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  • il y a 7 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Benjamin Morel, constitutionnaliste, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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00:01R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05Face au GG, nos GG, Fatima Hidbounouin, la prof de français, Antoine Dierce, consultant juridique,
00:10et Emmanuel De Villiers, le chef d'entreprise.
00:12Face au GG avec le constitutionnaliste Benjamin Morel. Bonjour.
00:17On va faire le bilan de ce premier tour avec vous parce que dans le Figaro ce matin, vous dites
00:21le grand vainqueur de ce premier tour des municipales, c'est la France insoumise. Pourquoi ?
00:26Clairement, alors pas par rapport au nombre de voix, si vous faites le compte du nombre de voix
00:30qu'ont récolté les insoumis, c'est 600 et quelques mille, c'est pas un raz-de-marée électoral.
00:35Néanmoins, ils ont réussi à mobiliser une partie de leur électorat, ce que d'habitude
00:38ils ne parviennent pas à faire à des élections municipales. Mais la vraie victoire, en fait,
00:42elle est stratégique. Avec 600 000 voix, ils ont pris en otage le Parti Socialiste
00:47qui en fait avait deux choix qui étaient de toute façon des mauvais choix pour le PS.
00:51Soit le PS disait jamais d'alliance avec les insoumis, auquel cas, ils auraient perdu
00:55beaucoup de villes et Jean-Luc Mélenchon aurait pu dire, regardez, la gauche ne peut
01:00pas gagner en étant divisée en 2027, le PS et le Parti de la Division, la France insoumise
01:06et moi-même sommes les seuls qui pouvons gagner au nom de l'Union et le PS était dans
01:10une situation très compliquée. Soit il forçait ce qui se passe, en fait, les édiles socialistes
01:15à faire alliance avec les insoumis, ce qui signifie deux choses. D'abord, la ligne
01:19jamais d'alliance avec les insoumis s'est effondrée en quelques heures. Deuxième
01:24élément, les maires qui là font alliance vont en partie être dépendants dans leur
01:29majorité des insoumis. Derrière, il y a des grands électeurs insoumis qui vont aussi
01:34voter pour les sénatoriales dans six mois. Et ça veut dire que les équilibres au sein
01:38du PS ont profondément changé. Prenez Carole Delga qui est l'une des plus ferventes
01:43socialistes contre aujourd'hui l'alliance avec LFI. Que va-t-elle faire quand elle aura un
01:47maire LFI dans la capitale de l'Occitanie ? Ça sera plus compliqué. Et donc
01:51aujourd'hui, je dirais, avec 600 000 voix, les insoumis ont réussi à transformer
01:57profondément les rapports de force à gauche.
01:59Mais pourquoi le PS finalement se laisse manger par les insoumis alors qu'il fait plus
02:04de voix au municipal que les insoumis ? Et en plus, le PS avait fixé des lignes rouges
02:11en quelque sorte. Il y a eu un bureau national du PS au début du mois qui avait acté que
02:16Jean-Luc Mélenchon avait des propos antisémites et complotistes. On l'avait
02:19entendu, la numéro 2 du PS, madame Johanna Roland, mère de Nantes, dire pas d'accord
02:24avec LFI. Finalement, elle en passe, elle aussi. Pourquoi finalement cède-t-il ?
02:30Alors, il y a deux raisons majeures. La première, on l'a évoquée, c'est-à-dire que si jamais
02:33le PS n'avait pas cédé, il aurait perdu probablement Nantes, il aurait perdu
02:38Clermont-Ferrand, il aurait perdu...
02:40On ne sait pas encore s'ils vont les conserver.
02:43Non, mais s'ils les conservent, ça n'est que grâce à ces accords-là. Et donc, à partir
02:48de là, il y aurait eu le sentiment d'un PS qui, eh bien, était...
02:51Ce qui compte, c'est garder ses villes, quoi.
02:53...en voie de déstructuration pour 2027, avec une impossibilité, eh bien, d'incarner
02:58l'Union. Parce qu'en plus, au nom de la division, ils auraient perdu le deuxième
03:00élément, c'est que le parti est très féodalisé. Après dix ans de défaite au niveau
03:05national, ce qui fait la force de ce parti, ce sont ses élus locaux. Et si l'intérêt
03:08local prime sur l'intérêt national du parti, eh bien, c'est l'intérêt local
03:12qui l'emporte.
03:12Donc, Olivier Faure n'a aucun pouvoir. Lorsqu'il dit pas d'accord national, en fait, personne
03:16ne l'écoute.
03:17Mais il a dit pas d'accord national hier, tout en nuançant les choses, mais les négociations
03:22ont eu lieu dès dimanche soir. Et donc, en réalité, s'il avait dit aucun accord, sinon
03:26j'exclus les édiles qui décident de faire des accords, eh bien, les édiles lui auraient
03:30dit on fait quand même des accords.
03:32Mais il n'y avait pas l'autorité nécessaire.
