- il y a 11 heures
Les clefs d'une vie de Mathieu Delarive
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-05-11##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Vous avez suivi des études d'économie avant d'entamer un parcours où vous ne vous êtes jamais économisé.
00:10Vous avez multiplié les arrestations à l'écran sans pour autant vous arrêter un seul instant.
00:15Votre retour sur scène est aussi un retour aux sources.
00:18Bonjour Mathieu Delarive.
00:19Bonjour.
00:20Alors on va vous retrouver au théâtre, ce qui est même une performance, on va en parler tout à l
00:24'heure.
00:24Mais vous avez un parcours bien connu de celles et ceux qui regardent la télévision
00:28et on va l'évoquer à travers des dates clés.
00:30Génial.
00:30C'est le principe des clés d'une vie.
00:31Alors, la première date, elle ne vous correspond pas exactement, mais c'est une date familiale.
00:36C'est le 5 avril 1962, la première fois où votre mère Agnès Delarive se retrouve à un générique.
00:45L'homme du XXe siècle. Je ne sais pas si ça vous dit quelque chose.
00:47C'était quelques années avant ma naissance.
00:49Je connais bien son parcours, mais ça je l'ignorais.
00:51En fait, elle était script.
00:53C'est sa première apparition, un générique à la télévision comme script, de ce jeu L'homme du XXe siècle.
00:58Qui est révolutionnaire, parce que pour la première fois, les candidats avaient un écran devant eux,
01:03ils pouvaient taper sur un bouton pour choisir la bonne réponse.
01:05Oui.
01:06Et c'est elle qui a géré tout ça avec cet ordinateur qui s'appelait Sidonie.
01:10Ah oui, écoutez, c'était avant-gardiste, on va dire.
01:12Exactement.
01:13Et c'est vrai que votre mère Agnès Delarive, on va quand même parler d'elle,
01:16parce que c'est quand même une des pionnières de la télévision.
01:19Et je crois que c'est l'une des premières réalisatrices de la télévision.
01:21Tout à fait, elle fait partie de cette génération de femmes qui ont tracé la route, on va dire,
01:26pour tout un tas d'autres qui lui ont succédé et qui ont suivi, et tant mieux d'ailleurs.
01:31Mais à l'époque, c'était une gageur, parce qu'évidemment, on n'était pas dans un monde aussi ouvert
01:35aux qualités professionnelles féminines,
01:38malheureusement d'ailleurs, mais bon, c'est très bien, il fallait qu'il y ait des pionnières, et elle en
01:41fait partie.
01:42Donc voilà, c'est une fierté.
01:43Et elle a été ce que j'appelle pompier de service, c'est-à-dire dès qu'il y avait
01:45une émission où il manquait quelqu'un,
01:46on appelait Agnès de la Rive.
01:48C'est vrai, alors après, c'était une autre époque, c'est-à-dire qu'on était beaucoup plus facilement
01:51appelés à passer d'un mode à l'autre de communication,
01:56que ce soit de la fiction, du reportage, de l'émission, du talk show, tout ça, c'était tous mélangés,
02:01en fait, donc c'était plus simple.
02:02Elle est passée de midi 30 au théâtre de Bouvard, elle a fait Maggie, elle a fait Marqué Sophie.
02:08Exactement, donc des fictions après des émissions politiques, ensuite de ça, des concerts, des grands concerts.
02:13Je me souviens qu'en 1982, après l'élection de François Mitterrand, il y a eu plein d'événements culturels,
02:19notamment un énorme concert Place de la Concorde de John Baez, et puis bon, elle a réalisé ça pour la
02:22télévision.
02:23Elle a fait un show aussi, ça, j'étais enfant, je m'en souviens très bien, avec Alice Cooper.
02:26Alors Alice Cooper, tout le monde ne sait pas de qui il s'agit, mais c'est un des premiers,
02:30on va dire,
02:32abroqueurs américains qui étaient incroyables, avec un maquillage assez dark et sombre,
02:36et puis qui était un personnage incroyable, et elle avait fait un show avec lui,
02:38et je me souviens que pour une séquence de ce show, elle avait déguisé ou habillé tous ses musiciens en
02:44bonne sœur,
02:45et ils avaient joué du hard rock sur les marches du Sacré-Cœur,
02:48et ça avait posé un petit problème à l'époque, mais elle a réussi à tourner la séquence.
02:51Donc c'était assez marrant, en fait, finalement, c'était une époque où tout était plus rock, plus simple,
02:56et souvent plus sympathique.
02:58Et elle a aussi innové, parce que les séries de 30 minutes qu'on voit aujourd'hui à la télévision,
03:02elle a été la première à en réaliser avec les amours de la belle époque,
03:05et les amours des années folles.
03:06On a oublié totalement tout ça.
03:08C'est ça, mais bon, ça c'était le début, il faut toujours des débuts et des premières fois,
03:11après on refait, on perfectionne et on évolue avec le temps,
03:15mais effectivement ce sont des formats qui ont été inventés à ce moment-là.
03:18Et elle a même fait une émission avec trois plans séquences,
03:21un serré sur l'animatrice, un sur le témoin et un d'ensemble,
03:24pour évoquer la vie de Méni Grégoire, qui a été la pionnière du genre.
03:28Oui, alors ça, bon, là vous évoquez des choses, évidemment, que je ne connaissais pas forcément,
03:33parce que c'était probablement avant moi, je dirais, ou en tout cas avant ma mémoire,
03:37mais c'est vrai que c'était une époque où on essayait des choses,
03:40et on en faisait plein, je me souviens d'un tas de séquences aussi que j'ai vues,
03:44pendant Mini 30, une séquence où Dave chantait au milieu des meurtrières,
03:49dans un château fort, je ne sais pas comment c'était possible,
03:51on faisait des trucs de fous.
03:51Oui, mais il y a eu une émission aussi avec l'autre François qui est en retard sur le Playback,
03:55et qui démarre après le Playback, et elle se débrouille comme elle veut.
03:57Oui, et puis de toute façon, c'était ça qui était amusant,
04:00c'était un petit peu les aléas de ce qui se tournait, de ce qui se passait à l'époque.
04:04Et puis Agnès Delarive a réalisé un film qui, d'actualité, toujours,
04:07c'est Feu sur le Candidat.
04:08Tout à fait, alors elle a fait un long métrage,
04:10qui malheureusement est sorti à peu près la semaine de la finale de la Coupe du Monde 90,
04:13donc ce n'est pas idéal, quand on est distributeur,
04:15je pense que c'est un créneau à éviter.
04:17Alors après, il l'avait choisi comme ça, et c'était peut-être le seul qui restait,
04:20mais en tout cas, ça s'appelait Feu sur le Candidat,
04:22avec Michel Galabru et Patrick Chenet.
04:24Et ça se passait pendant des élections présidentielles, c'était amusant.
04:26Mais bon, c'est un film qui maintenant commence un peu à dater.
04:29Je pense que si on le voyait à la télévision, il prendrait un petit coup dans l'aile quand même.
04:32Oui, mais le côté présidentiel, c'est toujours d'actualité.
04:35La politique, c'est toujours une source infinie de fiction potentielle.
04:40Ce qui fait, Mathieu Delarive, que vous avez baigné dans le monde du spectacle et la télévision
04:44dès vos jeunes années.
04:44Tout à fait. Donc j'ai eu en réalité cette chance d'en faire partie indirectement.
04:50Enfin si, directement, mais j'étais une pièce rapportée.
04:52Mais c'est vrai que j'ai vécu à travers ma mère et dans mon enfance
04:57le show business des années 80, ces années folles,
04:59ces années où on pouvait faire tout et n'importe quoi.
05:02Et puis en plus de ça, à l'époque...
05:03Alors, elle a aussi été une pionnière dans le sens où,
05:06quand en 75, vous êtes mère célibataire,
05:09c'est aussi un acte militant, on va dire.
05:12Parce que c'était pas commun.
05:13Elles n'étaient pas nombreuses des femmes célibataires à l'époque.
05:15Et puis moi, comme elle était plutôt marrante et que c'était cool,
05:19elle m'emmenait partout.
05:20Donc c'est vrai que j'étais sur tous les plateaux,
05:22dans toutes les émissions avec elles.
05:23Je traînais en régie, j'adorais ça.
05:25Et ça m'a permis d'abord de rencontrer des gens incroyables
05:27et surtout de déjà me familiariser avec ce milieu et cet univers.
05:30C'est-à-dire que vous avez beaucoup observé étant enfant ?
05:32Tout à fait.
05:33J'étais là tout le temps dans le coin, je regardais, j'écoutais,
05:36j'observais et puis j'entendais les adultes qui parlaient sans filtre autour de moi.
05:41Donc c'était assez intéressant, j'ai pu apprendre des choses.
05:43Ça vous donnait envie de faire ce métier ou non, Mathieu Delargue ?
05:45Alors oui, ça m'a donné envie de faire ce métier.
05:48C'est quelque chose que, évidemment, de toute façon,
05:50le problème c'est que je la voyais s'éclater quand elle travaillait
05:53et puis je trouvais que les gens étaient tous sympas, c'était fun.
05:56Donc forcément, on se dit, j'ai envie d'être là-dedans.
05:59Maintenant, comme tout parent, elle a essayé de contrarier ce désir et cette envie
06:03et je me souviens qu'elle m'a toujours dit,
06:04non, il ne faut pas que tu sois dans ce milieu-là,
06:06il faut que tu fasses un vrai métier, sérieux, voilà.
06:09Mais en l'occurrence, c'est pour ça d'ailleurs que je me suis retrouvé
06:11à faire des études d'économie.
06:13J'étais à Dauphine après un bac C,
06:15qui à l'époque était le bac scientifique, qui était censé être le bon.
06:17Donc j'étais plutôt bon élève.
06:19Cependant, quand je suis arrivé à la fac,
06:21je me suis retrouvé face à la réalité
06:24de quelque chose qui ne m'attirait pas plus que ça
06:25et j'ai validé, en fait, une seule UV
06:27qui était, à l'époque, ça s'appelait une unité de valeur à l'université,
06:30qui était improvisation théâtrale.
06:32Le reste, je n'ai pas réussi.
06:33Donc je me suis dit, il y a peut-être quelque chose
06:35et après, c'est comme ça que je suis allé au cours Florent.
06:39En fait, j'ai fait une deuxième première année de fac
06:40et je suis allé au cours Florent
06:41et je lui ai dit, écoute, voilà, comme un jour je serai un grand avocat international,
06:44il faut que j'apprenne à prendre la parole au public
06:46et à parler aux gens comme ça, devant un auditoire.
06:48Donc je vais aller au cours Florent en parallèle.
06:49Bon, il se trouve que suite à ça,
06:51j'ai tout commencé un autre parcours professionnel.
06:54Mais il faut savoir qu'à l'université de Paris-Dauphine,
06:56le lieu le plus fréquenté,
06:58c'est la salle de cinéma.
