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  • il y a 20 heures
Code de procédure pénale
Articles 92 à 99-5 dans leur version applicable le 6 septembre 2018

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Transcription
00:00:00Ensuite ouverte, nous commençons cette audience avec la question prioritaire de constitutionnalité numéro 2026-1990 QPC
00:00:09portant sur la conformité aux droits et libertés que la constitution garantit des articles 92 à 99-5 du code
00:00:18de procédure pénale.
00:00:20Madame la Greffière va d'abord retracer les étapes de la procédure d'instruction pour ces questions.
00:00:25Instruction qui précède cette audience de plaidoirie. Madame la Greffière.
00:00:29Je vous remercie Monsieur le Président.
00:00:30Le Conseil constitutionnel a été saisi le 16 janvier 2026 par un arrêt de la Chambre commerciale, financière et économique
00:00:36de la Cour de cassation
00:00:38d'une question prioritaire de constitutionnalité posée par les sociétés Le Grand SNC, Le Grand France SA et Le Grand
00:00:44SA
00:00:45portant sur la conformité aux droits et libertés que la constitution garantit des articles 92 à 99-5 du code
00:00:52de procédure pénale.
00:00:53Cette question relative à la contestation des perquisitions est saisie dans le cadre d'une information judiciaire
00:00:59a été enregistrée au secrétariat général du Conseil constitutionnel sous le numéro 2026-1190 QPC.
00:01:06Maître Olivier Texidor, Olivier Billard et Arthur Elfer, dans l'intérêt des sociétés Le Grand, partie requérante,
00:01:12ont produit des observations le 6 février 2026.
00:01:14Le même jour, la ICP Rocheteau, Yuzan Sarano et Goulet, dans l'intérêt des sociétés SONPAR SAS, SONPAR France SAS,
00:01:21SONPAR France Distribution SAS, partie à l'instance, ont produit des observations.
00:01:27Maître Raphaël Bougnol-Brochienne, le cabinet Bredin-Pratt et le cabinet Vaugelle et Vaugelle,
00:01:31dans l'intérêt des sociétés Schneider Electric SE, Schneider Electric Industrie et Schneider Electric France,
00:01:37partie à l'instance, ont produit des observations le 6 février 2026.
00:01:41Maître Patrice Spinozy, David Teilhard, Sarah Horteli et Kitri Darche,
00:01:46dans l'intérêt des sociétés Rochelle France, Rochelle Développement SAS et Rochelle SA,
00:01:52partie à l'instance, ont produit des observations le même jour.
00:01:55La CELAS-Froger et Zadjela a produit des observations dans l'intérêt de l'autorité de la concurrence,
00:02:00partie à l'instance, les 6 et 20 février 2026.
00:02:04Le Premier ministre a produit des observations le 6 février 2026.
00:02:08Seront entendus aujourd'hui l'avocat des parties requérantes, les avocats des parties à l'instance
00:02:12et le représentant du Premier ministre.
00:02:16Madame la Gréfière, Maître Olivier Texidor, vous êtes avocat au Conseil,
00:02:21vous représentez les sociétés Le Grand, partie requérante.
00:02:24Nous allons vous écouter, avant d'écouter vos confrères,
00:02:27sur la concision et la complémentarité des propos desquels nous comptons,
00:02:31pour éviter toute redondance inutile, bien entendu.
00:02:37Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les membres du Conseil constitutionnel,
00:02:40la QPC de ce jour vise le bloc des articles 92 à 99.5 du Code de procédure pénale,
00:02:48donc l'ensemble des dispositions de ce Code qui fixe le régime des perquisitions en matière pénale.
00:02:54Avec une précision temporelle d'importance, les dispositions que nous contestons
00:02:59sont celles qui étaient en vigueur le 6 septembre 2018,
00:03:03date à laquelle des perquisitions ont été effectuées
00:03:07dans les locaux des sociétés Le Grand et des sociétés requérantes.
00:03:12Les perquisitions sont, par nature, des ingérences de la puissance publique
00:03:17dans la sphère privée.
00:03:19Elles mettent en cause des droits regardés comme fondamentaux,
00:03:22l'inviolabilité du domicile,
00:03:24le droit au respect des correspondances privées et professionnelles.
00:03:28Elles font, par leur seul accomplissement, grief.
00:03:31Et pourtant, dans leur version applicable en 2018,
00:03:36ni les articles 92 à 99.5 du Code de procédure pénale,
00:03:40ni aucune autre disposition de ce Code,
00:03:42n'avaient institué de recours
00:03:44qui auraient permis aux personnes perquisitionnées
00:03:49de contester la légalité de la perquisition,
00:03:51de critiquer les conditions de son déroulement,
00:03:54voire de s'opposer à la saisie de correspondance avocat-client.
00:03:59Une personne perquisitionnée, sur le fondement de ces dispositions,
00:04:02était donc condamnée à l'inaction
00:04:03tant qu'elle n'était pas mise en examen
00:04:06ou placée sous le statut de témoin assisté.
00:04:09Une fois cet événement procédural réalisé,
00:04:13mais alors seulement,
00:04:15elle pouvait saisir la chambre de l'instruction
00:04:17d'une requête en nullité fondée sur les articles 170 et suivants
00:04:21du Code de procédure pénale.
00:04:23Le recours juridictionnel était donc tantôt inexistant,
00:04:27inexistant pour toutes les personnes perquisitionnées
00:04:30qui ne seraient jamais mises en examen,
00:04:32tantôt ineffectif compte tenu de sa temporalité,
00:04:35et j'y reviendrai.
00:04:37C'est pour un vice exactement similaire
00:04:40que vous avez invalidé, dans votre décision du 4 avril 2014,
00:04:45les dispositions du Code du travail
00:04:47qui constituent la base légale des perquisitions
00:04:50en matière de travail dissimulé.
00:04:53À l'instar des dispositions que nous contestons,
00:04:56celles du Code du travail n'avaient pas ouvert
00:04:57de recours juridictionnel en faveur des personnes perquisitionnées.
00:05:02Et les dispositions qui fixent le Régime Général
00:05:05des requêtes en nullité de l'instruction
00:05:08n'étaient en elles-mêmes d'aucun secours
00:05:10pour les personnes qui ne seraient jamais mises en examen.
00:05:13Vous en avez donc déduit qu'à défaut d'avoir institué
00:05:16une voie de droit qui aurait permis de manière immédiate
00:05:20et inconditionnelle d'exercer un recours,
00:05:23le législateur avait méconnu les exigences
00:05:26qui découlent de l'article 16 de la déclaration de 1789-100 ans.
00:05:32Vous avez par là rejoint la jurisprudence bien connue
00:05:35de la Cour de Strasbourg, telle qu'elle résulte
00:05:37de ses arrêts Ravon, Canal+, PrimaGaz, je n'insiste pas.
00:05:43Votre décision de 2014 et celle de la Cour de Strasbourg
00:05:47ont convaincu la formation consultative du Conseil d'État
00:05:51de recommander au gouvernement de mettre la législation
00:05:55sur les perquisitions pénales en conformité
00:05:57avec les exigences constitutionnelles et conventionnelles.
00:06:00Et c'est ce qui a été fait par une loi du 23 mars 2019
00:06:04qui a donc ouvert aux personnes perquisitionnées
00:06:07un recours immédiat devant le juge des libertés
00:06:09et de la détention.
00:06:11Mais la loi nouvelle ne s'est appliquée
00:06:14qu'aux perquisitions accomplies à dater du lendemain
00:06:16de son entrée en vigueur.
00:06:18Les requérantes n'en ont pas bénéficié.
00:06:19Pour la période antérieure, le vice que nous dénonçons,
00:06:23que constitue cette absence de recours intérieure,
00:06:27est intact.
00:06:29Et le moyen d'inconstitutionnalité est à ce point imparable
00:06:33que, chose rare, le secrétariat général du gouvernement
00:06:36n'en conteste pas le bien fondé.
00:06:39La déclaration d'inconstitutionnalité que vous prononcerez
00:06:43ne pourra pas déboucher sur une décision d'abrogation
00:06:46puisque la loi du 23 mars 2019 a comblé la lacune que nous dénonçons.
00:06:51Mais il vous appartiendra, par application de l'article 62 de la Constitution,
00:06:56de préciser dans quelle instance cette déclaration d'inconstitutionnalité
00:07:02pourrait être invoquée.
00:07:04À cette fin, vous ne serez tout d'abord guère impressionné
00:07:07par l'argument de l'autorité de la concurrence
00:07:10selon lequel votre décision du 21 mars 2019
00:07:14aurait par avance écarté toute possibilité
00:07:18de remise en cause des perquisitions pénales accomplies
00:07:22avant son entrée en vigueur.
00:07:24Vous avez seulement jugé que le législateur
00:07:27n'avait pas méconnu le principe d'égalité
00:07:29en décidant que le nouveau recours ouvert par cette loi
00:07:33ne s'appliquerait qu'aux perquisitions accomplies
00:07:36à compter de son entrée en vigueur.
00:07:38Vous n'avez en réalité porté aucune appréciation
00:07:42sur le régime antérieur des perquisitions.
00:07:45Il vous appartiendra donc de mettre en œuvre
00:07:47votre grille d'analyse habituelle
00:07:49et donc d'effectuer cette mise en balance
00:07:52entre d'un côté la gravité du vice
00:07:55qui a justifié la déclaration d'inconstitutionnalité
00:07:58et de l'autre les conséquences
00:08:00qui pourraient se révéler excessives
00:08:02qui découleraient de la remise en cause
00:08:04des actes accomplis sous l'empire de la législation antérieure.
00:08:09Vous pourriez, nous le comprenons assez bien
00:08:12et légitimement hésiter à fragiliser
00:08:15toutes les poursuites pénales
00:08:17qui ont été nourries par des perquisitions accomplies
00:08:19avant mars 2019
00:08:21et qui ne sont pas encore jugées.
00:08:24Mais les sociétés requérantes ne vous demandent rien de tel.
00:08:28Ce qu'elles soutiennent
00:08:30est que la gravité du vice
00:08:32qui tenait à l'absence de recours juridictionnel
00:08:34contre les perquisitions
00:08:36n'est pas du tout de même intensité
00:08:38selon la configuration presse procédurale
00:08:41et en particulier selon le sort des pièces saisies
00:08:44lors des perquisitions.
00:08:46Lorsque les pièces saisies
00:08:48lors des perquisitions accomplies
00:08:50avant mars 2019
00:08:51n'ont pas été exploitées
00:08:54dans le cadre
00:08:55n'ont été exploitées
00:08:58que dans le cadre
00:08:58d'une procédure pénale stricto sensu
00:09:00la gravité de ce vice demeure modérée.
00:09:04Elle est atténuée par cette constatation
00:09:07que les pièces saisies lors des perquisitions
00:09:09ne pourront pas fonder l'infliction d'une sanction
00:09:12sans que les personnes perquisitionnées
00:09:15n'aient été mises en mesure
00:09:17en temps utile
00:09:18d'en contester la régularité.
00:09:21Dans un contexte sûrement pénal
00:09:23vous ne trouverez donc aucune configuration concrète
00:09:26dans laquelle une personne perquisitionnée
00:09:29pourrait être sanctionnée
00:09:31sans avoir pu contester
00:09:33la régularité des perquisitions.
00:09:35Au contraire, ce risque
00:09:37devient tout à fait réel
00:09:38lorsque les pièces saisies
00:09:40au cours de perquisition pénale
00:09:42ont été communiquées
00:09:43à une autorité administrative
00:09:47investie d'un pouvoir de sanction
00:09:48tel que l'autorité de la concurrence.
00:09:51Dans cette seconde configuration
00:09:53le vice tenant à l'absence
00:09:55de recours juridictionnel effectif
00:09:57est d'un degré de gravité
00:09:58autrement plus élevé
00:10:00précisément pour cette raison
00:10:02que les personnes perquisitionnées
00:10:03peuvent se voir infliger
00:10:05une sanction administrative
00:10:06sans jamais avoir été mise en mesure
00:10:09de contester devant une juridiction
00:10:11la régularité des perquisitions.
00:10:14C'est exactement ce qui est arrivé
00:10:16aux sociétés Legrand
00:10:17et aux sociétés intervenantes
00:10:19et c'est là la raison d'être de la QPC.
00:10:21Perquisitionnée le 6 septembre 2018
00:10:24elles n'ont été mises en examen
00:10:26quatre ans plus tard.
00:10:28Dans l'intervalle,
00:10:30l'autorité de la concurrence
00:10:31a exercé son droit de communication
00:10:32auprès de l'autorité judiciaire
00:10:34sur le fondement de l'article 463.5
00:10:37du Code de commerce.
