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Aujourd'hui, c'est au tour de Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00MC, face aux grandes gueules.
00:05Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre, l'ancien ministre de l'Éducation nationale,
00:08secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée nationale.
00:12Bonjour.
00:12Bonjour.
00:13C'est contre vous que vont défiler les syndicats alors aujourd'hui ?
00:16Vous êtes un casseur de droits acquis, un casseur de 1er mai, Gabriel Attal.
00:20Il y a des manifestations pour le travail tous les ans à l'occasion de la fête du travail et
00:25du 1er mai.
00:26Et pour ce qui me concerne, moi, je suis favorable à ce qu'on garde nos jours fériés.
00:30Je n'ai jamais proposé de supprimer un jour férié.
00:33Simplement, ce que je dis, c'est qu'en ce 1er mai, vous avez des commerçants qui ont envie de
00:37pouvoir ouvrir.
00:38Vous avez des salariés de ces commerçants qui ont envie de pouvoir travailler en étant volontaire,
00:43en étant payé double, en ayant un jour de repos pour compenser un autre moment de l'année.
00:47Ça me semble légitime qu'on leur permette de le faire.
00:50C'est tout simplement ça.
00:50Donc, il n'y a pas de casse sociale, il n'y a pas de remise en cause, évidemment, du
00:54droit à un jour férié.
00:57Simplement, on propose à ceux qui le souhaitent de pouvoir travailler.
00:59Alors, le gouvernement a dit non à votre proposition.
01:01Vous avez vu, on a reculé.
01:02On demande plutôt de la mensuétude et de l'indulgence aux inspecteurs du travail.
01:06Qu'est-ce que vous en dites ?
01:07Oui, notre texte qui a été proposé à l'Assemblée a été retiré par le gouvernement.
01:11Mais dans le même temps, ils ont dit aux boulangers, aux fleuristes qu'ils pouvaient ouvrir.
01:14Et donc, ça les place, je pense à eux, là, dans une situation un peu compliquée.
01:17C'est-à-dire que la loi n'a pas changé, mais vous avez le gouvernement qui dit
01:21vous pouvez quand même ouvrir et on espère qu'il y aura de l'intelligence collective.
01:25Sauf que, voilà, moi, ce que je souhaite, c'est qu'il n'y ait pas des inspecteurs du travail
01:28qui aillent verbaliser, sanctionner les commerçants.
01:30Ça manque de courage ?
01:31Moi, je ne jette la pierre à personne, la situation, elle est difficile.
01:34Simplement pour qualifier leurs décisions.
01:37Je regrette en tout cas que le gouvernement ait fait le choix de retirer le texte.
01:39Maintenant, ils ont annoncé un nouveau texte pour le 1er mai 2027.
01:43Avant le 1er mai 2027.
01:44Voilà, pour que l'objectif, c'est que les règles changent à partir du 1er mai 2027.
01:48Mais pour ce 1er mai 2026, c'est vrai, j'étais il y a quelques jours à Lyon,
01:53j'ai rencontré des boulangers, des fleuristes.
01:55Il y a une forme de flou parce que d'un côté, la loi n'a pas changé.
01:57Et en même temps, le gouvernement leur a dit qu'il y aura une tolérance.
02:00Mais j'espère que cette tolérance aura lieu et qu'il y aura une intelligence collective.
02:03Par ailleurs, il y en a qui sont encore laissés sur le côté.
02:06C'est notamment les bouchers qui, évidemment, aussi demandaient à ouvrir.
02:10Par ailleurs, quiconque connaît ce qu'est une rue commerçante,
02:13c'est qu'entre le boulanger et le fleuriste, bien souvent, vous avez le boucher.
02:16Donc, ça n'a pas vraiment grand sens de leur demander de fermer alors que les autres sont ouverts.
02:19Et puis, vous avez le chocolatier, vous avez le restaurant.
02:21Le restaurant, lui, il est ouvert.
02:22Le restaurant, il est déjà ouvert.
02:23Pour le coup, ça fait partie des dérogations qui existent.
02:25La supérette qui est un peu plus loin, elle est ouverte aussi.
02:27Et le McDo qui est encore plus loin, lui, il est ouvert.
02:30Donc, c'est sûr qu'il y a une forme de cohérence à avoir, moi, il me semble,
02:32pour ce qui est métier de bouche, commerçant, pour qu'il puisse ouvrir le 1er mai,
02:36encore une fois, sans revenir sur le droit au jour férié.
02:39Oui, mais alors, justement, quel est le bon système ?
02:43Ou plutôt, le bon 1er mai ?
02:44C'est tout le monde fermé ou tout le monde ouvert ?
02:47C'est-à-dire, on revient à ce qui était le 1er mai historique et personne n'ouvre ?
02:54Ou alors, on se dit aujourd'hui, les temps ont changé et tout le monde peut ouvrir.
02:58Qu'est-ce que vous souhaitez ? Vous souhaitez donner la liberté d'ouverture ?
03:00Moi, je pense qu'il faut laisser le choix à tout le monde, mais avec un cadre.
03:03À la base du volontariat ?
03:03Je pense que ce qu'il faut dire, c'est que pour tout ce qui est commerçant de bouche,
03:07là, il y a la possibilité d'ouvrir, encore une fois, en respectant le volontariat des salariés,
03:11le double salaire et un jour de repos supplémentaire à un autre moment de l'année.
03:15Pour ce qui est des autres activités, ce que je propose, c'est qu'on fasse branche par branche.
03:19C'est-à-dire qu'il y a une discussion entre les partenaires sociaux, les syndicats, le patronat dans chaque
03:22branche
03:22et qui décident s'ils ouvrent ou pas et des conditions dans lesquelles ils ouvrent avec l'indemnisation.
03:28Jean-Loup Bonami, d'accord ou pas ?
03:31Oui, d'accord. Sur ce point précis, d'accord avec M. Attal.
03:36Mais bon, je me réserve.
03:38Alors, Bruno Ponset, plutôt.
03:40Moi, je trouve que, vous l'avez dit, mais c'est un peu hypocrite, le fait que le gouvernement vous
03:44dise
03:44« on ne veut pas votre loi maintenant, par contre, on va dire aux gens, vous pouvez ouvrir. »
03:49Sauf que c'est pareil, hier, je crois que le Conseil d'État a retoqué ça suite à un dépôt
03:53de la CGT.
03:54Mais il y a un vrai sujet, c'est qu'un moment donné, les inspecteurs du travail n'y vont
03:57pas tout seuls.
03:58Donc c'est bien quelqu'un qui les envoie et qui est leur patron, c'est quand même l'État.
04:01Je trouve que c'est hyper hypocrite.
04:02Moi, je suis pour que tout soit fermé comme avant et que même le dimanche, ça soit fermé,
04:06qu'on revienne à un vrai procédé ou que le 1er mai, ça soit sacralisé.
04:10Mais c'est la dernière trace d'une vraie lutte pour les droits sociaux des gens, les droits des travailleurs.
04:17Ça doit rester comme ça.
04:18Alors après, les gens veulent bosser.
04:20Quand vous parlez de volontariat, on le sait.
04:22Là, dernièrement, quand il y a eu un peu ce flou artistique,
04:25on a commencé à dire au boulanger ou au fleurisme, vous pouvez faire venir vos employés.
04:28Les employés n'ont pas été consultés dans le genre « tu veux venir ou tu ne veux pas venir
04:31».
04:31C'était au planning et c'est comme ça.
04:33Donc il y a un vrai problème.
04:34Et le pays x2, si demain, vous désacralisez le 1er mai, le pays x2 n'aura plus de raison d
04:39'exister.
04:40D'abord, il n'est pas totalement sacralisé aujourd'hui, puisque comme on l'a dit,
04:42il y a déjà des gens qui travaillent.
04:43Les gens, en vous, vous dites qu'il faudrait que plus personne ne travaille.
04:46Ensuite, moi, je me déplace beaucoup sur le terrain.
04:48J'étais donc à Lyon, avant ça à Bayonne, etc.
