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  • il y a 2 jours
Les clefs d'une vie de Macha Meril

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-03-19##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:04Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Après six décennies de carrière, la passion de votre métier demeure plus que jamais présente.
00:12Votre timbre de voix vous aide à raconter des lettres de légende,
00:16tandis que votre plume vous permet de rendre hommage à une sœur envolée.
00:20Bonjour M. Méril.
00:21Bonjour Jacques.
00:22Une double actualité avec ce spectacle Sand Chopin au théâtre de Poche-Pont-Parnasse qu'on va évoquer.
00:28Et puis ce livre, Je marche Perel, un hommage à votre sœur disparue.
00:31Donc il y a de quoi dire dans l'église d'une vie.
00:33Vous êtes déjà venu, mais j'ai trouvé des choses nouvelles sur vous.
00:37Et on va commencer à évoquer votre parcours, vous le savez, à travers des dates clés.
00:41Et la première que j'ai trouvée, alors, c'est le 3 juillet 59, votre première télé.
00:50Cinq colonnes à la une, dont le titre avait été trouvé par Frédéric Rossif.
00:54On n'a jamais dit dessus.
00:56Et alors, Michel Péricard, journaliste à l'époque,
00:59interview dans la rue des jeunes filles qui se présentent pour un casting.
01:01Et il y a une jeune étudiante russe, Masha Gagarin, qui parle de cinéma.
01:07Vous vous en souvenez ?
01:08Je m'en souviens très bien.
01:09Il me draguait un peu, Michel Péricard.
01:12Et il les draguait des autres aussi, pas que moi.
01:14Mais c'était très impressionnant, parce que nous n'avions aucune habitude de toutes ces interviews.
01:19Ça s'est beaucoup développé par la suite.
01:21Maintenant, je suis un peu plus rouée à l'enjeu.
01:25Mais à l'époque, j'étais vraiment...
01:26Et j'ai beaucoup admis, je la connais, mais cette interview, j'ai été assez franche.
01:31Et assez, finalement, pas déstabilisée par l'ampleur de ce choix.
01:39Il m'avait choisi, moi, parmi toutes les filles, pour parler de ce casting.
01:43Mais aussi pour parler de la jeunesse.
01:45Et ce qui a été mon objectif, je me rends compte maintenant,
01:50il faut avoir 85 ans comme j'ai maintenant, pour me rendre compte qu'est-ce que j'ai fait
01:54dans la vie.
01:55J'ai voulu incarner chaque fois ma génération.
01:58Chaque fois, j'ai été une sorte, pas seulement une actrice, mais une sorte d'ambènes, de modèles.
02:03Et j'ai réussi quelques fois.
02:06Et il y a des trous, comme dans tous les parcours de vie.
02:10Et à nouveau, en ce moment, j'ai l'impression que je suis de nouveau un modèle de ma génération.
02:17C'est-à-dire les femmes qui ont fait 68 et qui, aujourd'hui, ont mon âge.
02:20Et qui ont cette beauté de la vieillesse dont j'espère que je vais pouvoir vous parler.
02:26Oui, on en parlera tout à l'heure.
02:28Mais là, on parle de la jeunesse avec ce casting.
02:30Car c'était un casting au départ, quand vous arrivez pour cette télévision.
02:33J'ai pas eu le rôle, d'ailleurs, je crois.
02:36Mais j'étais très déterminée.
02:38Je faisais en même temps des études à la Sorbonne, des études de lettres.
02:41Et je pensais m'orienter vers les lettres.
02:44Mais, quelque part, le cinéma m'a appelée.
02:46Et le cinéma, c'est une pieuvre.
02:49Quand on fait du cinéma, on ne peut rien faire d'autre.
02:50Donc, très vite, ma vie a été conditionnée par le cinéma.
02:53Et le premier film que j'ai fait, c'est un film de Romère.
02:56Je jouais une Suédoise parce que j'étais blonde.
03:00Et que, rendez-vous compte, on dansait Place du Saint-Germain-des-Prés pour le 14 juillet.
03:06Aujourd'hui, c'est impensable, c'est terminé.
03:08Mais, à l'époque, il y avait un orchestre au milieu de la Place Saint-Germain-des-Prés.
03:13Et comme la rue Saint-Benoît était un lieu où on se retrouvait tous, les écrivains, les cinéastes, les hommes
03:19politiques, les jolies filles.
03:21Je dansais le bebop.
03:23J'étais championne de bebop, mon cher Jacques.
03:25Ça, c'est votre époque, vous aussi.
03:27J'ai connu un petit peu.
03:29Vous êtes plus jeune que moi, mais vous avez quand même connu un peu la fin de Saint-Germain-des
03:33-Prés.
03:33Oui, et alors, dans ce film de Romère, justement, vous n'êtes pas crédité au générique.
03:36Je ne sais pas si vous le savez.
03:37Oui, parce que je ne parle pas.
03:40Donc, je n'ai pas vraiment drôle.
03:41Alors, cette interview de 5 colonnes à la une, on aurait pu vous appeler princesse,
03:45parce que je crois que vous descendez d'une famille, Machameril, de princes souverains,
03:49originaire de Birans, qui est au sud-ouest de Moscou.
03:52Alors, c'est beaucoup plus que ça.
03:53Ce sont les familles roux-riquides.
03:55Vous qui êtes généalogistes et amoureux de l'aristocratie, vous avez bien raison,
04:00parce que c'est très spécial, l'aristocratie.
04:02Ce n'est pas la haute bourgeoisie, la grande bourgeoisie.
04:04C'est une autre façon d'être au monde.
04:07C'est que je remonte au 9e siècle, presque en ligne directe.
04:11Je descends d'un grand tsar qui s'appelait Vladimir et qui a fondé la Russie.
04:16À Kiev.
04:17C'est pour ça que l'Ukraine est vraiment le berceau de la Russie.
04:22Il y avait des peuplades qui s'appelaient les Rousses.
04:25Et mon ancêtre, le tsar Krasny Vladimir, il ne devait pas être un tendre,
04:30Vladimir le Rouge, il s'appelait.
04:31Il a domestiqué toutes ces peuplades avec une religion qui était l'orthodoxie
04:36qu'il a ramenée d'Istanbul, enfin de Constantinople à l'époque,
04:40et qui n'était en fait pas vraiment une religion, qui était le théâtre.
04:44Et vous savez qu'en Russie, les danseuses, les chanteuses,
04:49pouvaient épouser des aristocrates.
04:51Parce que c'était des deux vivants.
04:53Ça n'existe dans aucune autre aristocratie qu'en Russie.
04:56Et alors, donc ma famille, les roux liquides, ce sont les vrais.
05:00Parce qu'après, Pierre Legrand a anobli un tas de gens,
05:04à droite, à gauche, ceux qui avaient plus que 1000 moutons ou qui étaient...
05:06Mais c'est comme l'aristocratie napoléonienne.
05:09C'est-à-dire que nous sommes les vrais fondateurs de la Russie.
05:13Oui, et en même temps, je crois que dans vos ancêtres, il y a un viking qui s'appelle Rurik.
05:18C'est Rurik, c'est l'ancêtre.
05:19Alors, ils étaient tous des princes suédois.
05:21Ils sont tous descendus la Volga avec des drakkars.
05:24Et pour...
05:25Ils étaient beaucoup plus civilisés que les peuplades qui vivaient dans la plaine de Kiev,
05:29qui étaient ce qu'on appelait les russes, R-U-S,
05:32qui étaient païens, nommades.
05:34Et donc, ils ont, en quelque sorte, envahi cette grande plaine extraordinairement fertile,
05:40qui est restée fertile pendant longtemps,
05:41parce que ma famille, mes parents, avant la Révolution,
05:44avaient leurs propriétés en Ukraine.
05:46C'était à côté de Kherson, 300 000 hectares, mon cher Jacques.
05:50Il fallait trois jours à cheval pour traverser les propriétés.
05:53Mais ils ont donc vraiment tout perdu.
05:55Ils sont venus en France absolument sans rien.
05:58Avec la Révolution russe.
05:59C'est-à-dire, beaucoup de familles russes sont installées sur la Côte d'Azur à l'époque.
06:03Oui, parce qu'ils avaient des maisons de vacances.
06:06Et c'est ce qui s'est passé de ma famille aussi.
06:08Ils avaient une maison à Antibes,
06:09qui est très vite devenue leur point de base.
06:13Et mon père, qui avait un ingénieur agronome,
06:16qui avait un diplôme allemand de l'Université de Bonn,
06:20il est devenu horticulteur,
06:22alors qu'il était spécialisé dans les arbres fruitiers.
06:25Et il tirait le diable par la queue, c'était épouvantable.
06:28Mais il vivait évidemment sur la Côte d'Azur,
06:30où il y avait beaucoup d'émigrés,
06:32et beaucoup aussi de sympathisants de cette aristocratie
06:35qui était venue se réfugier en France.
06:36Il parlait le français admirablement.
06:38Vous savez qu'en Russie, on parlait le français dans les bonnes familles.
06:41On parlait aussi d'autres langues,
06:42mais tout se passait en français.
06:44Et en même temps, comme il est ingénieur agronome,
06:47il va se retrouver à faire des recherches sur les agrumes à Rabat,
06:51où vous êtes née, M. Améry.
06:52Voilà, et ça a été ma chance, parce que je dois beaucoup au Maroc.
06:55D'abord, ma santé.
06:57C'était juste la guerre.
06:58Je suis née en 40.
07:00Il n'y avait rien qui venait de la métropole.
07:02Donc, pas de pesticides,
07:06que des choses cultivées avec le fumier de l'âne.
07:11Et je dois ma santé à ces années du Maroc,
07:14où j'ai mangé des fruits et des légumes extraordinaires
07:16qui poussaient comme ça dans le bled.
07:18Et aussi, j'ai le souvenir des poulets.
07:20Le goût du poulet dans le bled,
07:22ce n'était pas du tout ce qu'on mange ici.