00:10:39Elle a donc pu récupérer
00:10:41l'intégralité des pièces
00:10:42qui se saisissent lors des perquisitions
00:10:44dont des centaines de correspondances
00:10:46à vos cas clients,
00:10:47parfois en rapport direct
00:10:48avec l'objet de ces recherches.
00:10:50Et c'est en définitive,
00:10:52sur la base de pièces saisies
00:10:54lors de perquisitions
00:10:55dont elles n'auront jamais pu contester
00:10:57en temps utile la régularité,
00:11:00que les sociétés ont été sanctionnées.
00:11:03Pour les justiciables
00:11:04dont la situation relève
00:11:06de cette configuration procédurale,
00:11:08vous n'avez donc aucune raison valable
00:11:09de neutraliser les effets
00:11:11de la déclaration d'inconstitutionnalité.
00:11:13J'en termine, M. le Président,
00:11:15en vous disant
00:11:15que permettre aux justiciables
00:11:17qui relèvent de cette catégorie
00:11:18d'invoquer la déclaration d'inconstitutionnalité
00:11:21ne serait certainement pas
00:11:23le séisme qu'on vous décrit.
00:11:25Il n'y a en tout et pour tout
00:11:27que deux affaires de concurrence
00:11:28qui relèvent de ce cas de figure.
00:11:31L'autorité de la concurrence
00:11:33ne nous a pas été démentis.
00:11:35Elle nous objecte, certes,
00:11:37qu'il y a d'autres administrations
00:11:39qui jouissent de droits de communication
00:11:40comme l'administration fiscale.
00:11:43Je lui réponds qu'il existe
00:11:44dans le code de procédure pénale,
00:11:47pardon, non dans le code de procédure pénale,
00:11:48mais dans le livre des procédures fiscales,
00:11:51une disposition,
00:11:52l'article L10-0AA
00:11:55qui existe depuis 2013
00:11:58et qui vous dit, je cite,
00:12:00que ne peuvent être écartés
00:12:01au seul motif de leur origine
00:12:03les documents ou informations
00:12:05que l'administration utilise
00:12:07et qui sont régulièrement portés
00:12:09à sa connaissance,
00:12:10notamment en application
00:12:11de son droit de communication.
00:12:13Votre décision ne risque donc
00:12:15en aucun cas de fragiliser
00:12:17des redressements fiscaux
00:12:19qui seraient fondés
00:12:20sur des pièces perquisitionnées,
00:12:22obtenues lors de perquisitions
00:12:24vieilles de plus de 7 ans.
00:12:25Au demeurant,
00:12:27ce sont des cas probablement très limités
00:12:29compte tenu du verrou de Bercy
00:12:31qui existait jusqu'à la loi
00:12:33du 23 octobre 2018.
00:12:35Et vous vous souvenez
00:12:36que dans ce système,
00:12:38l'administration fiscale
00:12:40réunissait d'abord
00:12:41les preuves d'une fraude fiscale
00:12:43avant de transmettre son dossier
00:12:45à la Commission des infractions fiscales
00:12:47et avant la mise en œuvre
00:12:49de poursuites pénales.
00:12:52Les craintes exprimées par l'autorité
00:12:54peuvent donc être largement apaisées
00:12:56et je vous invite,
00:12:57M. le Président,
00:12:58Mesdames, Messieurs les membres
00:12:59du Conseil constitutionnel
00:13:00à accueillir la QPC
00:13:02et à prévoir
00:13:03que la déclaration d'inconstitutionnalité
00:13:06pourrait être invoquée
00:13:07dans les instances en cours
00:13:08non encore jugées
00:13:10qui relèvent de la configuration
00:13:12que je viens de décrire.
00:13:13Je vous remercie.
00:13:15Merci, Maître.
00:13:16Maître Henri-Charles Croisier,
00:13:19vous êtes avocat au Conseil,
00:13:20vous représentez l'autorité
00:13:21de la concurrence
00:13:22partie à l'instance.
00:13:23Nous vous écoutons.
00:13:31Je vous remercie, M. le Président.
00:13:32Mesdames et Messieurs les membres
00:13:33du Conseil constitutionnel,
00:13:34quelques observations donc
00:13:36dans l'intérêt de l'autorité
00:13:37de la concurrence
00:13:38défendraissent à la question prioritaire
00:13:39de constitutionnalité
00:13:40dont vous êtes saisis.
00:13:42Il est reproché,
00:13:43on vient de l'entendre,
00:13:44aux articles 92 à 99-5
00:13:46du Code de procédure pénale
00:13:48dans leur version applicable
00:13:49le 6 septembre 2018
00:13:50date des perquisitions.
00:13:52D'une part,
00:13:53de ne pas prévoir de recours
00:13:54permettant à la personne
00:13:55ayant fait l'objet
00:13:56d'une perquisition
00:13:57d'en contester la régularité.
00:13:59D'autre part,
00:14:00de ne pas prévoir
00:14:01de garanties suffisantes
00:14:02permettant d'éviter la saisie
00:14:03au cours d'une perquisition
00:14:05de documents relevant
00:14:06du secret professionnel
00:14:07des avocats.
00:14:08Je souhaiterais présenter
00:14:09brièvement trois séries
00:14:11d'observations.
00:14:12D'abord, pour expliquer
00:14:13en quoi les griefs
00:14:14ne sont pas fondés.
00:14:15Ensuite, pour vous démontrer
00:14:17qu'on ne saurait déduire
00:14:19l'inconstitutionnalité
00:14:20des dispositions en cause
00:14:21des modifications législatives
00:14:23qui sont intervenues depuis.
00:14:25Et enfin, et subsidiairement,
00:14:26pour souligner
00:14:27qu'un aménagement
00:14:27dans le temps
00:14:28des effets
00:14:28d'une éventuelle déclaration
00:14:30d'inconstitutionnalité
00:14:31apparaît indispensable.
00:14:33Sur la conformité,
00:14:35d'abord,
00:14:35aux droits et libertés
00:14:36garantis par la Constitution.
00:14:38Les dispositions en vigueur
00:14:39en 2018
00:14:40prévoyaient
00:14:41un recours respectif
00:14:42et il importe
00:14:43d'apprécier
00:14:44l'effectivité
00:14:45de ce recours
00:14:45dans le cadre
00:14:46de la contestation
00:14:47d'une décision
00:14:48de sanction
00:14:48de l'autorité
00:14:49de la concurrence.
00:14:50L'article 170
00:14:51du Code de procédure pénale
00:14:53prévoyait
00:14:54que peuvent contester
00:14:55une perquisition
00:14:55outre le juge d'instruction
00:14:57et le procureur
00:14:57de la République,
00:14:58les témoins assistés
00:14:59et les personnes
00:15:00perquisitionnées
00:15:01qui ont fait l'objet
00:15:02d'une mise en examen.
00:15:03Par votre décision
00:15:04du 28 octobre 2022,
00:15:06vous avez déclaré
00:15:07ces dispositions
00:15:08conformes
00:15:08à la Constitution
00:15:09en considérant
00:15:11que le législateur
00:15:11avait pu réserver
00:15:13à ces seules personnes
00:15:14la possibilité
00:15:15de contester
00:15:16la régularité
00:15:17des actes versés
00:15:18au dossier
00:15:18de la procédure.
00:15:19En l'occurrence,
00:15:20d'ailleurs,
00:15:21l'une des sociétés
00:15:21le grand perquisitionné
00:15:23a fait l'objet
00:15:23d'une mise en examen
00:15:24et comme son statut
00:15:25le lui permettait,
00:15:27a saisi
00:15:27la chambre de l'instruction
00:15:28d'une demande de nullité
00:15:29des actes d'instruction.
00:15:31C'est bien donc
00:15:32que la voie de recours
00:15:33était effective.
00:15:34Et au-delà
00:15:35de cette voie de recours,
00:15:36l'article 92
00:15:37du Code de procédure pénale,
00:15:39dans sa rédaction, là encore
00:15:40en vigueur en 2018,
00:15:42permettait à tout moment
00:15:43de solliciter
00:15:44du juge d'instruction
00:15:45la restitution des pièces.
00:15:47Cette faculté
00:15:47était ouverte
00:15:48à toute personne
00:15:49qui prétend avoir
00:15:50un droit
00:15:51sur l'objet.
00:15:52Non seulement donc,
00:15:53il existait
00:15:54pour contester
00:15:55une perquisition
00:15:55menée en 2018
00:15:56une voie de recours
00:15:57dont vous avez jugé
00:15:58qu'elle est certes limitée
00:15:59mais conforme
00:16:00à la Constitution,
00:16:02mais en outre,
00:16:03les personnes
00:16:04perquisitionnées,
00:16:04pardon,
00:16:05même non mises en examen,
00:16:07pouvaient obtenir
00:16:07la restitution
00:16:08des éléments saisis.
00:16:10En tout état de cause,
00:16:11le droit à un recours
00:16:12effectif doit ici
00:16:13être apprécié
00:16:13dans le cadre
00:16:14de la contestation
00:16:15d'une décision de sanction
00:16:16de l'autorité
00:16:17de la concurrence.
00:16:18Or, ce droit
00:16:18à un recours
00:16:19n'est aucunement limité,
00:16:21pas plus,
00:16:22que ne le sont
00:16:23les droits de la défense.
00:16:24Dans le cadre
00:16:25de la procédure
00:16:26contradictoire ouverte
00:16:27devant l'autorité
00:16:28de la concurrence
00:16:28elle-même,
00:16:29après la notification
00:16:30de grief,
00:16:31ou ensuite,
00:16:32devant la Cour d'appel
00:16:33de Paris,
00:16:33dans le cadre
00:16:34de la contestation
00:16:35de la sanction,
00:16:36le cas échéant prononcé,
00:16:37les parties
00:16:38peuvent discuter
00:16:40contradictoirement
00:16:41de l'ensemble
00:16:41des pièces
00:16:42qui leur sont opposées.
00:16:43Les parties sanctionnées
00:16:45peuvent évidemment
00:16:46en contester
00:16:47la portée probante,
00:16:48et ce,
00:16:49indépendamment même
00:16:49du point de savoir
00:16:50si elles ont été
00:16:51régulièrement obtenues.
00:16:53À cet égard,
00:16:54il importe de rappeler
00:16:55que la Cour de cassation
00:16:56a été saisie
00:16:57d'une question prioritaire
00:16:58de constitutionnalité
00:16:59dirigée
00:16:59contre l'article
00:17:01L463-5
00:17:02du Code de commerce
00:17:03qui permet précisément
00:17:04à l'autorité
00:17:05de la concurrence
00:17:06d'obtenir
00:17:06la communication
00:17:07de pièces
00:17:08du juge pénal
00:17:09en raison
00:17:10de sa mission
00:17:11de protection
00:17:11de l'ordre public
00:17:12économique.
00:17:13Dans sa décision
00:17:14du 28 novembre 2012,
00:17:16la Chambre commerciale
00:17:17a précisément
00:17:17refusé
00:17:18de vous renvoyer
00:17:19cette question
00:17:19écartant
00:17:20toute atteinte
00:17:21à l'égalité des armes
00:17:22et au droit
00:17:23à un recours
00:17:23juridictionnel
00:17:24effectif
00:17:25au motif,
00:17:26je cite la Cour de cassation,
00:17:27que les pièces
00:17:28ainsi obtenues
00:17:29sont, à la suite
00:17:30de la notification
00:17:31de grève,
00:17:31communiquées aux parties
00:17:32et soumises
00:17:33au débat contradictoire
00:17:34les parties
00:17:35ayant la possibilité
00:17:37de soulever
00:17:37toute contestation
00:17:39qu'elles jugeraient utile.
00:17:40En définitive,
00:17:41on le voit,
00:17:41les pièces obtenues
00:17:42dans le cadre
00:17:42de la perquisition
00:17:43peuvent être contestées
00:17:45même si la perquisition
00:17:47ne l'a pas été.
00:17:48Enfin,
00:17:48un constat similaire
00:17:49peut être fait
00:17:50quant à la question
00:17:51des actes
00:17:51qui seraient saisis
00:17:52alors qu'ils sont couverts
00:17:53par le secret professionnel
00:17:55des avocats.
00:17:55Il n'était pas nécessaire
00:17:56que les législateurs
00:17:57prévient des garanties spécifiques
00:17:59pour s'assurer
00:18:00de l'absence de saisie
00:18:01alors que les parties
00:18:02qui le souhaitent
00:18:03peuvent soulever
00:18:04les atteintes portées
00:18:05au secret professionnel
00:18:05des avocats
00:18:06qui est une question
00:18:07d'ordre public
00:18:07en cours d'instance.
00:18:09On le voit,
00:18:10les griffes soulevées
00:18:11ne sont pas fondées,
00:18:12les dispositions contestées
00:18:13pourront donc être déclarées
00:18:15conformes à la Constitution.
