14comme on l'a fait dans les années 70, 80, même 90,
07:17sur l'automobile coréenne ou japonaise,
07:20ça s'est très bien passé,
07:22eh bien, nous allons finir à part perdre,
07:25par exemple, toute l'industrie automobile européenne.
07:27Je vous rappelle, c'est 15 millions d'emplois.
07:30Et il n'y en a pas loin d'un million en France.
07:32Donc, on est en situation de danger.
07:34La seule réaction raisonnable,
07:37c'est une réaction d'interdiction d'importation.
07:40Parce que vous pouvez mettre des droits de douane.
07:41– Mais les Chinois, ils vont construire.
07:43Et là, ils ont ouvert leurs usines en Turquie,
07:45ils vont en ouvrir en Hongrie.
07:46– La Turquie, ce n'est pas l'Europe.
07:48– D'accord, mais les bagnoles vont arriver quand même.
07:49– Et là, en Hongrie, on verra ce qu'ils utilisent
07:51comme contenu intérieur, parce que le débat, c'est...
07:54Nous, on a fait des JV, c'est-à-dire des co-entreprises,
07:57avec des transferts technologie pendant 20 ans en Chine.
07:59Ils en ont profité.
08:01Maintenant, ils ont pris de l'avance technologique,
08:02donc on va leur demander, en contrepartie,
08:04de venir faire des co-entreprises
08:07avec des transferts technologie en Europe et en France.
08:09Parce que ce sera...
08:10C'est le seul moyen de faire.
08:12Sinon, on crève.
08:13Ah ben, sinon, nous allons nous appauvrir,
08:15on va finir pays du tiers-monde.
08:16C'est ça qui se prépare.
08:18– Monsieur Montbourg...
08:19– Et d'ailleurs, ce n'est pas moi qui le dis.
08:20C'est le commissaire au plan,
08:23c'est le président de la BPI,
08:25c'est quand même la plupart des membres du gouvernement actuel
08:28le disent sous cap parce qu'ils ne veulent pas se faire mal voir
08:31par les institutions européennes.
08:33Ils ont bien tort, d'ailleurs,
08:34parce que c'est plutôt, je crois,
08:36le moment maintenant d'ouvrir l'offensive vis-à-vis de l'Union européenne.
08:39Et donc, ce sujet-là est un sujet...
08:42C'est le sujet des années à venir,
08:43enfin des mois à venir,
08:44parce qu'on n'a plus beaucoup de temps.
08:46Pardon.
08:46– Oui, non, mais il y a quand même un petit sujet aussi
08:49qui s'appelle le commerce
08:51et qui est l'innovation que proposent les Chinois
08:55en matière automobile, par exemple.
08:57C'est-à-dire qu'on est là à s'épouvanter
09:01d'une éventuelle invasion de l'Europe
09:03par des voitures chinoises,
09:04mais les voitures chinoises,
09:06elles vous font des Range Rover au prix des Clio.
09:09Il faut peut-être qu'on se pose
09:10deux, trois questions aussi de ce côté-là.
09:13Moi, je trouve votre discours très convaincant dans l'ensemble.
09:19Enfin, évidemment qu'on a envie d'être d'accord.
09:21En même temps, il y a une autre différence
09:23entre la France et le Japon,
09:25entre la France et la Corée du Sud,
09:27entre la France et la Chine.
09:28C'est tout simplement le temps de travail
09:31et le modèle social.
09:32Vous parlez de pays qui sont à l'offensive
09:35sur le plan commercial,
09:36qui n'ont pas la même réglementation
09:39sur le travail que nous,
09:40qui ont un temps de travail plus important,
09:42qui ont un modèle social beaucoup moins coûteux.
09:45Nous, on se dirige gentiment
09:47vers la semaine de quatre jours.
09:50Le salarié français,
09:51quand il voit arriver 16 heures,
09:53commence à faire ses affaires
09:54pour rentrer chez lui.
09:56Et de plus en plus,
09:57le fardeau du modèle social français
09:59est payé par un nombre
10:00toujours plus décroissant de Français.
10:03Et ça, c'est quand même l'héritage du socialisme
10:05qui a été votre famille politique
10:07pendant longtemps.
10:08Et des 35 heures de Lionel Jospin.
10:10Et des 35 heures de Lionel Jospin,
10:11auquel l'hommage national
10:12a été rendu en grande pompe hier.
10:14Donc, est-ce qu'il n'y a pas
10:15une petite incohérence quand même ?