07:25Et jusqu'à présent, je vais vous faire une confidence,
07:28je n'ai jamais eu une carie de ma vie.
07:30Donc, voilà, c'est un signe de santé.
07:32Vous avez les chevaux, on regarde tout de suite les dents.
07:34Et pour les femmes aussi, ça vaut...
07:37Effectivement, vous avez beaucoup mangé,
07:39mais le programme de votre vie, c'est que votre père,
07:41vous ne l'avez pratiquement pas connu, M. Améry.
07:43Oui, il a décédé très tragiquement,
07:45parce que j'avais un frère
07:46qui était né d'un premier mariage de mon père
07:48et qui s'est enroulé,
07:50qui est parti avec Delattre de Tassini
07:52sur le front en Allemagne.
07:54Il avait 20 ans, 22 ans,
07:56et il était très grand de taille.
07:58Il a été tué par un sniper.
08:00La veille de l'armistice,
08:02mon père ne s'en est pratiquement pas remis.
08:04Il était si chagriné.
08:05Il a pris le premier bateau
08:06qui remontait du Maroc
08:08pour aller chercher le corps de son fils
08:10et l'enterrer au cimetière orthodoxe
08:12de Saint-Genevée-des-Bois, où il est.
08:13Il a attrapé le typhus.
08:16Et alors, vous savez, c'est ça l'histoire.
08:18Il est mort 15 jours
08:20avant que la pénicilline
08:21entre dans les hôpitaux civils.
08:23La pénicilline existait dans l'armée,
08:25pas encore dans les hôpitaux civils.
08:28Et il aurait, à trois semaines près,
08:30il aurait pu survivre,
08:31mais il est mort du typhus.
08:33Et vous avez grandi avec votre mère
08:34et vos soeurs à Bagneux d'abord.
08:36Et puis ensuite, vous avez fait vos études
08:38dans un lycée,
08:39qui est le lycée Marie Curie de Sceau,
08:41où sont tournées beaucoup de séries de télévision.
08:42Je ne sais pas si vous le savez.
08:43Ah bon ?
08:44Madame le proviseur,
08:45Julie Esco s'est tournée là-bas.
08:47Écoutez, c'est un très grand lycée.
08:48J'ai eu de la chance.
08:49Et j'ai fait toutes mes études là à Marie Curie.
08:51C'était un des grands lycées pointus
08:53où vraiment...
08:54Et je ne suis pas la seule à sortir de là.
08:56Marie-Georges Buffet a fait ses études là.
08:58Annie Leclerc, elle était ma copine de classe.
09:01Et d'ailleurs, récemment,
09:02il y a une association du lycée Marie Curie.
09:04Je viens de donner une interview
09:06comme ancienne du lycée Marie Curie.
09:08Et il continue à être un très, très grand lycée.
09:12Alors, il y a les lettres
09:13et puis il y a le côté actrice.
09:15Et je crois que vous débutez au cinéma.
09:16C'est avec un autre débutant du cinéma,
09:19Gérard Roury.
09:20Tout à fait.
09:20Alors, c'était un gros enjeu pour lui.
09:22Il était un comédien assez connu,
09:24mais qui était un peu sur le déclin.
09:26Il était le compagnon de Michel Morgan.
09:28Et il fallait qu'il réussisse son premier film
09:30comme metteur en scène.
09:32Mais il n'avait pas compris
09:33qu'il était destiné à faire de la comédie.
09:35Il a beaucoup mieux réussi par la suite
09:37quand il a fait tous les chefs-d'œuvre
09:38qu'il a fait après.
09:40Ce film-là, c'était un film ambigu,
09:41un peu noir, mais quand même très bien fait.
09:43Et moi, il m'a choisi
09:45en remplacement de Brigitte Bardot,
09:47qui devait faire ce film avec Jacques Charrier.
09:49Or, elle était enceinte.
09:51Elle n'a donc pas pu faire le film.
09:54Donc, on a pris une inconnue
09:55pratiquement dans la rue.
09:57Ça commençait déjà
09:58qu'il ne fallait surtout pas prendre
09:59les actrices dans les cours d'art dramatique
10:01parce qu'elles étaient trop formées,
10:03trop formatées.
10:04Donc, on m'a pris dans la rue.
10:05C'était Lola Mouloudji.
10:06Je ne sais pas si vous vous souvenez de Lola,
10:07qui était mon agent à l'époque
10:09et qui m'a procuré ce film.
10:11Ça a été évidemment un grand bouleversement
10:13parce que vous imaginez,
10:15j'ai tout de suite été propulsée
10:17sur les couvertures de journaux.
10:21Mais je n'aimais pas du tout
10:22ce qu'on avait fait de moi.
10:24Parce que quand même,
10:26le règne de Brigitte Bardot,
10:28il était si fort
10:29que toutes les actrices
10:30devaient être blondes
10:32avec la choucroute sur la tête,
10:34avec la taille serrée
10:35dans une petite robe en vichy,
10:37ça ne me convenait pas.
10:38Et je sentais déjà
10:39qu'il fallait que j'impose
10:40un autre style.
10:42Donc, je suis partie aux Etats-Unis
10:43pour étudier à l'Acto Studio
10:45et je suis devenue
10:46une autre actrice.
10:47Alors là, vous êtes une jeune femme
10:50dans ce film La Main Chaudes
10:51et au générique,
10:52vous avez votre nom,
10:54nom lié à cette chanteuse.
10:58Hélène.
11:00Hélène Merrill,
11:01car vous vous appelez
11:02Masha Merrill,
11:03grâce à Hélène Merrill.
11:04Oui, le producteur,
11:05qui était M. Deutschmeister,
11:07qui parlait un français formidable,
11:09il disait
11:09« Cet dialogue n'est pas française ».
11:12Il avait dit ça à Carnet.
11:13Il était juif roumain.
11:16Il m'a dit
11:16« Il faut changer de nom »
11:17parce que Gagarin,
11:18ce n'est pas possible,
11:18personne ne s'en souviendra.
11:19Vous vous rendez compte ?
11:20Parce que très peu de temps après,
11:22l'autre est allé dans l'espace,
11:23mon nom était en gros
11:25dans toutes les manchettes.
11:26Et donc,
11:27j'ai choisi ce nom
11:28que je pensais
11:29un peu international,
11:31Merrill,
11:31double initial,
11:32ça se faisait beaucoup,
11:33M.M.
11:34Et qu'est-ce que je découvre,
11:36cette chanteuse
11:36dont je connaissais
11:37tout le répertoire ?
11:37Je pensais être chanteuse,
11:38moi, au début.
11:39J'aimais beaucoup le jazz
11:40et par la suite,
11:42je vous raconterai,
11:42ça a été un des éléments
11:44de mes liens
11:45avec Michel Legrand,
11:46c'est qu'il était très étonné
11:47qu'une si jeune fille
11:48connaisse si bien le jazz.
11:50Oui,
11:51qu'est-ce que je découvre,
11:53c'est que cette chanteuse,
11:55Helen Merrill,
11:56qui chantait en anglais,
11:57en fait,
11:58elle était croate
11:59et elle s'appelait Mitkiewicz.
12:01Elle aussi avait changé de nom.
12:02Mais j'adore cette chanteuse,
12:04je l'aime toujours.
12:05Elle est encore en vie,
12:06elle vit en Suisse,
12:07elle doit être très âgée.
12:09C'est une chanteuse sublime.
12:10Et par la suite,
12:12j'ai espéré enregistrer
12:14toutes ces chansons
12:15et Michel Legrand m'a dit
12:16non, non,
12:17je vais t'en écrire des neuves.
12:19Hélas,
12:19il est parti trop tôt,
12:20il ne m'en a pas écrite.
12:21Ça,
12:22c'est le début de votre carrière
12:23et j'ai trouvé une autre date
12:25importante dans votre parcours,
12:26le 18 décembre 2006.
12:28A tout de suite sur Sud Radio
12:29avec Masha Merrill.
12:31Sud Radio,
12:32les clés d'une vie,
12:33Jacques Pessis.
12:34Sud Radio,
12:35les clés d'une vie,
12:36celle de mon invité
12:37Masha Merrill.
12:38On évoquera tout à l'heure
12:39votre double actualité,
12:41un spectacle
12:41Sand-Chopin
12:42au théâtre de Poche-Montparnasse
12:44et un livre
12:44Je marche vers elle.
12:45Mais on n'en revient
12:46à votre parcours.
12:47Alors,
12:47j'ai trouvé une date
12:48le 18 décembre 2006
12:50qui est liée
12:51à ce comédien.
12:53Qu'est-ce que tu veux,
12:54mon petit cantonneur
12:55me les attempé ?
12:57Rému.
12:58Car ce jour-là,
12:58vous recevez le prix
12:59Rému de la comédie
13:00et c'est assez étonnant
13:01parce que je crois
13:02que c'est l'un des rares
13:02prix de votre carrière.
13:03Vous êtes extraordinaire, Jacques.
13:05Comment vous avez déniché
13:06ce prix
13:07qui, effectivement,
13:08n'a pas duré, n'est-ce pas ?
13:09Trois ans.
13:09C'était le prix de la comédie
13:10et je ne sais plus
13:11à la suite de quel film
13:13ou si c'était
13:13en récompense des grosses têtes
13:15avec Bouvard,
13:16je ne sais pas.
13:17Enfin,
13:17j'ai eu ce prix
13:18et vous avez raison,
13:19je n'ai pas élu
13:20tellement de timbales.
13:21Je n'ai pas beaucoup
13:22concouru non plus.
13:23Je ne suis pas
13:24à la recherche des timbales.
13:25En fait,
13:26ce prix avait été créé
13:27par la petite fille
13:28de Rému,
13:29Isabelle Nohan-Rému
13:30parce qu'elle avait épousé
13:31Dominique Nohan,
13:32fils de Jean Nohan
13:33et le président de la soirée,
13:35je ne sais pas si vous vous souvenez.
13:35C'était Alain Delon.
13:36Alain Delon, exactement.
