- il y a 22 heures
Les clefs d'une vie de Marek Halter
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-02-06##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Le peintre que vous étiez à l'origine est un jour sorti de son cadre
00:09pour commencer à tisser une autre toile.
00:13Elle vous a permis de mener bien des combats,
00:15en particulier avec des livres qui font de vous plus que jamais un homme à la page.
00:20Bonjour Marais Kalter.
00:21Bonjour.
00:22Alors, je vous retrouve dans les clés d'une vie avec un nouveau livre,
00:25Le Juif, chez Fayard.
00:27On va en parler tout à l'heure parce que c'est un roman très original
00:29qui n'est pas simplement un roman comme les autres,
00:32comme tous ceux que vous avez publiés.
00:34Et on en parlera.
00:35Mais le principe des clés d'une vie où vous êtes déjà venu, ça n'a pas changé.
00:39Ce sont des dates clés de votre parcours pour évoquer ce parcours.
00:43Et la première que j'ai trouvée, alors, elle n'est pas liée directement à vous,
00:47mais elle est importante quand même pour vous.
00:49Le 13 mars 1951, il y a une première d'un spectacle au studio des Champs-Elysées
00:55pendant lequel la tête d'affiche ne va pas dire un mot.
01:00Et pourtant, cette tête d'affiche, elle parle.
01:03Et en 88, quand il est venu pour la première fois en France pour faire son grand show...
01:06Marcel Marceau.
01:08Reconnaissez sa voix.
01:09Marcel Marceau qui était d'origine polonaise par son père
01:12et ukrainienne par sa mère.
01:14Et il s'est retrouvé en 42 dans un internat
01:16au milieu d'une centaine d'enfants juifs.
01:20Et Marcel Marceau, vous l'avez rencontré, est connu.
01:22Tout à fait. J'ai même joué avec lui.
01:26Il m'a donné cette chance de m'intégrer dans la culture française.
01:33Le mime, la pantomime permet de faire des choses sans parler.
01:38À l'époque, je ne connaissais pas la langue.
01:41Donc, c'était quand même...
01:43Et on a joué ensemble à Strasbourg le manteau de Gogol.
01:48Et c'est justement cette pièce, le manteau de Gogol,
01:51qu'il a créée au Sud-Élysée en 51,
01:54qui a été un de ses premiers triomphes,
01:55qu'il a repris régulièrement.
01:57Mais la compagnie était assez jeune.
01:59Elle avait démarré 4 ans plus tôt.
02:01Exact.
02:02Comment vous êtes-vous retrouvé, Marek Alter,
02:04dans la compagnie Marcel Marceau ?
02:07Mon ami, par hasard,
02:08je suis arrivé un an plus tôt à Paris.
02:12J'avais, quoi, 15 ans.
02:15Et je ne connaissais pas la langue, ni Paris.
02:20Je me baladais, je traversais le pont des Arts.
02:24Il y avait une fille blonde, plutôt jolie,
02:26qui marchait devant moi.
02:28Je me suis adressée à elle.
02:30Je la draguais, tout simplement.
02:33Et, formidable, elle parlait polonais.
02:36C'était une polonaise.
02:38Alors, on a sympathisé, on a pris un café.
02:41Et elle m'a dit qu'elle jouait dans l'équipe de Marcel Marceau.
02:48Et je lui ai demandé, qu'est-ce que c'est Marcel Marceau ?
02:51Elle m'a raconté la pantomime.
02:55Alors, j'ai dit, j'aimerais bien en faire partie.
03:00Tout ça en polonais.
03:02Et c'est elle qui m'a amené chez Marcel Marceau.
03:05Et il m'a dit, bon, ça j'avais compris.
03:12Vous ne savez pas parler, mais vous savez bouger les meubles.
03:17J'ai dit oui.
03:18Déplacer une table, une chaise, parce qu'en pantomime,
03:24tout s'est fait sur la scène.
03:26Il n'y a pas de coulisses.
03:28On s'est maquillé sur la scène.
03:29Et alors, il m'a engagé pour déplacer le meuble.
03:34Et puis, comme je faisais des fautes,
03:37je faisais tomber le meuble.
03:40Ça faisait rire l'assistance.
03:42Alors, il trouvait ça bien.
03:45Et j'ai joué avec lui pendant un an.
03:48Voilà.
03:49Et il se trouve, cette compagnie débutait à peine.
03:51Après, elle a fait le tour du monde complètement.
03:53Et un soir, moi, je me souviens, au Théâtre des Champs-Elysées,
03:56à côté du studio que j'évoquais,
03:59il y a une première de Marcel Marceau.
04:01Et dans la salle, et c'est vrai, il y a Jean Carmé.
04:04Et Jean Carmé s'est endormi.
04:06Et à un moment, il s'est réveillé.
04:07Il a crié plus fort.
04:09C'est assez extraordinaire.
04:11Car Marcel Marceau était très bavard dans la vie, à l'inverse.
04:14Dans la vie, oui, c'est vrai.
04:16Et vous aussi, d'ailleurs, le mime pour vous,
04:17c'était presque une façon de vous taire,
04:20car vous avez toujours été très bavard.
04:21Exact.
04:23Mais j'ai appris avec lui les premiers mots de français.
04:27C'est lui qui me disait, on peut plus à gauche,
04:29on peut plus fort, on peut plus vite.
04:32Et c'est comme ça que, bon, ça fait drôle aujourd'hui
04:36de dire que j'ai appris le français avec un mime.
04:40Exactement.
04:41Alors, il faut savoir que ce que vous avez joué le manteau,
04:44d'après Nicolas Gogol,
04:45c'est presque un retour aux sources,
04:48puisqu'il est d'origine ukrainienne,
04:49et que ce n'est pas très loin de votre terre natale, Varsovie.
04:54Tout à fait, entre Varsovie et Moscou,
04:57puisqu'après, ce sont les Russes qui nous ont sauvés la vie pendant la guerre.
05:01J'étais à Moscou, après, à Ouzbékistan, Kazarstan, et ainsi de suite.
05:07Vous n'êtes pas né dans une compagnie, mais dans une communauté juive, en 1936.
05:12Je suis né, je pourrais dire, dans les ghettos.
05:16Donc, c'est plus qu'une compagnie, une compagnie forcée.
05:20Exactement. Alors, curieusement, et Dieu sait si vous faites jeune,
05:24certains assurent que l'État civil a prévu votre naissance en 1932.
05:30Oui, parce que j'ai deux dates de naissance.
05:33Parce que quand je suis arrivé en France,
05:37ils se sont trompés, c'était un visa collectif.
05:40Alors, on m'a mis 1932 naissance,
05:44et on m'a donné un prénom, Aaron.
05:47Oui.
05:48Et je n'aime pas Aaron.
05:49Ce n'est pas mon prénom, en plus, je n'aime pas,
05:52parce que c'est lui qui a construit les Vaudor.
05:55Les frères de Moïse, pour ceux qui ne savent pas.
05:58Alors, je me suis battu pendant des années,
06:00et grâce à Simon Veil, 30 ans plus tard,
06:03j'ai récupéré mon prénom Marek,
06:06donc, dans les papiers.
06:08Donc, je suis Aaron Marek, prénom usuel,
06:15Alter, 1936.
06:17Alors, votre père, lui, s'appelait Salomon Léoui Alter.
06:20Oui, exact.
06:21Et il était l'inotypiste.
06:22C'est un métier qu'on a un peu oublié aujourd'hui.
06:24Et moi, je me souviens de mes débuts à France Soir,
06:27quand on préparait le journal,
06:29il y avait des l'inotypistes qui trouvaient les caractères à une allure record.
06:33Ah oui, c'est des ans primaires.
06:35Balzac, on ne parle pas de l'inotypiste,
06:37de l'imprimerie à Angoulême.
06:39Oui.
06:40Il décrit une imprimerie quand on composait encore à la main.
06:45Et là, c'était déjà progrès,
06:47parce qu'on composait grâce à une machine.
06:50Et votre père descend d'ailleurs, je crois, d'une lignée d'imprimeurs.
06:53Oui, depuis 1425, parce qu'un de mes ancêtres, Alter, en Alsace,
07:05Gabriel Alter, a travaillé avec Gutenberg, qui a inventé l'imprimerie.