03:34Moi, ce qui me gêne un peu dans ce que vous dites, c'est qu'on a l'impression que
03:37l'état
03:37du parti socialiste, enfin, comment dire, la débâcle du parti socialiste, ou ce qui
03:42arrive au parti socialiste, c'est la responsabilité de la France insoumise, alors que le parti
03:48socialiste en est là aussi, à cause du parti socialiste, à cause de ses choix depuis des
03:53années, à cause de plein de choses, vous voyez ?
03:57Alors, je ne suis pas là pour donner des bons ou des mauvais points aux socialistes
03:59ou aux insoumis. Je constate une situation stratégique. Je suis d'accord avec vous sur
04:03le fait que la fragilisation du parti socialiste, elle date de bien avant, et elle est liée
04:08aux grandes défaites au niveau national, et à cette féodalisation du parti que l'on
04:12évoquait tout à l'heure, à la primauté de l'intérêt local sur l'intérêt national.
04:16Ça ne date pas d'hier, mais là, clairement, aujourd'hui, ça pose un problème au parti.
04:19Là, aujourd'hui, il faut constater l'excellent coup tactique de Jean-Luc Mélenchon, qui,
04:24là-dessus, a parfaitement joué ses cartes. S'il a bien joué ses cartes, c'est qu'en face,
04:28vous avez un parti socialiste qui les a mal joués et qui en paye le prix.
04:31Et est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, plus que jamais, ce qu'on voit dans ces
04:35élections municipales, c'est la bipolarisation de la société, en fait, qui se met plus que
04:40jamais en place en avançant vers l'élection présidentielle, c'est-à-dire en sortant
04:44de 10 ans de Macron, deux offres radicales et qui donnent le tempo politique de la vie
04:48française, c'est ça ?
04:49Alors, c'est une polarisation, en effet. Ce n'est pas une bipolarisation. La bipolarisation,
04:53d'une certaine façon, c'est l'état de l'électorat d'avant. On a plutôt une
04:56tripolarisation aujourd'hui, avec un électorat gauche de la gauche, un électorat droite
05:01de la droite, avec une porosité des deux côtés. Prenez par exemple Marseille. Si Marseille,
05:06Martine Vassal s'était retirée, candidate soutenue notamment par les Républicains,
05:10l'électorat, il n'aurait probablement pas été voté Payan. Quoi, quelles que soient
05:13les consignes qu'elle aurait pu donner, elle aurait pu dire Front Républicain, l'électorat,
05:16il aurait probablement été voté RN, il aurait probablement été voté à l'Ivo.
05:19– Martine Vassal, elle est là pour faire passer Payan.
05:22– Exactement. – C'est pour ça qu'elle se maintient.
05:23– Et donc l'intérêt, entre guillemets, pour Benoît Payan, paradoxalement,
05:26c'était qu'il n'y ait pas de Front Républicain, que Martine Vassal se maintienne.
05:29Donc on voit qu'on a une porosité des deux côtés, et au milieu, il y a quand même
05:32un électorat central qui continue à exister comme un pôle, mais qui est de plus en plus
05:36affaibli. Cet électorat, il est de plus en plus compressé, il ne suffit plus à emporter
05:40des élections, et donc aujourd'hui, on a une forme de prise en étau qui se resserre
05:45sur les centres.
05:46– Antoine Diers ?
05:47– Oui, victoire pour LFI, victoire, vous l'avez dit, pas sur le nombre de voix,
05:53mais sur la stratégie. Effectivement, LFI est dans une stratégie du coucou. Ce que
05:57j'appelle la stratégie du coucou, il fait son nid dans celui d'un autre. En l'occurrence,
06:01il fait son nid dans le nid du PS. Et on a vu ces derniers mois, LFI renoncer à être
06:09un parti de masse, majeur, et ils ont choisi un angle, on l'évoquait tout à l'heure,
06:15la Nouvelle-France. Ils vont avoir quelques victoires dans des villes type Saint-Denis,
06:21Roubaix, et ils vont ensuite faire le coucou.
06:23– Peut-être Toulouse aussi, oui, voilà. Ils vont ensuite faire le coucou vis-à-vis
06:27du PS. Mais moi, je voulais savoir si vous avez la même lecture que moi. Est-ce que
06:32LFI a renoncé à être un parti de masse, et de n'être plus qu'un parti de niche
06:36sur une certaine partie de l'électorat de gauche, qu'ils vont monnayer à chaque
06:41élection vis-à-vis du PS ?
06:42– Alors, LFI n'a jamais eu pour objectif d'être un parti de masse, et encore moins
06:45un parti d'élu. C'est pour ça qu'on a beaucoup fait le parler avec le RN.