13:36Il y a eu des photos
13:37de moi avec lui, absolument.
13:39Il y a eu trois éditions
13:40et aujourd'hui,
13:40il y a un musée
13:41Rému à Marignane
13:42qui a remplacé ce trophée.
13:43Alors,
13:44je dis l'un des rares trophées
13:44parce que vous avez été nommée
13:46au César
13:46pour 100 fois ni loi
13:48mais ça a été juste
13:49une nomination.
13:50Non,
13:51je crois que j'ai eu
13:51pas le second rôle.
13:52Je ne m'en souviens plus.
13:53vous étiez dans les nominations.
13:54Voilà,
13:55mais c'est déjà pas mal.
13:56Mais ce film extraordinaire,
13:57je crois qu'Agnès Varda
13:58l'avait tourné
13:59parce qu'elle avait croisé
14:00un sans-abri dans la rue
14:01et qu'elle avait parlé avec lui.
14:03C'était une femme,
14:04une joie fille.
14:04Elle a failli faire
14:05le rôle principal
14:06et elle s'est aperçue
14:07qu'elle était trop ingouvernable,
14:09cette jeune fille.
14:10Donc,
14:10elle a pris
14:13Sandrine Bonner
14:14qui était remarquable
14:16parce que,
14:16pauvre Sandrine,
14:18Agnès l'a mise
14:19dans des conditions
14:20des routardes.
14:21C'est-à-dire,
14:21elle ne se lavait pas,
14:23elle était abandonnée
14:24dans un fossé
14:25et je crois que
14:27Sandrine,
14:27quand elle était jeune,
14:28était un peu ingrate
14:30vis-à-vis d'Agnès.
14:32Elle pensait que
14:33c'était une cruauté
14:35de sa part
14:35mais finalement,
14:36elle a compris
14:36que c'est grâce à ça
14:38qu'elle a fait
14:39cette performance exceptionnelle.
14:41Et quand on voit
14:41votre palmarès
14:42et vos tournages,
14:43Macha Meryl,
14:44on se rend compte
14:45que vous avez tourné
14:45avec les plus grands
14:47metteurs en scène
14:47de plusieurs générations.
14:49Alors,
14:49c'est ce que je vous disais
14:50tout à l'heure, Jacques.
14:51Je crois que
14:52je ne suis pas qu'une actrice.
14:54Je pense que je suis
14:54une bonne actrice
14:55et je suis de mieux en mieux,
14:56surtout.
14:57Mais,
14:58j'incarne
14:59quelque chose
15:00qui brûle.
15:02C'est-à-dire
15:03l'image de la femme
15:05qui va changer le monde.
15:08Dans tous les films
15:09que j'ai faits,
15:10je ne suis pas
15:11juste une présence
15:12de quelqu'un
15:13qui se transforme,
15:14qui devient le personnage.
15:15Non.
15:16J'amène
15:16ma réflexion,
15:19mes espoirs
15:20que la vie des femmes
15:22s'améliore.
15:23Et donc,
15:24c'est assez spécial
15:25parce que
15:25je ne ressemble pas
15:26tellement au parcours
15:27des autres actrices.
15:28j'ai fait moins de films
15:29que les autres
15:30mais que des films
15:30très importants.
15:31Oui,
15:31il y a eu
15:32Le repos du guerrier
15:33de Roger Vadim.
15:34Il y a eu aussi
15:36un film avec Jean-Luc Godard.
15:38C'est des univers
15:38très variés.
15:39Et il y a eu
15:39Dragé au poivre
15:40dans un genre différent.
15:41Oh mon Dieu,
15:41vous souvenez de ça ?
15:43Oui, bien sûr.
15:44Alors, écoutez,
15:45comme toutes les actrices,
15:46j'ai été évidemment
15:48choisie pour certains,
15:49pour beaucoup de rôles.
15:50Mais les 5,
15:526 films importants
15:52que j'ai faits,
15:53j'en suis très fière
15:54parce qu'ils ont marqué,
15:55et ils sont non seulement
15:57dans l'histoire du cinéma,
15:58mais je dirais
15:59dans l'histoire
16:00de la vie des femmes.
16:02C'est ça.
16:02Il y a Belle de Jour
16:03avec Louise Buñuel
16:04où Catherine Deneuve
16:06joue alors qu'elle ne voulait pas
16:07jouer ce film au départ.
16:08Oui, elle a eu tort
16:11parce qu'elle est splendide
16:12dans ce film.
16:13Et puis moi,
16:13j'étais son incitatrice.
16:16C'est moi qui la poussé
16:17à se prostituir
16:18dans cette maison,
16:20cette,
16:21comment est-ce qu'on appelle ça ?
16:23Cette maison de passe,
16:24c'est vraiment de luxe,
16:25évidemment.
16:26Mais j'ai beaucoup aimé
16:29travailler avec Buñuel
16:30parce que vous savez
16:32qu'il était sourd,
16:33disait-on.
16:33Mais en fait,
16:34il entendait tout quand même.
16:35Et un jour,
16:36pendant une scène
16:37qui sonnait à Mégev,
16:38il y avait un dialogue
16:39très compliqué.
16:40Et Jean Sorel,
16:42Michel Piccoli
16:43et Catherine me disent
16:45écoute,
16:45tu es bien avec Buñuel,
16:47va lui demander
16:48qu'est-ce que ça veut dire.
16:49On parlait d'Asfodel
16:50et de choses.
16:51Alors je vais,
16:52je frappe à la porte
16:52et je dis,
16:53Don Luis,
16:54dites-moi,
16:55qu'est-ce que ça veut dire ?
16:56Et il me répond,
16:58cette dialogue est cryptique.
17:02C'était comme Dali,
17:04Salvador Dali,
17:05c'est-à-dire que,
17:06en vérité,
17:07beaucoup plus tard,
17:08j'ai découvert
17:08que c'était cabalistique.
17:10C'est-à-dire,
17:11il était maçon,
17:12il était franc-maçon
17:13et donc,
17:14ce dialogue était pris
17:15dans les textes
17:16de la cabale.
17:17Il y avait la même chose
17:18dans les opéras de Mozart.
17:21Donc,
17:22c'est toutes ces expériences
17:23formidables
17:24que le cinéma nous apporte.
17:25C'est des rencontres inouïes.
17:27Et bel de jour
17:27pour votre gouverne.
17:29Un fan inconditionnel,
17:31c'est Martin Scorsese
17:32qui a permis à ce film
17:33de sortir en DVD
17:34en 2002
17:35alors qu'il n'était pas sorti.
17:36Ah, ça, je ne savais pas.
17:37Voyez, vous m'apprenez quelque chose.
17:38Et puis, il y a eu l'Italie
17:39parce que vous avez aussi
17:40passé beaucoup de temps en Italie
17:41et tourné avec des metteurs
17:42anciens italiens
17:43qu'on ne connaît pas
17:44forcément en France.
17:45Oh, Dario Argent aussi,
17:46on connaît.
17:47Et puis,
17:48Alberto Bevilac,
17:49quoi, non.
17:49Et mon mari
17:50qui s'appelait
17:51John Vittorio Ball
17:52dit, j'ai fait des films
17:53qui étaient des films
17:54un peu confidentiels
17:55parce que c'était tout de suite
17:56après la nouvelle vague.
17:57Tous les cinéastes du monde
17:59voulaient ressembler
18:00à Godard,
18:01Truffaut
18:02et Daniel Valcroz.
18:03C'est-à-dire qu'on a quand même...
18:04J'ai eu cette...
18:05Il y a une chose
18:05qu'on ne choisit pas,
18:06Jacques,
18:07c'est sa date de naissance.
18:08J'ai eu 20 ans
18:09au moment
18:09où le monde changeait.
18:11Et ça a conduit
18:12jusqu'à 68.
18:14Et ça,
18:14c'est irremplaçable
18:16parce que je pense
18:18que j'ai incarné
18:19la jeunesse de l'époque,
18:21c'est-à-dire une jeunesse
18:22qui a vraiment
18:23renversé
18:25les mœurs.
18:26Quand on regarde
18:28les manifestations
18:28des étudiants
18:29pendant 68,
18:31ils sont tous en costard
18:32comme vous
18:32avec une cravate
18:33et quelquefois
18:34même gilet.
18:35Et puis,
18:36du jour au lendemain,
18:38sont arrivés
18:38les blue jeans,
18:39les baskets,
18:41la façon de se parler,
18:43tout a changé
18:44entre les hommes
18:45et les femmes,
18:45entre les profs
18:46et les élèves,
18:47entre les enfants
18:48et les parents.
18:49Et moi,
18:50j'ai été actrice
18:51de ce grand changement.
18:53Et puis,
18:54vous avez été actrice
18:54à Tinecita
18:55qui est un lieu de légende,
18:56ça aussi,
18:57parce qu'on en parle
18:57aujourd'hui,
18:58mais on ne sait pas
18:58que ça a été
18:59le royaume du cinéma
19:00en Italie,
19:00Masha Merrill.
19:01C'est parce que
19:01les Américains
19:02venaient tourner
19:02leur grand péplum.
19:03Là,
19:03c'est parce qu'on a tourné
19:04Benur et compagnie.
19:05C'était surtout
19:07économique.
19:08Mais surtout,
19:08on a chargé Fellini
19:10quand ça a commencé
19:11un peu à chuter,
19:13que commercialement
19:14c'était trop cher,
19:15on lui a demandé
19:16d'inventer des films
19:17à tourner à Tinecita.
19:18Et c'est comme ça
19:18qu'il a fait
19:19Roma,
19:21évidemment,
19:21la Dolce Vita
19:22et tous ces films
19:23qu'il a tournés
19:23pour faire survivre
19:26Tinecita.
19:27Et en même temps,
19:28entre deux films
19:28en Italie,
19:29vous avez tourné,
19:30Masha Merrill,
19:30dans les Chinois à Paris
19:31de Jean-Yan
19:32où vous êtes la femme
19:33de Daniel Prévost.
