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  • il y a 12 minutes

Les clefs d'une vie de Félix Moati

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-03-24##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celles de mon invité.
00:05Votre univers, ce sont de petites familles qui ont fini par constituer une grande.
00:09La traditionnelle, qui vous a permis de vous initier à la culture.
00:13Celle du cinéma, vous avez rapidement grandi.
00:15Et celle que vous avez construite, si chère à votre cœur.
00:18Le titre de votre premier roman, Voir clair, symbolise parfaitement l'heure qu'on va passer ensemble,
00:23Voir clair, dans votre parcours.
00:25Bonjour Félix Moratti.
00:26Bonjour et merci de me recevoir.
00:27C'est nous qui sommes heureux de vous reçoire, vous avez un tel parcours.
00:30Et le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer ce parcours à travers des dates clés,
00:34qu'on va passer un moment fabuleux ensemble.
00:36Alors, bien sûr, Voir clair, qui est aux éditions de l'Observatoire, qu'on évoquera tout à l'heure.
00:41Mais le principe des clés d'une vie, c'est donc des dates clés de votre parcours ou liés à
00:45votre famille.
00:45Et la première date que j'ai trouvée, elle est liée à votre famille, le 25 août 1944.
00:50Paris. Paris, août âgé.
00:54Car je crois que votre grand-père paternel a participé, Félix Moratti, à la libération de Paris.
00:59En effet.
01:01Alors, je n'ai pas eu la chance de connaître mon grand-père paternel puisqu'il est mort quand mon
01:04père à moi avait 11 ans.
01:07Donc, de lui, je ne connais que le récit qu'en a fait mon père.
01:10Mais en effet, oui, non seulement il était résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été déporté.
01:16Sa chance, si j'ose dire, c'est qu'il n'a pas été déporté en tant que juif, mais
01:19été déporté en tant que socialiste et résistant.
01:24Il a réussi à s'échapper du camp de Saxonhausen à Berlin.
01:27Il a rejoint Paris où il a participé à la libération aux côtés des résistants français.
01:34Et après, il est non content d'avoir fait ça.
01:38Il est retourné en Tunisie et il a milité pour la décolonisation et aux côtés de Bourguiba.
01:43Et en même temps, il était journaliste pour deux quotidiens, Tunis Socialiste et Le Petit Matin,
01:48qui étaient des quotidiens en langue française, qui avaient beaucoup d'importance justement dans tout ce que vous racontez.
01:53Exactement.
01:54Alors, il se trouve que la libération de Paris, il y a une chose qu'on sait peu,
01:56parce que Pierre Crenès au micro annonce la libération de Paris,
01:59mais en fait, l'émetteur avait été volé par un groupe de résistants aux Allemands
02:03qui s'étaient déguisés en allemand avec de faux certificats
02:07et qui ont réussi à prendre en émetteur qu'ils ont mis dans un immeuble rue de la Tour dans
02:11le 16e.
02:11Et c'est comme ça qu'on a pu émettre pour la première fois.
02:14Ah, mais je suis ravi de l'apprendre ça.
02:16C'est la malice de ces partisans.
02:20Voilà.
02:20Alors, il se trouve que votre grand-père vient de Tunisie.
02:23Votre grand-mère paternelle aussi était aussi issue de la communauté des juifs natifs de Tunisie, l'Etoinsa.
02:29L'Etoinsa, oui.
02:30C'est une communauté très particulière.
02:31Alors, l'Etoinsa, c'est vraiment les juifs qui étaient implantés en Tunisie,
02:36donc des juifs arabes berbères.
02:38Alors que mon grand-père, lui, était un granat, c'est-à-dire les juifs d'Italie.
02:41Qui ont été forcés à l'exil, puisque c'est l'histoire aussi du peuple juif.
02:46C'est de passer d'exil en exil.
02:47Et la Tunisie, c'est vraiment le berceau de votre famille, Félix Motti ?
02:51D'ailleurs, je parle arabe.
02:53Un arabe littéraire ?
02:54Je parle arabe littéraire, oui.
02:56Oui, c'est l'arabe du Coran, en fait.
02:58Et puis, c'est l'arabe plutôt de la haute société, disons, ou plutôt des études universitaires.
03:04Le problème, c'est quand vous parlez avec des arabes, ils ne comprennent pas forcément.
03:07C'est comme si, là, je parlais latin.
03:09Oui, d'accord.
03:09Qu'est-ce qui vous a donné envie d'apprendre, justement, l'arabe ?
03:12Il y a eu une...
03:14C'est à l'intersection de plein de désirs différents.
03:16Déjà, il y a eu...
03:17À un moment donné, je me suis piqué d'espionnage, quand j'avais 14-15 ans.
03:22J'avais envie d'être espionnage, et donc, de manière très sérieuse, j'avais rencontré
03:28quelqu'un qui s'appelle Éric Denessé, qui avait créé le Centre français de recherche
03:31sur le renseignement, et qui était passé dans l'émission de mon père, qui animait
03:36Riposte, avant.
03:37Et on se voyait beaucoup avec Éric Denessé, il m'avait dit, il y a deux choses, il faut
03:41que tu arrêtes d'être communiste, parce que j'étais au Parti communiste, et il faut
03:43que tu apprennes l'arabe.
03:44Et donc, j'ai commencé à apprendre l'arabe.
03:47Mais très vite, en fait, il y avait donc ce désir-là, cette espèce de fiction que
03:51je me racontais autour de l'espionnage, et qui me passionnait, voilà.
03:55Je lisais Robert Little, tout ça.
03:57Et il y avait, évidemment, un retour aux sources aussi, de la terre de mon père, de
04:02mon grand-père, de ma grand-mère, de savoir de quoi on parlait, en fait.
04:06En même temps, les espions devenus romanciers, il y en a eu.
04:10John Le Carré, par exemple, qui a travaillé pour les services secrets britanniques.
04:14Peut-être que je suis un romancier qui va devenir espion.
04:15Et pourquoi cette envie de devenir espion ?
04:17Tout me passionnait dans l'espionnage.
04:20Tout me passionnait, le jeu de dupe, un esprit romanesque absolument certain.
04:24Et puis aussi, la suspicion, née très jeune, née vers mon adolescence, que ma mère
04:29était espionne.
04:30J'étais persuadé que ma maman était espionne.
04:34J'en étais intimement convaincu.
04:36Et je crois, Félix Moatic, que vous avez découvert dans Paris une librairie qui était
04:39spécialisée dans les livres d'espionnage, où vous passiez votre temps.
04:42Alors, des rayons d'espionnage ?
04:44Oui, oui.
04:45Bien sûr.
04:46Parce qu'il y avait des collections.
04:47Il y a une collection de Paul Kenny, qui étaient deux belges, qui faisaient des
04:50romans d'espionnage, Copeland, qui ont fait 235 livres en 20 ans.
04:55Ah bah, c'est extraordinaire.
04:56Et qui ont tous marché, qui se sont vendus à des centaines de milliers d'exemplaires.
05:00Et vous auriez pu écrire un roman d'espionnage ou tourner un film d'espionnage ?
05:02J'adorerais, j'adorerais.
05:04Autant vous dire que quand le bureau des légendes était diffusé, je n'en loupais
05:07aucun épisode.
05:08Alors, il se trouve aussi que la Tunisie, vous y êtes souvent allé, et pour vous, la
05:11Tunisie, c'est la Dolce Vita ?
05:13Oui, il y a quelque chose de cet ordre.
05:15Alors, puisque je fréquente un milieu social qui est privilégié, néanmoins la Tunisie
05:23est traversée par une violence de classe et une misère sociale qui sont évidentes
05:31et que je ne nie pas.
05:33Mais j'ai l'impression que, oui, il y a quelque chose d'une ordre, peut-être parce que c
05:39'est
05:39lié à l'enfance chez moi, et que je n'y vis pas.
05:42Mais il y a quelque chose de proustien, en fait, avec l'odeur du jasmin, avec les
05:48couchers de soleil, avec des hôtels où j'ai appris à nager.
05:53Voilà, et donc, en effet, c'est lié quand même chez moi à une nostalgie d'une terre
05:59qui ne m'a pas vu naître, en plus.
06:01Oui, alors un seul problème en Tunisie que j'ai vécu en y allant, c'est les voitures.
06:04On circule n'importe comment et c'est le premier qui passe qui a raison.
06:08Oui, ça c'est...
06:08Vous avez vécu ça ?
06:09Oui, oui, moi, je ne sais pas, ça ne me dérange pas du tout.
06:12Néanmoins, oui, si tu es sourcilieux sur le code de la route, il ne faut pas aller
06:15en Tunisie, c'est sûr.
06:17Alors, Félix Movati, je crois que vous avez aussi, par votre famille, des origines italiennes
06:20et corse.
06:21Exactement, oui.
06:22Et ça, ça aussi, ça compte dans votre vécu ?
06:24Bien sûr, c'est du côté de ma mère, on vient de Bastia, enfin c'est ma grand-mère
06:30de mémoire bénie, qui a grandi à Bastia et qui a perdu ses deux parents et son petit
06:39frère à l'entrée de la Seconde Guerre mondiale et qui est venu, comme on dit, sur le continent.
06:44Votre mère vous a appris la rigueur, je crois ?
06:47Elle ne m'a pas appris que ça, elle m'a appris en effet la rigueur, le refus de...
06:54Elle m'a appris l'importance de penser contre soi-même, le refus d'une forme de paresse,
06:59de penser que les choses sont acquises.
07:02Elle m'a appris, je crois, une méfiance vis-à-vis de la tartufferie.