07:11C'est fou, hein ?
07:12Et on s'étonne que vous écriviez des livres aujourd'hui, Baric Alter.
07:15Alors, votre mère, je crois que c'est Paula Perl-Rosten,
07:19elle est bibliothécaire au départ.
07:21Oui, elle était poétesse, écrivait poèmes en yiddish,
07:25qui j'ai illustrées après.
07:27Malheureusement, c'est une langue que presque personne ne parle.
07:34C'est un petit peu une langue engloutie, comme les latins.
07:39Qui parle aujourd'hui les latins ?
07:41Mais lui, il dit, je vous le parlais.
07:42Mais c'était une femme formidable.
07:45L'une yiddish, vous le parlais, Marie-Claire ?
07:47Moi, je parle encore l'edidish.
07:49Mais vous savez, il y a un film, Babette s'en va être en guerre,
07:52où Francis Blanche joue Papa Schultz.
07:54Peut-être connaissez-vous ce film.
07:55Écoutez bien Papa Schultz.
07:56En fait, il parle en yiddish.
07:58On lui avait appris quelques mots de yiddish,
08:00et il a fait ça pour rire.
08:02Alors qu'il est le méchant dans l'histoire.
08:05Alors, il y a encore un endroit où on parle yiddish.
08:08Ça, les gens ne savent pas.
08:10Il y a une république juive en Sibérie.
08:13C'était l'idée de Staline,
08:15bien avant la création d'État d'Israël,
08:18à la frontière avec la Chine,
08:21où on parle yiddish.
08:22Alors, il se trouve aussi que ces années ont été difficiles,
08:25parce qu'avant de venir en France,
08:26vous auriez pu y rester.
08:28Vous avez vécu des moments très difficiles,
08:30Marie-Calter.
08:31Ben, j'aurais pu passer dans un fou grammatoire, oui.
08:37Oui, c'est une chance.
08:39C'est une chance, parce que mon père était donc en primaire,
08:43dirigeant d'un syndicat des ans primaires en Pologne,
08:48où il y avait les juifs et les catholiques,
08:51et les catholiques sont venus nous chercher,
08:53certains de ses amis catholiques,
08:55sont venus nous chercher dans les guettos,
08:57pour dire, c'est le moment de partir.
08:59Et vous êtes partis ?
09:01Et nous sommes partis,
09:02parce que la Pologne était coupée en deux,
09:05entre l'armée allemande et l'armée soviétique,
09:10et nous sommes passés des côtés soviétiques,
09:12que eux, ils nous ont envoyés à Moscou.
09:15Et votre vocation initiale, c'était la peinture ?
09:18Quand je suis arrivé en France, c'est vrai,
09:21c'est toujours grâce à Marcel Marceau,
09:24parce que nous étions, je ne me souviens pas,
09:26en déplacement,
09:28et ses décors se sont déchirés,
09:31et il était très énervé,
09:33merde, merde, merde,
09:35qui va me réparer ?
09:36J'ai dit, moi, je veux le réparer.
09:38J'ai acheté de la gouache,
09:39et j'ai réparé.
09:41Et j'ai trouvé que c'était formidable
09:45de pouvoir mettre des couleurs
09:47sur un fond, sur une toile,
09:50et je suis allé au Louvre.
09:53J'ai trouvé un tableau qui m'a impressionné,
09:58la bataille d'Ucello.
10:00Pourquoi ça m'a impressionné ?
10:02Parce que cette bataille,
10:04il y a plus des pics
10:06que des guerriers.
10:12Parce qu'il a fait un jeu
10:15de ces bâtons avec lesquels
10:19on s'entrait tuer,
10:20des différentes couleurs,
10:22et j'ai découvert la peinture moderne.
10:24Et en même temps,
10:25vous avez suivi des cours, ensuite ?
10:27Après, oui,
10:28j'étais à l'école des Beaux-Arts,
10:32à Paris, sous les quais.
10:34Cette école existe encore.
10:36Oui, et vous avez pu être admis
10:37à cette école ?
10:38Ça a été un concours ?
10:39Ce n'était pas simple.
10:40Oui, oui,
10:41je suis passé un concours.
10:44Après,
10:45j'ai reçu un prix
10:47des peintures à Deauville,
10:49vous vous rendez compte ?
10:50Pour moi,
10:51c'était extraordinaire.
10:53C'était un prix international,
10:55et je crois qu'à cette époque,
10:56à Deauville,
10:56je ne sais pas si vous le savez,
10:57les peintres célèbres venaient,
10:59et ils jouaient au casino.
11:01Ah bon, moi,
11:01je n'ai pas joué au casino.
11:03Les peintres célèbres jouaient au casino,
11:05qui était à l'époque dirigé
11:06par François André,
11:07le patron de Deauville,
11:08et pour payer leurs dettes,
11:09ils payaient un tableau.
11:10Ah bon ?
11:11François André s'est fait
11:12une collection de tableaux
11:13absolument incroyables,
11:14grâce aux dettes de jeux
11:16des casinos.
11:17Ça, j'apprends.
11:18C'est vrai que la peinture,
11:19c'était au départ
11:20votre premier métier.
11:22Et j'aimais bien la peinture,
11:25et pendant des années,
11:26je vivais de la peinture.
11:28Eh bien, justement,
11:28on va en parler
11:29avec une autre date,
11:30le 28 septembre 1963.
11:33A tout de suite
11:33sur Sud Radio
11:34avec Marek Alter.
11:36Sud Radio,
11:37les clés d'une vie,
11:38Jacques Pessis.
11:39Sud Radio,
11:39les clés d'une vie,
11:40mon invité Marek Alter.
11:42Nous parlerons tout à l'heure
11:43de ce roman étonnant,
11:44Le Juif,
11:45qui est paru chez Fayard.
11:46On en revient à votre parcours,
11:48vos jeunes années,
11:49effectivement,
11:50à Varsovie,
11:51dans le ghetto,
11:52le mime et la peinture.
11:53Et justement,
11:55le 28 septembre 1963,
11:57c'est la troisième biennale de Paris
11:59au musée d'art moderne
12:00de la ville de Paris.
12:01Et c'est une manifestation
12:02importante qui a été
12:03voulue par André Malraux.
12:06Et vous exposez une toile
12:08pour la première fois.
12:09Oui, c'est vrai.
12:10Et c'était un événement
12:12parce que se retrouver
12:13pour un jeune peintre
12:14à la biennale de Paris,
12:15c'est pas si fréquent.
12:17Oui, et surtout
12:18que j'ai rencontré Malraux,
12:20qui j'admirais
12:21parce que son livre,
12:23La Condition Humaine,
12:25m'a beaucoup impressionné.
12:26après, je suis devenu
12:29très ami avec sa femme Clara.
12:31Oui, on va en parler.
12:31Tu lui en voulais beaucoup
12:33parce qu'il l'a laissé tomber
12:35pendant la guerre.
12:36C'était pas le moment
12:37de laisser tomber
12:38une femme juive.
12:39Mais c'est vrai que pour moi,
12:42c'était une date importante.
12:44La toile, c'était fait d'hiver
12:46à Ouarzazade, je crois.
12:49Oui, c'est extraordinaire
12:50pour me rappeler.
12:52Oui, oui, c'est vrai.
12:54Parce que j'ai peigné
12:56des petits personnages
12:57que j'ai appris
12:58chez Bruegel,
13:00le grand peintre flamand.
13:01Donc, pour moi,
13:04l'espace existe grâce
13:07aux hommes
13:08qui les meublent,
13:10qui l'animent.
13:12Un désert seul
13:14n'a aucun sens.
13:16Mais quand je vois
13:17un chameau
13:18quelque part à l'horizon,
13:19des coups,
13:20il s'anime.
13:21Donc, il y a des personnages,
13:23des chameaux.
13:24Voilà.
13:25Et c'était votre première toile.
13:26Et vous parliez
13:27de Clara Malraux.
13:28On va écouter sa voix
13:29car elle est à l'origine
13:30pour vous
13:31d'une autre première.
13:32Mais mon enfance,
13:34sauf que j'ai perdu mon père
13:35quand je n'avais pas 14 ans.