19:34Alors ça,
19:35c'était l'histoire
19:36d'une amitié
19:37parce que Jean et moi,
19:38on était très amis.
19:39Mais du temps
19:41de la radio,
19:42quand il faisait
19:42de la radio
19:43avec Cyr,
19:45avec Gérard Cyr.
19:47Et déjà,
19:48je l'avais repéré,
19:49moi,
19:49comme un cerveau
19:50quand même
19:50tout à fait à part.
19:51C'est d'ailleurs moi
19:52qui l'ai amené
19:52chez Philippe Bouvard
19:54pour faire des grosses têtes.
19:55Il était réticent,
19:56il n'avait pas très envie.
19:57Et il a été
19:58un des piliers
19:59des grosses têtes.
20:00Lui,
20:00Carsozon,
20:01je rappelle une fois,
20:02ils ont fait
20:03en alexandrin
20:05non-stop
20:06improviser
20:07pendant plus
20:08d'un quart d'heure
20:08l'épitaphe
20:09de Philippe Bouvard.
20:11Tout le monde
20:11pleurait de rire.
20:13j'avais le grimmel
20:14qui coulait sur mes joues.
20:15C'était
20:16des petits génies.
20:17Vous comprenez ?
20:18C'était des gens
20:18qui avaient des lettres
20:19qui étaient extraordinairement
20:21cultivées.
20:22Et on ne peut faire
20:23des improvisations comme ça
20:24que quand on a
20:26des grandes connaissances.
20:27Et Jean-Yan
20:28est lié à mai 68
20:29parce que le slogan
20:30il est interdit
20:31d'interdire.
20:32C'est lui
20:32qui l'a trouvé.
20:33Et c'est comme ça
20:34qu'il a fini
20:34sur les murs de Paris.
20:35Pourtant,
20:36il était plutôt
20:37réacte de droite.
20:38Mais enfin,
20:38quand même,
20:41la révolution
20:42est généreuse.
20:43Elle héberge
20:44beaucoup de gens.
20:45Je pense,
20:45par exemple,
20:46en ce moment,
20:46ce qui se passe en Iran,
20:47c'est qu'il y a
20:48toutes sortes de forces
20:49qui vont se réunir
20:51pour renverser les mollas.
20:52Il n'y a pas que forcément
20:53des gens de gauche
20:54ou de droite.
20:55Il y a tout le monde.
20:55Et c'était un peu
20:56ce qui s'est passé en 68.
20:57C'était un grand melström.
20:59Et l'Italie,
21:00je me demande
21:00si ce n'est pas là
21:00qu'est né votre amour
21:01des pâtes,
21:02Macha Meryl.
21:02Plus que ça.
21:03C'est que j'ai été
21:04sous choc
21:05quand j'ai découvert
21:06la gastronomie italienne.
21:08Il faut que vous sachiez
21:09qu'en France,
21:10du temps de François 1er
21:11et donc de Catherine de Médicis,
21:13on était des sauvages
21:14qui jetaient la viande
21:15dans le feu
21:15et on mangeait
21:16avec un couteau
21:17attaché à la taille.
21:18Il n'y avait pas d'assiette,
21:18pas de couvert
21:19et pas de verre.
21:20Catherine de Médicis
21:21qui a amené tout ça
21:22en France
21:22et qui a amené
21:24300 chefs de Véronne
21:25et 300 chefs de Toscane
21:27pour nous apprendre
21:28à faire la cuisine.
21:29Alors,
21:29on n'aime pas beaucoup,
21:30les gastronomes français
21:31n'aiment pas qu'on dise ça
21:31mais c'est vraiment
21:32les Italiens
21:32qui nous ont appris à manger.
21:34Et quand j'ai découvert
21:35cette extraordinaire gastronomie
21:36du nord au sud de l'Italie,
21:38j'ai eu envie d'écrire ce livre
21:40qui est, disons,
21:42ce que j'ai le mieux retenu
21:43de l'Italie.
21:44C'est appelé Joyeux Spade,
21:45je crois.
21:45Joyeux Spade,
21:46moi j'en ris,
21:47Haricossi,
21:47Haricola.
21:48Après ça,
21:49j'en ai fait deux autres.
21:50Ce soir,
21:50c'est à fête
21:51et c'est prêt
21:52dans un quart d'heure.
21:53Et là encore,
21:54il n'y avait pas autant
21:54de livres de cuisine
21:55qu'aujourd'hui,
21:56M. Meryl.
21:56J'ai fait 100 000 exemplaires
21:57avec Joyeux Spade.
21:58C'était un phénomène
21:59à ce moment-là.
22:00Bien sûr,
22:01ça s'est beaucoup développé
22:02après,
22:02d'autant plus que moi,
22:03c'était tout écrit,
22:04il n'y avait pas de photos.
22:05C'était des petits dessins
22:05que j'ai fait
22:06mais c'était un livre
22:08vraiment de messages,
22:10d'instructions
22:10et pas un livre d'images.
22:12Vous pourriez parfaitement
22:13participer à Top Chef
22:14dans le jury ?
22:15Non,
22:16parce que
22:16ce n'est pas du tout
22:18l'esprit
22:19que je cultive.
22:20Moi,
22:20je suis pour la cuisine
22:21de bonne femme,
22:22la cuisine qui est bonne
22:23à manger
22:24et pas jolie à regarder
22:25parce que chez Top Chef,
22:27c'est toujours
22:27une carotte découpée
22:29en fleurs
22:30et qu'on met sur le haut
22:31d'un pamplemousse.
22:33Moi,
22:34ce n'est pas du tout
22:34mon goût.
22:36En tout cas,
22:37vous avez aussi
22:37le goût des lettres
22:38et on va l'évoquer
22:39à travers la date
22:40du 3 février 2026.
22:42A tout de suite
22:43sur Sud Radio
22:43avec Macha Meryl.
22:45Sud Radio,
22:46les clés d'une vie,
22:47Jacques Pessis.
22:48Sud Radio,
22:49les clés d'une vie,
22:50mon invité,
22:51Macha Meryl,
22:52dans une forme olympique
22:53si j'ose dire.
22:54Alors,
22:54on parlera tout à l'heure
22:54de ce livre
22:55Je marche vers elle
22:56chez Albin Michel
22:56et puis le 3 février
22:582026,
22:59a débuté un spectacle
23:01Sande Chopin,
23:02un spectacle
23:03auquel vous tenez beaucoup
23:04car vous êtes une fan
23:06depuis longtemps
23:07de Georges Sande,
23:08Macha Meryl.
23:08C'est extraordinaire
23:09ce qu'elle dit,
23:10cette femme.
23:10D'abord,
23:11nous lui sommes
23:11toutes redevables.
23:12Elle a été
23:13première féministe
23:13non seulement
23:14dans ce qu'elle a écrit
23:15mais dans ce qu'elle a vécu.
23:16Elle s'habillait en homme
23:17comme vous savez
23:17parce qu'à l'époque
23:18pour pouvoir publier
23:19au 19ème siècle
23:20c'était extrêmement compliqué
23:22quand on était
23:22une femme écrivain.
23:24D'ailleurs,
23:24elle n'est pas la seule.
23:25Marie Dagou
23:26s'appelait Daniel Stern.
23:27Elle,
23:27elle s'apprit son nom
23:28Georges sans S
23:30Sande
23:31d'après son amant
23:32qui s'appelait Sandeau.
23:34Ce qu'on sait peu
23:34c'est que
23:35quand elle a divorcé
23:36de son mari
23:36elle n'avait pas obtenu
23:38la garde des enfants
23:39et pas non plus sa maison.
23:40Sa propre maison
23:41était allée à son mari.
23:43Elle a refait
23:44un deuxième procès
23:45et en développant
23:47il était un trousseur
23:49de jupons épouvantable
23:50et il sautait
23:51toutes les femmes de chambre.
23:53Elle a réussi
23:54à obtenir
23:55la garde des enfants
23:56et sa propre maison.
23:58Ça a fait
23:58une jurisprudence
23:59pour toujours
24:00et ça
24:00peu de gens le savent.
24:02Ce qu'on sait peu aussi
24:03ce sont les coulisses
24:04de sa liaison
24:05avec Frédéric Chopin
24:06qui a duré 9 ans
24:07et qui est la base
24:08de votre spectacle
24:09au Théâtre de Poche-Montparnasse.
24:10Oui, c'est très intéressant.
24:11Qu'est-ce que c'est
24:12l'amour entre deux créateurs ?
