00:00Notamment avec François Cholet de Montségur Finance qui est resté avec nous.
00:03Re-bonjour François.
00:05Re-bonjour.
00:06Alors, la tendance générale des marchés, qu'est-ce qu'on peut en dire ?
00:09On reste sur un marché quand même assez stressé avant cette deadline de vendredi
00:14que donne Donald Trump aux Iraniens pour négocier,
00:17pour tenter de trouver un accord qui pourrait aboutir à une fin des hostilités.
00:22On sent un marché extrêmement stressé qui n'y croit pas vraiment,
00:25malgré quelques velléités haussières dernières, en tout cas sur les dernières minutes.
00:30On sent que le cœur n'y est pas.
00:33Le cœur, il est dans la tête de Donald Trump parce qu'en vérité,
00:37quand on regarde la séance de début de semaine,
00:39elle a marqué le ton de ce qu'on allait vivre.
00:42On a ouvert, souvenez-vous, pour le CAC 40 ou CAC moins 2
00:44et à la faveur d'un tweet, on est passé à plus de 2,5 sur l'indice CAC.
00:49Ça montre bien que la clé de marché aujourd'hui,
00:53elle n'est pas dans l'économie au jour le jour,
00:56elle est bel et bien dans la situation géopolitique en Iran.
01:00Et donc, il va falloir patienter.
01:02Et je crains que si les discussions se poursuivent tout au long du week-end,
01:06nous trouvions le temps long pour les journées de samedi et de dimanche
01:10parce que les marchés étant fermés,
01:11on ne pourra pas faire grand-chose dans cette phase-là.
01:14Et c'est tout à fait logique que les investisseurs prennent quelques profits
01:18ou se mettent un peu à l'abri dans cette attente.
01:21Bon, on va passer sur le secteur qui fait parler aujourd'hui,
01:26celui de l'automobile, de luxe.
01:28On a les résultats de Porsche SE.
01:32Alors là, on est très précisément sur la holding de contrôle des activités,
01:36Porsche, Volkswagen, etc.
01:37Mais tout ça nous montre aussi à nouveau toutes les difficultés de Porsche,
01:42en ce moment, qui depuis un an subit déboire sur déboire.
01:46Parallèlement, on a quand même Ferrari, qui était l'ancienne star de la bourse
01:50les années précédentes, qui subit un revers cuisant,
01:53qui perd 50%, plus de 50% depuis ces derniers plus hauts.
01:56On peut parler de double bear market.
01:59On a également Aston Martin, qui n'en finit plus,
02:01mais là, on a l'impression que c'est structurel,
02:03le fait d'être en difficulté financière chez Aston Martin.
02:06En gros, où va l'automobile de luxe ?
02:09Jadis, c'était le secteur qui était à l'abri des crises,
02:13qui cumulait les avantages à la fois de la marge en termes automobiles
02:19et du luxe, en termes de performance et de côté contracycliques.
02:23Et là, on a l'impression que plus personne n'en veut.
02:24Quel est votre sentiment ?
02:26Le sentiment, il est clair, c'est difficile aujourd'hui.
02:30La concurrence, le piège chinois fonctionne à merveille.
02:34C'était auparavant un débouché pour la croissance du secteur automobile de luxe.
02:38Aujourd'hui, c'est une concurrence sévère.
02:41Et donc, des acteurs comme Porsche subissent effectivement un piège stratégique
02:45avec cette zone géographique et cette concurrence.
02:48Et puis, effectivement, des normes, notamment de pollution,
02:52qui posent des problèmes et qui forcent à une transition énergétique sur l'électrique
02:56qui est extrêmement coûteuse pour le groupe Porsche.
02:58Mais c'est le cas pour d'autres constructeurs également.
03:02Le sujet pour Porsche, c'est effectivement la difficulté stratégique
03:06d'électrifier une gamme qui ne trouve pas vraiment son public
03:09et le changement également de dirigeant.
03:12Et un peu comme ce qu'on a connu avec Peugeot, des provisions comptables.
03:16On parle de 4 milliards d'euros de restructuration.
03:19Cette provision fait mal à la publication de l'exercice 2025.
03:23Et donc, on accueille un nouveau président, Michael Letters,
03:27avec un plan de transformation radical.
03:29Mais du point de vue de l'actionnaire, il va falloir être patient
03:32parce qu'il faudra du temps pour que cela prenne son effet
03:36en espérant effectivement que le groupe retrouve la ferveur des investisseurs.
03:41Ce n'est pas notre valeur préférée pour être très transparent.
03:44Bon, Porsche.
03:45Ferrari, Aston Martin, qui redémarrera en premier ?
