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(Sixième et dernier épisode) Dans une série exceptionnelle en six épisodes, Crime story revient sur l’une des affaires les plus énigmatiques de ces vingt dernières années : un quadruple meurtre incompréhensible en Haute-Savoie. Huit ans après cette fusillade sur un parking montagneux des hauteurs de Chevaline en Haute-Savoie, les enquêteurs n’ont toujours pas identifié le tireur. Pourtant, ils ont longuement fouillé le passé des victimes. Les vies de Saad et Iqbal Al-Hilli, de la mère de cette dernière, Suhaila Al Allaf, et du cycliste Sylvain Mollier ont été passées au crible. Mais d’après ces enquêtes, rien n’explique le massacre perpétré le mercredi 5 septembre 2012. En septembre 2022, l’affaire est confiée au nouveau pôle des crimes sériels ou non élucidés, rattaché au tribunal de Nanterre… Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo, Thibault Lambert, Clara-Garnier Amouroux, Clémentine Spiler, Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Théo Albaric - Musiques : Audio Network.
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NewsTranscription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Avec Damien Delsenis, chef du service police-justice, nous vous racontons aujourd'hui une affaire criminelle en 6 épisodes.
00:15La tuerie de Chevaline.
00:17C'est un promeneur à vélo qui a fait la macabre découverte vers 15h50 cet après-midi.
00:22Une fusillade au fond d'une vallée de Haute-Savoie, 4 morts pour un massacre commis en plein jour, presque
00:28sans témoins.
00:30Et le début d'une longue enquête, aux multiples pistes.
00:33Les victimes ont été découvertes sur les hauteurs du lac d'Annecy.
00:36Bienvenue dans notre série, les fantômes de Chevaline.
00:57Sixième et dernier épisode.
01:00Huit ans après la fusillade qui a fait quatre morts sur un parking montagneux des hauteurs de Chevaline en Haute
01:06-Savoie,
01:06les enquêteurs n'ont toujours pas identifié le tireur.
01:10Pourtant, ils ont longuement fouillé le passé des victimes.
01:13Les vies de Saad et Iqbal Alili, de la mère de cette dernière, Swahila Alalaf,
01:19et du cycliste Sylvain Mollier ont été passées au crible.
01:23Mais d'après ces enquêtes, rien n'explique le massacre perpétré le mercredi 5 septembre 2012.
01:32Deux jours après la tuerie, le vendredi 7 décembre 2012,
01:36la haute cour des affaires familiales en Angleterre a décidé du placement de Zainab et Zina en famille d'accueil.
01:43Compte tenu des hypothèses immobiles envisagées à l'époque par les gendarmes,
01:47pour qui la cible est télée à Lili,
01:49on considère que le danger pour les fillettes est élevé.
01:53Le tueur pourrait décider de finir sa sale besogne
01:56et tenter de retrouver les deux survivantes pour les tuer.
01:59Une opération baptisée Enos est mise en place dans le plus grand secret.
02:04Les lieux où sont envoyées les petites filles ne sont pas communiquées
02:08et elles sont 24 heures sur 24 sous la surveillance de policiers armés.
02:13En mai 2013, neuf mois après la tuerie,
02:16la direction que prend l'enquête laisse penser que finalement,
02:18aucune menace particulière ne pèse sur les fillettes.
02:22Zainab et Zina cessent de vivre sous protection policière.
02:26Quelques mois plus tard, en novembre 2013,
02:29les fillettes sont enfin réunies sous le même toit,
02:32un peu plus d'un an après la mort de leurs parents.
02:35Comme nous l'avons déjà raconté dans les précédents épisodes,
02:38leur garde est confiée à la sœur d'Igbal,
02:40qui a déjà une fille de l'âge de Zainab.
02:43À l'issue des auditions des deux petites filles,
02:46réalisées au mois de juin 2013,
02:48les enquêteurs ont remis à chacune d'entre elles un carnet
02:51pour qu'elles y notent n'importe quel souvenir de la tuerie
02:53qui pourrait leur revenir en mémoire au fil des années.
02:57Et si certaines réminiscences semblent intéressantes,
03:00elles pourraient solliciter les enquêteurs.
03:04C'est ce qui se passe en 2020,
03:06près de 8 ans après la tuerie.
03:09Le mercredi 1er avril,
03:11Zainab, désormais âgée de 15 ans,
03:13se confie à sa tante.
03:14Elle a eu un flashback dont elle aimerait parler.
03:19Quelques jours après la tuerie,
03:20Zainab racontait avoir fait des allées et venues en courant,
03:23à côté de la voiture,
03:24pendant que ses parents lui criaient de remonter avec eux.