04:50J'ai échangé avec des commerçants et leurs salariés.
04:53Et franchement, je pense parce que j'étais dans le commerce qu'ils me l'ont dit,
04:56parce qu'ils m'ont reproché d'autre chose, mais ils m'ont tous dit
04:59« nous, on veut pouvoir bosser le 1er mai, parce qu'on veut pouvoir être payé double,
05:01parce que par ailleurs, ce jour-là, on a la possibilité de bosser.
05:03Et par ailleurs, quand on sait à quel point pour les commerçants,
05:07notamment les boulangers, les bouchers, etc.,
05:08c'est difficile de recruter aujourd'hui et qu'ils ont du mal à recruter,
05:12je pense que le pouvoir de négociation pour quelqu'un
05:14qui ne veut absolument pas travailler le 1er mai
05:16dans sa relation et sa discussion avec le futur employeur,
05:19il est plutôt du côté du futur salarié,
05:21qui peut poser un certain nombre d'exigences,
05:23parce qu'aujourd'hui, vous pouvez aller voir des bouchers, des boulangers, des fleuristes,
05:26bref, tous les artisans, le premier truc qu'ils vous disent,
05:29c'est qu'on n'arrive pas à recruter.
05:30Et donc voilà, moi je pense qu'il y a aujourd'hui des Français
05:33qui ont envie d'avoir la liberté de travailler.
05:35À certains moments, ils ne peuvent pas travailler aujourd'hui
05:37pour améliorer leur rémunération.
05:39C'est probablement d'autres raisons.
05:40Pardonnez-moi, pour rebondir sur ce que vous dites,
05:42très bien, on comprend bien que vous voulez libérer le travail,
05:44c'est une bonne chose.
05:45Bon, votre proposition a été écartée par le gouvernement,
05:47mais vous, en tant que président, si vous étiez,
05:49quelles seraient vos premières actions, justement,
05:51pour libérer le travail ?
05:52Vos actions concrètes ?
05:53Parce que là, vous vous dites que le 1er mai, ça ne suffit pas,
05:55ou qu'il y aurait les commerces de bouche, oui,
05:57mais des propositions concrètes, ça serait quoi ?
05:59Vous avez raison, cette question du 1er mai,
06:01c'est un élément d'une vision plus large et plus globale
06:04sur le travail.
06:05Moi, je crois qu'on doit d'abord faire en sorte de travailler tous.
06:08Et donc moi, si j'avais la possibilité d'avoir des responsabilités
06:11à nouveau dans l'exécutif, ce que je ferais,
06:13c'est que j'irais au bout de la réforme de l'assurance chômage
06:15que j'avais préparée quand j'étais Premier ministre,
06:17qui a été interrompue par la dissolution,
06:19qui vise à inciter davantage, à accompagner davantage vers le travail.
06:22Je rappelle que j'avais préparé cette réforme avec mon gouvernement
06:25pour réduire la durée d'indemnisation,
06:27augmenter la durée qu'il faut avoir travaillée
06:29pour bénéficier du chômage, pour inciter davantage
06:31à l'activité.
06:33Deux, je libérerais encore plus la possibilité
06:35pour ceux qui veulent travailler davantage de le faire.
06:37Exemple, je fais une proposition.
06:39Aujourd'hui, dans la loi, un salarié ne peut pas faire
06:41plus de 220 heures supplémentaires par an.
06:44Je pense qu'il faut supprimer ce plafond
06:45et permettre aux salariés qui le souhaitent
06:47de faire davantage d'heures supplémentaires s'ils le veulent.
06:50On ne travaille pas assez en France, alors ?
06:52J'ai entendu la dame de Bayonne tout à l'heure
06:54qui a appelé.
06:55D'ailleurs, elle a dit qu'elle m'avait vu à la foire au jambon de Bayonne
06:57le week-end dernier et qu'elle n'avait pas osé venir me voir.
06:59Mais il faut venir me voir dans ces cas-là.
07:00D'ailleurs, il y a plein de gens qui sont venus me voir.
07:02Ils n'étaient pas toujours sympas, donc il ne faut pas hésiter.
07:04Moi, je me déplace beaucoup sur le terrain.
07:05Il faut venir m'interpeller aussi, échanger.
07:06C'est pour ça que je me déplace.
07:08Mais elle semblait penser la dame...
07:09On dit qu'on travaille 110 heures de moins en France
07:10que dans les pays européens.
07:11J'ai cherché effectivement le chiffre.
07:12Oui, c'est vrai, c'est l'OCDE qui le dit.
07:14Mais quand vous regardez dans le détail,
07:16le fait de travailler moins,
07:18ce n'est pas les gens qui bossent aujourd'hui,
07:19qui bossent moins que les gens qui bossent dans d'autres pays.
07:22C'est en moyenne générale,
07:24parce que globalement, on a moins de gens qui travaillent
07:26et on a des gens qui rentrent sur le marché du travail plus tard.
07:28Les études sont plus longues en France qu'ailleurs.
07:30Et des gens qui sortent du marché du travail plus tôt
07:32parce que la retraite est plus tôt qu'ailleurs.
07:34Il n'y a pas que ça, monsieur.
07:35Tu as l'éventure du Corine.
07:36Elle a dit quelque chose qui était très intéressant.
07:38Et moi, ça me concerne parce que j'ai 54 ans cette année.
07:40C'est qu'à 53 ans, on ne trouve pas de boulot.
07:42Et aujourd'hui, vous pouvez faire ce que vous voulez.
07:43Et ça fait des années qu'on parle.
07:44Moi, je me suis retrouvé souvent face à vos collègues
07:47sur les réformes des retraites ou quoi que ce soit.
07:49Et on nous disait, oui, il faut mettre les gens au travail
07:50et on va aider le travail des seniors.
07:52C'est faux.
07:52En fait, aujourd'hui, dans une entreprise,
07:53entre 55 ans et 60 ans,
07:55on commence à vous faire sortir le plus rapidement possible de la boîte
07:58et après, vous ne trouvez pas de boulot.
07:59Donc après, on vous dit, écoute, tu fais 3 ans de chemin,
08:01tu es une rupture au conseil, quoi que ce soit.
08:02Corinne, tout à l'heure, c'est un exemple criant.
08:09Dans son métier d'avant, on ne va pas l'embaucher.
08:12Là, votre sujet à vous.
08:12Moi, je veux bien qu'on travaille 70 ans.
08:14Mais aujourd'hui, donnez-nous des patrons
08:16qui ne trouvent pas que quelqu'un qui a plus de 55 ans
08:19ou plus de 60 ans trouve que c'est quelqu'un
08:21qui est trop vieux pour aller travailler dans une entreprise.
08:22D'ailleurs, le problème en France, c'est le chômage des jeunes
08:24et le chômage des seniors.
08:25Bien sûr.
08:25Mais la réponse, ce n'est pas d'avancer le départ à la retraite
08:28et de reculer le moment où on rentre dans la carrière.
08:30Parce que sinon, si on suit ce raisonnement,
08:31on met la retraite à 55 ans ou à 50 ans.
08:33L'objectif, c'est comment est-ce qu'on améliore le taux d'emploi
08:36et qu'on lutte contre le chômage des seniors et des jeunes.
08:39D'ailleurs, le chômage des jeunes est plus important que celui des seniors.
08:41Je crois que le taux d'emploi des seniors est deux fois plus élevé
08:44que celui des jeunes aujourd'hui.
08:45Donc, évidemment qu'il y a des choses à faire,
08:47beaucoup de choses à faire pour leur permettre de rester dans l'emploi
08:49ou d'en retrouver un.
08:50On est en plus, on le voit dans un monde
08:52où tout va être transformé par l'intelligence artificielle.
08:55Et donc, l'enjeu, ça va être maintenant d'apprendre à apprendre,
08:58de se former tout au long de sa vie.
08:59Parce que globalement, on va à peu près tous
09:00changer plusieurs fois de métier dans notre vie et dans notre carrière.
