00:14Un autre lauréat du concours Talents des Cités, tout de suite avec moi Amat Chaloup, bonjour.
00:20Bonjour.
00:20Ravi de vous accueillir et de vous rencontrer, vous êtes le créateur de l'entreprise Noctimed,
00:25vous l'avez créé en juillet 2024, alors on est dans quel domaine, dans quel univers ? C'est quoi
00:30Noctimed ?
00:30Alors Noctimed évolue dans le domaine du dispositif médical, qu'on soit des dispositifs médicaux pour l'autonomie des personnes
00:39en situation de handicap, en établissement et à domicile.
00:42Pourquoi vous l'avez créé ? C'est quoi votre histoire personnelle, votre parcours ?
00:45Alors moi je suis ergothérapeute de formation initiale, donc un ergothérapeute, et c'est intéressant pour comprendre la suite du
00:51projet,
00:51c'est qu'un ergothérapeute va intervenir auprès de personnes en situation de handicap dans le but d'améliorer l
00:56'autonomie au quotidien.
00:58Et puis j'ai poursuivi avec un master 2 en management des hôpitaux, ce qui m'a permis de voir
01:03en fait les deux domaines,
01:05le domaine managérial mais aussi le domaine du soin, et j'ai compris qu'un transfert en particulier à l
01:10'hôpital,
01:11le transfert de la position assise au bord du lit à la position couchée au lit, pouvait avoir un impact
01:15sur ces deux domaines.
01:16Sur le domaine clinique, pour le soignant, pour le patient, excusez-moi, puisque se pivoter dans son lit,
01:22c'est tout un transfert qui est assez très complexe, parce qu'il faut s'asseoir au bord du lit,
01:28lever les jambes au-dessus du niveau du matelas, bloquer avec les abdominaux, pivoter, puis se relâcher.
01:33Pour 2,7 millions de Français aujourd'hui en situation de handicap, c'est quasiment impossible,
01:37et ils nécessitent donc quotidiennement l'intervention d'une tierce personne, partielle ou totale, pour la réalisation de ce transfert.
01:44Et donc côté hôpital ?
01:45Et côté hôpital, on a toutes les répercussions de l'envers du décor.
01:50C'est-à-dire que pour que ces 2,7 millions puissent réaliser ce transfert-là, aujourd'hui,
01:54ils n'ont aucun dispositif les rendant autonome.
01:58Quand il n'y a rien pour être autonome, il faut une aide humaine.
02:00Il faut une aide humaine, et donc dans ce cas-là, c'est le soignant qui intervient,
02:03qui va mettre une main derrière le dos du patient, une main sous les jambes, et faire pivoter la personne.
02:08Sauf qu'une jambe, c'est 20% du poids du corps.
02:10Donc pour une personne qui pèse 100 kilos, vous avez 40 kilos de membres inférieurs.
02:12Et donc ça engendre très rapidement des troubles musculosquelétiques chez les soignants.
02:18Une statistique, c'est que 80% des accidents de travail dans les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux
02:23sont liés à des troubles musculosquelétiques.
02:25Donc essentiellement basés sur du port de charge.
02:28Donc nous, on essaye d'intervenir sur ces deux...
02:31Donc vous vous êtes dit, il faut créer un dispositif qui va permettre de soulager les uns et les autres.
02:37Combien de temps ça vous a pris ?
02:38Je disais, l'entreprise s'est créée en juillet 2024, mais il y a eu un temps de préparation, de
02:44conception ?
02:45Alors oui, tout à fait.
02:46Donc on a créé l'entreprise en juillet 2024, mais ça fait suite à deux années d'études de marché,
02:51deux années d'enquête terrain.
02:52D'accord.
02:53On a conçu, on a pensé notre solution, donc ce dispositif médical qu'on appelle aussi aide technique,
02:59puisque voilà, avec 70 professionnels de santé, une dizaine d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux
03:06de la région Grand Est, et une dizaine de patients ou membres d'associations de patients.
03:11Et alors comment ça marche ? Expliquez-moi.
03:14Concrètement, c'est un dispositif médical qui va être fixé au lit.