07:08Parce qu'on est tous, à un moment donné, tartuches.
07:11Et elle m'a appris cette méfiance-là.
07:13Vous avez l'instinct maintenant de vous méfier des tartuffes.
07:17Ouais, le tartuche étant très souvent moi-même.
07:20Oui, dans vos livres ou dans vos films, on l'aperçoit.
07:22Il se trouve que votre mère était haut fonctionnaire à la Cour des Comptes, je crois.
07:25Exactement, oui.
07:26Et donc, elle avait un métier tout à fait différent du vôtre et de celui de votre père.
07:29Oui.
07:30Et en même temps, elle est très discrète.
07:32Ma mère est discrète, oui.
07:33Ma mère n'aime pas l'exercice de parler de soi, contrairement à son fils.
07:41Et c'est quelqu'un d'incroyablement intelligent, surtout.
07:47Et votre père aussi est intelligent.
07:48D'abord, il a fait beaucoup de choses.
07:50Lui, c'est un homme de médias.
07:50Il a dirigé une chaîne de télévision quand Mitterrand est arrivé au pouvoir.
07:54Et puis, il est devenu réalisateur incontournable.
07:57Moi, je l'ai connu quand je faisais des montages.
07:59Il avait la salle de montage à côté de la mienne.
08:01Et il passait des heures au montage.
08:02Oui, alors ça, s'il y a quelque chose qu'on ne peut pas enlever à mon père,
08:05c'est son incroyable capacité de travail.
08:09Moi, j'ai toujours vu mes parents énormément travailler.
08:12Non pas que je fasse l'apologie de la valeur travail,
08:14comme un ancien président pouvait le faire.
08:17Mais, par contre, eux, je les ai vus travailler et avoir la chance d'être mûs par un travail qui
08:24les passionnait.
08:24Et vous avez réussi quelque chose ?
08:26Faire parler votre père de lui-même dans un documentaire pour Arte.
08:30Je vois que vous êtes très bien renseigné.
08:31Oui, au moment où moi-même, je devenais père.
08:34Et c'est vrai que ce documentaire, c'est des archives.
08:36Et je savais même qu'il était ému à la fin de ce documentaire.
08:39Oui, mais j'ai une facilité à émouvoir mon père.
08:41Il a dit d'ailleurs de vous qu'il était fier de vous.
08:44Il a dit ça dans une interview.
08:45Oui.
08:46Alors, il se trouve que, justement, à l'école, vous êtes un bon élève.
08:49Je crois que c'est Fennelon, votre lycée.
08:50Fennelon, j'ai fait ma canne là-bas.
08:52Voilà, exactement.
08:52Et d'ailleurs, il y a quand même Charlotte Casiraghi et Christine Enzo Quinn qui étaient à peu près en
08:56même temps que vous au lycée.
08:58Ah bon ?
08:58Oui.
08:58Je sais pas.
09:00Et puis, vos études, normalement, ça vous conduit, hippocagne, des choses sérieuses au départ.
09:05Bah, ouais, ouais.
09:06J'ai fait hippocagne et canne.
09:08L'hippocagne, ça a été l'une des plus belles années de ma vie.
09:10Et la canne est un peu plus difficile.
09:12Parce que ça vous intéressait pas vraiment ?
09:14Bah, parce que j'avais pas l'objectif d'être normalien.
09:16Et puis, parce que j'ai trouvé la rivalité entre élèves, agencée par les professeurs, un peu malsaine.
09:23Oui, et d'autant plus qu'il y a des jeunes aussi.
09:24Je crois que votre tante Nina Moati a écrit des livres aussi.
09:27Nina était romancière, Nina Moati.
09:30Je crois que Les Belles de Tunis a été un best-seller.
09:32Je crois aussi.
09:33Voilà.
09:33Mais c'est vrai, avec ses influences, on peut aller que vers le spectacle.
09:36Car le spectacle...
09:37En tout cas, ce qui est certain, c'est que j'ai baigné dans un monde de proximité avec les
09:43choses de l'art, les choses de la culture.
09:45Donc c'est vrai que j'ai grandi avec un capital culturel qui est évident.
09:51Et alors, tous ceux qui grandissent dans un capital culturel ne finissent pas par écrire des livres ou faire des
09:56films ou tout ça.
09:58Mais cette chance-là de baigner à proximité des livres et des idées.
10:02Il y a aussi quelqu'un qui a compté dans votre vie, qui a été un des clics.
10:05C'est Harry Potter, Félix Moati.
10:07Oui, ça c'est certain.
10:09Vous avez découvert très jeune, je crois.
10:11Non, j'avais le même âge qu'Harry Potter.
10:14Mais ce qui était dingue, c'est que j'ai des souvenirs vraiment précis de moi, adolescent, lisant Harry Potter.
10:20Et si je commençais à m'endormir vers 2h du matin, je fonçais dans vos toilettes.
10:23Je me mettais de l'eau sur le visage pour continuer à lire.
10:26Complètement.
10:26Ah, mais ça m'obsédait.
10:27J'étais fatigué en cours.
10:29Mais en même temps, je ne pouvais pas...
10:30Qu'est-ce qui vous plaisait dans Harry Potter ?
10:32C'est le déploiement d'un imaginaire incroyable.
10:36Et puis, déjà, l'émotion amoureuse avec Hermione Granger, quand j'avais 12 ans.
10:44Et puis, l'idée d'un monde de sorciers, d'un monde de...
10:49C'était passionnant.
10:51L'idée d'ailleurs est née, et c'est assez particulier.
10:54J.K. Rowling prend un train entre Manchester et Londres.
10:57Le train tombe en panne.
10:59Et puis, elle a eu l'idée, dans le train, de faire Harry Potter.
11:02Elle a commencé à l'écrire à la sortie, sans imaginer ce que ça deviendrait.
11:06Je crois qu'elle ne l'imaginait pas, ouais.
11:08Personne ne l'imaginait.
11:09C'est un miracle aussi, c'est de la magie.
11:11Et votre magie, elle continue avec d'autres activités.
11:14On va évoquer une date qui est liée aussi à votre parcours, le 1er septembre 1993.
11:19A tout de suite sur Sud Radio, avec Félix Moëti.
11:22Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessy.
11:25Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Félix Moëti.
11:28Nous parlerons tout à l'heure de votre premier roman.
11:30Un roman imposant et passionnant, voire clair aux éditions d'Observatoire.
11:35On en revient à votre parcours, on a évoqué vos débuts familiaux.
11:38Et le 1er septembre 1993, est sorti un film qui est votre premier souvenir de cinéma.
11:48Le Fugitif avec Harry Von Ford.
11:51Waouh !
11:52Ouais ouais, c'est un de mes films préférés.
11:53En fait, on parlait tout à l'heure de Madeleine de Proust par rapport à la Tunisie, tout ça.
11:59Et en effet, le Fugitif en fait partie, puisqu'il y avait un rituel que beaucoup de familles françaises partagent.
12:06Le dimanche soir, ma mère essayait de faire un poulet rôti avec des pâtes bolognaises, généralement.
12:11Et on se mettait tous à table devant le film du dimanche soir.
12:17Et je me souviens très bien du dimanche soir où il y a eu le Fugitif.
12:20Et le Fugitif, c'était vraiment...
12:23Je suis rentré en empathie totale, absolue, intégrale avec Harrison Ford.
12:28C'est l'idée de l'innocence du Fugitif qui vous a attiré ?
12:31Ouais, moi ce qui me...
12:33Je sais pas, ça a scellé quelque chose en moi.
12:35C'est-à-dire une allergie vis-à-vis de toute forme d'injustice.
12:39Voilà.
12:41Et il se trouve qu'Harrison Ford a vraiment joué le jeu.
12:43Il a demandé que la scène de l'interrogatoire soit improvisée.
12:46Comme ça, il avait vraiment l'air d'hésiter avant de répondre aux questions.
12:49Ah, trop bien !
12:50Et c'est fabuleux ce film.
12:52D'ailleurs, au départ, c'était une série à la télévision.
12:54Ah oui ?
12:55En 67, il y a eu 120 fois 50 minutes, dont 26 en couleur,
13:00avec David Johnson dans le rôle d'Harrison Ford.
13:03Et ça a été un des plus gros succès de la télévision dans les années 60 en France et aux
13:06Etats-Unis.
13:07Eh bien, j'en apprends tous les jours.
13:09Mais regardez cette série, c'est le complément du film.
13:12Ah d'accord.
13:12Alors, il se trouve que le cinéma, je crois, Félix Moati, ça vous passionne depuis vos jeunes années.
13:17Oui, oui, oui.
13:18C'est venu comment, comme ça ?
13:19Par ma grand-mère, Mamouche, dont on parlait tout à l'heure, ma grand-mère Corse,
13:23qui m'amenait à l'Arlequin, faire des séances.
13:27Et je me souviens que Mamouche avait cette exigence.
13:29C'était pas seulement un rituel de grand-mère avec son petit-fils.
13:34Elle exigeait de moi qu'après la séance, je développe un discours sur le film que nous venions de voir.
13:40Tous les films possibles et imaginables ?
13:42Je me souviens qu'on était allé voir un film de Naïcha Yemalane, qui est un cinéaste par ailleurs que
13:45j'adore.
13:46Mais le film ne nous avait pas plu.
13:48Mais elle ne se contentait pas de me dire que le film ne m'avait pas plu.
13:54Elle voulait qu'en plus, je développe les raisons pour lesquelles je n'aimais pas le film.