06:59Alors, c'est vrai.
07:00Après, il y avait le BDE aussi, mais ça, je n'y allais pas trop.
07:02Mais effectivement, à Dauphine,
07:03il y avait beaucoup de choses qui étaient autour du cinéma,
07:06du spectacle.
07:07Et je vous dis, il y avait cette UV optionnelle
07:10qui s'appelait improvisation théâtrale.
07:11Donc c'était sympa.
07:12Voilà.
07:12Et vous vous improvisez sur quoi ?
07:14Ça, c'était les sujets qu'on nous donnait à l'époque.
07:16Et puis ça remonte un peu.
07:17Je vous avoue que c'était plutôt...
07:18C'était il y a longtemps.
07:19C'était en 93.
07:19Je sais que votre mère vous a fait un jour un cadeau extraordinaire.
07:23Elle a accepté de réaliser cette émission uniquement pour vous.
07:34Ça, c'est extraordinaire.
07:35L'île aux enfants.
07:35C'est vrai.
07:37Comme tout enfant de ma génération,
07:39je grandissais devant l'île aux enfants.
07:41Je regardais Casimir et ses amis.
07:42Et je rêvais d'y aller.
07:43Et c'est vrai qu'elle s'est arrangée pour en réaliser quelques-uns
07:46et que je puisse y aller.
07:47J'étais sur le plateau.
07:50Puis j'ai vu qu'il y avait un vrai kiosque à bonbons.
07:51Donc effectivement, c'était des vrais bonbons qui étaient dans les jars.
07:54On se demandait, nous, enfants.
07:55Mais enfin, cette émission est incroyable.
07:56Parce qu'au départ, elle a existé.
07:58Parce que Césame Street, qui était une émission américaine,
08:00était transposée en France.
08:02Il manquait que 7 minutes.
08:03Donc il fallait quelque chose.
08:04Et ils ont pensé à l'île aux enfants.
08:06Et au départ, ça devait être un pingouin en kangourou.
08:08Ils ont pensé à un dinosaure qui était vert au départ.
08:10Mais c'était comme le fond de l'écran.
08:12Donc ça ne collait pas.
08:12Il est devenu orange.
08:13Et surtout, il faisait 2,62 m au départ.
08:16Et les enfants ne le voyaient pas.
08:18C'est ça.
08:18Donc il était un peu plus petit.
08:19Mais il était quand même assez imposant.
08:20Je me souviens que Casimir était impressionnant physiquement.
08:24Alors, au départ, vous allez au cours de théâtre de Florent.
08:26C'est la grande époque du cours Florent, en plus.
08:28Oui.
08:28En tout cas, ce sont les années où, effectivement,
08:31il y avait des professeurs qui marquaient.
08:33Il y avait toute une génération qui sortait de là.
08:35Bon, à quelques années près.
08:36Mais en l'occurrence, c'est vrai qu'on allait principalement,
08:40ou en tout cas prioritairement, au cours Florent.
08:41C'est-à-dire que François Florent avait créé ce cours.
08:43Après une première expérience, il était professeur au conservateur du 17e arrondissement.
08:48Je ne sais pas si vous le savez,
08:49il avait été nommé par celle qu'il avait formée,
08:54qui était Franca Berger, la sœur de Michel Berger.
08:56Ah d'accord.
08:56Alors ça, je ne le savais pas.
08:57Et c'est comme ça qu'il a débuté.
08:58Incroyable.
08:59Et donc, déjà, le cours vous intéresse,
09:00parce que je crois que dès votre enfance, Mathieu Delarive,
09:03vous aimiez lire les classiques, les petits classiques Larousse.
09:05Oui, j'adorais ça.
09:06J'aimais le théâtre.
09:07Il se trouve qu'il y a eu aussi une expérience.
09:08J'étais au lycée Molière.
09:11Je crois que c'était le centenaire du lycée Molière.
09:13Et pour cette occasion, ils avaient fait jouer aux élèves des pièces de théâtre.
09:17Et moi, je me souviens que dans mon année,
09:18en tout cas, on m'avait fait jouer Monsieur de Poursoniac de Molière.
09:21Et ça avait été un peu une espèce de révélation à ce moment-là.
09:24Je devais être en sixième ou en cinquième.
09:25Et c'est vrai que c'est quelque chose qui m'attirait depuis toujours.
09:28De toute façon, pour un enfant, c'est instinctif, c'est fun, c'est jouer.
09:33Le mot, c'est jouer.
09:33Donc de toute façon, on a envie de le faire.
09:34En même temps, vous pensiez, en arrivant au cours Florent, que vous feriez ce métier ?
09:38Je pense que je l'espérais secrètement.
09:40Et puis de toute façon, on ne se pose pas...
09:42J'avais 20 ans, je me posais peu de questions.
09:44J'arrivais là-bas, c'était incroyable.
09:46Parce que je sortais de...
09:47J'avais en parallèle la fac, où les gens étaient très sérieux.
09:50Parce qu'en plus, Dauphine, c'était une fac qui était relativement exigeante.
09:52Et les gens étaient plutôt motivés par rapport à la gestion, la finance.
09:56J'ai connu aussi où l'on en est.
09:57Oui, c'est ce que je veux dire.
09:59Et arriver au cours Florent, c'était fun.
10:00Les gens étaient sympas.
10:01Ils venaient de partout.
10:02Ils étaient ouverts.
10:03Ils voulaient essayer des trucs.
10:04Donc forcément, ça a tout de suite pris le pas.
10:07Et voilà, je me suis rendu compte que j'avais a priori un peu plus de facilité pour jouer
10:12la comédie que pour gérer de grosses entreprises.
10:15Et je crois, Mathieu Delarive, qu'un homme a changé votre vie, Max Morel.
10:18Oui, tout à fait.
10:19Vous êtes très bien enseigné.
10:20Alors, il se trouve qu'à cette époque, ce qui était formidable, c'est que les gens
10:24se rencontraient.
10:25Ça, c'était déjà une première chose.
10:27Ils avaient le temps de se voir.
10:28Il y avait moins de monde.
10:28Il faut être très clair.
10:29Et il n'y avait pas de réseaux sociaux où on ne pouvait pas se faire connaître très
10:32facilement.
10:33Et les directeurs de casting pour les jeunes premiers, entre guillemets, c'est comme
10:36ça qu'on appelait ça, allaient dans les cours de théâtre parce que c'était
10:39rare des jeunes qui avaient des agents.
10:41Les agents, c'était très différent.
10:42Pour en avoir, il fallait déjà avoir tourné ou avoir été vu dans les spectacles de fin
10:45d'année.
10:45Et donc, Max Morel, lui, a fait son casting pour une série, un feuilleton de TF1 qui
10:49s'appelait Terre Indigo, dans les cours de théâtre notamment.
10:53Et il est venu à Florent.
10:53Et c'est là qu'on s'est rencontrés la première fois, qu'on a fait deux premiers
10:57essais, des premières rencontres.
10:58Mais ça a été assez long, le casting de Terre Indigo.
11:00Et de sélection en sélection, ça s'est rétréci jusqu'au moment où j'ai eu la chance
11:03d'être choisi.
11:04Voilà.
11:05Et ça a changé votre vie.
11:06Je crois que la scène finale de préparation, c'était avec Bavara Schultz qui avait déjà
11:10un petit nom.
11:10Vous êtes extrêmement bien enseigné.
11:12Je continue.
11:12Je vous félicite.
11:13Effectivement, donc, les derniers essais, c'était avec Jean Sagol, ce qui malheureusement
11:17nous a quittés récemment.
11:20Donc, le réalisateur de Terre Indigo, c'était un homme assez génial.
11:23Et en fait, les derniers essais, on était plusieurs garçons à donner la réplique à
11:26Barbara Schultz, qui elle-même avait déjà été choisie.
11:29Le rôle, c'était d'être son frère, en fait, dans le feuilleton.
11:32Et on est plusieurs à avoir passé ses essais individuellement face à elle, avec le réalisateur
11:36qui ne filmait pas, qui regardait les gens, qui regardait le jeu, qui était vraiment
11:40un vrai metteur en scène à l'ancienne, qui voulait les avoir dans le regard.
11:42Et c'est comme ça que ça s'est passé.
11:44Et Jean m'a choisi.
11:46Et ça a changé ma vie.
11:47Voilà.
11:47Et on va évoquer la date, justement, importante de la diffusion, le 8 juillet 1996.
11:53A tout de suite sur Sud Radio avec Mathieu Delarive.
11:56Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:59Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Mathieu Delarive.
12:02Nous parlerons tout à l'heure de votre retour au théâtre avec Parce que c'est toi.
12:06Une pièce à Paris et à Avignon cet été.
12:08On évoque votre parcours.
12:10Donc, on a évoqué votre arrivée au cours Florent.
12:12Et puis, bien sûr, cette sélection qui vous a permis de jouer dans Terre Indigo.
12:16Terre Indigo, dont le premier épisode a été diffusé le 8 juillet 1996.
12:26Ce générique vous dit quelque chose.
12:28Forcément, ça rappelle des souvenirs.
12:30En fait, vous êtes du jour au lendemain parti pour 6 mois et demi à Cuba.
12:33Tout à fait.
12:34En réalité, j'ai été choisi le dernier dans le casting.
12:36C'est le dernier personnage à avoir été casté.
12:39Vous y croyez à l'époque ou non ?
12:41Ah oui, parce que je n'ai pas lâché.
12:43Je sais que j'ai refait des...
12:45J'ai appelé Jean Sagol.
12:47J'ai voulu le revoir.
12:48Je lui ai parlé de ma motivation.
12:49Tout ça, on s'est vu.
12:50On a parlé.
12:50Mais en l'occurrence, de mémoire, parce que j'ai une bonne mémoire des dates.
12:55Il me semble que j'ai appris le 7 juin 1995 que je partais, que j'étais choisi.
13:04Ça, c'était incroyable.
13:04Je me souviens parce que j'étais en partiel à la fac.
13:06Et à Dauphine, j'avais mes meilleurs amis qui étaient là-bas.
13:10J'ai toujours ma bande de potes depuis 30 ans.
13:12Et donc, je les ai cherchés dans toute la fac pour leur dire on part à Cuba, on part à
13:17Cuba.
13:17Donc, c'était fabuleux.
13:17J'ai appris ça en interrogeant à distance mon répondeur.
13:20Parce qu'il y avait à l'époque des cabines téléphoniques.
13:22On interrogeait les répondeurs à distance.
13:24Donc, je les ai emportés à Cuba.
13:25Donc, le 7, j'apprends que je pars à Cuba.
13:27Je suis parti le 12 juin, donc 5 jours après.
13:29Et je commençais à tourner le 14 de mémoire.
13:31Je me souviens de ça parce que je suis un peu hypermnésique.
