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  • il y a 10 minutes
Les clefs d'une vie de MArgaux Mulliez

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-03-30##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Dans vos jeunes années, vous avez choisi de vous faire un prénom
00:08avant de revenir aux sources familiales en racontant dans un livre
00:12un parcours riche, mes souvenirs, celui de votre grand-père, Gérard Mullyet.
00:17Bonjour, Margot Mullyet.
00:18Bonjour.
00:19On dit Mullyet ou Mullyet, d'ailleurs ?
00:20Mullyet, très bien.
00:21Mullyet, c'est mieux.
00:22J'ai vu quelques fois Mullyet, mais c'est Mullyet.
00:24Non, non, c'est Mullyet.
00:25Alors, vous publiez un livre étonnant, Gérard Mullyet, l'épopée du fondateur d'Auchan chez Grasset,
00:31où vous racontez votre grand-père, et vous l'avez interviewé,
00:34et il est encore parmi nous aujourd'hui, et je crois qu'il a été très ému de ce livre.
00:37Donc, on va parler de ce livre dans l'émission, mais on va également parler de votre parcours,
00:41parce qu'il faut un peu savoir qui vous êtes avant de parler de votre grand-père.
00:45Et j'ai trouvé une date, le 8 juillet 2010, c'est là que paraît un numéro du magazine Challenge
00:52qui est consacré aux fortunes de France.
00:55Et c'est là où, je crois que dans un kiosque, dans une gare, vous voyez le nom de votre
00:59grand-père.
01:01Alors, tout à fait.
01:02Donc, c'est peut-être pas cette année-là.
01:06J'ai calculé d'après Mullyet, si tu m'as collé.
01:07Oui, à peu près, j'avais à peu près 20 ans, donc c'était dans ces eaux-là, tout à
01:11fait,
01:12où j'ouvre le magazine Challenge, et là, je vois Première Fortune de France,
01:17et je découvre des chiffres, je vois des graphiques, je vois surtout les chiffres.
01:23Et je me rends compte, en fait, de l'énormité de cette famille,
01:29du patrimoine qu'il y a derrière les entreprises,
01:32de qui est Gérard Mullyet, parce qu'on ne disait pas,
01:35à l'époque, ce n'était même pas la famille Mullyet,
01:37c'était Gérard Mullyet, l'homme le plus riche de France.
01:40Et c'est vraiment là que j'ai pris la mesure de qui était ma famille.
01:46On connaît la famille Arnault, la famille Bettencourt,
01:48mais la famille Mullyet, on ne la connaît pas vraiment, elle est très discrète.
01:51Oui, tout à fait, c'est une famille très discrète, effectivement.
01:54Et le magazine Challenge, il faut savoir qu'il a été fondé par des étudiants de l'ESSEC.
01:57Le premier numéro est paru en juillet 82, sur les nouveaux optimistes.
02:02Et au départ, c'était un magazine gratuit, destiné aux jeunes diplômés,
02:06et c'était Challenge sans S.
02:07Ah, vous m'apprenez quelque chose, merci.
02:10Alors, il se trouve que vous découvrez que votre grand-père, effectivement,
02:13a une grosse fortune, et vous demandez à votre mère si c'est vrai, Margot Mullyet.
02:18Oui, alors, effectivement, je me doutais que c'était vrai.
02:22Je pense que c'est ce qui était écrit dans un article.
02:27J'étais avec ma mère à ce moment-là, parce qu'on partait en vacances,
02:30et maman me disait oui, oui, et de toute façon, mes parents m'en parlaient quand même.
02:34Je savais, j'avais 20 ans à ce moment-là, donc je savais ce qui se cachait derrière ce nom,
02:39et je commençais à, de toute façon, m'intéresser aux entreprises de ma famille.
02:43Mais ce que ma mère m'expliquait, et ça, c'était vraiment quand j'étais plus jeune,
02:46ma mère et mon père, mes deux parents, m'expliquaient, c'était,
02:49c'est pas de l'argent sur un compte courant qu'on dépense au quotidien,
02:54c'est l'argent des entreprises.
02:56C'est la richesse des entreprises, c'est pas la richesse d'un homme
02:59et de l'argent qu'il a sur son compte en banque personnelle.
03:02Et puis à l'époque, vous n'étiez pas tout à fait consciente de tout ça,
03:06à l'école notamment, où on vous montrait du doigt de temps en temps.
03:09Oui, alors, en fait, j'ai commencé à avoir des petites remarques,
03:15des petites moqueries, on commençait à me surnommer la petite fille au champ.
03:18Donc, c'est-à-dire qu'à l'école, justement, tout se passait très bien.
03:21J'étais Margot, j'étais une petite fille normale dans la cour de récréation.
03:24Et en fait, c'est quand j'ai grandi et que je rencontrais des gens au quotidien,
03:28les gens disaient, ah, tu connais Margot Mulier ?
03:30Ah oui, la petite fille au champ.
03:31Et en fait, c'est comme ça qu'on me catégorisait.
03:35Donc, ça me faisait du mal parce que moi, je ne me reconnaissais pas là-dedans.
03:42Je n'étais pas la petite fille au champ, j'étais Margot.
03:44Donc, c'est là que ça a commencé à être assez difficile à vivre pour moi.
03:47Alors, au départ, un parcours tout à fait différent de la famille.
03:51Vous sentez faire Sciences Po, ça ne marche pas.
03:53Tout à fait.
03:54Et vous allez vous tourner vers la Sorbonne et vers l'histoire.
03:57Oui, tout à fait, exactement.
03:58En fait, la prépa Sciences Po dans laquelle j'étais à l'époque avait un partenariat avec la Sorbonne pour
04:05rentrer en licence d'histoire.
04:06Et comme j'aimais beaucoup l'histoire, depuis toujours, je me suis dit, pourquoi pas faire une licence d'histoire
04:10et devenir professeure d'histoire ensuite.
04:12Et donc, j'ai fait cette licence pendant deux ans à la Sorbonne.
04:17Et ensuite, je me suis dit, en fait, je pense que je préfère la communication.
04:21Et donc là, je suis partie en école de communication à l'EFAP à Paris.
04:25Et donc, je suis diplômée d'un diplôme de responsable communication.
04:29Et ensuite, vous allez à New York, je crois.
04:31Oui, tout à fait.
04:32J'ai fait ma dernière année d'études à New York.
04:34Donc, j'ai eu la chance d'être dans une école qui avait un partenariat avec une université américaine.
04:38Et donc, j'ai pu faire mon Master 1 là-bas, en échange.
04:42Et vous avez été, Margot Mullier, une pionnière des réseaux sociaux, car à l'époque, on n'en parlait pas
04:46tellement.
04:47Et vous avez étudié à New York.
04:49Oui, tout à fait.
04:50Tout à fait.
04:51J'ai étudié à New York et c'était une super expérience.
04:56J'ai pu rester un an de plus pour faire un stage dans une entreprise américaine.
05:00C'était une start-up à l'époque.
05:01Et c'est ça qui m'a donné le goût, justement, de l'innovation des start-up, des nouvelles technologies.
05:06Et donc, je suis restée en tout deux ans à New York avant de rentrer en France.
05:09Et à l'époque, effectivement, c'était tout à fait nouveau, le phénomène des start-up.
05:13Ah oui, tout à fait.
05:14C'était vraiment quelque chose de très innovant.
05:16Et puis, en plus de ça, c'était dans l'univers du e-commerce.
05:20Donc, c'était un site de crowdsourcing qui permettait aux internautes de créer des nouveaux produits de consommation avec une
05:27communauté derrière.
05:28C'était vraiment très nouveau et c'était vraiment passionnant.
05:31Et vous organisez, je crois, des événements mensuels pour les Français.
05:34Oui, vous connaissez toute ma vie, c'est dingue.
05:38Oui, oui, exactement.
05:39On organisait des événements.
05:40Alors, je ne sais plus comment ça s'appelait parce que c'était en 2013-2014.
05:43Mais c'était chaque semaine, il y avait un nouveau produit qui allait sortir, qui avait été inventé par un
05:49internaute.
05:50Et donc, on votait pour ce produit qui allait sortir.
05:54Et donc, si les gens votaient pour ce produit, ensuite, ils partaient en production.
05:59Et voilà.
05:59Et ensuite, il était vendu en France, notamment dans les magasins Auchan.
06:02Et puis, justement, on vous propose à votre retour en France d'intégrer la maison familiale.
06:07Vous avez fait un stage au départ de quelques semaines, je crois.
06:10Et vous hésitez quand même.
06:11Tout à fait, en fait.
06:13Donc, la startup dans laquelle je travaillais à New York était en partenariat avec Auchan pour développer sa marque en
06:18France.
06:19Et donc, j'avais rencontré les équipes du département Innovation d'Auchan France à ce moment-là.
06:24Et lorsque je suis rentrée en France, elles m'ont contactée en disant, on a un poste qui vient de
06:28se libérer en communication.
06:29On aimerait bien que ce soit toi.
06:30Et je ne voulais pas y aller parce que j'avais 25 ans et je commençais à très mal vivre
06:35mon nom de famille.
06:37Et en fait, je ne voulais pas arriver dans l'entreprise en tant que la petite fille d'eux qui
06:41a été pistonnée, qui est là juste par son nom et qui ne mérite pas d'être là.
06:46Et donc, j'avais prévu de refuser parce que j'avais peur du regard des autres.
06:49Et en fait, c'est mon frère Hugo qui m'a dit, c'est vraiment stupide ce que tu fais.
06:54Tu ne vas pas saisir cette opportunité alors que c'est l'entreprise familiale, c'est le service Innovation, t
07:00'aimes les startups, c'est pour faire de la communication.
07:02Enfin, juste parce que tu as peur du regard des autres, tu ne vas pas y aller.
07:05C'est vraiment dommage.
07:06Et donc, finalement, j'ai dit oui et je ne regrette pas.
07:09Et vous ne regrettez pas, Margot Mullier, d'autant plus que vous avez fait aussi des newsletters, des articles, car
07:14vous étiez excellente en orthographe et en français.
07:16Je crois que vous avez participé à un concours de l'orthographe.
07:18Oui, tout à fait.
07:19Quand j'étais en cinquième avec mon grand-père, donc pas Gérard Mullier, mais mon grand-père maternel qui s
07:24'appelait Guy, on a participé au concours national d'orthographe.