09:03Oui, mais justement, vous êtes issu d'un mouvement,
09:06du Mouvement en Marche, avec le Président de la République.
09:08Vous êtes arrivé au pouvoir en 2017.
09:10Le chef de l'État avait promis cette révolution,
09:13révolution du travail, révolution de desserrer les carcans.
09:17Vous avez été au pouvoir dix ans.
09:19Il y a des choses qui ont été réussies.
09:21Il y a des choses qui ont été réussies.
09:22Mais justement, cette libération du travail,
09:24vous n'êtes pas allé au bout.
09:25Il y a eu, en 2017, si vous vous en souvenez,
09:27les ordonnances travail qui avaient été faites par Muriel Pénicaud à l'époque.
09:30Quand vous voyez aujourd'hui des chefs d'entreprise et d'entrepreneurs,
09:32ils vous disent, ça nous a aidés,
09:33et maintenant, c'est plus facile de recruter.
09:35Maintenant, c'est vrai qu'on n'est pas allé au bout de ça.
09:37Et moi, je parle d'un autre sujet,
09:39qui est pour moi le sujet majeur.
09:40Mais pourquoi vous n'êtes pas allé au bout ?
09:42Pourquoi vous n'êtes pas allé au bout de cette libéralisation
09:44qui fait qu'aujourd'hui, des Français...
09:45On arrive au constat aujourd'hui, comme Corinne,
09:47de dire, on travaille, on ne s'en sort pas.
09:49Et moi, je vais vous dire,
09:50le principal sujet aujourd'hui, pour moi,
09:52pour ceux qui travaillent,
09:53ils ne demandent pas des chèques,
09:54ils ne demandent pas des aides,
09:55ils ne demandent pas des subventions.
09:56Ils veulent juste que le net se rapproche du brut.
09:58C'est le sujet.
09:59Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
09:59Justement, on en parlait tout à l'heure,
10:00on disait qu'en fait, finalement,
10:01aujourd'hui, le travail ne nous permet pas
10:03de pouvoir vivre décemment.
10:05Exactement.
10:06En fait, on a l'impression
10:07qu'on est juste là en train de survivre.
10:09De survivre et donner de l'argent à l'État.
10:10Je donne un chiffre.
10:11Aujourd'hui, une personne,
10:12pour 100 euros qu'elle gagne de son travail,
10:14elle en garde 54.
10:15Pour la génération de mes grands-parents,
10:17c'était 30 euros de plus.
10:17Elle en gardait plus de 4 avant.
10:1854 avant impôts,
10:19parce qu'en fait, la plupart des gens,
10:20c'est entre 46 et 47.
10:22En tout cas, c'est plus de la moitié,
10:23à la fin, après impôts,
10:24qui vous sont pris.
10:25Et donc, c'est quoi la réponse ?
10:26C'est évidemment de baisser les charges.
10:28Et comment on baisse les charges ?
10:29C'est en faisant des économies.
10:30Parce que les charges, elles financent quoi ?
10:31Vous les faites où, les économies ?
10:32Je vous ai parlé tout à l'heure
10:33de la réforme de l'assurance-chômage.
10:35C'est plus de 5 milliards d'euros d'économies
10:36qui étaient permis par la réforme
10:38que j'ai proposée quand j'étais Premier ministre,
10:39qui, malheureusement, a été interrompue
10:40par la dissolution.
10:42Évidemment, mon souhait,
10:43c'est qu'elle soit reprise à un moment.
10:44Pour l'instant, aucun des gouvernements
10:46qui a succédé au mien
10:47n'a souhaité reprendre cette réforme.
10:48Deux, vous avez des économies à faire aussi
10:50sur l'explosion des arrêts maladie.
10:51Parce que ça, tous les employeurs,
10:53tous les chefs d'entreprise vous le disent,
10:54c'est en explosion.
10:55Alors, il y a des choses à faire
10:56sur la prévention,
10:57sur le bien-être au travail,
10:58sur la qualité de vie au travail,
10:59bien sûr.
11:00Mais vous avez quand même aussi
11:01un certain nombre d'abus
11:02et une explosion qui coûte cher.
11:05D'autres choses qui coûtent cher pour le travail.
11:06Enfin, il y a la question des retraites.
11:08Aujourd'hui, une grosse partie
11:10des prélèvements et du coût
11:11de notre modèle social,
11:12c'est aussi la question des retraites.
11:13Et on prend même du budget de l'État pour ça,
11:15tellement le système actuel
11:16n'est pas financé.
11:17Oui, mais là, c'est Sébastien Lecornu
11:18qui a renégocié la réforme des retraites,
11:20la suspension avec le Parti Socialiste
11:22pour s'acheter sa survie.
11:23De toute façon, pour moi,
11:23le sujet n'est plus de savoir
11:24si c'est 62, 63, 64 ans.
11:27C'est la durée des cotisations.
11:28Pour moi, la question de l'âge légal
11:29ne sert plus à rien.
11:30La question de l'âge légal
11:33ne sert plus à rien.
11:34Regardez aujourd'hui,
11:35vous avez plein de dispositifs
11:36carrière longue, pénibilité, etc.
11:38Quand vous décalez l'âge légal
11:39de départ de deux ans,
11:41les gens partent en moyenne
11:42six mois plus tard,
11:43tellement il y a de cas particuliers,
11:44de systèmes spéciaux, etc.
11:46De toute façon, c'est le nombre
11:48d'annuités de cotisations
11:48qui fait que j'en ai votre retraite.
11:50Moi, ce que je propose,
11:50c'est qu'on dise maintenant,
11:52il n'y a plus l'âge légal,
11:53il y a la durée de cotisation.
11:55Et donc, vous voulez partir très tôt,
11:57vous avez moins,
11:57vous partez plus tard,
11:58vous avez beaucoup plus
11:59parce qu'on fait des vrais décotes
12:00et des vrais surcotes.
12:01Et donc, ça donne
12:02de la liberté aux gens.
12:03Première chose.
12:04Deuxième chose.
12:04Avec de la capitalisation.
12:05Moi, je propose qu'on développe
12:06la capitalisation
12:07dans notre système de retraite,
12:08ce qui sera bon
12:09pour la pension des retraités,
12:10bon pour le salaire
12:11parce que c'est moins de cotisations
12:13qu'on a à payer, évidemment,
12:14pour un système public
12:15par répartition.
12:16Et trois, c'est bon
12:17pour notre économie
12:17parce que ça finance aussi
12:18l'innovation,
12:20l'entrepreneuriat, etc.
12:21Voilà, c'est des propositions.
12:22Tout à l'heure,
12:22quand vous parliez
12:23des mesures sur l'emploi,
12:24vous ne parliez que des travailleurs.
12:25Or, on a vu dernièrement
12:27et Fabien Guy a fait un travail là-dessus
12:29sur les aides de nos entreprises.
12:31C'est de 140 milliards à peu près
12:32entre crédit d'impôt,
12:33subvention.
12:34Aujourd'hui, vous avez un sujet
12:35quand même sur les boîtes
12:35à qui vous avez donné
12:36de l'argent depuis des années.
12:37Et le CICE,
12:38c'est votre ancienne maison,
12:39les socialistes
12:39qui ont mis ça en place,
12:40par exemple.
12:41En fait, c'est un vrai sujet.
12:42C'est qu'on donne de l'argent
12:43à des entreprises françaises
12:44ou étrangères
12:44pour qu'elles gardent l'emploi en France.
12:46Et quand elles s'en vont,
12:47vous ne leur demandez pas
12:48de rembourser l'argent.
12:49Et deuxièmement,
12:50on a vu quand même
12:50le cas de Michelin
12:52à qui on vous avait donné
12:53de l'argent pour acheter des machines
12:54et les machines ont été achetées
12:55en Roumanie.
12:56Et en fait, c'est un vrai sujet.
12:57Moi, je veux bien
12:57que vous aillez toujours
12:58aller chercher l'argent
12:59chez les travailleurs.
13:00Ok, vous trouvez qu'il y a trop de...