10:17Et est-ce que vous ne devriez pas
10:18aller au bout de votre raisonnement ?
10:20Moi, je ne suis pas contre
10:22le protectionnisme européen,
10:23la volonté de réindustrialiser la France.
10:26Je suis d'accord pour dire
10:27que c'est à portée de main.
10:29Mais encore faut-il
10:30qu'on accepte de nouveau
10:31de se mettre au charbon.
10:32et ce n'est pas la pente
10:34qu'ont pris les Français
10:35depuis 30 ans ?
10:36Alors, première réflexion,
10:39les Chinois,
10:40et merci de cette contradiction
10:43saine et utile,
10:44les Chinois fabriquent
10:47des Range Rover au prix des Clio.
10:50En fait, l'innovation chinoise,
10:52les industries européennes
10:54sont parfaitement capables
10:55d'être à la hauteur des...
10:56Mais ils ne pratiquent pas
10:58le dumping subventionné
11:00par l'État chinois
11:01puisque c'est exactement
11:02ce qui est organisé.
11:03Donc, c'est ce qu'on appelle
11:04la concurrence déloyale.
11:05Et donc, le dumping,
11:07il est interdit
11:08et doit être réprimé.
11:09Donc, ça, c'est la défaillance
11:11du système européen
11:12puisque les Allemands
11:13qui sont drogués
11:14au commerce extérieur,
11:16qui sont d'ailleurs
11:17en train de prendre le bouillon,
11:18ils perdent 15 000 emplois
11:19industriels par mois.
11:21Ils sont en train,
11:22ils en ont perdu 150 000
11:23l'année dernière
11:24et ça continue.
11:26Volkswagen vient de perdre
11:2755 000 employés
11:29et ils veulent fermer
11:30les dirigeants de Volkswagen
11:31veulent fermer
11:328 usines en Allemagne.
11:35C'est historique.
11:36Et donc, si vous voulez,
11:37il y a un réveil allemand
11:39par rapport aux atteints
11:40de la industrie.
11:40D'ailleurs, ce n'est pas pour rien
11:41que l'AFD est en train
11:42de prendre l'Allemagne
11:43à cause de ça.
11:45Parce que les libéraux
11:46qui dirigent aujourd'hui
11:47l'Allemagne
11:48ne veulent pas
11:49de protectionnisme européen.
11:50Et c'est eux
11:51qui nous bloquent
11:52dans les débats,
11:53j'allais dire,
11:54à l'intérieur
11:54de l'Union européenne.
11:55Donc là,
11:56vous avez un sujet
11:57qui est un sujet politique
11:59et de rébellion
12:00contre le système
12:01passoire européen
12:03mondialisateur
12:04en quelque sorte
12:04sur lequel
12:05il est temps
12:06que maintenant
12:06nous arrivions
12:07à le faire rétrécir
12:09au lavage.
12:10Donc ça,
12:11c'est un problème politique
12:11et ce n'est pas
12:13un problème
12:13d'incompétence
12:15des Européens.
12:15C'est pas un face
12:16au chez les 35 heures.
12:17le modèle social,
12:19le modèle social
12:20aujourd'hui
12:20n'est pas financé.
12:21Donc il est financé
12:22par l'endettement.
12:23Il ne correspond pas
12:24aux capacités
12:25que nous nous sommes données
12:27à travailler
12:28et à produire.
12:29Et nous n'avons pas
12:31pris en quelque sorte
12:32le train
12:34d'innovation technologique
12:35comme les Américains
12:36l'ont fait dans la tech
12:36pour financer
12:37en quelque sorte
12:38par un attrait de capitaux,
12:40par de la richesse
12:41créée sur le territoire
12:42pour financer
12:43notre train de vie.
12:44Donc on a
12:45un désajustement
12:46entre notre train de vie
12:47et nos capacités
12:48de production.
12:49Et d'ailleurs,
12:49la désindustrialisation
12:51qui a commencé
12:51il y a longtemps
12:52est l'une des causes
12:53du déficit public.
12:55C'est parce qu'on n'a
12:55plus de recettes
12:56qu'aujourd'hui
12:57et qu'on n'a pas
12:58trop bougé nos dépenses.
12:59On continue
12:59sur la même tendance
13:01à vivre
13:02comme s'il ne s'était
13:02rien passé
13:03mais non plus
13:04les moyens de financer.
13:05Donc là,
13:05vous avez parfaitement
13:06raison de dire
13:07qu'il va falloir
13:08qu'on rééquilibre.