07:27Et c'était en duo.
07:28Et donc, du coup, j'avais choisi mon grand-père qui était un grand littéraire.
07:31Donc, on avait passé le concours ensemble.
07:33Bon, on n'a pas gagné, mais au moins, on a passé le concours.
07:36Mais c'est vrai que je suis très, très, très tatillonne sur l'orthographe.
07:39Et vous avez bien raison.
07:41Et c'est si rare aujourd'hui, en particulier sur Internet.
07:43Et puis, vous êtes aussi, Margot Mullier, une pionnière des algorithmes.
07:46On en parle beaucoup aujourd'hui.
07:48Et là aussi, ça a été un beau début.
07:50Des algorithmes ?
07:51Oui, parce que vous avez fait des algorithmes de produits personnalisés, ce qui était nouveau en France.
07:55Quand je travaillais chez Auchan ?
07:57Oui.
07:57Ah oui, non, mais je me suis demandé.
07:59Oui, alors deux choses.
08:00Donc, j'ai commencé chez Auchan.
08:02J'étais en marketing client digital.
08:04Et on lançait avec ma manager Julie un programme de personnalisation de newsletter pour vraiment réussir à personnaliser, comme on
08:13dit, le contenu des emails promotionnels qu'on envoyait aux clients.
08:17Donc ça, on a travaillé avec l'équipe Data d'Auchan.
08:19Et ensuite, dans mon dernier métier, avant de me lancer dans mon activité actuelle, j'étais dans une start-up
08:27qui s'appelait Relevant.
08:28Et donc là, pareil, c'était de la personnalisation de newsletter, de contenu de newsletter.
08:33Des nouveaux métiers.
08:34Tout à fait.
08:34Et entre les deux, vous êtes devenue club trotteuse pendant neuf mois.
08:37C'est ça, exactement.
08:38J'ai quitté Auchan en 2018 et je suis partie faire un voyage en solitaire.
08:42Et justement, c'était pour me libérer du poids du nom de famille, de quitter le Nord, quitter la France
08:48et découvrir qui j'étais en tant que Margot et pas uniquement en tant que Margot Mulier.
08:52Pourquoi ?
08:53C'était compliqué, partir comme ça, toute seule, en prévoyant sa route, en prévoyant le budget.
09:00Ce n'était pas simple.
09:00Oui, j'ai préparé tout ça pendant six mois.
09:03C'est une amie qui m'a mis l'idée en tête.
09:05Je n'avais pas du tout prévu de partir et c'est une amie qui a vu que je n
09:07'étais pas bien et qui m'a dit, écoute, pars, tu es la première à nous emmener dans des endroits
09:12où on ne connaît personne.
09:13Tu as déjà vécu à l'étranger en habitant à New York.
09:16Tu n'as pas peur de l'inconnu.
09:17Vas-y, va te libérer de ça.
09:20Tu as toujours été quelqu'un de très joyeux et là, on sent que tu n'es pas bien dans
09:23ta vie.
09:23Donc, tu devrais partir voyager.
09:25Et c'est vrai que j'en ai parlé, du coup, à mes frères, à mes parents qui m'ont
09:29tous dit, mais tu as raison, vas-y, libère-toi de tout ça.
09:32Et donc, pendant six mois, en fait, il faut savoir que moi, je suis quelqu'un de très, très, très
09:35organisé.
09:36Je ne vais jamais vers l'inconnu.
09:37Tout est organisé à l'avance.
09:40Ça fait partie de ma personnalité.
09:42Donc, pendant six mois, j'ai tout organisé, mis l'argent de côté.
09:46J'ai été locataire d'un appartement à l'époque, donc ce n'était pas compliqué de lâcher mon appartement.
09:52Bref, j'ai organisé tout mon itinéraire.
09:54J'ai rencontré des gens qui sont partis tout seuls pour qu'ils puissent me rassurer, me donner des conseils,
09:59etc.
09:59Et donc, en septembre 2018, je suis partie et j'ai commencé par l'Amérique latine.
10:04Et en tenant un blog hebdomadaire.
10:06Exactement, tout à fait, parce que j'adore écrire.
10:08Et du coup, je voulais absolument écrire un carnet de voyage.
10:11Comme je partais toute seule, c'était ma manière à moi de pouvoir partager mon voyage avec mes proches.
10:16Et puis, aujourd'hui, vous êtes coach en entreprise.
10:18Oui, tout à fait.
10:20C'est un autre métier, encore un métier nouveau.
10:22Tout à fait, j'ai fait un bilan de compétences parce que je trouvais que mon travail n'avait plus
10:28vraiment de sens à mes yeux.
10:30Et en fait, ce qui en est ressorti, c'est que j'étais quelqu'un qui était très dans l
10:34'écoute, dans l'empathie, avec un besoin de me rendre utile, d'aider les autres.
10:38Et donc, est ressorti le métier de coach professionnel.
10:40Mais j'aime aussi beaucoup échanger avec les gens.
10:44Je suis quelqu'un d'assez extraverti.
10:46Et j'aime beaucoup la dynamique de groupe.
10:48Et donc, je suis à la fois coach professionnel et formatrice en entreprise pour pouvoir animer des formations sur tous
10:54les sujets liés à la communication dans les équipes.
10:57Voilà.
10:58Là, on va faire une équipe à deux, mais on va continuer à communiquer.
11:00Avec plaisir.
11:01En évoquant ce livre à travers la date du 2 novembre 2021.
11:04A tout de suite sur Sud Radio avec Margot Mullier.
11:07Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Margot Mullier.
11:13Pour ce livre, Gérard Mullier, l'épopée du fondateur d'Auchamp, votre grand-père chez Grasset.
11:18Donc, on a évoqué votre parcours de jeunesse.
11:20Et puis, le 2 novembre 2021, c'est le début de l'aventure avec votre grand-père dont on va
11:26entendre la voix.
11:27Il faut d'abord remarquer, c'est que la foi et le capitalisme, c'est deux registres différents.
11:33Et c'est vrai que ce grand-père, finalement, d'abord, c'est lui qui vous avait encouragé à partir
11:37en voyage ?
11:38Tout à fait.
11:39Et puis, ça vous a marqué ?
11:41C'est un homme secret, finalement, au départ ?
11:43Oui, c'est quelqu'un qui est très pudique, qui est très discret.
11:47Et en fait, à l'époque, je travaillais chez Auchan.
11:50Ça faisait trois ans que je travaillais dans l'entreprise.
11:52Donc, quand j'ai pris la décision de partir voyager, je me suis dit qu'il allait forcément être déçu,
11:57qu'il allait peut-être vouloir me retenir.
11:59Et donc, je suis allée le voir pour lui annoncer que je quittais l'entreprise pour partir voyager.
12:03Et donc, quand je lui ai expliqué le contexte de ce voyage, c'est-à-dire le fait que je
12:06n'étais pas heureuse à l'époque,
12:08c'est là qu'il m'a dit, t'es malheureuse, moi, on s'en fout.
12:13Ce qui est important, c'est ton bonheur.
12:14Donc, si t'as envie de partir, vas-y.
12:17Mais c'est assez étonnant parce que les gens du Nord qu'on rencontre, en général, sont des gens très,
12:21très discrets.
12:22Toutes les grandes fortunes du Nord, on ne sait jamais où ils investissent.
12:26Ils ne parlent jamais, c'est une caractéristique, c'est celle de votre grand-père.
12:29Et un jour, vous avez osé lui demander de vous raconter sa vie.
12:33Et il l'avait refusé plusieurs fois.
12:36Exactement, j'étais convaincue qu'il allait refuser.
12:38Vraiment, j'avais préparé tout un argumentaire, plein de...
12:41J'avais demandé à mes amis de m'aider sur qu'est-ce qu'il allait...
12:44S'il me répondait non, qu'est-ce que je pouvais lui donner comme argument pour qu'il accepte.
12:48Et en fait, quand je lui ai dit, je voudrais écrire ton histoire, je voudrais les regards croisés de beaucoup
12:54de personnes qui t'ont côtoyé,
12:55que ce soit écrit à la troisième personne, que ce soit moi, l'auteur et pas toi en tant qu
13:00'autobiographé.
13:03Il m'a dit, c'est ton livre, tu vas l'écrire à la troisième personne, c'est toi qui
13:06vas le signer, tu fais ce que tu veux.
13:08Comment était venue l'idée ?
13:10C'est quelqu'un que j'ai rencontré qui m'a dit, alors, tu adores écrire, t'es passionné par
13:15l'histoire de ton grand-père, tu veux mieux connaître ton histoire.
13:19Personne n'a jamais écrit la biographie de Gérard Mullet, pourquoi pas toi ?
13:22Exactement.
13:22Alors, vous le rencontrez pour la première fois, donc le 2 novembre 2021, à 10h30, mais avec 15 minutes de
13:28retard.
13:30Toujours, j'ai l'habitude.
13:32Il avait, je pense, toujours 15 minutes de retard, sauf une fois.
13:35Une fois où il était à l'heure et c'est moi qui avais 5 minutes de retard.
13:38Mais oui, et puis c'est 10h30, pas avant.
13:40Ah oui, pourquoi ?
13:41Parce qu'il a sa routine du matin où il se lève, il prend son petit déjeuner avec ma grand
13:47-mère.
13:47Bon, maintenant, ma grand-mère nous a quittés, mais il continue quand même à prendre son petit déjeuner.
13:51Et il va faire ses longueurs de natation dans la piscine, il prend sa température, son poids, etc.
13:57Et donc, tout ça, c'est jusqu'à 10h30.
13:59Et puis, une vie très monacale parce qu'il arrive avec un biais sacoche de cuir,
14:03il a un fauteuil qui n'est pas vraiment un fauteuil de luxe et il ouvre son cahier au champ.
14:07Oui, tout à fait. C'est toujours le même rituel.
14:12Quand il rentrait dans la pièce dans laquelle on se voyait à chaque fois au château Fontaine,
14:17il disait toujours « Où est mon fauteuil ? » Si le fauteuil n'était pas là, on allait le
14:20chercher.
14:20Il ne s'assoit pas sur une chaise.
14:23Il s'assoit sur ce fauteuil en plastique vert de Auchan-Anglo, premier prix.