03:49Question du jour, vous pouvez encore y répondre.
03:51J'ai la réponse. Pour vous, c'est Ferrari.
03:54On est convaincu que le très haut de gamme,
03:58à des carnets de commandes déjà qui sont extrêmement solides,
04:01a un peu mieux réussi l'électrification de sa gamme
04:04et surtout, objectivement, à une clientèle un petit peu premium,
04:11largement au-dessus de la clientèle qu'on a sur les autres constructeurs
04:14qui protègent malgré tout un peu des cycles économiques
04:18que nous sommes en train de traverser.
04:20Donc, la faveur, c'est Ferrari, surtout après une telle consolidation.
04:24Je pense qu'on a retrouvé des points qui me paraissent intéressants
04:28à regarder sur le dossier Ferrari.
04:29Ferrari, qui perd effectivement plus de 50% depuis ses derniers plus hauts.
04:33Double bear market pour Ferrari.
04:35Malgré tout, l'intérêt de François Cholet.
04:37Et puis, peut-être du vôtre.
04:38Répondez à la question.
04:39Quelle marque automobile de luxe sera la première à redémarrer ?
04:42Porsche, Ferrari, Aston Martin.
04:44On y répond dans moins d'une demi-heure.
04:46Dans la famille.
04:48Kering est en train de signer une superbe semaine, dites donc.
04:51Complètement à contre-courant.
04:53Le titre est en train de reprendre un sacré terrain.
04:56Il est encore en hausse aujourd'hui.
04:58Est-ce qu'il y a quelque chose qui se passe ?
05:0010% en 5 séances quand même.
05:02Est-ce que le signal est encourageant, François ?
05:04Oui, c'est très encourageant.
05:06D'autant que le groupe a tenu des réunions de rencontres
05:08avec les investisseurs et les analystes financiers
05:10avant la publication de résultats.
05:12Et donc, on peut imaginer que la teneur de ces discussions
05:15est plutôt favorable.
05:16C'est ce qui a justifié le parcours récent du titre
05:18contre le marché.
05:20Le marché est effectivement difficile.
05:22Mais lorsque vous avez un titre comme Kering
05:25qui communique d'une manière un peu rassurante,
05:28ça peut porter le titre après une sanction boursière
05:32qu'il ne faut pas oublier sur le secteur du luxe
05:34et particulièrement sur Kering.
05:36Les multiples ne sont pas très exigeants.
05:38Donc, c'est plutôt ces réunions qui sont, en mon sens,
05:41l'origine de cette surperformance.
05:43Et puis, l'effet, l'UQA, Deméo, cette nouvelle stratégie,
05:46le recentrage, la vente d'actifs immobiliers
05:49qui a été assez importante.
05:52Et puis, la vente de la division beauté à L'Oréal
05:55et donc le désendettement du groupe.
05:57Donc, on peut être porteur d'espoir, là aussi,
05:59dans le secteur du luxe.
06:00Ça fait partie des valeurs que l'on peut regarder
06:02qui sont raisonnables,
06:03en tout cas, que nous avons dans la gestion chez Monseigneur.
06:06Bon, et puis le secteur maudit.
06:07On en a parlé, l'étiquette paiement,
06:09avec une nouvelle déconvenue pour Eden Red en Italie.
06:13Changement réglementaire.
06:14Ce n'est pas le premier, d'ailleurs, sur ce marché,
06:16mais on en connaît d'autres.
06:18Changements fiscaux du côté des Pays-Bas,
06:20des problèmes sur le marché brésilien,
06:21sur le marché turc.
06:24Italien.
06:25Oui, oui, italien.
06:26Est-ce que c'est un peu le secteur maudit, François ?
06:31C'est un secteur difficile parce qu'on voit bien
06:33que c'est un précaré de prépaiement
06:37pour des services aux salariés.
06:40Et ces systèmes de prépaiement
06:41sont des systèmes d'échappement aux taxes
06:43qui ont été mis en œuvre sur les salaires,
06:46qu'il s'agisse des prélèvements sociaux, fiscaux.
06:49Et donc, ce sont souvent des petits avantages fiscaux
06:51qui sont concédés à ces groupes
06:53qui sont capables de les exploiter.
06:54Et on voit qu'il y a des pays
06:57qui se battent contre ces avantages.
06:59On a l'Italie qui a mis en œuvre
07:02avec l'autorité de la concurrence
07:04une action pour abus de position dominante.
07:08Donc, c'est de l'antitrust vis-à-vis d'Edenred.
07:11Ça peut laisser craindre des amendes financières,
07:14voire une remise en compte du modèle économique
07:17de commission dans l'Italie.