00:18:16Et j'en viens au second temps
00:18:17de mes observations,
00:18:18on ne saurait interpréter
00:18:19les récentes modifications
00:18:21législatives
00:18:21comme une démonstration
00:18:23de l'inconstitutionnalité
00:18:25des dispositions antérieures.
00:18:26Les auteurs de la QPC
00:18:28dans leurs écritures
00:18:29cherchent en effet
00:18:29à se prévaloir
00:18:30de la circonstance
00:18:31selon laquelle
00:18:31les possibilités
00:18:32de contestation
00:18:33de la régularité
00:18:34d'une perquisition
00:18:34ont été élargies
00:18:35par la loi
00:18:36du 23 mars 2019.
00:18:38Désormais, en effet,
00:18:39l'article 802-2
00:18:41du Code de procédure pénale
00:18:42permet à toute personne
00:18:44qui fait l'objet
00:18:44d'une perquisition
00:18:45et qui n'a pas été poursuivie
00:18:46de contester
00:18:47devant le juge
00:18:48des libertés
00:18:49et de la détention
00:18:49les conditions
00:18:50de cette perquisition.
00:18:51Mais la circonstance
00:18:52que le législateur
00:18:53a décidé
00:18:54dans l'exercice
00:18:55de son pouvoir
00:18:55d'appréciation
00:18:56d'élargir les voies
00:18:57de recours
00:18:57ne signifie pas
00:18:58que le régime antérieur
00:19:00était nécessairement
00:19:01contraire
00:19:01à la Constitution.
00:19:03Rien dans les travaux
00:19:04parlementaires
00:19:04ne permet de considérer
00:19:05que cette création
00:19:06législative
00:19:07aurait eu pour seul objet
00:19:08de pallier
00:19:09le caractère insuffisant
00:19:10des recours
00:19:11antérieurement existants.
00:19:12Et l'avis
00:19:13du Conseil d'État
00:19:14du 12 avril 2018
00:19:15sur le projet de loi
00:19:16ne permet pas davantage
00:19:17de tirer
00:19:18une telle conclusion.
00:19:19En effet,
00:19:20si le Conseil d'État
00:19:21a considéré
00:19:22que la nouvelle voie
00:19:23de recours
00:19:23ouverte depuis 2019
00:19:24met le Code
00:19:25de procédure pénale
00:19:26en conformité
00:19:27avec les exigences
00:19:28du droit à recours
00:19:29juridictionnel effectif,
00:19:30c'est parce qu'il y a vu
00:19:31la contrepartie
00:19:33de l'extension
00:19:34dans le même texte
00:19:34de loi
00:19:35des pouvoirs
00:19:35de perquisition
00:19:36dans le cadre
00:19:37des enquêtes
00:19:38de flagrance
00:19:38et des enquêtes
00:19:39préliminaires.
00:19:40A cet égard,
00:19:41et le point est important,
00:19:42il faut relever
00:19:43que lorsque vous avez
00:19:44été saisi
00:19:44de la question
00:19:45de la conformité
00:19:46à la Constitution
00:19:47de l'article 802-2
00:19:48du Code
00:19:49de procédure pénale,
00:19:50vous avez expressément
00:19:51jugé, conforme
00:19:52à la Constitution,
00:19:53le fait que ce texte
00:19:54ne s'applique
00:19:55qu'aux perquisitions
00:19:56intervenues
00:19:57postérieurement
00:19:58à l'entrée en vigueur
00:19:59de la loi.
00:19:59Pour écarter
00:20:00le grief tiré
00:20:01de la méconnaissance
00:20:02du principe d'égalité
00:20:03devant la loi,
00:20:04votre décision
00:20:05du 10 mai 2019
00:20:06relève
00:20:06que le législateur
00:20:07a instauré
00:20:08une différence
00:20:08de traitement
00:20:09qui repose
00:20:10sur une différence
00:20:10de situation
00:20:11et qui est en rapport
00:20:13avec l'objectif
00:20:14de la loi.
00:20:14Vous ne pourrez donc
00:20:16aujourd'hui
00:20:16regarder comme étant
00:20:17contraire à la Constitution
00:20:19les dispositions législatives
00:20:21contestées
00:20:21au motif
00:20:22qu'aucune voie
00:20:23de recours juridictionnelle
00:20:24effective
00:20:24n'aurait été prévue
00:20:25pour les personnes
00:20:26qui ne font pas
00:20:26l'objet d'une mise
00:20:27en examen
00:20:27alors que vous avez
00:20:29déjà admis
00:20:30le caractère
00:20:31non rétroactif
00:20:32des dispositions
00:20:33qui désormais
00:20:33instaurent
00:20:34cette faculté.
00:20:35En outre,
00:20:36le fait que le législateur
00:20:38ait prévu
00:20:38à l'article 3
00:20:39de la loi
00:20:39du 22 décembre 2021
00:20:41un nouvel article
00:20:4256-1-1
00:20:43du code
00:20:44de procédure pénale
00:20:45qui ouvre
00:20:45un droit d'opposition
00:20:47à la saisie
00:20:47d'un document
00:20:48couvert
00:20:48par le secret
00:20:50de la correspondance
00:20:50avocat-client
00:20:51et là encore
00:20:52sans incidence.
00:20:53Il s'agit ici
00:20:54encore aussi
00:20:55de l'exercice
00:20:56par le législateur
00:20:57de son pouvoir
00:20:58d'appréciation
00:20:59dont rien n'indique
00:21:00qu'il visait
00:21:00à remédier
00:21:01à une inconstitutionnalité
00:21:03antérieure.
00:21:04A tous égards,
00:21:05les dispositions
00:21:06seront donc déclarées
00:21:07conformes à la Constitution
00:21:07et,
00:21:08j'en viens à mon dernier point,
00:21:10à la prise en compte
00:21:10de ce nouvel État législatif
00:21:12ainsi que de l'objectif
00:21:13à valeur constitutionnelle
00:21:15de recherche
00:21:15des auteurs d'infractions
00:21:17vous conduiront
00:21:18dans l'hypothèse
00:21:19où une déclaration
00:21:19d'inconstitutionnalité
00:21:20serait prononcée
00:21:21à aménager dans le temps
00:21:22les effets
00:21:23de cette déclaration.
00:21:24Il n'y a effectivement
00:21:26plus lieu
00:21:26d'abroger
00:21:27les dispositions
00:21:28puisqu'on vient
00:21:29de le voir,
00:21:30l'entrée en vigueur
00:21:31des lois
00:21:32du 23 mars 2019
00:21:33et du 22 décembre 2021
00:21:34corrige
00:21:35à le supposé caractérisé
00:21:37le grief
00:21:37d'inconstitutionnalité
00:21:38dénoncée.
00:21:40se pose donc
00:21:41la question
00:21:41de l'application
00:21:43pour les procédures
00:21:44en cours
00:21:44et à cet égard
00:21:45vous devrez
00:21:46nécessairement
00:21:47faire usage
00:21:47de la faculté
00:21:48que vous confère
00:21:49l'article 62
00:21:50de la constitution.
00:21:52D'une part
00:21:53cela a été rappelé
00:21:54vous avez déjà
00:21:55eu l'occasion
00:21:56de juger
00:21:56que le caractère
00:21:57non rétroactif
00:21:58de l'article 802-2
00:21:59du code de procédure pénale
00:22:00est conforme
00:22:01à la constitution.
00:22:02Si ce texte
00:22:04avait eu pour objet
00:22:04de réparer
00:22:05une atteinte antérieure
00:22:07au droit au recours effectif
00:22:08sa non-rétroactivité
00:22:09n'aurait pas pu être validée.
00:22:12Considérez aujourd'hui
00:22:13que les parties
00:22:14qui font l'objet
00:22:14d'une perquisition
00:22:15avant l'entrée en vigueur
00:22:16de la loi du 22 mars 2019
00:22:17pourraient contester
00:22:19la régularité
00:22:20de la procédure
00:22:20en se prévalant
00:22:21de l'absence
00:22:22de recours effectif
00:22:23contreviendrait directement
00:22:24à l'autorité
00:22:25attachée
00:22:25à votre précédente décision.
00:22:27D'autre part
00:22:28et en tout état de cause
00:22:29il est très important
00:22:30de veiller
00:22:31à l'objectif
00:22:32à valeur constitutionnelle
00:22:33de recherche
00:22:36des auteurs
00:22:37d'infractions
00:22:37et pas seulement
00:22:38en matière
00:22:39de droit de la concurrence.
00:22:40Nombreuses
00:22:41sont les dispositions
00:22:42qui permettent
00:22:43à une autorité
00:22:43administrative
00:22:44d'obtenir
00:22:45communication
00:22:46de pièces
00:22:46par le juge pénal
00:22:47et de fonder
00:22:48les sanctions
00:22:49qu'elle prononce
00:22:50sur ce terrain.
00:22:50L'autorité de la concurrence
00:22:52n'est à cet égard
00:22:53pas du tout
00:22:53la seule concernée.
00:22:55Ainsi en va-t-il
00:22:56par exemple
00:22:56de l'autorité
00:22:57des marchés financiers
00:22:58ou encore
00:22:58de l'administration fiscale.
00:23:00L'absence
00:23:01de modulation
00:23:02dans le temps
00:23:03des effets
00:23:03d'une déclaration
00:23:04d'inconstitutionnalité
00:23:05risquerait
00:23:06de remettre en cause
00:23:07de nombreuses
00:23:08procédures diligentées
00:23:09et ce
00:23:09en méconnaissant
00:23:10je l'ai dit
00:23:11de l'objectif
00:23:11à valeur constitutionnelle
00:23:12de lutte
00:23:13contre les infractions
00:23:14alors même
00:23:15qu'il a été
00:23:15précédemment démontré
00:23:16que les personnes
00:23:17concernées
00:23:18disposaient
00:23:19en tout état de cause
00:23:20de diverses possibilités
00:23:21pour contester
00:23:22les pièces
00:23:23issues
00:23:23des perquisitions.
00:23:25A tous égards
00:23:25donc
00:23:26si le Conseil constitutionnel
00:23:27venait à déclarer
00:23:28non conforme
00:23:28à la Constitution
00:23:29les dispositions en cause
00:23:30il fera utilement
00:23:31usage des pouvoirs
00:23:32qu'il tient
00:23:32de l'article 62
00:23:33pour dire
00:23:34que l'inconstitutionnalité
00:23:35de la loi
00:23:36ne peut être invoquée
00:23:37dans les instances
00:23:37en cours
00:23:38jusqu'à l'entrée en vigueur
00:23:39des nouvelles dispositions
00:23:41législatives.
00:23:43Merci maître.
00:23:45Maître Patrice Spinozy
00:23:47vous êtes avocat
00:23:47au Conseil
00:23:48et vous représentez
00:23:49les sociétés
00:23:50Rixelles.
00:23:51Maître
00:23:51nous vous écoutons.
00:23:55Monsieur le Président
00:23:56mesdames
00:23:57messieurs
00:23:57les membres
00:23:58du Conseil constitutionnel
00:23:59deux mots
00:23:59pour les sociétés
00:24:01Rixelles
00:24:01que je défends
00:24:02devant vous.
00:24:03D'abord
00:24:04on vient de vous le dire
00:24:04mon confrère
00:24:05Olivier Taxidor
00:24:06vous a expliqué
00:24:07les raisons
00:24:08qui justifient
00:24:08de l'inconstitutionnalité
00:24:10des textes
00:24:10telles qu'ils étaient
00:24:11en vigueur
00:24:12à l'époque.
00:24:13Le propos
00:24:13est suffisamment pertinent
00:24:15on vous l'a dit aussi
00:24:16pour que le secrétariat
00:24:17général du gouvernement
00:24:18ne le conteste pas
00:24:19devant vous
00:24:20et donc l'autorité
00:24:22aujourd'hui
00:24:22est seule
00:24:23pour défendre
00:24:23la constitutionnalité
00:24:25de ces dispositions.
00:24:27Reste alors
00:24:28pour votre conseil
00:24:29la question subsidiaire
00:24:30mais elle est absolument
00:24:31évidemment essentielle
00:24:32pour l'ensemble
00:24:34de nos clients.
00:24:34Gagner évidemment
00:24:35c'est bien
00:24:36mais encore faut-il
00:24:37qu'il ne s'agisse pas
00:24:38d'une victoire
00:24:38à la pyrus.
00:24:39Reste à savoir
00:24:40comment ces derniers
00:24:42pourraient concrètement
00:24:43bénéficier
00:24:44d'une déclaration
00:24:45d'inconstitutionnalité
00:24:46si comme nous l'espérons
00:24:47elle venait
00:24:48à être prononcée.