13:59Et ça vous a donné le goût du cinéma jusqu'à vous dire un jour, allez, je vais prendre des
14:02cours de comédie ?
14:04Non, c'est pas...
14:06Bah peut-être.
14:07Peut-être.
14:08Parce que vous êtes allé chez Florent ?
14:10Non, je ne suis pas allé chez Florent.
14:11Je n'ai pas fait de cours de...
14:13C'est directement.
14:14Alors, il y a eu un casting un jour.
14:16Et ce casting, c'est pour ce film.
14:22Lol qui a changé votre vie.
14:24Comment vous êtes arrivé dans cette aventure ?
14:26Alors, j'avais 17 ans, j'étais donc en terminale l'année du baccalauréat.
14:30Et là, je commence à prendre des cours de théâtre avec des amis.
14:32D'accord, c'est avec des amis.
14:33Avec des amis, avec toute ma bande de potes.
14:35On prend des cours de théâtre au Café de la Danse.
14:38Café de la...
14:39Café de la Gare.
14:40Au Café de la Gare, oui.
14:41Café de la Gare.
14:42Qui était le café créé par au départ Coluche et Robin Bouteille.
14:46Et on commence à prendre des cours là-bas.
14:48Et le prof de théâtre qui s'appelait Nicolas Parienti nous inscrit au casting du film Lol.
14:53Et il se trouve que je suis appelé par la directrice de casting pour passer des essais.
14:59Et je suis piqué par l'amusement.
15:01Et voilà, j'ai été pris.
15:03Des essais, mais vous n'imaginez pas être engagé pour ce film ?
15:06Ah non, je ne pensais jamais être engagé pour ce film.
15:08Et vous devenez Arthur, qui est le petit ami de la fille de Sophie Marceau.
15:14Exactement.
15:14Et ça, ça a changé votre vie ?
15:16Bah oui, c'était mon premier pas vers le cinéma.
15:20J'ai trouvé dans les tournages quelque chose qui est fondateur dans ma vie.
15:28C'est-à-dire le travail collectif.
15:34Le fait de raconter des histoires.
15:36D'être au service de la vision de quelqu'un.
15:38Et ça a changé ma vie par plein d'aspects.
15:40C'est-à-dire que déjà, je suis devenu acteur.
15:42Et puis après, aussi la rencontre à 18 ans avec le fait d'être reconnu dans la rue.
15:48Tout ça, ce qui était un peu bizarre.
15:49Oui, d'ailleurs, je crois qu'on a même posé des problèmes à la maison
15:52quand des filles ont débarqué comme pour chez Claude François.
15:56Quand le film est sorti, des jeunes filles, de deux ans de moins que moi,
16:03j'en avais 18, elles devaient en avoir 16,
16:05ont débarqué comme ça, ont sonnait à la porte, ma mère a ouvert.
16:12Et elles ont couru dans l'appartement.
16:14Ça a duré deux minutes, ma mère les a...
16:17Vous préparez le latin, je crois.
16:18Je travaillais du latin, oui.
16:20Comment elles ont retrouvé votre adresse ?
16:21Je pense qu'elles m'avaient suivi à la sortie dans la rue, quoi.
16:25En tout cas, ce film, c'était le deuxième film de Lisa Azuelos,
16:28la fille de Marie Laforêt,
16:30qui avait eu un premier succès avec Comtey et Belle.
16:32Comtey et Belle, oui.
16:32Qui racontait, qui était un hommage à la communauté des Juifs séfarades de Paris,
16:36qui avait été importante dans son parcours et dans sa famille.
16:39Oui.
16:39Alors, il se trouve que ce film marche bien, c'est un succès.
16:42Et ça va continuer, parce que vous continuez vos études.
16:45En même temps, vous allez faire quelques petits boulots.
16:46Je crois que vous avez été homme sandwich.
16:48Bravo !
16:49J'ai été homme sandwich à la FIAC, oui.
16:51J'ai été homme sandwich à la FIAC.
16:53J'ai été, bon, passage obligé de beaucoup de Parisiens, j'ai été serveur.
16:57Oui.
16:57Mais alors, serveur, étrangement, c'est là que je me suis rendu compte,
16:59à quel point c'était un métier compliqué, déjà, de se confronter à l'impolitesse de certains.
17:04Et puis, même pénible physiquement, qui peut être très dur.
17:07Et je l'ai fait pendant trois mois, et puis je me suis fait virer.
17:11Pourquoi ?
17:11Bah, j'étais vraiment, enfin, j'étais mauvais, quoi.
17:14Homme sandwich, j'étais mieux.
17:15Alors, ce qu'on ne sait pas, c'est que l'homme sandwich est né à Londres,
17:18parce qu'il y avait une taxe sur les enseignes, les affiches,
17:20donc les producteurs ont engagé l'homme sandwich pour ne pas avoir à payer cette taxe.
17:26Ah, c'est dingue !
17:27Et c'est comme ça que c'est né ensuite.
17:28Alors, vous êtes passé d'un genre à un autre,
17:30puisque le deuxième film que vous tournez, Félix Moati,
17:33est un film d'horreur, Divide.
17:35Divide.
17:35Comment c'est arrivé, ça ?
17:36Bah, après LOL, je reçois des...
17:39Je passe des essais, je reçois des scénarios,
17:41et je me retrouve à faire, donc, le film d'horreur de Julien Maury,
17:45de Bustio et Maury,
17:46et qui sont très doués dans leur genre.
17:50Et voilà, un film de vampires, en Bretagne, à Douarnenez.
17:53Là aussi, c'est très différent pour un acteur, en plus,
17:55qui a été formé sur le terrain.
17:57Ouais, bah, moi, l'un des grands plaisirs de ce métier,
18:01c'est quand même de se balader d'un univers à l'autre,
18:05sans architecture préconçue.
18:06Voilà, on y va, surtout quand on est jeune acteur,
18:08on a envie de travailler,
18:09et de se confronter à notre métier, quoi.
18:12Il se trouve que ce film a eu 11 nominations
18:14dans des festivals internationaux,
18:15ça a été un immense succès.
18:16Divide ?
18:17Oui.
18:17Ah, mais je le savais pas.
18:18Ah, c'est fou, mais c'est un immense succès international.
18:20Ah bon, bah voilà.
18:21Il y a eu ensuite un film qui a compté pour vous,
18:24pour différentes raisons, c'est Télégauchou.
18:25Ouais, très important.
18:27En fait, Télégauchou, c'était une télévision associative,
18:32une des premières de Paris, qu'on a un peu oubliée,
18:34qui était vue, je crois, dans 44 lieux à Paris,
18:38et qui a été ensuite censurée.
18:40C'était quelque chose de...
18:40C'était une télé-bocale.
18:41C'était une télé-bocale, c'est ça.
18:42Et c'était quelque chose de tout à fait étonnant,
18:45parce que ça n'existait pas à Paris.
18:47Ça n'existait pas à Paris.
18:48C'est l'une des premières télé-pirates.
18:50Et Michel Leclerc, qui est le réalisateur de Télégauchou,
18:52avait fréquenté à son arrivée à Paris
18:54cette télé associative qui est Télé-bocale.
18:57Et il a voulu raconter ses jeunes années là-bas.
19:00Et à travers cette télé-bocale,
19:03le portrait de cette télé-pirate,
19:05racontait son itinéraire de cinéaste et d'apprenti cinéaste.
19:08Et vous êtes arrivé dans ce film
19:10qui vous avait eu d'ailleurs une nomination au César.
19:12Exactement.
19:13Et ça aussi, c'était une surprise.
19:15La nomination au César ?
19:17Non.
19:17Non, si, mais évidemment que c'était une surprise.
19:19Mais c'est un coup, c'était incroyable.
19:21Et puis voilà, même très largement déjà,
19:24j'ai appris vraiment mon métier,
19:27dans le sens où, sur LOL déjà,
19:30je l'avais appris au contact de Lisa Azuelos,
19:31mais là, avec Michel Leclerc,
19:34je suis resté 50 jours de tournage
19:35avec le rôle principal,
19:37entouré vraiment de cadors de la comédie,
19:39Eric Elmosnino, Maïwen, Sarah Forestier,
19:41Yannick Chouara,
19:45et donc, Samir Ghesmi.
19:48Et donc, je les ai regardés au travail, quoi.
19:49C'est vrai que j'ai beaucoup appris.
19:50Oui, et en même temps,
19:51vous êtes devenu copain avec Michel Leclerc,
19:52vous aviez des univers communs
19:53et vous avez retravaillé avec lui.
19:55Ah oui, j'ai refait, je crois,
19:574-5 films avec lui.
19:58Exactement.
19:58Et puis, il y a la chanson.
20:00Alors, la chanson, il paraît qu'à une époque,
20:02on vous interdisait de chanter
20:03Joyeux anniversaires à la fin de déjeuner.
20:06Oui, ça, c'est la blague de ma famille
20:08qui m'a un peu traumatisé,
20:09c'est-à-dire que je chantais très mal.
20:11Donc, en lieu et place de chanter
20:13Joyeux anniversaires,
20:14je devais taper dans mes mains.
20:15Parce que je n'avais pas vraiment le sens du rythme.
20:17Voilà, pourquoi ?
20:17Vous vous sentez vraiment si mal ?
20:19Ouais, c'est un peu la cata, ouais.
20:20Alors, ça ne vous empêche pas d'aimer la chanson
20:22et en particulier celle-ci.
20:24L'affiche qui semblait une tache de sang
20:28Parce qu'à prononcer vos noms
20:32Sont difficiles
20:32L'affiche rouge, un poème d'Aragon
20:35mis en musique par Léo Ferré,
20:37un poème qu'il avait publié en 55
20:40et qui rend hommage aux 23 immigrés
20:42fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944.