24:13Je dirais que j'ai un peu
24:14connu ça
24:15c'est-à-dire qu'on s'inspire
24:16l'un de l'autre
24:17et on est aussi
24:18le premier spectateur
24:19de l'autre
24:19et je pense qu'elle
24:20était mélomane
24:21elle a beaucoup écouté
24:24Chopin
24:24par exemple
24:25elle le dit
24:26dans le spectacle
24:26je le dis
24:27elle le prie
24:28de se fier
24:29au premier jet
24:30de son inspiration
24:31parce qu'après
24:32il avait tendance
24:32à corriger
24:33alors que c'était
24:34le premier jet
24:35qui était bien
24:36et à l'inverse
24:37elle a écrit
24:38des choses très importantes
24:39pendant leur amour
24:40il était un homme difficile
24:42parce qu'il était malade
24:43et que quand même
24:43c'était un garçon lourd
24:46à gérer
24:47mais
24:48elle a eu
24:49cette inspiration
24:50elle-même
24:51d'être une femme totale
24:52elle était cuisinière
24:53cavalière
24:54amoureuse
24:55voyageuse
24:57femme politique
24:58tous les matins
24:59Jacques
25:00elle écrivait
25:01quatre ou cinq lettres
25:02dans son petit cabinet
25:04qui était un bureau
25:05comme ça
25:05un petit
25:05un petit commode bateau
25:07à la plume d'oie
25:08il y a
25:0946 000 lettres
25:11et notre spectacle
25:12est beaucoup inspiré
25:13de cette correspondance
25:14alors justement
25:15cette correspondance
25:16à sa mort
25:16Maurice et Solange
25:17ses enfants
25:18l'ont retrouvée
25:19et ont commencé
25:20à la classer
25:21ils ne s'aimaient pas
25:21mais ils ont fait
25:22contre
25:23mauvaise fortune
25:24bon cœur
25:24et la mode
25:26étant la correspondance
25:27ils ont commencé
25:27à publier
25:28cette correspondance
25:29et aujourd'hui
25:30il y a 20 volumes
25:30je crois
25:31alors il y a
25:32trois gros volumes
25:32mais il y a
25:3346 000 lettres
25:34et toute intéressante
25:36et toute rédigée
25:37d'une façon
25:37alors elle écrivait
25:38à tout le monde
25:38elle écrivait
25:39au roi de Pologne
25:40à Louis-Philippe
25:41à Flaubert
25:42à son fils
25:43etc
25:43donc c'est aussi
25:44très très mélangé
25:45et elle a inventé
25:46l'autofiction
25:47avec un ouvrage
25:48qui s'appelle
25:48l'histoire de ma vie
25:49et aussi
25:50nous prenons
25:51beaucoup de textes
25:52c'est Bruno Villien
25:54qui a fait cette adaptation
25:55et j'ai la chance
25:56surtout d'avoir
25:57un partenaire
25:57un pianiste exceptionnel
25:59qui est Eric Berchaud
26:00qui est pris
26:01Chopin à Varsovie
26:02et qui était heureux
26:04de pouvoir rendre justice
26:05à Chopin
26:05parce que Chopin
26:06vous savez
26:07il a traversé le désert
26:08un peu
26:08il y a eu un moment
26:09où on disait
26:10Chopin c'est trop joli
26:11c'est romantique
26:12c'est fait pour les midinettes
26:13et bien non
26:14on s'aperçoit
26:15à quel point
26:15non seulement
26:16il est d'avant-garde
26:17mais surtout
26:17tout le monde
26:18l'a pioché
26:19tout le monde a pompé
26:20Gainsbourg en tête
26:21tous les chanteurs
26:22un moment ou l'autre
26:23ont pioché dans Chopin
26:24Gainsbourg qui au départ
26:26devait être pianiste classique
26:27c'était le vœu de son père
26:28et puis il s'est tourné
26:29vers les variétés
26:30alors l'idée de ce spectacle
26:31c'est prendre la correspondance
26:33et prendre l'histoire de ma vie
26:34pour en faire un seul en scène
26:35ça a été un énorme travail
26:36de construction au départ
26:37oui mais c'est beau le théâtre
26:39parce que c'est quand même
26:40tout à fait direct
26:41c'est pour ça que les gens
26:41qui sont là
26:42et qui entendent
26:43Georges Sand
26:44parce que vraiment
26:45je suis Georges Sand
26:46je ne suis pas habillée
26:48déguisée en Georges Sand
26:49je me suis coupée les cheveux
26:50pour avoir l'air un peu masculine
26:51elle s'habillait en homme
26:52mais c'est surtout
26:55je crois beaucoup
26:56à la vertu du théâtre
26:57le théâtre vous savez
26:58c'est comme dans une église
27:00il y a quelque chose
27:01d'un peu religieux
27:03on est tous concentrés
27:06ensemble
27:06avec le désir
27:07de sortir meilleur
27:10c'est une cure le théâtre
27:11ça n'est pas que du plaisir
27:13ou du divertissement
27:13c'est pour ça que
27:14les occasions de faire
27:16des spectacles comme ça
27:16sont rares
27:17parce que malheureusement
27:18on se développe
27:20le divertissement
27:20la comédie
27:21les trucs un peu comme ça
27:22qui ne servent à rien
27:23tandis que ça
27:24c'est vraiment
27:25je pense que les gens
27:26qui viennent me voir
27:26sont transformés
27:30ils sortent de là
27:31une autre personne
27:32alors il y a bien sûr
27:34des extraits de ce spectacle
27:35vous avez réuni ce spectacle
27:37ce qui est assez rare
27:37déjà en CD
27:39oui
27:39alors voilà
27:40on vient de le recevoir
27:41il est en vente
27:42partout
27:42à la FNAC
27:43et ailleurs
27:43et c'est vraiment le spectacle
27:45dans son intégrité
27:46et j'en suis très fière
27:48parce que
27:48on peut vraiment
27:49pour ceux qui ont encore
27:50des lecteurs de CD
27:51parce que maintenant
27:52dans les voitures
27:53il n'y a même plus de lecteurs
27:54mais quand même
27:55c'est une trace utile
27:57c'est peut-être
27:58mon plus beau spectacle
27:59de ma vie
27:59et bien on va en écouter un trait
28:00qui suis-je ?
28:03noble
28:04libéral
28:05canaille
28:07hérétique
28:08schismatique
28:09pamphlétaire
28:10jacobine
28:12émigré
28:13partisan du despotisme
28:15de la république
28:17dévote
28:18athée
28:19etc
28:19etc
28:20vous auriez pu
28:21effectivement
28:22choisir
28:22sa correspondance
28:23avec Flaubert
28:24avec Musset
28:25et d'autres
28:25vous avez choisi Chopin
28:27ah oui oui
28:27c'est ça le deal
28:29n'est-ce pas
28:29c'est cette histoire
28:30qui a duré 9 ans
28:31avec un début
28:32une fin
28:32avec la mort de Chopin
28:33et c'est surtout
28:36je crois qu'elle a écrit
28:38ses plus belles choses
28:39à ce moment-là
28:39alors vous savez
28:41c'est drôle Jacques
28:42parce que chaque fois
28:43que je viens vous voir
28:44je suis une autre personne
28:46on n'est pas la même
28:47au cours de la vie
28:49et je pense que
28:50je m'améliore
28:51je pense que
28:52cette dame
28:53madame Sand
28:54comme par le passé
28:55Colette
28:56et par le passé
28:57aussi
28:57Margaret Duras
28:58elles m'ont
29:01donné
29:01des impulsions
29:02elles m'ont chargée
29:03de quelque chose
29:04de
29:05non seulement
29:06de les faire survivre
29:07mais
29:07pas seulement ça
29:09d'être moi-même
29:10à la hauteur
29:11de ce qu'elles ont entrepris
29:12et je crois que
29:14j'ai jamais
29:15aussi bien
29:16interprété
29:17quoi que ce soit
29:18parce que c'est
29:19c'est une
29:20une piste
29:21qui est devant moi
29:22et qui est due aussi
29:23à tout ce que j'ai vécu
29:24et vous savez
29:25pourquoi je suis une fervente
29:26de la vieillesse
29:27parce que
29:28il y a du désintéressement
29:30dans la vieillesse
29:31on vient donner
29:32vraiment
29:32pour le bien des autres
29:34je n'ai plus rien à prouver
29:35vous comprenez
29:36ma vie
29:36j'ai fait tout ce que j'ai fait
29:37vous avez vu la liste
29:38de tous les trucs
29:39que vous dénichez
29:41dans ma bio
29:43c'est pas de ça
29:43qu'il s'agit
29:44il s'agit aujourd'hui
29:45d'être
29:48prometteuse
29:48que quand on vient me voir
29:51on a
29:52envie
29:53d'en savoir plus
29:54donc
29:54les gens iront lire
29:55Georges Sandre
29:56iront écouter Chopin
29:57mais aussi
29:59réfléchiront
30:00et sauront
30:01qu'est-ce qu'ils font
30:02de leur propre vie
30:03et c'est la même chose
30:04avec bien sûr
30:05la littérature
30:05oui parce que finalement
30:07Georges Sandre
30:08est d'actualité
30:09aujourd'hui
30:09quand on lit ses textes
30:11ils sont du 21ème siècle
30:12c'est incroyable
30:13oui parce que
30:14vous voyez
30:15ce qui est extraordinaire
30:16chez Georges Sandre
30:17c'est que ce qu'elle dit
30:19est faisable
30:21c'est acceptable
30:22tout de suite
30:23on peut appliquer
30:24tout de suite
30:24elle n'était pas
30:25une révolutionnaire
30:26une agitée
30:26comme était Louise Michel
30:28ou Alain de Gouges
30:29dont on se dit
30:30qu'elle pensait
30:31qu'il fallait qu'elle soit
30:32vraiment
30:36presque révolutionnaire
30:37au sens
30:37le plus
30:38le plus
30:39le plus violent
30:40du monde
30:41mais non
30:42pas Georges Sandre
30:42Georges Sandre
30:43elle est droite
30:44elle vous dit des choses
30:45applicables
30:46elle vous dit des choses
30:47aussi honnêtes
30:49on pourrait presque dire
30:50qu'elle n'est ni de droite
30:51ni de gauche
30:52elle est simplement humaine
30:53alors ça
30:54ça m'a beaucoup plu moi
30:55parce que je pense
30:56que c'est
30:57c'est une forme de féminisme
30:58qui est celle
30:59que je défends
31:00aujourd'hui
31:01alors
31:02Chopin est là
31:03encore il fallait qu'il choisit
31:04les bons morceaux de Chopin
31:05parce qu'il y en a une quantité
31:07alors on a été très rigoureux
31:08nous avons choisi
31:09des pièces qui ont été composées
31:10pendant leur époque
31:11surtout
31:12à Val-des-Moses
31:13il y a une ou deux pièces
31:15par exemple
31:16la posthume
31:16qui est la révolutionnaire
31:18qu'on a mis à la fin
31:18mais dans l'ensemble
31:20c'est aussi
31:20pour les historiens
31:22de la musique
31:23c'est aussi
31:24tout à fait chronologique
31:25et pourquoi avoir choisi
31:27un pianiste
31:27pour vous accompagner
31:28M. Meryl ?
