- il y a 2 jours
Ce jeudi 26 mars, François Chaulet, président de Montségur, s'est penché sur l'anxiété sur les marchés à cause du conflit au Moyen-Orient, la performance du secteur de l'automobile de luxe, la résistance de Kering malgré la tempête dans le luxe, l'enquête sur Edenred en Italie, l'impact de la guerre en Iran sur ArcelorMittal, et les résultats de Quadient, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00Notamment avec François Cholet de Montségur Finance qui est resté avec nous.
00:03Re-bonjour François.
00:05Re-bonjour.
00:06Alors, la tendance générale des marchés, qu'est-ce qu'on peut en dire ?
00:09On reste sur un marché quand même assez stressé avant cette deadline de vendredi
00:14que donne Donald Trump aux Iraniens pour négocier,
00:17pour tenter de trouver un accord qui pourrait aboutir à une fin des hostilités.
00:22On sent un marché extrêmement stressé qui n'y croit pas vraiment,
00:25malgré quelques velléités haussières dernières, en tout cas sur les dernières minutes.
00:30On sent que le cœur n'y est pas.
00:33Le cœur, il est dans la tête de Donald Trump parce qu'en vérité,
00:37quand on regarde la séance de début de semaine,
00:39elle a marqué le ton de ce qu'on allait vivre.
00:42On a ouvert, souvenez-vous, pour le CAC 40 ou CAC moins 2
00:44et à la faveur d'un tweet, on est passé à plus de 2,5 sur l'indice CAC.
00:49Ça montre bien que la clé de marché aujourd'hui,
00:53elle n'est pas dans l'économie au jour le jour,
00:56elle est bel et bien dans la situation géopolitique en Iran.
01:00Et donc, il va falloir patienter.
01:02Et je crains que si les discussions se poursuivent tout au long du week-end,
01:06nous trouvions le temps long pour les journées de samedi et de dimanche
01:10parce que les marchés étant fermés,
01:11on ne pourra pas faire grand-chose dans cette phase-là.
01:14Et c'est tout à fait logique que les investisseurs prennent quelques profits
01:18ou se mettent un peu à l'abri dans cette attente.
01:21Bon, on va passer sur le secteur qui fait parler aujourd'hui,
01:26celui de l'automobile, de luxe.
01:28On a les résultats de Porsche SE.
01:32Alors là, on est très précisément sur la holding de contrôle des activités,
01:36Porsche, Volkswagen, etc.
01:37Mais tout ça nous montre aussi à nouveau toutes les difficultés de Porsche,
01:42en ce moment, qui depuis un an subit déboire sur déboire.
01:46Parallèlement, on a quand même Ferrari, qui était l'ancienne star de la bourse
01:50les années précédentes, qui subit un revers cuisant,
01:53qui perd 50%, plus de 50% depuis ces derniers plus hauts.
01:56On peut parler de double bear market.
01:59On a également Aston Martin, qui n'en finit plus,
02:01mais là, on a l'impression que c'est structurel,
02:03le fait d'être en difficulté financière chez Aston Martin.
02:06En gros, où va l'automobile de luxe ?
02:09Jadis, c'était le secteur qui était à l'abri des crises,
02:13qui cumulait les avantages à la fois de la marge en termes automobiles
02:19et du luxe, en termes de performance et de côté contracycliques.
02:23Et là, on a l'impression que plus personne n'en veut.
02:24Quel est votre sentiment ?
02:26Le sentiment, il est clair, c'est difficile aujourd'hui.
02:30La concurrence, le piège chinois fonctionne à merveille.
02:34C'était auparavant un débouché pour la croissance du secteur automobile de luxe.
02:38Aujourd'hui, c'est une concurrence sévère.
02:41Et donc, des acteurs comme Porsche subissent effectivement un piège stratégique
02:45avec cette zone géographique et cette concurrence.
02:48Et puis, effectivement, des normes, notamment de pollution,
02:52qui posent des problèmes et qui forcent à une transition énergétique sur l'électrique
02:56qui est extrêmement coûteuse pour le groupe Porsche.
02:58Mais c'est le cas pour d'autres constructeurs également.
03:02Le sujet pour Porsche, c'est effectivement la difficulté stratégique
03:06d'électrifier une gamme qui ne trouve pas vraiment son public
03:09et le changement également de dirigeant.
03:12Et un peu comme ce qu'on a connu avec Peugeot, des provisions comptables.
03:16On parle de 4 milliards d'euros de restructuration.
03:19Cette provision fait mal à la publication de l'exercice 2025.
03:23Et donc, on accueille un nouveau président, Michael Letters,
03:27avec un plan de transformation radical.
03:29Mais du point de vue de l'actionnaire, il va falloir être patient
03:32parce qu'il faudra du temps pour que cela prenne son effet
03:36en espérant effectivement que le groupe retrouve la ferveur des investisseurs.