03:27Puis elle s'était réveillée hospitalisée
03:29et gravement blessée.
03:31C'est tout ce qu'elle avait pu déclarer.
03:34Ce dont elle se rappelle maintenant,
03:35plus de 7 ans après les assassinats,
03:38c'est d'avoir été attrapée par derrière,
03:40par quelqu'un de carrure moyenne.
03:43Elle a vu ses mains
03:44et elle se souvient que les ongles étaient rongés.
03:48Au cours d'une nouvelle audition,
03:50en juin 2021,
03:52l'adolescente de 16 ans désormais
03:53raconte le début de la promenade familiale en voiture
03:56et l'arrivée au parking du Martinet
03:58sur les hauteurs de chevalines.
04:00Quand la fusillade éclate,
04:02Zainab entend Saad, son père,
04:04et Iqbal, sa mère,
04:05lui ordonner de rentrer immédiatement dans la voiture.
04:08Mais elle n'en a pas le temps.
04:11C'est alors que,
04:12dans son souvenir,
04:13un homme l'en serre par l'arrière.
04:16Elle pense d'abord qu'il s'agit de son père,
04:18mais elle remarque la peau blanche de son agresseur
04:20et comprend que ça ne peut pas être Saad Alili.
04:23La petite fille se débat,
04:25mais ne réussit pas à se défaire de l'étreinte.
04:28Selon elle,
04:29le tueur portait un pantalon et un blouson en cuir.
04:32Frappée violemment à la tête
04:33par des coups de crosse,
04:35touchée par une balle à l'épaule,
04:37elle s'effondre,
04:38inconsciente,
04:39mais vivante.
04:43Damien,
04:44Zina,
04:45la plus jeune fille
04:45qui avait 4 ans au moment des faits
04:48et en a désormais 12,
04:49a elle aussi un élément à ajouter.
04:51Elle ne se souvient pas d'abord de ce qu'elle a dit
04:54lors de ses précédentes auditions.
04:55Elle était beaucoup plus petite.
04:57Et elle ne sait pas si ce qu'elle va dire,
04:59ce qu'elle veut dire,
05:00est réellement un souvenir
05:01ou si c'est quelque chose qu'elle a inventé
05:04pour mettre un visage sur l'auteur des faits.
05:07Mais elle évoque, elle, de son côté,
05:08un homme blanc de type européen.
05:11Elle le décrit chauve,
05:13avec des yeux bleus
05:14et ayant entre la fin de la quarantaine
05:16et une cinquantaine d'années.
05:18Elle ajoute que selon elle,
05:20il était mal rasé.
05:21Elle se souvient de poils blancs sur le visage.
05:23Le visage, il est rond.
05:24Et cet homme,
05:25il porterait un jean foncé
05:27et une veste en cuir.
05:29Comment est-ce qu'elle explique pouvoir,
05:31autant d'années après,
05:32donner une description physique
05:33si précise de son agresseur ?
05:35Elle est elle-même très précautionneuse à ce sujet.
05:39Elle dit qu'elle aurait pu voir cet homme
05:41en regardant par la fenêtre de la voiture,
05:43mais elle avoue qu'elle n'en est pas sûre.
05:45Et elle insiste sur le fait
05:46qu'elle ne veut pas causer d'ennuis
05:48à quelqu'un qui n'aurait rien à voir avec l'affaire
05:50et qui correspondrait à ce signalement.
05:53Alors, des psychiatres qui sont experts
05:54en mémoire traumatique et en victimologie
05:57expliquent que le temps qui passe
05:59peut être un levier
06:00qui peut permettre à la mémoire
06:02de retrouver des éléments précis.
06:05Donc, ça n'est pas complètement absurde
06:07de penser que peut-être,
06:08même des années après,
06:10une des deux survivantes
06:11pourrait avoir des éléments
06:12intéressants à fournir.
06:14Mais chez les enfants,
06:15le processus de survie
06:16et de dissociation traumatique
06:18peut être très important.
06:19Oui, et il est surtout encore plus fragile
06:21que chez les adultes.
06:23En clair, une audition,
06:24ça peut déstabiliser un enfant
06:26au point de le replonger
06:28dans un événement
06:29et dans l'effroi qu'il a vécu
06:30à l'occasion de cet événement.
06:32Le cerveau peut en quelque sorte
06:33disjoncter.
06:34Donc, il faut faire très attention.