13:09Est-ce que vous êtes
13:09pour la retraite
13:10à 67 ans par exemple ?
13:12Moi je suis,
13:12je vais vous dire une chose,
13:13je suis pour
13:13qu'on supprime
13:15l'âge légal.
13:17Je pense que
13:18c'est à la hauteur
13:20de...
13:21Et d'ailleurs,
13:21c'était la proposition
13:22de la CFDT
13:22dans le conflit
13:23des retraites.
13:24On aurait pu trouver
13:25une solution
13:25qui aurait dit
13:26écoutez,
13:27il faut travailler
13:27tant d'années,
13:28tout le monde
13:28travaille tant d'années,
13:30ceux qui commençaient
13:30très tôt,
13:31ils auront droit
13:32de partir tôt,
13:33ceux qui commençaient tard,
13:33ils termineront tard.
13:34C'est ainsi.
13:35Et donc ça,
13:36ça permettait
13:36de mettre tout le monde
13:37d'accord
13:37entre ceux qui étaient
13:38pour cette réforme,
13:40ceux qui étaient contre,
13:43compris que le poids
13:44aujourd'hui
13:45du prélèvement
13:46des retraites
13:47est très lourd
13:48sur un nombre d'actifs
13:49de moins en moins important.
13:51Je rappelle qu'en France,
13:53et là,
13:53ça vous donne raison,
13:54M. Consigny,
13:55il y a un taux d'emploi,
13:57c'est-à-dire en fait,
13:57vous prenez la masse
13:58de la population active
14:00au travail
14:00et la proportion
14:02de gens qui travaillent
14:03dans cette masse-là,
14:04la population
14:05en âge de travailler.
14:07En France,
14:07c'est 68%,
14:08en Allemagne,
14:09c'est 76%.
14:09Vous avez 8 points d'écart.
14:11Ça,
14:11c'est des recettes en moins
14:12pour financer nos retraites,
14:14notre assurance maladie,
14:15etc.
14:16Donc ça,
14:16on a besoin de travailler
14:18pour sauver le modèle social.
14:20Travailler plus.
14:21De travailler,
14:21en tout cas,
14:22d'être plus nombreux.
14:24Est-ce que c'est une question
14:26et une confusion,
14:27M. Truchot ?
14:28M. Marchal,
14:29je vous en prie.
14:30Excusez-moi,
14:30vous êtes devenus des jumeaux.
14:31Mais oui,
14:32je sais bien,
14:32vous êtes des jumeaux numériques.
14:33M. Marchal,
14:36pardonnez-moi,
14:36je suis désolé,
14:37mais il n'y a pas de problème.
14:37C'est une question
14:38de temps de travail,
14:39de durée du travail ?
14:40La durée du travail,
14:42excusez-moi,
14:43la durée du travail
14:44n'a aucun sens
14:44si on ne l'analyse pas
14:45avec la productivité.
14:46On sait qu'à chaque fois
14:47qu'on avait réduit
14:48le temps de travail,
14:49la productivité avait explosé.
14:51Là,
14:53c'est une chute de productivité
14:54d'ailleurs qu'on est en train
14:55de remonter.
14:57C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
14:57on a retrouvé
14:58les niveaux de productivité
14:59à peu près
15:00qu'on avait avant
15:01l'arrivée du télétravail
15:02et ses prises d'habitude.
15:03Mais ce qui compte,
15:05c'est le nombre de personnes
15:06au travail.
15:07Et dans notre pays,
15:08il n'y a pas assez de travail.
15:09Il manque un million
15:10de personnes au travail.
15:12C'est à peu près ça
15:13ce que nous disent les chiffres.
15:14Donc il faut avoir
15:15de la croissance
15:16pour créer de l'activité.
15:17Il faut surtout
15:18une politique industrielle
15:19pour mettre les gens au boulot.
15:20Il faut surtout
15:21une politique industrielle
15:22qui crée de l'activité.
15:25Voilà.
15:25Et des nouveaux produits.
15:27Donc ça,
15:27c'est tout le travail
15:28de la planification
15:29dont vous parliez
15:30que les Chinois ont faite.
15:32D'ailleurs,
15:32je l'avais fait
15:33quand j'étais au gouvernement.
15:34J'avais fait des plans industriels
15:35sur des produits.
15:3634 plans industriels.
15:37D'ailleurs,
15:38tout le monde me disait
15:38mais c'est le gosse plan.
15:40J'ai dit écoutez,
15:41quand vous avez une entreprise
15:42que vous montez une boîte,
15:43vous faites un business plan.