03:41Ce n'est pas notre valeur préférée pour être très transparent.
03:44Bon, Porsche.
03:45Ferrari, Aston Martin, qui redémarrera en premier ?
03:49Question du jour, vous pouvez encore y répondre.
03:51J'ai la réponse. Pour vous, c'est Ferrari.
03:54On est convaincu que le très haut de gamme,
03:58à des carnets de commandes déjà qui sont extrêmement solides,
04:01a un peu mieux réussi l'électrification de sa gamme
04:04et surtout, objectivement, à une clientèle un petit peu premium,
04:11largement au-dessus de la clientèle qu'on a sur les autres constructeurs
04:14qui protègent malgré tout un peu des cycles économiques
04:18que nous sommes en train de traverser.
04:20Donc, la faveur, c'est Ferrari, surtout après une telle consolidation.
04:24Je pense qu'on a retrouvé des points qui me paraissent intéressants
04:28à regarder sur le dossier Ferrari.
04:29Ferrari, qui perd effectivement plus de 50% depuis ses derniers plus hauts.
04:33Double bear market pour Ferrari.
04:35Malgré tout, l'intérêt de François Cholet.
04:37Et puis, peut-être du vôtre.
04:38Répondez à la question.
04:39Quelle marque automobile de luxe sera la première à redémarrer ?
04:42Porsche, Ferrari, Aston Martin.
04:44On y répond dans moins d'une demi-heure.
04:46Dans la famille.
04:48Kering est en train de signer une superbe semaine, dites donc.
04:51Complètement à contre-courant.
04:53Le titre est en train de reprendre un sacré terrain.
04:56Il est encore en hausse aujourd'hui.
04:58Est-ce qu'il y a quelque chose qui se passe ?
05:0010% en 5 séances quand même.
05:02Est-ce que le signal est encourageant, François ?
05:04Oui, c'est très encourageant.
05:06D'autant que le groupe a tenu des réunions de rencontres
05:08avec les investisseurs et les analystes financiers
05:10avant la publication de résultats.
05:12Et donc, on peut imaginer que la teneur de ces discussions
05:15est plutôt favorable.
05:16C'est ce qui a justifié le parcours récent du titre
05:18contre le marché.
05:20Le marché est effectivement difficile.
05:22Mais lorsque vous avez un titre comme Kering
05:25qui communique d'une manière un peu rassurante,
05:28ça peut porter le titre après une sanction boursière
05:32qu'il ne faut pas oublier sur le secteur du luxe
05:34et particulièrement sur Kering.
05:36Les multiples ne sont pas très exigeants.
05:38Donc, c'est plutôt ces réunions qui sont, en mon sens,
05:41l'origine de cette surperformance.
05:43Et puis, l'effet, l'UQA, Deméo, cette nouvelle stratégie,
05:46le recentrage, la vente d'actifs immobiliers
05:49qui a été assez importante.
05:52Et puis, la vente de la division beauté à L'Oréal
05:55et donc le désendettement du groupe.
05:57Donc, on peut être porteur d'espoir, là aussi,
05:59dans le secteur du luxe.
06:00Ça fait partie des valeurs que l'on peut regarder
06:02qui sont raisonnables,
06:03en tout cas, que nous avons dans la gestion chez Monseigneur.
06:06Bon, et puis le secteur maudit.
06:07On en a parlé, l'étiquette paiement,
06:09avec une nouvelle déconvenue pour Eden Red en Italie.
06:13Changement réglementaire.
06:14Ce n'est pas le premier, d'ailleurs, sur ce marché,
06:16mais on en connaît d'autres.
06:18Changements fiscaux du côté des Pays-Bas,
06:20des problèmes sur le marché brésilien,
06:21sur le marché turc.
06:24Italien.
06:25Oui, oui, italien.
06:26Est-ce que c'est un peu le secteur maudit, François ?
06:31C'est un secteur difficile parce qu'on voit bien
06:33que c'est un précaré de prépaiement
06:37pour des services aux salariés.
06:40Et ces systèmes de prépaiement
06:41sont des systèmes d'échappement aux taxes
06:43qui ont été mis en œuvre sur les salaires,
06:46qu'il s'agisse des prélèvements sociaux, fiscaux.
06:49Et donc, ce sont souvent des petits avantages fiscaux
06:51qui sont concédés à ces groupes
06:53qui sont capables de les exploiter.
06:54Et on voit qu'il y a des pays
06:57qui se battent contre ces avantages.
06:59On a l'Italie qui a mis en œuvre
07:02avec l'autorité de la concurrence
07:04une action pour abus de position dominante.
07:08Donc, c'est de l'antitrust vis-à-vis d'Edenred.