14:28C'est le fauteuil qu'il trouve le plus confortable.
14:31Donc, voilà.
14:32Alors, il se trouve donc que pendant un an, vous allez une fois par mois le retrouver,
14:36il va vous raconter son parcours et notamment, déjà, le prénom qui est le même que son père
14:41et qui est une chose qui a été très importante dans sa vie, je crois, Margot Mulier.
14:45Oui, tout à fait. Et je n'en avais pas pris la mesure avant de l'interviewer.
14:50En fait, j'avais l'impression de vivre la même chose que lui.
14:55Où moi, je vivais mal le fait de m'appeler Mulier.
14:57Et lui, il commençait à mal vivre le fait de s'appeler Gérard, comme son père.
15:01Et en fait, il me disait « C'est difficile de porter le même prénom que son père,
15:04surtout quand celui-ci a réussi. »
15:07Parce que Gérard Père, c'est celui qui avait inventé Fildar.
15:09Et à l'époque, Fildar, c'était très connu.
15:11C'était vraiment quelqu'un qui avait réussi et il se disait
15:15« Mais moi, je ne veux pas juste être Gérard Fils, je veux être Gérard tout court. »
15:20Et en plus, Fildar, ça s'écrit P-H-I-L-D-A-R.
15:23Ce n'était pas le cas au début ?
15:24Oui, au début, c'était O-Fildar.
15:27Et donc ensuite, ils se sont dit « Il faut que ce soit en un mot. »
15:30Donc, pourquoi pas Fildar ?
15:31Mais ça faisait trop non commun si c'était F-I-L-D-A-R.
15:34Et donc, du coup, ils ont transformé en PH pour faire Fildar.
15:37Il se trouve que les laines, ça a été justement la base de l'industrie
15:41dans le Nord.
15:42Et Jean Prouveau a commencé avec les Lénières aussi.
15:45Et il a fini comme patron de presse.
15:47Il a inventé, entre autres, Paris Match,
15:48qui était un journal de sport, qu'il a transformé.
15:51Eh bien, écoutez, je ne savais pas.
15:52En toute honnêteté.
15:53Toute la base de la fortune de Jean Prouveau
15:55et de la famille Segar,
15:57ce sont les Lénières de Roubaix.
15:59C'est drôle, ok.
16:01Alors, il se trouve que c'est à cette époque
16:02que naissent aussi les conseils de famille.
16:04Et dans la famille Mulier,
16:06le conseil de famille est quelque chose d'essentiel.
16:09C'est essentiel.
16:11Ça fait, si je reprends,
16:15ça devait être dans les années 20
16:16que ça a été inventé,
16:17parce que ça a été inventé par mon arrière-arrière-grand-père.
16:19Donc, Louis Mulier-Lestienne,
16:20qui est le grand-père de mon grand-père.
16:22Donc, ça fait un siècle que ça existe.
16:25Et je pense que ça existera toujours.
16:28C'est très, très important.
16:29Et c'est ce qui a fait, je pense,
16:31le succès de notre famille.
16:32C'est de se conseiller les uns les autres.
16:34C'est oser se dire les choses.
16:36Il y a un règlement à suivre
16:37et les conseils de famille sont vraiment essentiels.
16:41Alors, Gérard Mulier a été, je crois,
16:42très marqué par ces jeunes années,
16:44notamment par la guerre.
16:45Et c'est pour ça que lorsque vous déjeunez,
16:47il est furieux quand il y a des restes.
16:49Oui, tout à fait.
16:51Il ne laisse jamais rien.
16:52Enfin, c'est vraiment...
16:53Quand il y a des restes,
16:54il faut que quelqu'un les mette dans un Tupperware
16:56pour les emmener chez soi
16:57et les réchauffer le soir.
17:00Moi, ça m'est arrivé énormément de fois
17:01d'aller dîner chez mes grands-parents
17:03et qu'on mange les restes de la veille,
17:05réchauffé au micro-ondes.
17:07Et ça, c'est quelque chose vraiment,
17:08je pense, typique, générationnel
17:10de cette génération qui a vécu la guerre.
17:13Et c'est ce que je peux comprendre.
17:15Et en fait, je ne comprenais pas
17:17pourquoi il vivait aussi simplement.
17:18En fait, je me disais,
17:19mais il pourrait tout avoir.
17:21Pourquoi il n'a pas tout ?
17:22Pourquoi il ne s'offre pas tout ?
17:23Et c'est justement en l'interviewant
17:25pendant toute cette année-là
17:26que j'ai découvert qu'en fait,
17:28c'était un principe de vie
17:31lié notamment à la guerre,
17:32au rationnement, à la pénurie.
17:35Et se dire, en fait,
17:36on a vécu tellement d'années
17:37à devoir faire attention
17:39que pour la génération de mes grands-parents
17:42qui ont vécu la guerre,
17:43c'est impossible d'imaginer gâcher, quoi.
17:46Jeter à la poubelle des restes d'une assiette,
17:48c'est pas possible pour eux.
17:51Et quand on voit le travail qu'il a accompli
17:53en travaillant 15 heures par jour,
17:54on est surpris de savoir
17:56qu'à l'école, c'était un cancre
17:57qui n'en avait rien à faire.
17:59Ah oui, complètement.
18:00Alors, il n'est vraiment pas du tout intellectuel,
18:02ça c'est sûr.
18:02C'est vraiment quelqu'un
18:03de très très manuel.
18:04Il disait que ce qu'il faisait tenir en place,
18:07c'était le scoutisme.
18:08C'était de savoir que le week-end,
18:09il allait retrouver sa patrouille de scout
18:11dans la forêt lilloise
18:12et pouvoir faire des feux,
18:15cuisiner ensemble, etc.
18:16C'était vraiment ça qu'il mettait en énergie.
18:21C'était son moteur, le scoutisme.
18:22Et il avait un point commun avec Jacques Brel
18:24qui détestait l'école,
18:25qui était nul,
18:26qui faisait n'importe quoi.
18:27Mais il était phoque hilarant dans le scoutisme
18:29et c'était son bonheur.
18:30Bah, complètement.
18:30Et je le comprends.
18:31Je pense que c'était vraiment
18:32des très très belles années.
18:34Et je crois que la confiance,
18:35Gérard Mullier l'a acquise
18:36avec un sport qu'on aime beaucoup
18:38à Sud Radio,
18:38qui est le rugby.
18:39Car ça a été un déclencheur, je crois.
18:41Oui, en fait,
18:42ses parents l'ont envoyé en Angleterre
18:44parce qu'il était toujours
18:45très très mauvais à l'école.
18:46Ils se sont dit,
18:47s'il peut au moins apprendre l'anglais,
18:49au moins il partira
18:49avec cette chance-là dans la vie.
18:51Et donc, quand il est arrivé en Angleterre,
18:53il s'est inscrit au rugby
18:54et il a découvert
18:55qu'il courait très vite,
18:56qu'il était meilleur que les autres.
18:58Pour la première fois,
18:59il était meilleur que les autres
19:00dans une activité.
19:01Et en fait, il s'est dit,
19:02mais je ne suis pas nul.
19:03Et c'est le rugby
19:04qui lui a fait prendre confiance en lui.
19:06Et puis après,
19:06il a commencé à travailler
19:07chez Fildar,
19:08dans l'entreprise familiale,
19:09pendant des années.
19:10Là aussi,
19:11il a gravi les échelons.
19:12Ce n'est pas arrivé tout seul,
19:13Margot Mullier.
19:14Oui, oui.
19:15Son père lui a dit,
19:15écoute, tu n'as pas ton bac,
19:17tu ne fais pas d'études,
19:17donc tu vas venir travailler à l'usine.
19:19Donc, il a commencé
19:20comme ouvrier sur les machines.
19:21Et effectivement,
19:22il a gravi les échelons
19:23petit à petit.
19:25Mais il a commencé
19:26vraiment tout en bas.
19:27Et c'est ça
19:27qui lui a fait découvrir
19:29les conditions de vie
19:29des ouvriers de l'époque.
19:32Et donc,
19:33qui a été à la base
19:34du contrat social d'Auchan,
19:35dont je parle.
19:36Qu'on va évoquer, bien sûr.
19:38Et il a fait le service militaire
19:39avec un nombre impressionnant
19:40de permis de conduire.
19:41Oui,
19:42et ça,
19:42je n'y croyais pas.
19:43Donc,
19:43je lui ai demandé
19:43de me montrer
19:44son permis de conduire.
19:45Et il m'a montré,
19:45j'ai eu le permis rose
19:46sous les yeux
19:47avec toutes les lignes.
19:50Par exemple,
19:51permis transport en commun.
19:52Je lui ai dit,
19:52mais pourquoi tu as passé
19:53le permis transport en commun ?
19:54Enfin,
19:54je ne comprends pas.
19:55Et il me disait,
19:56je ne me souviens plus,
19:57mais c'était important
19:58d'avoir plein de permis.
20:00Ce n'est pas possible.
20:02Bref,
20:03il est vraiment étonnant.
20:04Alors,
20:04ce qui est étonnant aussi,
20:05c'est qu'il a commencé
20:06à faire du porte-à-porte.
20:08À l'époque,
20:08il n'y avait pas la télévision,
20:10il n'y avait pas Internet.
20:10Même la télévision,
20:11je ne sais pas si vous le savez,
20:12dans les années 60,
20:13le sondage faisait au porte-à-porte.
20:15On arrivait avec une carte
20:16et on interrogeait les gens
20:17avec des petites cases à cocher.
20:19Il a fait la même chose
20:20pour les machines à tricoter.
20:21Tout à fait.
20:22Il allait avec ses compagnons
20:24voyageurs de fil d'art.
20:25Donc,
20:26les voyageurs fil d'art,
20:26c'est les commerciaux d'aujourd'hui.
20:29Il allait faire du porte-à-porte
20:30pour vendre des machines
20:31à tricoter familiales.
20:32Sauf que c'était un moment
20:33où les ménages commençaient
20:35vraiment commencer
20:36tout juste
20:36à s'équiper
20:37en électroménager.
20:39Et donc,
20:39ils trouvaient que
20:40ça commençait à être
20:41un peu as-been
20:41de vendre des machines
20:43à tricoter familiales.
20:44Mais ça marchait quand même.