15:46Vous planifiez
15:47l'usage des ressources.
15:48Comment vous essayez d'ailleurs.
15:49comment aujourd'hui
15:50on salue un manager ?
15:52Un entrepreneur
15:52qui dira
15:53toi tu tiens ton business plan,
15:54ton BP tu le tiens,
15:55tu le respectes.
15:56C'est un peu
15:57ce qu'on devrait demander
15:58finalement à l'État
15:59de planifier
16:00avec toutes les parties prenantes
16:02et puis de tenir
16:03cette planification.
16:04Ce qui n'est jamais le cas.
16:05On va continuer
16:05d'en discuter.
16:06Made in Montebourg,
16:07c'est le vendredi
16:07à 19h sur BFM TV
16:10avec Arnaud Montebourg
16:11et Paola Puerari.
16:13Ce sont les solutions
16:13telles qu'elles sont en France.
16:14Le Made in France
16:15tel qu'il peut peut-être
16:16nous sortir de la crise.
16:18Les solutions,
16:18on les a dans le pays
16:19mais il faut les mettre en avant
16:20ce que veut faire
16:20Arnaud Montebourg.
16:21C'est pour ça qu'il est avec nous
16:22dans les Grandes Gueules
16:23et qu'il est venu en parler.
16:24Question dans un instant
16:25d'Abel Bowie
16:26de Laura Varton-Martinez.
16:27A tout de suite
16:28sur RMC
16:29dans les Grandes Gueules.
16:29Il est 11h15.
16:44Il est 11h25.
16:46C'est Arnaud Montebourg
16:47qui est avec nous
16:47dans les GG
16:48dans les Grandes Gueules.
16:49L'ancien ministre de l'économie
16:51Arnaud Montebourg
16:51qui depuis des années
16:52on l'a souvent reçu
16:53sur ce plateau.
16:54Vous êtes devenu entrepreneur.
16:55Vous étiez dans le miel.
16:57Vous êtes dans les amendes.
16:58Dans le nucléaire.
16:59Dans le nucléaire.
17:00Vous soutenez beaucoup
17:00les entreprises
17:01parce que je sais
17:01que vous êtes aussi
17:02administrateur d'origine
17:03France Garantie.
17:04Vous êtes adhérent
17:05aux forces françaises
17:06de l'industrie
17:06donc vous vous battez
17:07ça fait des années maintenant.
17:08Vous vous battez
17:09pour la réindustrialisation
17:10la relocalisation
17:11montrer que
17:12les solutions économiques
17:14on les a en France.
17:15D'où ce Made in Montebourg
17:16sur BFM TV
17:17le vendredi soir
17:18à partir de 19h
17:19avec Paola Puerhari.
17:20Alors question Abel Bowie
17:21et ensuite Laura Varton-Martinez.
17:23Alors moi j'aurais
17:23deux questions en une
17:24très rapidement.
17:24Je vous ai entendu parler
17:25de souveraineté européenne
17:26sauf que vous savez très bien
17:28que les nations ont tendance
17:29à se recroqueviller
17:31sur elles-mêmes
17:31parce qu'elles ont peur
17:32d'être telles
17:33des cachets effervescents
17:34qui auraient vocation
17:35à être dissous
17:36dans l'eau de la mondialisation.
17:37Donc comment est-ce qu'aujourd'hui
17:38la souveraineté française
17:39peut se distinguer
17:41de la souveraineté européenne
17:42et est-ce compatible
17:43avec ce nouvel ordre mondial
17:45dans lequel nous plongeons tous ?
17:48Et deuxième question rapidement.
17:49Vous avez quand même
17:50participé à un gouvernement
17:51qui a sorti cette foutaise
17:53d'une taxe à 80%.
17:54Vous avez vu la gauche
17:56évoluer aujourd'hui.
17:57Qu'avez-vous à dire
17:58sur cette évolution ?
18:00La souveraineté française.
18:02Sur la question
18:02de la souveraineté,
18:04si vous voulez,
18:05on a confié
18:05il y a maintenant 70 ans
18:07notre souveraineté
18:09en petits morceaux
18:11à ce qu'on appelle
18:15aujourd'hui
18:16une sorte de...
18:17C'est une sorte
18:19de collectif fédéral,
18:20qui s'appelle
18:21l'Union Européenne.
18:22Collectif fédéral.
18:23C'est-à-dire...
18:24Alors, le résultat.
18:26Le résultat.
18:27Faisons les comptes.