13:01Moi, je ne veux pas chercher
13:01l'argent chez les travailleurs.
13:02Je ne demande pas...
13:03Vous me dites
13:04qu'on baisse les charges.
13:06Mais à un moment donné,
13:07pourquoi on n'arrêterait pas
13:09de donner de l'argent aux entreprises
13:10et qu'en fait,
13:11l'argent que vous donnez aux entreprises,
13:12vous allez le récupérer
13:13sur les charges
13:14qui sont prises aux entreprises
13:15et aux salariés.
13:17À un moment donné,
13:17arrêter de s'avérer
13:18et de l'argent va se communiquer en fait.
13:19Vous savez ce que c'est
13:19la première aide aux entreprises
13:21dans le rapport.
13:22Ce qui est qualifié
13:23comme aide aux entreprises,
13:24le truc qui coûte le plus cher,
13:25c'est les baisses
13:26de cotisations patronales.
13:28Ça veut dire que
13:28ce qui est considéré
13:29comme une aide aux entreprises
13:30dans ce rapport,
13:31c'est que les entreprises,
13:33on a baissé leurs cotisations
13:34quand elles embauchent.
13:36Moi, je trouve ça bien
13:36qu'on ait baissé ces cotisations
13:37parce que la réalité,
13:38c'est que le coût du travail
13:39est élevé en France.
13:40Et donc, si on supprime,
13:41comme le propose le rapport,
13:42les aides aux entreprises
13:43dans leur ensemble,
13:45ça veut dire qu'on augmente
13:46le coût du travail
13:46pour les patrons
13:47et donc, ils vont recruter moins.
13:48Il y aura plus de chômage.
13:49Je peux vous dire qu'à la fin,
13:50les gens, ils galèreront encore plus.
13:51Mais justement,
13:51s'il y a des abus sur certains sujets,
13:53évidemment, il faut le regarder.
13:54Il faut le tracer, cet argent.
13:55Vous le parlez d'eux,
13:56il n'y a pas de tracage d'argent.
13:57Le CICE, c'était quand même
13:58pour faire de l'emploi.
13:58Et justement,
13:59il n'y a pas eu les ennemis
13:59en d'emploi qui ont été promis derrière.
14:01Je vais vous dire,
14:01aujourd'hui,
14:02on a le taux de chômage
14:02le plus bas depuis à peu près 30 ans,
14:04le taux d'emploi le plus haut
14:05depuis qu'il est mesuré.
14:06Donc, ces dernières années,
14:06globalement, le chômage a baissé.
14:08D'ailleurs, le problème,
14:08ce n'est plus vraiment
14:09le chômage de masse en France,
14:10heureusement,
14:11continuer pour que ça ne le redevienne pas,
14:13c'est encore une fois
14:14la rémunération de ceux qui bossent.
14:15Ce n'est pas normal, aujourd'hui,
14:17que des gens qui travaillent
14:18se retrouvent avec une impossibilité
14:20à couper les 30 mois.
14:20Là, vous avez une profession libérale
14:21qui régulièrement nous dit
14:22c'est de la taxe,
14:23c'est de la taxe,
14:25On est pressé, pressurisé.
14:27Mais là, vous voyez bien
14:28que vous allez vous heurter
14:29quand même à un blocage
14:30puisque votre prédécesseur,
14:31Nicolas Sarkozy,
14:32avait aussi placé le travail
14:33à un moment donné
14:34au sein même de son programme
14:35et rien ne s'est passé.
14:36Là, on voit bien
14:37que si vous demandez encore
14:38aux Français de travailler davantage,
14:39certes, vous allez baisser
14:40des cotisations patronales,
14:41ce genre de choses,
14:42pour pouvoir employer,
14:43pour pouvoir embaucher.
14:44Sauf que le Français
14:45qui va vouloir travailler davantage,
14:46là, vous allez vous heurter
14:47à un blocage.
14:48Mais moi, je ne veux pas demander,
14:49je ne veux pas forcer
14:50les Français qui travaillent
14:51à travailler davantage.
14:52Encore une fois,
14:52les Français qui travaillent
14:53en termes de nombre d'heures
14:54travaillées,
14:55c'est à peu près
14:56comme chez nos voisins.
14:56Vous voyez bien
14:57qu'en ce moment,
14:57il y a une espèce d'équilibre
14:58à avoir entre le bien-être
14:59et le travail.
14:59À qui on va demander des efforts
15:00qui, par ailleurs,
15:01sont fatigués pour beaucoup
15:02et ne gagnent pas suffisamment.
15:03Le problème, c'est un,
15:04ceux qui travaillent
15:05et qui souhaitent
15:05travailler davantage,
15:06qui puissent le faire.
15:07Or, aujourd'hui,
15:07on a dans notre droit du travail
15:08des mesures qui les empêchent
15:10de le faire.
15:10On a cité le 1er mai.
15:11J'ai parlé des heures supplémentaires.
15:12On pourrait citer d'autres mesures.
15:14Et deux,
15:14faire en sorte que ceux
15:15qui ne travaillent pas aujourd'hui
15:16puissent travailler.
15:17Mais derrière,
15:17il ne faut pas les massacrer
15:18avec les impôts ensuite.
15:19Non, on est d'accord.
15:20Il faut baisser les impôts.
15:21Comment ?
15:21Il faut baisser les impôts.
15:22Bien sûr, je viens de vous le dire.
15:23Je vous dis qu'il faut
15:24que les gens qui bossent,
15:24à la fin,
15:25ils aient plus de leur travail
15:26et qu'on arrête de leur prendre.
15:26Oui, mais alors,
15:27comment est-ce qu'on garde
15:28l'équilibre avec le système social français
15:31ou le système des services publics
15:33si on a moins de cotisations
15:34et si on paye moins d'impôts
15:35pour avoir plus de travail ?
15:36Le système social,
15:37on le réforme.
15:38Je veux dire,
15:38moi, j'aime la sécurité sociale,
15:39j'aime les valeurs
15:40qui ont sous-tendu sa création.
15:42Mais c'est plus viable aujourd'hui.
15:43Maintenant, ne pas le réformer,
15:44c'est le laisser s'écouler.
15:44C'est viable aujourd'hui ou pas ?
15:45Non, bien sûr que non.
15:46Vous voyez bien les déficits qu'il y a
15:47et la dette sociale qu'on accumule.
15:49Voilà.
15:49Et donc, réformer notre système social,
15:51ce n'est pas s'y attaquer,
15:52c'est tout simplement le sauver.
15:53Parce que sinon, à la fin,
15:54je peux vous dire,
15:55ça ne tiendra plus.
15:56Donc moi, je vous ai dit
15:56de manière très claire,
15:57assurance chômage,
15:58retraite.
15:59Et encore une fois,
16:00il ne s'agit pas de dire
16:00on va faire douiller
16:02ceux qui travaillent,
16:03c'est plutôt faire en sorte
16:04qu'on soit davantage à travailler.
16:06C'est ça qui sera aussi la clé
16:07pour permettre à notre système
16:08de tenir.
16:09Gabriel Attal,
16:09vous restez avec nous.
16:11Je rappelle le titre de votre livre
16:12dont on va parler aussi tout à l'heure,
16:13en homme libre,
16:14aux éditions de l'Observatoire.
16:15Candidat potentiel à l'élection présidentielle
16:17ou candidat tout court
16:19à l'élection présidentielle.
16:19Peut-être que vous allez faire une annonce ?
16:20Je n'ai pas d'annonce à faire aujourd'hui.
16:23Potentiel, virtuel ?
16:26C'est quelque chose que vous mûrissez,
16:29que vous réfléchissez.
16:29Ce qui est sûr,
16:30c'est que ce livre,
16:31c'est une étape importante
16:32dans ce chemin vers le 25.
16:34Parce que là, vous n'êtes pas rasé,
16:35donc vous n'y pensez pas encore réellement,
16:36alors peut-être.
16:38C'est une étape importante, ce livre.