20:46Oui,
20:46mais il y a un séminaire
20:47qui a changé sa vie
20:48aux Etats-Unis.
20:49Oui,
20:49le séminaire de Bernardo Trujillo.
20:51Il a vu ça,
20:52il a dit,
20:52mais il a découvert
20:55une nouvelle forme de commerce.
20:56Oui,
20:56en fait,
20:58Gérard Mellet,
20:58c'était quelqu'un
20:58qui était vraiment
20:59très curieux
21:00et il était passionné
21:01par le mode de vie américain.
21:02Comme son père avant lui.
21:03Son père était aussi
21:04passionné par le mode
21:05de vie américain.
21:06Et donc,
21:06en 1960,
21:08son père part
21:09au séminaire
21:09de Bernardo Trujillo
21:10aux Etats-Unis.
21:12Et là,
21:13Gérard a le culot
21:14d'aller voir son père
21:15pour lui dire
21:16« Dis-moi si tu vois
21:17quelque chose d'intéressant
21:18parce que je ne resterai pas
21:19chez Phil d'Art. »
21:20Et ça,
21:20c'est vraiment un moment
21:21très marquant dans le livre.
21:22C'est qu'à cette époque-là,
21:24il faut savoir
21:24que les fils aînés
21:26des familles du Nord,
21:28leur destinée,
21:29c'était de reprendre
21:30les rênes de l'entreprise
21:31de leur père.
21:32Donc,
21:32la destinée de Gérard,
21:33c'était de reprendre
21:34les rênes de Phil d'Art.
21:35Et là,
21:35il va voir son père
21:36en lui disant
21:37« Je ne resterai pas
21:38chez Phil d'Art. »
21:39Et la chance qu'il a eue,
21:40c'est que son père
21:40lui a conseillé
21:41effectivement d'aller
21:42à ce séminaire.
21:43Il lui a dit
21:43« Inscris-toi
21:44au prochain séminaire. »
21:46Et donc,
21:46mon grand-père est allé.
21:48Il a emmené avec lui
21:49les plans
21:50de l'île Roubaix-Tourcoing
21:52pour savoir
21:52où est-ce qu'il devait
21:53implanter son magasin,
21:54etc.
21:55Il a rencontré
21:55Bernardo Trugillo
21:56qui était
21:58vraiment
21:59le précurseur
22:00du libre-service,
22:02qui était
22:03l'ambassadeur
22:03du libre-service
22:04et qui voulait
22:05justement
22:06permettre
22:07aux autres pays
22:08en dehors des États-Unis
22:09de mettre en place
22:09le libre-service.
22:11Et donc,
22:11il est allé le voir
22:12avec son plan
22:13en lui disant
22:13« Où est-ce qu'il faut
22:13que je m'implante ? »
22:15Et ça a été
22:17le point de départ
22:18de l'aventure pour lui.
22:19Eh bien,
22:20on va suivre
22:21si j'ose dire
22:21le fil de l'histoire
22:22avec une autre date
22:24le 5 juillet 1961.
22:26A tout de suite
22:26sur Sud Radio
22:27avec Margot Mullier.
22:29Sud Radio,
22:29les clés d'une vie,
22:31Jacques Pessis.
22:31Sud Radio,
22:32les clés d'une vie,
22:33mon invité Margot Mullier
22:35pour ce livre,
22:36Gérard Mullier,
22:37l'épopée
22:38du fondateur
22:38d'Auchan
22:39chez Grasset,
22:39votre grand-père.
22:40Vous avez donc décidé
22:41de raconter son histoire.
22:43Il vous parle
22:43une fois par mois
22:44de son parcours
22:45avec beaucoup de franchises.
22:47Et j'ai relevé
22:48dans ce livre
22:49la date du 5 juillet 1961.
22:51c'est l'ouverture
22:52du premier magasin
22:53avec un grand article
22:55dans la Voix du Nord.
22:56Oui.
22:56Oui, oui, tout à fait.
22:58Donc, l'ouverture
22:59du tout premier Rochamp
23:01dans le quartier des Rochamps
23:02qui était un petit magasin
23:03de 300 mètres carrés.
23:06Et effectivement,
23:07pour la première fois,
23:08les gens allaient pousser
23:09un chariot
23:10dans les allées d'un magasin
23:11pour pouvoir se servir eux-mêmes.
23:12Et c'était vraiment
23:14tout nouveau
23:15pour les gens.
23:16Oui, on ne connaissait pas
23:17les qui.
23:18D'ailleurs, le Cadiz,
23:19ça vient d'une référence
23:20à la voiturette des golfeurs.
23:22Les Cadiz
23:23qui sont des personnes.
23:24Et je crois
23:25que c'était une marque déposée.
23:26Et beaucoup de gens
23:27qui ont essayé
23:27de citer la marque
23:29se sont retrouvés
23:30avec des procès.
23:30Ah bon ?
23:31Régulièrement.
23:31Mais je crois
23:32que l'entreprise
23:33a renoncé à ça aujourd'hui.
23:35Mais pendant des années,
23:35c'était comme ça.
23:36Eh bien, c'est bon à savoir.
23:38Alors, le problème,
23:39c'est qu'au départ,
23:39l'entreprise,
23:40elle ne s'appelle pas Auchan.
23:41Non, tout à fait.
23:42Au départ,
23:42l'entreprise s'appelle
23:43le supermarché.
23:44C'est ce qu'on voit
23:44sur la première couverture du livre.
23:46Le supermarché est ouvert.
23:48L'entreprise n'a pas de nom.
23:49Le seul nom qu'elle a,
23:49c'est SAMU,
23:51Société Anonyme des Marchés Usines.
23:53Donc, en plus,
23:53SAMU,
23:54ça fait penser au SAMU.
23:56Et ce n'est que plus tard
23:58qu'ils ont décidé
23:58de donner un nom
24:00à l'entreprise
24:00avec le conseil de famille,
24:01justement,
24:02pour vous dire à quel point
24:02le conseil de famille
24:03est important.
24:05Et en fait,
24:06ils se sont dit,
24:07on a ouvert ce magasin
24:09dans le quartier des Auchan.
24:11Carrefour s'appelle Carrefour
24:12parce que ça a été monté
24:12sur un carrefour.
24:14Leclerc s'appelle Leclerc
24:15parce que c'est le nom
24:15de la famille.
24:16Et nous, pourquoi pas Auchan
24:18pour rester dans le champ
24:21de la localisation.
24:23Et au début,
24:23ils voulaient l'écrire
24:25OCHAN.
24:25Et c'est le conseil de famille
24:26qui a répondu
24:27que ça faisait trop japonais.
24:28Ce qui est vrai en soi,
24:29c'est vrai que ça sonne japonais.
24:30Mais comme mon grand-père
24:31aimait beaucoup
24:34le son,
24:35enfin,
24:36oui,
24:36le son,
24:37il a dit,
24:37il faut absolument garder ce mot-là
24:38mais on n'a qu'à transformer
24:39le O en AU.
24:41Et en plus,
24:41on sera premier
24:42dans l'annuaire des ménages
24:43parce qu'à l'époque,
24:44ils avaient du coup
24:44les pages jaunes.
24:45Je ne sais pas si ça s'appelait
24:46déjà les pages jaunes.
24:47Quand les gens allaient faire
24:48leurs courses
24:48ou chercher des magasins,
24:49ils ouvraient l'annuaire
24:50et donc Auchan,
24:55pour eux,
24:55d'être en premier dans l'annuaire.
24:57Voilà.
24:57Et c'est ce qu'avait fait
24:58Meaty Golding,
24:59un directeur de théâtre
25:00dans les années 30.
25:00Il a créé l'ABC,
25:02le théâtre,
25:03qui permettait d'être le premier
25:04sur les livres programmes.
25:05C'est drôle.
25:06Même principe.
25:06Alors,
25:07les débuts sont quand même difficiles
25:08parce qu'il faut le dire,
25:09ça n'a pas marché tout de suite,
25:10Margot Mulier.
25:11Oui, oui,
25:11ça n'a pas marché tout de suite.
25:12Alors,
25:12première chose,
25:13les prix étaient exactement
25:14les mêmes qu'ailleurs.
25:15Donc,
25:15on s'est raté.
25:16On s'est raté.
25:18Deuxième chose,
25:18certes,
25:19c'était révolutionnaire
25:19de pouvoir aller faire
25:20ses courses soi-même,
25:21mais les gens avaient peur.
25:22En fait,
25:23les gens étaient très frileux
25:24parce qu'ils se retrouvaient
25:26seuls face à eux-mêmes,
25:27entre guillemets.
25:29Ils pouvaient toucher les produits,
25:30les mettre eux-mêmes
25:31dans le caddie,
25:32mais ils ne savaient pas
25:33s'ils avaient vraiment le droit.
25:34Donc,
25:34voilà,
25:35c'était nouveau.
25:35Ils n'étaient pas habitués à ça.
25:37Donc,
25:37il y avait quelques personnes
25:39qui aimaient l'innovation
25:40qui venaient,
25:41mais ce n'était pas suffisant
25:42pour vraiment créer
25:43un engouement national.
25:45Et puis,
25:45un jour,
25:46ils rencontrent Marcel Fournier
25:48a créé Carrefour
25:49à Saint-Jean-Juivre-des-Bois.
25:50Et là,
25:51on ne peut pas imaginer ça aujourd'hui
25:53dans le cadre de la rivalité,
25:54mais ils décident pratiquement
25:56de se partager le terrain.
25:57Complètement.
25:58Ça,
25:58c'est dingue.
26:00C'est ce que j'ai appris aussi
26:01pendant toute cette enquête.
26:04Il y a un élément quand même,
26:05avant qu'il aille voir Marcel Fournier,
26:07un élément qui a été fondateur
26:08et très,
26:08très marquant
26:09pour l'aventure au champ,
26:11c'est que,
26:11donc,
26:12à l'origine,
26:13mon grand-père
26:13était aidé par son père,
26:15qui était garant de l'entreprise
26:17parce que Fildar
26:17était une entreprise
26:18qui marchait.
26:19Donc,
26:20auprès des banques,
26:20etc.,
26:21des fournisseurs,
26:22c'était Fildar
26:23qui était garant d'Auchamp.