00:24:50On vient de vous en parler
00:24:51vous êtes parfaitement
00:24:53souverain
00:24:53pour déterminer
00:24:54les conditions
00:24:55et les limites
00:24:56dans lesquelles
00:24:57les effets
00:24:58que produisent
00:24:58les dispositions
00:24:59abrogées
00:24:59sont susceptibles
00:25:01d'être remises en cause.
00:25:03Votre pratique
00:25:04est aujourd'hui
00:25:05relativement claire
00:25:06l'efficacité
00:25:07comme la légitimité
00:25:08de votre contrôle
00:25:09commandent qu'à chaque fois
00:25:11que cela est raisonnable
00:25:12et possible
00:25:13le requérant
00:25:14et ceux qui lui sont
00:25:15assimilés
00:25:16puissent tirer parti
00:25:17de la décision
00:25:18qu'ils ont eux-mêmes
00:25:19provoqué.
00:25:20S'il vous appartient
00:25:22évidemment de contrôler
00:25:23que la remise en cause
00:25:24des effets passés
00:25:25n'est pas des conséquences
00:25:26manifestement excessives
00:25:28ce n'est que
00:25:29de manière
00:25:29exceptionnelle
00:25:31pour reprendre
00:25:31les mots
00:25:32de votre ancien président
00:25:34Laurent Fabius.
00:25:35Pour résoudre
00:25:36cette apparente contradiction
00:25:38vous pratiquez
00:25:39un contrôle
00:25:39qui est
00:25:40à tout le moins
00:25:41subtil.
00:25:42Vous vous autorisez
00:25:43d'un côté
00:25:44à neutraliser
00:25:45les effets immédiats
00:25:46d'une abrogation
00:25:47d'une disposition légale
00:25:48tout en érisant
00:25:50des règles transitoires
00:25:51spécifiques
00:25:52aux conditions
00:25:53de l'espèce
00:25:54en particulier
00:25:55pour les instances
00:25:56en cours
00:25:57au jour
00:25:58de votre décision.
00:25:59Quelques exemples
00:26:01parmi d'autres
00:26:01votre décision
00:26:03du 23 avril 2021
00:26:05QPC 2021-900
00:26:07qui était relative
00:26:09à la question
00:26:09de la purge
00:26:10des nullités
00:26:11que vous avez déclarées
00:26:11inconstitutionnelles
00:26:12vous jugez logiquement
00:26:14que leur abrogation
00:26:15immédiate
00:26:16entraînerait
00:26:16des conséquences
00:26:17manifestement excessives
00:26:19mais
00:26:19en même temps
00:26:21si tant est
00:26:21qu'on puisse encore
00:26:22utiliser cette locution
00:26:23vous jugez
00:26:24que
00:26:24je vous cite
00:26:25la déclaration
00:26:26d'inconstitutionnalité
00:26:28peut être invoquée
00:26:29dans les instances
00:26:29en cours
00:26:30ou à venir
00:26:31lorsque la purge
00:26:32des nullités
00:26:33a été
00:26:33ou est opposée
00:26:35à un accusé
00:26:36une autre illustration
00:26:37de ce contrôle
00:26:38très précis
00:26:39dans votre décision
00:26:40du 28 janvier 2022
00:26:41qui est la décision
00:26:422021-965
00:26:45nous sommes cette fois
00:26:46en matière
00:26:46de poursuites
00:26:47administratives
00:26:48et pénales
00:26:48qui sont concomitantes
00:26:50et qui portent
00:26:51une atteinte
00:26:51au principe
00:26:52non bis in idem
00:26:53et là
00:26:54afin de préserver
00:26:55la sécurité juridique
00:26:56tout en garantissant
00:26:57le droit effectif
00:26:58au recours
00:26:59vous conditionnez
00:27:00la possibilité
00:27:01de se prévaloir
00:27:03de la déclaration
00:27:04d'inconstitutionnalité
00:27:05dans les procédures
00:27:06en cours
00:27:07à ce que
00:27:07je cite
00:27:08la personne poursuivie
00:27:09en application
00:27:10des dispositions
00:27:11déclarées contraires
00:27:12à la constitution
00:27:13et préalablement
00:27:14fait l'objet
00:27:15de poursuites
00:27:16sur le fondement
00:27:17de l'article
00:27:18L642-2
00:27:19du code monétaire
00:27:21et financier
00:27:22c'est à chaque fois
00:27:23un juste équilibre
00:27:24entre d'un côté
00:27:25le contrôle
00:27:26in abstracto
00:27:27qui caractérise
00:27:28votre prétoire
00:27:29et votre mission
00:27:31essentielle
00:27:31de garant
00:27:32effectif
00:27:33des libertés
00:27:34des justiciables
00:27:35et c'est exactement
00:27:37le même type
00:27:39de décision
00:27:40qu'il vous est demandé
00:27:41de mettre
00:27:41en place
00:27:42ici
00:27:43cela vous est demandé
00:27:45par les retirants
00:27:47par les intervenants
00:27:48évidemment
00:27:49mais
00:27:49et c'est un point
00:27:51déterminant
00:27:51cela vous est aussi
00:27:53demandé par
00:27:53la cour de cassation
00:27:55elle-même
00:27:55dans sa décision
00:27:57qui très clairement
00:27:59vous invite
00:28:00par sa motivation
00:28:01à limiter
00:28:05la portée
00:28:06de l'arrêt
00:28:07que vous avez
00:28:07vocation
00:28:08au coeur
00:28:09des conditions
00:28:10d'application
00:28:11d'une éventuelle
00:28:12inconstitutionnalité
00:28:13des dispositions légales
00:28:14contestées
00:28:15il y a évidemment
00:28:15l'appréciation
00:28:16de la spécificité
00:28:18du cadre
00:28:18qui a justifié
00:28:20la transmission
00:28:21de la question
00:28:22qui vous saisit
00:28:22je pense que
00:28:24chacun l'a bien
00:28:25compris
00:28:25si ce sont
00:28:27des dispositions
00:28:28du code
00:28:28de procédure pénale
00:28:29dans leur généralité
00:28:30relative aux perquisitions
00:28:31qui vous ont été
00:28:32déférées
00:28:33c'est seulement
00:28:34en ce qu'elles sont
00:28:35susceptibles
00:28:36d'être mobilisées
00:28:37au soutien
00:28:37d'une poursuite
00:28:38disciplinaire
00:28:39devant une autorité
00:28:40administrative indépendante
00:28:41comme ici
00:28:42l'autorité de la concurrence
00:28:43qu'elle porte
00:28:44concrètement
00:28:45atteinte
00:28:46aux droits fondamentaux
00:28:47des requérants
00:28:48et des intervenants
00:28:49or
00:28:50et c'est
00:28:51le point essentiel
00:28:53de mon propos
00:28:53ce particularisme
00:28:55est la raison
00:28:56même
00:28:56de la transmission
00:28:57de la QPC
00:28:58par la Cour
00:28:59de cassation
00:29:00à votre conseil
00:29:01reprenons
00:29:03si vous m'y autorisez
00:29:03dans la minute
00:29:04qui me reste
00:29:04les alinéas
00:29:0617 et 18
00:29:07de l'arrêt
00:29:08du 14 janvier
00:29:092026
00:29:10pour motiver
00:29:11le caractère
00:29:11sérieux
00:29:12de la question
00:29:12au regard
00:29:13du principe
00:29:14du droit
00:29:15au recours effectif
00:29:16la chambre commerciale
00:29:17relève
00:29:17je la cite
00:29:18en effet
00:29:18selon l'article
00:29:20463-5
00:29:22du code de commerce
00:29:23les juridictions
00:29:23d'instruction
00:29:24et de jugement
00:29:25peuvent communiquer
00:29:26à l'autorité
00:29:26sur sa demande
00:29:27les procès-verbaux
00:29:29les rapports d'enquête
00:29:30ou autres pièces
00:29:31d'instruction pénale
00:29:32ayant un lien direct
00:29:33avec des faits
00:29:34dont l'autorité
00:29:35est saisie
00:29:36or
00:29:36c'est toujours la Cour
00:29:37de cassation
00:29:37qui parle
00:29:38l'autorité peut
00:29:39en se fondant
00:29:40sur des pièces
00:29:41obtenues
00:29:42au cours
00:29:42d'une perquisition
00:29:44notifier des griefs
00:29:45à la personne
00:29:46ayant fait l'objet
00:29:46de cette perquisition
00:29:47puis prononcer
00:29:49une sanction
00:29:50à son encontre
00:29:51sans que
00:29:51faute d'avoir été
00:29:52mise en examen
00:29:53ou en raison
00:29:54de la tardifeté
00:29:55de sa mise en examen
00:29:56celle-ci
00:29:57ait été en mesure
00:29:59de contester
00:30:00la régularité
00:30:01de la procédure
00:30:02de perquisition
00:30:03en conséquence
00:30:05il y a lieu
00:30:06de renvoyer
00:30:07la question
00:30:07au conseil
00:30:09constitutionnel
00:30:10pour la Cour
00:30:11de cassation
00:30:11c'est donc
00:30:13uniquement
00:30:14parce que
00:30:15les pièces
00:30:16obtenues
00:30:16au cours
00:30:16d'une perquisition
00:30:17sont susceptibles
00:30:18de justifier
00:30:19une procédure
00:30:19disciplinaire
00:30:20ou une sanction
00:30:21à l'encontre
00:30:22de la personne
00:30:22ayant fait l'objet
00:30:23de la perquisition
00:30:24sans qu'elle soit
00:30:25en mesure
00:30:26de contester
00:30:26la régularité
00:30:27de cette mesure
00:30:28que
00:30:28les dispositions
00:30:30du Code
00:30:30de procédure pénale
00:30:31sont susceptibles
00:30:33de porter atteinte
00:30:34au droit
00:30:34constitutionnel
00:30:36à un recours
00:30:37effectif
00:30:38et cette motivation
00:30:40nécessairement
00:30:41elle vous engage
00:30:43même si elle ne vous
00:30:44lit pas
00:30:45elle vous donne
00:30:46une grille
00:30:47de lecture
00:30:47qui doit
00:30:48vous permettre
00:30:49d'abroger
00:30:50de façon
00:30:52chirurgicale
00:30:52les dispositions
00:30:53contestées
00:30:54du Code
00:30:55de procédure pénale
00:30:56lesquelles
00:30:56on vous l'a dit
00:30:57ne sont de toutes les façons
00:30:58plus en vigueur
00:30:59aujourd'hui
00:31:00ce que vous demandent
00:31:02les parties requérantes
00:31:03comme les parties
00:31:04intervenantes
00:31:06c'est de vous accorder
00:31:07avec ce qui vous a été
00:31:10très clairement
00:31:11signifié
00:31:12par la Cour
00:31:13de cassation
00:31:14ce qui est attendu
00:31:15de votre conseil
00:31:16c'est que
00:31:17votre déclaration
00:31:18d'inconstitutionnalité
00:31:20que vous pourrez
00:31:21prononcer
00:31:21puisse être
00:31:23invoquée
00:31:24pour reprendre
00:31:25les mots
00:31:26de la Chambre
00:31:26commerciale
00:31:27dans les instances
00:31:28non jugée définitivement
00:31:30à la date
00:31:31de publication
00:31:31de votre décision
00:31:32dans lesquelles
00:31:33l'autorité
00:31:34de la concurrence
00:31:35pourrait
00:31:36en se fondant
00:31:37sur les pièces
00:31:38obtenues
00:31:38au cours
00:31:39d'une perquisition
00:31:40notifier
00:31:41des griefs
00:31:42à la personne
00:31:43ayant fait l'objet
00:31:44de cette perquisition
00:31:45puis prononcer
00:31:46une sanction
00:31:47à son non-compte
00:31:48c'est
00:31:50la seule
00:31:51solution d'équilibre
00:31:52qui permet
00:31:53tout à la fois
00:31:54de garantir
00:31:55et la sécurité
00:31:56juridique
00:31:57et l'effectivité
00:31:58des droits
00:31:59des requérants
00:32:00deux objectifs
00:32:01qui sont
00:32:02également
00:32:03chers
00:32:03à votre conseil
00:32:05la cour de cassation
00:32:06vous a très clairement
00:32:08montré le chemin
00:32:09quelles raisons
00:32:10pourriez-vous alors
00:32:11avoir
00:32:11de vous en écarter
00:32:14merci maître
00:32:15maître Cédric
00:32:17usance à Rano
00:32:18vous êtes avocat
00:32:19au conseil
00:32:20et vous représentez
00:32:21les sociétés
00:32:22ce n'est pas
00:32:22partie à l'instance
00:32:24nous vous écoutons
00:32:28monsieur le président
00:32:30mesdames messieurs
00:32:30les membres du conseil
00:32:32constitutionnel
00:32:33en miroir
00:32:34de ce que vient de rappeler
00:32:35mon confrère
00:32:35sur la manière
00:32:36dont la cour de cassation
00:32:37a parfaitement circonscrit