18:28Aujourd'hui,
18:30l'Union Européenne
18:31ne nous a pas protégés
18:32contre la vassalisation numérique
18:34et le pompage économique
18:36de toute notre valeur.
18:38Les GAFAM,
18:38aujourd'hui,
18:39pompent la valeur
18:40de toute l'économie européenne.
18:41Je vous renvoie
18:41au rapport de Mario Draghi
18:43qui en a fait
18:44un constat absolument amer.
18:46Deux,
18:46la politique commerciale
18:48que nous avons déléguée
18:48n'a pas été utilisée
18:51pour faire autre chose
18:52que nous mondialiser
18:52dans des conditions
18:53où nous sommes faibles.
18:54Donc,
18:55ne nous a pas protégés.
18:56Là où les autres États
18:57ont organisé leur défense,
18:59l'Union Européenne
19:00en a été incapable.
19:02Trois,
19:03sur la question migratoire.
19:04Nous avons délégué
19:05nos frontières,
19:06la garde de nos frontières
19:07à l'Union Européenne.
19:08Qu'est-ce qu'elle en a fait ?
19:09Regardez comment
19:10l'immigration dans toute l'Europe
19:12n'est plus sous contrôle.
19:13Je ne suis pas
19:15opposé
19:16à une part d'immigration,
19:17mais elle doit être contrôlée
19:18par les États
19:19qui doivent choisir
19:21comment ils décident
19:22d'organiser leur société.
19:23C'est tout assez simple.
19:25Quatre,
19:25on peut continuer comme ça.
19:27Regardez ce qu'ils ont fait
19:28de l'agriculture.
19:29Ils l'ont mise
19:29sur le marché mondial,
19:30là où elle ne l'était pas,
19:32et elle nous a mis
19:33en situation
19:34de perdre
19:35notre souveraineté alimentaire.
19:37Nous sommes maintenant
19:38criblés de dépendance.
19:39Quant à l'industrie,
19:40ce scénario agricole
19:42est en train
19:42de se produire à l'industrie.
19:43Nous sommes
19:44en désindustrialisation majeure.
19:46Ce sont les Chinois
19:46qui pompent la valeur.
19:47Les Américains
19:48se sont plus ou moins
19:51bien tenus
19:51pendant la dernière décennie,
19:53mais nous,
19:53nous avons coulé.
19:54Et toutes les parts de marché
19:55que les Européens
19:56ont perdues
19:57sont allées en Chine.
19:57Donc,
19:58l'Union européenne,
20:00aujourd'hui,
20:01c'est un peu
20:03l'arbre
20:04auquel
20:05nous sommes attachés
20:06et c'est l'arbre
20:06qui tombe.
20:07Et nous allons tomber avec.
20:08Donc,
20:09qu'est-ce que peuvent faire
20:09les États-nations ?
20:10Les États-nations,
20:11d'abord,
20:12ils sont les auteurs,
20:13les co-auteurs
20:13de cette coproduction
20:15qui est un échec.
20:16Donc,
20:17c'est à eux
20:17de reprendre une partie
20:18de leur bille.
20:19Une partie !
20:20Ne serait-ce que pour dire,
20:21écoutez ça,
20:22moi j'arrête,
20:22regardez sur l'énergie.
20:24Tout le système européen
20:25de la formation
20:27des prix d'énergie,
20:27c'est un système inflationniste,
20:29indexé sur le fossile,
20:30bref,
20:31tout le contraire
20:31de ce qu'il faut faire.
20:32Alors qu'on a
20:32un État pivot
20:34qui s'appelle la France,
20:35qui a finalement
20:36la capacité
20:38par le nucléaire
20:39d'avoir des prix stables,
20:40pilotables
20:41et modérés.
20:42Jamais,
20:43l'Union européenne
20:44n'a combattu
20:44le nucléaire français.
20:45C'est les Allemands
20:47qui nous ont torpillés.
20:48Les Allemands
20:49dirigent l'Europe
20:50contre nous,
20:51ça,
20:51un peu curieux quand même.
20:52Et là,
20:53on fait quoi sur l'essence ?
20:54On fait des chèques ou pas ?
20:55Parce que là,
20:55depuis ce matin,
20:57on a des gens
20:58qui disent,
20:58moi je réduis mon activité,
21:00les transporteurs routiers
21:01vont dire,
21:01on va faire des petits barrages
21:02filtrants,
21:02parce que nous,
21:03ça nous coûte
21:03en moyenne
21:0430 000 balles en plus
21:05par mois,
21:06et il y a des sociétés
21:07qui vont mettre
21:08la clé sous la porte.