26:26Sauf qu'Auchamp
26:27ne gagnait pas d'argent
26:28et donc,
26:28au bout de trois ans,
26:29le père de Gérard
26:30lui dit,
26:31écoute,
26:31ça ne marche pas.
26:33Il n'y a aucune raison
26:33pour que la famille
26:34continue à te financer.
26:36Et donc,
26:37Gérard,
26:38fils,
26:38à ce moment-là,
26:38s'est dit,
26:39Auchamp,
26:39c'est fini.
26:39L'aventure est terminée.
26:40Ça fait trois ans
26:41que j'ai monté mon premier magasin.
26:42C'est terminé.
26:43Et en fait,
26:43quand son père lui a dit
26:44je te laisse encore trois ans,
26:46c'est là qu'il s'est dit
26:47OK,
26:47en fait,
26:47maintenant,
26:48on arrête de parler,
26:49on arrête de faire des réunions
26:50qui ne servent à rien.
26:51On fonce,
26:52on essaye.
26:53Et c'est à ce moment-là
26:53qu'ils sont partis
26:54rencontrer Marcel Fournier
26:55en se disant,
26:57on a entendu parler
26:57du magasin de Carrefour
26:59Saint-Geneviève-des-Bois
27:00qui fonctionne très bien.
27:02Bon,
27:02on va y aller.
27:03Au pire,
27:03on est mal accueilli
27:04et dans ce cas,
27:04on va juste faire un tour des rayons,
27:06on va voir les prix,
27:06on va regarder comment
27:07les rayons sont mis en forme.
27:09Et au mieux,
27:09on est accueillis
27:10et on va discuter.
27:11Et ils ont été accueillis
27:12les bras ouverts
27:12par Marcel Fournier,
27:13leur principal concurrent aujourd'hui,
27:16et qui leur a dit
27:17moi,
27:18je suis à Lyon
27:18et en région parisienne,
27:19vous,
27:20vous êtes dans le nord,
27:21je veux bien vous aider
27:21mais chacun reste chez soi.
27:23Et c'était fabuleux comme idée.
27:24Et c'était génial.
27:25Et effectivement,
27:26c'est ce qui s'est passé.
27:29Et donc,
27:30c'est là que Marcel Fournier
27:31a expliqué à Gérard
27:32et ses compagnons de route
27:33quel était le discount.
27:35C'est ce qui était le discount.
27:37Voilà.
27:37Et justement,
27:37le premier produit
27:38qui a vraiment marché
27:40chez Auchan,
27:41on l'évoque
27:42à travers une chanson.
27:43Cigarette et whisky
27:45et petite pépée
27:46nous laisse croguer
27:48Je ne sais pas
27:48si vous connaissez
27:49cette chanson.
27:49Eddie Constantine
27:50qui était l'imicotion
27:52de James Bond
27:52des années 50
27:53a fait un film
27:54qui s'appelait
27:54Cigarette, whisky
27:55et petite pépée.
27:56C'est drôle.
27:57Et c'est vrai que le whisky,
27:58alors qu'on ne pourrait pas
27:58imaginer ça aujourd'hui,
28:00a été le premier produit phare.
28:01Oui, tout à fait.
28:02En fait,
28:02c'était un whisky
28:04qui ne marchait pas.
28:05C'était la marque
28:05Black & White.
28:06En fait,
28:07ils se sont dit
28:07on va tester
28:08sur un produit
28:09sur lequel
28:09on n'a rien à perdre.
28:10Le Black & White
28:11ne se vend pas.
28:12Donc,
28:13s'il ne se vend toujours pas,
28:13ça ne change rien pour nous.
28:14S'il se vend,
28:15au moins,
28:15ça sera un test
28:16à échelle réduite
28:17et puis on pourra
28:17le dupliquer
28:18sur les autres.
28:19Et donc,
28:19ils se sont dit
28:20on va appliquer
28:21la même marge
28:22sur la bouteille de whisky
28:22Black & White
28:23que les marges
28:24qu'on met sur les bouteilles d'eau
28:25et on verra.
28:26Et en fait,
28:27ils ont cassé
28:27le prix du whisky
28:28et ils se sont rendus compte
28:29de quelque chose
28:29qui était exceptionnel
28:30à l'époque
28:31c'est que
28:32les hommes commençaient
28:33à faire leurs courses
28:34parce que dans les années 60
28:35on ne va pas se mentir
28:35c'était les femmes
28:36qui faisaient les courses
28:37ce n'est pas les hommes.
28:38Et donc,
28:38ils voyaient vers 18h,
28:4019h les hommes
28:40à la sortie du bureau
28:41qui venaient acheter
28:42leurs bouteilles de whisky.
28:43Et donc,
28:43ils en parlaient autour d'eux
28:44parce qu'à l'époque
28:45c'était tendance
28:47d'acheter des produits pas chers
28:48donc les hommes
28:49dans les soirées mondaines
28:50sortaient leurs bouteilles de whisky
28:51et disaient
28:52tu ne deviendras jamais
28:52combien je l'ai acheté
28:53chez Auchan Roubaix
28:55et donc le bouche à oreille
28:56a fonctionné
28:56et donc après ça
28:57ils ont commencé
28:58à casser les prix
29:00de tous leurs produits
29:01et c'est comme ça
29:02que ça a pu décoller.
29:03Oui,
29:04et en même temps
29:04les femmes ont été contentes
29:06parce qu'ils ont baissé
29:07le produit des couches
29:08pour bébés.
29:08Oui,
29:09exactement.
29:10En fait,
29:10c'était un produit
29:11qui était très cher
29:11qui était vendu
29:12que en pharmacie
29:13par boîte de 10
29:14et là,
29:15il a proposé justement
29:16de vendre des couches
29:18par boîte de 100
29:20donc a pris vraiment très bas
29:21en limitant justement
29:22le packaging
29:23enfin les coûts
29:24liés au packaging
29:24et autres
29:26et ça,
29:27ça a été une idée
29:30exceptionnelle également.
29:31Oui,
29:31et donc il est devenu
29:32un rival des quatre frères
29:33Villaux
29:34qui étaient les rois
29:34de la laine
29:35et qui avaient créé
29:36des couches culottes
29:36et les frères Villaux
29:38finalement,
29:39qu'est-ce que c'est devenu
29:40aujourd'hui ?
29:40C'est LVMH.
29:41Ça a été la base
29:42de LVMH
29:42donc ça vient aussi
29:43du Nord.
29:44D'accord.
29:45Il faut le savoir.
29:46Alors,
29:46il se trouve que là aussi
29:48il développe le magasin
29:50contre le conseil de famille
29:51en faisant un magasin
29:53de 12 000 m2
29:53ce qui était inimaginable
29:55à l'époque
29:55Vargo-Mullier.
29:56Alors à ce moment-là
29:57il avait le droit
29:58de faire un magasin
29:59de 3 000 m2
29:59et il a construit
30:00un magasin
30:01de 6 000 m2
30:0212 000 m2
30:02c'est quand ils ont décidé
30:03d'agrandir le magasin
30:04et là le conseil de famille
30:05a dit ok
30:06mais ce qui était dingue
30:07c'est que la famille
30:08avait dit ok pour 3 000
30:09lui il a construit 6 000
30:10et en plus de ça
30:11il a fait
30:12ses m2 supplémentaires
30:13sans permis de construire
30:15donc en plus
30:15il était à la fois
30:16contre sa famille
30:17et contre la métropole lilloise
30:18qui ne lui avait pas donné
30:19de permis de construire
30:20et l'anecdote
30:22qui est drôle
30:25c'est que quand le préfet du Nord
30:26est venu visiter le magasin
30:28Gérard Mullet l'a accueilli
30:29en disant
30:29bonjour monsieur le préfet
30:30vous venez m'apporter
30:30mon permis de construire
30:31alors que le magasin
30:32était déjà construit
30:33c'était quand même marrant
30:35et mon grand-père me disait
30:36mais si j'avais fait ça
30:37aujourd'hui
30:38je serais allé en prison
30:39ou j'aurais payé
30:40une amende énorme
30:40c'est des choses
30:42qu'on ne peut plus imaginer
30:43faire
30:43enfin pouvoir faire
30:44aujourd'hui en tout cas
30:45et puis il a eu une idée géniale
30:46pour transporter les palettes
30:48il a créé des tapis roulants
30:49d'un gommelier
30:50oui oui tout à fait
30:51ça c'était au magasin de Ronck
30:53en fait il y avait des cartons partout
30:55et il se disait
30:56comment on va faire
30:57on ne va pas mettre les cartons
30:58dans les ailes centrales
30:58où les clients vont marcher
31:00et bien ce qu'on va faire
31:00c'est qu'on va mettre
31:01des tapis roulants
31:02au niveau du plafond
31:03et on va emmener
31:04les cartons en réserve
31:06les cartons qui sont vides
31:06qu'est-ce qu'on va en faire
31:08ils vont être
31:09je ne sais plus
31:10c'était quoi
31:10le terme technique utilisé
31:12pour ensuite créer du chauffage
31:13je n'ai pas le mot
31:15bref
31:15enfin voilà
31:15tout un mécanisme
31:17tout un mécanisme
31:19un espèce de cercle vertueux
31:21écologique
31:23avant-gardiste
31:24et c'est là que
31:25Marcel Fournier
31:25était venu dans le magasin
31:26et avait dit
31:27vous aurez toujours
31:28un métro d'avance sur nous
31:29quand il avait vu
31:30ce mécanisme de tapis roulants
31:32qui permettait
31:32de chauffer le magasin
31:33bref
31:34et les tapis roulants
31:35c'est né en France
31:36et à Paris
31:36pendant l'exposition
31:37universelle de 1900
31:38on a présenté
31:39les premiers tapis roulants
31:40ça a été un événement
31:41avant ça n'existait pas
31:42aujourd'hui il y en a partout
31:43et c'était des tapis roulants
31:44qui servaient à quoi
31:46en 1900 ?