00:32:38et formulé
00:32:38la spécificité
00:32:40de la configuration
00:32:40qui donne prise
00:32:41à la QPC
00:32:42renvoyée devant vous
00:32:43je souhaiterai
00:32:44pour ma part
00:32:44en quelques minutes
00:32:45afin de vous permettre
00:32:46d'appréhender ici
00:32:46le droit vivant
00:32:48incarner
00:32:48et rendre concrète
00:32:50cette spécificité
00:32:52car cela commandera
00:32:53à la fois
00:32:54la déclaration
00:32:54d'inconstitutionnalité
00:32:56que vous devrez prononcer
00:32:57et les faits
00:32:58qu'il vous appartiendra
00:32:58de donner
00:32:59à votre décision
00:33:01cette singularité
00:33:02elle tient à l'imbrication
00:33:03d'une procédure pénale
00:33:04et de la procédure
00:33:06de poursuite
00:33:06et de sanction
00:33:07menée par l'autorité
00:33:08de la concurrence
00:33:08autrement dit
00:33:09une procédure
00:33:10administrative répressive
00:33:11et le nœud gordien
00:33:12de cette imbrication
00:33:14des deux procédures
00:33:15c'est la demande
00:33:16faite par l'autorité
00:33:17de la concurrence
00:33:17à la juridiction pénale
00:33:18sur le fondement
00:33:19de l'article
00:33:20L463-5
00:33:21du code de commerce
00:33:22de lui communiquer
00:33:23les pièces
00:33:24issues des perquisitions pénales
00:33:25pour les besoins
00:33:26de sa propre répression
00:33:28mais
00:33:29et c'est tout le problème
00:33:30sans que les personnes
00:33:31concernées
00:33:31aient pu disposer
00:33:32d'un recours effectif
00:33:33contre ces perquisitions
00:33:35et donc
00:33:36contre les saisies opérées
00:33:37dans ce cadre
00:33:37en raison de la carence
00:33:39des textes
00:33:39qui vous sont déférés
00:33:40pour cette raison
00:33:41pour bien comprendre
00:33:42les ressorts
00:33:43de l'atteinte
00:33:44inconstitutionnelle
00:33:45aux droits fondamentaux
00:33:46des personnes
00:33:46qui vous saisissent
00:33:47aujourd'hui
00:33:47je crois important
00:33:48de rappeler ici
00:33:49que l'autorité
00:33:50de la concurrence
00:33:50a pris une part active
00:33:52pour ne pas dire
00:33:54prépondérante
00:33:54à l'engagement
00:33:55à la conduite
00:33:57et à l'exécution
00:33:58des investigations pénales
00:33:59dont sont issues
00:34:00les pièces
00:34:00qu'elle a ensuite utilisées
00:34:02elle en a été
00:34:03la cheville ouvrière
00:34:04dès les prémices
00:34:05de son enquête
00:34:06et préalablement
00:34:07à toute saisine
00:34:08de l'autorité
00:34:09son rapporteur général
00:34:09a pris l'initiative
00:34:10d'un signalement
00:34:11au procureur de la république
00:34:12ce qui contribuera
00:34:13à l'engagement
00:34:13des investigations pénales
00:34:14puis l'autorité
00:34:15se fera délivrer
00:34:16deux commissions rogatoires
00:34:18pour participer aux opérations
00:34:19de perquisition
00:34:20dans le cadre
00:34:21d'une co-saisine
00:34:22avec la gendarmerie nationale
00:34:23ce sont ensuite
00:34:25près de 70 agents
00:34:26de l'autorité
00:34:27dont son rapporteur général
00:34:28qui ont participé
00:34:29et disons-le
00:34:30dirigeait
00:34:31les opérations
00:34:31de perquisition
00:34:32au cours de ces perquisitions
00:34:34et à leur suite
00:34:35certains rapporteurs
00:34:36de l'autorité
00:34:37ont pu librement
00:34:38consulter
00:34:38et exploiter
00:34:39un nombre
00:34:39très important
00:34:40de documents
00:34:41pourtant couverts
00:34:42par le secret
00:34:43des correspondances
00:34:43avocats clients
00:34:45ce sont ici
00:34:46plus de 300 échanges
00:34:48entre les sociétés
00:34:49sonnés par
00:34:49que je représente
00:34:50aujourd'hui devant vous
00:34:51et ces avocats
00:34:51en lien avec les questions
00:34:53de concurrence
00:34:53qui donneront lieu
00:34:54par la suite
00:34:55aux poursuites
00:34:55et aux sanctions
00:34:56de l'autorité
00:34:56qui ont été saisies
00:34:58illicitement
00:34:58puis communiquées
00:34:59à l'autorité
00:35:00à sa demande
00:35:01parmi les scellés
00:35:02transmis à l'autorité
00:35:04figurait en particulier
00:35:05une consultation
00:35:06d'avocats
00:35:06portant précisément
00:35:07sur le mécanisme
00:35:08des dérogations
00:35:10celui-là même
00:35:11qui donnait lieu
00:35:11aux suspicions
00:35:12de l'autorité
00:35:12au regard
00:35:13du droit
00:35:13de la concurrence
00:35:13et sur chaque page
00:35:14de ce document
00:35:15figurait ostensiblement
00:35:17la mention
00:35:18communication
00:35:19avocats clients
00:35:19strictement confidentielle
00:35:22ainsi
00:35:22l'autorité
00:35:23a pu participer
00:35:24à la saisie massive
00:35:25de correspondances
00:35:26avocats clients
00:35:26couvertes par le secret
00:35:27professionnel
00:35:28pour la plupart
00:35:28en lien direct
00:35:29et potentiellement déterminant
00:35:31avec les droits
00:35:31de la défense
00:35:32puis se faire communiquer
00:35:33des documents
00:35:34qui n'auraient jamais
00:35:35dû tomber sous ses yeux
00:35:36les exploiter
00:35:37pour bâtir
00:35:38son dossier de poursuite
00:35:39pour construire
00:35:40sa notification
00:35:40des griefs
00:35:41et enfin pour sanctionner
00:35:42très lourdement
00:35:43les sociétés poursuivies
00:35:44et cela impunément
00:35:46impunément
00:35:46qu'est-ce que cela veut dire
00:35:47ici
00:35:48sans aucune possibilité
00:35:50de sanction immédiate
00:35:51en l'absence
00:35:52de recours effectif
00:35:52à la disposition
00:35:53des personnes
00:35:54concernées par les saisies
00:35:55litigeuses
00:35:56recours effectif
00:35:57cela veut dire ici
00:35:58en temps utile
00:35:59c'est-à-dire immédiat
00:36:01ou en tous les cas
00:36:02dans un très de temps
00:36:03très bref
00:36:03par rapport aux saisies
00:36:04illicites
00:36:05pourquoi
00:36:05parce qu'il s'agit
00:36:06de garantir
00:36:07un remède approprié
00:36:09selon la terminologie
00:36:10de la Cour européenne
00:36:11des droits de l'homme
00:36:11remède approprié
00:36:12en particulier
00:36:13à la violation
00:36:14du secret des correspondances
00:36:15à vos cas clients
00:36:16et donc à un risque
00:36:18d'atteinte irrémédiable
00:36:19au droit de la défense
00:36:20et à l'équité
00:36:21de la procédure
00:36:22tout comme au droit fondamental
00:36:24de ne pas s'auto-incriminer
00:36:25c'est bien cela
00:36:27qui est en jeu
00:36:27dans la privation
00:36:28de tout recours
00:36:29en temps utile
00:36:29qu'ont subi
00:36:30les sociétés
00:36:30que je représente
00:36:31devant vous aujourd'hui
00:36:32ainsi que les autres requérants
00:36:34soit pour la plupart
00:36:35d'entre elles
00:36:35parce qu'elles ont été
00:36:36poursuivies
00:36:36et sanctionnées
00:36:37par l'autorité
00:36:38sans jamais avoir été
00:36:39mises en examen
00:36:40dans le volet pénal
00:36:40soit s'agissant
00:36:42en l'occurrence
00:36:43de la société
00:36:43sonnée par SAS
00:36:44parce qu'elle a été
00:36:45mise en examen
00:36:46à un moment
00:36:46où le mal
00:36:47était fait depuis longtemps
00:36:48et où le recours
00:36:49alors seulement ouvert
00:36:50contre les perquisitions
00:36:51devenait parfaitement
00:36:52théorique
00:36:53et illusoire
00:36:55autrement dit
00:36:55il s'est ici
00:36:57concrètement
00:36:58et très exactement
00:36:59réalisé
00:37:00le risque
00:37:01pointé
00:37:01par la Cour de cassation
00:37:02dans son arrêt
00:37:03de renvoi
00:37:03que mon confrère Spinozi
00:37:04vous a rappelé
00:37:05l'autorité de la concurrence
00:37:07s'est fondée sur des pièces
00:37:08obtenues au cours
00:37:09d'une perquisition
00:37:10à notifier des griefs
00:37:11aux personnes
00:37:12ayant fait l'objet
00:37:12de cette perquisition
00:37:13puis à prononcer
00:37:14une sanction
00:37:15sans que ces personnes
00:37:16n'aient été en mesure
00:37:17de contester la régularité
00:37:18de la perquisition
00:37:19en temps voulu
00:37:19et c'est cela
00:37:20qui a été le ressort
00:37:21déterminant
00:37:22de ce qu'on le pourrait
00:37:23ici en définitive
00:37:24qualifier
00:37:25de détournement
00:37:26de la procédure pénale
00:37:28pour les besoins
00:37:29de la répression
00:37:30menée par l'autorité
00:37:31ou en tous les cas
00:37:32de contournement
00:37:34des garanties fondamentales
00:37:35qui auraient normalement
00:37:37dû permettre
00:37:37aux personnes
00:37:38visées par des mesures
00:37:38de saisie
00:37:39par la suite utilisées
00:37:40par l'autorité
00:37:41de la concurrence
00:37:41de les contester
00:37:43utilement
00:37:43c'est-à-dire
00:37:44immédiatement
00:37:45et à cet égard
00:37:47contrairement à ce que plaide
00:37:48vainement
00:37:48l'autorité devant vous
00:37:49comme elle l'a déjà fait
00:37:51sans succès
00:37:51devant la Cour de cassation
00:37:52d'ailleurs
00:37:53le droit au recours
00:37:54effectif
00:37:54n'est absolument
00:37:56pas assuré
00:37:57par la simple possibilité
00:37:58de contester
00:37:59les saisies
00:38:00ex poste
00:38:01c'est-à-dire
00:38:02à l'occasion
00:38:02du recours
00:38:03contre la sanction
00:38:03déjà prononcé
00:38:04par l'autorité
00:38:05de la concurrence
00:38:06l'inanité
00:38:07de cet argument
00:38:08elle ressort
00:38:09tout simplement
00:38:09de la comparaison
00:38:10avec la procédure
00:38:11applicable en matière
00:38:12de visite domiciliaire
00:38:14que vous connaissez bien
00:38:14l'article L450-4
00:38:17du code de commerce
00:38:18si un tel recours
00:38:19ex poste
00:38:20en bout de chaîne
00:38:21seulement au moment
00:38:22de la contestation
00:38:23de la sanction
00:38:24suffisait à garantir
00:38:26les droits fondamentaux
00:38:26de la personne
00:38:27objet de la saisie
00:38:28et son droit
00:38:29à disposer
00:38:29d'un remède approprié
00:38:31alors il n'y aurait
00:38:33jamais eu
00:38:33l'arrêt ravon
00:38:34de la Cour européenne
00:38:35des droits de l'homme
00:38:36venant précisément
00:38:37condamner la France
00:38:38pour absence
00:38:39de recours effectif
00:38:40en matière de visite
00:38:41et de saisie
00:38:41et à la suite duquel
00:38:43a été clairement consacré
00:38:44par le droit positif
00:38:45la nécessité
00:38:46d'un recours immédiat
00:38:47tant sur le principe
00:38:48que sur le déroulement
00:38:49des saisies
00:38:50afin de prévenir
00:38:51autant que faire
00:38:52se peut
00:38:53et en tous les cas
00:38:54de neutraliser
00:38:55dans les meilleurs délais
00:38:56l'utilisation
00:38:57de pièces
00:38:58illicitement saisies
00:38:58en particulier
00:38:59en violation
00:39:00du secret
00:39:01des correspondances
00:39:01avocats clients
00:39:02et des droits de la défense
00:39:03c'est ce que la chambre
00:39:04criminelle
00:39:04de la Cour de cassation
00:39:05a d'ailleurs eu l'occasion
00:39:06de rappeler fermement
00:39:07à l'autorité