21:09Que doit faire le gouvernement ?
21:10Il va faire des chèques ?
21:11Le gouvernement va devoir
21:12traiter la question
21:13des professionnels
21:14qui roulent.
21:15Les grands rouleurs ?
21:17Ceux qui,
21:17au moins,
21:18pour des aides ciblées,
21:19moi je suis tout à fait opposé
21:20vu l'état des finances publiques,
21:22et même si elles étaient florissantes,
21:23je pense que c'était une erreur
21:24de faire un chèque
21:26indifférencié à tout le monde,
21:27à ceux qui en ont besoin
21:28et ceux qui n'en ont pas besoin.
21:29Ceux qui n'en ont pas besoin
21:30sont plus nombreux
21:30que ceux qui en ont besoin.
21:32Il y a une proposition
21:32que d'ailleurs
21:33nous avons défendue
21:34dans Made in Montebourg,
21:35qui est une proposition
21:36qui vient de M. Jean-Covici
21:38qui a dit
21:38avec 10 milliards,
21:40si on réduit la TVA
21:41sur l'essence,
21:43on perd 10 milliards
21:44le budget de l'État.
21:44Avec 10 milliards,
21:45d'abord c'est un porte-avions.
21:47C'est 12 le plus.
21:48C'est considérable.
21:49Et 10 milliards,
21:50c'est aussi
21:501 million de personnes
21:51qui peuvent accéder
21:52au leasing social
21:53sur un véhicule électrique.
21:54Je rappelle
21:55qu'un véhicule électrique,
21:56par exemple une R5 électrique,
21:58par rapport à une Clio thermique neuve,
22:00c'est 40% d'économie.
22:02Le coût total,
22:03c'est le prix de la voiture,
22:07les révisions
22:08et l'essence
22:09ou pas qu'on met dedans.
22:10Là il y a un levier.
22:11C'est ça qu'on devrait faire
22:13sur le moyen et le long terme.
22:15Donc ça c'est de l'argent investi.
22:16Donc aider les transporteurs
22:17à se convertir aussi.
22:19Je pense que ça c'est la bonne maille.
22:22Les camions électriques
22:23c'est quand même compliqué.
22:24Alors Laura Varton-Martinez.
22:25Oui M. Montebourg,
22:26écoutez moi je suis ravie
22:27de vous entendre parler aujourd'hui.
22:29Comme je vous le disais,
22:30hors antenne,
22:31je fais partie d'un mouvement
22:31qui s'appelle
22:32300 pour la France
22:32qui est portée par M. Mathieu Boeche.
22:35Je vous invite à venir
22:36si vous voulez
22:37le 13 avril
22:38à la Nuit de la Liberté.
22:39C'est justement
22:40comme votre émission.
22:41On balance nos constats
22:42et nos idées
22:43parce qu'on est plus
22:44sur l'action
22:44que l'inaction.
22:46Mais ce que je trouve
22:48très...
22:48et c'est ce qui va amener
22:50à ma question aujourd'hui
22:51très déroutant,
22:53c'est de voir quelqu'un
22:55qui était membre du PS
22:56faire le bilan
22:58du PS.
22:59Vous avez parlé,
22:59on a parlé de M. Jospin
23:01tout à l'heure
23:03sur les 35 heures.
23:05On a eu M. Hollande
23:07qui a complètement annihilé
23:08le fait d'avoir
23:09des heures supplémentaires
23:10défiscalisées.
23:11Vous avez eu M. Mitterrand
23:12qui a quand même
23:13décidé d'une cinquième semaine
23:15de congé payé.
23:16Qui a également,
23:17alors qu'il savait pertinemment
23:18qu'à peu près 50 ans plus tard,
23:19il n'y aurait plus de retraite,
23:20qui a proposé sa réforme
23:21des retraites
23:22à 60 ans.
23:24Ma question est la suivante.
23:26Est-ce que vous aviez
23:26ces opinions-là
23:28que vous nous portez
23:29aujourd'hui
23:29que je trouve
23:30très bien
23:31puisqu'elles sont libérales
23:32et c'est ce que je prône ?
23:33Est-ce que vous avez
23:34ces opinions-là
23:36à l'époque ?
23:38Et si oui,
23:39pourquoi n'avez-vous pas agi ?
23:41D'abord,
23:43on fait tous
23:44un bilan de sa vie quand même.