03:17Ce n'est pas un lit médicalisé, c'est un dispositif technique, physique, électrique,
03:22qui va venir s'installer, s'emboîter sur le lit, que ce soit un lit médicalisé ou un lit classique,
03:27et qui va venir remplacer la physionomie du corps humain.
03:32En fait, on va remplacer les dents.
03:33On va, dans ce dispositif, rajouter deux bras articulés.
03:37Un bras articulé qui va venir se mettre derrière le dos du patient.
03:40Un bras articulé qui va venir saisir les jambes.
03:42Et en fait, on remplace juste le mouvement humain qui est réalisé auparavant par le soignant.
03:46Tout simplement.
03:47Et donc, le patient n'éprouve aucun effort à la réalisation de cet acte-là, et il est totalement autonome.
03:53Mais vous gardez quand même la question du contact humain, la présence d'un soignant, j'imagine, elle est essentielle.
04:01Donc, elle reste quand même dans votre dispositif ?
04:04Alors, on est dans un contexte où, à prendre en compte, on a le vieillissement de la population.
04:10On a un vieillissement très important de notre population.
04:13On appelle ça même le papy-boom.
04:15On a le développement de l'HAD, donc l'hospitalisation à domicile.
04:18Et tout ça s'accompagne d'une pénurie de soignants.
04:21Alors, il faut savoir qu'aujourd'hui, on n'a jamais connu autant de professionnels de santé en France.
04:25C'est juste que la demande par rapport à l'offre est démesurée.
04:30Avec le vieillissement de la population.
04:32Exactement.
04:32Et donc, nous, ce qu'on crée, ce qu'on veut, ce n'est pas remplacer le soignant ou remplacer
04:37le contact humain.
04:37C'est justement améliorer la qualité de ce contact-là.
04:40On veut que quand le soignant soit là, prenne le temps d'une bonne relation avec le patient,
04:44plutôt qu'il soit là pour justement réaliser un acte qui est pénible pour lui.
04:49Et donc, quand vous réalisez un acte qui est pénible pour vous, vous n'avez pas envie de prendre le
04:52temps,
04:52ou en tout cas, vous n'avez pas forcément le temps de prendre quelques minutes pour discuter convenablement avec le
04:57patient.
04:58Il y a eu beaucoup d'itérations, de tests pour trouver la bonne formule, en fait ?
05:03Alors oui, deux années où on réfléchit la solution, on change sept fois de version pendant ces deux années.
05:11Parce que forcément, vous venez avec une idée.
05:13Les soignants sont très créatifs et beaucoup d'imagination.
05:16Et ils connaissent le terrain, ils connaissent bien le terrain, ils connaissent le handicap.
05:21Et donc, forcément, ils apportent des modifications qui sont très cohérentes.
05:25Et donc, ça nous apporte aujourd'hui une solution qui représente très bien le patient, le soignant et l'hôpital.
05:33Vous en êtes où aujourd'hui du développement de Noctimen ?
05:36Donc, vous êtes plutôt basé dans l'Est de la France, c'est ça ?
05:39Avec la possibilité d'essayer partout.
05:42Mais vous en êtes où du développement de l'entreprise aujourd'hui ?
05:44Aujourd'hui, Noctimed, c'est une entreprise implantée dans le Grand Est, comme vous l'avez bien évoqué, entre les
05:50Vosges, Nancy et Metz.
05:53En décembre 2025, on clôture une levée de fonds, on précide, donc en amorçage.
05:58Avec l'entrée au capital de Noctimed, de la coopérative World Cup, par le biais de sa filiale D-Medica.
06:04D-Medica est un revendeur de dispositifs médicaux en France.
06:07Et comme la stratégie de Noctimed est de passer par du B2B pour revendre ces dispositifs,
06:11on a fait de ce partenariat stratégique, c'est un partenariat stratégique parce que ça va être à la fois
06:17un investisseur chez Noctimed,
06:20mais aussi un client qui va nous permettre de couvrir le territoire national dès le premier jour de commercialisation
06:24qui devrait arriver dans 18 mois.