13:37Honnêtement,
13:38je crois que ça a été
13:38une belle enfance.
13:39Je crois que grâce
13:40à Clara Malraux,
13:41Marie Calter,
13:41vous avez fait
13:42votre première télévision.
13:43Vous l'avez interviewée
13:44dans une émission
13:45qui s'appelait
13:45En toutes lettres
13:46chez elle.
13:47Oui, c'est vrai.
13:47A hors-tel.
13:48Oui, tout à fait.
13:50C'était le 7 janvier 1972.
13:53Oui, Clara Malraux,
13:54c'était un personnage
13:55extraordinaire.
13:57Ce que j'ai dit toujours,
13:58que ces grands écrivains,
14:01Malraux,
14:02Aragon,
14:03Éloire,
14:04même de Rieux de la Rochelle,
14:07sont devenus grands
14:08parce qu'ils avaient
14:10des femmes juives
14:11venues d'ailleurs.
14:12Ce n'est pas parce qu'ils étaient
14:13juifs,
14:14mais parce qu'elles sont arrivées
14:19à leur faire comprendre
14:21qu'il y a un monde vaste,
14:23qu'elles ont ouvert les fenêtres
14:26d'une maison enfermée.
14:28et moi, je me souviens,
14:33Elsa Triolet,
14:34qui était une amie,
14:37il avait tellement peur
14:39Aragon d'Elsa Triolet,
14:41quand j'arrivais,
14:42Elsa Triolet préparait son thé
14:44avec baregne,
14:46comme en Russie,
14:47avec la confiture,
14:49et elle criait,
14:50« Louis,
14:52nous avons un invité ! »
14:54Et Louis arrivait
14:55et elle disait,
14:56« Mais Louis,
14:57c'est quoi cette cravate ? »
14:59« Marek,
14:59cette cravate ne lui va pas.
15:01Change de cravate ! »
15:02Louis partait,
15:04il changeait de cravate,
15:05il revenait,
15:06et il avait alors droit
15:08à partager avec nous
15:10l'été
15:10avec les coles à confiture.
15:13Alors, Clara Malraux,
15:14elle avait épousé André Malraux
15:15le 21 octobre 1921.
15:17Il s'était promis
15:19une grande indépendance réciproque
15:21et résultat,
15:22il l'a trompé beaucoup
15:24et elle a fini par divorcer
15:25en 1947,
15:26mais ça a duré
15:27quand même très longtemps.
15:28Oui, c'est vrai.
15:29Mais il a quand même
15:32partagé ses sculptures.
15:36On dit qu'il les a volées
15:37ou pas.
15:39Les sculptures
15:40qu'on appelle aujourd'hui
15:43gréco-bouddhistes.
15:45C'était à l'époque
15:46qu'Alexandre Legrand
15:47a occupé l'Afghanistan
15:50et qui ont une valeur
15:53extraordinaire.
15:55Donc, il lui a laissé
15:56quelques sculptures
15:58qui lui ont permis,
16:00la vente de ces sculptures
16:01lui ont permis
16:02de vivre convenablement
16:04et éduquer
16:05leur fille Florence.
16:07Il se trouve aussi
16:08que si vous êtes
16:09dans cette émission
16:10de télévision,
16:11c'est parce que
16:12vous avez nommé
16:12Clara Malraux,
16:13directrice de la publication
16:14d'une revue que vous créez.
16:16C'est vrai, c'est juste.
16:17C'est juste.
16:18Nous étions les premiers
16:20à essayer
16:21de réconcilier
16:23les Palestiniens,
16:24les Israéliens,
16:25les Juifs
16:26et les Arabes.
16:27Et on a créé
16:28une revue
16:29qui s'appelait
16:29Éléments
16:30avec ma femme Clara
16:32qui s'appelait
16:35Éléments,
16:36Éléments pour la peur
16:38au Proche-Orient.
16:39Et c'était
16:39la première revue
16:41qui réunissait
16:42des intellectuels,
16:43les écrivains
16:44arabes
16:45et juifs
16:46et israéliens
16:47et palestiniens.
16:50Et on avait besoin
16:51de quelqu'un
16:53de plus connu
16:55que Clara et moi.
16:56On était très jeunes.
16:57et Clara m'a dit
16:59« Demande à ta copine
17:01Clara Malraux. »
17:03Je suis allé voir
17:04Clara Malraux
17:05et elle dit
17:05« Bien sûr, bien sûr. »
17:07Et elle est devenue
17:08la directrice
17:09responsable
17:10de la direction
17:12de cette revue.
17:14Cette revue,
17:14finalement,
17:15c'était au début
17:16journalistique,
17:17Marie Calter.
17:18Je crois que le déclic
17:18s'est produit
17:19lorsque, dans votre voiture,
17:21vous apprenez
17:22le déclenchement
17:23de la guerre
17:24des six jours.
17:26Oui.
17:27Oui.
17:27parce que, pour nous,
17:29c'était un choc
17:31puisque c'est toujours
17:33un choc
17:33pour les pacifistes
17:35d'être rappelés
17:38à l'ordre
17:38par une guerre,
17:39par la violence,
17:40par les éclats
17:41de bombes.
17:42Nous, on pensait
17:43qu'on avait
17:44des amis palestiniens
17:45et israéliens
17:46et qu'on allait
17:48vers la paix,
17:50vers un amour
17:51collectif,
17:52vers un rêve
17:54collectif.
17:55Or,
17:55d'un seul coup,
17:56il y avait cette guerre
17:58qui m'a frappé
18:00parce que,
18:00je ne sais pas
18:01si vous vous souvenez,
18:03à l'époque,
18:04le grand spécialiste
18:06du Proche-Orient
18:07s'appelait
18:08Rodinçon
18:09et il a mis
18:11faire la une
18:13du monde
18:16que toutes les armées
18:19arabes mobilisées,
18:21Israël,
18:22demain,
18:22n'existera plus.
18:24Or,
18:24Israël les a pris
18:26des vitesses
18:27et il est toujours là.
18:28Et moi,
18:29je me souviens aussi
18:30de François
18:31qui tirait à l'époque
18:31à plus d'un million
18:32d'exemplaires.
18:33Le premier journaliste
18:35qui a été sur place
18:35c'était Joseph Kessel.
18:37Oui,
18:37c'est vrai.
18:38Parce qu'il avait
18:38le visa numéro un
18:40au départ d'Israël
18:40en 1948.
18:41Il était très fier
18:42et il a fait
18:43un très beau livre,
18:44La Tour d'Ezra.
18:45Et c'était
18:46l'ancien
18:47et il a battu
18:48tous les jeunes,
18:48il est arrivé
18:48avant tout le monde
18:49là-bas.
18:50C'est vrai.
18:50Alors,
18:51il se trouve que
18:51cet engagement,
18:52c'est né comment ?
18:53Cette envie de s'engager,
18:54Marie-Calter ?
18:58C'est un enfant
18:58du ghetto de Varsovie
19:00qui n'a pu
19:01participer à la révolte
19:04puisqu'on est parti
19:05plus tôt.
19:07C'était naturel.
19:10Pour moi,
19:12c'est l'histoire
19:13qui m'a happé.
19:15Ce n'est pas moi
19:16qui ai happé l'histoire,
19:18mais c'est l'histoire
19:18qui m'a happé.
19:20C'est-à-dire,
19:20je me suis retrouvé
19:21en pleine histoire
19:22et il fallait
19:23que je réagisse.
19:25Alors,
19:25j'avais la chance aussi,
19:27c'est la chance,
19:29que dans le journal Le Monde,
19:30il y avait un homme
19:31qui s'appelait
19:32Pierre Viançon-Ponté
19:33qui m'a pris
19:35sous sa protection,
19:37il était rédacteur en chef
19:39et il publiait
19:40mes cris,
19:41il appelle ça
19:42les cris,
19:43c'est plus que les articles,
19:44c'est les protestations.
19:47Et il me donnait
19:47la parole
19:48et c'est ainsi
19:50que je me suis retrouvé
19:54à la tête
19:55des différentes associations,
19:58organisations,
20:00initiatives pour la paix.
20:03Et tout ça a été possible,
20:04Marie Calter,
20:05parce que vous continuez
20:06à l'époque
20:06à vivre dans la peinture.