16:39Moi, je vais à la rencontre des Français,
16:40je me déplace partout.
16:41Je serai mardi à Bordeaux,
16:43à la librairie Mola,
16:44pour faire une signature
16:46et rencontrer les lecteurs.
16:47J'étais à Bayonne,
16:48vous l'avez dit,
16:49et je continuerai à me déplacer.
16:50Voilà à Nice, hein, chez Alain.
16:51Vous êtes en campagne, donc ?
16:53Je vais au...
16:54Mais vous savez, moi,
16:55je suis toujours allé sur le terrain.
16:55Je n'ai pas attendu les campagnes
16:56pour me déplacer.
16:57D'ailleurs, parfois,
16:58on m'a reproché de trop me déplacer
16:59dans mes fonctions
17:00quand j'étais au gouvernement,
17:01en disant,
17:01il passe son temps sur le terrain, etc.
17:04Vous allez le dédicacer au Havre,
17:06chez Édouard Philippe.
17:07Pour l'instant, ce n'est pas prévu.
17:08Pour l'instant, ce n'est pas prévu.
17:11La discussion va continuer dans un instant.
17:13Gabriel Attal, reste avec nous,
17:14parce qu'on n'a pas encore parlé de Total.
17:15On n'a pas encore parlé
17:16de la facture des Français,
17:17la facture énergétique.
17:18Quelles sont vos propositions,
17:19vos solutions ?
17:20Des questions de Jean-Loup Bonami
17:21à venir.
17:21Bruno Ponset, Sandrine Pégan,
17:22Gabriel Attal,
17:23ancien Premier ministre,
17:24face au GG.
17:25A tout de suite.
17:28RMC.
17:29Alain Marshall.
17:30Olivier Truchot.
17:31Les Grandes Gueules.
17:331, 2, 3, 4.
17:4310h25, RMC, RMC Story.
17:44Les Grandes Gueules
17:45sont en direct à la radio,
17:46à la télé,
17:46avec l'avocate Sandrine Pégan,
17:48le cheminot Bruno Ponset,
17:49avec le professeur de philosophie
17:51Jean-Loup Bonami,
17:51surtout avec notre invité,
17:53Gabriel Attal,
17:53l'ancien Premier ministre,
17:54ancien ministre de l'Éducation nationale,
17:56potentiel candidat
17:57à l'élection présidentielle.
17:58C'est donc ce que l'on a compris.
18:00On est en plein contexte
18:01de la guerre au Moyen-Orient,
18:02Gabriel Attal,
18:03avec la hausse des prix du carburant.
18:06Finalement,
18:07c'est Total qui en fait plus que l'État
18:08aujourd'hui sur les carburants,
18:09avec ses ristournes,
18:10c'est même sa double ristourne.
18:11Il faut laisser faire Total.
18:13On dit bravo Total,
18:14merci Total.
18:15En tout cas,
18:15c'est important que les distributeurs,
18:17notamment,
18:17ne fassent pas de marge indue
18:18pour profiter de cette situation,
18:20bien sûr.
18:215,8 milliards de bénéfices.
18:22Oui,
18:23mais vous savez que la plupart
18:23de leurs profits,
18:24ils ne les font pas en France,
18:25parce qu'on ne produit pas
18:26d'hydrocarbures en France.
18:27Donc, on ne taxe pas,
18:27on ne bloque pas les prix.
18:29Je pense qu'encore une fois,
18:30si vous avez des distributeurs
18:31qui sont capables
18:32de rendre une partie
18:33des marges qu'ils font,
18:34c'est bien.
18:35Ensuite,
18:35il faut tout regarder.
18:36Vous savez,
18:36moi,
18:37quand j'étais Premier ministre,
18:38on avait lancé
18:39une mission d'inspection
18:40pour vérifier secteur par secteur
18:45et j'en place une mesure
18:45pour en récupérer.
18:46Il y en a, là,
18:47selon vous, Paul ?
18:48Je ne suis plus au gouvernement.
18:49Enfin, vous faites de la politique.
18:51Oui, je fais de la politique,
18:52mais je veux dire,
18:52moi, je préfère les choses
18:53qui sont établies sur des faits,
18:54sur des chiffres,
18:55et donc, c'est important
18:56que les choses soient regardées
18:57et je crois qu'elles le sont
18:57en ce moment.
18:58Et si jamais,
18:59il y a des profits induits
19:00qui sont faits,
19:01il faut...
19:01Est-ce que le chèque
19:02pour les gros rouleurs,
19:03c'est une bonne chose ?
19:04Est-ce que les aides ciblées,
19:05c'est ce qu'il faut faire
19:05ou il faut aller au-delà ?
19:07Vous avez des Français
19:08qui n'ont pas d'autre choix
19:09qu'utiliser leur voiture,
19:10notamment pour aller bosser.
19:11Je pense à l'infirmière libérale
19:13qui a besoin de sa voiture
19:13en zone rurale
19:14pour faire sa tournée,
19:15c'est sûr que ça lui coûte
19:16beaucoup plus cher.
19:16Et donc, il faut aider
19:17ces Français-là.
19:18La question, c'est
19:19comment vous le faites ?
19:19Moi, les chèques,
19:21je suis toujours un peu perplexe
19:23parce que vous avez toujours
19:23les effets de seuil.
19:24C'est-à-dire, vous avez des gens,
19:25ils disent,
19:26moi, je suis toujours au-dessus
19:27des seuils pour être aidé.
19:28Et moi, je n'ai jamais les aides
19:30alors que je bosse
19:30et que je galère.
19:31Moi, j'aurais privilégié
19:32une autre mesure
19:34qui est celle que j'avais portée
19:35quand j'étais moi-même
19:36au gouvernement
19:37qui est de revaloriser
19:38le barème des indemnités
19:39kilométriques.
19:40Vous savez, les Français
19:41qui travaillent,
19:41ils ont cette aide.
19:43Et donc, c'est l'entreprise
19:44qui paye ?
19:45Ah non, non, c'est eux.
19:46C'est qu'ils payent moins d'impôts.
19:48Dans leur déclaration d'impôts,
19:49ils ont le barème
19:50des indemnités kilométriques.
19:51Voilà, exactement.
19:52Et donc, ils ont une déduction fiscale.
19:54J'aurais revalorisé le barème.
19:55Je crois que c'est 5 millions
19:56de personnes qui travaillent,
19:58qui en bénéficient.
19:59Typiquement, l'infirmière libérale,
20:00elle est dedans de manière certaine.
20:01Bien sûr, mais sauf qu'elle met du temps
20:02à le récupérer
20:03puisque c'est dans la déclaration.
20:04Là, ce qui importe,
20:05c'est le quotidien.
20:06C'est pour ça qu'il est possible
20:06de faire un texte
20:08de budget rectificatif
20:09pour qu'il puisse y avoir
20:10un versement tout de suite.
20:11Mais au moins,
20:11c'est un cadre qui existe.
20:13On n'est pas là à inventer
20:14des nouveaux seuils.
20:14Mais Total a pris la bonne décision
20:15en disant jusqu'à la fin de la crise,
20:17on baisse ?
20:17Oui, bien sûr.
20:18Mais bon, ce sont des petits gestes quand même.
20:20Ce qui permet de baisser
20:20la facture des Français,
20:22je ne vais pas dire
20:22parce que c'est Total,
20:23je ne vais pas le critiquer, évidemment.
20:24Maintenant, encore une fois,
20:25on en revient au débat de tout à l'heure.
20:27Si les Français,
20:28on leur permettait
20:28de vivre au mieux de leur travail,
20:30d'avoir un net plus proche du brut,
20:32évidemment que vous auriez moins
20:33de difficultés
20:34que de la aujourd'hui.
20:34Jean Lobunami.
20:35Vous dites tout faire
20:37pour justement
20:39le portefeuille des Français.
20:40Mais est-ce qu'il n'y aurait pas
20:41des mesures plus structurelles
20:43qui permettraient en effet
20:44d'aider le portefeuille des Français ?