06:36Et si c'est évidemment important
06:37de trouver qui est l'auteur
06:40de cette tuerie,
06:40que tous les éléments
06:41sont à prendre en compte,
06:42c'est aussi important
06:44de permettre à ces deux jeunes filles
06:46de continuer à grandir
06:47et de construire leur vie
06:49du mieux possible
06:50sans les faire replonger
06:52à intervalles réguliers
06:53dans ce traumatisme énorme
06:55qui est la perte aussi violente
06:57de leurs parents.
06:58Extorquer une audition
06:59en créant un traumatisme nouveau
07:01n'aurait aucun sens
07:02et c'est un peu
07:03sur cette ligne de crête
07:04que les enquêteurs évoluent.
07:13Malgré la bonne volonté
07:14de Zainab et Zina,
07:16ces nouvelles auditions
07:16ne permettent pas
07:17de remonter la piste du tueur.
07:20Quand les petites filles
07:21sont entendues,
07:22près de 9 ans après les faits,
07:24Eric Maillot
07:24n'est plus procureur à Annecy.
07:27En 2016,
07:28Véronique de Nizot
07:29a pris sa suite.
07:30Elle est restée 5 ans
07:31avant d'être remplacée
07:33à son tour
07:33par Lisbonnet-Mathis.
07:35En prenant son poste,
07:37Véronique de Nizot
07:38avait bien sûr
07:39déjà l'affaire Chevaline en tête.
07:41Le dossier fait alors
07:42plus de 70 tomes
07:43et il est conservé
07:44dans une pièce dédiée.
07:46Une présentation lui est faite
07:47par la section de recherche
07:48puis,
07:49dans des conditions similaires
07:50à celles de la journée
07:51du mercredi 5 septembre 2012,
07:53Véronique de Nizot
07:54est invitée à faire le trajet
07:55jusqu'au parking du Martinet
07:57en passant par la Combedire.
08:00Elle est frappée par le fait que,
08:02contrairement à ce qu'elle avait imaginé,
08:04la route de la Combedire
08:05est loin d'être isolée.
08:06Elle est même très fréquentée
08:08à cette période de l'année.
08:12Pendant un week-end entier,
08:13Véronique de Nizot
08:14s'enferme
08:15avec le dossier Chevaline
08:16et lit toute la première partie.
08:18la découverte des faits,
08:20les constatations,
08:21les premières investigations.
08:23On sait que,
08:24dans beaucoup de dossiers,
08:25la réussite d'une enquête
08:26se joue dans les premières heures.
08:28Puis,
08:29la procureure lit la synthèse
08:30de chacune des pistes
08:31qui avaient été ouvertes
08:32et refermées.
08:34Elle a cette inquiétude
08:35que le temps joue
08:36contre les enquêteurs
08:37et que,
08:38plus le temps passe,
08:40plus les éventuelles personnes
08:41qui ont des choses à dire
08:42seront moins inclines
08:43à le faire.
08:45Véronique de Nizot
08:46diligente à son tour
08:47des dizaines d'actes d'enquête.
08:49Une cellule d'investigation
08:50est maintenue
08:50et des vérifications
08:52continuent d'être menées
08:53en France
08:54et en Suisse,
08:55le pays d'où vient
08:56l'arme du crime.
08:59D'autres pistes sont ouvertes.
09:01Celles de Nordal-Lelandais,
09:02par exemple.
09:04En août 2017,
09:05la France est bouleversée
09:06par la disparition
09:07en pleine fête de mariage
09:08d'une petite fille
09:09de 8 ans,
09:10Maëlys Déarrojot.
09:12Quelques semaines plus tard,
09:13le pays découvre Médusée,
09:15le nom et le visage
09:17de son bourreau.
09:19Le corps de la petite fille
09:20sera retrouvé bien plus tard.
09:22L'enquête permet de déterminer
09:24que quelques mois
09:24avant de s'en prendre
09:25à Maëlys,
09:26Nordal-Lelandais
09:27a aussi tué
09:28un militaire de 23 ans,
09:30Arthur Noyer.
09:32Et si ce caporal
09:33n'était pas sa première victime ?
09:36Si Nordal-Lelandais
09:37s'était initié au meurtre
09:38avec la famille Alili
09:40et Sylvain Mollier ?
09:41La piste est étudiée,
09:43puis refermée.
09:49En juillet 2020,
09:51les enquêteurs français
09:51reçoivent un rapport anglais
09:53établi par une psychologue
09:54clinicienne médico-légale.
09:57Elle y dresse un portrait
09:58psychologique
09:59de l'auteur des faits.