20:45Exactement.
20:46Pourquoi cette chanson vous touche ?
20:48Déjà, le poème d'Aragon est splendide.
20:51Vous n'aviez réclamé ni la gloire, ni les larmes,
20:53ni l'orgue, ni la prière aux agonisants.
20:54Onze ans déjà, que cela passe vite, onze ans.
20:56Vous étiez servi simplement de vos armes.
20:58La mort n'éblouit pas les yeux des partisans.
21:01Vous le connaissez par cœur ?
21:02Je l'ai un peu perdu, mais en fait,
21:05c'est vrai qu'il a été structurel ce poème
21:07dans ma vie adolescente.
21:10C'est mes parents qui me le faisaient écouter.
21:13Et c'est devenu un rituel à un moment donné.
21:15On l'écoutait très souvent,
21:16chanté par Léo Ferré.
21:18Et même, j'ai eu des moments
21:20de très grande émotion à l'écouter.
21:22Et Léo Ferré tenait à cette chanson,
21:24c'était une de ses préférées.
21:26C'est ce qu'il a dit un jour dans une interview.
21:28Cette chanson est absolument splendide.
21:30Et il faut écouter ce qu'elle dit.
21:33C'est-à-dire, qui a essayé de libérer la France ?
21:35Exactement.
21:36Et Aragon a écrit ce poème en 1955,
21:41donc dix ans après la fin de la guerre.
21:43Alors, une autre affiche qui est importante
21:45dans votre parcours,
21:46et on va l'évoquer à travers la date
21:47du 13 février 2019.
21:49A tout de suite sur Sud Radio
21:50avec Félix Moati.
21:52Sud Radio, les clés d'une vie,
21:54Jacques Pessy.
21:55Sud Radio, les clés d'une vie,
21:56Félix Moati, mon invité.
21:58Nous parlerons tout à l'heure
21:59de Voir clair, ce premier roman,
22:01réussi et étonnant d'ailleurs,
22:03aux éditions d'Observatoire,
22:04que vous publiez ces jours-ci,
22:06un livre de près de 400 pages.
22:07Je ne sais pas comment...
22:08884.
22:09Voilà, mais je ne sais pas
22:09comment vous avez trouvé le temps
22:10de faire ça,
22:10parce que c'est du boulot.
22:12On en parlera tout à l'heure.
22:13Là, on revient à votre parcours.
22:15On a évoqué vos débuts dans le cinéma,
22:17et le 13 février 2019,
22:18une date que vous n'avez pas oubliée.
22:20Ok, c'est un grand malade.
22:21Je serai le plus grand psychanalyste du monde.
22:24Je serai le plus grand psychanalyste du monde.
22:25Deux fils, et pour la première fois,
22:27vous passez de l'autre côté de la caméra.
22:28Comment c'est né ce projet ?
22:30Vous savez que j'ai perdu la femme de ma vie, quand même ?
22:32J'avais envie d'écrire depuis toujours, en fait.
22:37Donc, c'est né de la nécessité de...
22:40C'est toujours ça, c'est toujours...
22:41Le désir ne suis...
22:43Je pense que le désir est absolument fondamental,
22:45mais après, la question de la nécessité,
22:48s'impose.
22:49Et j'avais envie de raconter
22:52ce parcours de trois masculinités,
22:55à savoir un père et ses deux enfants,
22:57enfin, ses deux fils,
22:58et d'explorer des questionnements
23:00qui étaient les miens à ce moment-là.
23:02Et...
23:05C'est une manière
23:06de répondre à la convocation de l'existence.
23:09Oui, mais en même temps,
23:10écrire une chose,
23:12mettre en scène le film,
23:13en est une autre.
23:14Bien sûr.
23:16En France, on a quand même la tradition
23:17de réaliser ce qu'on écrit.
23:20Oui.
23:21C'est la tradition de l'auteur, voilà.
23:24Mais je...
23:25Oui, oui, j'avais...
23:26Là, d'ailleurs, normalement,
23:28je m'apprête à faire mon prochain film.
23:30Voilà, il y a cette idée de répondre.
23:33En fait,
23:35moi, je...
23:36Je sais pas.
23:37C'était une manière
23:38de se...
23:40de...
23:41de...
23:42de...
23:42de négocier avec le chaos
23:44de la vie, quoi, en fait.
23:46Et puis, en plus,
23:46c'était un thème cher à votre cœur.
23:48Les liens filiaux et fraternels,
23:49ça a toujours compté pour vous ?
23:51Toujours, oui.
23:52Par rapport à votre famille,
23:54par rapport à des amis,
23:55par rapport à tout ?
23:56Moi,
23:57je trouve que dès lors qu'on parle
23:58de la relation filiale ou fraternelle,
24:03immédiatement,
24:04on rentre dans la mythologie, je trouve.
24:06Immédiatement,
24:06c'est des structures
24:07qui vont tellement irriguer
24:09nos sociétés
24:09et puis même nos imaginaires
24:11que tout de suite,
24:12si, dans un cadre de cinéma,
24:15on met deux frères,
24:16on suppose la possibilité
24:18de la tragédie.
24:18D'ailleurs,
24:20quand on lit
24:21l'Ancien Testament,
24:24ce qu'on appelle
24:25l'Ancien Testament,
24:25la Bible,
24:26quand on lit la Bible,
24:29Abel et Cain,
24:29le premier rapport fraternel
24:31commence quand même
24:31dans la violence.
24:34Donc,
24:35il se trouve qu'en plus,
24:36vous avez choisi
24:37un frère et une sœur
24:38pratiquement de cinéma
24:39qui sont Vincent Lacoste
24:41et Anaïs Desmoustiers
24:42pour travailler avec vous.
24:43C'était une évidence pour vous ?
24:44J'avais envie
24:45qu'il soit dans mon premier film.
24:47C'est des gens
24:48que vous connaissez depuis,
24:48des comédiens
24:49que vous connaissez depuis toujours ?
24:50Et que j'adore,
24:51qui sont vraiment
24:52des amis très proches.
24:53Donc, évidemment,
24:54c'est important.
24:55Vous aviez, je crois,
24:56tourné Suzanne
24:56avec Vincent Lacoste.
24:57Après Suzanne, oui.
24:58Et ça,
24:58c'était un film aussi
24:59où vous étiez bien amusé.
25:01Ben oui,
25:01c'était mon premier court-métrage,
25:05par l'argent de ma grand-mère,
25:07que je lui ai volé,
25:08mais je l'ai remboursé depuis.
25:09Je tiens à le dire.
25:10Elle l'avait accepté ?
25:11Ben non,
25:11elle m'avait dit
25:12de prendre une certaine somme,
25:13mais j'avais pris beaucoup plus.
25:14D'accord.
25:14Mais je l'ai remboursé depuis.
25:17Et voilà,
25:17ça, c'était une belle histoire
25:18parce que ce court-métrage
25:19a été en compétition officielle
25:20au Festival de Cannes,
25:22nommé au César,
25:23tout ça,
25:23donc c'était...
25:24Ben c'était la preuve
25:25que vous pouviez aller
25:25beaucoup plus loin
25:26avec un long-métrage.
25:28Peut-être, oui.
25:28Et puis, il y a eu le clip
25:29du printemps du cinéma
25:31avec Anaïs Desmoustiers.
25:32Oui, en effet.
25:33Parce que le printemps du cinéma,
25:34c'est une fête
25:34qui existe depuis 2000.
25:36Je crois que la première fois,
25:37c'était Agnès Jaoui
25:38avec Le Goût des Autres
25:39et Libertin Gabriel Aguillon.
25:41Et tous les ans,
25:42ça permet au public
25:43de découvrir pendant trois jours
25:44des films
25:44pour des prix très faibles.
25:47Exactement.
25:48C'est une super opération
25:49qui a lieu tous les ans
25:50au printemps.
25:51Et le clip,
25:52comment vous êtes arrivé
25:53à faire ce clip ?
25:53Ben je ne sais pas.
25:54La Fédération des Cinémas
25:55me l'a proposé.
25:57Je trouvais ça amusant,
25:58donc j'y suis allé.
25:59J'en reviens à ce film
26:00de fils.
26:01Au départ,
26:02c'est une famille soudée,
26:03mais il y a un garçon
26:05qui se retrouve
26:06en pleine crise mystique.
26:07Oui.
26:09Et c'est une histoire
26:11inspirée de la réalité
26:12ou est-ce venu comme ça ?
26:16Non.
26:17La question de la foi
26:19m'a toujours intéressé.
26:22Elle a toujours été fondamentale
26:24et centrale dans ma vie,
26:25notamment à l'adolescence.
26:28Donc moi,
26:29j'avais fait ma bar mitzvah
26:29à l'adolescence.
26:31J'avais même eu,
26:34à un moment donné,
26:34l'envie d'être rabbin.
26:36Et c'est vrai que là,
26:39j'avais envie de confronter
26:40ce jeune adolescent de 13 ans
26:42qui se cogne à l'effritement
26:44de ses modèles,
26:45à savoir de son grand frère
26:46et de son père,
26:47de le confronter
26:48à la question de la foi,
26:49c'est-à-dire
26:50du dépassement de soi-même.
26:52et puis de cette espèce
26:55de friction
26:55qu'il peut y avoir
26:56entre une foi naissante
27:00et aussi la naissance
27:01de ses désirs charnels.