20:09Exactement.
20:10C'est une bonne remarque
20:11parce que j'étais indépendant.
20:14Et la peinture,
20:15vous continuez,
20:16vous exposiez
20:16dans le monde entier.
20:17Oui.
20:18Et je crois
20:18que l'un des premiers
20:19pays où vous avez exposé,
20:21c'est l'Argentine,
20:22avec des tableaux
20:24que notamment
20:25Juan Perron,
20:26qui était à l'époque
20:26le président de l'Argentine,
20:28a pris dans une exposition.
20:30Oui,
20:31c'est ça aussi,
20:32c'est très drôle,
20:33parce que
20:34quand je suis arrivé
20:35en Argentine,
20:37Juan Perron
20:38était
20:39le chef,
20:41le président,
20:42à admirer
20:45surtout sa femme
20:47qui était une sainte
20:48et Vita Perron.
20:49On connaît
20:50la comédie musicale
20:52Vita, oui.
20:54No Cry For Me Argentina.
20:57Et Perron
21:00avait
21:01un sens
21:04de l'histoire.
21:05Il trouvait
21:06que l'Argentine
21:07était
21:07le culo
21:08du monde.
21:09Quand on regarde
21:10d'ailleurs
21:11la carte
21:11de l'Amérique latine,
21:13c'est tout à fait
21:14vers le bas,
21:14jusqu'à la pointe,
21:17la terre de feu.
21:19Que Joseph Kessel
21:21d'ailleurs
21:21a décrit
21:22puisqu'il était né
21:23en Argentine,
21:25à Santa Clara.
21:27Et
21:27il s'était dit,
21:31c'est Jorge Luis Borges,
21:33un grand écrivain
21:34magnifique,
21:35qui lui a fait
21:36savoir
21:38que
21:38l'Andalousie
21:40et restera
21:42dans l'histoire
21:43grâce à la participation
21:45culturelle
21:46des Juifs.
21:47Et il s'est dit,
21:48je vais inviter
21:49des Juifs
21:50en Argentine
21:51et ils vont
21:52transformer
21:54l'Argentine
21:55au centre
21:56du monde.
21:57Le centre du monde.
21:58Ce sont des idées,
22:00des dictateurs,
22:01ça fait rire
22:03quand ce n'est pas
22:04tragique,
22:05c'est plutôt drôle.
22:06et il voyait
22:08en moi
22:08les prototypes
22:10de ces Juifs.
22:12Je parlais
22:12l'espagnol,
22:14je parlais
22:15déjà français,
22:16etc.
22:17Et qui pouvaient
22:19donner cette impulsion
22:21à l'Argentine.
22:22L'ami
22:23de Cortazar,
22:24de Borges,
22:25etc.
22:25et il m'a presque
22:28obligé
22:29de devenir
22:30le premier
22:33membre
22:34du groupe
22:37qu'il a créé,
22:37les Intellectuales
22:39Peronistes.
22:40Les Intellectuales
22:41Peronistes.
22:42Et quand j'ai fait
22:43mon exposition,
22:45il est venu
22:46et il a jeté
22:47deux tableaux
22:48qui sont toujours
22:49à la Casa Rosada,
22:51c'est-à-dire
22:51à l'Elysée
22:53de Buenos Aires.
22:54Voilà,
22:55ça c'est une partie
22:55de notre parcours
22:56mais il y a une autre date
22:57aussi que j'ai repérée
22:58liée à une autre activité,
23:00le 9 février 1995.
23:02A tout de suite
23:03sur Sud Radio
23:04avec Marais Kaltère.
23:05Sud Radio,
23:06les clés d'une vie,
23:07Jacques Pessis.
23:08Sud Radio,
23:09les clés d'une vie,
23:10Marais Kaltère,
23:11mon invité.
23:12Le livre,
23:12Le Juif,
23:13chez Fayard,
23:13on en parle
23:14dans quelques instants.
23:15Mais j'en reviens
23:16à votre parcours
23:17tout à fait atypique
23:17parce qu'entre
23:19la littérature,
23:20vos engagements,
23:21la peinture,
23:22c'est déjà beaucoup.
23:23Mais il y a le cinéma,
23:24car le 9 février 1995,
23:27le Festival de Berlin,
23:29c'est l'avant-première
23:30avec ce film.
23:32Et puis les lieux,
23:33je pense que c'est là
23:33où s'est trouvée la maison.
23:35Et puis aussi...
23:36Vous faites l'avant-première
23:37du Festival de Berlin
23:39avec Les Justes,
23:41un documentaire exceptionnel.
23:44Oui, pour moi,
23:44c'est extrêmement important.
23:46On parle beaucoup
23:47de la Shoah,
23:48on parle de la guerre.
23:49Jusqu'à aujourd'hui,
23:50on voit tous les jours
23:52des documentaires
23:53sous l'occupation,
23:55la France
23:56sous l'occupation,
23:57etc.
23:58Mais personne ne parle
23:59de ceux
24:00qui ont fait du bien.
24:02Ceux qui ont dénoncé,
24:03qui ont tué,
24:04on connaît.
24:06Mais il y a des gens
24:06aussi qui ont sauvé.
24:08En France,
24:09il y avait 300 000
24:10juifs avant la guerre,
24:12200 000 ont survécu
24:14grâce à des simples gens,
24:17à des paysans,
24:19à des curés.
24:20Plus on montait
24:21dans l'hierarchie,
24:22moins il y avait
24:23des justes.
24:24On appelle ça
24:25les justes.
24:26D'ailleurs,
24:27c'est dans la Bible,
24:28après,
24:29Camus a repris
24:30cette notion
24:31des justes
24:32d'une manière
24:33assez extraordinaire.
24:35Mais pendant des années,
24:36on n'en a pas parlé
24:37après la guerre
24:38et puis petit à petit,
24:40on a voulu
24:40rendre hommage
24:41à ces familles.
24:42Et ça,
24:43c'est...
24:43J'étais peut-être
24:44le premier
24:45à être allé
24:48à les recherches.
24:50Parce que là,
24:51les gens du bien
24:52ont ça
24:53des particuliers
24:54qui ne s'épousent pas,
24:56qui ne rébandiquent pas.
24:58C'est lui
24:58qui a tué.
25:00Il essaie
25:00de transformer
25:01son geste
25:02à un geste héroïque.
25:04C'est lui
25:04qui sauve une vie.
25:06Il ne va pas
25:06le raconter
25:07à la ronde.
25:08Il a sauvé.
25:09C'est normal.
25:11Alors,
25:11je suis allé
25:12le chercher
25:12à travers
25:13toute l'Europe
25:15et beaucoup
25:17de ceux
25:18qui sont restés
25:20dans l'histoire,
25:21comme Irène
25:21Asseldler
25:22qui est devenue
25:23vraiment
25:24le modèle même
25:25pour la Pologne
25:26de la juste
25:27qui a sauvé
25:282500 enfants
25:30dans les ghettos
25:31de Varsovie.
25:32On l'a découvert
25:33grâce à moi
25:34parce que c'est moi
25:34qui l'ai découvert.
25:35Mais il fallait
25:36vous-même
25:36les découvrir.
25:36Ce n'était pas simple
25:37Marek Halter.
25:38Alors,
25:38j'ai fait
25:39les tours
25:40de l'Europe
25:40à la recherche.
25:43Par exemple,
25:44puisqu'on est
25:44en Pologne,
25:46j'avais un ami
25:47en Pologne,
25:48le cinéaste
25:49André Vajda.
25:51Donc,
25:51il m'attendait
25:52à l'aéroport
25:53avec,
25:54il est venu
25:55avec un acteur
25:57pchognac
25:58qui joue
25:59d'ailleurs
25:59dans son film
26:01d'Anton
26:02Robespierre,
26:03le personnage
26:04de Robespierre
26:04de manière
26:05magnifique.
26:07Et,
26:08dans la voiture
26:09qui nous amenait
26:10de l'aéroport
26:11vers mon hôtel,
26:14je raconte
26:15pourquoi je suis venu
26:16à Varsovie.
26:17Et Pchognac,
26:18il dit,
26:18mais il y a,
26:19je connais une femme
26:20qui a sauvé
26:21plein d'enfants juifs,
26:23etc.