13:33Et donc, en l'occurrence, ça a été très court, très rapide.
13:36Et c'est un peu comme si vous prenez un bébé et vous le balancez dans une piscine en lui
13:39disant maintenant tu nages.
13:40Parce que je me suis retrouvé tout de suite à tourner des séquences.
13:43Et en plus de ça, je me souviens que mon premier jour, c'était face à un acteur cubain qui,
13:47lui, ne parlait pas le français.
13:48Donc, il parlait espagnol.
13:49Il jouait en espagnol.
13:50Et moi, j'étais en face de lui.
13:51Je répondais en français.
13:52Donc, ça multipliait les problématiques, on va dire.
13:55Mais je crois qu'il y avait Francis Huster et Mireille Dac qui vous ont beaucoup soutenu.
13:59Tout à fait.
14:00Alors, tout le cast en réalité, toute l'équipe.
14:02Mais c'est vrai que Francis et Mireille ont été formidables parce qu'ils m'ont tout de suite pris
14:06sous leur aile.
14:08Chacun à leur manière.
14:09Mais bon, Francis Huster, lui, il avait l'habitude puisqu'il était professeur aussi au court-flanc.
14:13Et puis, c'est un type qui aime transmettre.
14:15Donc, comme il était très bienveillant vis-à-vis de moi.
14:18Et c'est vrai qu'il m'a pris sous son aile, il m'a aidé.
14:20Et Mireille aussi, elle m'a donné beaucoup, beaucoup de bons conseils.
14:22Elle était vraiment...
14:23On était très proches, elle était très sympa.
14:24Mais tous, parce qu'ils avaient tous une expérience que moi, je n'avais pas.
14:28Et on s'est tous vraiment formidablement, bien entendu, avec Christiane Narelli, avec Barbara Schultz, avec tous ceux qui étaient
14:32présents.
14:33Et je me souviens même de soirées avec Xavier Deluc où on était...
14:37Alors, ça, c'était à Vignales quand on était dans les champs de tabac.
14:41On refaisait le monde en fumant des cigares et tout.
14:43C'était incroyable.
14:44C'était vraiment très chouette.
14:45Oui, mais en même temps, quand on est un jeune comédien et du jour au lendemain, on se retrouve dans
14:48une série aussi importante.
14:50Il y a quand même une boule au ventre.
14:51Il y a une boule au ventre.
14:52Il y a...
14:53Alors, encore une fois, ils étaient tous très bienveillants.
14:55Ils m'ont bien accueilli.
14:56Ils n'ont pas fait de différence comme si j'étais le petit débutant ou celui qu'on attendait au
15:00tournant.
15:00Mais c'est certain que si on le remet dans le contexte de l'époque, on est en 1995.
15:04Il y a six chaînes.
15:05TF1 est la plus puissante d'Europe.
15:08Il y a...
15:08À chaque fois que vous diffusez un prime time sur TF1, c'est un carton énorme.
15:11Et les séries de l'été, les sagas de l'été, c'était attendu, très attendu.
15:14Et puis, il faut voir qu'à l'époque, il y avait un casting first class.
15:19C'est-à-dire que Mireille d'Arc, Jean-Marc Thibault, Marie-José Natt, Christiana Réali, Francis Huster, tous les
15:26acteurs qui étaient là, c'était que des vedettes de télé.
15:28Et en coulisses, il y avait un autre débutant, parce que c'était Éric Emmanuel Schmitt qui avait triomphé avec
15:33Le Visiteur et qui a écrit en partie cette saga.
15:35Il fait partie des scénaristes.
15:37Donc, c'est une saga qui a marqué beaucoup de gens, en tout cas, beaucoup d'intervenants et de gens
15:42qui ont participé, parce que c'était une première pour beaucoup de monde.
15:45Et du jour au lendemain, après la diffusion, votre vie change, Mathieu Delarive ?
15:48Un petit peu. On va dire que j'ai passé un très bon été en 1996.
15:53C'était fort sympathique.
15:54D'ailleurs, oui, en fait, c'est ça.
15:55Je me souviens que j'avais été... Sud Radio, c'était à Saint-Tropez.
15:58J'avais fait des plateaux en direct.
16:01Il y avait eu... Olivier Mine, j'avais fait sur la place d'Hélice et j'avais fait une autre
16:04émission.
16:05Me semble-t-il, au Club 55.
16:07Et donc, pour le coup, c'était un super été.
16:09D'abord, il y avait de la promo.
16:10Ensuite de ça, je vous avoue, je rentrais assez facilement en boîte de nuit cet été-là.
16:13Et c'était vraiment sympa.
16:15On s'est bien amusés.
16:16C'était plutôt très chouette.
16:16Et puis, devenir un acteur populaire du jour au lendemain ?
16:18C'est chouette, mais en plus de ça, c'est-à-dire que l'avantage de la télévision, c'est
16:23qu'on devient très vite familier, qu'on rentre chez les gens.
16:26Et que c'est plutôt une approche sympathique, en fait.
16:29Il y avait de la bienveillance et en plus de ça, moi, je trouvais ça chouette d'échanger avec les
16:34gens.
16:35Donc, c'est très bon enfant, en fait.
16:37Et c'était très agréable.
16:38Et puis, juste après la diffusion, vous vous enchaînez et on voit un reportage de TF1, juste après la diffusion,
16:42au début septembre, avec Patrick Préjean dans Mireille et Vincent.
16:46Ben oui, tout à fait.
16:47Vous avez bien suivi.
16:47Alors, effectivement, suite à la diffusion, à la rentrée de cette année-là, donc 96, effectivement, on a tourné un
16:54téléfilm qui s'appelait Mireille et Vincent,
16:57qui était une adaptation moderne du poème de Frédéric Mistral, Mireille, qui est un poème en Provençal.
17:02Et donc, on a tourné ça, notamment avec Patrick Préjean.
17:06Alors, ce qui est étonnant, c'est le changement de climat, parce que je crois que les Alpies, c'est
17:09agréable.
17:09Et à Cuba, ça a été des tempêtes, des maladies, des virus.
17:12Alors, on a eu, oui, attention, c'était pas apocalyptique, on a passé six mois et demi, donc on a
17:16eu un éventail assez large de ce que ça peut être de passer du temps à Cuba.
17:21Donc, oui, alors, il a fait très beau, il y a eu des moments qui étaient un peu plus humides.
17:24On a eu des queues de cyclones, on s'est pas pris d'ouragan, mais on a eu des périodes
17:29un peu venteuses, de la pluie.
17:33Oui, de toute façon, c'est les tropiques, mais bon, personne va se mindre.
17:35Il y a des maladies en plus.
17:36Oui, alors ça, c'est sûr.
17:37Après, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Partir six mois et demi, tourner au Caraïbe
17:41?
17:42Bon, c'est difficile de se plaindre, en fait.
17:44En tout cas, vous avez appris votre métier et une rigueur que vous avez manifestée à chaque film et dès
17:50celui-ci.
17:54Le Grand Bat.
17:55Vous êtes un torero et là, on voit le métier que vous avez déjà, Mathieu Delarive, car vous allez vous
18:00mettre presque dans la peau du torero, vous allez aux arènes d'Arles.
18:03Tout à fait, j'ai appris à torer, alors torer de salon, attention, je ne me suis pas retrouvé face
18:07à un taureau sauvage, mais j'ai appris avec un vrai torero, en fait, qui s'appelait Tino Lopez.
18:14Et il m'a appris dans les arènes d'Arles à torer, donc à voir la gestuelle.
18:19J'ai porté l'habit de lumière et j'ai découvert ça.
18:22Donc, j'ai été voir...
18:23Alors, je sais que c'est un milieu qui est controversé.
18:27Là, je ne mets pas de...
18:29Je ne dis pas pour ou contre, mais en tout cas, vivre des corridas en contre-piste et les voir
18:35au plus près de ceux qui les font, qui les vivent et qui en vivent.
18:39C'était très intéressant, j'ai découvert une culture, j'ai découvert tout un monde et tout un univers, c
18:43'est aussi ça qui est intéressant dans ce métier.
18:45Alors, ça existe, on peut avoir son avis, on peut être pour, on peut être contre, mais en l'occurrence,
18:49c'était formidable de découvrir ça de l'intérieur.
18:51Et c'est ça que j'aime, moi, dans mon métier d'acteur, c'est découvrir des univers et des
18:54milieux que je ne connais pas, de l'intérieur et de manière très privilégiée, en fait.
18:59Oui, et je crois que vous avez récidivé, Mathieu Delarive, avec la clé des champs, où vous êtes incollable sur
19:03la fabrication d'un couteau.
19:05Alors ça, c'était aussi assez exceptionnel, parce que j'ai eu la chance d'apprendre la coutellerie.
19:10C'est pareil, c'est-à-dire qu'on découvre des mondes qui sont plutôt, alors quand on est passionné
19:15ou les gens qui baignent dedans connaissent,
19:17mais en l'occurrence, la coutellerie, j'ai découvert la coutellerie d'art ou disons l'orfèvrerie de ce que
19:23pouvait être la coutellerie.
19:24J'ai appris avec un monsieur qui s'appelait Henri Vialon, qui était meilleur ouvrier de France.
19:26Et donc, j'ai été passer trois jours chez lui, à travailler à la forge, à travailler le métal en
19:32fusion.
19:32Il m'a montré ce que c'était que les différents manches, les différents éléments qu'on pouvait utiliser dans
19:36un couteau,
19:36ce qui était que le damas. Le damas, c'est un feuilletage, en fait, de métal en fusion.
19:40Et ça crée des dessins sur les lames, il pouvait faire des trucs incroyables.
19:43Et j'ai découvert tout un univers grâce à ça, donc c'était formidable.
19:46Pas beaucoup d'acteurs font ce genre de choses ?
19:49Alors, je ne sais pas, parce que je ne sais pas comment travaillent les autres.
19:52Je ne pense pas qu'ils soient réfractaires à l'idée d'aller découvrir les univers.
19:57Après, il faut avoir envie d'aller à Thiers pendant trois jours, d'aller chez les gens, de découvrir.
20:01Mais je crois que c'est quand même assez commun au métier d'acteur.
20:04Je dirais que je pense que les gens aiment bien ce genre de personnage.
20:06Je crois, je crois. Et moi, c'est ce que j'aime.
20:08Alors, je ne sais pas quelles sont vos infos sur la suite, mais je l'ai fait dans d'autres
20:12milieux et dans d'autres univers.
20:13J'ai eu plutôt de bons souvenirs de stage police, de stage avec les pompiers, des choses dans les hôpitaux.
20:20Oui, c'est intéressant de découvrir des univers de l'intérieur.
20:23Mais le couteau, il y a une légende. On dit qu'offrir un couteau, ça peut être un mauvais présage.
20:28C'est une légende qui court en France.
20:30Mais au Japon, en revanche, offrir un couteau, c'est un signe de protection.