27:02En même temps,
27:03c'est un sujet universel
27:04qui est peu traité au cinéma.
27:06Bien sûr.
27:07Et justement,
27:07le côté charnel,
27:08il y a la rupture amoureuse.
27:09Je crois que votre première
27:10rupture amoureuse,
27:11vous avez regretté
27:12de ne pas parler suffisamment
27:13l'anglais.
27:14Oui.
27:15Très fort.
27:16Oui, oui, oui.
27:18J'avais 13 ans, oui.
27:20Et je m'en souviens,
27:21c'est un souvenir intact.
27:24J'étais tombé très amoureux
27:26d'une Américaine
27:26qui s'appelait Lynn,
27:28si elle m'entend.
27:32Et en fait,
27:33la croyance qu'on a
27:34à cet âge-là,
27:35c'est que l'amour
27:36est éternel.
27:37Et je l'avais rencontrée.
27:38Elle vivait à New York.
27:40Je vivais à Paris.
27:41Et je l'appelais l'été,
27:43chez elle,
27:44sur son téléphone fixe.
27:46et son père m'avaient dit
27:48non, non.
27:50Ça, c'est dur.
27:51C'était horrible.
27:52Mais mes parents
27:53m'ont littéralement
27:54ramassé en lambeaux.
27:56Je passais,
27:57mais je me souviens,
27:57on était à Aix-en-Provence
27:58cet été-là.
28:00Et j'étais dans la maison,
28:02enfin,
28:03on avait loué une maison
28:04avec toute la famille.
28:05Et je passais mes journées
28:06au bord de la...
28:07dans le jardin
28:08à pleurer, quoi.
28:09Ça se comprend.
28:10Je suis sûr que
28:11beaucoup de gens aussi
28:11sont comme vous.
28:12Je suis sûr que
28:12celles et ceux qui nous écoutent
28:13ont vécu ce genre de moment.
28:15Ça fonde.
28:16un chagrin d'amour.
28:17Et puis,
28:18non seulement ça fonde,
28:19mais en plus,
28:21ça fait sortir de la famille.
28:23Un truc où...
28:25c'est...
28:26le monde s'élargit.
28:27Alors,
28:27j'en reviens à ce film.
28:28D'ailleurs,
28:28il y a un point commun
28:29avec le livre,
28:30c'est la psychiatrie.
28:31Psych-analyse, oui.
28:32La psych-analyse
28:32qui est très présente.
28:34Et ça,
28:34c'est une chose
28:35qui vous a toujours touché.
28:36Non,
28:37c'est venu assez tardivement.
28:38Au début,
28:39j'étais plutôt
28:40assez sartrien,
28:41pensé que
28:43l'inconscient
28:43c'était une excuse.
28:45sartridique,
28:45c'est de la mauvaise foi.
28:47Et donc,
28:48à réfuter un peu
28:50les thèses de Freud.
28:52Et puis,
28:53en fait,
28:53ça m'est tombé dessus,
28:54déjà par nécessité,
28:55encore une fois,
28:55parce que,
28:56en fait,
28:56j'ai été handicapé
28:57par mes névroses
28:58quand j'avais 22-23 ans,
29:00comme beaucoup de gens.
29:01Moi,
29:02ça s'est transformé
29:03en hypochondrie,
29:04voilà.
29:04Et donc,
29:05en fait,
29:05à un moment donné,
29:06j'ai été acculé.
29:06Et j'ai été obligé
29:08d'aller en psychanalyse.
29:09Et j'aime bien l'idée
29:10que la psychanalyse,
29:11c'est une horreur
29:11qu'on choisit
29:12en alternative
29:13à une autre horreur
29:14encore pire.
29:16Dans ce film,
29:17il y a un médecin
29:17qui devient écrivain raté
29:18et c'est besoin de Poulvord.
29:20Et là aussi,
29:20c'est une complicité.
29:21Je crois que vous vous êtes rencontré
29:22dans un film
29:22qui s'appelait
29:22Le Grand Bain.
29:24On a Poulvord,
29:24on s'est rencontré
29:25sur Le Grand Bain
29:27et après,
29:27il a fait mon film.
29:28Et Le Grand Bain,
29:29c'était étonnant
29:30parce que je crois
29:31que vous avez appris
29:36le reste,
29:37on a été doublé
29:37par des formidables cascadeurs.
29:39En même temps,
29:40il faut le faire.
29:41Oui, mais par contre,
29:42ce qui était très drôle,
29:43c'était toute la préparation
29:44en amont
29:44avec toute la bande
29:45du Grand Bain
29:46où en fait,
29:47très vite,
29:48nous tous
29:49qui étions acteurs
29:50et un peu portés
29:51sur nous-mêmes,
29:53on se retrouvait
29:54dans un bain
29:55à la température
29:56un peu fraîche
29:58en moule.
30:01Voilà.
30:02Et c'était assez drôle.
30:04Alors,
30:04j'en reviens
30:04à Benoît Paul-Vorce
30:05parce qu'il est quand même
30:06tout à fait incontournable
30:07sur un film,
30:09le diriger
30:10ne devait pas être simple.
30:11Le diriger,
30:11c'est très simple.
30:12Franchement,
30:13il a un vrai plaisir
30:14d'acteur et de jeu.
30:16Donc,
30:16en vérité,
30:17c'est assez facile
30:18de travailler avec Benoît.
30:19Oui,
30:19en même temps,
30:20vos films sont joyeux
30:21même quand le sujet
30:22est dramatique.
30:22Félix Moati,
30:23le tournage doit être joyeux.
30:25C'est la montre des choses
30:26pour moi
30:26que le tournage soit joyeux.
30:28C'est des métiers,
30:29moi,
30:29c'est un métier
30:30que j'ai choisi.
30:31Je ne peux pas faire peser
30:33quoi que ce soit
30:35de l'ordre de la gravité
30:36à l'équipe technique.
30:39Moi,
30:40je suis très mal à l'aise
30:41avec le côté pyramidal
30:43du cinéma
30:45et très hiérarchisé.
30:46Donc,
30:47j'ai essayé
30:47de mettre ça
30:50un peu
30:54de verticaliser.
30:55Tout ça.
30:55Et finalement,
30:56ça ne s'est plus bien passé.
30:57Surtout que
30:57ce film,
30:58en plus,
30:58ça a évolué.
30:59Au départ,
31:00vous comptiez en faire
31:01presque une lettre d'amour
31:02à votre père.
31:03Oui,
31:03bien sûr.
31:04Je pense qu'à chaque moment
31:06d'une vie,
31:07quand j'ai fait ce film,
31:08quand j'ai fait
31:09après Suzanne,
31:10je sais très bien
31:11à qui je m'adressais.
31:11Quand j'ai fait Deux Fils,
31:12je sais très bien
31:13à qui je m'adressais.
31:14Quand j'écris Voir Claire,
31:15je sais à qui je m'adresse.
31:21En fait,
31:21on est traversé
31:22dans une vie,
31:23on est toujours traversé
31:23par des moments différents
31:25en fait
31:28et des émotions
31:29qui sont différentes
31:29et qui doivent être exprimées.
31:30Et ce film d'ailleurs
31:31a eu de très bonnes critiques
31:33et vous avez eu
31:34un prix très étonnant
31:34que je ne connaissais pas.
31:36Le festival
31:37Premier Plan Langet,
31:38vous avez eu le prix
31:39des activités sociales
31:40de l'énergie.
31:41Oui,
31:41alors ça,
31:42je pense que,
31:42alors je suis très touché
31:43d'avoir eu ce prix,
31:43mais je pense que c'était
31:44vraiment un lot de con.
31:45Ils se sont dit,
31:46bon,
31:46qu'est-ce qu'on fait
31:47pour Moëti ?
31:47Voilà,
31:48exactement.
31:48Je pense qu'ils se sont dit ça,
31:49oui.
31:50On trouve que finalement,
31:51il y a eu ce film,
31:52il y a eu beaucoup de films
31:53très sérieux
31:54que vous avez traités
31:54avec légèreté.
31:55Il y a un film
31:56qui s'appelle
31:56À Trois,
31:57on y va,
31:57qui a été aussi innovateur
31:59sur la bisexualité.
32:00on y va de Jérôme Bonnel
32:01avec Anaïs de Moussier
32:02et Sophie Verbeck.
32:03J'ai adoré tourner ce film,
32:04j'avais 24 ans,
32:05donc j'étais vraiment
32:05tout jeune acteur
32:06et c'est un film
32:07qui a été très formateur.
32:08Pourquoi ?
32:09Parce que je devais me cogner
32:11à un romantisme
32:13assez sombre,
32:14à un discours amoureux
32:15assez mûr
32:18et à l'inquiétude amoureuse.
32:22En même temps,
32:23les rôles sont très différents
32:24mais votre palmarès
32:25c'est impressionnant,
32:26je crois qu'il y a eu
32:2614 films en 10 ans,
32:27ce qui n'est pas courant
32:28chez un jeune comédien.
32:30J'ai fait 14 films ?
32:31Non, j'en ai fait plus.
32:32Au départ,
32:33les 10 premières années,
32:3414 films,
32:35c'est quand même beaucoup.
32:36Ah ouais, ouais.
32:37Mais est-ce que
32:37c'est un privilège
32:39pratiquement pour quelqu'un ?
32:40Ben non, mais évidemment,
32:41moi je mesure ma...
32:42Je suis plein de gratitude
32:43vis-à-vis de toutes
32:44les réalisatrices
32:45ou réalisateurs
32:45qui m'ont fait travailler
32:46puisque c'est un métier
32:47où la norme
32:48c'est de ne pas travailler.