26:23et il m'a parlé
26:25de cette Sandler.
26:28Les jours même,
26:29je suis allé
26:30frapper à sa porte.
26:32Une petite femme,
26:33elle était surprise
26:34de voir
26:35un barbu français
26:37qui parlait polonais,
26:39etc.
26:41Et,
26:42c'était pour moi
26:44un choc
26:45voir cette femme
26:46quand je lui demandais
26:49est-ce que vous êtes
26:51content
26:52de ce que vous avez fait.
26:54Elle me regarde,
26:55une vieille dame,
26:56elle me dit
26:57non.
26:58Je dis pourquoi ?
27:00Parce que maintenant
27:01quand j'y pense,
27:02je me dis
27:03que j'aurais pu
27:04en sauver plus.
27:06Mais on n'imagine pas,
27:08et moi je le constate
27:08dans les interviews,
27:09le nombre d'adultes
27:10qui ont été sauvés.
27:12Je me souviens
27:12de Gottlieb,
27:13le dessinateur,
27:14qui a passé 4 ans
27:15à la campagne
27:15cachée chez des gens
27:16sous un faux nom.
27:18Et c'est un exemple
27:18parmi d'autres.
27:19Et puis je me souviens
27:20surtout de Charles Aznavour
27:21parce qu'on l'a un peu oublié,
27:22mais Missak Manoukian
27:24et sa femme
27:24ont été cachés
27:26chez les parents
27:26d'Aznavour
27:27pendant des mois
27:29et des mois.
27:30Et le soir,
27:31Aznavour
27:32allait dans les rues
27:35jeter dans les égouts
27:36les costumes
27:37des Américains
27:38qui étaient libérés.
27:40Et je crois que
27:41l'un des plus beaux jours
27:42d'Aznavour
27:43lorsqu'il m'a dit
27:44regardez,
27:45il y a des timbres
27:46qui ont été émis
27:47à l'éphigie de mes parents
27:48en Israël,
27:49des timbres des justes.
27:50Oui, c'est juste.
27:51C'est fou.
27:52On était très fiers.
27:53Et ça c'est vrai
27:54que des exemples comme ça
27:55il y en a des milliers.
27:56Oui.
27:56Mais on n'en parle pas assez.
27:58Jusqu'aujourd'hui.
28:00D'ailleurs j'avais,
28:01vous vous souvenez,
28:03tu te souviens,
28:03d'Étienne Mougeot
28:05peut-être.
28:06Étienne Mougeot
28:07est-il bien tome.
28:08Je lui ai dit un jour
28:09pourquoi on ne ferait pas
28:11une émission
28:12Les Aventures des Biens.
28:14Il m'a dit vas-y.
28:16Et il m'a donné
28:16cinq minutes
28:17tous les jours
28:18pour raconter
28:20une aventure des biens.
28:21Jean-Jacques Goldman
28:22a fait la musique
28:24pour accompagner
28:25et ça a mobilisé
28:27des millions d'individus
28:28qui m'aient remercié
28:29dans la rue.
28:31Et ce film correspond
28:32à ce que vous êtes
28:33Marie-Calter.
28:33c'était un film d'espoir.
28:35Oui.
28:36Parce que derrière le drame
28:37il y a l'espoir.
28:39C'est juste.
28:40Si on ne pense pas
28:41qu'en transmettant
28:44l'histoire
28:45on prévient
28:48c'est mieux
28:49que les piqûres,
28:53que les tablettes,
28:54que les médicaments.
28:56Ça veut dire
28:56on prévient
28:58les mâles.
29:00On ne les dénonce pas.
29:01on ne les donne pas
29:03des leçons de morale.
29:05On donne des exemples.
29:07Voilà.
29:07Regarde.
29:08Lui il l'a fait
29:08pourquoi tu ne ferais pas.
29:10Et puis il y a un autre film
29:11que vous avez réalisé
29:12qui est moins connu
29:13qui est
29:13Birobidjan.
29:14qui est un film
29:15je crois
29:16sur la région
29:17autonome juive
29:17de Russie.
29:18Exactement
29:19ce que je vous ai dit
29:20tout à l'heure.
29:21C'est un peu
29:22Jurassic Park.
29:26C'est vrai
29:27parce que
29:27ce que les gens
29:28ne savent pas
29:29c'est qu'il y avait
29:2912 millions
29:31de juifs
29:32en Europe centrale
29:33qui parlaient
29:34les yiddish.
29:35Une langue
29:36dont
29:37on a parlé
29:38tout à l'heure
29:39qui est une langue
29:42qui s'est développée
29:43grâce aux femmes
29:44qui n'avaient pas
29:44l'accès
29:45au livre saint
29:46qui était en hébreu
29:48etc.
29:50Et
29:50qui a donné
29:51une littérature magnifique
29:52Bachevisinger
29:54Malamout
29:55il y a
29:57toute l'école
29:58de Potok
29:59l'élu
30:00toute l'école
30:02littéraire
30:03de New York
30:04a commencé
30:05par les yiddish.
30:07Et après
30:07c'était fini.
30:08Or
30:09Staline
30:10a créé
30:11une république
30:11pour les juifs
30:12à la frontière
30:13avec la Chine
30:14sur un fleuve
30:16qui porte
30:16un nom magnifique
30:17Amour
30:18sur
30:19la rivière
30:21Amour
30:21où tout est écrit
30:23en yiddish
30:24jusqu'à aujourd'hui.
30:25Alors
30:26il en reste
30:26que 9000 juifs
30:27la plupart
30:29des gosses
30:30sont chinois
30:31mais dans
30:32les écoles
30:33on leur enseigne
30:34les yiddish
30:35la langue yiddish
30:36ma langue maternelle
30:38moi je pleurais
30:39d'émotion.
30:40Alors
30:40quand vous arrivez
30:41à monter ces films
30:42et d'autres opérations
30:43ça veut dire
30:44qu'il faut un réseau
30:45et vous avez construit
30:46un réseau autour de vous
30:47absolument exceptionnel
30:49Marek Alter
30:49vous connaissez tout le monde
30:50ou presque ?
30:51vous connaissez tout le monde
30:53beaucoup de gens
30:54que j'ai connus
30:55qui étaient mes
30:57disons mes complices
30:59sont morts
31:00avec les temps
31:03c'est comme ça
31:04comme dit la Bible
31:05la vie est comme un souffle
31:07on se retourne
31:08on est déjà ailleurs
31:09mais c'est vrai
31:12que mon enthousiasme
31:15mes projets
31:16attirent des gens
31:20qui veulent faire quelque chose
31:21oui mais il faut les convaincre
31:23et là il faut aller au front
31:24il faut convaincre
31:25il faut les enthousiasmer
31:28en plus il y a souvent
31:30les autorités administratives
31:32qui empêchent plein de choses
31:33je pense notamment
31:35à ces collèges
31:36que vous avez créés en Russie
31:37à Moscou et à Saint-Pétersbourg
31:39ça n'a pas été facile
31:40ah oui alors là
31:42c'est parce que c'est l'administration
31:43ça dépend plus de vous
31:45et moi j'aime bien les Russes
31:49pas seulement parce qu'ils m'ont sauvé la vie
31:51mais j'aime bien Tolstoy, Dostoyevski
31:54Tchaïkovski, Rimsky-Korsakov
31:57j'étais très ami avec Rostropovich
31:59les violoncellistes magnifiques
32:02avec qui on a fait
32:04une campagne mondiale
32:06pour sortir Sakharov
32:09de Goulag
32:09et quand Sakharov
32:12est revenu en Moscou
32:14c'est ça que j'aime chez les Russes
32:16la fidélité
32:18je reçois un coup de fil
32:21c'est extraordinaire
32:22un matin
32:23il y a un monsieur
32:24qui me dit
32:25en russe
32:27qui veut parler en russe
32:29j'ai dit oui
32:29ici André Dimitry Sakharov
32:33je dis ah bon
32:34bonjour
32:34je vous téléphone
32:36parce que je voulais vous dire merci
32:38pour tout ce que vous avez fait pour moi
32:40et il m'a invité à Moscou
32:43et je suis allé
32:44donc j'étais un des premiers français
32:47qui est arrivé à Moscou
32:48après la perestroïka
32:50après la chute du communisme
32:52c'est quand même un événement extraordinaire
32:55et je lui ai dit
32:57et ça m'a frappé
32:58et je les raconte partout
33:00je lui ai dit
33:01André Dimitry
33:03ça y est maintenant
33:04c'est la liberté
33:05il dit non Marek
33:07la liberté c'est comme une orange
33:09en russe
33:10apelsine
33:11celui qui n'a jamais vu d'orange
33:14ne demandera pas d'orange
33:15il faut d'abord
33:16expliquer aux gens
33:18que l'orange existe
33:19que la liberté
33:20c'est quelque chose d'important
33:22donner un sens à ça
33:24et alors peut-être
33:25les gens descendront dans la rue
33:27pour demander l'orange
33:29et c'est comme ça
33:30qu'est née l'idée
33:31d'une université française
33:34à Moscou
33:35et il y a même eu ensuite
33:36une fondation
33:37de l'Institut Sorbonne-Cazakhstan
33:39à Almaty
33:40qui est la ville des pommiers
33:42je crois
33:43oui exactement
33:44alors c'est extraordinaire
33:45toujours
33:46dans la même lignée
33:49parce que c'est Mitterrand
33:51qui a inauguré
33:52l'université à Moscou
33:53avec Gorbatchev
33:55et puis
33:57je me suis souvenu
34:00que Staline
34:01nous a envoyés
34:02en 1943
34:03à Almaty
34:06en Kazakhstan
34:07où ma petite soeur
34:10est morte de faim
34:11moi j'étais squelettique
34:13mes parents étaient à l'hôpital
34:14j'ai marché
34:15dans un souk
34:16dans un marché
34:18un vieux Kazar
34:20m'a appelé
34:21il dit
34:21malchique malchique
34:22garçon
34:23garçon
34:23viens ici
34:24et il m'a tendu
34:25une petite galette
34:27et il m'a dit
34:28mange
34:29sinon tu mourras de faim
34:30c'est pas la galette
34:32qui m'a sauvé la vie
34:33c'est les gestes
34:35ben c'est le coup
34:36j'avais quoi ?