20:34On va prendre la version japonaise.
20:36C'est que ça me paraît plus fort.
20:36C'est mieux.
20:37Et puis, il y a eu aussi une autre émission, juste après Thérindigo, à laquelle vous avez participé.
20:47Et vous êtes un des pionniers de Fort Beauregard, parce qu'à l'époque, il n'y avait pas beaucoup
20:49de personnalités qui y participaient.
20:51Alors, c'est vrai. C'est l'époque où ils commençaient à faire intervenir des acteurs, des artistes, des sportifs
20:57pour des promotions, en fait.
20:58Des promotions de films, de séries ou autres, parce qu'ils voulaient faire venir d'autres types de personnes que
21:04des vrais candidats
21:05ou des candidats qui voulaient participer au jeu télé.
21:09Et je vous avoue que j'étais quand même encore relativement jeune.
21:14Aller à Fort Beauregard, c'était génial.
21:15Le jeu d'aventure, j'étais un peu comme un labrador quand même.
21:17J'étais très très content de pouvoir m'amuser et de sauter depuis le haut du fort avec la tyrolienne,
21:23d'aller au milieu des tigres.
21:25C'était très ludique, en fait.
21:26Vous avez récupéré une clé entre deux piles de livres.
21:29Tout à fait. Exactement. Mais bravo.
21:32Alors, je vous avoue qu'il faut être très clair.
21:34Je devais faire le truc, récupérer la clé.
21:36Puis à un moment donné, ça devenait un peu compliqué.
21:37Puis j'ai regardé vers la porte et j'ai vu que le mécanisme n'était pas bien fermé.
21:39Donc j'ai pris la clé, je suis parti.
21:41Donc voilà, je ne l'aurais pas dit. Je ne l'aurais dit qu'après.
21:43Et puis je crois que vous avez aussi nagé jusqu'à un bateau et monté au sommet d'un mât.
21:47Tout à fait. Exactement.
21:50Alors, on avait été prévenus du fait que si on disait qu'on avait peur de quelque chose,
21:55ils nous mettaient face à cette épreuve-là.
21:58Et moi, j'ai dit que j'avais le vertige parce que j'avais envie de faire soit l'élastique,
22:00soit la tyrolienne.
22:01Ce que j'ai fait.
22:02Et en l'occurrence...
22:03Alors, en plus, c'était la grande époque parce que c'était Patrice Laffont et Sandrine Dominguez qui présentaient.
22:08Et donc voilà, c'était assez fun.
22:10Et je me souviens d'avoir sauté depuis le bord du fort avec la tyrolienne pour aller chercher l'indice
22:15en haut du mât.
22:16C'était plutôt amusant, oui.
22:17Voilà. Et vous avez aussi sauté d'un rôle à l'autre.
22:20Et on va évoquer une date aussi importante dans votre parcours, le 9 avril 2010.
22:24À tout de suite sur Sud Radio avec Mathieu Delarive.
22:28Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Mathieu Delarive.
22:34On évoquera tout à l'heure votre retour au théâtre à Paris et à Avignon.
22:38On a évoqué vos débuts avec Terre Indigo, votre mère Agnès Delarive.
22:43Et puis, le 9 avril 2010, un changement de ton dans votre personnage avec ce film.
22:53Comme les cinq doigts de la main.
22:54Oui.
22:55Et ça, c'est aussi une autre aventure parce qu'Alexandre Arkady vous a choisi pour ce film.
22:59Et vous vous rentrez dans une bande qui existe et qui se connaît par cœur depuis des années.
23:03C'est vrai. Alors là, c'était formidable parce qu'on s'est retrouvé à jouer cinq frères.
23:07C'était une fratrie à la fois à l'écran et à l'extérieur du tournage avec Patrick Bruel, Vincent
23:13Elbaz, Pascal Elbé, Éric Caravaca.
23:15Et on était tous les cinq à interpréter cette fratrie qui était aussi un film pour Alexandre Arkady important.
23:23Dans la mesure où c'est un peu son histoire, dans la mesure où ils sont cinq frères chez lui.
23:27Et ça lui tenait à cœur.
23:28Il voulait raconter les rapports fraternels entre cinq garçons, comment ça se passe.
23:33Le mouton noir, celui qui est le vilain petit canard.
23:35Et puis les autres, avec chacun sa spécificité.
23:37C'était plutôt un très chouette tournage.
23:39En fait, il y avait un des frères qui avait un problème parce qu'il avait des soucis avec les
23:43gitans marseillais.
23:44Avec la paigre, oui.
23:45Et les autres frères partaient à son secours.
23:47Alors, c'est vrai que dans cette équipe, Bruel, il le connaissait depuis ses débuts.
23:50Puisqu'il lui avait téléphoné un jour alors que Bruel partait au Club Méditerranée comme géo.
23:56Et il lui avait dit, tu vas tourner dans mon prochain film L'Union Sacrée.
23:59Mais vous arrivez dans une bande qui est déjà constituée.
24:01Et il vous a choisi comme petit nouveau.
24:03Mais ce n'est pas facile de s'intégrer.
24:04C'est vrai.
24:05Après, encore une fois, peut-être que j'ai eu de la chance au cours de mon parcours.
24:10Mais ils ont été tout de suite très accueillants, très sympathiques.
24:13Ils m'ont pris sous leur aile.
24:14Et il n'y avait vraiment aucune différence entre les uns et les autres.
24:19Et puis tout le monde a été très vite chaleureux.
24:20Et puis on s'est bien entendu parce qu'il n'y avait que des personnalités sympathiques.
24:22Tout le monde était très chouette.
24:23Vous m'auriez beaucoup, je crois, entre les prises.
24:24On s'est bien amusé, oui.
24:26Et Arkady a dit, je l'ai choisi parce que c'est un beau gosse un peu chien fou.
24:30Bon ben c'est sympa.
24:31Je le prends, c'est un beau compliment, c'est sympa.
24:33Vous aviez un côté chien fou à l'époque ?
24:34Probablement.
24:35Et puis il est encore caché quelque part ce chien fou.
24:38Sinon j'aurais arrêté depuis longtemps ce métier.
24:40Et c'est votre premier grand rôle.
24:41Parce que jusqu'alors, il y a eu le premier film de Jean Weber.
24:44Il y a eu des petits rôles.
24:45Mais à chaque fois, c'est des petits rôles au cinéma.
24:47En tout cas au cinéma, oui.
24:49C'est un petit peu une particularité chez nous, dans notre pays,
24:52qui a tout un tas de qualités.
24:54Mais il est vrai que si vous commencez à la télé,
24:56tout d'un coup, vous êtes un peu étiqueté acteur de télé.
24:58Si vous ne faites que du théâtre, vous êtes étiqueté acteur de théâtre.
25:01Et puis cinéma, alors tout d'un coup, vous êtes un acteur de cinéma.
25:03Les Américains, les Anglo-Saxons en général, ont moins de mal avec ça.
25:07Parce que pour eux, c'est le même métier.
25:08On le pratique, donc on passe de l'un à l'autre.
25:09Puis ce sont des personnages qu'on interprète.
25:11Mais en l'occurrence, effectivement, c'était pour moi le passage au cinéma.
25:15Et c'était un film qui a été marquant,
25:17dans la mesure où ça me permettait vraiment de passer de la télévision,
25:21que je pratiquais principalement, au cinéma.
25:23Oui, car les mini-séries, d'après mes calculs,
25:25vous avez fait en 9 ans 5 séries.
25:29J'en ai fait beaucoup, oui.
25:30J'en ai fait beaucoup aussi.
25:31Je n'ai pas le compte exact.
25:32Mais c'est vrai que si vous considérez...
25:34Parce qu'en plus, à l'époque, il y avait du 90 minutes.
25:36Donc c'est vrai que quand vous multipliez des terrains d'Igo par 8,
25:39des clés des champs par 6,
25:40les grands battes et toutes ces choses-là,
25:42finalement, j'arrive à une filmographie qui est relativement longue.
25:45Mais ce sont des séries ou des mini-séries.
25:47Donc ça ne rentre pas dans...
25:48C'est comme si c'était un projet.
25:49Mais en l'occurrence, oui, ça fait beaucoup.
25:50C'est-à-dire que vous n'avez pratiquement pas arrêté depuis le début ?
25:53Alors, il y a des périodes.
25:54Il y a des cycles.
25:55Il faut être tout à fait honnête.
25:55Parce que celui qui va vous dire que...
25:57Alors, il y a des gens, ils n'arrêtent jamais.
25:58Mais que c'est non-stop et que c'est un long fleuve tranquille,
26:01ce n'est pas vrai.
26:01Et puis en plus de ça, on évolue.
26:03Comme on le disait, j'ai commencé à travailler en 95.
26:05Donc ça commence à remonter.
26:07Donc en plus de ça, on change.
26:08C'est-à-dire que l'acteur que j'étais à cette époque-là,
26:10ou même après en 2005, 2010, 2015,
26:13et aujourd'hui,
26:14comme on évolue en tant qu'homme,
26:15on évolue aussi dans les personnages qu'on peut interpréter.
26:17Puis il y a des phases.
26:18Il y a des moments où c'est plus évident.
26:19D'autres où on ne sait plus trop où nous mettre.
26:21Et comme on est toujours dépendant du désir de l'autre,
26:23ou d'un autre ou d'autre,
26:25c'est toujours difficile.
26:26Il y a des moments où on ne correspond plus,
26:28on ne coche plus toutes les cases.
26:30Et donc, il faut accepter.
26:31Mais ça, je l'ai toujours pensé.
26:32Je crois que finalement,
26:34la carrière d'un acteur ou d'une actrice
26:37se mesure à sa capacité à gérer les périodes d'inactivité.
26:40Oui, je crois que vous faites de la plongée sous-marine dans ces cas-là.
26:43Alors, j'en fais.
26:44J'en ai fait beaucoup.
26:45C'est une grande, grande passion.
26:47J'ai commencé ça.
26:49J'avais 14 ans.
26:49Bon, ça, je suis un enfant du Grand Bleu, on va dire.
26:51C'est-à-dire que 88, le film sort.
26:53À l'époque, on ne peut plonger qu'à partir de 14 ans,
26:55puisque c'était une autre époque.
26:56Donc, je commence en 89.
26:58On vous mettait une bouteille sur le dos, des palmes,
27:00et puis une ceinture de plomb.
27:01On vous disait, maintenant, tu plonges.
27:03Donc, voilà.
27:03Mais évidemment, j'ai passé mes brevets et autres,
27:06jusqu'au jour où j'ai même passé mes brevets de moniteur,
27:08parce qu'à un moment donné,
27:09j'avais envie de pouvoir encadrer,
27:10amener qui je voulais.
27:11Et puis, voilà, on ne sait jamais.
27:13À un moment donné, on peut peut-être se dire,
27:15tiens, pourquoi pas ?