10:01Selon ce rapport,
10:02le tueur de Chevaline
10:03est vraisemblablement
10:04un homme
10:05âgé de 30 à 40 ans
10:06au moment des faits,
10:07il est au chômage
10:08ou occupe un emploi précaire,
10:10il vivrait plutôt seul,
10:12aurait déjà commis des délits
10:13et serait coutumier
10:15de l'échec.
10:21Damien,
10:22ce rapport est extrêmement précis.
10:23Oui, il est écrit par exemple
10:25qu'on vient de le dire,
10:27l'auteur selon
10:28cette expertise
10:28il vivrait plutôt seul,
10:29mais en tout cas,
10:30s'il vit en couple,
10:31l'expert estime
10:32qu'il doit rencontrer
10:33des problèmes
10:34imposant l'intervention
10:35de tiers,
10:36c'est-à-dire gendarmerie
10:37ou police,
10:37c'est-à-dire qu'il est
10:38violent avec sa compagne
10:40ou qu'il a même eu
10:41un suivi psy
10:42depuis son jeune âge
10:43et qu'il a potentiellement
10:44continué ce suivi
10:45en tant qu'adulte
10:46et qu'il y a un trouble
10:48de la personnalité
10:48chez cet homme.
10:50Cet expert ajoute
10:50qu'en tant que mineur,
10:51il a même pu être victime
10:53d'abus,
10:53d'abus sexuels,
10:54de mauvais traitements,
10:55de violences
10:56ou d'une parentalité
10:58mauvaise ou toxique.
10:59L'expertise évoque enfin
11:01la possibilité
11:02que le tueur ait subi
11:03dans son enfance
11:04un choc à la tête.
11:05On y lit aussi
11:06qu'il peut s'agir
11:07d'un ancien militaire.
11:08Avec une probabilité
11:09estimée à 50%
11:11ou en tout cas
11:12d'une personne
11:13ayant un attrait
11:14pour les armes,
11:15c'est-à-dire
11:15un collectionneur,
11:16un chasseur
11:16ou quelqu'un
11:17qui pratique le tir
11:18en club sportif.
11:20Enfin,
11:21toujours selon ce rapport,
11:22il est probable
11:23que l'auteur
11:24ait gardé avec lui
11:25l'arme utilisée
11:26à chevaline
11:27qu'il aurait ensuite
11:28essayé de réparer
11:30puisqu'on sait
11:30que cet arme
11:31s'est probablement
11:31enrayé le jour des faits.
11:33Comment est-ce qu'on peut
11:33donner des éléments
11:34aussi précis
11:35sur l'auteur
11:36d'un crime
11:37justement pas identifié ?
11:39Alors,
11:39c'est vraiment
11:39un rapport à prendre
11:40avec beaucoup,
11:42beaucoup de précautions.
11:43C'est un rapport
11:44qui d'abord est fait
11:45par quelqu'un
11:45qui non seulement
11:46évidemment
11:46ne connaît pas
11:47le profil exact,
11:49ne peut qu'imaginer
11:50le profil exact
11:50de l'auteur
11:51qui travaille sur pièce,
11:52qui n'a pas forcément
11:53été sur la scène de crime,
11:55qui n'a pas forcément
11:56accès à tous les éléments
11:58précis du dossier.
11:59Donc,
11:59il y a beaucoup
12:00d'interprétations,
12:01il y a aussi
12:02beaucoup d'évidence
12:03de dire que cette personne
12:05peut être un peu dérangée,
12:06on s'en doutait un peu,
12:07de dire que
12:07c'est quelqu'un
12:08qui pratique le tir,
12:09on s'en doutait aussi
12:10un peu aussi.
12:11Donc,
12:11quelque part,
12:12ce n'est pas non plus
12:12un rapport
12:13qui va donner
12:14un portrait robot
12:15très précis,
12:16très fidèle
12:16et surtout
12:17très sûr
12:18de l'auteur des faits.
12:23Quand Véronique de Niso
12:24laisse finalement sa place,
12:26en septembre 2021,
12:27le dossier de Chevaline
12:29compte 95 tomes.
12:31Désormais en poste
12:32sur l'île de la Réunion,
12:33elle a accepté
12:34de nous parler
12:34de cette affaire
12:35par téléphone.