23:46Moi, j'ai été militant socialiste
23:48pendant des années
23:49et d'ailleurs,
23:50j'ai été convoqué
23:50devant des commissions d'enquête
23:51qui m'ont posé à peu près
23:52votre question.
23:53Ils m'ont dit
23:53« Mais où en êtes-vous ? »
23:55Je leur ai dit
23:55« Écoutez, moi j'ai rompu
23:56avec la social-démocratie
23:58telle qu'elle est devenue. »
24:00La retraite à 60 ans
24:01en 1981,
24:03c'était quand même
24:03il y a 40 ans,
24:04ce n'était pas la même
24:05espérance de vie,
24:06ce n'était pas le même
24:06nombre de personnes
24:07qui travaillaient,
24:08donc c'était une décision
24:09qui était juste
24:10et il faut la défendre.
24:12Les 35 heures,
24:12je rappelle,
24:14sont intervenues
24:15dans une période
24:15où on avait une croissance
24:16qui n'était pas très loin
24:17de 4%.
24:18À l'époque,
24:18on parlait de la cagnotte.
24:19Je vous rappelle
24:19qu'à l'époque,
24:21sous Jospin,
24:22puisque c'est un hommage
24:23qui lui a été rendu,
24:24on peut lui rendre
24:24cet hommage posthume,
24:26c'est qu'à l'époque,
24:27ainsi qu'à Strauss-Kahn,
24:28son ministre de l'économie,
24:29il y avait à l'époque
24:30une balance commerciale
24:31qui était excédentaire
24:32en France.
24:33Elle était excédentaire !
24:35Voilà.
24:36Et le déficit primaire
24:37était en train
24:38de se rétrécir.
24:39Donc si vous voulez,
24:40c'était quand même
24:41une période
24:42où la France
24:42était à peu près
24:45correctement virée.
24:46Pardonnez-moi,
24:46Monsieur le mot.
24:46C'est un point intéressant.
24:48Donc si vous voulez,
24:49ce qui est vrai
24:50en 1980
24:51peut être absolument
24:53une erreur
24:54en 2026.
24:55Justement,
24:55parce que c'était une gauche
24:56qui soutenait
24:57les accords de Maastricht.
24:58C'était une gauche
25:00qui soutenait
25:01les accords de Maastricht
25:02à l'époque.
25:03Est-ce que vous les aviez votés ?
25:04Alors moi,
25:04j'ai fait une chose,
25:05j'ai voté
25:06le référendum
25:07à la demande
25:08de Monsieur Mitterrand.
25:09Mais là,
25:09aujourd'hui,
25:10vous faites un 180 degrés.
25:13Ça, c'était en 92.
25:14J'avais 30 ans,
25:16j'étais citoyen.
25:17Donc les accords de Maastricht
25:18à l'époque,
25:19c'était une erreur
25:20de les soutenir
25:20par rapport à ce qu'est
25:21l'Europe.
25:21Je les ai votés
25:22et quand je suis devenu
25:23parlementaire,
25:24j'ai commencé à comprendre
25:25où nous emmenaient
25:27et les dérives
25:28de l'Union Européenne.
25:29Parce que vous n'aviez pas
25:30compris avant,
25:31alors c'était trop compliqué
25:32à comprendre avant.
25:32Non,
25:33j'ai écouté Mitterrand.
25:34C'était la ligne.
25:36Non,
25:36ce n'était pas la ligne,
25:37c'était entre Mitterrand
25:38et Seguin.
25:39J'avais été,
25:39à l'époque,
25:40j'avais acheté le livre
25:40de Seguin.
25:46Et je pense que,
25:47rétrospectivement,
25:47c'est lui qui avait raison.
25:48D'ailleurs,
25:51en 2005,
25:51il y a eu le référendum.
25:53J'ai voté non
25:54au référendum.
25:55C'était votre fracture
25:56avec le PSA.
25:57C'est à ce moment-là
25:57que, et d'ailleurs,
25:58ce divorce n'est toujours
26:00pas réglé.
26:01Vous avez aujourd'hui
26:01une social-démocratie
26:02qui est totalement naïve,
26:04j'allais dire,
26:06vis-à-vis de l'Union Européenne.
26:07Non, mais...
26:08Et donc,
26:08qui aujourd'hui,
26:10continue à défendre
26:11la mécanique européenne.
26:12D'accord.
26:12Je pense que c'est une erreur.
26:13Vous êtes toujours socialiste
26:14ou pas ?
26:14Alors, moi,
26:15j'ai rompu
26:16avec la social-démocratie.
26:17D'accord.