06:48– Le RN a une stratégie d'implantation dans ces élections, c'est moins le cas
06:51de LFI. Vous avez raison, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas d'avoir beaucoup, en fait,
06:55d'élus. Parce que les élus, c'est pénible. On parlait tout à l'heure du Parti Socialiste,
06:59le Parti Socialiste, eh bien, il a une forme d'inertie stratégique parce qu'il a des
07:04mairies et il veut les garder. On peut le comprendre, mais du coup, ça parasite une
07:07stratégie nationale. Jean-Luc Mélenchon a toujours, et il a théorisé son mouvement,
07:11contre ça. L'AFI, c'est un mouvement dans les mains de son leader, c'est un mouvement
07:15très souple qui peut changer d'option stratégique de façon extrêmement facile, tout bêtement,
07:20parce que, eh bien, ça dépend d'une direction très resserrée. Et donc, il ne s'agit
07:23absolument pas d'avoir une masse d'élus. Il s'agit de faire place nette pour 2027,
07:28pour propulser une candidature Jean-Luc Mélenchon, dont la souplesse lui permettrait
07:32– Ça veut dire quoi, faire place nette, en fait ?
07:34– Rendre le PS en incapacité de présenter une candidature anti-LFI, les principaux défaits
07:41de ces élections pour l'instant, c'est François Hollande, Raphaël Glucksmann, ceux
07:45qui voulaient être les candidats d'un PS anti-LFI. Parce que, qu'est-ce qui se passera
07:50si jamais le PS devait aller dans ce sens-là ? Eh bien, ça veut dire que vous avez beaucoup
07:53de maires qui diront, attention, moi, ma majorité, elle dépend des insoumis. Attention,
07:57pour les sénateurs, moi, j'ai été élu grâce à des grands électeurs insoumis.
08:01– Ça, ça rend compliqué la chose, parce qu'une campagne présidentielle, si jamais
08:04vous voulez vous présenter, sachez-le, eh bien, c'est environ 10 millions d'euros
08:07minimum. Sans le soutien du Parti Socialiste, une candidature du centre-gauche a très peu
08:12de chances d'exister, pour des raisons bassement financières, en réalité. Donc, si vous
08:16avez un PS qui est incapable d'incarner cette ligne-là, eh bien, pour les insoumis,
08:20c'est un vrai cadeau.
08:21– Donc, pour Raphaël Glucksmann, cet entre-deux-tours, c'est compliqué, là ?
08:25– À des airs, en effet, de mauvais signes.
08:28– Oui, mais c'est parce que ça rencontre un électorat, aussi.
08:32– D'ailleurs, il y a un sondage, pardon, qui dit que 48% des électeurs de gauche sont
08:35favorables à l'union entre l'EPS et les insoumis. Donc, ça veut dire qu'il y a ce
08:40qui est dit sur les plateaux télé, et la réalité des électeurs de gauche, ça a
08:45baissé, mais quand même qu'ils sont à 48% pour ces accords.
08:48– Parce que vous parlez de la stratégie qui est celle de faire place nette, mais elle
08:51rencontre un électorat qui a envie de cette radicalité, de ses idées, et peut-être
08:56de mettre de côté, aujourd'hui, un parti socialiste qui ne correspond plus aux attentes
08:59de gauche, quoi. – Et l'électorat de gauche est unitaire.
09:01Alors, encore une fois, les insoumis n'ont pas fait de grande rasia, et dans la plupart
09:04des communes de banlieue parisienne, eh bien, c'est plutôt le PS qui arrive en tête.
09:08Donc, il ne faut pas penser que là-dessus, les insoumis aient gagné une victoire électorale
09:12avec un raz-de-marée. Néanmoins, l'électorat de gauche est très unitaire.
09:16La stratégie de Jean-Luc Mélenchon, c'est de parier sur ce sentiment d'unité, en disant
09:20« Front antifasciste, et ce front antifasciste implique de faire l'unité ». Et du côté
09:24de la direction de part socialiste, on retient toujours bien un chiffre. En 2024, les électeurs
09:29insoumis, quand il y avait un candidat PS, ils ont voté pour le PS. En cas de second
09:33tour, RN contre PS, pas LFI, PS. Il y a moins d'un électeur macroniste sur deux qui a voté
09:39pour le PS. Une alliance au centre, ce n'est pas du tout le gage de bon report. L'union
09:44de la gauche, électoralement, ça continue à marcher. Si vous voulez continuer à avoir
09:47des élus socialistes, ou continuer à avoir des maires des députés socialistes, eh bien,
09:51il vaut mieux regarder du côté des insoumis, pas pour des raisons de valeur.
09:55C'est ce qu'a fait le NFP, d'ailleurs, en législative.
09:57Exactement, mais pour des raisons, bassement, je dirais, électorales, qui ont leur sens
10:01et leur cohérence, parce que si vous voulez être un parti, il faut avoir des élus. Pas
10:04d'élus, pas de parti, pas de parti, pas de possibilité de prendre le pouvoir.
10:07Donc c'est la préfiguration de la présidentielle qui est en train de se jouer dans ces municipales
10:11aussi. Alors, il ne faut pas considérer que les élections-là sont prédictives. D'abord
10:16parce qu'on se concentre sur les grandes villes qui ne sont pas représentatives du pays.