12:36Moi,
12:37très rapidement,
12:38quand je me suis fait
12:39mon opinion
12:40sur le dossier,
12:41ça m'a pris quand même
12:41un peu de temps,
12:43j'ai été sur l'idée
12:45qu'on était
12:48sur le crime
12:48d'un mise en cause
12:49unique,
12:51sans raison particulière,
12:54avec le fait
12:54que Sylvain Molière
12:56il y a eu
12:56le premier,
12:57puis les aides
12:57à lui
12:57il y a eu
12:58le second
12:58sur les yeux,
13:00se sont trouvés
13:01ensemble
13:01de manière fortuite
13:03au mauvais endroit,
13:05au mauvais moment,
13:05qu'ils y vont
13:06vu quelque chose
13:07ou aperçu
13:08peut-être quelque chose
13:10ou qu'ils ont dérangé
13:11quelqu'un
13:12qui faisait quelque chose
13:13et que ce quelqu'un
13:14s'a tué.
13:19Le mercredi 1er septembre,
13:21Lisbonnet-Mathis
13:22prend ses fonctions
13:22de procureure d'Annecy
13:23et remplace
13:25Véronique Denizot.
13:26Elle déclare alors
13:27à la presse
13:28que pour elle,
13:29l'affaire Chevaline
13:30n'est pas du tout
13:30un cold case
13:31et qu'elle
13:32et ses équipes
13:33aboutiront
13:34grâce aux preuves
13:35scientifiques.
13:37Le mercredi
13:3813 janvier 2022,
13:40on apprend
13:40qu'une garde à vue
13:41dans le cadre
13:42de cette affaire
13:42est en cours.
13:45Un homme a été arrêté.
13:47Il s'agit de Pierre,
13:48le motard
13:49que les enquêteurs
13:50avaient mis
13:50près de trois ans
13:51à identifier,
13:52comme nous le racontions
13:53dans l'épisode 5
13:54de ce podcast.
13:56Selon la procureure,
13:57l'objectif est de procéder
13:58à des vérifications
13:59d'emploi du temps.
14:01Quelques mois plus tôt,
14:02une importante opération
14:04des gendarmes
14:04s'est déroulée
14:05sur la scène de crime.
14:06Comme en 2012,
14:08les habitants
14:08des villages
14:09de Chevaline
14:09et Doucard
14:10avaient vu
14:10les gendarmes
14:11arriver en ombre
14:12et boucler le périmètre
14:13de la route
14:13de la Combedire
14:14et du parking
14:15du Martinet.
14:16Pour les enquêteurs
14:17et la nouvelle juge
14:18d'instruction
14:19en charge du dossier,
14:20il s'agissait alors
14:21de refaire
14:21le parcours du tueur
14:22et de le chronométrer.
14:25Les gardes forestiers,
14:26témoins des faits,
14:27avaient été emmenés
14:28sur place
14:28par les gendarmes.
14:29Le motard
14:30avait,
14:31lui aussi,
14:32été conduit
14:32à Chevaline.
14:35C'est là
14:35que les incohérences
14:36étaient apparues
14:37dans son emploi du temps.
14:39Les enquêteurs
14:40ont toujours eu
14:41des doutes
14:41sur ce motard.
14:42Depuis le début
14:43de l'affaire,
14:44ils sont très intrigués
14:45par le comportement
14:46général de ce témoin
14:47qui ne s'était
14:48jamais manifesté.
14:49Il se pose aussi
14:50des questions
14:51sur son attitude
14:52le jour J.
14:53Est-il possible
14:54qu'il ait vu
14:55la scène de crime
14:55et l'ait simplement
14:56traversé sans s'arrêter
14:58comme le pense
14:58William Brett Martin,
15:00le cycliste anglais
15:01et premier
15:01à être officiellement
15:03arrivé sur les lieux ?
15:04Ou alors est-il
15:05carrément le tueur ?
15:07Cette dernière hypothèse
15:08est tentante
15:09mais les gendarmes
15:10n'ont jamais trouvé
15:11de mobile
15:11reliant Pierre le motard
15:13à la famille Alili
15:14ou à Sylvain Mollier.
15:16Et c'est ce qu'ils cherchent.
15:18Ils mettent sur la table
15:19l'hypothèse d'une vengeance,
15:21d'un mobile d'ordre financier
15:22ou amoureux
15:23et également celle
15:25d'un mobile idéologique,
15:26raciste ou religieux.
15:28Mais ils sont très prudents.
15:30D'autant qu'ils ont tous
15:31en tête
15:31le suicide
15:32de Patrice Ménégaldo
15:33qui avait été placé
15:35en garde à vue
15:35en 2014
15:36sans qu'aucune suite
15:37judiciaire
15:38ne soit donnée.
15:43Damien,
15:44l'avocat du motard,
15:45dénonce
15:46cette garde à vue.
15:47Oui,
15:47il estime que son client
15:48a toujours coopéré.