27:16Mais en l'occurrence, c'est une grande passion.
27:19Et après, il y avait d'autres activités professionnelles,
27:21puisqu'après, je me suis mis aussi à écrire et à faire d'autres choses.
27:23Mais ça, on en parlera peut-être tout à l'heure.
27:25Alors, j'en reviens à Hôtel et la télévision.
27:27Il y a une série qui a quand même marqué une époque,
27:29Les Bleus, premier pas dans la police,
27:30où vous jouez quand même un capitaine de la BAC homosexuel,
27:33ce qui était novateur pour l'époque.
27:35C'était une série qui a vraiment marqué
27:37et qui était extrêmement intéressante,
27:41à la fois quand on la faisait,
27:43on jouait quand elle était produite
27:44et puis quand elle a été diffusée.
27:45Alors, effectivement,
27:47j'avais le rôle d'un capitaine de la BAC,
27:50donc la brigade anticriminalité, homosexuel.
27:53On avait une relation avec Nicolas Gobe,
27:55qui était une relation tout à fait assumée,
27:58pas du tout caricaturée.
28:00Et c'était une des premières fois
28:01où on avait un traitement de l'homosexualité
28:03qui était tout à fait, entre guillemets,
28:07pas accessoire, mais qui était simple,
28:09dans le sens où on n'en faisait pas grand fait ou grand cas.
28:12C'est-à-dire que c'était deux mecs qui s'aimaient,
28:15qui étaient amoureux l'un de l'autre
28:16et qui avaient une relation,
28:17et qui, parallèlement à ça,
28:18ils étaient flics et ça faisait partie de leur vie.
28:20Mais ce n'était pas quelque chose qu'on utilisait
28:22ni de manière militante,
28:24ni pour raconter quoi que ce soit.
28:27Ça se faisait, ça faisait partie des personnages.
28:29Et voilà, ça permettait de rendre ça
28:33beaucoup plus quotidien,
28:34de quotidianiser, je ne sais pas si ça existe,
28:35mais cette approche-là,
28:37et voilà, c'était juste factuel.
28:38Et ça aurait pu faire scandale
28:39et ça n'a pas fait du tout scandale.
28:41Alors, je ne pense pas...
28:42Après, on était quoi ?
28:43On était dans quelles années ?
28:44Vous m'avez dit que vous se connaissez mieux que moi,
28:45mais au début des années 2000,
28:47je ne pense pas que ça eût fait scandale.
28:48Mais en l'occurrence, ce qui est sûr,
28:49c'est que ça a permis d'amener une autre approche.
28:52Mais c'était un peu comme dans...
28:54Les Américains avaient fait ça dans Six Feet Under aussi.
28:56Le traitement de l'homosexualité
28:58était quelque chose de beaucoup plus,
29:00entre guillemets,
29:00et attention, ce ne sont pas mes mots,
29:01mais normalisé dans le sens
29:03où ça devenait quelque chose de simple
29:05et qui faisait partie de la vie des gens.
29:08Et puis voilà,
29:08ce n'était pas quelque chose à traiter plus que ça.
29:10Et là encore, Mathieu Delarive,
29:12vous êtes plongé dans l'univers de la police.
29:14Tout à fait.
29:15Je me suis plongé dans l'univers de la police.
29:17J'ai été faire des stages police
29:18pour voir aussi comment ça fonctionnait
29:19parce que je trouvais ça intéressant et sympathique.
29:22Et même pour aller plus loin,
29:23par rapport au traitement de l'homosexualité
29:25dont vous parlez,
29:26j'ai un ami qui est commissaire de police
29:27et qui m'invite régulièrement
29:28parce qu'il change de poste et tout ça
29:30à ses pots de départ.
29:31Et un jour, je me souviens,
29:32il quittait ses fonctions dans un commissariat.
29:35Et quelqu'un est venu me voir.
29:36Il me dit, oui, bonjour, Mathieu Delarive.
29:38Voilà, je voulais vous remercier.
29:39Alors, j'ai demandé, mais pourquoi ?
29:40Et il me dit, parce que je suis président du FLAG,
29:43c'était le syndicat homosexuel de la police.
29:47Et il me dit, voilà,
29:48grâce à ce que vous faites avec Nicolas Gobbe dans Les Bleus,
29:50vous avez rendu l'homosexualité,
29:54la vision et l'image de l'homosexualité dans la police
29:56beaucoup plus simple,
29:58beaucoup plus accessible.
29:59Et vous avez permis de libérer la parole dans la police.
30:02Donc, je lui ai dit, écoutez, merci.
30:03Moi, on m'a proposé un rôle, j'ai interprété.
30:05Mais si on est arrivé à faire ça,
30:06c'est un bonus et c'est super.
30:07Et puis, il y a eu aussi Cellule Identité,
30:09qui était autre chose,
30:10mais toujours dans la police.
30:11Alors, pareil, mais bon,
30:11parce que vous savez,
30:12la fiction raffole de séries policières
30:14et évidemment de meurtres et d'enquêtes.
30:18Donc, Cellule Identité,
30:19ça, c'était une très chouette série aussi
30:21qui était vraiment bien traitée,
30:24qui malheureusement n'a pas eu le succès
30:27qu'elle aurait pu avoir.
30:28Et qui, bon, voilà,
30:29c'est pour des histoires de diffusion et autres,
30:31parce que c'est toujours le football.
30:33On a été diffusé au moment de l'Euro
30:35et ça n'a pas fait beaucoup de bien
30:37à nos audiences, malheureusement.
30:38Mais c'était une série assez intéressante
30:40parce qu'on découvrait des cadavres non identifiés
30:44et on devait leur redonner une identité
30:46et savoir quel avait été leur parcours
30:47avant de se retrouver, malheureusement,
30:50en Maccabée.
30:51Et vous incarniez un policier un peu désagréable.
30:53Oui, un peu rigide, un peu désagréable.
30:56Il en faut toujours un dans une équipe.
30:58Après, il s'assouplissait, heureusement.
31:00Mais c'est vrai qu'au départ,
31:01il était un peu psychorigide
31:02et très by the book.
31:04Alors, il se trouve que la télévision,
31:05les premières séries policières,
31:07la première s'appelait
31:08L'inspecteur Leclerc
31:09avec Philippe Nicot,
31:10dans les années 60.
31:11Et le réalisateur, créateur de ces feuilletons,
31:13c'était Marcel Bluval,
31:14autre pionnier de la télévision.
31:15Ah oui, Marcel Bluval,
31:16qui avait d'ailleurs écrit un film
31:19qui avait réalisé Jean-Louis Lorenzi
31:20avec qui j'ai fait Mireille et Vincent.
31:22Juste avant, c'était,
31:23je crois que c'était
31:23La colline aux mille enfants,
31:24me semble-t-il.
31:25Mais bon, peut-être que ma mémoire
31:26me fait défaut,
31:26mais c'est ça.
31:27Il y a aussi l'univers des pompiers.
31:28Ah non, mais je vous dis une bêtise,
31:29en fait, Marcel Bluval,
31:30il avait écrit Mireille et Vincent,
31:31je crois.
31:32Oui, exactement.
31:32C'est ça, hein ?
31:32Non, non, bien sûr.
31:33Non, non, je confonds.
31:34Non, non, tout à fait.
31:35C'est lui qui avait écrit Mireille et Vincent.
31:36Voilà, exactement.
31:37Vous voyez, bon,
31:37j'ai retrouvé la mémoire.
31:38Et il a fait beaucoup de choses
31:39à la télévision.
31:39Tout à fait.
31:40C'est un des pionniers,
31:41c'est un nom mythique
31:43de la télévision française.
31:44Alors, après La police,
31:45les pompiers,
31:46avec une série absolument incroyable
31:48où vous êtes devenu un pompier.
31:50Oui, mais ça, c'était extraordinaire.
31:51Parce que, de toute façon,
31:52vous savez,
31:53quand vous êtes acteur,
31:55le petit garçon que vous avez été,
31:57il est toujours quelque part,
31:59il n'est pas très loin.
31:59Et quand on est petit garçon,
32:01on a souvent envie d'être
32:02pilote de chasse,
32:03policier ou pompier.
32:05Et là, ça a été extraordinaire
32:06parce qu'on s'est retrouvé...
32:07C'est pareil, en fait,
32:08c'était comme dans
32:08Les Cinq Dades de la Main
32:09ou dans Les Bleus,
32:10il y avait une vraie équipe
32:10et c'était sympa,
32:11une vraie cohésion
32:13dans la distribution.
32:14Et on s'est retrouvé,
32:14donc tous ceux qui étions
32:16dans Ligne de Feu
32:17à aller faire un stage
32:18chez les pompiers, à Bordeaux.
32:19Et on s'est retrouvé en caserne,
32:21en tenue de pompier
32:22pendant plusieurs jours,
32:22à partir avec eux
32:23en intervention.
32:24C'était exceptionnel.
32:25En plus de ça,
32:26ça nous a permis de créer
32:27des liens avec les pompiers
32:28qui sont devenus des copains
32:29sur place.
32:30D'ailleurs, on a gardé des liens
32:31et ils faisaient en plus
32:32de la figuration quand on tournait.
32:34Donc, ça donnait
32:35une espèce de réalisme à la série.
32:36Mais ça, c'est génial
32:37quand vous partez
32:37en tenue de pompier
32:38dans un camion
32:39avec les sirènes,
32:40vous êtes appelés sur un truc,
32:41que vous ne savez pas
32:42ce qui va se passer.
32:42C'est hyper exaltant.
32:44Oui, d'autant plus
32:44que pendant le tournage,
32:45vous avez sauvé une vie.
32:46Alors, pas moi personnellement,
32:48j'aurais bien aimé.
32:48Alors oui, mais ça,
32:49c'est une anecdote assez amusante
32:50parce qu'en fait,
32:51ce qui était incroyable,
32:52c'est qu'on tournait...
32:55Je ne sais pas si c'est
32:55Place des Quinconces
32:56ou je ne sais plus,
32:56à Bordeaux.
32:57Il ne faudrait pas
32:57que les Bordelais m'en veuillent
32:58parce que j'écorche
32:58le lieu où ça s'est produit.
33:01Mais on tournait
33:02et en fait,
33:03j'imagine qu'une personne
33:04qui a été un petit peu
33:06distraite par le tournage
33:07en regardant ce qui se passe
33:07s'est fait percuter
33:09malheureusement par un bus.
33:10Heureusement pas à grande vitesse
33:11mais elle est tombée par terre,
33:12elle a perdu connaissance
33:12et c'est vrai
33:13qu'elle s'est vraiment blessée.
33:15Elle n'était pas bien.
33:17Et en l'occurrence,
33:19nous...
33:19Donc, on a appelé
33:20au secours, au secours.
33:21Donc, nos figurants
33:22étant des vrais pompiers
33:23sont intervenus
33:24sauf qu'ils étaient en civil.
