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  • il y a 20 heures
La 5e édition de la Paris Print Fair s’est tenue dans le réfectoire du Couvent des Cordeliers, au cœur du 6e arrondissement de Paris. Une foire dédiée à l’estampe sous toutes ses formes : gravure sur bois, eau-forte, pointe sèche, lithographie… Le multiple dans toute sa richesse — une image tirée sur papier à partir d’une matrice. Attention aux terminologies : sur le marché, aucune technique ne prime sur une autre. Ce qui compte avant tout, c’est la qualité d’exécution. Christian Collin, président de la CSEDT (Chambre Syndicale de l’Estampe, du Dessin et du Tableau), partage ses conseils.

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Transcription
00:03C'est la cinquième édition de Paris Sprint Fair, organisée au réfectoire du pouvant des Cordeliers dans le 6e arrondissement
00:10de Paris.
00:10La foire consacrée au monde de l'estampe, gravure sur bois, eau forte, pointe sèche, lithographie, le multiple sous toutes
00:18ses formes.
00:19Et pour en parler, je reçois Christian Collin, bonjour.
00:22Bonjour.
00:22Vous êtes président de la CSEDT, chambre syndicale de l'estampe, du dessin et du tableau.
00:27Et pour commencer, est-ce que vous pouvez nous dire tout simplement qu'est-ce qu'un multiple dans l
00:31'art ?
00:32Alors un multiple, on va dire, parce que ça pourrait être dans différents domaines, ça peut être en sculpture, mais
00:37moi c'est, comme vous l'avez dit, je m'occupe de l'estampe.
00:42Donc le terme d'estampe, parce que c'est un terme un peu vieilli, parce que très souvent quand je
00:46dis je suis marchand d'estampe, on associe à estampe japonaise et même souvent à gravure érotique.
00:53Ah bon, d'accord.
00:53Très souvent, parce que le terme estampe, c'est souvent associé à estampe japonaise, très curieusement, massivement.
00:59Alors quand je dis je suis marchand de gravure, déjà c'est plus clair dans la plupart de l'esprit
01:04des gens.
01:05La terminologie est extrêmement importante.
01:07Mais on va dire, qu'est-ce qu'une estampe, qui est le terme un peu noble de ma profession,
01:11c'est une image à but artistique tirée sur papier à un certain nombre d'exemplaires à partir d'une
01:20matrice qui peut être le bois, le cuivre, la pierre, la plupart du temps.
01:24D'accord, que l'artiste a produit.
01:26Que l'artiste a produit, ça c'est ce qu'on appelle une estampe originale.
01:29Ça peut être aussi une estampe d'interprétation, c'est-à-dire qu'un artiste donnait les droits de reproduction
01:35de ses peintures à des artistes qui gravaient.
01:38Ça s'appelle des gravures d'interprétation.
01:40C'est ça, donc il y a quand même, on peut parler d'une oeuvre originale, même si c'est
01:43une estampe.
01:43Alors on va dire, elle est une estampe originale si elle est imaginée et réalisée par la personne.
01:48C'est-à-dire si la personne, si l'artiste maîtrisait les techniques de l'estampe.
01:53Et c'est toujours via une gravure ?
01:58Oui, alors on va dire une gravure, sauf par exemple une lithographie, qui est un dessin sur une pierre, n
02:03'est pas gravure, n'est pas sculptée à l'intérieur.
02:06Mais c'est dans la famille générale de l'estampe.
02:09Parce que ce qui est compliqué, je trouve, c'est qu'on utilise beaucoup de termes.
02:12Il y a gravure, il y a haut-forte, il y a lithographie.
02:14Absolument, tout à fait.
02:15Comment est-ce qu'on fait pour se repérer ?
02:16Parce que là, je pense qu'on peut s'adresser à...
02:18On va dire, estampe, c'est le terme générique, général, pour les images à but artistique.
02:24Et ensuite, il y a des techniques.
02:25Au début, à partir de la Renaissance, c'est la gravure sur bois.
02:28Alors, c'est, on va dire, le premier artiste d'importance mondiale à s'en emparer, c'est Albrecht Dürer.
02:35Ensuite, à la fin du 15e, apparaît aussi la technique de l'eau forte.
02:39C'est une gravure sur cuivre avec des emplois d'acide.
02:42Parallèlement, existe aussi la gravure au burin, c'est toujours avec un cuivre.
02:46Mais c'est une technique assez complexe, qui mérite un apprentissage assez long.