34:387 ans
34:388 ans
34:39je me suis rendu compte
34:41que la solidarité humaine
34:43existait
34:43qu'il y a quelque chose
34:44qui existait
34:45je raconte ça
34:47un jour
34:47chez moi
34:48il y avait
34:49François Hollande
34:50qui était alors
34:51président
34:52il était très touché
34:55il dit
34:55c'est magnifique
34:56ce que tu racontes
34:57il dit
34:58tu sais quoi
34:59si on allait ensemble
35:01au Kazakhstan
35:02pour remercier
35:04de ces gestes
35:05on leur donne
35:06une sorbonne
35:07l'éducation
35:08et c'est parti comme ça
35:09et c'est parti comme ça
35:10et puis il y a quelqu'un
35:11avec qui vous avez chanté
35:12c'est pas n'importe qui
35:13c'est Jean-Paul II
35:14je crois
35:15Marie-Caltère
35:16ah oui
35:16ça c'est aussi
35:19les Polonais
35:20et
35:21j'ai rencontré
35:23quand mon livre
35:24La mémoire d'Abraham
35:25est sorti
35:26en italien
35:27il y a notre ambassadeur
35:31au Vatican
35:32m'a demandé
35:34de dédicacer
35:36un pour Jean-Paul II
35:37je l'ai cassé
35:38en polonais
35:39je lui ai donné
35:39et Jean-Paul II
35:41paraît-il
35:41était tellement surpris
35:42de voir
35:43la dédicace en polonais
35:45il lui a demandé
35:45c'était
35:47Delashe Baleri
35:48il s'appelait
35:49son fils d'ailleurs
35:51est devenu un ami
35:52il dit
35:53je voudrais voir
35:54ces messieurs
35:55et je suis venu
35:56et
35:57on est devenu
35:59on peut dire
35:59ami
36:00c'est difficile de dire
36:01un copain
36:02de pape
36:03mais
36:04tous les mois
36:05on déjeunait
36:07ensemble
36:07il y avait
36:08à la manière polonaise
36:10comme chez ma mère
36:11la nappe
36:13amidonné
36:14des serviettes
36:15amidonné
36:16la cuisinière
36:18était polonaise
36:19tous les staffs
36:21étaient polonais
36:22et puis
36:23un jour
36:24je lui dis
36:24vous savez
36:26Saint-Père
36:27vous me faites
36:28penser à ma mère
36:29il s'est mis à rire
36:30tout le monde
36:31m'appelle mon père
36:32et vous dites ma mère
36:33et on s'est mis
36:35à chanter
36:36des chansons
36:37en polonais
36:38en yiddish
36:38parce qu'il est né
36:40dans un petit village
36:41près de Cracovie
36:44avant la guerre
36:45où
36:4680% d'habitants
36:48étaient juifs
36:49donc il a pris
36:50les yiddish
36:51avec ses petits copains
36:52et tout ça
36:53c'est le passé
36:54mais le présent
36:55c'est la suite
36:56de vos aventures
36:57et la date
36:57du 14 janvier
36:592026
36:59à tout de suite
37:00sur Sud Radio
37:01avec Marais Calter
37:02Sud Radio
37:03les clés d'une vie
37:04Jacques Pessis
37:05Sud Radio
37:06les clés d'une vie
37:07mon invité
37:08Marais Calter
37:08avec qui je pourrais
37:09faire 50 émissions
37:10parce que vous avez
37:11des choses à dire
37:12alors l'actualité
37:1314 janvier 2026
37:15un roman
37:16qui s'appelle
37:17Le Juif
37:17chez Fayard
37:18et ce roman
37:19est étonnant
37:20parce que
37:20en fait
37:21le juif
37:21au départ du livre
37:22n'est pas un juif
37:23oui c'est ça
37:25qui m'a intéressé
37:26je suis parti
37:27d'une réflexion
37:29de Jean-Paul Sartre
37:31qui m'a énervé
37:33quand je l'ai lu
37:34dans les réflexions
37:35sur la question juive
37:36j'avais 17 ans
37:38je suis allé d'ailleurs
37:39le voir
37:39quand on est jeune
37:41on a du toupet
37:42et je lui ai dit
37:44monsieur Sartre
37:45je ne suis pas d'accord
37:46il a dit
37:47nous sommes
37:48ce que nous sommes
37:48dans le regard
37:49des autres
37:50ça veut dire
37:51que ce qui est vrai
37:52ce qui est vrai
37:53mais en même temps
37:55ça nous enlève
37:56une partie
37:57de notre liberté
37:58si l'autre
38:00est antisémite
38:03il me renvoie
38:04à l'image
38:05d'un juif
38:05pas très joli
38:06alors où est ma liberté
38:10de m'imposer
38:11comme un autre juif
38:13qui c'est lui
38:14qui le voit
38:15où est ma liberté
38:16où est ma possibilité
38:18de le faire
38:20si tout le monde
38:21me regarde
38:21comme l'autre
38:22la haine
38:23c'est une chose terrible
38:24la haine trouve
38:25toujours
38:26sa cible
38:27toujours
38:27donc à partir
38:28de cette réflexion
38:29vous vous êtes dit
38:30il y a un sujet
38:30voilà
38:31il y a un sujet
38:32alors j'ai pris
38:34quelqu'un
38:35en Picardie
38:37j'ai vécu
38:38quelques années
38:38en Picardie
38:39quand j'étais peintre
38:40parce que je pensais
38:42naïvement
38:43qu'il pourrait être
38:43un peintre
38:44comme on est
38:44il faut avoir
38:46une ferme
38:47dans la nature
38:48être près de la nature
38:49après je m'y suis rendu compte
38:51que ce n'était pas
38:52obligatoire
38:53mais bon
38:54et
38:55donc je l'ai
38:57je l'ai met
38:58dans cette région là
38:59Amiens
39:01la plus belle
39:02des cathédrales
39:03gothiques du monde
39:04que Proust appelait
39:06la Bible
39:07de Amiens
39:08voilà
39:11un petit catholique
39:12il a
39:14une infection
39:15sur son zizi
39:16on lui coupe
39:17et voilà
39:18surconsigne
39:19mais ça c'est une idée
39:20que vous aviez
39:20que personne n'avait utilisée
39:23non
39:23non
39:24elle est venue comme ça
39:25elle est venue comme ça
39:27parce que
39:28je voulais
39:29trouver
39:30une raison
39:32pour laquelle
39:33il commence
39:35à être regardé
39:36comme différent
39:37et les enfants
39:39ses camarades
39:40à l'école
39:41après
39:42au lycée
39:43voit ça
39:44il dit
39:44tu es juif
39:45il dit non
39:45je ne suis pas juif
39:46et pour
39:47pour lui
39:48et pour eux
39:49être juif
39:50c'est quelque chose
39:51de particulier
39:53c'est différent
39:54négatif
39:56et vous avez choisi
39:58la Picardie
39:59parce que d'abord
40:00vous y aviez été
40:01pour que votre personnage
40:02soit d'origine picarde
40:03en fait
40:04je me suis un peu renseigné
40:05à la fin du 11e siècle
40:06le mot Picard
40:08apparaît pour la première fois
40:09dans un texte
40:10avec la mention
40:11de la mort de Guillaume
40:12le Picard
40:13et le mot signifie
40:15Picard
40:16c'est piocheur
40:17au sens de laboureur
40:18dans le langage
40:19et donc
40:20pourquoi la Picardie
40:21en dehors du fait
40:22que vous y avez habité
40:23non mais ça
40:24c'était un hasard
40:25mais d'autre part