33:26Alors que nous,
33:26on était en tenue
33:27puisqu'on tournait les pompiers.
33:28Donc, les vrais pompiers
33:30intervenaient.
33:30On leur avait donné le matos
33:31parce qu'on avait
33:31des vrais éléments
33:33et une vraie ambulance
33:34à disposition.
33:35Donc, un vrai sac
33:35avec des secours.
33:36Donc, les pompiers en civil
33:37interviennent
33:37et puis nous,
33:38évidemment, on essaie d'apprendre.
33:39Donc, on regarde.
33:40On a les bras croisés
33:40comme ça en tenue de pompiers.
33:41On regarde ce qui se passe
33:43et en l'occurrence,
33:44il y a eu des coups de fil
33:45au 18 en disant
33:45« Ouais, j'ai une honte.
33:46Il y a des civils
33:46qui s'occupent d'une personne,
33:47d'une victime.
33:48Les pompiers ne font rien.
33:49Ils ont les bras croisés.
33:49Ils regardent. »
33:50Donc, on a dû leur expliquer
33:51que les vrais pompiers
33:52étaient les civils
33:52et que ce en tenue était faux.
33:54Mais c'était assez...
33:55Bon, c'est cocasse.
33:56Heureusement,
33:56cette personne a été prise
33:57en charge très vite.
33:58Ça s'est bien passé.
33:59Il n'y a pas eu de séquelles
33:59et ça s'est bien terminé pour elle.
34:03Et puis, il y a eu
34:04d'autres partenaires
34:04assez inattendus au départ
34:06mais c'est très bien passé.
34:07C'est Mimi Maty.
34:08Tout à fait.
34:08Parce qu'on la connaissait
34:10à travers sa série
34:11« Joséphine en ce gardien »
34:12et elle se retrouve
34:13votre partenaire.
34:14Exactement.
34:14Alors, j'ai eu de la chance
34:16d'abord parce que
34:17j'ai rencontré Mimi
34:18sur ses projets
34:19donc le prix de la loyauté,
34:23on a fait un triptyque,
34:24on va dire une trilogie
34:25et ce qui était nouveau pour elle
34:29c'était un désir
34:30qu'elle avait manifesté.
34:31C'était d'interpréter
34:32quelque chose
34:33de diamétralement opposé
34:34de son personnage
34:35de Joséphine en che gardien.
34:36Donc, elle faisait une flic
34:37moi, un gendarme
34:37et on se retrouve collés
34:39elle et moi
34:39à devoir mener des enquêtes
34:41ensemble.
34:42Et c'était génial
34:43parce que d'abord
34:44son personnage était caustique,
34:46elle était piquante,
34:47elle avait du peps
34:48ce qu'elle est dans la vie.
34:49De toute façon,
34:50c'est une personne
34:50qui a beaucoup d'humour,
34:51qui est très vivant
34:53sympathique
34:54et qui en plus de ça
34:56n'est pas avare
34:57de bons mots
34:57et de bonnes vannes
34:58on va dire.
34:59Et en l'occurrence,
35:01c'est une super comédienne
35:02donc ça a bien fonctionné,
35:03on s'est bien trouvé
35:04et ça a matché tout de suite
35:06et donc c'était assez chouette.
35:06Sauf qu'un jour,
35:07il lui avait fait la peur
35:08de sa vie.
35:09Oui, alors ça c'est vrai.
35:10Alors, il se trouve
35:11qu'un jour,
35:13je prends un café
35:14avec un copain
35:14qui est auteur
35:15et avec qui on avait déjà
35:16écrit des trucs ensemble
35:16mais ça on y reviendra peut-être
35:17et je lui demande
35:18qu'est-ce que tu fais en ce moment
35:19il me dit
35:19je prépare l'anniversaire
35:21de Surprise Surprise,
35:22il y a des pièges et tout
35:22je dis tu vas piéger qui ?
35:23Et il me dit
35:24notamment Mimimati.
35:25Je lui dis attends, sérieux ?
35:26Je lui dis vas-y
35:26je vais faire le complice
35:27on vient de tourner ensemble
35:27on doit en faire d'autres
35:28faisons-le.
35:29Et on a réfléchi
35:31parce qu'on avait déjà écrit ensemble
35:32et on a écrit le piège ensemble
35:33et il se trouve
35:33qu'effectivement
35:35j'ai réussi
35:37à l'embobiner
35:38on va dire
35:39et à lui dire
35:40que j'allais la chercher
35:40pour une réunion
35:41qu'on devait avoir
35:42avec Richard Berkovitch
35:43le producteur de la série
35:44et avec l'auteur
35:46avec Laurent Mondi
35:47et que je vienne la chercher
35:48chez elle en voiture.
35:49Je suis allé la chercher en voiture
35:50et là en l'occurrence
35:52le trajet ne s'est pas déroulé
35:53comme elle l'imaginait
35:54ou comme elle l'envisageait.
35:55Elle s'est retrouvée
35:55face à un personnage
35:56complètement psychotique
35:58je dirais
35:58un petit peu dangereux
36:02et c'est vrai
36:03qu'elle a eu un peu peur
36:04mais c'était très drôle.
36:04Ça a bien marché
36:05le piège a bien fonctionné.
36:06Oui et puis elle ne vous en a pas voulu
36:07bien sûr.
36:07Non heureusement
36:08en revanche
36:08elle m'a quand même avoué
36:09que si ça n'avait pas été
36:10une caméra cachée
36:11elle aurait demandé
36:12à ne plus jamais me croiser
36:13peut-être ce qu'on m'interne.
36:14En tout cas
36:15elle va continuer
36:16j'espère à vous croiser
36:16mais vous en croisez d'autres
36:17pour l'instant
36:18et on va évoquer la date
36:19du 28 avril 2026.
36:21A tout de suite
36:21sur Sud Radio
36:22avec Mathieu Delarive.
36:24Sud Radio
36:25Les Clés d'une Vie
36:26Jacques Pessis
36:27Sud Radio
36:27Les Clés d'une Vie
36:28mon invité
36:29Mathieu Delarive
36:29on a évoqué votre parcours
36:31avec toutes les télévisions
36:33cinéma
36:33que vous avez fait
36:35et puis surtout
36:36vous avez fait peu de théâtre
36:37et curieusement
36:38le 28 avril 2026
36:40vous êtes revenu au théâtre
36:41avec
36:41Parce que c'est toi
36:42une comédie sur l'amitié
36:44au théâtre de l'œuvre
36:44qui va ensuite être
36:45Avignon
36:46au théâtre du Roi René
36:47début juillet
36:48ça fait que c'est
36:50votre deuxième pièce
36:51alors que vous êtes
36:51au départ
36:52un acteur de théâtre ?
36:53C'est pas faux
36:53alors disons que c'est
36:55la deuxième
36:56qui prend cette place-là
36:58j'avais fait une tournée
36:59il y a longtemps
36:59Le Malade Imaginaire
37:01avec Jean-Claude Dreyfus
37:02et donc c'était
37:05il y a longtemps
37:06j'avais joué au théâtre 14 aussi
37:07j'avais joué
37:08le talentueux Monsieur Ripley
37:09mais c'est vrai
37:10que j'ai fait peu de théâtre
37:11et j'en regrette
37:11parce que j'adore ça
37:12mais c'est ce que je vous disais
37:13tout à l'heure
37:14c'est-à-dire qu'il y a
37:14un côté chapelle
37:16d'ailleurs même au théâtre
37:17c'est la même chose
37:17il y a le subventionné
37:18et puis le privé
37:19mais c'est-à-dire que
37:20quand on commence
37:21et qu'on est acteur de télé
37:22acteur de ciné
37:23acteur de théâtre
37:23on reste un petit peu
37:24dans son milieu
37:24alors il y en a qui arrivent
37:25très bien à passer
37:26de l'un à l'autre
37:26attention
37:27je ne généralise pas
37:28mais en l'occurrence
37:29c'est quand même l'exception
37:30et c'est vrai que je fais
37:31peu de théâtre
37:32et j'ai fait trop peu de théâtre
37:41avec David Bazan
37:43et Mélanie Rameau
37:44qui sont les auteurs
37:45on se connait depuis
37:46un petit moment
37:47depuis quelques années même
37:49et en l'occurrence
37:49quand ils ont commencé
37:50à avoir ce projet
37:51ils m'en ont parlé très tôt
37:53je sais que le personnage
37:54que j'interprète
37:55ils l'ont aussi eu en tête
37:57en pensant à moi
37:57à ce que j'aurais pu être
37:58à un moment donné
37:59si mon parcours de vie
38:00n'était pas celui qu'il est
38:02en tout cas je parle
38:02dans ma vie privée
38:03et donc j'ai été
38:06assez rapidement sur le projet
38:07le temps que ça se monte
38:08les lectures et autres
38:09bon il a évolué
38:10il est devenu ça
38:10mais je suis venu
38:12à ce spectacle
38:13par les deux auteurs
38:14et l'un des deux
38:15David Bazan
38:16et aussi le metteur en scène
38:17de la pièce
38:17donc c'est comme ça
38:18et là aussi vous aviez envie
38:19de revenir au théâtre ?