31:29parce que
31:30moi je parle avec des mots
31:31il me répond avec des musiques
31:33et il faut qu'elles soient
31:33au niveau des mots
31:34et donc je suis très heureuse
31:36que Eric Berchaud ait accepté
31:37de faire ce spectacle
31:38parce que vous savez
31:38aux poches
31:39on ne gagne pas beaucoup d'argent
31:41c'est un tout petit théâtre
31:43mais c'est fait pour justement
31:44c'est un laboratoire
31:45ce théâtre de poche
31:47et je voudrais rendre hommage
31:48à Philippe Tesson
31:49qui a créé cet endroit
31:50c'est une espèce de grotte
31:52c'est une espèce de grotte miraculeuse
31:52où on peut faire des spectacles
31:54comme celui-là
31:55et qui entraîne les gens
31:58vraiment dans le plaisir
32:00de réfléchir
32:01de la pensée
32:02il se trouve aussi
32:03que Philippe Tesson
32:04avait écrit différents journaux
32:05dont le quotidien de Paris
32:07vous en avez participé
32:08un petit peu
32:09il se trouve aussi
32:10qu'il connaissait tout
32:11sur le théâtre
32:12et tout sur les gens
32:12et c'est le genre de personne
32:14qui a travaillé jusqu'au bout
32:15avec passion
32:15mais vous savez
32:16c'est le secret de la vie
32:18de l'aimer jusqu'au bout
32:20de ne pas lâcher
32:21et puis surtout
32:22moi je hais la retraite
32:23le mot retraite
32:24rien que ça
32:25déjà ça me donne froid dans le dos
32:26c'est qu'il faut avoir
32:28des activités
32:29qui soient des activités essentielles
32:30et en plus
32:31on se perfectionne avec le temps
32:32regardez-vous
32:33comment vous êtes
32:34un champion maintenant
32:35plus que jamais
32:36c'est-à-dire il faut
32:38on s'améliore
32:39et en plus
32:40il faut prendre des enjeux
32:42de plus en plus grands
32:43Michel Legrand
32:43il me disait ça
32:44il me disait
32:45quand il écrivait
32:45tu sais
32:46c'est difficile à jouer
32:47mais les musiciens
32:48il faut qu'ils en chient
32:49il faut que ce soit
32:50de plus en plus difficile
32:51à jouer
32:51parce que sinon
32:52on ne peut pas reposer
32:53sur ses lauriers
32:54ni être en représentation
32:57de soi-même
32:57il faut tout le temps
32:58tenter des choses
32:59Eric Berchot a travaillé aussi
33:01avec Michel Legrand
33:01et aussi avec Charles Aznavour
33:03qui l'a accompagné
33:03pendant des années
33:04et dans ce spectacle
33:05il y a différents morceaux
33:07dont cet extrait
33:08de la Mazurka numéro 2
33:09opus 24
33:10qui est dans le CD
33:24morceau classique de Chopin
33:26par Eric Berchot
33:27il se trouve aussi
33:27que Michel Legrand
33:29a été très important
33:30dans la carrière
33:31d'Eric Berchot
33:31parce qu'il a beaucoup soutenu
33:32et Michel Legrand
33:33plus que jamais
33:34vous le défendez
33:35puisqu'au mois de juin
33:35il y aura
33:36comme chaque année
33:37un festival
33:38avec un prix
33:40que nous attribuons
33:42à un compositeur
33:43de musique de film
33:44parce qu'avec ce qui se passe
33:45maintenant
33:46avec l'intelligence artificielle
33:48et surtout
33:48les plateformes
33:49qui se servent
33:50dans les banques
33:51de musique
33:52et qui n'engagent plus
33:54de compositeurs
33:55parce que ça coûte cher
33:55un compositeur
33:56à enregistrer
33:57les musiques
33:58les orchestres
33:59les musiciens
33:59et donc ils ne veulent plus
34:01ils veulent d'abord
34:02garder les droits musicaux
34:03puis en plus
34:03ils ne veulent pas non plus
34:04sauf que ça va se tarir
34:06un beau jour
34:07il n'y aura plus
34:07de modèles
34:08et on ne pourra plus
34:09composer
34:10avec les musiques
34:11du passé
34:12alors l'histoire
34:13entre Eric Berchaud
34:14et Michel Legrand
34:16est très belle
34:16c'est que quand il avait
34:179 ans
34:18Eric Berchaud
34:19ses parents l'ont présenté
34:20à Michel
34:21qui était donc
34:22son aîné de 20 ans
34:24et il lui a joué
34:25une valse de Chopin
34:27et il a dit tout de suite
34:28le conservatoire
34:29c'est à dire
34:29il a fait suivre
34:31à Berchaud
34:31son propre parcours
34:33ils sont restés copains
34:34pour toujours
34:35parce qu'après
34:35ils ont découvert
34:36qu'ils avaient un peu
34:36les mêmes goûts
34:37les voitures de sport
34:38les avions
34:40les voyages
34:41et Michel emmenait
34:43presque tout le temps
34:43Eric avec lui
34:45dans ses concerts
34:45c'était une histoire
34:47d'un disciple
34:48vraiment
34:48d'un maître
34:49et d'un disciple
34:50et c'est tout à fait touchant
34:51que maintenant
34:51il soit auprès de moi
34:52pour ce spectacle
34:53et le festival
34:55le président
34:55de ce prix
34:57c'est Vlokar Chendorf
34:58cette année ?
34:59cette année
34:59c'est Volker
35:00qui est un grand amateur
35:01de musique
35:02de film aussi
35:02il a peut-être
35:03un film à Cannes
35:04donc nous on est le 21 juin
35:06qui est le jour
35:06de la fête de la musique
35:07et je fais ça
35:09dans la maison
35:10de Michel Legrand
35:11qui est à côté
35:12dans le Loiret
35:13à côté de Montargis
35:14avec un concert
35:15et bien entendu
35:16visite un peu
35:18de cette maison musée
35:19où Michel a composé
35:20et je précise
35:21que Vlokar Chendorf
35:23a eu la palme d'or
35:25à Cannes
35:25en 79
35:26avec Apocalypse
35:28en même temps
35:28qu'Apocalypse Now
35:29et dans le jury
35:30il y a eu Françoise Sagan
35:31et le jour
35:32où j'étais à Cannes
35:33j'ai vu ce film
35:33Françoise Sagan
35:34était à côté de moi
35:35donc membre du jury
35:36elle s'est endormie
35:37pendant le film
35:39mais vous savez
35:39on peut voir
35:40des brimes de films
35:41et se rendre compte
35:42que ce sont des chefs d'oeuvre
35:43il y avait des célèbres
35:44critiques qui s'endormaient
35:45toujours
35:45et qui faisaient
35:46des critiques exceptionnelles
35:48il suffisait
35:48de quelques instants
35:49qui l'avaient ému
35:51Alors Sainte-Chopin
35:52c'est au théâtre de poche
35:53Montparnasse
35:53du mercredi au samedi
35:55Alors je joue
35:55le mardi, mercredi, jeudi
35:57parce que les samedis, dimanches
35:59je suis souvent
35:59dans les salons du livre
36:00avec ce livre
36:01qui vient de sortir
36:02et donc j'ai préféré
36:03prendre cette tranche
36:05vous savez que maintenant
36:05les théâtres
36:06sont des usines à gaz
36:07on est plusieurs spectacles
36:09surtout au poche
36:10où la fille
36:11de Philippe Tesson
36:13Stéphanie
36:13qui est vraiment
36:14gère ce théâtre
36:15d'une façon admirable
36:16elle a une programmation
36:18extraordinaire
36:19que des classiques
36:20Alors ce livre
36:20justement
36:21on va l'évoquer
36:22à travers la date
36:23de sa sortie
36:23le 26 février
36:242026
36:25à tout de suite
36:26sur Sud Radio
36:26avec Masha Meryl
36:27Sud Radio
36:29Les Clés d'une Vie
36:29Jacques Pessis
36:31Sud Radio
36:31Les Clés d'une Vie
36:32mon invité Masha Meryl
36:33on a parlé de
36:34le stand Chopin
36:35votre actualité au théâtre
36:36mais en même temps
36:38vous avez une activité littéraire
36:39c'est normal pour quelqu'un
36:40qui a dépassé
36:41l'âge de la retraite
36:42de travailler autant
36:43le 26 février 2026
36:45Je marche vers elle
36:46un livre qui est sorti
36:47chez Alpin Michel
36:48un livre qui évoque Hélène
36:50votre soeur
36:51votre soeur aînée
36:52qui est partie voici quelques mois
36:54et je crois que ce livre
36:55au départ vous ne comptiez pas
36:56l'écrire
36:56C'est extraordinaire
36:58parce que
36:58vous savez quand on
36:59sent que la fin est proche
37:01de quelqu'un
37:02qu'on connait bien
37:04comme ma soeur aînée
37:05elle avait 96 ans
37:07elle avait toutes les pathologies
37:08du monde
37:09mais quand même
37:10elle tenait bon
37:11elle était à la maison
37:12et quand elle nous recevait
37:13elle s'habillait
37:14elle se coiffait
37:14elle nous recevait dans le salon
37:16mais nous savions
37:17que c'était un peu la fin
37:18et donc
37:19quand j'allais lui rendre visite
37:20je tenais un journal
37:22parce que je me disais
37:23que la mémoire
37:25est dangereuse
37:26on risque
37:27que les souvenirs
37:27peuvent s'estomper
37:28les détails
37:29des choses que nous avons vécues
37:30et puis il y a
37:31quand s'approche la mort
37:32la mort c'est quand même
37:34le plus grand événement de la vie
37:35et quand on a sens approcher
37:38on sent qu'il y a des choses
37:39à échanger
37:40qui sont d'un autre ordre
37:42même quand on ne se parle pas
37:43même simplement
37:44la présence l'un à côté de l'autre
37:45et je voyais bien
37:47que le temps s'étirait
37:49mais que
37:50c'était ces instants là
37:52qu'il fallait que je
37:52que je saisisse