10:19Dans 70% des communes, il n'y avait qu'une seule liste. Et d'ailleurs, c'est plutôt
10:22un territoire qui est plutôt acquis au RN, celui-là. Donc il y a un vote RN là-dessus
10:25lors de ces municipales, qui est souterrain. Regardez les dernières élections municipales,
10:31la vague verte, elle n'a pas fait 5% aux présidentielles après. Donc ce n'est pas représentatif.
10:36En revanche, le jeu de tactique entre les partis qu'on a évoqués, lui, il va avoir
10:39une vraie conséquence pour 2027.
10:41Moi, j'aime beaucoup Benjamin Morel, parce que c'est quelqu'un de sympathique et de très fin.
10:45Et dans le monde de l'entreprise, on appelle ça un sachant.
10:50Et c'est très important d'avoir un jeune aussi érudit de politique, en lien avec nos textes
10:59constitutionnels et notre corpus législatif en général, parce que tout ça est très compliqué,
11:04très codifié.
11:06Moi, je rejoins tout ce qu'il vient de dire avec subtilité. Et je fais aussi un pont
11:12avec ce qu'a dit Alain Marshall tout à l'heure. Il y a quand même, en sous-bassement de
11:16l'opinion
11:16française, une volonté de dégagisme qui est problématique. Mais Benjamin vient de rappeler
11:23un peu ce que je disais modestement tout à l'heure. Jamais les élections présidentielles
11:27n'ont été aussi incertaines qu'à l'issue de ces municipales.
11:30– Oui, clairement. C'est-à-dire qu'on voit, de toute façon, le paysage de 2027, pour
11:35l'instant, il n'existe pas. On a fait un compte, il y a environ 46 candidats déclarés
11:39ou putatifs très bien ressentis. Pour des raisons financières qu'on évoquait tout
11:43à l'heure, il n'y aura pas 46 candidats sur la ligne de départ. Les banques vont
11:47beaucoup moins prêter que la dernière fois, parce que la dernière fois, elles ont prêté
11:49à des candidats qui n'ont pas fait 5%. Yannick Jadon en parlait, Valérie Pécresse, et
11:53de l'autre côté, alors qu'ils faisaient plutôt des bons scores dans les sondages quelques
11:56mois plus tôt. Et donc, il va falloir des partis avec une solidité financière pour soutenir
12:00ces candidatures. Or, tous les partis, quasiment, sauf peut-être Renaissance et un peu l'ERN,
12:05même s'il y a des complications financières, et la FI, sont à l'os. Et donc, dans cette
12:10situation-là, il va y avoir un filtre par les juges, Marine Le Pen, il va y avoir un
12:14filtre par les banques, et in fine, il va y avoir un filtre par les sondages dans la
12:18dernière ligne droite.
12:19– Fatima, la prof de français.
12:21– Dans votre article, dans Le Figaro, vous dites « le macronisme ne survivra pas à une
12:26défaite d'Emmanuel Macron », est-ce que vous pourriez dire la même chose sur le
12:32LFI ? – Un départ d'Emmanuel Macron.
12:34– Un départ d'Emmanuel Macron, que finalement, le macronisme, c'est Macron, là on s'est
12:37dans le nom, mais est-ce que vous, vous pourriez dire la même chose sur LFI, ou la même
12:41chose sur le Rassemblement National, par rapport aux deux grandes figures, et notamment pour
12:46la présidentielle ? – Alors, c'est deux cas très différents.
12:49Pour l'ERN, il y a une stratégie d'implantation.
12:51Il faut faire le parallèle, alors pas idéologique, mais politique, avec par exemple
12:54le gaullisme, qu'est-ce qui fait que le gaullisme a perduré ? Le gaullisme a une stratégie
12:58post-de-gaul, il a une stratégie d'implantation, ils ont conquis des collectivités, conquis
13:02des fiefs, etc., ce qui fait que 20 ans plus tard, il y avait toujours un parti gaulliste
13:05avec des barons gaullistes.
13:08Emmanuel Macron n'a jamais eu cette stratégie-là.
13:10Si demain, il perd au niveau national, il n'y a rien derrière, il n'y a pas d'arrière
13:13-band,
13:13et donc là, il y a un désert.
13:14Ce n'est pas non plus la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, on l'a dit tout à l'heure,
13:17il n'y a pas de stratégie d'implantation.
13:19En revanche, il peut continuer à y avoir un Mélenchonisme parce qu'à la différence
13:23d'Emmanuel Macron, il y a une doctrine, à la fois électorale et en même temps
13:27intellectuelle, idéologique, cette doctrine peut lui survivre.
13:30Du côté du RN, il y a une stratégie d'implantation, même si la doctrine est plus floue, le parti,
13:34lui, est là pour durer.
13:35On parlait des alliances entre les socialistes et les insoumis, partout sauf à Paris,
13:42puisqu'Emmanuel Grégoire a refusé de saisir la main tendue par Sofia Chikirou
13:47qui voulait faire une fusion, la candidate insoumise qui a fait plus de 10% qu'il peut
13:50se maintenir.