00:39:08dans son arrêt de principe
00:39:09du 13 juin 2019
00:39:11cité dans nos écritures
00:39:12c'est ce recours immédiat
00:39:14donc effectif
00:39:15et non pas illusoire
00:39:16dont les sociétés
00:39:17objets des perquisitions
00:39:18ont été ici
00:39:18radicalement privées
00:39:20en raison d'une disparité
00:39:21injustifiable
00:39:23des conditions
00:39:24d'ouverture du recours
00:39:25selon que l'autorité
00:39:26met directement en oeuvre
00:39:28comme c'est le principe
00:39:29des visites domicilières
00:39:30ou au contraire
00:39:31comment l'espèce
00:39:32sous-traite
00:39:34en quelque sorte
00:39:34à la juridiction pénale
00:39:36la recherche
00:39:36de la preuve
00:39:37des pratiques
00:39:37anticoncurrentielles
00:39:38à travers des perquisitions
00:39:40s'étant en réalité
00:39:41substituées
00:39:42aux opérations
00:39:43de visites domicilières
00:39:44mais en neutralisant
00:39:45et en esquivant
00:39:46les recours
00:39:47qui auraient dû
00:39:48pouvoir être exercés
00:39:49pour faire sanctionner
00:39:50aussitôt
00:39:50des saisies
00:39:51manifestement illicites
00:39:52Monsieur le Président
00:39:54Mesdames, Messieurs
00:39:55les membres du Conseil
00:39:56arrivé au terme
00:39:57de l'analyse
00:39:58la réponse à apporter
00:39:59aux deux questions
00:39:59qui se posent à vous
00:40:00apparaît à présent claire
00:40:02en tout cas
00:40:02je l'espère
00:40:03et pour tout dire
00:40:04assez évidente
00:40:05d'abord
00:40:06l'inconstitutionnalité
00:40:08des textes
00:40:08qui vous sont déférés
00:40:09comme portant une atteinte
00:40:10totalement injustifiée
00:40:11aux droits recours effectifs
00:40:12est incontestable
00:40:13et vous devrez donc
00:40:15les déclarer contraires
00:40:16aux droits et libertés
00:40:16que la Constitution garantit
00:40:18ensuite
00:40:19l'atteinte
00:40:20qui s'attache
00:40:20à cette inconstitutionnalité
00:40:22est d'une gravité
00:40:23elle aussi incontestable
00:40:24tant sur le plan principiel
00:40:26que quant aux effets
00:40:27produits
00:40:27sur la situation
00:40:28des justiciables
00:40:29l'ayant subi
00:40:30cela vous a été rappelé
00:40:31et j'en termine
00:40:32si le vice est grave
00:40:33les hypothèses
00:40:34restent heureusement rares
00:40:35c'est le Président
00:40:37de l'autorité
00:40:37de la concurrence
00:40:38M. Carré lui-même
00:40:39dans un récent dossier
00:40:40par ailleurs passionnant
00:40:42du cahier de droit
00:40:42de l'entreprise
00:40:43coordonné par M. le procureur général
00:40:45près la Cour de cassation
00:40:46qui rappelait
00:40:47qu'en 5 ans
00:40:49une seule autre affaire
00:40:50pose une question
00:40:51similaire à la nôtre
00:40:52au regard
00:40:54du vice
00:40:54d'inconstitutionnalité
00:40:55en jeu
00:40:55de sa gravité
00:40:57mais aussi
00:40:58de sa spécificité
00:40:59et de son périmètre
00:41:00circonscrit
00:41:01il n'y a donc ici
00:41:02aucun motif
00:41:03d'intérêt général
00:41:04aucune conséquence
00:41:05manifestement excessive
00:41:06qui pourrait raisonnablement
00:41:08vous retenir
00:41:09d'appliquer le principe
00:41:10qui est le vôtre
00:41:11et que vous mettez
00:41:12régulièrement en oeuvre
00:41:13dans des situations similaires
00:41:14cela a été rappelé
00:41:14c'est-à-dire
00:41:15au besoin
00:41:16par un régime transitoire
00:41:17s'agissant de textes
00:41:18désormais corrigés
00:41:19par le législateur
00:41:20permettre à l'auteur
00:41:21de la QPC
00:41:22de bénéficier
00:41:23des effets
00:41:24de la déclaration
00:41:24d'inconstitutionnalité
00:41:26afin qu'elle ne reste pas
00:41:27platonique
00:41:28tel est le sens
00:41:29de la décision
00:41:30que vous invite à prendre
00:41:31les sociétés
00:41:31que je représente
00:41:32devant vous
00:41:35merci maître
00:41:37maître Raphaël
00:41:38Bougnol Brochier
00:41:39vous êtes avocat
00:41:40Brochier
00:41:41pardon
00:41:41vous êtes avocate
00:41:42au conseil
00:41:43vous représentez
00:41:44Schneider Electric
00:41:45nous vous écoutons
00:41:46monsieur le président
00:41:47mesdames et messieurs
00:41:48les membres du conseil
00:41:49constitutionnel
00:41:50je n'insisterai pas
00:41:51davantage sur
00:41:52l'inconstitutionnalité
00:41:53des dispositions contestées
00:41:54mes confrères
00:41:56vous ont démontré
00:41:56que ce plateau de la balance
00:41:58est déjà
00:41:58très lourdement lesté
00:42:00mes observations
00:42:01au nom des sociétés
00:42:02Schneider
00:42:02se centreront donc
00:42:04sur les effets
00:42:04de votre déclaration
00:42:05d'inconstitutionnalité
00:42:06le législateur
00:42:08cela a été rappelé
00:42:09a remédié
00:42:10au vice dénoncé
00:42:11devant vous
00:42:11monsieur le premier ministre
00:42:13l'admet d'ailleurs
00:42:14partiellement
00:42:14dans ses écritures
00:42:15pour les effets passés
00:42:17je vous invite
00:42:18à faire prévaloir
00:42:19votre principe
00:42:20d'invocabilité
00:42:21dans les instances en cours
00:42:22vainement
00:42:24nos contradicteurs
00:42:25tentent-ils
00:42:25de vous en dissuader
00:42:26en prédisant
00:42:28l'apocalypse
00:42:28vous pourrez
00:42:30aisément
00:42:30les raisonner
00:42:31en l'absence
00:42:32de toute conséquence
00:42:33manifestement
00:42:34excessives
00:42:35trois raisons
00:42:36pourront vous en convaincre
00:42:38en premier lieu
00:42:39le périmètre limité
00:42:40de votre déclaration
00:42:41d'inconstitutionnalité
00:42:42en deuxième lieu
00:42:43la consécration
00:42:44répétée
00:42:45du principe
00:42:46d'invocabilité
00:42:46par votre jurisprudence
00:42:48en la matière
00:42:48notamment
00:42:49en droit économique
00:42:50en troisième lieu
00:42:52le caractère
00:42:52infondé
00:42:53des arguments
00:42:54contraires
00:42:54de l'autorité
00:42:55de la concurrence
00:42:56en premier lieu
00:42:57donc
00:42:58il vous est demandé
00:42:58de mettre en oeuvre
00:43:00un dispositif
00:43:01transitoire
00:43:02spécifique
00:43:02et circonscrit
00:43:03vous l'avez déjà fait
00:43:05à plusieurs reprises
00:43:06notamment
00:43:07dans votre décision
00:43:09EADS
00:43:09de 2015
00:43:10vous avez formulé
00:43:11une réserve
00:43:12transitoire
00:43:13interdisant
00:43:14l'engagement
00:43:14ou la continuation
00:43:15de double poursuite
00:43:17afin de cibler
00:43:18précisément
00:43:19les procédures
00:43:20en cours
00:43:21en lien
00:43:21avec le vice
00:43:22dénoncé
00:43:23cette réserve
00:43:24transitoire
00:43:24s'inscrirait
00:43:25dans la droite ligne
00:43:26esquissée
00:43:27par la décision
00:43:28de transmission
00:43:28de la cour
00:43:29de cassation
00:43:29elle ne s'appliquerait
00:43:31qu'à deux procédures
00:43:32les effets
00:43:32sont donc
00:43:33plus que modestes
00:43:35en deuxième lieu
00:43:36examinons
00:43:37vos précédentes décisions
00:43:38s'agissant
00:43:39des décisions
00:43:40relatives
00:43:40à l'AMF
00:43:41vous avez fait
00:43:42prévaloir
00:43:43le principe
00:43:43selon lequel
00:43:44la déclaration
00:43:45d'inconstitutionnalité
00:43:46doit bénéficier
00:43:48aux parties
00:43:48qui ont présenté
00:43:49la QPC
00:43:49cela a été le cas
00:43:51dès 2011
00:43:52dans votre décision
00:43:53Banque populaire
00:43:54Côte d'Azur
00:43:54pour l'ancienne
00:43:55commission bancaire
00:43:56puis en 2017
00:43:57dans votre décision
00:43:58Société Barnes et autres
00:44:00pour l'ancienne
00:44:01commission nationale
00:44:02des sanctions
00:44:02pour ces deux déclarations
00:44:04d'inconstitutionnalité
00:44:05causées par l'absence
00:44:06de séparation fonctionnelle
00:44:07vous avez jugé
00:44:08qu'elles devaient
00:44:09s'appliquer
00:44:10à toutes les instances
00:44:11en cours
00:44:11vous avez fait de même
00:44:13récemment
00:44:14dans votre décision
00:44:15Novaxia
00:44:16s'agissant du principe
00:44:17de non-bissimidem
00:44:18cette décision
00:44:19elle est particulièrement
00:44:20intéressante
00:44:21vous y avez jugé
00:44:23que la déclaration
00:44:23d'inconstitutionnalité
00:44:25peut être invoquée
00:44:26dans les procédures
00:44:27en cours
00:44:27ayant donné lieu
00:44:29à une double poursuite
00:44:30administrative
00:44:31et pénale
00:44:32vous aviez déjà
00:44:33consacré ce principe
00:44:34dit d'invocabilité
00:44:36asymétrique
00:44:36s'agissant de l'autorité
00:44:38de la concurrence
00:44:38dans votre décision
00:44:40à cas de technologie
00:44:41et autres
00:44:41c'est exactement
00:44:43ce qui vous est demandé
00:44:44enfin
00:44:45plus récemment
00:44:46sur le droit de se taire
00:44:47vous avez jugé
00:44:48dans votre décision
00:44:49euro-titrisation
00:44:50que comme ici
00:44:51il n'y a pas lieu
00:44:52de prononcer une abrogation
00:44:53et que votre censure
00:44:55doit porter ses effets
00:44:56pour la période passée
00:44:57selon votre propre
00:44:58commentaire officiel
00:44:59de cette décision
00:45:00que je cite
00:45:01cette solution
00:45:02correspond à la ligne
00:45:03en principe retenue
00:45:04en matière
00:45:05de sanctions administratives
00:45:07il n'y a donc
00:45:08aucune raison
00:45:09de s'en écarter
00:45:10en troisième
00:45:11et dernier lieu
00:45:12les arguments adverses
00:45:14n'ont rien
00:45:15de convaincant
00:45:16les vices dénoncés
00:45:17cela vous a été démontré
00:45:18par mes confrères
00:45:19sont tâtés
00:45:20d'une forte gravité
00:45:21je ne reviendrai pas dessus
00:45:22pour tenter
00:45:24de modifier
00:45:24l'équilibre
00:45:25de la balance
00:45:25l'autorité de la concurrence
00:45:27oppose
00:45:27votre décision
00:45:29décès
00:45:29du 21 mars 2019
00:45:30qui a jugé
00:45:32conforme
00:45:32à la constitution
00:45:33le nouvel article
00:45:34802 du code
00:45:35de procédure pénale
00:45:36venu remédier
00:45:37aux vices dénoncés
00:45:38bien loin
00:45:40de ce que
00:45:40l'autorité soutient
00:45:42il y a deux enseignements
00:45:43attirés
00:45:44de cette décision
00:45:45d'une part
00:45:46elle révèle
00:45:46de manière criante
00:45:47la lacune
00:45:49inconstitutionnelle
00:45:49des textes dénoncés
00:45:50l'autorité
00:45:51est donc malvenue
00:45:52de s'en prévaloir
00:45:54comme l'a demandé
00:45:55le conseil d'état
00:45:55le législateur
00:45:56n'a fait que mettre
00:45:57en conformité
00:45:58les dispositions
00:45:59du code de procédure pénale
00:46:00avec les exigences
00:46:01du droit
00:46:02à un recours
00:46:02juridictionnel effectif
00:46:03votre censure
00:46:05s'impose donc
00:46:06de plus fort
00:46:06pour le passé
00:46:07afin d'éradiquer
00:46:09de manière définitive
00:46:10ce vice
00:46:11d'une particulière gravité
00:46:12d'autre part
00:46:14l'autorité de la concurrence
00:46:16dénature
00:46:16votre décision