20:46Alors, je repense
20:47à un dossier complètement enterré.
20:49Mais par exemple,
20:50la question en France
20:51de l'exploration du pétrole
20:52et du gaz de schiste.
20:53On en parlait énormément
20:54en 2012-2013.
20:55C'était dans le rapport Gallois
20:56sur la réindustrialisation
20:57de la France.
20:58Arnaud Montebourg,
20:59à l'époque ministre de gauche,
21:02en parlait.
21:02Ça a été complètement enterré.
21:04Ou alors, également,
21:06toujours sur la politique énergétique,
21:08aujourd'hui, les Français,
21:09quand ils payent
21:10le litre d'essence à la pompe,
21:12ils payent des taxes.
21:13Il y a des taxes qui sont nécessaires,
21:15mais il y a aussi des taxes
21:16qui servent
21:17à subventionner l'éolien.
21:19Est-ce que c'est normal
21:20que l'infirmière
21:22ou le boulanger,
21:23quand ils vont à leur travail,
21:25ils financent,
21:25ils subventionnent
21:26en période de crise
21:27l'éolien ?
21:28Est-ce qu'on ne devrait pas,
21:29tout simplement,
21:29supprimer cette subvention
21:32pour baisser
21:33le prix de l'essence ?
21:34Donc, la politique énergétique,
21:36éolienne,
21:37gaz de schiste,
21:37ce genre de choses.
21:38D'abord, si on veut
21:39que la facture d'électricité
21:41des Français
21:41n'augmente pas,
21:42il faut produire
21:43plus d'électricité.
21:44Et pour produire
21:45plus d'électricité,
21:45vous avez besoin
21:46du nucléaire,
21:46et c'est très bien
21:47que ça a été relancé
21:48en France,
21:49et on a trop attendu
21:49pour relancer,
21:50et vous avez besoin
21:51des énergies renouvelables aussi.
21:52Faux !
21:52Ensuite...
21:53Faux !
21:53Parce que l'éolienne,
21:54en fait,
21:54elle produit très peu,
21:55elle est subventionnée à mort,
21:56c'est pas du tout ça
21:57qui va produire massivement
21:58de l'électricité.
21:59Moi, je me fie
21:59aux rapports scientifiques
22:01qui sont faits,
22:01à celui de RTE
22:02qui a été fait,
22:02qui montre que la demande
22:03d'électricité va exploser
22:04dans les années à venir.
22:05Et c'est pas avec l'éolien
22:06que vous allez le couvrir ?
22:07En tout cas,
22:07c'est pas avec le nucléaire
22:08non plus tout de suite,
22:09puisque pour construire
22:10une centrale nucléaire,
22:10vous le faites pas
22:11en quelques semaines
22:11ou quelques mois.
22:12Moi, ce que je veux,
22:13c'est que la facture d'électricité
22:13des Français n'explose pas.
22:15Et pour ça...
22:15Avec l'éolien, elle explose.
22:16Comme la demande d'électricité
22:17augmente,
22:18c'est-à-dire que globalement,
22:18on électrifie les usages.
22:20Vous avez des Français
22:20qui passent à l'électrique, etc.
22:21Donc, il y a la demande
22:22qui augmente.
22:23Donc, il faut que la production,
22:24elle augmente.
22:24On ne peut pas augmenter
22:25le nucléaire tout de suite.
22:26On a relancé,
22:26et ça prend une dizaine d'années
22:28pour sortir des réacteurs.
22:29Donc, les énergies renouvelables,
22:30au moins dans l'intervalle,
22:31elles sont nécessaires.
22:32Je passe à la suite.
22:33Vous avez parlé
22:33des gaz de schiste, etc.
22:34Il y a une nouvelle
22:35qui est passée un peu inaperçue
22:36ces dernières semaines,
22:37alors que c'est potentiellement
22:38une très bonne nouvelle
22:39pour la France.
22:39En Moselle,
22:40on a identifié
22:41un gisement d'hydrogène
22:42qui est potentiellement
22:43le plus grand au monde.
22:44Au monde.
22:45Et là, ça peut être
22:45des dizaines de milliards d'euros.
22:46Donc, il faut aller forer.
22:47Il faut y aller.
22:47Ah ben, bien sûr qu'il faut y aller.
22:48Sur l'hydrogène, en plus,
22:49qui est une énergie
22:51qui est bas carbone.
22:53Ensuite, le vrai sujet...
22:54Il faut y aller.
22:55Oui, bien sûr,
22:55sur ce sujet-là, oui.
22:56Il ne faut pas tenir compte
22:56de ce qui est l'hydrogène.
22:57Sur le pétrole,
22:58le gaz de schiste,
22:59il y a une loi qui a été votée
23:00qui a fait que la France
23:00est le premier pays au monde
23:01qui a interdit le forage,
23:10mais il faut y aller.
23:11Deuxième chose,
23:11le vrai sujet
23:13pour l'augmentation structurelle
23:14des salaires,
23:15c'est l'innovation.
23:17Si la trajectoire,
23:18si la productivité en France
23:20avait eu la même trajectoire
23:21que celle des États-Unis
23:22depuis 20 ans,
23:23le salaire médian français
23:24ne serait pas de 2200 euros net
23:26par mois,
23:27il serait de 3300 euros net
23:29par mois.
23:2950% de plus.
23:30Pourquoi on n'a pas respecté
23:31cette trajectoire, alors ?
23:32Parce qu'en fait, c'est quoi ?
23:33C'est un, l'éducation,
23:34la formation,
23:35la recherche pour l'innovation.
23:36Deux, aux États-Unis,
23:38ils ont des entreprises
23:38qui sont devenues des géants
23:39du numérique,
23:40qui tirent toute l'économie
23:42et qui remontent
23:43la prospérité du pays.
23:44C'est comme ça
23:44qu'ils ont réussi.
23:46Et donc, si on avait suivi
23:46la même trajectoire
23:47qu'eux ces 20 dernières années,
23:48encore une fois,
23:49le salaire médian en France
23:49serait de 3300 euros net
23:51par mois,
23:51c'est 50% de plus.
23:53Donc moi, je crois
23:53qu'on doit tout faire
23:55pour que la France puisse
23:55redevenir une nation
23:56de scientifiques et d'ingénieurs.
23:57Quand vous avez des jeunes talents
23:59qui ont des idées,
24:00qui innovent,
24:01ils restent en France
24:02plutôt que partir,
24:03qu'on est des géants
24:03du numérique en France,
24:04que dans l'industrie,
24:05évidemment aussi,
24:06on puisse innover
24:07et bénéficier de l'innovation,
24:08il faut bien se rendre compte
24:09de ce qui se passe
24:09en ce moment.
24:10La course technologique,
24:11elle se fait beaucoup
24:12entre les Etats-Unis
24:13et la Chine.
24:13On l'a perdue ?
24:14Est-ce qu'on a perdu
24:14la course de l'innovation ?
24:16Est-ce qu'on a perdu
24:16la course sur la voiture électrique ?
24:19Est-ce qu'on a perdu
24:20la course sur l'intelligence artificielle ?
24:21Je ne crois pas
24:22qu'on l'ait perdu encore
24:23et que s'il n'y a pas
24:24de ressaisissement
24:25au niveau européen
24:25et au niveau français,
24:26on peut la perdre.
24:27Et à ce moment-là,
24:27nos enfants,
24:28nos petits-enfants,
24:28le seul boulot
24:29qu'ils pourront faire,
24:31c'est servir du café
24:32aux Américains
24:33ou du thé aux Chinois
24:33quand ils viennent en France.
24:34On aura toujours
24:35une industrie touristique,
24:36c'est important,
24:36mais pour le reste,
24:37on risque d'être colonisés,
24:38vassalisés par les Etats-Unis
24:40et la Chine.
24:40Regardez ce qui se passe
24:41aujourd'hui sur le véhicule
24:42électrique en Chine.
24:43Je crois que c'est moins
24:43de 6 minutes pour recharger
24:44la batterie de son véhicule.