15:49Il ajoute
15:50qu'il nage
15:51en plein cauchemar.
15:52On semble être
15:53dans une possible
15:54fabrique d'un coupable,
15:55dit-il,
15:55avec le spectre
15:56de l'erreur judiciaire.
15:58Même si,
15:59l'ajoute l'avocat,
16:00je ne veux pas imaginer
16:01que le juge d'instruction
16:03prenne une décision
16:04aussi grave à la légère
16:05et sans éléments nouveaux.
16:07Et il regrette,
16:08cela semble pourtant
16:09être le cas.
16:10La garde à vue du suspect
16:12est prolongée
16:12dans la soirée.
16:13En réalité,
16:14si on s'intéresse
16:14tant à ce motard
16:16autant d'années après
16:17alors qu'il a déjà
16:18été entendu
16:18en tant que témoin,
16:19c'est toujours quand même
16:21à cause du témoignage
16:22de William Brett Martin,
16:24le cycliste anglais,
16:25celui qui a découvert
16:26les cadavres,
16:27découvert la scène de crime
16:28et qui a toujours raconté
16:30qu'il avait croisé
16:31ce motard
16:32et qu'il avait vu
16:33la petite fille blessée
16:34tomber à terre
16:35dans la foule.
16:36Et cela veut dire
16:36que selon le témoignage
16:38de Brett Martin,
16:38le motard,
16:39il est passé
16:40juste à côté
16:41de la tuerie
16:42ou alors
16:43c'est même lui
16:44l'auteur de cette tuerie.
16:45C'est la raison
16:46pour laquelle
16:46depuis le début
16:47de cette enquête
16:48le motard
16:49est si suspect.
16:50Mais tous ces témoignages,
16:51y compris celui
16:51de William Brett Martin,
16:53sont tous
16:54d'une fiabilité relative
16:55et les estimations horaires
16:57notamment contiennent
16:58des marges d'erreur
16:59qui, mises bout à bout,
17:01peuvent créer
17:02des décalages
17:02de plusieurs minutes
17:03et plusieurs minutes
17:04c'est important
17:05dans un cas comme celui-là
17:06alors qu'on sait
17:07que les faits, eux,
17:08ont été commis
17:08en moins de trois minutes.
17:10En fait,
17:10après toutes ces vérifications,
17:12toutes ces auditions,
17:13il semble que
17:14depuis le début,
17:15William Brett Martin
17:16se trompe sur l'horaire
17:18et que le motard
17:19est passé avant
17:20que la fusillade
17:21n'éclate sur le parking
17:22du Martinet.
17:22Il n'a donc été témoin
17:24de rien
17:24et en tout cas
17:25pas de la tuerie.
17:26La procureure parle
17:27à la presse
17:28de preuves scientifiques.
17:29A quoi fait-elle référence
17:30exactement ?
17:31Une série, en fait,
17:32de traces
17:33qui ont été prélevées
17:34à l'époque,
17:34des ADN
17:35qui ont été prélevés
17:36à la fois sur la voiture,
17:37dans la voiture
17:38ou aux alentours
17:39de la scène de crime,
17:40des ADN
17:41qui restent inconnus,
17:42c'est-à-dire
17:43qu'ils n'ont pas
17:44matché dans le fichier.
17:45On le rappelle,
17:46il y a un fichier national
17:47des empreintes génétiques
17:48en France.
17:48Quand on prélève
17:49un ADN,
17:50on le fait tourner
17:51quelque part
17:52dans ce fichier
17:53et s'il y a un ADN
17:54qui correspond,
17:55ça matche,
17:56comme on dit,
17:56donc on peut identifier
17:57à qui appartient
17:58cet ADN.
17:59Les ADN
17:59qui ont été prélevés
18:01sur la scène de crime
18:01de Chevaline,
18:02il y en a certains,
18:03on ne sait pas
18:04à qui elles appartiennent,
18:05donc on ne peut pas
18:05les identifier.
18:11Après de multiples investigations,
18:13les gendarmes
18:13arrivent à la conclusion
18:14que l'entrepreneur lyonnais
18:16n'a aucun lien,
18:17même ténu,
18:18avec l'une
18:19ou l'autre des victimes.
18:21Malheureusement,
18:22je n'ai rien de neuf,
18:23glisse-t-il
18:23sur le procès verbal
18:24de son audition.
18:26J'aimerais que vous trouviez
18:27le coupable
18:27pour arrêter de me stresser
18:29tous les 4 ou 5 ans.