40:26et
40:27c'est assez intéressant
40:29parce que
40:30j'ai pris
40:30le nom
40:32que je connaissais
40:33depuis
40:34or
40:35il s'est fait
40:36que
40:37les mères
40:39des doulans
40:40où j'allais chercher
40:43des provisions
40:44pour ma ferme
40:46et
40:47étaient les grands-pères
40:49en vérité
40:50auraient pu être
40:51les grands-pères
40:51de mon personnage
40:52qui s'appelait
40:53Dupuis
40:53et qui avait inauguré
40:56une synagogue
40:57à Doulon
40:58vous savez même pas
40:59où c'est le Doulon
41:00si si
41:00c'est pas loin d'un mien
41:01c'est en Picardie
41:02exactement
41:03voilà
41:03il a inauguré
41:05la première synagogue
41:07à Doulon
41:08c'est une ville
41:09peut-être
41:09de 20 000 habitants
41:10et
41:12ça m'a renforcé
41:14dans
41:15dans ma démarche
41:16parce que
41:16je pouvais
41:17tu sais
41:18un écrivain
41:19c'est comme un singe
41:20il a besoin
41:21des branches
41:22pour pouvoir
41:23s'accrocher
41:24une branche
41:24pour sauter
41:25d'une branche
41:26à l'autre
41:26s'il n'y a pas
41:27de branches
41:27on n'a rien
41:29à raconter
41:30et en même temps
41:32ça a été le point de départ
41:33parce que vous avez dit
41:34je ne peux pas faire
41:34simplement un personnage
41:35qu'est-ce que je vais en faire
41:36et vous avez inventé
41:38pour la première fois
41:39dans votre parcours
41:40vous avez écrit
41:41un roman d'espionnage
41:42oui
41:43parce que
41:45d'ailleurs
41:45tous les bons romans
41:47entre nous
41:47sont des romans
41:48d'espionnage
41:49Balzac
41:50Dostoyevski
41:52il y a toujours
41:54un mort
41:55il y a toujours
41:56quelque chose
41:57qui est caché
41:58il y a
41:58Victor Hugo
42:01le premier
42:03pour la littérature
42:04le premier roman
42:05d'espionnage
42:06c'est Joseph Balsamo
42:07d'Alexandre Dumas
42:08qui est une fresque
42:09historique autour
42:10de l'affaire
42:10du colis de la reine
42:11c'est considéré
42:12comme le premier roman
42:13d'espionnage
42:13alors ça c'est vraiment
42:15d'espionnage
42:16moi j'adore
42:17Alexandre Dumas
42:18j'adore Alexandre Dumas
42:20j'ai vécu
42:21pendant des années
42:22en racontant
42:24l'histoire
42:24des trois mousquetaires
42:26je m'ai inventé
42:27les aventures
42:28des d'Artagnan
42:29à Jérusalem
42:30parce qu'il y a
42:32d'autres gosses
42:33qui adoraient ça
42:34qui m'apportaient
42:35du pain
42:36pour que je puisse
42:37manger
42:37et raconter
42:38des histoires
42:39donc
42:40c'est vrai
42:41que
42:41les
42:42les
42:43les
42:44les
42:45les
42:45les
42:46les trucs
42:46de la reine
42:47le colis de la reine
42:49le colis de la reine
42:50c'est une histoire
42:51d'espionnage
42:52bien sûr
42:52et vous alors
42:53justement
42:54j'en reviens à ce roman
42:55parce que
42:55il y a une chose importante
42:57il y a sur la couverture du livre
42:58une sacoche bleue
42:59et cette sacoche bleue
43:00elle est le point de départ
43:01du livre
43:02car elle va disparaître
43:03alors il y a
43:04il y a deux choses
43:05un
43:05une sacoche
43:06c'est le symbole
43:08des juifs
43:09de la diaspora
43:10un juif
43:12qui se croit
43:15comme tel
43:15a toujours une valise
43:17sous son lit
43:18prêt à partir
43:19si
43:20on annonce
43:21qu'on va brûler
43:23sa maison
43:23il attrape sa valise
43:25il part
43:25donc
43:27il est
43:27c'est un
43:28d'ailleurs
43:29les premiers hébreux
43:31on les appelait
43:32ivrim
43:32on les appelait
43:34les passeurs
43:35ils ont traversé
43:37les fleuves
43:38effrates
43:39ils sont allés ailleurs
43:40bon
43:41donc
43:41deuxièmement
43:44c'est
43:44mon personnage
43:46il transporte
43:48dans sa sacoche
43:49des dossiers
43:51secrets
43:51il est fonctionnaire
43:52au Quai d'Orsay
43:53au Quai d'Orsay
43:54et il s'occupe
43:55de dossiers
43:57sensibles
43:57et il se retrouve
43:59dans la situation
44:00d'un Dreyfus
44:01un siècle avant
44:02quand
44:04à l'époque
44:05Dreyfus
44:06qui travaillait
44:06au ministère
44:07de la défense
44:08un bordereau
44:09disparaît
44:10il y a un seul juif
44:12donc c'est lui
44:12qui est responsable
44:13bien sûr
44:14puisqu'il est juif
44:15donc il est responsable
44:17lui
44:18on lui dérobe
44:20sa sacoche
44:21bleue
44:22avec ses dossiers
44:23il est juif
44:25mais il n'est pas juif
44:26mais on l'appelle juif
44:28pour rigoler
44:29d'abord
44:29et puis ça cesse
44:30d'être une rigolade
44:32c'est ça le problème
44:34et en plus
44:35on lui dérobe
44:36dans un train
44:37et là le mystère
44:38commence
44:39car il y a une femme
44:40qui a disparu
44:40le contrôleur
44:41qui n'est pas
44:42le contrôleur
44:43habituel du train
44:43vous avez mis au point
44:45une véritable stratégie
44:46dramatique
44:48ça m'a beaucoup amusé
44:49parce que
44:51d'abord
44:51l'écrivain
44:52quand il en vend
44:53des choses
44:54il faut que
44:55il s'y amuse
44:55lui-même
44:56si ça ne l'emuse pas
44:57lui-même
44:58ça ne l'emusera pas
44:59aussi
44:59ses lecteurs
45:00et
45:02j'essaie de démontrer
45:05la relation
45:06des gens
45:07au secret
45:09et
45:10aux juifs
45:11parce que
45:12les secrets
45:13seuls
45:15n'est pas suffisant
45:17mais s'il est porté
45:18par un juif
45:19ça devient
45:20une affaire mondiale
45:21parce que
45:21les juifs
45:22sont partout
45:22et en même temps
45:24dans cette sacoche
45:25il y avait des documents
45:26on ne dira pas
45:27exactement ce qu'il y avait
45:28pour que
45:28les secrets se prises
45:29aux lecteurs
45:29mais que ce soit
45:30la DGSE
45:31les services secrets
45:33de tous les pays du monde
45:34commencent à s'intéresser
45:35à cette histoire
45:36Marie-Calter
45:36oui tout à fait
45:37pourquoi
45:38et ça aussi
45:39ça m'a intéressé
45:40j'ai découvert
45:41j'ai découvert
45:43que contrairement
45:44ce qu'il a presse dit
45:45les réseaux
45:47qui rapportent
45:48le plus d'argent
45:49c'est pas
45:50c'est pas
45:52les réseaux
45:52des narcotrafiquants
45:54c'est des marchands
45:57d'armes
45:58et là
45:59on est dans
46:00un truc
46:01il y a des guerres
46:01partout
46:02regardons un petit peu
46:03ce qui se passe
46:04en Afrique