13:51Et donc Emmanuel Grégoire prend un risque parce que face à une droite qui arrive plus ou
13:56moins à s'unir finalement avant le deuxième tour autour de Rationality, lui, il a quand
14:01même Sofia Chikirou sur sa gauche qui est toujours là.
14:05Pourquoi il prend ce risque alors qu'ailleurs, il y a moins de pudeur à faire ses alliances ?
14:09Il fait un pari qui n'est pas fou parce que si jamais il avait saisi la main de Sofia
14:13Chikirou, ça veut dire qu'une grande partie de l'éctorat bournazel, qui n'est
14:17pas fou de Rachida Dati, ne se serait pas replié sur lui.
14:21Or, il espère, sans doute pas à tort, qu'une partie de cet électorat finisse par voter
14:25pour lui.
14:25De l'autre côté, il espère un effet toboggan sur Sofia Chikirou.
14:29Il espère que beaucoup d'électeurs insoumis du premier tour se disent qu'entre Dati
14:34et Grégoire, mieux vaut quand même pour eux Grégoire et donc vote utile.
14:39Et ça, il ne l'aurait pas eu si jamais il n'aurait pas eu le vote bournazel et il
14:47n'aurait
14:48pas notamment essayé de piquer une partie de Chikirou.
14:51Donc ça peut fonctionner, ça reste quand même risqué et donc il y a un petit suspens
14:55sur Paris.
14:55Alors, on va continuer la discussion avec l'analyste politique et constitutionnaliste
14:59Benjamin Morel, parce qu'on a beaucoup parlé de la gauche, on va parler de la droite
15:02aussi, d'arriver au LR, ce qu'a dit Bruno Rotaillot à propos de Nice, il dit « moi
15:07je ne choisis pas entre Éric Ciotti ou Christian Estrogi, je laisse les électeurs faire ».
15:12Et puis il y a une petite musique qui revient aussi à propos de la tambouille politique
15:17dans l'entre-deux-tours, qui se dit « et si on passait aux élections municipales,
15:23là, un tour, comme ça, il n'y a pas de tambouille, il n'y a pas d'alliance, on
15:26va tout de suite pour la liste, celui qui sort en tête, il va à la mairie, est-ce
15:31que ça peut être une bonne idée ou pas ? On en discute avec Benjamin Morel, il reste
15:35avec nous, c'est l'heure des GG, il est 11h20.
15:37RMC 9h midi, les grandes gueules, RMC, Alain Marshall, Olivier Truchot, les grandes
15:49gueules.
15:57Les GG, les grandes gueules sur RMC, RMC Story, les grandes gueules, c'est avec
16:00vous, c'est au 32-16 que ça se passe et c'est surtout aujourd'hui avec notre invité
16:04dans l'entre-deux-tours de ces élections municipales, c'est l'analyse politique et
16:09constitutionnaliste, Benjamin Morel.
16:10On s'est beaucoup intéressé à la gauche, à la France Insoumise, au Parti Socialiste,
16:16on a parlé du Rassemblement National, on va vous faire écouter Benjamin Morel ce que
16:19disait Bruno Retailleau ce matin, chez Apolline de Malher, l'ancien ministre de l'Intérieur,
16:25le patron des LR.
16:26Pour vous, Christian Estrosi a basculé ?
16:29Je dis que la campagne est élétère, donc vous ne m'emmènerez pas sur ce terrain-là,
16:33je dis c'est désormais aux électeurs, c'est pas moi qui donnerai une consigne.
16:37Est-ce que Christian Estrosi peut toujours se revendiquer du soutien des Républicains ?
16:42C'est désormais aux électeurs et à eux seuls de choisir.
16:45Vous me parliez justement des urnes, et bien je vous réponds par les urnes.
16:49Voilà, donc pas de soutien à Christian Estrosi qui a appelé à faire un front républicain,
16:53un barrage, appelé contre son adversaire, Éric Ciotti.
16:56Pourquoi il ne choisit pas entre Estrosi et Ciotti ?
16:59Parce qu'il cherche à envoyer des gages des deux côtés,
17:01on parlait de la stratégie au sein des gauches,
17:03mais là aussi la stratégie est nationalisée aujourd'hui.
17:06Si vous regardez la position de Bruno Retailleau sur Bordeaux,
17:09il a tout fait pour que Philippe Dessertine se retire,
17:12pour permettre à la majorité présidentielle de peut-être avoir...
17:15Thomas Cazenave qui est un macroniste.
17:17Il est un macroniste, et donc il envoie des gages au centre.
17:19Mais il sait très bien que demain, s'il doit devenir président de la République,
17:22il n'a qu'une seule chance.
17:24C'est-à-dire que ce n'est pas l'électorat centriste qui n'est pas suffisant en nombre,
17:27et qui n'ira pas voter massivement Retailleau, qui peut venir.
17:29C'est un électorat plutôt de la droite de la droite,
17:32un électorat RN compatible.
17:33Cet électorat, il faut lui envoyer des gages.
17:35Si demain la candidature de Jordan Bardella devait s'effondrer,
17:38c'est quoi le réceptacle de ces électeurs ?