24:46Bref, ils sont à la frontière
24:47technologique surtout.
24:48Si nous, on se laisse
24:49durablement dépasser là-dessus,
24:51les salaires n'augmenteront pas
24:52à l'avenir.
24:53Au contraire,
24:53on va s'appauvrir.
24:54Et donc, tout doit être fait
24:55pour moi,
24:56pour cet objectif
24:59d'innovation
24:59et de prospérité du pays.
25:01Et encore une fois,
25:01pour tout le monde,
25:02ce n'est pas quelques start-up
25:03à Paris,
25:03ça concerne aussi l'industrie
25:04et ça concerne tous les secteurs
25:05et tous les territoires.
25:06Vous dites que dans vos dédicaces
25:07en librairie,
25:07parfois, vous faites mal accueillir,
25:09vous faites en guirlandais,
25:09vous payez le bilan de Macron ?
25:11On ne peut pas tant
25:12dans les dédicaces
25:12parce que les gens qui viennent,
25:13a priori,
25:13c'est des gens qui ont envie
25:14de lire mon livre.
25:15Je me déplace évidemment
25:16au-delà de mes dédicaces.
25:17J'étais sur la foire
25:17aux jambons de Bayonne,
25:18on le disait tout à l'heure.
25:19Oui, vous avez des gens
25:20qui disent,
25:20on est déçus,
25:21on est en colère.
25:23Et ils me parlent
25:23de plein de sujets.
25:23Alors pourquoi est-ce
25:24qu'il voterait pour vous ?
25:25Encore une fois,
25:26parce que c'est Gabriel Attal
25:27et Emmanuel Macron,
25:29c'est président,
25:31et c'est le clone peut-être,
25:33Gabriel Attal,
25:34c'est le clone de Macron.
25:34Je pense que les gens,
25:35ils sont lucides,
25:36il y a des choses
25:37qui ont été ratées,
25:38il y a des choses
25:38qui ont été réussies,
25:39je pense qu'il y en a aussi.
25:40Parce que s'ils veulent
25:41tourner la page du macronisme,
25:42ils tourneront la page
25:43Gabriel Attal aussi.
25:44Mais vous savez,
25:44je ne vais pas prendre
25:45les gens pour des imbéciles,
25:46les Français,
25:46ils sont intelligents.
25:47J'ai été au gouvernement
25:48depuis 2018.
25:49Moi, je pense que
25:50je dois être comptable
25:51de ce que j'ai fait
25:52ou pas fait,
25:52ou bien fait,
25:53ou mal fait
25:53dans les ministères
25:54qui m'ont été confiés.
25:55On peut me reprocher des choses,
25:56on ne peut pas avoir été d'accord
25:57avec des mesures que j'ai prises
25:58ou des décisions que j'ai prises.
26:00Globalement,
26:00on ne peut pas me reprocher
26:00de ne pas avoir agi
26:01dans les ministères
26:02qui étaient les miens,
26:03que ce soit à l'éducation nationale,
26:04à Bercy,
26:05ou au secrétariat d'État,
26:07à la jeunesse.
26:08Voilà, après la campagne,
26:09elle va servir
26:10à présenter un projet aux Français.
26:11Et on est à l'heure des choix
26:13en 2027.
26:13Donc la campagne.
26:14Est-ce qu'on considère...
26:15Oui, parce que c'est sur ça
26:15qu'il m'interroge.
26:16Moi, je suis chef de parti,
26:17ma responsabilité,
26:18c'est de préparer une campagne,
26:19évidemment, pour mon parti.
26:21Vous serez campagne avec qui ?
26:25Tout seul ?
26:26Avec Édouard Philippe ?
26:27Contre Édouard Philippe ?
26:28Parce que tout le monde
26:28est sur la ligne de départ
26:29et on ne voit pas les différences
26:31entre Gabriel Attal et Édouard Philippe.
26:33Pour l'instant,
26:33vous avez assez peu d'idées
26:34et de projets
26:35qui ont été mis
26:36dans le débat public.
26:37Donc c'est sûr que
26:38si vous ne parlez que des noms,
26:39vous ne voyez pas les différences.
26:40Mais ensuite,
26:41quand il y aura les projets
26:41qui vont sortir,
26:43vous verrez les différences.
26:44On reprend l'exemple
26:45de la retraite.
26:46Tout à l'heure,
26:46moi, je vous dis,
26:47je veux supprimer l'âge légal
26:47de départ,
26:48garder que la durée de cotisation
26:49pour que les gens
26:50aient plus de liberté
26:51sur quand ils partent.
26:52La dernière fois qu'Édouard Philippe
26:53s'est exprimé sur la retraite,
26:54lui propose les 67 ans.
26:55Vous voyez déjà
26:56une différence entre nous.
26:57Et sur d'autres sujets,
26:58il y aura probablement
26:58évidemment des différences.
27:00Ensuite, l'important,
27:00c'est qu'il y ait une vraie campagne.
27:02En 2022,
27:02il n'y a pas eu de campagne.
27:03Le président s'est déclaré très tard,
27:04il y avait la guerre en Ukraine.
27:06Qu'est-ce que ça a donné ?
27:06De la frustration
27:07chez beaucoup de Français,
27:09une absence de majorité absolue ensuite
27:12et même pas vraiment de programme
27:13pour la suite
27:14après l'élection présidentielle.
27:15Est-ce qu'on trouve
27:16une vraie campagne ?
27:16Et ensuite,
27:17il faudra un vrai rassemblement
27:19s'il y a un risque
27:20d'avoir un deuxième tour
27:21entre LFI et le RN,
27:22ce qu'on veut éviter, bien sûr.
27:23Vous disiez à l'instant
27:24qu'en 2022,
27:25il n'y avait pas vraiment de campagne.
27:26Mais est-ce que vous avez l'impression
27:27que là,
27:27les Français ont la tête aux élections ?
27:30Sincèrement.
27:30Aujourd'hui, non.
27:30Avec tout ce qui se passe.
27:32Vous mettiez dans la balance
27:33le fait qu'il y avait la guerre en Ukraine,
27:34là, il y a la guerre en Iran.
27:35Les Français n'ont pas la tête à ça.
27:36On est un an avant l'élection.
27:37Oui, mais ça va être très vite.
27:38Je vais vous dire,
27:38je comprends parfaitement les Français.
27:39On parle de tous les sujets
27:40depuis tout à l'heure,
27:41comment ils bouquent leur fin de mois,
27:42et c'est ça qui les préoccupe aujourd'hui
27:44plus qu'une élection dans un an.
27:46Maintenant, la responsabilité
27:47d'un parti politique,
27:48c'est de préparer cette échéance
27:49parce que ce n'est pas
27:50n'importe quelle élection,
27:51parce qu'on n'est pas
27:51à n'importe quel moment.
27:52Tous les pays dans le monde aujourd'hui,
27:53ils investissent,
27:54ils réforment,
27:55ils cherchent à être les premiers
27:56et à être les leaders
27:57sur toutes les nouvelles technologies.
27:58On ne peut pas se laisser
28:00durablement...
28:00D'ailleurs, justement,
28:01par rapport aux nouvelles technologies
28:02que vous soulevez,
28:03toutes nos données sont aux USA.
28:05Donc, on a l'impression
28:05que la France allait dépasser.
28:06Qu'est-ce que vous,
28:07vous feriez,
28:08si vous étiez président en 2027,
28:09à partir de quel moment
28:10on pourrait protéger
28:11un peu nos données françaises ?
28:12Vous avez quand même aujourd'hui
28:13un projet de cloud
28:14souverain européen
28:15qui est en train
28:16de se déployer.
28:18Pour moi, c'est ça la réponse.
28:19Si on veut rivaliser
28:20sur ces sujets-là
28:20avec les États-Unis
28:21ou avec la Chine,
28:22ce n'est pas vrai de dire
28:23qu'on y arrivera tout seul
28:24en franco-français.
28:24C'est évidemment au niveau européen,
28:26450 millions de consommateurs,
28:28une puissance économique
28:29qui est importante.