32:49Oui.
32:50Donc voilà,
32:50j'ai eu plein de gratitude.
32:54Et puis il y a aussi
32:54un film qui a marqué
32:55votre parcours,
32:56fait d'ailleurs par,
32:56je crois,
32:57la femme de Michel Leclerc
32:58qui est Mikado.
32:59Ouais,
32:59film important.
33:01Une utopie ensoleillée.
33:02Ouais.
33:02Qu'est-ce que c'est ?
33:04Bah déjà,
33:04il y a Kasmi
33:05qui est comme Michel Leclerc,
33:07deux des personnes
33:08que j'aime le plus
33:09sur cette terre.
33:11Et Baya
33:12m'a fait confiance
33:15pour interpréter
33:16ce personnage
33:16qui est un personnage
33:17très très intense,
33:19très fêlé,
33:20très brisé en fait,
33:21cassé en miettes.
33:23Et c'était passionnant
33:24à jouer,
33:24de rencontrer
33:25un chagrin
33:26qui n'est pas le nôtre.
33:28En même temps,
33:28je crois que vous vivez
33:29chaque personnage.
33:30Bon ça,
33:31c'est vraiment des choses.
33:32Oui, mais pleinement,
33:33même entre les prises,
33:34vous êtes ce personnage.
33:36Je ne sais pas,
33:37parce qu'en fait,
33:38j'ai plutôt l'impression
33:38de me rendre disponible.
33:40Je me rends disponible.
33:41Oui, mais en même temps,
33:42il faut jouer
33:43ces personnages différents.
33:44Bien sûr, bien sûr.
33:45Il faut se mettre dans la peau,
33:45c'est pas évident.
33:46Le vrai gros travail,
33:47il y a en amont
33:47des tournages,
33:49les deux mois avant,
33:50où on rumine,
33:55on dessine dans nos têtes,
33:56on imagine.
33:57Et après,
33:58on se rend disponible.
34:00Et puis,
34:00il y a un autre film
34:01qui a une mini-série
34:02qui a beaucoup marqué les gens,
34:03c'est Vivant.
34:04Il est vivant, oui.
34:05Qui évoque donc
34:06les otages du Bataclan
34:08qui se sont retrouvés.
34:10Exactement.
34:11Alors ça,
34:11ça m'a, moi,
34:13bouleversé de tourner ça.
34:15J'avais été,
34:16évidemment,
34:16comme tous les gens
34:18de ma génération
34:19meurtris dans ma chair
34:20par les attentats
34:21du 13 novembre 2015.
34:27Par quelqu'un
34:28de très proche de moi,
34:29j'ai vécu la tragédie
34:31de très près.
34:34Et raconter cette histoire
34:35qui est un traumatisme collectif
34:37et en faire le récit
34:38quasi-documentaire
34:39sous le regard
34:40de Jean-Xavier de Lestrade,
34:42ça a été,
34:42en effet,
34:43fondamentalement important.
34:44Et puis,
34:45un privilège,
34:45vous avez tourné
34:46une semaine
34:46avec Wes Anderson.
34:48Oui,
34:48deux semaines.
34:49Deux semaines.
34:50Ça, c'est aussi...
34:51En fait,
34:52c'est un réalisateur américain
34:54qui s'est inspiré
34:55curieusement
34:55de Jacques Tati,
34:56qui est son maître.
34:57Et c'est vrai que ça aussi,
34:58c'est...
34:58Oui, c'est assez évident
34:59maintenant que vous le dites.
35:00Oui, oui, oui.
35:02En fait,
35:02j'ai vraiment
35:03un minuscule rôle
35:04dans le film,
35:05mais j'ai eu la chance
35:06de rester deux semaines
35:07au contact
35:08de ce cinéaste
35:09quand même très important
35:10et de le voir au travail,
35:12quoi.
35:12Et donc,
35:12ça, c'était...
35:14Chaque expérience,
35:15pour vous,
35:15c'était un apprentissage ?
35:18Oui,
35:19enfin,
35:19parce que j'aime apprendre,
35:21en fait.
35:21Oui.
35:22Eh bien,
35:22nous aussi,
35:23on va apprendre sur vous
35:24des choses
35:24à travers ce livre
35:25qui est sorti
35:26le 9 janvier 2026.
35:27A tout de suite
35:28sur Sud Radio
35:28avec Félix Moati.
35:30Sud Radio,
35:31les clés d'une vie,
35:32Jacques Pessis.
35:32Sud Radio,
35:33les clés d'une vie,
35:34mon invité,
35:35Félix Moati.
35:36On a évoqué
35:36votre parcours,
35:37votre parcours de comédien,
35:39de metteur en scène.
35:40Et puis,
35:41le romancier.
35:41Le 9 janvier 2026
35:43est sorti un premier roman
35:45aux éditions d'Observatoire,
35:46Voir clair,
35:46un livre de 384 pages.
35:49D'abord,
35:50qu'est-ce qui vous a donné envie
35:50d'écrire un livre
35:51est aussi important ?
35:56En fait,
35:57on me pose souvent
35:58cette question
35:59et c'est vrai
36:00que je suis toujours
36:00dans l'embarras
36:01de ne pas savoir y répondre.
36:02C'est une envie.
36:04Oui,
36:04mais bon,
36:06l'envie,
36:08on ne concrétise pas
36:09tout le temps
36:10nos envies.
36:10J'ai plein d'autres envies
36:11que je ne devais jamais.
36:13J'aimerais être architecte,
36:14par exemple.
36:16Mais c'est pompeusement,
36:21c'est une manière
36:22de répondre à...
36:23J'avais l'impression
36:23d'être convoqué,
36:25d'être acculé,
36:26que je n'avais pas
36:27d'autre choix,
36:28qu'il ne fallait pas
36:28que je me dérobe.
36:30La littérature,
36:30ça a toujours été
36:32central dans ma vie.
36:34j'aurais eu fondamentalement
36:36l'impression
36:36de passer à côté
36:37de quelque chose
36:39qui devait être fait.
36:42Est-ce que c'est aussi
36:43lié à la paternité,
36:44le fait d'avoir un enfant,
36:45de changer de vie,
36:46de ne plus être le fils d'eux,
36:47de devenir Félix Moati ?
36:49Bien sûr,
36:50il y a cette idée
36:52d'être...
36:53de répondre
36:54à la convocation
36:55de mon fils,
36:56en fait.
36:57Le visage d'un enfant,
36:58ça te convoque.
36:58et moi,
37:00j'avais envie
37:01de comprendre
37:02le vertige
37:02qui était le mien
37:03et de fixer,
37:04comme le dit Rimbaud,
37:05de fixer ce vertige,
37:07d'essayer de...
37:10aussi de lui adresser
37:11des pages
37:12qui lui sont
37:12entièrement destinées.
37:14C'est-à-dire que...
37:16Voilà ce qui se passe
37:17dans la tête
37:19d'un jeune père
37:23qui est dingue
37:25de son fils
37:26et qui apprend
37:27à devenir père
37:27chaque jour.
37:28Oui,
37:28car c'est un apprentissage
37:29quotidien.
37:30Évidemment.
37:32Et ce n'est pas
37:32toujours simple.
37:33Alors,
37:33le point de départ
37:34de ce livre,
37:35c'est un inconnu
37:36qui vous arrête
37:37dans la rue
37:37et qui va se révéler
37:38être votre double.
37:39Exactement.
37:40C'est une idée
37:41très originale.
37:43Ben...
37:44En fait,
37:45ce double,
37:45c'est un écrivain
37:46paralysé par l'écriture.
37:47Oui,
37:48un écrivain
37:48qui n'arrive plus
37:48à écrire
37:49et qui va demander
37:49à Félix...
37:51Je dis Félix,
37:52je ne parle pas
37:52de moi à la troisième
37:53personne,
37:53je t'en dis,
37:53mais c'est parce que
37:54le personnage
37:55s'appelle Félix.
37:56Je ne sais pas
37:56si c'est moi,
37:57mais bon voilà.
37:58Et qui va demander
37:58à Félix
37:58de raconter son histoire.
38:00Donc Félix,
38:00elle va se lancer
38:02dans le récit
38:03de Joachim,
38:04de Nathan,
38:05Nathan étant le frère
38:06de Joachim,
38:07et parlant de ses deux frères,
38:08va s'engouffrer
38:09dans ses deux vies
38:09et on va découvrir
38:10plein d'autres vies.
38:11Voilà.
38:11Justement,
38:12ça aussi,
38:13c'est une idée très forte
38:13parce que vous auriez pu
38:14raconter la vie
38:15sans passer par cet artifice.
38:18J'aurais pu,
38:18en effet.
38:19Mais j'avais envie
38:20d'établir un pacte
38:21avec le lecteur.
38:22Tout ce qu'ils vont lire
38:23est vrai.
38:24Après,
38:25ça ne veut pas dire réel.
38:26Voilà.
38:26Justement,
38:27ils racontent plein de choses
38:28et on ne sait jamais
38:28où est la vérité
38:29ou le mensonge.
38:30Mais ça,
38:31je n'en sais pas plus non plus.
38:32Alors,
38:33vous aimez dire
38:34que le trouble
38:35s'installe comme ça ?
38:37Oui,
38:38bien sûr.
38:38Mais ce trouble-là,
38:40moi,
38:40c'est le trouble
38:42que permet l'œuvre d'art,
38:43le trouble que permet
38:44la pièce de théâtre,
38:44le livre,
38:45le cinéma.