17:40Ça peut être Bruno Retailleau.
17:41Et donc dans ce cadre-là, ne pas insulter l'avenir,
17:44alors que le pari d'Éric Ciotti apparaît comme étant en passe d'être gagné,
17:48ne pas venir au secours de la défaite d'un Christian Estrosi bien mal parti,
17:53eh bien c'est plutôt une position tactique intéressante et intelligente,
17:57après avoir donné des gages de l'autre côté.
17:58Mais on voit toutes ces alliances à gauche.
18:00En revanche, quand Jordan Bardella a voulu tendre la main à la droite,
18:05et dès dimanche soir, puisqu'il a dit, voilà, la droite sincère,
18:09c'est le terme qu'il utilise, la droite sincère,
18:11eh bien on est prêt à travailler ensemble, à s'allier.
18:14Bon, finalement ça n'a pas marché, je crois qu'il y a qu'abri contre Robert,
18:17que les LR et le RN ont passé un accord pour essayer de battre le maire sortant socialiste.
18:23Pourquoi ça ne fonctionne pas à droite ?
18:24Alors ça ne fonctionne pas à droite pour deux raisons majeures.
18:27D'abord, on n'a pas de tradition d'alliance comme au sein des gauches.
18:31De l'autre côté, eh bien LR n'a pas vraiment besoin pour l'instant d'alliance avec le RN.
18:37LR est fort, pas dans les grandes villes.
18:39Dans les grandes villes, ils ont quasiment été balayés.
18:41C'est assez intéressant d'ailleurs.
18:43Le PS survit dans les grandes villes, mais pas vraiment les LR.
18:45Les LR, c'est les villes moyennes.
18:46Exactement. Dans les villes moyennes, dans les petites villes, les maires LR peuvent tenir sans alliance explicite avec le RN.
18:52Donc pourquoi, au bout du compte, se poser des questions de principe qui ne se posent pas électoralement ?
18:57De l'autre côté, du côté du Rassemblement national, il y a une stratégie qui est également ambiguë,
19:02parce que du point de vue, par exemple, du RN du Sud, il faut tendre la main à la droite.
19:06L'Union des droites, ça a un sens.
19:07Dans le Nord, c'est plutôt des électeurs qui viennent de la gauche, en fait, qui viennent soutenir le RN.
19:10Et donc, il ne faut pas avoir de ligne politique nationale de l'Union des droites,
19:14parce qu'il y a toujours deux électeurs à RN, il y a toujours deux lectures.
19:17Du coup, le RN a réussi à conserver ses bastions, avec des réélections dès le premier tour assez incroyables,
19:24avec des scores importants à Fréjus, à Perpignan, à Boquer.
19:28En revanche, on voit bien que quand le RN arrive en tête, c'est difficile le deuxième tour.
19:34Ce n'est pas sûr que Mme Lavalette soit élue à Toulon, que Mme Masson soit élue à Menton.
19:40Alors, Éric Ciotti, a priori, ça devrait passer, mais il y a toujours ce problème du deuxième tour.
19:45Le RN est tout seul, sans réserve de voix.
19:47Oui, mais attention au focus sur les grandes villes.
19:50C'est toujours la difficulté qu'on a avec des élections municipales.
19:52Prenez 2001, la gauche a gagné les élections municipales de 2001,
19:55enfin, elle a gagné Paris et Lyon, et derrière, ce n'est pas terrible.
19:59Je ne pense pas, derrière, on est éliminé des premiers tours.
20:01L'annonce 2002. Là, si vous regardez l'électorat RN, il est où ?
20:05Il est dans le périurbain, dans le rural pour beaucoup.
20:08C'est des villes qui n'avaient qu'une seule liste.
20:10Et qui ne vont pas voter, là, à nouveau dimanche.
20:13Donc, on a, en effet...
20:14On ne peut pas sous-estimer le RN sur ces élections.
20:16On a un RN souterrain, et pour le coup, les grandes villes,
20:19c'est vraiment l'endroit qui est le plus difficile à conquérir pour le Rassemblement National.
20:23On fait un focus dessus.
20:25Donc, ce n'est pas une grande victoire.
20:26Ça ne veut pas dire que la poussée n'est pas là.
20:27Antoine ?
20:28Vous avez un peu fait le parallèle entre la droite et la gauche.
20:32L'union des droites demeure impossible, compliquée, etc.
20:36Et j'imaginais, moi, que l'union des gauches,
20:39avec les sorties de Mélenchon, l'antisémitisme, etc.,
20:43arriverait à sa fin, que ce ne serait plus possible, plus tolérable pour le PS.
20:47Et les municipales nous démontrent qu'en réalité, ils peuvent continuer à le faire.
20:51Il y a un vrai paradoxe, c'est que l'impératif moral continue à peser sur l'union des droites
20:58et à l'empêcher,
20:59pendant que l'impératif moral ne s'impose en rien à la gauche.
21:03C'est-à-dire qu'on a un Bardella qui se dédiabolise,
21:05on a un Mélenchon qui se diabolise, et ça ne change rien.