31:46on se déplaçait
31:47c'était un tapis roulant
31:48à 7 mètres du sol
31:50et on faisait
31:513 kilomètres
31:52au milieu de l'exposition
31:53universelle de Paris
31:54incroyable
31:551900
31:55c'était tout
31:57et puis alors
31:57le personnel est très important
31:59et en particulier
32:00il est caissière
32:00oui
32:02mon grand-père
32:03me disait toujours
32:03la caissière est la personne
32:04la plus importante du magasin
32:06c'est le dernier souvenir
32:07que le client a du magasin
32:09quand il sort du magasin
32:12et il me disait
32:13il faut vraiment
32:14avoir ça en tête
32:15donc il faut prendre soin
32:16absolument
32:17des collaborateurs
32:18qui sont en magasin
32:19de 1 parce que
32:20ce sont eux
32:21qui sont au contact
32:21des clients
32:22donc ils savent
32:22ce dont les clients
32:23ont besoin
32:24parce que c'est eux
32:25qui leur parlent
32:26directement tous les jours
32:27donc il faut écouter
32:27les gens du magasin
32:29et de 2 la caissière
32:30qui est le dernier souvenir
32:32du client
32:32donc il faut savoir
32:34ce qui va bien
32:35dans son métier
32:36ce qui ne va pas
32:36pour qu'elle soit bien
32:37et que justement
32:38elle soit heureuse
32:40dans son travail
32:40et que ça se ressente
32:41de l'extérieur
32:42qu'elle dise bonjour
32:43et au revoir
32:43à tous les clients
32:44il y a une romancière
32:46Anne Sam
32:47qui a été
32:48caissière
32:48dans un supermarché
32:49je ne sais pas si
32:50vous connaissez le livre
32:51les tribulations
32:51d'une caissière
32:52qui est devenu
32:53un best-seller
32:54dans 23 langues
32:56et qui est devenu
32:56un film célèbre
32:57mais oui
32:58je me demande
32:59si je ne l'ai pas lu
32:59il a eu une dizaine
33:01d'années
33:01ce livre
33:02je l'avais lu
33:04et puis alors
33:04il a aussi l'idée géniale
33:05de dire
33:05bon ben c'est bien
33:06il y a un supermarché
33:07mais il y a d'autres
33:08métiers à côté
33:08et il va pratiquement
33:10louer une partie
33:10des terrains
33:11au bricolage
33:12et à d'autres métiers
33:13votre grand-père
33:14oui et c'est tout à fait
33:15alors le discount
33:16il l'a copié
33:17chez Marcel Fournier
33:18donc chez Carrefour
33:19mais par contre
33:20il a été l'inventeur
33:20du centre commercial
33:21en se disant
33:22voilà
33:23les gens font
33:24parfois plus d'une heure
33:25de route
33:25pour venir faire
33:26leur course en magasin
33:27il faut leur permettre
33:28de passer du temps
33:30sur le lieu
33:31donc leur permettre
33:32de se restaurer
33:33donc on va inventer
33:33Flunch
33:34ensuite ils font
33:36leur course alimentaire
33:37mais pourquoi pas
33:38acheter des produits
33:39de bricolage
33:39donc là c'est pour ça
33:40qu'ils se sont associés
33:41avec Castorama
33:41et ensuite Leroy Merlin
33:44Boulanger etc
33:44qui habille
33:45enfin bref
33:46ça a été le lancement
33:47du centre commercial
33:48et il se trouve que Boulanger
33:50effectivement au départ
33:51on se demande
33:52d'où vient la marque
33:53ce sont deux frères
33:54oui tout à fait
33:55c'est Bernard et Gustave Boulanger
33:58qui ont monté
34:00les magasins Boulanger
34:01donc c'était des petits magasins
34:02de 50 mètres carrés
34:02en centre-ville
34:03et quand ils ont voulu
34:05se développer
34:05donc Gustave est décédé
34:06donc Bernard a voulu
34:07développer la marque
34:08mais il n'avait pas les sous
34:09pour continuer
34:10pour pouvoir se développer
34:12correctement
34:12et donc en 86
34:14il est allé voir mon grand-père
34:15en lui disant
34:16qu'il voulait vendre
34:18qu'il voulait vendre
34:19ces magasins
34:20à quelqu'un
34:21en qui il avait confiance
34:22et donc du coup
34:23Gérard Mullier
34:24est allé voir le conseil
34:24de famille
34:25en disant que
34:25il fallait que la famille
34:27investisse
34:27pour acheter Boulanger
34:28et les Boulanger
34:30au départ
34:30étaient des réparateurs
34:31de postes de radio
34:32et c'est un point commun
34:33avec quelqu'un
34:34qui était passionné
34:34qui ne faisait que ça
34:35dans sa vie
34:36le fils de Marcel Pagnol
34:37qui a passé sa vie
34:38à réparer des postes de radio
34:39pour le plaisir
34:40ah bah c'est drôle
34:41et puis effectivement
34:42il y a l'intéressement
34:44à l'entreprise
34:44et là aussi
34:45c'est une des premières choses
34:47que votre grand-père a fait
34:48et qui a étudié une nouveauté aussi
34:49Margot Mullier
34:50oui oui tout à fait
34:51c'est quelque chose
34:52qui n'existait pas en France
34:54et d'ailleurs
34:54quand il a voulu
34:55le mettre en place
34:57la famille d'abord
34:57a dit non
34:58et en fait
34:59il était avec son cousin
35:00Philippe Dupré
35:00donc il s'occupait
35:01des ressources humaines
35:02chez Auchan à l'époque
35:02et ils ont dit
35:03très bien
35:03vous dites non
35:04dans ce cas là
35:04on démissionne
35:05on arrête tout
35:06et on montrera Auchan
35:08à l'extérieur de la famille
35:09on emmènera nos hommes
35:11notre expertise
35:12et vous n'aurez plus rien
35:13et à ce moment là
35:15la famille s'est dit
35:15bon
35:16on va peut-être dire oui finalement
35:18mais c'était génial
35:19mais personne n'avait osé faire ça
35:21personne n'avait osé faire ça
35:22parce que c'était risqué
35:23c'est toujours risqué
35:24parce que notamment
35:25si par exemple
35:26la valeur de part diminue
35:27les salariés peuvent prendre peur
35:29peuvent vouloir quitter l'entreprise
35:30et donc c'est pour ça
35:31qu'ils ont lancé
35:32des formations
35:32à l'économie d'entreprise
35:33ce qui était obligatoire
35:34pour chacun
35:35pour que tout le monde comprenne
35:36ce qui était vraiment
35:37l'intéressement
35:37l'actionnariat
35:39qu'est-ce qui était
35:39une valeur de part
35:40etc
35:40parce que c'est vrai
35:41que c'est des choses
35:41qui ne sont pas innées
35:42qu'on ne connaît pas
35:44nécessairement
35:46et donc c'est pour ça
35:47qu'on appelait ça
35:48le partage du savoir
35:49du pouvoir et de l'avoir
35:50et le savoir
35:51sur votre grand-père
35:52on va en continuer
35:53à en parler
35:54à travers la date
35:55de la sortie du livre
35:56le 4 février 2026
35:57à tout de suite
35:58sur Sud Radio
35:59avec Margot Mulier
36:01Sud Radio
36:02Les Clés d'une vie
36:05mon invité
36:06Margot Mulier
36:06depuis le début
36:07de l'émission
36:08nous parlons
36:08de votre grand-père
36:09Gérard Mulier
36:10vous lui avez consacré
36:11un livre
36:12qui est sorti
36:13le 4 février 2026
36:14alors cette aventure
36:15il faut le rappeler
36:16votre grand-père a dit oui
36:17mais non seulement
36:18vous avez interrogé
36:19votre grand-père
36:19mais vous avez interrogé
36:21tous les gens
36:22qui ont travaillé avec lui
36:23c'était important pour vous
36:24oui oui justement
36:25moi ce que je voulais
36:26c'était vraiment
36:27dresser le portrait
36:28le plus juste
36:29de mon grand-père
36:30je trouve que
36:31les autobiographies
36:33les mémoires
36:34c'est très intéressant
36:35mais j'avais vraiment
36:36envie d'avoir
36:38des regards croisés
36:39avoir un portrait
36:40à 360 de lui
36:41et donc c'est la raison
36:42pour laquelle
36:43j'ai voulu écrire
36:43une biographie
36:44à la troisième personne
36:45c'est vraiment
36:46c'était pour avoir
36:47différents sons de cloche
36:48et donc
36:50la manière
36:50dont
36:51enfin ce que j'ai fait
36:52c'est que
36:53je l'ai d'abord vu lui
36:54en entretien
36:55quand il me racontait
36:56son histoire
36:56il me donnait des noms
36:57puis ensuite je contactais
36:58du coup ces personnes-là
36:59qui me donnaient d'autres noms
37:00donc je contactais aussi
37:01ces personnes-là
37:01et ce qui a fait
37:02que j'ai pu interviewer
37:0335 personnes
37:04et 35 personnes
37:05qui ont travaillé
37:06un jour ou l'autre
37:07avec lui
37:07et c'est vrai que
37:08Gérard Rulli
37:08a toujours été
37:09très précis
37:10très attentif
37:10à ses équipes
37:11tous les jours
37:12ils passaient
37:12dans ses magasins
37:13oui tout à fait
37:14alors parmi les 35 personnes
37:15il n'y a pas que
37:16des gens qui ont travaillé
37:16avec lui
37:17c'est des gens
37:17qui l'ont côtoyé
37:18de près ou de loin
37:24vraiment d'aller dans le magasin
37:26il disait
37:26le patron doit être là
37:28pour embarquer les gens
37:30prendre le pouls des magasins
37:31c'était vraiment son expression
37:33aller sur le terrain
37:34et montrer qu'il est là
37:36dire bonjour aux équipes
37:37en fait il a été très marqué
37:39c'est ce qu'il m'a raconté
37:40par la gentillesse de son père
37:42quand il était ouvrier
37:43chez Fildart
37:44il voyait son père
37:45qui tous les matins
37:46faisait le tour de l'usine
37:46pour dire bonjour
37:47à ses ouvriers
37:48à l'équipe de jour
37:49tous les soirs
37:50pareil
37:50il disait bonjour
37:51à l'équipe de nuit
37:52et en fait
37:53il a vraiment été marqué
37:54par ça en disant
37:55en fait c'est une marque
37:56de reconnaissance
37:56simplement de la part
37:57d'un patron
37:57de dire bonjour
37:58à ses équipes
38:00rien que ça
38:01c'est montrer aux gens
38:03qu'ils existent
38:04en tant qu'individus
38:04oui en même temps
38:05il y a beaucoup de gens
38:06qui l'aiment
38:06mais il y a parfois
38:07des gens qui ne l'aiment pas
38:08ah bah bien sûr
38:08c'est quelqu'un
38:09qui est très clivant
38:10mon grand-père
38:11il peut être
38:11il n'a pas beaucoup de tact
38:12parfois
38:13donc ça peut blesser
38:15il peut se fâcher
38:16par exemple
38:16pour un détail
38:17je crois qu'une paire
38:18de chaussures
38:19qui n'est pas de chez lui
38:20et portée par quelqu'un
38:20de sa famille
38:21c'est un coup de colère
38:22alors c'est pas une paire
38:24qui n'était pas de chez lui
38:25c'est une paire de chaussures
38:26qui était trop chère
38:27c'était son fils
38:28qui portait des chaussures
38:29il lui a dit
38:29t'as acheté ça où ?