37:54et puis elle nous a quittés
37:56et il y a après
37:57toutes les choses
37:58compliquées
37:59la maison à vider
38:00les objets
38:01l'absence
38:02et puis
38:03les équilibres
38:03qui se recréent
38:04quand une personne proche
38:06s'en va
38:06tout autour
38:07se transforme
38:08on n'est pas
38:09l'équilibre familial
38:10n'est plus le même
38:12alors je prenais des notes
38:13et puis j'ai
38:14un éditeur
38:15qui est Gérard de Cortance
38:16chez Alba Michel
38:17et je lui ai dit
38:17tiens je vais te donner
38:18à lire ce que j'ai écrit
38:19pendant les dernières semaines
38:21de ma soeur
38:22et il m'a dit
38:22je te publie tout de suite
38:23parce que
38:24j'ai écrit d'une traître
38:26rien
38:26je n'ai rien changé
38:27de ce que vous avez lu
38:28parce que je n'ai pas
38:30ce n'est pas vraiment un livre
38:32et je ne pensais pas publier
38:34mais
38:35peut-être que je suis utile
38:37parce que
38:38je raconte que
38:40la chance
38:42c'est quand on peut vivre
38:43jusqu'à la fin
38:44avec la curiosité
38:45qu'elle avait
38:46c'est-à-dire
38:47elle s'est toujours intéressée
38:48à ce qui se passait
38:48en dehors d'elle
38:49elle n'était pas
38:51refermée sur elle
38:52donc elle n'était pas grincheuse
38:53elle ne se plaignait pas
38:55alors il y a aussi
38:56un peu le sang bleu
38:57aristocrate aussi
38:58il fallait qu'elle ne montre pas
39:00ses souffrances
39:00mais j'ai beaucoup
39:01admiré sa façon
39:03de partir
39:04et j'ai aussi pensé
39:05que
39:05c'est un modèle
39:07de dire
39:07que
39:09le bonheur
39:10c'est de vivre
39:11jusqu'au bout
39:14je vous dis
39:14ces derniers instants
39:16elle était dans une
39:17salle d'urgence
39:18et il y avait
39:19des petits enfants
39:20noirs
39:21qui jouaient au foot
39:22entre les jambes
39:22des patients
39:24et pof
39:25son coeur s'est arrêté
39:26et elle riait
39:27de voir ses enfants jouer
39:28je pense que
39:29de ne pas se refermer
39:30sur soi
39:31de ne pas être
39:33dans la
39:35comment dire
39:36dans la souffrance
39:37et aussi
39:38le chantage
39:39que la souffrance
39:40exerce sur les autres
39:41parce que
39:41qu'est-ce que vous voulez
39:42qu'on fasse
39:42face à qui souffre
39:44à part les médecins
39:45qui vous donnent
39:45de la morphine
39:46on est là
39:47et on est impuissant
39:48mais
39:49j'ai appris d'elle
39:51que je sais
39:52comment je partirai
39:52moi-même
39:53et puis surtout
39:54elle a été pour vous
39:55non seulement
39:55une grande soeur
39:56mais presque
39:56une marraine
39:57dans les temps difficiles
39:58Masha Vyril
39:59ah bah oui
40:00parce que quand
40:00mon père est décédé
40:02c'est elle qui a soutenu
40:03à bout de bras
40:03ma mère
40:04qui était désespérée
40:05donc nous étions
40:06quatre femmes
40:07mes deux soeurs
40:08et moi
40:08et moi j'étais là
40:10toute petite
40:12donc elle a beaucoup
40:12elle a remplacé ma mère
40:14un peu aussi
40:14quand ma mère est décédée
40:16et vous savez
40:17ces choses-là
40:17on s'en rend compte après
40:19qu'elle était
40:20le mât
40:21auquel tout le monde
40:22était accroché
40:23et
40:24petite vie
40:25mais grand personnage
40:27et vous étiez au départ
40:28des petites russes françaises
40:29c'est-à-dire qu'on ne parlait pas russe
40:30à la maison
40:31Masha Vyril
40:31alors ça c'était une volonté
40:33de mes parents
40:33qui voulaient
40:33que nous soyons intégrés
40:34alors
40:35ils voulaient que
40:36mon père disait
40:37une sera institutrice
40:38l'autre sera couturière
40:39et la troisième sera infirmière
40:41mais bon
40:42on n'a pas tout à fait obéi
40:43mais en vérité
40:44c'était ça l'idée
40:45c'était que nous
40:46ne soyons pas différentes
40:48donc
40:49pas trop
40:51j'étais pas mécontente
40:52d'avoir changé de nom
40:53pour faire du cinéma
40:54vous voyez
40:54pour fondre un peu
40:56dans
40:56dans
40:57dans
40:57dans
40:58les noms français
40:59mais
41:01petit à petit
41:01avec l'âge
41:02ça remonte un peu
41:04à la surface
41:05et c'est plus fort que tout
41:06on peut pas empêcher
41:07d'être
41:07d'avoir les origines
41:08qu'on a
41:09et surtout
41:11mes soeurs
41:11elles m'ont pas toujours appréciée
41:12parce que j'étais quand même
41:13une petite rebelle
41:14en 68
41:15donc elles étaient
41:16plutôt
41:17chiraciennes
41:19mais
41:20à la fin
41:21tout ça
41:21ça s'estompe
41:23et on est redevenu
41:24des soeurs
41:25et la sororité
41:25c'est très fort
41:26c'est quelque chose
41:27qu'il ne faut pas négliger
41:29il se trouve que
41:30votre soeur Hélène
41:31était aussi dans l'univers
41:32du cinéma
41:33mais du côté du montage
41:34car elle a été
41:35une monteuse
41:36de télévision
41:37et de cinéma
41:37je crois qu'elle a été
41:38une pionnière
41:39des séries télévisées
41:41tout à fait
41:42Sébastien
41:45Blanc-Bleu-Rouge
41:46Les Dames de Montsoro
41:47et vous savez
41:48on ne sait pas très bien
41:49les gens ne connaissent pas
41:49ce que c'est que le métier
41:51de monteuse
41:52c'est un travail de l'ombre
41:53mais c'est fondamental
41:54parce que
41:55il faut construire le film
41:57et surtout soutenir
41:58le metteur en scène
41:59parce que le metteur en scène
42:00il est plein d'angoisse
42:01il n'est pas sûr
42:02d'avoir bien fait filmer
42:03ce qu'il voulait filmer
42:04il n'est pas sûr
42:05de ses acteurs
42:05même si bien entendu
42:07tout se passe en amont
42:08mais quand même
42:09c'est à la fin
42:10dans la salle de montage
42:11que le film se détermine
42:12et ma soeur
42:13elle était un peu
42:14comme une psy
42:15pour ces metteurs en scène
42:16elle les aidait
42:17à se rassurer
42:19à penser que
42:20et surtout
42:20un talent technique
42:22extraordinaire
42:23qu'elle tenait
42:24de la musique
42:25elle était très musicienne
42:26elle aimait beaucoup
42:27la musique
42:27et je pense que
42:28quand on a des connaissances
42:30on a aussi le sens
42:31le film
42:31le cinéma
42:32et la musique
42:34ce sont très proches
42:35ce sont des durées
42:36des émotions
42:37des coups de théâtre
42:38et donc
42:39elle avait
42:40cet art-là
42:41ce savoir-faire
42:42en s'opposant
42:43quelquefois
42:43au metteur en scène
42:44en disant
42:44vous devriez couper
42:45cette scène
42:45plutôt que celle-là
42:46absolument
42:46elle l'a fait
42:47avec Konchalovski
42:48qui était quand même
42:49une star
42:50c'était pour le bien
42:52du film
42:52et pour le bien
42:54du metteur en scène
42:54lui-même
42:55et donc elle était
42:56très efficace
42:57et à l'époque
42:57les générations
42:58d'aujourd'hui
42:59ne le savent pas
42:59ce n'était pas du numérique
43:01il y avait des montages
43:02particulièrement complexes
43:03avec des bobines partout
43:04c'était extraordinaire
43:05une salle de montage
43:06il y avait des clous partout
43:07avec des petits bouts
43:09de pellicules accrochés
43:09et il fallait avoir
43:10une mémoire visuelle
43:11savoir dans quelle scène
43:13était dans quel tronçon
43:14de pellicule
43:14puis en plus
43:15vous savez
43:15il y avait des grandes
43:17maux violats
43:17comme ça
43:18on montait sur la pellicule
43:19et il y avait des colleuses
43:20la colleuse
43:21avec des gants blancs
43:22parce qu'il ne fallait
43:22surtout pas mettre
43:23de poussière
43:23sur la pellicule
43:24on collait les morceaux
43:26entre eux
43:26et bon tout ça
43:27c'était une époque
43:28très révolue
43:29oui mais en même temps
43:29c'était un travail
43:30très complexe
43:31et vous parliez
43:32de Belle et Sébastien
43:32je ne sais pas
43:33si vous le savez
43:33mais on voit
43:35la chienne
43:36suivre Sébastien
43:37en permanence
43:38cette chienne
43:39ne voulait pas
43:39suivre Sébastien
43:40et on mettait
43:41du chocolat
43:41dans la poche
43:42de Sébastien
43:43pour que la chienne
43:43suive le petit garçon
43:45ça je vais vous dire
43:45chaque fois qu'on tourne
43:46avec un animal
43:47c'est toujours
43:47la même histoire
43:48les animaux
43:49ne sont pas très dociles
43:50mais j'ai un chien
43:52aussi dans la série
43:53que je tourne
43:53avec Florence Bernel
43:54qui s'appelle
43:55Enquête parallèle
43:56et ce chien
43:57c'est une brute
43:58il ne veut absolument
43:59pas nous obéir
44:01il y a aussi une scène
44:02que vous racontez
44:03dans ce livre
44:03c'est le jour
44:04où votre soeur Hélène
44:05a voulu embarquer
44:07des pellicules
44:07pour donner un cours
44:08à des élèves
44:09alors elle enseignait
44:10à l'IAD
44:11qui est une école
44:12à Bruxelles
44:13en Belgique
44:13et alors
44:14elle a fait une chose