02:50C'est pour ça que la plupart des artistes peintres vont prendre et choisir la technique de l'eau forte,
02:57qui est la plus facile à faire.
02:58C'est-à-dire, quand on est un bon dessinateur, on peut être relativement facilement un bon graveur à l
03:03'eau forte.
03:03Et ensuite, quand la lithographie va apparaître au début du 19e siècle,
03:07d'autres artistes s'empareront de cette technique, comme Delacroix et d'autres.
03:11Ce qui est très important, c'est de ne pas penser qu'il y a une technique qui est meilleure
03:16que d'autres.
03:17Alors, peut-être qu'il y a une technique...
03:18En termes de marché, est-ce qu'il y a une technique qui est meilleure ?
03:20Voilà, il y a, si vous voulez, par exemple, Okusa, il y a gravé sur bois.
03:25Gauguin a gravé sur bois.
03:26Dürer a gravé sur bois.
03:28Goya a fait des eaux-fortes.
03:29Rembrandt aussi.
03:31Manet aussi.
03:32Picasso aussi.
03:33Vous avez le droit de...
03:35Toulouse-Lautrec ou Matisse sont emparés de la lithographie.
03:38À chaque fois, il ne faut pas mettre d'échelle.
03:41Vous voyez ?
03:41À chaque fois, c'est un rendu différent.
03:44Est-ce que vous avez des conseils à donner, justement,
03:48sur tout ce qui est signature, chiffre, numérotation, etc. ?
03:54Il y a une chose...
03:55Oui, oui, tout à fait.
03:57La numérotation et la signature n'apparaissent qu'à la fin du XIXe siècle.
04:01D'accord.
04:01Voilà.
04:02Donc, ça veut dire que ça venait pas à l'esprit des gens.
04:05Parfois, l'artiste mettait son nom dans le cuivre,
04:10ou signait...
04:11D'initiales.
04:12D'initiales, exactement.
04:14Mais la numérotation apparaît à la fin du XIXe.
04:16Donc, vous ne verrez jamais d'œuvres de Goya,
04:20d'artistes plus anciens, signées.
04:22Et c'est pas pour ça que ça a été tiré à des millions d'exemplaires.
04:26Je reviens à l'exemple de Koussaï.
04:29Vous voyez, dans peu de temps va passer aux enchères la vague de Koussaï.
04:34Une des vagues, du coup.
04:35Une, la plus connue.
04:37Elle est estimée entre 800 000 et 1 million d'euros.
04:40À l'époque, elle a été tirée à des centaines d'exemplaires.
04:44Mais seulement la question, c'est combien en reste-t-il,
04:47et combien en reste-t-il en bon état ?
04:50Vous voyez, au départ, il pouvait y avoir des choses tirées
04:52à un grand nombre d'exemplaires qui n'ont pas été conservées.
04:55Il nous reste une minute.
04:57Quel conseil vous auriez à donner, justement, à quelqu'un
04:59qui veut tourner, par exemple, un artiste moderne,
05:03où il y a beaucoup de lithographie.
05:05On veut acheter ça dans une...
05:07Que ce soit ancien et moderne, ce qui est le plus important,
05:10c'est la notion de belle épreuve.
05:12Voilà.
05:13C'est-à-dire que, dans toutes les familles,
05:15il y a des gravures, parfois des choses,
05:17vous voyez, à hériter des parents ou des grands-parents,
05:19des trucs un peu poussiéreux.
05:21Mais ça, c'est autre chose.
05:22Vous voyez, une belle épreuve, qu'elle soit du 15e siècle
05:25ou qu'elle soit du 21e siècle,
05:27c'est quelque chose qui a tous ses contrastes,
05:29toute sa lumière,
05:30là où on sent le souffle de l'artiste.
05:33C'est extrêmement important.
05:34Parce que si vous avez l'occasion de venir sur notre salon
05:37Paris Spring Fair, qui démarre mercredi,
05:40vous ne verrez que des belles épreuves.
05:42Et ça, c'est extrêmement important.
05:44Et c'est pour ça que le numéro T1 par rapport à la 200e
05:48est forcément plus contrasté à plus de détails.
05:51Pas obligatoirement.
05:52Si c'est une lithographie, ce ne sera pas le cas.
05:54Et les tirages à 200 pour des gravures sur cuivre,
05:58c'est assez rare, je dirais, pour des artistes qui se respectent.
06:02Merci Christian Collin.
06:03Et tout de suite, on passe à l'interview du week-end.
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