18:30Après 38 heures
18:31de garde à vue,
18:32Pierre est relâché
18:33sans qu'aucune charge
18:34ne soit retenue contre lui.
18:36« Les explications données
18:38et les vérifications opérées
18:39ont permis d'écarter
18:40son éventuelle participation
18:41aux faits »,
18:42tranche la procureure.
18:44« Tant que l'affaire
18:44de Chevaline
18:45ne sera pas résolue,
18:46il continuera à vivre
18:47dans l'angoisse »,
18:48observe de son côté
18:49son avocat.
18:51Mais il est hors de cause
18:52et 9 ans et demi
18:53après les faits,
18:54cette piste du motard,
18:56à laquelle les enquêteurs
18:57s'étaient longtemps accrochés,
18:58est définitivement clôturée.
19:02Par hasard,
19:03le jour même du placement
19:04en garde à vue du motard,
19:05le ministère de la Justice
19:06annonce la création
19:08d'un pôle dédié
19:08au cold case.
19:10Rattachés au tribunal
19:11de Nanterre,
19:12les magistrats
19:12qui y travailleront
19:13seront chargés
19:13de plancher
19:14sur des crimes sériels
19:15ou non élucidés.
19:17Une première en France.
19:19À sa tête,
19:20une magistrate de renom,
19:21Sabine Kéry,
19:2256 ans à l'époque,
19:23est décrite
19:24comme l'une des meilleures.
19:25Elle s'est illustrée
19:26en diligentant
19:27avec succès
19:28des enquêtes difficiles.
19:30Récemment encore,
19:31c'est elle qui a fait avouer
19:32à Michel Fourniré
19:33le meurtre
19:34de la petite Estelle Mouzain
19:35disparu en janvier 2003
19:36en Seine-et-Marne
19:37à Guermante,
19:3817 ans plus tôt.
19:40C'est dans ce contexte
19:42que Lisbonne et Mathis,
19:43la procureure d'Annecy,
19:44demandent en juillet 2022
19:46le dessaisissement
19:47des juges d'instruction
19:48d'Annecy
19:48au profit du pôle
19:50dédié au traitement
19:50des crimes sériels
19:51ou non élucidés.
19:53Le temps joue
19:54contre l'enquête
19:54et la procureure
19:55espère que l'affaire
19:56de la tuerie de Chevaline
19:57pourra ainsi bénéficier
19:59davantage de moyens.
20:01Quelques semaines plus tard,
20:02au mois de septembre,
20:04les 95 tomes
20:05qui composent
20:05le dossier de la tuerie
20:06arrivent à Nanterre.
20:08En février 2023,
20:10après en avoir pris connaissance,
20:11Sabine Kéris
20:12demande officiellement
20:13que toute procédure
20:14où apparaît en France
20:15un pistolet P06
20:17tirant du 765 Parabellum
20:19lui soit signalé.
20:25Damien,
20:25la tuerie de Chevaline
20:26est le premier dossier
20:27du pôle
20:28à bénéficier
20:29des expertises
20:29conjointes
20:30de Sabine Kéris,
20:31Nathalie Turquet
20:32et Emmanuel Ducos.
20:33Oui, c'est le principe
20:34de ce pôle,
20:35c'est de pouvoir saisir
20:36beaucoup de juges
20:37à la fois
20:37et là,
20:38les trois juges du pôle
20:39en réalité vont être saisis
20:40du dossier Chevaline.
20:41Alors on l'a dit,
20:41des juges aguerris.
20:43Sabine Kéris,
20:44elle a permis
20:44de déverrouiller
20:45Michel Fourniret
20:46et son ex-femme
20:47et complice Monique Olivier.
20:48Nathalie Turquet,
20:49elle,
20:50elle a de son choix
20:50de son côté
20:50démarrer sa carrière
20:51à l'instruction
20:52dans l'affaire
20:53Cantat-Trintignant
20:54au début des années 2000.
20:56Puis surtout,
20:57elle a été la juge
20:57qui a permis
20:58d'identifier le grêlé,
21:00ce tueur en série
21:01qui a sévi à Paris
21:02et en région parisienne
21:03dans les années 80 et 90
21:05et qui semblait
21:06tout à fait insaisissable
21:07à l'époque.
21:09Au printemps 2023,
21:11les enquêteurs
21:11du pôle
21:12des crimes sériels
21:13ou non-élucidés
21:13de Nanterre
21:14entendent un expert.
21:15Dans le domaine
21:16du tir
21:17et de la tactique
21:18au sein de l'armée de terre,
21:20il va dire
21:21que selon lui,
21:22l'auteur de la tuerie
21:23de chevaline
21:23a forcément été formé
21:25à des techniques
21:26réservées
21:26à une frange
21:27très restreinte
21:28de tireurs professionnels.