44:15unique
44:16parce que les professeurs
44:17étaient toujours
44:17un peu théoriques
44:18elle a amené
44:19les morceaux du film
44:20qu'elle était en train
44:20de monter
44:21et donc les élèves
44:23ils étaient aux anges
44:23parce qu'ils ont vu
44:24vraiment comment
44:25être leur propre métier
44:27et elle l'a fait
44:28un petit peu
44:28en cachette de la production
44:29parce qu'on n'a pas la voie
44:30de sortir les pellicules
44:31comme ça
44:31mais vous voyez
44:32elle faisait des actes
44:33de générosité
44:34surtout parce qu'elle aimait
44:36les autres
44:36elle était intéressée
44:37par les autres
44:38et puis il y avait
44:39ce côté anticommercial
44:41on n'est pas sûr
44:42qu'un film marche au départ
44:43la guerre des boutons
44:44par exemple
44:44ça n'a pas marché tout de suite
44:45la boum
44:46au bout de 4 jours
44:47ça a failli être tiré
44:47de l'affiche
44:48là aussi
44:48vous en parlez longuement
44:50oui parce que
44:51c'est très injuste
44:53on ne peut pas comprendre
44:54l'esprit collectif
44:56quand tout d'un coup
44:57un film ne rencontre pas
44:58son public
44:59mais qu'il le rencontre
45:00plus tard
45:00la guerre des boutons
45:016 mois
45:02ils l'ont sorti
45:03et puis ils l'ont ressorti
45:04une deuxième fois
45:04sans rien changer
45:05mais voilà
45:06c'est l'état du public
45:07on ne peut pas savoir d'avance
45:09alors moi je suis un peu
45:11une championne de chef-d'oeuvre
45:14j'ai fait tourner
45:15dans beaucoup de très grands films
45:16comme le film
45:18d'Agnès Vardas
45:18Antoine Illoy
45:19comme Belle de Jour
45:20comme Une femme mariée
45:22de Godard
45:23donc ces films-là
45:24ils sont éternels
45:25dès le début
45:26on le sait
45:26quand c'est des chefs-d'oeuvre
45:27mais dans le cas
45:29de Godard
45:30c'est lui-même
45:31qui montait
45:31il n'avait pas de monteur
45:32ni de monteuse
45:33et ma soeur
45:34elle savait
45:35quand le film
45:35était de qualité
45:36mais savoir après
45:38si ça va rencontrer
45:39le public
45:39c'est une énigme
45:41et grâce à elle
45:42vous avez retrouvé
45:43des documents du passé
45:44des documents
45:45des fresques
45:46de Géorgie
45:47des photos
45:49de l'Ukraine
45:50car elle avait
45:51tout conservé
45:52Mme Eryl
45:52c'était extraordinaire
45:53quand on a commencé
45:54à ouvrir
45:55tous ces dossiers
45:57tous ces chemises
45:58dans lesquelles
45:58elle gardait des photos
45:59on a vu
46:00qu'elle cultivait
46:01elle avait
46:02par exemple
46:03des photos
46:04de ma mère
46:05avant la révolution
46:07elle avait trouvé
46:08des photos
46:08de notre ancêtre
46:10qui est un grand peintre
46:11Grigori Gagarin
46:12qui a fait
46:13toutes les fresques
46:14de l'église
46:14de Tbilisi
46:15en Géorgie
46:16et pas que ça
46:17il y avait aussi
46:19des amis
46:19des voisins
46:20qu'on connaissait pas
46:21elle était très ouverte
46:22et très
46:24moi je pense que
46:25si je dois donner
46:26une définition
46:27de l'élégance
46:29de l'aristocratie
46:30c'est de ne pas faire
46:32de différence
46:32entre les êtres
46:33ma soeur était
46:34tout aussi aimable
46:35avec le petit coursier
46:36qui amenait les péloches
46:38qu'avec son voisin
46:39dans sa maison
46:40de Normandie
46:41qui était un paysan
46:42pratiquement illettré
46:43et avec
46:46les grands
46:47metteurs en scène
46:48et producteurs
46:49qu'elle rencontrait
46:50elle ne faisait pas
46:51de différence
46:52et puis vous évoquez
46:53la cuisine bien sûr
46:54puisque vous la prépariez
46:55pour votre soeur
46:56et vous évoquez
46:57un fromage de promis
46:59clandestin
47:00d'un fromager
47:01de Montréal
47:02oui j'aurais pas dû
47:03c'est pas gentil
47:04de le dénoncer comme ça
47:05parce que
47:06écoute il faut que vous sachiez
47:07qu'à cause de certaines
47:08lois européennes
47:09il y a des fromages
47:11de chèvres
47:11de brebis surtout
47:13qui sont interdits
47:14parce que
47:15ils sont faits
47:16dans des ateliers
47:17en haut des montagnes
47:19qui ne sont pas carrelés
47:20selon les lois européennes
47:22alors mon fromager
47:23que je salue
47:25parce que c'est vraiment
47:26un grand fromager
47:27il vend
47:28cet homme
47:29un peu sous le manteau
47:31c'est un délice
47:33vous pouvez pas imaginer
47:34Jacques
47:35c'est des choses
47:36que vraiment
47:36il faut pas que ça se perde
47:38parce que c'est ça la France
47:39la vieillesse que vous évoquez
47:41votre soeur
47:42Masha Meryl
47:42l'évoquait en disant
47:43c'est pas mal
47:44on voit les choses
47:45vues d'avion
47:46c'est pas beau cette formule
47:47c'est parmi les dernières choses
47:48qu'elle m'a dites
47:49et qui est justement
47:50pour vous illustrer
47:52à quel point
47:53la vieillesse
47:53est un âge
47:54exceptionnel
47:55parce que
47:55on s'élève
47:58on regarde les choses
47:59dans leur ensemble
48:01et quelque part
48:03il y a du bonheur
48:05à ne pas
48:07juger
48:08à ne pas espérer
48:10à ne pas attendre
48:11des changements
48:11c'est ça qui est
48:13formidable
48:13dans la vieillesse
48:14et puis aussi
48:17je pense
48:18d'ailleurs
48:18beaucoup de sociétés
48:19se servent
48:20des personnes âgées
48:22des sages
48:22je pense que
48:23quand on est vieux
48:24on a des visions
48:26d'ensemble
48:26qui sont
48:28utiles
48:29qui sont valables
48:30c'est peut-être
48:30ce qui nous manque
48:31dans nos sociétés
48:32très jeunistes
48:32oui
48:33le jeunisme
48:34est une mode
48:35qui passe très vite
48:36avec l'âge
48:36et elle vous a fait
48:38promettre de vivre
48:39vos prochaines années
48:40les plus longues possibles
48:41avec légèreté
48:43et efficacité
48:43c'est ça
48:44et de faire quand même
48:46parce que
48:46vous savez
48:47d'abord Michel
48:48le grand
48:48quand il nous a quitté
48:49il m'a laissé
48:50gagner des charges
48:51j'ai deux opéras
48:53les chansons inédites
48:56et moi-même
48:57il me poussait beaucoup
48:58à faire un film
48:59que je voudrais faire
49:01et que ma soeur
49:03connaissait
49:03elle m'a aussi
49:04beaucoup encouragée
49:05qui est un mélange
49:07documentaire et fiction
49:08sur ma vie
49:08et je pense que
49:10je vais tout faire
49:11pour essayer de le faire
49:12ce film
49:12aussi pour ma soeur
49:13et ce livre
49:14justement est un exemple
49:15de jeunesse
49:16et de vie
49:17et ça c'est un message
49:18que vous voulez transmettre
49:19à beaucoup de gens
49:20oui parce que
49:22c'est pas une calamité
49:23la vieillesse
49:24on se ralentit un peu
49:25on dort un peu plus
49:26il faut faire attention
49:27un peu à sa santé
49:29d'ailleurs vous savez
49:30la santé on se la fait aussi
49:31on fabrique sa santé
49:32si on y croit
49:33et surtout
49:34on prend quelques dispositions
49:36moi je voyais
49:37je ne prends plus de café
49:39je fais un petit peu
49:40attention à ce que je mange
49:42je suis très gourmande
49:43alors le vin
49:43ça je ne peux pas m'en passer
49:44il n'y a rien à faire
49:45mais quand même
49:46ce n'est pas ça
49:47l'important
49:48l'important c'est
49:48de ne pas croire
49:50que c'est fini
49:51c'est jamais fini
49:52c'est fini
49:52quand c'est fini
49:53pouf tout d'un coup
49:54vous savez la mort
49:55c'est très curieux
49:55c'est une seconde
49:56et puis on n'est plus là
49:57donc jusqu'au bout
49:59il faut être présent
50:01et au théâtre
50:02de Poche-Montparnasse
50:03au centre Chopin
50:04que vous jouez donc
50:07chaque semaine
50:07il y a un exemple
50:08à suivre
50:09il y a Judith Magre
50:09à 99 ans
50:10qui continue à lire
50:11extraordinaire
50:12elle est à côté de moi
50:13et voilà
50:14j'espère comme elle
50:15continuer jusqu'au bout
50:16le plus longtemps possible
50:17avec toutes les activités
50:19que vous avez
50:19ça ne m'étonnerait pas
50:20et j'en suis même convaincue
50:22donc centre Chopin
50:23au théâtre de Poche-Montparnasse
50:25et puis chez Albin Michel
50:26je marche vers elle
50:27un livre plein d'émotions
50:29qui est un exemple
50:29à suivre comme le vôtre
50:30M. Méril
50:31merci Jacques
50:32alors à bientôt
50:32pour d'autres activités
50:33ben oui
50:34on se retrouve tout le temps
50:35c'est comme les réunions de famille
50:36avec vous
50:37on fait le point
50:38on fait le bilan
50:40de ce qu'on a réussi à faire
50:41alors à la prochaine fois
50:42et merci
50:42merci Jacques
50:43les clés d'une vie
50:44c'est terminé pour aujourd'hui
50:45on se retrouve bientôt
50:46restez fidèles
50:47à l'écoute de Sud Radio
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