46:05en Asie
46:05en Amérique latine
46:07en Europe
46:08en Orient
46:10partout
46:11pour faire la guerre
46:12il faut des armes
46:13et des armes
46:15rapportent énormément
46:16on a voté
46:18au Parlement européen
46:19400 milliards
46:21pour l'achat
46:21des armes
46:22pour s'armer
46:23à Bruxelles
46:26il y a 222
46:28groupes
46:29de lobbying
46:30pour l'armement
46:31ils sont là
46:32pourquoi
46:33ça coûte
46:34beaucoup d'argent
46:35pour influencer
46:37les députés
46:39européens
46:40puisqu'ils vont
46:41acheter des armes
46:42qu'ils achètent
46:43les armes
46:44en Amérique
46:45en Allémane
46:46en Israël
46:47ou ailleurs
46:47et puis
46:49certains gagnent
46:51parce qu'il faut
46:52acheter quand même
46:53les armes
46:53quelque part
46:54il faut les transporter
46:55et du coup
46:56les armes
46:56disparaissent
46:58c'est ça
46:58qui est extraordinaire
46:59alors ça
47:00ce sont vos
47:01observations
47:02qui ont donné
47:03un roman
47:03où les rebondissements
47:05sont incessants
47:05notamment
47:06la famille
47:07de votre personnage
47:08du jour au lendemain
47:09n'est plus en sécurité
47:10ben oui
47:13parce que
47:13parce que
47:14les gens
47:15tous ces réseaux
47:16de trafiquants
47:18pensent
47:20qu'ils connaissent
47:22les contenus
47:23de ces dossiers
47:24mon personnage
47:25Jean-David Dupuis
47:27le juif
47:28entre guillemets
47:29connaît
47:30les contenus
47:31et qui connaît
47:32les codes
47:33qui permettra
47:37à celui
47:38qui va les lire
47:39de comprendre
47:40de quoi il s'agit
47:40pendant que j'écrivais
47:43pendant que j'écrivais
47:44les figaos
47:45annonçaient
47:46qu'un sous-marin
47:48chargé d'armes
47:50avait disparu
47:51rien
47:52une petite note
47:53et moi
47:54je les raconte
47:55dans mon livre
47:56on achète
47:57des armes
47:58pour l'Ukraine
47:59et on les retrouve
48:00chez Houthi
48:01au Yémen
48:02c'est extraordinaire
48:05donc tout ça
48:06fait que ce livre
48:07se retrouve
48:08complètement construit
48:10avec tout ça
48:10en sachant
48:11que vous avez réussi
48:12à introduire
48:13un rabbin
48:13dans l'histoire
48:14bah oui
48:14parce que
48:15parce que
48:16c'est juif
48:17comme il souffre
48:19il n'est pas juif
48:20mais il souffre
48:20à tant que juif
48:21il veut savoir
48:22ce qu'il sait
48:23il ne comprend pas
48:25c'est quoi
48:26être juif
48:27et il tombe
48:27sur un rabbin
48:28et il y a
48:30un rabbin
48:30j'ai un ami
48:31le grand rabbin
48:32Moshé Lévin
48:33donc j'ai pris
48:34son nom
48:35avec son accord
48:36qui les rencontre
48:39mon personnage
48:40par hasard
48:41et il commence
48:41à lui expliquer
48:42et en même temps
48:44mon personnage
48:45a un ami
48:46de l'université
48:47qui donne des cours
48:49bibliques
48:51qui lui explique aussi
48:53et les lecteurs
48:54tout doucement
48:55dans ces
48:57labyrinthes
48:59d'espionnage
49:00qui fait penser
49:00un peu
49:01à Gorky Park
49:02de John Le Carré
49:04oui un peu aussi
49:05d'Agatha Christie
49:06Agatha Christie
49:07parce qu'Agatha Christie
49:09a fait quelque chose
49:10d'extraordinaire
49:10elle a montré
49:12que chacun de nous
49:13peut être
49:14un criminel
49:16chacun de nous
49:17donc
49:18et il apprend
49:20ce que c'est
49:20le judaïsme
49:21pour terminer
49:23comme
49:24pour lui
49:25il meurt
49:26comme juif
49:27alors ce qui est
49:28extraordinaire aussi
49:29c'est qu'à travers
49:30ce livre
49:30on suit l'histoire
49:33d'espionnage
49:33mais il y a
49:34en filigrane
49:34la culture juive
49:35qu'on apprend
49:36oui exactement
49:37la culture juive
49:38est l'essentiel
49:40du judaïsme
49:42et c'est là
49:43je voulais
49:43répondre à Sartre
49:45moi je me suis
49:47choisi
49:48comme juif
49:48c'est pas parce que
49:50les nazis
49:50voulaient me tuer
49:51comme juif
49:52je m'en fous
49:53c'est pas
49:53quand on est mort
49:55peu importe
49:56si on est juif
49:57on est catholique
49:58on est bouddhiste
49:58on est musulman
49:59on est mort
50:00et
50:02pourquoi je me suis
50:04choisi pour juif
50:05parce qu'il y a
50:07une chose
50:07qui me plaît
50:08dans le judaïsme
50:09qui mon rabbin
50:10explique
50:11à mon personnage
50:13qui se résume
50:15en une phrase
50:16à Pâques
50:18la scène
50:19de Jésus
50:20à Pâques
50:22et
50:23les petits
50:25les plus petits
50:26demandent
50:27aux plus âgés
50:28quelle est la différence
50:29entre cette nuit
50:30et les autres nuits
50:31et les plus âgés
50:33répond
50:33nous étions
50:35des esclaves
50:36en Égypte
50:37c'est extraordinaire
50:38à propos d'âge
50:39vous continuez à travailler
50:41et vous êtes l'exemple
50:42qu'il faudrait suivre
50:43car le mot retraite
50:44n'appartient pas
50:45à votre vocabulaire
50:46vous allez dans quelques jours
50:48avoir 90 printemps
50:50alors vous en faites
50:50beaucoup moins
50:51quel est votre secret
50:52dont j'ai évité
50:53c'est parce que
50:54je suis passionné
50:55et j'ai des projets
50:56il y a dans les Corans
50:58dans Hadid
50:58une petite histoire
51:02très jolie
51:03Mahomet
51:04il est sur son lit de mort
51:06il y a deux femmes
51:07qui les gardent
51:08sa fille Fatima
51:09et sa femme Aïcha
51:10et on frappe à la porte
51:11Fatima va pour ouvrir
51:13il revient
51:14il dit
51:14papa quelqu'un vient
51:16il dit qu'il est venu
51:17te chercher
51:18il dit lui
51:19que je suis trop occupé
51:21j'ai encore des projets
51:22qu'il revient
51:23et la mort s'en va
51:24et bien écoutez
51:25dans 10 ans
51:27ce sera votre centenaire
51:28et on sera encore là
51:29dans les clés d'une vie
51:29j'espère
51:30on vous recevra
51:31et en attendant
51:32je recommande à celles
51:33et ceux qui nous écoutent
51:34et qui vous aiment
51:35de lire ce juif
51:36ce roman chez Fayard
51:37qui est un roman
51:38passionné et passionnant
51:39comme vous savez déconstruire
51:41merci
51:41merci Marie Calter
51:43les clés d'une vie
51:43c'est terminé
51:44et pour aujourd'hui
51:45on se retrouve bientôt
51:46restez fidèles
51:47à l'écoute de Sud Radio
51:47et pour aujourd'hui
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