06:2718 mois de R&D, 18 mois d'adéquation réglementaire également, parce qu'il y a plein de dossiers réglementaires.
06:35On peut l'imaginer.
06:36Conformité européenne, ISO 13485 et j'en passe.
06:39Donc là, vous êtes dans cette phase de conformité, c'est ça ?
06:42On a 18 mois aujourd'hui d'investissement, c'est à peu près 1 million d'euros en cash burn,
06:47jusqu'à arriver dans 18 mois à un produit sur le marché.
06:50Ok. Qu'est-ce que ça représente de participer à un concours talent des cités et d'en être l
06:57'un des lauréats ?
06:59C'est un immense honneur, premièrement d'y participer et encore plus d'être lauréat national, je vous remercie.
07:06C'était important pour moi d'y participer pour montrer, là on a croisé la directrice exécutive de la BPI
07:13en remontant dans le bâtiment,
07:15qui disait...
07:16Marie Adinpex, oui.
07:17Exactement, qui disait montrer leur que dans les quartiers, il y a aussi des gens qui innovent dans la santé,
07:22dans les domaines pharmaceutiques.
07:25Évidemment, il n'y a aucun domaine qui est plus important qu'un autre,
07:28mais ce que je veux dire, c'est qu'on a cette chance-là aujourd'hui, par les dispositifs qui
07:31sont mis en place par l'État et par le gouvernement,
07:34de n'avoir aucun obstacle, aucun problème à développer ce genre de solution avec l'appui de la BPI et
07:40d'autres organismes financeurs.
07:42Qu'est-ce qui peut changer ce prix pour vous ?
07:44Bon, il y a une notation financière, mais en termes peut-être d'image, de confiance, qu'est-ce que
07:49ça peut changer pour vous ?
07:50C'est une cohérence vis-à-vis de nos partenaires.
07:53Aujourd'hui, on travaille avec des partenaires, on investit en tant qu'entreprise, mais nos partenaires investissent aussi en nous.
08:01Et être lauréat de ce trophée ou de ce concours et d'autres nous permet, nous, vis-à-vis de
08:06nos partenaires, de dire,
08:07écoutez, il y a quand même une cohérence qui est donnée par les organismes de l'État.
08:12Et c'est une belle reconnaissance aussi pour nous en tant qu'entrepreneurs, puisque on travaille, vous l'avez cité,
08:17depuis 3-4 ans.
08:19On n'a pas encore de résultats de terrain, puisqu'on n'est pas encore sur le marché.
08:23Donc, ce qui nous fait tenir en nous disant, écoutez, on est sur la bonne voie, c'est ces trophées
08:26-là et c'est ces reconnaissances.
08:27Bien sûr, ça vous conforte dans les choix qui sont les vôtres.
08:31Est-ce qu'il y a aussi cette idée, cette dimension de peut-être changer un peu l'image qu
08:37'on peut accoler au quartier,
08:39au quartier prioritaire de la ville ? Est-ce que ça fait partie aussi de votre fierté ?
08:44C'est même la mission principale de ce concours.
08:47Bien sûr, mais vous ?
08:49Personnellement aussi, c'est un combat que je mène, puisqu'il faut changer de vision sur ces quartiers-là.
08:55On peut vivre dans ces quartiers-là et parler convenablement, s'exprimer convenablement, présenter convenablement,
09:02créer des entreprises, créer de l'emploi.
09:04Aujourd'hui, je pense que la France est dans une situation où elle ne refuse aucune main tendue
09:10pour la création de l'emploi, pour la création, faire vivre l'économie.
09:14Et donc, je pense que dans ces quartiers, comme je l'ai dit avant, il y a des talents,
09:18il y a des jeunes et des moins jeunes, avec de très bonnes idées.
09:23Il faut leur tendre la main.
09:25Et souvent, comme on le voit, quand on leur tend la main, c'est souvent positif ce qui en sort.
09:30Merci beaucoup.
09:31Bravo, encore une fois, de faire partie des lauréats de ce concours talent des Cité.
09:36Amad Chaloub, Noctimed, on enchaîne, on continue.
09:40D'autres talents à venir tout de suite.
09:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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