38:20ah oui bien sûr
38:20c'est quelque chose
38:23que j'aime
38:24c'est quelque chose
38:25que je trouve
38:26exaltant
38:27passionnant
38:28et excitant
38:29et ensuite de ça
38:31j'ai beaucoup de plaisir
38:33à le faire
38:33il semblerait
38:34que ça fonctionne
38:35et puis
38:37c'est une pièce
38:39qui permet
38:40qui permet aussi
38:40d'avoir à la fois
38:41du rire
38:42de l'émotion
38:43c'est une pièce
38:44sur l'amitié
38:44sur tout un tas
38:45de choses
38:45et de valeurs
38:47que je trouve importantes
38:48et c'est un petit bonbon
38:50qui est comme ça
38:52qui permet de sortir
38:53aussi de son quotidien
38:55et de découvrir
38:56des choses
38:57sous d'autres angles
38:58le point de départ
38:59c'est un coup de coeur
39:00amical
39:01de Maud et Alex
39:02un coup de foudre
39:03entre Maud et Simon
39:04et une amitié
39:05entre Simon et Alex
39:06donc c'est quand même
39:06une sorte de
39:07vaudeville moderne
39:08alors il y a ça
39:10de toute façon
39:10c'est une histoire
39:11qui met en parallèle
39:13et en miroir
39:13une histoire d'amour
39:14une histoire d'amitié
39:16qu'est-ce qu'on est prêt
39:17à faire par amitié
39:18qu'est-ce qu'on est prêt
39:19à faire par amour
39:20quels sont les sacrifices
39:21qu'on pourrait faire
39:22qu'est-ce qu'on préfère choisir
39:23l'amitié, l'amour
39:25où se situe la rivalité
39:27entre des hommes
39:29par rapport à une femme
39:30mais c'est plein de sentiments
39:34sincères, authentiques
39:35et qui rejoignent en tout cas
39:37ma conception personnelle
39:38de ce qu'est l'amitié
39:39c'est-à-dire que c'est quelque chose
39:41en fait on choisit ses amis
39:42on ne choisit pas nécessairement
39:44toujours sa famille
39:44et je pense que c'est quelque chose
39:46de très important
39:47de chérir et de protéger l'amitié
39:49parce que c'est quelque chose
39:50de fort et d'important
39:52et c'est un sujet
39:53qui nous concerne toutes et tous
39:54mais qui n'est pas souvent
39:55traité au théâtre
39:56et qui n'est pas facile à traiter
39:57c'est vrai
39:57parce que le talent
40:00des deux auteurs
40:00c'est de ne pas être tombé
40:01dans des poncifs
40:02et d'avoir réussi
40:03à garder un côté quotidien
40:05dans ce qui est raconté
40:08donc qui permet aux gens
40:09de s'identifier
40:09de passer des messages
40:11sans être ni péremptoire
40:14ni donner de grandes leçons
40:16et de grands messages
40:18on va dire que c'est quelque chose
40:19qui permet aux gens
40:20de s'identifier
40:21de se retrouver
40:22et de se réunir
40:23et que l'amitié
40:24ça peut être un refuge
40:25jusqu'à un certain point
40:26alors oui bien sûr
40:27jusqu'à un certain point
40:28un refuge c'est certain
40:29c'est à dire que
40:30quand ça va pas
40:31ou quand
40:32quand ça va bien
40:33d'ailleurs la preuve
40:33quand les premiers vers
40:35qui je me suis tourné
40:36quand j'ai appris
40:36que j'allais tourner
40:37Terre Indigo
40:37ce sont mes amis
40:38et j'ai couru dans toute la fac
40:39pour les retrouver
40:39pour partager avec eux
40:40et quand ça va pas
40:41ce sont aussi des gens
40:42vers qui on se tourne
40:43afin de pouvoir trouver
40:45de l'appui
40:45des conseils
40:46et souvent de l'aide
40:47et puis dans cette pièce
40:49il y a des sentiments intimes
40:50qu'on évoque pas beaucoup
40:52peut-être à cause de la pudeur
40:53mais qui apparaissent bien
40:55dans l'histoire
40:55oui
40:56alors évidemment
40:56il y a une pudeur
40:57parce qu'en plus de ça
40:59les personnages de Simon
41:00et d'Alex
41:00ont une amitié
41:01qui est une amitié masculine
41:02donc on sait que parfois
41:05il y a une certaine pudeur
41:06et une certaine incapacité
41:09à peut-être se dire les choses
41:10ou à prononcer certains mots
41:13et là
41:13ce qui est intéressant
41:14c'est qu'au final
41:15ils vont y arriver
41:16mais c'est joli
41:17c'est beau
41:17oui mais en même temps
41:18c'est un sujet
41:19qui nous concerne tous
41:19et je crois que
41:21l'une des auteurs
41:22est psychologue clinicienne
41:25donc elle s'est servie
41:26de ses connaissances
41:27pour que la pièce soit vraie
41:28tout à fait
41:29Mélanie
41:30donc Mélanie Remeau
41:31elle a un parcours aussi
41:33qui est atypique
41:34on va dire
41:35ou qui est en tout cas
41:35très riche
41:36et qui lui a permis
41:37de rentrer dans le fond
41:39de chacune des personnalités
41:41de chacun des personnages
41:42ce qui fait qu'ils sont
41:42tous très bien caractérisés
41:43et qu'ils ont tous
41:45leur spécificité
41:47spécificité qui se retrouve
41:48avec évidemment
41:48des points d'accroche
41:49et puis des points
41:50d'opposition
41:51qui font qu'il y a des moments
41:53où ça tire un petit peu
41:54dans l'amitié aussi
41:54une question
41:55doit-on dire la vérité
41:56par amitié
41:57ou se terre par amour ?
41:58alors ça c'est une question
41:59à laquelle les spectateurs
42:01pourront peut-être répondre
42:02après avoir vu la pièce
42:03et chacun se fera
42:04on va dire son idée
42:06à ce sujet
42:07et certains choisiront
42:08une réponse
42:09plutôt que l'autre
42:10et mettre de l'humour
42:12dans une situation
42:13aussi intime
42:13c'est pas évident
42:14Mathieu Delarise
42:15tout à fait
42:16c'est vrai qu'il y a
42:17un thème qui est abordé
42:18qui est un peu difficile
42:19et qui évidemment
42:21est lourd de sens
42:21est lourd en émotions
42:24cependant
42:24face aussi
42:25ou également
42:26au drame de la vie
42:27quel qu'il soit
42:27que ce soit
42:28des histoires de santé
42:29des histoires professionnelles
42:31des histoires de fortune
42:33de deuil
42:35on arrive quand même
42:36finalement
42:36on se rend compte
42:37que l'humour
42:37est un refuge
42:38ça veut pas dire
42:39qu'on néglige les choses
42:40ou qu'on les prend
42:40par-dessus la jambe
42:42cependant
42:42c'est quelque chose
42:43qui permet
42:43de s'en sortir
42:44et les rapports
42:45amour-amitié
42:46ont évolué
42:47au fil des générations
42:48ah oui
42:49alors ça c'est certain
42:50que les relations
42:52entre les uns
42:53et les autres
42:53ont évolué
42:54évoluent encore
42:54je pense que vous et moi
42:56on n'a pas les mêmes codes
42:57que nos enfants
42:58on les a encore moins
42:59que nos petits-enfants
43:00et pareil
43:00si on regarde
43:01vers nos ascendants
43:03il est évident
43:04que nos parents
43:05nos grands-parents
43:06n'avaient pas les mêmes relations
43:07que celles que nous
43:08on a eu
43:08quand on était jeune
43:09moins jeune
43:10au lycée
43:11ou ailleurs
43:11d'abord les réseaux sociaux
43:12ont tout changé
43:13c'est vrai
43:14ça a changé
43:14beaucoup de choses
43:16après je ne veux pas
43:17avoir l'air
43:17d'un vieux
43:20qui dit que c'était mieux
43:21avant
43:21mais c'est sûr
43:22que c'est plus compliqué
43:23je pense
43:23de se rencontrer aujourd'hui
43:25que ça ne l'a été
43:26à l'époque
43:26on a l'impression
43:26que ça facilite
43:27mais pas vraiment
43:28parce que
43:28j'ai l'impression
43:29qu'on zappe
43:30beaucoup plus vite
43:30avant d'avoir
43:31laissé une chance
43:32au produit
43:32et puis les amitiés durables
43:34sont de plus en plus rares
43:36aujourd'hui
43:37alors peut-être
43:38après je ne sais pas
43:39parce qu'on ne sait pas
43:39comment ça sera
43:40dans 30 ou dans 40 ans
43:40ceux qui se rencontrent
43:41aujourd'hui
43:41on ne sait pas
43:42s'ils seront encore copains
43:42mais ce qui est sûr
43:43c'est que ce que je vous disais
43:44en vous parlant
43:45de ma bande de potes
43:45je reviens à eux
43:46je les ai rencontrés au lycée
43:48certains même avant
43:50donc en primaire
43:51et tout ça
43:51et on est toujours unis
43:52on est toujours potes
43:52il y a d'autres gens
43:53qui se sont agrégés
43:55évidemment
43:55les relations se développent
43:57au fil de la vie
43:57mais c'est vrai
43:58que les amitiés
44:00au long cours
44:01c'est quand même
44:01très riche
44:02et très précieux
44:02moi je me souviens
44:03de Robert Rossen
44:04et Frédéric Dard
44:05se disant au revoir
44:06sur un quai de gare
44:07quand Frédéric Dard
44:08rentrait à Lyon
44:08mais ils s'embrassaient
44:10c'était une amitié
44:11incroyable
44:12ça c'est formidable
44:13d'avoir ces amitiés
44:14et puis il y a aussi
44:15des amis
44:15qu'on perd de vue
44:16pendant un temps
44:17mais qui sont tellement proches
44:18qu'on les revoit
44:19après quelques mois
44:20quelques années
44:20et c'est comme si
44:22on ne s'était pas quitté
44:22ou comme si on s'était vu
44:23la veille
44:23donc ça c'est formidable
44:24Alors dans cette pièce
44:25parce que c'est toi
44:26il y a 4 comédiens
44:26pour 5 rôles
44:27Oui tout à fait
44:29Alison Paradis
44:30comédienne de grand talent
44:31et qui est la seule
44:35comédienne avec nous
44:36donc interprète
44:372 personnages
44:38mais ce qui est fort
44:38c'est que
44:40certains spectateurs
44:41ne voient pas
44:42qu'elle joue les 2 rôles
44:43donc ils s'étonnent
44:44à la fin au salut
44:45qu'il n'y ait qu'une seule
44:46jeune femme
44:47qui vienne saluer
44:47alors que c'est Alison
44:48qui salue pour les 2 rôles
44:49Alors il faut savoir
44:50que c'est assez étonnant
44:51parce que cette pièce
44:52vous l'avez montée
44:53depuis le 28 avril
44:54et jusqu'au 20 mai
44:55au Théâtre de l'Oeuvre
44:55je crois que c'est
44:56les mardi et mercredi
44:57à 20h
44:58Tout à fait
44:58Mais c'est presque
44:59un ballon d'essai
44:59puisque vous allez à Avignon
45:01ensuite au Théâtre du Roi René
45:02Exactement
45:02on va jouer à Avignon
45:03pendant 3 semaines
45:04à partir du 4 juillet
45:06jusqu'au 25
45:07et donc
45:09c'est un petit peu
45:10une manière
45:11de rôder la pièce
45:12ensuite de ça
45:12comme vous le savez
45:14certainement
45:14les créneaux
45:15dans les théâtres parisiens
45:16sont très limités
45:17très difficiles à trouver
45:18donc David Bazan
45:21a eu le talent
45:24d'arriver à trouver