21:08Exactement.
21:09Alors, c'est en partie vrai, et en même temps, là, il y avait un vrai impératif moral sur les
21:13socialistes,
21:14après les sorties de Jean-Luc Mélenchon, je crois,
21:16et on évoquait tout à l'heure, et je me place uniquement sur le terrain de la stratégie,
21:19la gauche avait besoin des unions, sinon elle perdait des villes,
21:22la droite n'en avait pas besoin.
21:24Et donc, à partir de là, c'est facile d'avoir des valeurs,
21:27quand, entre guillemets, vous n'avez pas de problème.
21:29Si vous regardez, par exemple, le Sénat,
21:31le Sénat, vous avez les sénateurs LR sont les plus opposés à toute union de droite.
21:38Parce qu'en fait, jusqu'à présent, les électeurs RN, ils ne venaient pas aux élections locales,
21:42et donc ce n'était pas un problème.
21:43C'était facile de tenir une ligne de valeur, jamais d'union.
21:46Idem pour le groupe socialiste au Sénat, qui est tout sauf la FI,
21:49en grande majorité, sauf que les électeurs insoumis,
21:51il n'y en avait pas aux élections sénatoriales.
21:53Facile de rester sur des valeurs.
21:54Quand, tout d'un coup, vous avez des électeurs qui arrivent,
21:57là, les choses changent.
21:58Et les élections sénatoriales, qui arrivent, on en parlera peu,
22:01mais elles arrivent au mois de septembre,
22:02vont être assez intéressantes, parce que, pour une fois,
22:04on va avoir beaucoup de grands électeurs proches du RN,
22:06beaucoup de grands électeurs proches de la FI,
22:08et là, on verra ce qui relève des valeurs,
22:11et ce qui relèverait...
22:12Oui, mais même les provocations de Mélenchon,
22:15j'ai l'impression que ce n'est pas un handicap,
22:18au contraire, ça devient un atout.
22:19Peut-être que, comme Jean-Marie Le Pen,
22:21à son époque, il provoquait, il dérapait,
22:24et pourtant, il continue à progresser électoralement.
22:27Quand vous avez une élection où il y a beaucoup d'abstentions,
22:29et là, il y a eu beaucoup d'abstentions pour ces élections municipales,
22:32avec qui plus est une nationalisation,
22:34la vie politique locale, aujourd'hui, est quand même très fragilisée,
22:37c'est-à-dire qu'on a l'impression que les Français aiment leur mère,
22:39c'est vrai, mais en même temps, ils n'ont jamais autant voté
22:41pour des conservations nationales,
22:42sauf là où il n'y a qu'une seule liste,
22:43dans les communes, ou les petites communes,
22:46mais là, il n'y a pas vraiment le choix.
22:48Donc, celui qui gagne une élection dans ce type de situation,
22:51ce n'est pas celui qui a la plus large base électorale,
22:53c'est celui qui arrive le mieux à mobiliser.
22:57Il faut parfois être radical, et là, en l'occurrence,
22:59Jean-Luc Mélenchon a très bien compris.
23:01Alors, venons-en à une question technique.
23:03On entend beaucoup d'électeurs regretter la tambouille de l'entre-deux-tours.
23:07Est-ce qu'il n'est pas temps de changer de mode de scrutin,
23:10et de se dire, finalement, pour éviter la tambouille,
23:12pour éviter les magouilles, les fameux fronts,
23:14est-ce qu'il ne vaut mieux pas une élection municipale à un tour ?
23:19Je ne pense pas pour une raison simple,
23:21c'est qu'aujourd'hui, comment ça marche les municipales ?
23:23On parle beaucoup du deuxième tour,
23:25et le deuxième tour, celui qui arrive en tête, il emporte quoi ?
23:28Il emporte la moitié du conseil municipal,
23:30prime majoritaire de 50%.
23:32En l'occurrence, il n'y a que chez nous que ça existe.
23:33Quand on parle à nos collègues étrangers,
23:35vous savez, nous, on a un mode de scrutin avec une prime majoritaire de 50%,
23:37ils nous prennent pour des maboules,
23:38parce que c'est quand même extrêmement, extrêmement majoritaire.
23:42Si on faisait ça dès le premier tour,
23:44ça veut dire qu'avec 15% des voix,
23:46avec l'abstention, ça veut dire que vous avez
23:48moins de 7% des inscrits,
23:50donc moins de 7% des gens qui pourraient voter dans la commune,
23:52vous pourriez avoir une majorité absolue
23:54et prendre toutes les décisions.
23:56D'un point de vue démocratique,
23:57c'est déjà problématique,
23:59ça le sera encore plus.
24:01Effectivement, preuve à Saint-Denis,
24:02avec M. Bagayoko,
24:03qui a été élu avec 13 000 voix,
24:0513 000 voix sur une population de plus de 150 000 personnes.
24:09Est-ce qu'il faut limiter le mandat des maires ?
24:11On a vu des maires malades se représenter
24:13pour la sixième fois des maires,
24:15en être à leur septième mandat.