38:31ah elles sont en cuir
38:32mais attends
38:32elles t'ont compté combien
38:33mais c'est beaucoup trop cher
38:34mais on vend les mêmes
38:34chez Auchan
38:35beaucoup moins cher
38:37ouais c'était ça
38:38c'est surtout son côté
38:39très économe
38:40alors il se trouve
38:41que ce château
38:43dans lequel vous avez travaillé
38:45c'est un château
38:45qu'il a acheté
38:46pour préserver
38:48le poumon vert
38:49de la ville
38:50de Bargoumulier
38:51oui c'est
38:52c'était dans la ville
38:53de Croix
38:54en fait c'était à une époque
38:55où sortait
38:57je ne sais pas
38:58si c'était dans la presse
38:59ou bien dans les comptes rendus
39:00de la mairie
39:01le fait que des immeubles
39:02allaient être construits
39:03et en fait c'était le dernier
39:05ce qu'il appelle
39:05le dernier poumon vert
39:06de la ville
39:07c'était le château
39:08et le bois
39:09qui entouait le château
39:10donc il s'est dit
39:11je veux préserver
39:12ce poumon vert
39:13donc je vais acheter le château
39:14mais il n'a pas souhaité
39:15en faire son domicile
39:16il ne voulait pas vivre
39:17dans ce château
39:18il voulait justement
39:19créer un institut de formation
39:20pour perpétuer
39:22la formation pour tous
39:23et à travers ce livre
39:24passionnant
39:24on découvre un entrepreneur
39:26mais on découvre aussi
39:27que finalement
39:28au départ
39:28pour vous
39:29Margot Mullier
39:30Gérard Mullier
39:31c'était daddy
39:32oui tout à fait
39:34pour moi
39:34Gérard Mullier
39:35c'était daddy
39:35c'était un homme très sage
39:38très calme
39:38très posé
39:40c'est parce que
39:40je le voyais en tant que grand-père
39:41forcément
39:42à plus de 70 ans
39:43je pense qu'on est bien plus calme
39:44que quand on en a 30
39:46et quand il m'a raconté sa vie
39:47c'est là que j'ai découvert
39:48un homme que je ne connaissais
39:49absolument pas
39:50qui était un vrai rebelle
39:51un trublion
39:53très impatient
39:55très
39:57il était assez fou
39:58il était
39:58il bousculait les codes
40:00il se moquait des règles
40:02enfin j'ai vraiment découvert
40:03quelqu'un d'autre quoi
40:04et quelqu'un qui
40:06qui avait pour devise
40:07la simplicité
40:08la confiance
40:08le respect d'autrui
40:09tout à fait
40:10c'est vraiment
40:11ces trois
40:12ces trois
40:12ces trois mots d'ordre
40:13c'est
40:14il faut vivre simplement
40:16parce que sinon
40:16on n'est plus du tout
40:17en phase avec la société
40:18donc notre vie
40:19n'a plus de sens
40:20si on ne vit pas
40:20comme tout le monde
40:22le respect d'autrui
40:23c'est ce que je vous racontais
40:24sur la reconnaissance
40:27considérer les autres
40:28comme des individus
40:29à part entière
40:29et pas comme juste
40:30un collectif
40:32et ça c'était
40:32très très important pour lui
40:33et puis vous avez
40:35découvert son bureau
40:36qui était un lieu
40:37très particulier
40:37auquel il tenait
40:38énormément je crois
40:40tout à fait
40:40c'est son bureau
40:41qui est au siège d'Auchamp
40:43donc un bureau
40:44qu'il a acheté en propre
40:45en se disant comme ça
40:45on ne me mettra jamais dehors
40:46parce que c'est mon bureau
40:48il m'appartient
40:50et c'est vrai
40:51qu'il est au fond
40:52d'un couloir
40:54il est connu
40:55tout le monde sait
40:57que le bureau de Gérard Mugé
40:57se trouve à cet endroit là
40:58et je pense qu'il ne bougera jamais
41:00il y a des photos étonnantes
41:01dans ce bureau
41:02il y a Nicolas Sarkozy
41:03il y a Edouard Leclerc
41:04mais il y a Jean-Paul II
41:05tout à fait
41:05mon grand-père est quelqu'un
41:06de très très très croyant
41:09cette photo avec Jean-Paul II
41:11c'est une des photos
41:12les plus importantes
41:13je pense
41:14qu'il est prise
41:16et oui il est croyant
41:17il va à la messe
41:18tous les dimanches
41:18quand il ne peut pas
41:19se rendre à la messe
41:19il la regarde à la télévision
41:22il fait partie
41:22d'un groupe de paroles
41:24de patrons chrétiens
41:25il est très impliqué
41:27dans la vie de l'église
41:28alors il a travaillé tout
41:29le long de sa vie
41:30Gérard Mugé
41:31il continue un peu aujourd'hui
41:32et le refuge je crois
41:33c'était Ramatuel
41:34une maison qu'il avait découverte
41:36oui tout à fait
41:37en fait
41:37il a fait beaucoup de camping
41:39avec sa famille
41:40quand il était jeune
41:41ils allaient camper
41:42avec son père
41:43et ses frères et soeurs
41:45et donc lui
41:45il a continué
41:46il a continué à camper
41:48avec ses enfants
41:48et quand ils ont eu
41:49trois enfants
41:51avec sa femme
41:51il se disait
41:52que ça commençait à devenir
41:53un peu complexe
41:54de planter une tente
41:55avec trois enfants
41:56en bas âge
41:57et donc ils étaient
41:58sur la côte d'Azur
41:59avec des amis
41:59et il s'est dit
42:00je vais essayer
42:01de trouver un terrain
42:02pour construire une maison ici
42:03donc c'était dans les années 70
42:05et les années 70
42:06c'était pas du tout
42:07une période où
42:08Saint-Tropez
42:09Ramatuel
42:09c'était des villes
42:12internationales
42:12très connues
42:12c'était la campagne
42:14et en fait
42:15il a trouvé un terrain
42:16qui semblait désaffecté
42:18et il a trouvé
42:19le nom du propriétaire
42:20il est allé à la mairie
42:21pour savoir qui était le propriétaire
42:22et il a appelé en disant
42:23je vous rachète votre terrain
42:25et donc c'est comme ça
42:25qu'il a construit
42:26sa maison à Ramatuel
42:27et en entretenant le terrain
42:28régulièrement je crois
42:29oui oui exactement
42:30c'était la condition
42:31donnée par le propriétaire
42:33parce que la règle du littoral
42:34voulait
42:37que les propriétaires
42:38entretiennent leur terrain
42:39jardine
42:40je sais pas quoi
42:40et il avait dit
42:41oui oui bien sûr
42:42et c'est pour ça
42:42que je raconte dans le livre
42:43qu'il est sans cesse
42:44en train de faire des allers-retours
42:45chez lui
42:46avec sa bouette
42:47ses feuilles
42:48pour aller faire des feux
42:49et entretenir tout le temps
42:50son jardin
42:50et c'est un point commun
42:52qu'il avait avec Gérard Philippe
42:53qui s'est installé à Ramatuel
42:54et là c'était pas la star
42:55de cinéma ou de théâtre
42:56c'était un homme
42:57qui vivait toute la journée
42:58avec son tracteur
42:59dans les champs
43:00et qui ne s'intéressait qu'à ça
43:01ah c'est drôle
43:02c'est le point commun
43:03c'est assez étonnant
43:03alors il y a aussi
43:05la carrière internationale
43:06de Gérard Mulier
43:07qui a ouvert des magasins
43:08un peu partout
43:08mais ce qui est étonnant
43:10c'est qu'il a fait
43:10tous les déplacements
43:11en voiture
43:12oui il avait une peur bleue
43:13de l'avion
43:14ça c'était vraiment
43:16je lui ai posé la question
43:17il m'a dit
43:17il y a des gens
43:18il y a des crashs d'avion
43:20donc pourquoi pas moi
43:21et vraiment
43:22il a une phobie de l'avion
43:24et donc dès qu'il pouvait
43:25se rendre quelque part
43:26en voiture
43:27il se rendait là-bas
43:28en voiture
43:28notamment les magasins
43:29en Italie
43:30en Pologne
43:30les pays limitrophes
43:32les pays des pays en Europe
43:33il y allait en voiture
43:34il faisait des dizaines
43:35et des dizaines d'heures
43:36sur la route
43:36pour éviter de prendre l'avion
43:38et il a ouvert des magasins
43:39on ne le sait pas
43:40en URSS et en Chine
43:41oui tout à fait
43:42il n'est jamais allé en Chine
43:43jamais
43:44jamais
43:45il a dit à ses collaborateurs
43:47je vous fais confiance
43:48vous serez mon porte-parole sur place
43:50et vous me ferez les comptes rendus
43:51à votre tour
43:52mais il n'est jamais allé en Chine
43:54alors il se trouve aussi
43:55qu'il avait une idée par seconde
43:56Gérard Mullier
43:57et ses idées
43:58il les donnait sur un petit carnet
43:59tout simple
44:00oui tout à fait
44:01il l'a toujours
44:02si demain vous le voyez
44:03il va sortir son petit carnet
44:04à spirale
44:05il va noter votre nom
44:07il va vous demander
44:08votre date de naissance
44:09pour faire votre numérologie
44:10oui toujours
44:11et en fait
44:11dès qu'il va voir quelqu'un
44:13il note dans son carnet
44:15les idées
44:16en fait il va piocher des idées
44:17à droite à gauche
44:18et je pense que c'est ce qui a fait
44:20son unicité
44:21et son succès
44:22c'est qu'il était très très très très curieux
44:24très curieux
44:25curieux de tout en fait
44:26alors ce qui est important aussi
44:28et il le raconte son détour
44:30c'est qu'un jour