07:11Ça peut laisser craindre des amendes financières,
07:14voire une remise en compte du modèle économique
07:17de commission dans l'Italie.
07:19Ensuite, on a un autre pays qui s'est manifesté,
07:21c'est le Brésil.
07:23Là aussi, on a des décisions de justice récentes
07:26qui sont notamment, qui concernent un décret présidentiel
07:29sur les titres restaurants.
07:31Et donc, on a clairement là encore une zone d'inquiétude
07:36parce que ce sont des marchés qui étaient significatifs
07:38pour le groupe Edenred.
07:41Bref, on a, comme s'il n'en manquait pas,
07:44en plus un effet résultat.
07:45La publication des résultats n'a pas été excellente
07:47pour le titre.
07:48Donc, ce cocktail-là n'est pas très favorable
07:51et justifie en tout cas le parcours récent du titre
07:55sur les marchés financiers.
07:57Je pense que rester à l'écart de ces difficultés
08:00en étant un peu plus soucieux d'avoir de l'écartie juridique
08:04fera une sage décision.
08:06Edenred, oui, encore 15,7% de baisse,
08:08une baisse violente à 15,65% aujourd'hui.
08:11Puis son concurrent, plus que si,
08:12il n'est pas mieux orienté,
08:14en 5,3% à 10,06 euros.
08:17François, on a fait un constat quand même avec Guillaume
08:19depuis le début de cette crise énergétique
08:22et de cette guerre entre Iran et États-Unis.
08:26ArcelorMittal semble être devenu
08:28la principale cible des investisseurs
08:30quand il s'agit de crispations sur les prix de l'énergie.
08:33Est-ce que vous faites le même constat ?
08:35C'est un titre qui a fait un très beau parcours
08:37et qui a largement surperformé ces derniers trimestres
08:41les indices boursiers.
08:43Alors, on a une forte correction.
08:45Évidemment, dès lors que vous êtes des groupes
08:49extrêmement électrosensibles,
08:49lorsque vous consommez beaucoup d'énergie,
08:52on est très inquiet de la facture énergétique
08:54et de la rentabilité dans des périodes de tension
08:57comme celles que nous connaissons actuellement.
08:59N'oublions pas qu'en Europe,
09:01les prix de l'énergie et de l'électricité
09:02sont encore connectés au prix du gaz
09:05qui, s'ils ne sont pas encore revenus
09:08à des niveaux que nous avons connus en 2022,
09:10sont aujourd'hui bien plus élevés
09:12que ce que nous avions en début d'année.
09:14Donc, c'est tout à fait cohérent
09:16que le marché se couvre
09:19par rapport à ces risques
09:20sur des titres qui sont en surréaction.
09:23On a vu des parcours d'ArcelorMittal
09:25qui correspondent vraiment à cela.
09:27Et à l'inverse, on a vu des parcours de dossiers
09:30comme Total, par exemple,
09:31qui, lui, a plutôt bien bénéficié
09:33de l'impact favorable sur les prix de l'énergie.
09:36Donc, vous avez un marché qui est capable de juger
09:38quels sont ceux qui vont tirer le bénéfice
09:41de ces hausses de prix
09:42et quels sont ceux qui vont devoir en subir les conséquences.
09:44C'est assez rationnel.
09:47Merci.
09:48Oh, dites, quand même, quand même,
09:51une dernière petite question,
09:53François, avant de vous laisser.
09:55Quadiant, forte baisse,
09:57c'est un dossier qu'on ne connaît pas forcément,
09:59c'est l'ancien Néopost.
10:00Et c'est vrai que c'était une société
10:02qui a attiré un petit peu le regard
10:05parce que les systèmes de paiement,
10:07le traitement des paiements, etc.,
10:09de l'affranchissement,
10:10et c'était un secteur qui était quand même regardé de très près.
10:15Là, on a l'impression que plus personne n'en veut.
10:17Est-ce que c'est votre sentiment aussi ?
10:18C'est un dossier qui a perdu la moitié de sa valeur
10:21sur les dernières années.
10:23Clairement, c'est des dossiers qui sont en difficulté
10:26tout simplement parce que si on regarde le volume
10:28de traitement des courriers,
10:29que ce soit par les entreprises ou par les ménages,
10:33mais c'est surtout les entreprises
10:34qui sont les clients de Quadiant,
10:35on a des volumes qui sont en constante diminution
10:37et c'est donc des modèles économiques à réinventer
10:40et pour l'instant, je ne vois pas d'issue favorable
10:43sur un dossier comme Quadiant,
10:45sur un marché qui, lui, se restreint
10:48année après année de manière continue.
10:51Merci infiniment, François Cholet,
10:52effectivement Quadiant, forte baisse.
10:55François Cholet, mon Ségur Finan...
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