38:46Ce trouble-là,
38:47cette confusion
38:47de la frontière
38:48entre réel et fiction,
38:49c'est quelque chose
38:50qui me passionne.
38:50Et en même temps,
38:51dans ce livre,
38:52il y a toutes vos envies,
38:53toutes vos obsessions,
38:55tous vos rêves.
38:57En effet.
38:58Il y a par exemple
38:59l'obsession des rêves.
39:00Les rêves vous ont toujours marqué,
39:02Félix Moati ?
39:03Je crois qu'on est fait
39:04de la même matière
39:04que nos rêves.
39:05C'est-à-dire ?
39:07Déjà,
39:07bon,
39:08quand on...
39:10On est fait
39:10de la matière même
39:11de nos rêves.
39:12Nos rêves nous renseignent
39:13sur qui on est,
39:15nous trompent,
39:16nous égarent,
39:17nous enseignent aussi
39:18surtout que tout s'interprète.
39:20Puisque ce qu'on voit
39:21dans nos rêves
39:21n'est pas le sens
39:24qui doit être compris.
39:26Il faut interpréter.
39:27Donc être l'exégète
39:28de soi-même,
39:29c'est quand même intéressant.
39:30Alors le psychanalyste,
39:32c'est Nathan justement.
39:33Là aussi,
39:34comme dans le film,
39:35il y a un psychanalyste.
39:37Oui.
39:37C'est parce que vous en avez vu
39:40beaucoup ?
39:40Parce que vous avez envie
39:41d'en parler ?
39:41Parce que c'est une discipline
39:43qui pour moi est centrale,
39:46qui est beaucoup attaquée
39:47ces derniers temps.
39:49Et ce qui ne m'étonne pas
39:50puisque la psychanalyse
39:51va à l'inverse totale
39:52de notre monde,
39:53à savoir
39:56c'est le temps long,
39:58c'est l'absence
39:59de résultats immédiats,
40:01c'est le goût du débat,
40:03c'est le fait de penser
40:04contre soi-même
40:05et,
40:07chose encore plus importante,
40:08c'est de se rendre responsable.
40:11Donc c'est l'exact opposé
40:12du cours du monde actuel.
40:14Donc voilà,
40:16la psychanalyse,
40:16par définition,
40:17elle est subversive.
40:18Mais moi je me souviens
40:19d'une de mes premières interviews
40:20de jeunes journalistes,
40:21c'était un livre qui était sorti
40:22et qui posait la question
40:24« Les psychiatres sont-ils fous ? »
40:26Et ce livre avait fait scandale
40:27en années 70.
40:28Oui,
40:29alors moi la psychiatrie,
40:30c'est un domaine
40:30que je connais moins,
40:31mais la psychanalyse,
40:32donc la cure par la parole
40:33telle qu'elle a été théorisée
40:34par Freud,
40:34puis reprise par Lacan
40:35et tout ça,
40:36c'est par définition subversive
40:37puisque c'est
40:38c'est se rendre compte
40:41qu'on n'est quand même
40:42pas maître en la demeure.
40:44Et ça vous aide
40:44à faire progresser votre récit ?
40:46Et puis surtout,
40:47c'est un formidable terrain
40:48de comédie la psychanalyse.
40:49Moi je trouve que,
40:50puisque ça permet du dialogue,
40:52ça permet des vannes,
40:53ça permet...
40:54L'inconscient il est drôle,
40:55notre inconscient ne manque pas d'humour.
40:56Oui parce que c'est très important
40:57ce livre,
40:58c'est une histoire parfois dramatique,
41:00et présent à chaque page.
41:01Vous y avez veillé.
41:03Ah bah oui,
41:04ouais ouais.
41:04Mais moi en séance,
41:05moi d'analyse,
41:06je ris beaucoup.
41:07Enfin,
41:07dans le sens où
41:08je trouve que c'est...
41:09Comme ça met en scène du langage,
41:12il y a la possibilité
41:13de la comédie, ouais.
41:14Et vous parlez
41:15d'un hôpital pour Zinzin,
41:16c'est une expression
41:17que j'avais jamais entendue.
41:18Hôpital pour Zinzin, oui.
41:19Là aussi,
41:20vous avez fréquenté
41:21ces hôpitaux ?
41:22Non.
41:23Vous avez observé,
41:24vous êtes renseigné ?
41:24Non, en fait,
41:25ça c'est vraiment
41:26très lointainement inspiré
41:27de quelqu'un que je connais
41:30le pauvre était interné
41:31à un moment donné
41:32en hôpital psychiatrique
41:33et qui m'avait raconté
41:34une anecdote
41:35qui m'avait fait hurler de rire
41:36que je ne peux pas raconter ici
41:38mais du coup
41:39qui se retrouve un peu
41:39dans le livre.
41:40Le roman en fait
41:41en il témoignage.
41:42Et puis ce psychiatre
41:43va rencontrer un prêtre amoureux
41:45qui se dit directeur commercial.
41:47Là aussi,
41:48c'est tout à fait étonnant.
41:50Ouais,
41:50c'est un prêtre
41:51qui va se défroquer
41:54parce qu'il va tomber amoureux
41:56d'une fille
41:57qu'il a à confesse.
41:58Tous ces personnages
42:00peuplés de votre roman
42:01sont des gens
42:01que vous avez observés
42:02que vous avez envie
42:03de réunir dans cette histoire ?
42:05Oui, voilà.
42:06Tout simplement ?
42:06Tout simplement
42:07et qui sont liés tous
42:08les uns aux autres.
42:09Alors il y a surtout
42:10vous parlez de Tel Aviv
42:11de Jérusalem
42:12avec une précision totale
42:13alors que vous n'y avez
42:14jamais mis les pieds.
42:15Je ne suis jamais
42:16en Israël, non ?
42:17Mais vous décrivez tout ?
42:18Bah oui,
42:19déjà je connais des gens
42:20qui y sont allés
42:21et puis j'ai fait des recherches,
42:23je me documente.
42:24En même temps,
42:25ce sont pour vous
42:25des lieux
42:27peuplés d'histoire ?
42:28Bien sûr.
42:29Et ces histoires
42:30vous les retrouvez
42:31car dans votre livre
42:31on retrouve des allusions
42:34à la culture juive
42:35qui sont très présentes
42:36et très précises.
42:37Il y a par exemple
42:38le Tikkun Olam
42:39qui est quelque chose
42:40que peu de gens connaissent.
42:42Le Tikkun Olam
42:42c'est un concept
42:44assez central
42:45de la tradition juive
42:47qui s'appelle
42:48la réparation du monde.
42:50ça vient de la Kabbale
42:52qui est la mystique juive
42:56qui la lumière divine
42:57se serait dispersée
43:00dans le monde
43:01et en faisant Tikkun
43:02en faisant réparation
43:03on pourrait collecter
43:04à nouveau
43:06cette lumière divine
43:07qui se serait
43:09incrustée
43:09dans l'écorce des choses.
43:10Et cette culture juive
43:11est très présente
43:12dans le livre ?
43:12Oui.
43:13Et ça vous y avez tenu ?
43:14Vous y teniez ?
43:15Oui, c'était très important.
43:16Et puis il y a Budapest.
43:18Il y a Budapest.
43:18Pourquoi Budapest ?
43:19Je ne peux pas vous dire
43:20je ne suis jamais allé non plus.
43:21Mais j'avais envie
43:23d'aller en Hongrie.
43:25Ce que le roman permet
43:26c'est-à-dire
43:27de voyager par l'esprit.
43:28Et en fait
43:29j'avais été très marqué
43:30par un tournage
43:30que j'avais fait à Prague
43:33et donc
43:34je voulais parler
43:35des pays de l'Est.
43:36Alors pourquoi pas Prague ?
43:37Parce que Prague
43:38est trop traversée
43:39par le tourisme.
43:39J'avais envie
43:40d'une ville
43:42qui ne soit pas
43:43trop touristique
43:44et aussi parce que
43:46j'ai un camarade
43:46qui s'appelle
43:47Gézaro Ring
43:48qui joue dans
43:48Marti Suprême d'ailleurs
43:50et qui est un poète
43:51hongrois
43:52qui est extraordinaire
43:53et il me parlait
43:54beaucoup de Budapest
43:55donc je suis allé à Budapest.
43:56Budapest d'ailleurs
43:57je crois qu'il y a eu
43:57le premier métro à Londres
43:59en 1892
43:59le second à Budapest
44:01en 1996
44:01et le troisième à Paris
44:02en 1900.
44:03C'est dingue
44:04de savoir autant de choses.
44:05C'est fou hein ?
44:05C'est incroyable.
44:06Il se trouve aussi
44:07que dans ce livre
44:08justement
44:09il y a
44:10les tourments d'un père
44:11ça c'est très présent.
44:12Ça c'est presque
44:13parce que c'est central
44:14dans le livre.
44:15Oui oui
44:16ça c'est sûr.
44:17Ce qui a même déclenché
44:18l'écriture.
44:20Parce que justement
44:20devenir père
44:21a été très important
44:22pour vous ?
44:22Ah oui
44:23la chose la plus importante
44:24de ma vie en fait.
44:25Parce que ça a changé
44:26totalement votre
44:27envie de vivre.
44:28C'est une réforme intérieure
44:30qui est radicale.
44:31C'est une grosse responsabilité
44:33aussi.
44:34Oui mais moi
44:34j'adore la responsabilité
44:35mais surtout
44:39tous les parents le diront
44:40c'est une espèce
44:42de contact charnel
44:43et puis c'est une phéromone
44:44moi quand je vois mon fils
44:45je suis heureux en fait.