07:19Ensuite, on a un autre pays qui s'est manifesté,
07:21c'est le Brésil.
07:23Là aussi, on a des décisions de justice récentes
07:26qui sont notamment, qui concernent un décret présidentiel
07:29sur les titres restaurants.
07:31Et donc, on a clairement là encore une zone d'inquiétude
07:36parce que ce sont des marchés qui étaient significatifs
07:38pour le groupe Edenred.
07:41Bref, on a, comme s'il n'en manquait pas,
07:44en plus un effet résultat.
07:45La publication des résultats n'a pas été excellente
07:47pour le titre.
07:48Donc, ce cocktail-là n'est pas très favorable
07:51et justifie en tout cas le parcours récent du titre
07:55sur les marchés financiers.
07:57Je pense que rester à l'écart de ces difficultés
08:00en étant un peu plus soucieux d'avoir de l'écartie juridique
08:04fera une sage décision.
08:06Edenred, oui, encore 15,7% de baisse,
08:08une baisse violente à 15,65% aujourd'hui.
08:11Puis son concurrent, plus que si,
08:12il n'est pas mieux orienté,
08:14en 5,3% à 10,06 euros.
08:17François, on a fait un constat quand même avec Guillaume
08:19depuis le début de cette crise énergétique
08:22et de cette guerre entre Iran et États-Unis.
08:26ArcelorMittal semble être devenu
08:28la principale cible des investisseurs
08:30quand il s'agit de crispations sur les prix de l'énergie.
08:33Est-ce que vous faites le même constat ?
08:35C'est un titre qui a fait un très beau parcours
08:37et qui a largement surperformé ces derniers trimestres
08:41les indices boursiers.
08:43Alors, on a une forte correction.
08:45Évidemment, dès lors que vous êtes des groupes
08:49extrêmement électrosensibles,
08:49lorsque vous consommez beaucoup d'énergie,
08:52on est très inquiet de la facture énergétique
08:54et de la rentabilité dans des périodes de tension
08:57comme celles que nous connaissons actuellement.
08:59N'oublions pas qu'en Europe,
09:01les prix de l'énergie et de l'électricité
09:02sont encore connectés au prix du gaz
09:05qui, s'ils ne sont pas encore revenus
09:08à des niveaux que nous avons connus en 2022,
09:10sont aujourd'hui bien plus élevés
09:12que ce que nous avions en début d'année.
09:14Donc, c'est tout à fait cohérent
09:16que le marché se couvre
09:19par rapport à ces risques
09:20sur des titres qui sont en surréaction.
09:23On a vu des parcours d'ArcelorMittal
09:25qui correspondent vraiment à cela.
09:27Et à l'inverse, on a vu des parcours de dossiers
09:30comme Total, par exemple,
09:31qui, lui, a plutôt bien bénéficié
09:33de l'impact favorable sur les prix de l'énergie.
09:36Donc, vous avez un marché qui est capable de juger
09:38quels sont ceux qui vont tirer le bénéfice
09:41de ces hausses de prix
09:42et quels sont ceux qui vont devoir en subir les conséquences.
09:44C'est assez rationnel.
09:47Merci.
09:48Oh, dites, quand même, quand même,
09:51une dernière petite question,
09:53François, avant de vous laisser.
09:55Quadiant, forte baisse,
09:57c'est un dossier qu'on ne connaît pas forcément,
09:59c'est l'ancien Néopost.
10:00Et c'est vrai que c'était une société
10:02qui a attiré un petit peu le regard
10:05parce que les systèmes de paiement,
10:07le traitement des paiements, etc.,
10:09de l'affranchissement,
10:10et c'était un secteur qui était quand même regardé de très près.
10:15Là, on a l'impression que plus personne n'en veut.
10:17Est-ce que c'est votre sentiment aussi ?
10:18C'est un dossier qui a perdu la moitié de sa valeur
10:21sur les dernières années.
10:23Clairement, c'est des dossiers qui sont en difficulté
10:26tout simplement parce que si on regarde le volume
10:28de traitement des courriers,
10:29que ce soit par les entreprises ou par les ménages,
10:33mais c'est surtout les entreprises
10:34qui sont les clients de Quadiant,
10:35on a des volumes qui sont en constante diminution
10:37et c'est donc des modèles économiques à réinventer
10:40et pour l'instant, je ne vois pas d'issue favorable
10:43sur un dossier comme Quadiant,
10:45sur un marché qui, lui, se restreint
10:48année après année de manière continue.
10:51Merci infiniment, François Cholet,
10:52effectivement Quadiant, forte baisse.
10:55François Cholet, mon Ségur Finan...
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