28:30Pour moi, ça se joue en Europe
28:31et objectivement,
28:32sur ce sujet-là
28:33et sur d'autres,
28:34on va dans la bonne direction.
28:34Le deuxième quinquennat
28:36d'Emmanuel Macron,
28:36c'est un quinquennat raté ?
28:38Depuis la dissolution,
28:39en tout cas,
28:40il ne se passe plus rien.
28:41Franchement,
28:42la dissolution...
28:42Vous en parlez d'ailleurs
28:43dans votre livre 1
28:43de la dissolution.
28:44Oui, parce que moi,
28:45quand je me déplace...
28:46Vous êtes traumatisé
28:46de la dissolution.
28:47Non, tous les Français
28:48ont été choqués de cette décision
28:49et je pense qu'on voit
28:50qu'on en paye le prix aujourd'hui.
28:51Moi, quand je me déplace,
28:53vous avez toujours des Français
28:54qui viennent me voir
28:54qui me disent
28:54qu'on ne comprend pas
28:55comment il a pu décider
28:56de cette dissolution.
28:57Vous dites qu'il ne se passe plus rien
28:58mais donc il ne va rien se passer
28:59d'ici 2027 ?
29:00Juste pour répondre à la question.
29:02Quand je me déplace,
29:02les gens me disent
29:03qu'on ne comprend pas
29:03pourquoi il a fait
29:04cette dissolution de président
29:05et comment vous avez pu
29:06ne pas être au courant,
29:07comment il vous l'a caché,
29:07etc.
29:08Dans le livre,
29:09je raconte effectivement
29:10ce qu'on ne lit jamais
29:11dans la presse,
29:11ce qui se passe derrière les portes,
29:13dans les coulisses
29:14et comment tout ça s'est fait.
29:15C'est pour ça que j'ai voulu
29:16faire ce témoignage.
29:17Ensuite, c'est une réalité.
29:19Depuis la dissolution,
29:20il n'y a plus aucune majorité
29:21à l'Assemblée,
29:21il n'y a plus aucune réforme
29:22qui peut être passée.
29:23Regardez sur l'histoire
29:24du 1er mai.
29:25On parle de permettre
29:26juste aux boulangers,
29:27Fleuris, Boucher
29:28de travailler le 1er mai.
29:29Il y a un texte de loi.
29:30Il ne peut même pas passer
29:30à l'Assemblée.
29:31Donc, il ne se passera rien
29:32d'ici la présidentielle ?
29:33Je crois qu'il va se passer
29:34très peu de choses, malheureusement.
29:35À quoi il sert Sébastien Lecornu ?
29:37Vous voyez bien,
29:38il a annoncé une mesure
29:38pour aider les gros rouleurs,
29:40etc.
29:41Bien qu'il y ait un gouvernement.
29:42Le fond de ma question,
29:43c'est qu'aujourd'hui,
29:43il ne sert à rien.
29:45Il dure à Matignon
29:46jusqu'à la présidentielle.
29:47D'abord, il n'est pas responsable
29:48de la situation du Parlement aujourd'hui.
29:49C'est lui qui est le responsable.
29:51C'est sûr que c'est la dissolution,
29:52bien sûr.
29:52C'est le choix de dissoudre
29:53et dans ces conditions-là.
29:54Quand vous baladez en France,
29:55vous dites que vous baladez en France.
29:57Mais vous avez bien vu,
29:57il y a un vrai rejet
29:58au-delà de Macron,
30:00du macronisme.
30:00Et en fait, malheureusement pour vous,
30:02vous l'incarnez,
30:03peut-être pas malheureusement,
30:03c'est ce qui fait
30:04que vous êtes aujourd'hui.
30:04Il a quand même marqué une rupture.
30:05Mais en fait, non,
30:06la rupture, c'est mort.
30:07Moi, je veux vous le dire.
30:08La plupart des gens aujourd'hui,
30:10vous, Édouard Philippe, Macron,
30:11c'est une cata.
30:12C'est une cata,
30:12les gens ne veulent plus.
30:13Donc moi, j'ai bien peur.
30:14Et pas que pour vous,
30:15mais j'ai bien peur
30:15qu'à un moment donné,
30:17aujourd'hui, il y a quand même
30:18par exemple une rumeur qui dit
30:19qu'il y aura un pacte
30:20de non-agression
30:20entre vous, Édouard Philippe.
30:21Et s'il y en a un des deux
30:22qui est plus haut que l'autre,
30:23l'autre se rangera derrière lui.
30:25Mais les Français, ils ne veulent pas.
30:25C'est ça, vous avez signé
30:26un pacte de non-agression ?
30:27Je n'ai rien signé du tout.
30:28Ce que je disais tout à l'heure,
30:29c'est qu'il faut une vraie campagne
30:31et qu'il y ait plusieurs candidats.
30:32Entre nous.
30:33Et ensuite, s'il y a un risque...
30:34Il n'y aura pas Édouard Philippe
30:36et Gabriel Attal.
30:36Il y en aura une trentaine,
30:37on est bien parti,
30:38mais on aura une trentaine de candidats.
30:39S'il y a un risque
30:40d'avoir un deuxième tour
30:41entre LFI et l'ERN,
30:43moi, je veux éviter aux Français
30:44parce que je pense que
30:44ça serait une catastrophe pour le pays.
30:46S'il y a ce risque-là,
30:47il vaut mieux éviter
30:48qu'il y ait plusieurs candidatures
30:50qui divisent les voies.
30:51S'il y a l'ERN,
30:52il y a une vraie rupture avec vous.
30:53Et donc, à ce moment-là,
30:54il faudra un rassemblement, évidemment.
30:56Mais c'est une question
30:57qui se posera début 2027.
30:59À l'issue d'une campagne,
31:00on doit confronter des projets.
31:01Merci, Gabriel Attal.
31:02Est-ce qu'Emmanuel Macron
31:03a reçu votre livre ?
31:05Est-ce qu'il l'a lu, d'après vous ?
31:06Alors, je lui ai envoyé.
31:06Vous l'avez signé ?
31:07Très bien.
31:08Je ne sais pas s'il l'a lu.
31:09Je n'ai pas eu de retour.
31:10Mais vous l'avez dressé.
31:11Et quels sont vos rapports
31:11avec lui aujourd'hui ?
31:13Moi, j'ai du respect pour lui,
31:15de la reconnaissance,
31:16parce que c'est lui
31:17qui m'a permis...
31:18Et de la rancœur ?
31:18Comment ?
31:19Et de la rancœur ?
31:20Non, il y a eu un avant
31:21et un après avec la dissolution.
31:22Mais encore une fois,
31:23pas tant pour moi.
31:23Ce que je raconte dans le livre,
31:24c'est que j'avais décidé
31:26de démissionner
31:27au vu des résultats
31:28des élections européennes.
31:29Donc moi, je savais le soir
31:30que mon sort à Matignon,
31:31il était scellé.
31:33Donc, il y a eu un avant
31:34et un après à cause de la dissolution.
31:35Mais ce n'est pas tant
31:35pour ma situation à moi
31:36que pour le pays.
31:37Parce que...
31:38Et ça, je le raconte dans le livre.
31:39Quand il nous dit
31:39qu'il va dissoudre,
31:40qu'il me l'annonce
31:41à peu près une heure
31:41avant tous les Français,
31:43je pressens et je lui dis
31:45que ce qui va se passer
31:46pour le pays,
31:46c'est exactement ce qu'on voit
31:47aujourd'hui.
31:48C'est-à-dire l'absence de majorité,
31:49un pays qui est ingouvernable,
31:50un pays dans lequel
31:51il n'y a plus aucune réforme,
31:52alors même que tout le monde
31:53réforme et tout le monde
31:54avance dans le monde.
31:55Merci Gabriel Attal.
31:56Je rappelle le titre
31:57de votre livre
31:57En homme libre
31:58aux éditions de l'Observatoire.
31:59Merci d'être passé par les GGI.
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