44:46Vous évoquez même
44:47l'accouchement.
44:48Ça c'était particulier.
44:49Oui.
44:50Vous l'évoquez dans le livre.
44:51Et puis il y a le test
44:52de paternité
44:53que vous évoquez.
44:54Ça c'est complètement
44:55de la fiction évidemment.
44:56Mais c'est pour interroger
44:58la place du père
44:58c'est qu'il y a un doute
44:59qui s'immisce.
45:00C'est ce que je...
45:01Qu'est-ce qu'il fait un père en fait ?
45:03Voilà.
45:03Mais ça aussi
45:04c'est une question
45:04que vous vous posez
45:05qu'est-ce qu'il fait un père ?
45:05Bien sûr.
45:06Je me la poserai
45:07toute ma vie.
45:08Mais vous aurez peut-être
45:09d'autres enfants
45:09pour vous reposer la question.
45:11Ben évidemment.
45:12En plus
45:13les tests de paternité
45:14au début
45:15dans les années 80
45:16on les faisait
45:17à partir des expertises
45:19anthropologiques
45:20mais c'était jamais exact.
45:21Donc on a renoncé
45:22et on a trouvé
45:23de nouvelles méthodes
45:23aujourd'hui.
45:24Et c'est vrai qu'il y a aussi
45:25dans ce livre
45:26des couples qui se foutent
45:27sur la gueule
45:28ce que vous ne voulez pas
45:29bien sûr.
45:30Non mais c'est du...
45:30C'est ce qu'on appelle...
45:31La dispute conjugale
45:32c'est comme la psychanalyse.
45:33C'est un terrain de comédie.
45:35Donc je trouvais ça drôle.
45:36Et puis moi
45:36j'aime bien l'idée
45:38que le couple
45:41ce n'est pas nécessairement
45:43l'harmonie
45:44même s'il faut tendre vers ça.
45:45Mais c'est aussi
45:46deux subjectivités
45:47qui essayent d'élaborer
45:48une vérité ensemble
45:49de construire une vérité ensemble.
45:50Une complémentarité.
45:51Ouais.
45:52Et donc je trouve ça beau
45:53qu'ils se confrontent
45:55l'un à l'autre
45:55qu'ils ne soient pas d'accord.
45:57Moi je...
45:57En fait
45:58la différence
46:00n'est jamais un problème.
46:01Et dans ce livre
46:02on comprend aussi
46:03comment le rôle du père
46:04a évolué.
46:05C'est-à-dire que le père
46:06avant il allait au travail
46:07maman était à la maison
46:08et puis c'est fini tout ça.
46:10Ouais.
46:10Heureusement ça a changé.
46:12Et ça c'est aussi
46:13une responsabilité pour vous.
46:14Bah oui
46:14mais c'est la montre des choses.
46:15Et puis alors
46:17en filigrane
46:18dans ce roman
46:18quand on le lit
46:19on voit l'importance
46:20d'être français.
46:21L'importance
46:22de se sentir français.
46:24Euh...
46:24Ouais moi j'ai...
46:25Bon j'ai pas trop ça moi
46:27mais...
46:27Non non c'est plutôt
46:28le questionnement
46:29qu'est-ce qui...
46:31Il y a un truc quand même
46:32qui a traversé
46:33tous les...
46:33qui a traversé
46:34tous les esprits juifs
46:35depuis toujours
46:36c'est à...
46:38C'est la question
46:39de l'assimilation
46:41dans les pays
46:41qui voulaient bien de nous
46:42puisque moi
46:43quand je vois l'histoire
46:43de ma famille par exemple
46:44on est en Mésopotamie
46:46on va en Espagne
46:47en Italie
46:48en Tunisie
46:49en France
46:51parce que c'est
46:53successivement
46:54on nous a poussé à l'exil
46:56donc en fait
46:57la question de
46:59aussi de remercier
47:00ceux qui veulent bien de nous
47:02sachant que la France
47:03n'a pas une culture
47:05vis-à-vis de ses juifs
47:07irraprochable
47:07vis-à-vis de
47:08et maintenant désormais
47:09vis-à-vis de ses arabes
47:10vis-à-vis de
47:11de toutes les autres communautés
47:12c'est pas...
47:13On a du travail à faire encore.
47:15Je crois.
47:15Alors il se trouve
47:16qu'il y a la couverture
47:16il y a...
47:17T'as cédant
47:17il y a une ville
47:18et il y a deux personnes
47:19qui volent au-dessus de la ville.
47:21Oui.
47:22Qu'est-ce que c'est que cette idée ?
47:23Alors je n'ai pas choisi
47:24cette couverture
47:25mais on me l'a soumise
47:26et j'ai été...
47:27Je suis ravi.
47:29Bah je pense que c'est
47:30l'idée de liberté
47:31de saut dans le vide quoi.
47:32Un saut dans le vide
47:33et puis surtout
47:33la vie qui passe
47:34car ce qui est très présent
47:35aussi dans ce roman
47:35c'est la notion de vie qui passe
47:37et on s'interroge
47:39sur les bons choix de la vie.
47:40Bah oui oui
47:41oui oui
47:41bien sûr
47:44de toute façon
47:45on est condamné
47:46à faire des choix
47:46tout le temps.
47:47En même temps
47:47vous avez vous
47:48fait des choix
47:50vous avez pris parfois
47:50les bons chemins
47:51parfois les mauvais chemins
47:52et on le comprend même...
47:53Moi j'ai aucun problème
47:54à accepter de m'être égaré
47:56par plein de...
47:57Je me suis vraiment perdu
47:59plein de fois
48:00bien sûr.
48:01Mais à chaque fois
48:01vous avez retrouvé le bon chemin.
48:02J'étais même obsédé
48:03à un moment donné
48:04c'est très signifiant
48:05on parlait de psychanalyse
48:06mais j'étais obsédé
48:07par l'idée
48:07quand je mangeais
48:08de faire fausse route.
48:09La chose est claire au moins
48:10j'avais peur de faire fausse route.
48:12En même temps
48:12tout ça est passé aujourd'hui ?
48:14Non non non
48:16il y a un proverbe
48:17acidique
48:18le racidisme
48:19c'est une branche
48:20de la mystique juive
48:21qui dit
48:21ne demande jamais
48:22ton chemin
48:23à quelqu'un
48:23qui le connaît
48:24tu risquerais
48:24de ne pas te perdre.
48:25Alors dans ce livre
48:26il y a deux choses importantes
48:27c'est l'émotion et l'humour
48:28et ça c'est aussi
48:29votre marque de fabrique
48:30Félix Moati.
48:32Bah merci
48:32je ne peux rien dire
48:33de plus.
48:34Non mais c'est vrai
48:35que vous tenez à ça
48:35même que dans vos livres
48:37comme dans vos films.
48:38Bah oui
48:39c'est deux pôles
48:39quand même importants
48:40de la vie humaine.
48:41Vous en ferez un film
48:42de ce livre ?
48:43Je laisserai
48:44à quelqu'un
48:45le soin de le faire.
48:46Parce qu'il a fallu
48:47du temps pour l'écrire.
48:48Oui oui oui.
48:49Vous avez pu écrire
48:51entre deux films ?
48:52Je travaillais beaucoup
48:53beaucoup.
48:54Et d'une traite
48:55comme ça ?
48:56Ouais oui.
48:57Je crois que vous avez
48:57déjà écrit un roman
48:58à 18 ans.
48:59En effet.
49:00Et alors ?
49:00Bah il est aux oubliettes
49:01enfin il est en l'occurrence
49:02sur mon ordinateur
49:03mais il restera là.
49:05Parce que ça vous a...
49:07C'est un désastre.
49:08Un désastre oui.
49:09Mais au moins
49:09je l'ai écrit
49:10et il faut faire ses armes.
49:12Et là ce roman
49:13il y aura peut-être
49:14une suite
49:14il y aura d'autres livres
49:15derrière.
49:16Parce que le pli est pris
49:17maintenant.
49:17Bien sûr.
49:18J'espère.
49:19J'espère.
49:19Vous n'arrêtez pas
49:20de tourner en ce moment ?
49:21J'essaye dans un milieu
49:25qui se reconfigure
49:26qui est compliqué.
49:28On voit que quand même
49:29plein de populistes
49:31s'attaquent au cinéma.
49:33Non non c'est...
49:34Voilà donc il va falloir
49:35tenir bon.
49:36Mais vous avez l'énergie
49:37pour ça ?
49:38On n'a pas le choix.
49:40Voilà.
49:40On fait en sorte
49:41que le monde
49:41ne se défasse pas.
49:42Surtout pas.
49:42Moi je dirais
49:43à nos auditrices
49:44et à nos auditeurs
49:45qui n'ont pas le choix
49:46il faut lire
49:46voir clair
49:47aux éditions d'Observatoire
49:49et on découvrira
49:50qui vous êtes vraiment
49:52au-delà de vos films
49:53car c'est vraiment
49:54presque ce livre
49:55une confession personnelle.
49:56Merci beaucoup.
49:57Merci beaucoup.
49:58Merci Félix Noati
49:59continuez ainsi
49:59parce que encore une fois
50:01vous avez un long chemin
50:02à faire
50:02et votre fils
50:03doit être fier de vous.
50:04Et je suis fier de mon fils
50:05surtout.
50:05Merci infiniment.
50:06Merci infiniment.
50:07Les clés d'une vie
50:08c'est terminé pour aujourd'hui.
50:09On se retrouve bientôt.
50:10Restez fidèles
50:11à l'écoute de Sud Radio.
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