26:18Aujourd'hui,
26:19je suis,
26:19j'allais dire,
26:20orphelin.
26:20C'est-à-dire que je n'ai pas
26:21d'oeuvre montdebourrien.
26:22Non, je suis assez proche
26:24des idées
26:25d'un Jean-Pierre Chevènement
26:26ou d'un Philippe Seguin,
26:27vous voyez ?
26:28C'est-à-dire, en fait,
26:29des post-gaullistes,
26:30de ceux qui ont essayé
26:31de continuer à faire vivre
26:32l'esprit de souveraineté,
26:34la défense internationale.
26:35D'accord.
26:36Et comment votre ex-famille politique
26:37va se dépatouiller
26:38de Mélenchon, alors ?
26:40Ah, ça,
26:40vous leur demanderez.
26:41Moi, ça, je ne sais pas.
26:42Vous leur demanderez.
26:43Non, mais je ne sais pas.
26:45Je ne peux pas répondre
26:46à des questions politiques
26:48à laquelle je n'ai pas de réponse.
26:50Je peux répondre
26:50sur les responsabilités
26:52que j'ai exercées,
26:53sur les choix que j'ai faits.
26:55Vous avez été suffisamment
26:56dans les négociations
26:57et autres,
26:58avec la présidentielle
26:59qui arrive,
26:59on se dit,
27:00l'EPS va se faire écrabouiller,
27:02marcher dessus par Mélenchon
27:03et on va avoir droit
27:03à Mélenchon,
27:04Bardella.
27:06Aujourd'hui,
27:06c'est ce que tout le monde comprend.
27:08N'est-ce pas ?
27:08C'est ce qui va se passer.
27:10Voilà.
27:10Donc, je ne sais pas.
27:11Vous me demandez
27:12comment ils vont se dépatouiller.
27:13Vous leur poserez la question.
27:14Vous les invitez,
27:15puis vous leur posez la question.
27:16Moi, je ne suis...
27:16C'est le diable aujourd'hui
27:17à Mélenchon ?
27:19En tout cas,
27:20ça ne peut pas...
27:22Ça n'est absolument pas
27:24acceptable,
27:25ce qui est proposé
27:26pour moi,
27:28par LFI.
27:28Et donc,
27:29tous ceux qui ont fait
27:30des alliances,
27:30pour moi,
27:32pendant les élections municipales,
27:33se sont commis.
27:35Et donc,
27:35ça, c'est un énorme problème.
27:38Comment vous expliquez
27:39l'état actuel du PS
27:42qui n'a pas de candidat,
27:43qui n'a pas de programme,
27:45qui est complètement...
27:46Des alliances avec la Macronier,
27:47les filles.
27:48Paumé.
27:49Écoutez,
27:49je crois que c'est un peu
27:50le destin du parti radical
27:53au début du siècle.
27:55Le parti communiste,
27:56après la chute du mur,
27:58c'est la même histoire.
27:59C'est-à-dire qu'en fait,
28:01il n'y a plus aujourd'hui,
28:03dans le monde actuel,
28:06d'utilité
28:08à la social-démocratie
28:09qui a accepté la mondialisation,
28:11qui a tout accepté,
28:12finalement,
28:12dans la période précédente,
28:14et qui a montré
28:14son inutilité,
28:15c'est-à-dire son incapacité
28:19à résister
28:21à la financiarisation,
28:22d'une part,
28:23et à la mondialisation,
28:24de l'autre,
28:24de l'économie.
28:24Et donc,
28:25la conséquence,
28:26c'est l'élimination
28:27de l'histoire,
28:28comme l'a été
28:29le parti radical.
28:30Le parti radical,
28:30c'est un peu différent.
28:32Il a été éliminé
28:33du champ politique
28:34parce qu'il avait réalisé
28:36sa mission,
28:36c'était établir la République.
28:38Quand elle a été établie,
28:39on n'a plus besoin
28:40de parti radical.
28:41Donc, on prédisait la mort du PS.
28:42Je trouve que...
28:43On peut même la constater.
28:45Oui, c'est ce que j'allais dire.
28:46Je trouve qu'elle est assez lisible.
28:49Merci, Arnaud Montebeau.
28:49Rendez-vous ce soir,
28:5019h.
28:5119h ce soir,
28:52sur BFM TV,
28:53avec Paul Apurari,
28:54Made in Montebourg.
28:55Les solutions sont en France.
28:57Les solutions économiques,
28:58elles sont mises en avant
28:59à partir de 19h.
29:01À suivre, bien sûr.
29:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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