44:31il a fallu quitter l'entreprise
44:32et ça
44:33il n'en avait pas envie
44:34parce que pour lui
44:34l'âge
44:35ça ne voulait rien dire
44:36oui tout à fait
44:37il continue à le dire aujourd'hui
44:39il dit que
44:40c'est un peu
44:42le même ton que la phrase
44:43la jeunesse est un état d'esprit
44:45en fait il dit
44:45il y a des gens à 75 ans
44:47qui ne sont plus du tout aptes
44:48à être aux manettes de leur entreprise
44:50parce qu'ils sont trop fatigués
44:51il y a d'autres gens
44:52qui à 75 ans
44:53sont en pleine forme
44:53moi à 75 ans
44:54j'avais encore
44:55l'énergie
44:56pour
44:58tenir les rênes de l'entreprise
44:59et malheureusement
45:00il y a un règlement familial
45:02il a fallu s'y plier
45:03en même temps
45:04il ne s'est pas arrêté
45:05il a créé d'autres choses
45:06oui tout à fait
45:07il ne s'arrêtera jamais
45:08il continue à aller au bureau
45:09tous les jours
45:11il y a deux semaines
45:12j'étais à Lille
45:13et j'étais dans son bureau
45:14il a 94 ans
45:15il va y avoir 95 dans deux mois
45:18et il ne s'arrêtera jamais
45:19je pense que le jour où il s'arrête
45:20c'est le jour où il n'est plus parmi nous
45:22je crois qu'il a fait une fondation
45:23pour la transmission
45:24alors
45:25à l'origine
45:26c'est un fonds de dotation
45:28philanthropique
45:28donc effectivement
45:29qui fait du mécénat
45:30et qui finance
45:31qui finance des associations
45:33qui ont pour mission
45:34la réduction de la pauvreté
45:35dans le monde
45:36l'accès à la formation
45:37pour tous
45:37l'éducation
45:38la santé
45:39et donc ça
45:40c'est vraiment son leitmotiv
45:41aujourd'hui
45:42c'est ce fonds de dotation
45:43et c'est comment
45:45rendre service à la société
45:47en finançant
45:48toutes ces
45:49toutes ces
45:50toutes ces associations
45:51et également
45:52financer
45:54l'institut de formation Fontaine
45:55qui est l'institut de formation
45:57qui a lieu
45:59dans le château Fontaine
45:59dont je parle
46:00et cette formation
46:02permet aux jeunes
46:03justement
46:03d'apprendre le métier
46:04qu'il a appris
46:05petit à petit
46:05oui alors du coup
46:06il y a l'institut de formation
46:08à l'excellence
46:08qui est l'IFE
46:10qui est au sein d'Auchan
46:10ce sont des formations métiers
46:13effectivement
46:13donc apprendre son métier
46:14et il y a
46:15l'institut de formation Fontaine
46:17qui là
46:17ce sont des formations
46:18au management durable
46:20donc en fait
46:21c'est pour tous les managers
46:22donc au début
46:23c'était ouvert que
46:24aux entreprises de la famille
46:25maintenant c'est ouvert aussi
46:25à l'extérieur
46:26c'est pour apprendre
46:27des techniques
46:27de management durable
46:28donc sur
46:29mieux se connaître soi-même
46:31mieux connaître les autres
46:32pour manager durablement
46:34c'est des sujets
46:35d'écologie
46:36de santé
46:36etc
46:38et c'est formation
46:40au management durable
46:41pour transmettre
46:42effectivement
46:42transmettre
46:43et puis il a toujours
46:44et c'est peut-être
46:45l'un des secrets
46:45de son éternelle jeunesse
46:46l'œil ouvert sur les nouveautés
46:48par exemple dans ce livre
46:49vous parlez de la permaculture
46:50qui est quand même
46:51quelque chose de tout à fait nouveau
46:52tout à fait
46:52et puis en plus
46:53ça fait un certain temps
46:54qu'il en parle
46:55ça fait bien 15 ans
46:56qu'il a la permaculture en tête
47:00et c'était pas à la mode
47:01à l'époque
47:01mais pas du tout
47:02c'est quelqu'un
47:02qui est très avant-gardiste
47:03de toute façon
47:04c'est absolument incroyable
47:05il est vraiment très visionnaire
47:07et la permaculture
47:08c'est vraiment son dada
47:09pour le coup
47:10il rêve que d'une chose
47:11c'est que ça puisse être
47:13dupliqué partout
47:15malheureusement pour l'instant
47:16apparemment
47:16en termes juridiques
47:19il n'y a pas grand chose
47:20qui est fait
47:21pour aller dans le sens
47:21de la permaculture
47:22donc on reste plus
47:23sur l'agriculture bio
47:25mais c'est vrai que
47:26la permaculture
47:27c'est sa passion aujourd'hui
47:29qu'est-ce que c'est
47:29la permaculture ?
47:30la permaculture c'est
47:32je ne sais même pas
47:32comment je pourrais vous expliquer
47:36c'est de l'agriculture
47:39régénératrice
47:40en utilisant
47:41par exemple
47:42les excréments
47:43des animaux
47:44on va replanter
47:45ça va créer
47:45des légumes
47:46etc
47:46c'est utiliser
47:47uniquement la nature
47:48pour créer de la nature
47:50c'est exactement
47:51ce que le monde
47:53cherche aujourd'hui
47:53tout à fait
47:54mais malheureusement
47:56et c'est ce que je raconte
47:57dans le livre
47:57avec notamment
47:58l'histoire d'Alain
47:58Alain qui était
47:59passionné de permaculture
48:01qui était convaincu
48:01de permaculture
48:02il a dû arrêter
48:03parce qu'en fait
48:05rien
48:06juridiquement
48:06n'allait dans le sens
48:07du développement
48:08de la permaculture
48:09en France
48:09et donc du coup
48:10il fait de l'agriculture bio
48:11ce qui est très bien
48:12le bio
48:12mais la permaculture
48:14ça va encore plus loin
48:15en fait
48:15on n'utilise même plus
48:16de produits
48:17de machines
48:18rien
48:18c'est les animaux
48:19qui créent
48:20et qui
48:21voilà
48:22j'ai essayé d'expliquer
48:23c'est très clair
48:24et puis les lois
48:25sont tellement compliquées
48:25parfois
48:26et ce qui est étonnant
48:27aussi c'est sa modestie
48:28le jour où
48:29on lui a proposé
48:30la légion d'honneur
48:31Gérard Mullier
48:32a hésité
48:32oui
48:33oui oui
48:33parce qu'il disait
48:34je suis pas
48:35c'est pas moi
48:36qui ai construit au champ
48:37c'est pas moi
48:38qui ai fait tout ça
48:38et c'est son assistante
48:40de l'époque
48:41Francine Vandam
48:41qui lui a dit
48:42mais vous êtes
48:43le porte-parole
48:44de tous ces gens-là
48:44et ce sera l'occasion
48:45pour vous ce jour-là
48:46de les remercier
48:47et effectivement
48:48c'est ce qu'il a fait
48:48et son discours est magnifique
48:49et il se trouve que ce livre
48:51vous lui avez remis
48:52le premier exemplaire
48:52je suppose Margot Mullier
48:53oui je lui ai remis à Noël
48:55donc c'était une surprise
48:56parce que
48:56j'étais pas censée avoir
48:57le livre avant Noël
48:58je devais l'avoir en janvier
48:59et finalement
49:00Grasset m'a dit
49:01tu l'auras le 16 décembre
49:02et donc on fêtait Noël ensemble
49:03le 23
49:04la veille de Noël
49:06et donc
49:07je lui ai offert ce livre
49:08et en fait
49:08je l'avais dédicacé
49:09donc j'avais écrit un petit mot
49:10et il disait rien
49:11et là mon frère Alexandre
49:13lui a dit
49:13mais tu te rends compte
49:14d'habitude
49:15les gens comme toi
49:16les personnalités publiques
49:18ceux qui écrivent
49:19c'est des inconnus
49:20là c'est ta petite fille
49:21qui a écrit ton histoire
49:22et là
49:22il a fondu en larmes
49:24et je l'avais jamais vu pleurer
49:25c'est quelqu'un de vraiment
49:27très avare de sentiments
49:28pas du tout démonstratif
49:30et il pleurait
49:30et il me tenait le bras
49:32pour se calmer
49:32il faisait des exercices
49:34de respiration
49:34pour se calmer
49:36et ça
49:37c'était
49:38c'était magnifique
49:39enfin
49:39c'était mon plus beau
49:40le plus beau cadeau
49:41qu'il puisse me faire
49:41c'était de pleurer
49:43et après ce qui était drôle
49:44c'est quand il a vu la photo de lui
49:45sur la première de couverture
49:45il a dit
49:46mais maintenant
49:47maintenant qu'il y a ma photo
49:48sur la première de couverture
49:49je ne serais plus jamais tranquille
49:50je lui ai dit
49:51bon ça fait quand même longtemps
49:52que tu es reconnue
49:54donc c'est pas une photo de plus
49:56qui va changer quelque chose
49:57mais voilà
49:58en tout cas ce livre
49:59c'est absolument passionnant
50:01il se lit comme un roman d'aventure
50:02il mériterait presque
50:03qu'on en fasse un film un jour
50:04et puis je souhaite
50:05que vous ayez autant de succès
50:07que vous le méritez
50:07et que votre grand-père
50:08et que vous écriviez
50:09d'autres livres de ce genre
50:10parce que finalement
50:11vous avez outre votre talent
50:13de marketing
50:14un talent de romancière
50:14et d'écrivaine
50:15merci Margot Mullier
50:18je rappelle que ce livre
50:19Gérard Mullier
50:19l'épopée du fondateur
50:21d'Auchamp
50:22est chez Grasset
50:22à très bientôt
50:23j'espère pour d'autres livres
50:24merci beaucoup
50:31merci
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