00:46:17d'essai précité
00:46:18au point de sang
00:46:19de cette décision
00:46:20vous étiez
00:46:21uniquement saisi
00:46:22d'un moyen tiré
00:46:23d'une prétendue
00:46:24violation du principe
00:46:25d'égalité
00:46:26devant la loi
00:46:26que vous avez
00:46:27tout simplement
00:46:28écarté
00:46:29vous n'avez donc
00:46:30certainement pas jugé
00:46:31que les effets
00:46:32de vos déclarations
00:46:33d'inconstitutionnalité
00:46:34futures
00:46:34devraient être neutralisés
00:46:35bien au contraire
00:46:37l'autorité
00:46:38invoque ensuite
00:46:39d'autres procédures
00:46:40concernées par la transmission
00:46:42de pièces pénales
00:46:43à une autorité
00:46:44administrative
00:46:45cette argumentation
00:46:47n'est sérieuse
00:46:47ni de loin
00:46:48ni de près
00:46:49et ce pour plusieurs raisons
00:46:50d'abord
00:46:51il vous est demandé
00:46:52de limiter le périmètre
00:46:53de votre déclaration
00:46:54d'inconstitutionnalité
00:46:55à seulement deux procédures
00:46:57où s'enchaînerait
00:46:58la procédure pénale
00:46:59et la procédure
00:47:00de sanction administrative
00:47:01devant l'autorité
00:47:01de la concurrence
00:47:02ensuite
00:47:03l'invocation
00:47:04par l'autorité
00:47:05de l'article
00:47:06L621-24
00:47:07du code monétaire
00:47:08et financier
00:47:09s'agissant de l'AMF
00:47:10n'est pas convaincante
00:47:12puisqu'aucune procédure
00:47:13devant cette autorité
00:47:15n'est concernée
00:47:16par une double poursuite
00:47:17cela est dû
00:47:18au mécanisme
00:47:19d'aiguillage
00:47:20mis en oeuvre
00:47:20depuis l'arrêt
00:47:21Grande-Stevens
00:47:22de la Cour européenne
00:47:23des droits de l'homme
00:47:23et qui est depuis lors
00:47:24depuis 2016
00:47:25codifié à l'article
00:47:27L465-36
00:47:28du code monétaire
00:47:30et financier
00:47:30qui précise
00:47:32que l'action publique
00:47:32ne peut être mise en mouvement
00:47:34lorsque les griefs
00:47:35ont été notifiés
00:47:36par l'AMF
00:47:37il n'y a donc pas
00:47:38d'imbrication
00:47:39des procédures
00:47:40devant l'AMF
00:47:40contrairement
00:47:41à ce qui nous occupe
00:47:43ici
00:47:44enfin
00:47:44à supposer
00:47:45que d'autres procédures
00:47:46le soient
00:47:47telles que les procédures
00:47:48fiscales
00:47:48mon confrère
00:47:49vous a démontré
00:47:50que les craintes
00:47:51de l'autorité
00:47:51sur ce point
00:47:52peuvent être aisément
00:47:53apaisées
00:47:54en raison de l'article
00:47:55L10-0-A
00:47:56du livre des procédures
00:47:57fiscales
00:47:57et de l'ancien mécanisme
00:47:59du verrou de Bercy
00:48:00j'ajouterai
00:48:01que l'absence
00:48:02de tout recours effectif
00:48:03s'agissant
00:48:04des perquisitions pénales
00:48:05constitue
00:48:06une atteinte
00:48:07suffisamment grave
00:48:08aux droits de la défense
00:48:09pour que vous fassiez
00:48:10application
00:48:11de vos principes
00:48:12d'invocabilité
00:48:13cela s'impose
00:48:14d'autant plus
00:48:15au regard
00:48:15de la règle récent
00:48:16et remarquée
00:48:17de la Cour européenne
00:48:18Ferrari Bonassia
00:48:19contre Itali
00:48:20qui a fermement
00:48:21condamné
00:48:21une lacune semblable
00:48:23s'agissant de l'exercice
00:48:24par l'administration fiscale
00:48:25du droit de communication
00:48:26sur les comptes bancaires
00:48:27par ailleurs
00:48:28il est révélateur
00:48:29qu'il n'y a eu
00:48:30devant vous
00:48:31aucune demande
00:48:32d'intervention
00:48:32tant en demande
00:48:33qu'en défense
00:48:34de personnes
00:48:35sollicitant le bénéfice
00:48:36de l'inconstitutionnalité
00:48:38ou vous alertant
00:48:39sur de prétendus
00:48:40excès
00:48:40par contre
00:48:42aucune conséquence
00:48:44manifestement excessive
00:48:45ou circonstance particulière
00:48:47n'est ici caractérisée
00:48:48de sorte que ceux
00:48:49qui sont parvenus
00:48:51jusqu'à vous
00:48:51méritent que les effets
00:48:52de votre décision
00:48:53ne soient pas platoniques
00:48:55en raison du périmètre
00:48:57très limité
00:48:57du dispositif transitoire
00:48:59que vous êtes invité
00:48:59à mettre en oeuvre
00:49:00du nombre réduit
00:49:01de procédures visées
00:49:02à supposer même
00:49:03que vous donniez
00:49:04à votre censure
00:49:05une portée plus générale
00:49:06et de la gravité
00:49:07des vices dénoncés
00:49:08La violation du droit
00:49:10à un recours juridictionnel
00:49:11effectif
00:49:12et de la confidentialité
00:49:13des échanges
00:49:14ne saurait être purgée
00:49:15contrairement à ce que
00:49:16soutient l'autorité
00:49:17de la concurrence
00:49:18par un simple débat
00:49:19contradictoire ultérieur
00:49:20sur ces pièces saisies
00:49:21alors qu'elles n'auraient
00:49:23tout simplement
00:49:23jamais dû être
00:49:24dans les débats
00:49:25que les requérantes
00:49:26ont été privées
00:49:27de tout redressement approprié
00:49:29leur permettant
00:49:29de contester la régularité
00:49:30de la perquisition
00:49:31en temps utile
00:49:32et que ces pièces
00:49:33sont directement
00:49:34à l'origine
00:49:35de sanctions administratives
00:49:37immédiatement
00:49:37exécutoires
00:49:38prononcées contre elles
00:49:39pour toutes ces raisons
00:49:40Monsieur le Président
00:49:42Mesdames, Messieurs
00:49:43les membres
00:49:43du Conseil constitutionnel
00:49:44après avoir déclaré
00:49:45contraire à la Constitution
00:49:46les dispositions
00:49:47qui vous sont déférées
00:49:48je vous invite
00:49:49à prévoir
00:49:50que votre déclaration
00:49:51d'inconstitutionnalité
00:49:52pourra être invoquée
00:49:53dans toutes les instances
00:49:54non jugées définitivement
00:49:56ayant donné lieu
00:49:57à une sanction
00:49:57d'autorité de la concurrence
00:49:58prononcée
00:49:59sur la base
00:50:00de pièces saisies
00:50:01par le juge pénal
00:50:03Merci Maître
00:50:04La parole est maintenant
00:50:05à Monsieur Thibaut Kessial
00:50:07chargé de mission
00:50:08au secrétariat général
00:50:09du gouvernement
00:50:10pour le Premier ministre
00:50:12nous vous écoutons
00:50:12Monsieur
00:50:13Merci Monsieur le Président
00:50:14Mesdames et Messieurs
00:50:15les membres
00:50:16du Conseil constitutionnel
00:50:17sont contestés
00:50:18devant vous
00:50:19aujourd'hui
00:50:19les règles
00:50:21qui encadrent
00:50:21les perquisitions
00:50:22pendant l'information judiciaire
00:50:24qui sont prévues
00:50:24par les articles 92
00:50:26et suivants
00:50:26du code de procédure pénale
00:50:28alors il nous semble
00:50:29du point de vue
00:50:30du gouvernement
00:50:31que ne sont concernées
00:50:33que certaines dispositions
00:50:34de ces articles
00:50:35l'article 92
00:50:36qui en prévoit
00:50:37le principe
00:50:38ainsi que le troisième
00:50:39alinéa
00:50:40de l'article 96
00:50:41qui prévoit
00:50:42que le juge d'instruction
00:50:43a l'obligation
00:50:43de provoquer
00:50:44préalablement
00:50:45toutes les mesures utiles
00:50:46pour que soit assuré
00:50:47le respect du secret professionnel
00:50:48et les droits de la défense
00:50:49et d'autre part
00:50:50le quatrième alinéa
00:50:52du même article
00:50:52qui rend applicables
00:50:54les dispositions
00:50:55du code de procédure pénale
00:50:56qui sont relatifs
00:50:57aux garanties particulières
00:50:59qui encadrent ces opérations
00:51:00lorsqu'elles sont réalisées
00:51:02dans des lieux
00:51:02qui abritent
00:51:03des documents
00:51:04couverts par certains secrets
00:51:06notamment
00:51:06les cabinets des avocats
00:51:09deux griefs
00:51:10sont formulés
00:51:10à l'encontre
00:51:11de ces dispositions
00:51:12d'une part
00:51:12et cela a été longuement
00:51:14développé devant vous
00:51:15le fait de ne pas prévoir
00:51:16de recours
00:51:16permettant à une personne
00:51:18ayant fait l'objet
00:51:18d'une perquisition
00:51:19d'en contester la régularité
00:51:21et d'autre part
00:51:22de ne pas prévoir
00:51:23de garanties suffisantes
00:51:24permettant d'éviter
00:51:25la saisie
00:51:26au cours d'une perquisition
00:51:27de documents
00:51:28relevant du secret professionnel
00:51:29des avocats
00:51:31alors sur le premier point
00:51:33vous jugez de manière constante
00:51:34qu'il ne doit pas être porté
00:51:36je cite
00:51:37d'atteinte substantielle
00:51:38au droit au recours
00:51:38des personnes intéressées
00:51:40de droit des personnes intéressées
00:51:41d'exercer un recours effectif
00:51:43devant une juridiction
00:51:44et vous procédez
00:51:44à une appréciation globale
00:51:46des voies procédurales
00:51:47ouvertes aux justiciables
00:51:48pour contester une décision
00:51:49ou un acte
00:51:50qui lui est défavorable
00:51:51et la censure
00:51:52n'est encourue
00:51:53que s'il n'existe
00:51:54aucune autre voie de droit
00:51:55susceptible de suppléer
00:51:57l'absence d'action directe
00:51:58contre la décision défavorable
00:52:01vous avez ainsi censuré
00:52:02et c'était en 2014
00:52:04des dispositions
00:52:05qui conduisaient
00:52:06à ce que si
00:52:07des poursuites pénales
00:52:07n'étaient pas engagées
00:52:08à l'issue d'une perquisition
00:52:10réalisée au domicile
00:52:11de la personne intéressée
00:52:12cette dernière
00:52:13ne disposait
00:52:14d'aucun recours
00:52:15pour en contester
00:52:16la régularité
00:52:17cette position
00:52:18est également partagée
00:52:19par la Cour européenne
00:52:20des droits de l'homme
00:52:21dans un arrêt
00:52:22ravons contre France
00:52:23de 2008
00:52:24la CEDH a jugé
00:52:26que ne satisfont pas
00:52:27aux exigences
00:52:27de l'article 6
00:52:28paragraphe 1
00:52:29de la Convention européenne
00:52:30de sauvegarde
00:52:31des droits de l'homme
00:52:31et des libertés fondamentales
00:52:32des dispositions
00:52:34relatives aux perquisitions
00:52:35fiscales
00:52:35dans la mesure
00:52:36où ni le contrôle
00:52:37par le juge
00:52:37qui a autorisé la visite
00:52:38par une procédure
00:52:40non contradictoire
00:52:41ni le pourvoi en cassation
00:52:42n'offrent d'un contrôle
00:52:44en fait
00:52:44et ne satisfont
00:52:45aux droits d'accès
00:52:46à un tribunal
00:52:47en l'espèce
00:52:48les dispositions
00:52:50réalisées au cours
00:52:50de l'information
00:52:51les perquisitions
00:52:52réalisées au cours
00:52:53de l'information judiciaire
00:52:54peuvent faire l'objet
00:52:54d'un recours
00:52:55en annulation
00:52:56ce recours
00:52:56est toutefois
00:52:57réservé
00:52:58aux juges d'instruction
00:52:59au parquet
00:53:00ainsi qu'aux parties
00:53:01la personne mise en examen
00:53:03et la partie civile
00:53:03ainsi qu'aux témoins
00:53:04assistés
00:53:05et à la date
00:53:06à laquelle se sont déroulées
00:53:07les perquisitions