45:24ces dates-là
45:25donc effectivement
45:26on joue pendant 4 semaines
45:27les mardis et mercredis
45:28au Théâtre de l'Oeuvre
45:29qui est une super salle
45:29un très chouette théâtre
45:30j'espère qu'on y reviendra
45:31et de manière plus longue
45:33et plus pérenne
45:34Oui c'est de plus en plus fréquent
45:35qu'on essaye une pièce
45:36comme ça
45:36pendant quelques semaines
45:38et c'est assez nouveau
45:39comme phénomène
45:39Oui
45:40alors c'est probablement dit
45:43à cette espèce de
45:44aux programmations
45:45aux sollicitations
45:48j'imagine qu'il y a
45:48beaucoup plus de spectacles
45:49qui se montent
45:50qu'à une certaine époque
45:51et effectivement
45:52aussi c'est pour les tester
45:53pour voir ce que ça donne
45:54parce qu'on est un peu
45:54dans cette période aussi
45:56où on zappe relativement vite
45:57si ça ne fonctionne pas
45:58Exactement
45:58il faut savoir que
45:59parce que c'était de toi
46:00ça avait pensé bien sûr
46:01à Montaigne
46:01parce que c'était toi
46:02parce que c'était moi
46:03en fait c'est un hommage
46:04qu'il rend à la Boétie
46:06je ne sais pas si vous le savez
46:07et on trouve la trace
46:08de cette phrase
46:09dans les annotations
46:10de l'exemplaire
46:11de 1588
46:13et puis dans l'édition posthume
46:15et il a rajouté
46:16parce que c'était moi
46:16à la fin
46:17Oui
46:17et ça David
46:19quand on a commencé
46:20à travailler sur le texte
46:21nous en a parlé
46:21il nous a évoqué
46:22cette anecdote
46:23il lui dit
46:23écoute espérons que
46:24dans 300 ans
46:25ou 400 ans
46:26on se souviendra encore
46:27de ce qu'on aura joué
46:27et parce que c'était toi
46:28c'est aussi le titre d'une chanson
46:29je ne sais pas si vous le savez
46:31parce que c'est toi
46:32le seul à qui je peux dire
46:34Axel Rey
46:35bien sûr
46:36qui avait cartonné
46:37à l'époque de sa sortie
46:38et cette chanson a eu une histoire
46:38elle était au Canada
46:40elle est allée voir des baleines
46:41il faisait froid
46:42il y avait du soleil
46:42elle a écrit la chanson
46:43en 5 minutes
46:44sans savoir pourquoi
46:45voilà
46:45c'est extraordinaire
46:46et puis il y a une autre activité
46:48que vous avez
46:48il faut en parler
46:49et elle est liée
46:50à cette série
46:57alors là
46:57c'est aussi une autre ouverture
46:59mais non plus du comédien
47:00vous avez débarqué
47:02dans Camping Paradis
47:03je crois comme invité
47:04en 2017
47:05alors oui
47:05j'ai fait un
47:07j'ai tourné
47:08dans un des épisodes
47:09alors pour être très clair
47:10c'est aussi une histoire d'amitié
47:11en fait
47:12Richard Berkovitch
47:13qui est le producteur
47:13de la série
47:14depuis le début
47:15qui travaille dans
47:16le groupe JLA
47:16donc avec Jean-Luc Azoulay
47:17depuis des années
47:19on se connait bien
47:20parce qu'il a toujours
47:22peut-être eu le mauvais goût
47:23de penser que j'étais
47:23un acteur convenable
47:25donc c'est vrai
47:25que quand il
47:26en tant que producteur
47:27il m'a souvent fait tourner
47:28c'est d'ailleurs lui
47:28qui a produit
47:31les téléfilms
47:32avec Mimimati
47:32mais il se trouve que
47:33il m'a souvent proposé
47:35de tourner dans
47:35Camping Paradis
47:36ça ne pouvait pas se faire
47:37pour diverses raisons
47:37et un jour
47:39on arrive à se rencontrer
47:40enfin à se retrouver là-dessus
47:41puisqu'on se connait bien
47:42on s'est jamais perdu de vue
47:43on est amis
47:44et aucun piston
47:45là-derrière
47:46attention
47:46c'est important de le dire
47:48Richard a cette
47:51objectivité
47:51de ne pas faire
47:52de ne pas favoriser
47:53le copinage
47:54c'est qu'il croit
47:55au talent des uns
47:55et des autres
47:55mais bref
47:56je tourne dans
47:56Camping Paradis
47:57c'est super sympa
47:58l'équipe est vachement chouette
47:59l'ambiance est top
48:01tous sont très accueillants
48:03Laurent Ournac
48:04Patrick Guérineau
48:06Candy
48:07toute l'équipe
48:07c'est incroyable
48:08Thierry Ackendorn
48:10Patrick Parou
48:11aussi que lui
48:11j'avais rencontré
48:12à l'époque
48:13un été de canicule
48:14parce qu'il avait fait
48:15il avait tourné
48:16avec moi là-dedans
48:16on se retrouve tous là-dedans
48:17et c'est vraiment sympa
48:18et tous mes copains acteurs
48:19et actrices qui y sont allés
48:20m'ont dit c'est sympa
48:21donc j'y vais
48:21ça se passe très bien
48:22il se trouve que
48:23quelques mois après
48:24je tourne le premier épisode
48:25le premier film avec Mimi
48:27donc c'était à la rentrée
48:29suivante
48:29et donc je croise Richard
48:31sur le tournage
48:31et je lui dis
48:32tu sais Richard
48:32j'écris
48:33parce que j'avais écrit
48:33notamment sur nos chers voisins
48:35et j'étais déjà scénariste
48:36je lui dis
48:36tu ne chercherais pas
48:36des auteurs sur Camping
48:38et il me dit
48:39si bien sûr
48:39mais tu sais
48:40c'est très dur à écrire
48:41ce qui est vrai
48:42et je dis ok
48:43essayons
48:43tentons le coup
48:44et alors
48:45ça ne veut pas dire
48:45que si on y arrive
48:46on est plus doué que les autres
48:47ça veut dire
48:47qu'on arrive à se mettre
48:48dans les pas
48:49de ceux qui y arrivent
48:51et c'est un peu particulier
48:52il y a des auteurs
48:53de très grande qualité
48:54des auteurs chevronnés
48:55qui n'arrivent pas
48:55à écrire Camping
48:56pour diverses raisons
48:56c'est une grammaire particulière
48:57mais bref
48:58et donc
48:59il me propose
49:00d'essayer
49:01j'essaye
49:01ça fonctionne plutôt pas mal
49:02et il se trouve que
49:04parce que
49:05je suis quand même
49:06un peu acteur
49:06et que je peux me déconcentrer
49:07facilement
49:09quand je suis
49:10j'écris chez moi
49:11à Paris
49:11et que je n'y arrive pas
49:11un copain passe
49:12on va boire un café
49:13on va se balader un peu
49:13je lui dis
49:14écoute Richard
49:15tu n'aurais pas un bureau
49:15à me prêter
49:16à la plaine Saint-Denis
49:16à la prod
49:17parce qu'au moins là
49:18près du stade de France
49:19à part quand il y a des matchs
49:20ou des concerts
49:20on ne se déconcentre pas
49:21et donc j'écris dans les bureaux
49:24et ça se passe bien
49:25donc j'écris un épisode
49:26puis un deuxième
49:26puis un troisième
49:26et il se trouve que
49:27comme j'étais sur place
49:29en train d'écrire
49:30et qu'on échangeait surtout
49:31un jour il m'a aussi demandé
49:32si je ne voulais pas rejoindre
49:33la production de la série
49:35et depuis
49:36j'écris des épisodes
49:37alors pas tous
49:41donc il y a des auteurs
49:42qui nous rejoignent
49:43et des auteurs
49:43qui sont chevronnés
49:44qui en écrivent au fur et à mesure
49:45mais maintenant
49:46je produis aussi la série
49:47avec lui
49:47et on a d'autres projets ensemble
49:49on développe d'autres projets
49:50notamment on a produit
49:51une mini-série
49:51qui s'appelle
49:52Un soupçon
49:53avec Odile Villemin
49:54pour France Télévisions
49:55là on vient d'en finir une
49:56qui s'appelle
49:57La mère et l'assassin
49:57qui devrait être diffusée
50:00dans l'année
50:00et on a d'autres projets
50:02en développement
50:02donc c'est plutôt chouette
50:03il y a monsieur Parizeau aussi
50:05ah oui on a fait le spin-off
50:06bien sûr
50:06on a produit le spin-off
50:07de Camping
50:11monsieur Parizeau
50:12qui mène des enquêtes
50:13une espèce de murder mystery
50:14et c'est vrai que
50:16c'est très chouette
50:17de pouvoir tout faire en fait
50:19jouer la comédie
50:20écrire, produire
50:21et tout ça se nourrit
50:22et tout ça permet
50:24d'avoir une approche
50:24différente de chaque métier
50:25Oui mais l'écriture
50:26c'est très différent de la comédie
50:27Ah oui
50:28et ça c'est un métier
50:29que vous découvrez
50:29Alors oui
50:30j'ai commencé
50:31donc comme je vous dis
50:32j'ai toujours écrit
50:32mais j'étais peut-être
50:33plus public quand j'étais plus jeune
50:34et puis après
50:35c'est sur nos chers voisins
50:36que j'ai commencé à écrire
50:36et à voir
50:37à voir
50:38donc à plus loin voir
50:40en images
50:41et prendre vie
50:42des choses que j'avais écrites
50:43et là
50:44c'est une fierté hallucinante
50:46de voir des gens
50:47interpréter des choses
50:47dire vos mots
50:48et vivre ce que vous avez écrit
50:51et imaginer sur le papier
50:52le voir en situation
50:54c'est incroyable
50:54et donc j'avais commencé là-dessus
50:55et après effectivement
50:56c'est sur camping
50:57que j'ai repris
50:58mais c'est un métier
50:59qui est extrêmement difficile
51:02qui est très
51:03alors attention
51:05des métiers difficiles
51:06il y en a des tonnes
51:06je ne suis pas en train de vous dire
51:07que c'est la mine
51:08et que c'est le métier le plus dur
51:09mais c'est compliqué
51:09on est seul face à son ordinateur
51:11et il faut qu'on aille
51:12à sortir les choses
51:13que ça tombe juste
51:14que ça soit tournable
51:16interprétable
51:16donc c'est un métier
51:20de travail
51:21de besogne
51:22de besogneux
51:22ça ne m'étonne pas
51:23que vous êtes un besogneux
51:24et actif jusqu'au bout
51:26alors ça c'est le côté seul
51:27mais le côté avec public
51:28et comédien
51:29c'est les mardis et mercredis
51:31jusqu'au 20 mai
51:31au Théâtre de l'œuvre
51:32avec Parce que c'est toi
51:33et surtout à Avignon
51:35du 4 au 25 juillet
51:36au Théâtre du Roi
51:37Tout à fait
51:37et là ça fait du bien
51:38il y a du monde autour
51:39donc c'est quand même agréable
51:40On aura du monde aussi
51:41qui nous écoutera
51:41sur Sud Radio
51:42où cette émission sera rediffusée
51:44pour l'été
51:44Génial, merci beaucoup
51:45merci de m'avoir reçu
51:46Merci beaucoup Mathieu Delarive
51:47et continuez ainsi
51:48et embrassez votre mère pour nous
51:50Merci, à très bientôt
51:51C'est terminé pour aujourd'hui
51:52on se retrouve bientôt
51:53restez fidèles
51:54à l'écoute de Sud Radio
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