24:17On va en citer quelques-uns.
24:17André Santini à Issylimuino, par exemple.
24:20Ils sont sortis de l'hôpital
24:21pour assister à une réunion publique
24:22et son état de santé est très précaire.
24:25Donc, est-ce qu'on a limité le mandat du président de la République ?
24:28Deux mandats ?
24:28Est-ce qu'on doit limiter le mandat des maires ?
24:30Alors, ça poserait deux problèmes majeurs.
24:32D'abord, parce que c'est quand même...
24:33Il n'y a que des problèmes avec...
24:34Oui, je suis dit, c'est le principe des juristes.
24:36Vous voyez, on voit les problèmes.
24:37Mais le premier problème, si vous voulez,
24:38c'est que si on faisait ça,
24:40on aurait une grosse crise des vocations encore plus.
24:42Aujourd'hui, on a déjà du mal
24:43à trouver des élus locaux.
24:44Et je rappelle qu'il faut quand même trouver
24:47environ 900 000 candidats cette fois-ci,
24:49500 000 élus municipaux.
24:52On a déjà du mal à les trouver,
24:53d'où les listes uniques dans la plupart des petites communes.
24:56Si jamais, en plus, on limite ce vivier-là,
24:59ça va devenir un vrai, vrai problème de vocation.
25:01Là, on parle des grandes villes,
25:02mais dans les petits villages,
25:03c'est souvent les mêmes pendant des années.
25:05Exactement.
25:06Et vous pouvez partir très, très tardivement.
25:08Et ensuite, il y a un problème de choix des électeurs,
25:10parce que, malgré tout,
25:10s'ils choisissent de confier un pouvoir à quelqu'un...
25:13Dans les petits villages,
25:14qui sont quand même le poumon de la France profonde,
25:16il y a un double problème.
25:17On a eu la fusion,
25:19les communes nouvelles,
25:20qui ont dénaturé totalement
25:21le paysage administratif et même social français,
25:25avec des noms qui étaient présents
25:26depuis le Moyen-Âge,
25:27qui ont disparu,
25:28souvent au profit de nouvelles appellations
25:30un peu burlesques.
25:31Et là, je parle sous votre contrôle,
25:33avec ce nouveau scrutin,
25:34on a la règle, d'une part,
25:36de la parité obligatoire,
25:39même dans les communes,
25:39de moins de 1000 habitants,
25:41et d'autre part,
25:42l'impossibilité,
25:43qui était ancestrale,
25:44d'une certaine manière,
25:45d'un point de vue démocratique,
25:46de rayer des gens,
25:47voire d'ajouter des noms sur les listes.
25:49Et ça, c'est contraire à la démocratie.
25:51C'est vraiment l'État profond
25:53ou des petits hommes gris
25:56qui sont allés nous faire chier
25:58jusqu'au cœur de nos petits villages.
26:00Alors, je ne suis pas sûr
26:00que c'est des fonctionnaires.
26:01Pour le coup,
26:01c'était une vraie volonté politique,
26:03notamment à l'Assemblée nationale,
26:05d'imposer la parité.
26:06Imposer la parité nécessitait,
26:09en fait,
26:09de finir avec le panachage,
26:11parce que sinon,
26:12si on n'a pas un homme et une femme
26:13sur les listes,
26:14on ne peut pas atteindre la parité.
26:15Mais je vous rejoins en partie,
26:16c'est-à-dire que,
26:17pourquoi est-ce qu'on a eu
26:18une explosion de l'abstention
26:19cette fois-ci ?
26:20En partie parce que
26:21la ruralité a moins voté.
26:22Est-ce qu'on peut reprocher
26:23à la ruralité de ne pas avoir voté ?
26:25Ils avaient le choix
26:25entre une liste et une liste,
26:27et dans cette liste,
26:28ils ne pouvaient même pas choisir
26:29qui était dedans,
26:29alors qu'avant,
26:30on pouvait faire le tir au pigeon
26:32et barrer les noms
26:32qui ne nous plaisaient pas.
26:33Donc la motivation
26:34pour aller voter,
26:35elle était relativement faible
26:37et sans forcément les approuver,
26:39on peut comprendre
26:40les abstentionnistes.
26:40Ça a conduit aussi
26:41dans beaucoup de petites communes,
26:42là encore,
26:43de moins de 1000 habitants,
26:44à des nouvelles listes alternatives
26:46qui ont cassé la concorde,
26:48l'harmonie,
26:49qui auparavant prévalait
26:51quand il n'y avait
26:51qu'une liste naturelle
26:52et qu'on pouvait rayer
26:53des noms ajoutés, etc.
26:54Et ça met la zizanie,
26:56un peu comme les 35 heures
26:57dans les entreprises.
26:58Et c'est les mêmes !
26:59C'est les mêmes !
27:01Merci Benjamin Morel.
27:02Merci Annalise politique
27:05constitutionnaliste
27:05d'être venu analyser
27:06ces élections municipales
27:08avec les GG,
27:09avec les grandes gueules.
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