00:53:08aucune disposition
00:53:09ne prévoyait
00:53:10que les personnes
00:53:10ayant fait l'objet
00:53:11d'une telle mesure
00:53:12pouvaient en contester
00:53:13la régularité
00:53:14si elles n'avaient pas
00:53:15le statut
00:53:15de mise en examen
00:53:16ou de témoins assistés
00:53:18toutefois
00:53:18tel n'est plus le cas
00:53:19depuis l'entrée en vigueur
00:53:20de l'article 802-2
00:53:22du code de procédure pénale
00:53:23qui a été créé
00:53:24par la loi du 23 mars 2019
00:53:26qui dispose
00:53:27je cite
00:53:28toute personne
00:53:29ayant fait l'objet
00:53:29d'une perquisition
00:53:30et qui n'a pas été poursuivie
00:53:31devant une juridiction
00:53:32d'instruction
00:53:33de jugement
00:53:33ou plutôt 6 mois
00:53:34après l'accomplissement
00:53:35de cet acte
00:53:36peut
00:53:36dans un délai donnant
00:53:38à compter de la date
00:53:38à laquelle elle a eu
00:53:39connaissance de cette mesure
00:53:40saisir le juge
00:53:41des libertés de la détention
00:53:42d'une demande
00:53:42tendante à son annulation
00:53:44et l'entrée en vigueur
00:53:45de cet article
00:53:46le 25 mars 2019
00:53:47a donc mis fin
00:53:49à l'inconstitutionnalité
00:53:50et depuis cette date
00:53:51les dispositions contestées
00:53:53ne méconnaissent plus
00:53:54les exigences
00:53:55du droit au recours
00:53:56juridictionnel effectif
00:53:58sur le deuxième point
00:54:00ça n'a pas été développé
00:54:01aujourd'hui
00:54:02à l'audience
00:54:04mais j'en dis quand même
00:54:05quelques mots
00:54:06les dispositions contestées
00:54:08cette fois-ci
00:54:09c'est l'article 96
00:54:10ne méconnaissent pas
00:54:11non plus
00:54:11les droits de la défense
00:54:12vous avez refusé
00:54:14à plusieurs reprises
00:54:14de reconnaître
00:54:15un droit autonome
00:54:16protégé par la constitution
00:54:17au secret des échanges
00:54:19des correspondances
00:54:19des avocats
00:54:20une première décision
00:54:22en 2015
00:54:22une deuxième décision
00:54:23en 2022
00:54:24en revanche
00:54:25parce que l'activité
00:54:26de l'avocat
00:54:27se rattache
00:54:27à l'exercice
00:54:28des droits de la défense
00:54:29le secret professionnel
00:54:30de l'avocat
00:54:31doit permettre
00:54:31de protéger le client
00:54:32contre l'immixion
00:54:34excessive
00:54:34de l'autorité publique
00:54:35et vous examiner ainsi
00:54:37les astintes
00:54:37susceptibles
00:54:38de lui être portées
00:54:39au regard de votre contrôle
00:54:40du respect des droits
00:54:41de la défense
00:54:42le troisième alinéa
00:54:44de l'article 96
00:54:45prévoit expressément
00:54:46que le juge d'instruction
00:54:48a l'obligation
00:54:49de provoquer
00:54:49préalablement
00:54:50toutes les mesures utiles
00:54:51pour que soit assuré
00:54:52le respect
00:54:53du secret professionnel
00:54:54et les droits
00:54:55de la défense
00:54:55et ses dispositions
00:54:56non pas pour objet
00:54:57ou pour effet
00:54:58de permettre
00:54:59la saisie des pièces
00:55:00et correspondance
00:55:01échangées entre l'avocat
00:55:02et son client
00:55:03lorsqu'il se rapporte
00:55:04à l'exercice
00:55:05des droits de la défense
00:55:06la cour de cassation
00:55:07juge de manière constante
00:55:08que je cite
00:55:09d'une manière générale
00:55:10le droit de saisir
00:55:11rencontre une limite
00:55:12dans le droit supérieur
00:55:13de la défense
00:55:14qui commande
00:55:15d'affranchir
00:55:15de toute entrave
00:55:16les communications
00:55:17des accusés
00:55:18avec leur conseil
00:55:19il s'agit d'une règle
00:55:20d'ordre public
00:55:21dont la violation
00:55:22est une cause de nullité
00:55:23de la saisie
00:55:24toutefois
00:55:24cette règle
00:55:25reçoit une exception
00:55:26lorsque la correspondance
00:55:28est de nature
00:55:29à établir
00:55:29la preuve
00:55:29de la participation
00:55:30de l'avocat
00:55:31à l'infraction
00:55:33par ailleurs
00:55:34vous n'avez jamais exigé
00:55:35du législateur
00:55:36qu'il définisse
00:55:37un régime juridique
00:55:38permettant à toute personne
00:55:39faisant l'objet
00:55:40d'une perquisition
00:55:40de contester
00:55:41pendant le déroulement
00:55:42de cette opération
00:55:43la saisie
00:55:44d'un document relatif
00:55:45au motif
00:55:46qu'elle porterait
00:55:47atteinte
00:55:47au droit de la défense
00:55:48et en particulier
00:55:49une telle exigence
00:55:50ne ressort pas
00:55:50de votre décision
00:55:51numéro 2022
00:55:521030 QPC
00:55:54du 19 janvier 2023
00:55:55dans laquelle
00:55:56vous avez seulement
00:55:57examiné
00:55:57les conditions
00:55:58dans lesquelles
00:55:58une perquisition
00:55:59peut être réalisée
00:56:00dans un cabinet
00:56:01d'avocat
00:56:03si une telle possibilité
00:56:04figure désormais
00:56:05à l'article 56-1-1
00:56:07du code de procédure pénale
00:56:09celle-ci
00:56:09ne résulte nullement
00:56:10d'exigence
00:56:11de la constitution
00:56:12mais d'un choix
00:56:12du législateur
00:56:14et sur le quatrième
00:56:15aligné à l'article 96
00:56:16vous avez déclaré
00:56:17cet aligné à
00:56:19conforme
00:56:19à la constitution
00:56:20et aucun
00:56:22changement
00:56:22de circonstance
00:56:23en l'absence
00:56:23de changement
00:56:24de circonstance
00:56:24il n'y a donc pas lieu
00:56:25de statuer à nouveau
00:56:26sur ces questions
00:56:27compte tenu
00:56:28de ces éléments
00:56:28je vous invite
00:56:29à déclarer
00:56:30conforme
00:56:30à la constitution
00:56:31les dispositions
00:56:32du troisième aligné
00:56:33à l'article 96
00:56:34du code de procédure pénale
00:56:35de dire qu'il n'y a pas lieu
00:56:36à statuer
00:56:37sur le quatrième aligné
00:56:38à si vous deviez
00:56:40juger que les dispositions
00:56:41contestées
00:56:42l'article 92
00:56:43c'est à dire
00:56:43le principe même
00:56:44des perquisitions
00:56:45faute de prévoir
00:56:46des garanties
00:56:48nécessaires
00:56:49permettant d'assurer
00:56:49le respect du droit
00:56:50au recours
00:56:51et bien sont contraires
00:56:52à la constitution
00:56:53jusqu'au 25 mars 2019
00:56:55il vous serait alors demandé
00:56:56eu égard aux conséquences
00:56:58excessives
00:56:58qu'entraînerait
00:56:59une telle inconstitutionnalité
00:57:01dans les affaires en cours
00:57:02d'encadrer les effets
00:57:03de votre décision
00:57:04et d'indiquer
00:57:05que les mesures
00:57:06prises en application
00:57:07des dispositions
00:57:08déclarées contraires
00:57:09à la constitution
00:57:09ne peuvent être contestées
00:57:11sur le fondement
00:57:12de cette inconstitutionnalité
00:57:15merci monsieur
00:57:17nous avons entendu
00:57:18les observations
00:57:20des parties présentes
00:57:21des membres du conseil
00:57:22souhaitent-ils
00:57:23interroger l'une ou l'autre
00:57:25des parties
00:57:29oui monsieur Jacques Mézard
00:57:32oui monsieur le représentant
00:57:33du premier ministre
00:57:35sur les effets
00:57:37et sur le nombre
00:57:38de dossiers
00:57:39qui seraient concernés
00:57:40par des instances
00:57:42devant les AI
00:57:46le gouvernement ne dispose pas
00:57:48d'éléments
00:57:49la position du gouvernement
00:57:51c'est de dire
00:57:51que si vous déclarez
00:57:52contraire à la constitution
00:57:53le principe même
00:57:55des perquisitions
00:57:55ça a pour effet
00:57:56de faire tomber
00:57:57l'ensemble des perquisitions
00:57:59dans l'ensemble
00:58:00des affaires en cours
00:58:01que ces affaires
00:58:02aient été ensuite
00:58:03communiquées aux AI
00:58:05pour des poursuites
00:58:06mais également
00:58:06lorsqu'elles sont
00:58:08purement pénales
00:58:09et lorsque des poursuites
00:58:10ont été engagées
00:58:11devant des juridictions pénales
00:58:12donc le gouvernement
00:58:12ne dispose pas
00:58:13de chiffres particuliers
00:58:15ce qu'on peut supposer
00:58:16c'est que
00:58:17dans les affaires en cours
00:58:18et notamment
00:58:18les affaires les plus graves
00:58:19y compris au pénal
00:58:20il y a de nombreuses affaires
00:58:22dans lesquelles
00:58:23des perquisitions
00:58:24ont été réalisées
00:58:25avant le 25 mars 2019
00:58:27et je n'ai pas
00:58:28de chiffre précis
00:58:29pour
00:58:30je n'ai même pas
00:58:31de chiffre du tout
00:58:31d'ailleurs
00:58:32sur les perquisitions
00:58:34qui auraient ensuite
00:58:35été communiquées
00:58:36aux AI
00:58:36pour l'exercice
00:58:38de leur pouvoir
00:58:38de sanction
00:58:41merci
00:58:41merci
00:58:42y a-t-il d'autres questions
00:58:52j'ai demandé la parole
00:58:55bon monsieur le président
00:58:57juste un mot
00:58:58alors extrêmement brièvement
00:58:59pour répondre à la question
00:59:00de monsieur Mésard
00:59:02il n'y a aucune contradiction
00:59:03entre ce qui vient d'être dit
00:59:05par le secrétaire général
00:59:06du gouvernement
00:59:06est-ce qu'il vous est demandé
00:59:07de ce côté-là de la barre
00:59:08c'est-à-dire qu'à aucun moment
00:59:09nous cherchons à faire annuler
00:59:11l'ensemble des perquisitions
00:59:12ce que nous cherchons
00:59:13c'est d'obtenir de votre conseil
00:59:14une décision ciblée
00:59:16qui concerne uniquement
00:59:17les cas qui ont été évoqués
00:59:19par monsieur Mésard
00:59:19c'est-à-dire lorsqu'il y a
00:59:21une double poursuite
00:59:21face à une AI
00:59:22or sur ce point-là
00:59:24il n'y a en tout cas
00:59:24dans l'autorité de la concurrence
00:59:25des termes même
00:59:27du président de l'autorité
00:59:28que deux affaires
00:59:29la nôtre
00:59:30et celle-ci
00:59:31et l'affaire préfabé
00:59:33donc on voit bien
00:59:34que les circonstances
00:59:35manifestement excessives
00:59:36qui sont invoquées ici
00:59:37et qui tentent à dire
00:59:38vous remettrez en cause
00:59:39l'ensemble des perquisitions pénales
00:59:40ce n'est absolument pas
00:59:42ce qui est demandé
00:59:43de votre conseil
00:59:43vous avez la possibilité
00:59:44sans aucune difficulté
00:59:45de faire une décision
00:59:47ciblée
00:59:47qui concerne
00:59:48les cas
00:59:49très spécifiques
00:59:50où il y a une double poursuite
00:59:51et dans ces conditions
00:59:52il n'y a absolument pas
00:59:54de circonstances manifestement excessives
00:59:55comme cela vous a été
00:59:56largement plaidé
00:59:57de ce côté-là de la barre
00:59:58merci monsieur le président
01:00:00merci maître
01:00:01y a-t-il d'autres questions
01:00:03l'une ou l'autre des parties
01:00:06bien cette question
01:00:08prioritaire de constitutionnalité
01:00:10mise en délibéré
01:00:11la décision sera publique
01:00:13le 10 avril 2026
01:00:14vous pourrez en prendre connaissance
01:00:16en vous connaissant
01:00:17sur notre site internet
01:00:19merci

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