21:30Selon un rapport inédit
21:31dont le Parisien
21:32a pris connaissance,
21:33ce consultant
21:33de premier plan,
21:34par ailleurs
21:35expert judiciaire
21:36en technique
21:37des armes
21:37et des munitions,
21:39estime d'abord
21:39que le type
21:40d'arme utilisée
21:41ne correspond pas du tout
21:43au profil
21:43d'un tueur à gage.
21:44Dans ce cas,
21:45l'auteur des faits
21:46aurait choisi
21:46une arme
21:47bien plus fiable
21:48qu'un Luger P06.
21:49Oui, parce que
21:50ce Luger,
21:50c'est un modèle
21:51qui date,
21:51on l'a dit,
21:52de l'après-guerre
21:53et qui peut
21:54régulièrement
21:55dysfonctionner.
21:55De plus,
21:56l'enquête des gendarmes
21:57de la section de recherche
21:58de Chambéry
21:59laisse à penser
22:00que personne ne pouvait
22:01prévoir,
22:02on l'a dit déjà,
22:03que les victimes
22:03allaient passer par là.
22:04Ni les Halili,
22:05qui étaient en vacances
22:06dans la région
22:06et qui se sont,
22:07semble-t-il,
22:08égarés
22:08en se promenant
22:09dans le massif des Bauches
22:10sans but précis,
22:12ni le cycliste
22:13Sylvain Mollier
22:13qui empruntait
22:14cette route
22:14pour la première fois
22:16sans suivre
22:16un parcours préétabli.
22:22Le jeudi 17 octobre 2024,
22:2412 ans après les faits,
22:26Sabine Kéris
22:27donne rendez-vous
22:27au gendarme
22:28de la section de recherche
22:29de Chambéry
22:29sur une base
22:30de la gendarmerie
22:31de l'Essonne.
22:32C'est ici
22:32qu'elle souhaite effectuer
22:33une remise
22:34en situation technique.
22:35Cela consiste
22:37à reconstituer
22:37la chronologie
22:38des différentes phases
22:39qui enveloppe
22:39la scène de crime.
22:41Pour rappel,
22:42dans un laps de temps
22:43compris entre 60
22:44et 90 secondes,
22:46l'auteur des faits
22:47a tiré une série
22:48de 21 coups de feu
22:49avec un pistolet
22:50semi-automatique
22:51d'origine suisse,
22:52un Luger P06-29.
22:54Il a fait 4 morts,
22:55le cycliste Sylvain Mollier
22:57et 3 membres
22:58de la famille Alili
22:59dans le break.
23:00L'ordre exact
23:01dans lequel les victimes
23:02ont été tuées
23:02n'a pas pu être établi.
23:04Mais pour réaliser
23:05cet enchaînement,
23:06le tueur aurait vidé
23:07un premier chargeur
23:08d'une capacité
23:09de 8 munitions
23:09puis un deuxième
23:10avant d'en recharger
23:12un troisième
23:12et de tirer
23:13encore à 5 reprises.
23:15Son pistolet
23:16se serait ensuite
23:17enrayé,
23:17ce qui explique
23:18pourquoi il n'a tiré
23:19entre guillemets
23:20que 21 balles
23:21et pourquoi il a tenté
23:23de tuer Zainab,
23:24déjà touché d'une balle
23:25dans l'homoplate,
23:26en la frappant.
23:28Damien,
23:29à quoi sert
23:30cette reconstitution ?
23:31En fait,
23:32on l'a dit,
23:32cette reconstitution,
23:33elle n'a pas lieu
23:34sur les lieux
23:34exacts des faits.
23:35On a pris une base
23:36militaire en région parisienne.
23:38Elle n'a pas pour but
23:39de replonger vraiment
23:40dans la scène de crime
23:41en particulier,
23:41mais plutôt de tenter
23:43de préciser
23:43le profil du tireur.
23:45On l'a vu,
23:45il y a un expert
23:46qui s'est déjà
23:46un peu prononcé là-dessus.
23:48Pourquoi on n'a pas fait
23:49cette remise en situation
23:50plus tôt ?
23:51Ce n'était pas forcément
23:52utile à l'époque
23:53puisqu'il y a eu
23:53des reconstitutions
23:54sur le site de Chevaline.
23:56Mais là,
23:56vraiment,
23:57la nouvelle juge
23:57qui se saisit du dossier,
23:59elle a envie
24:00de comprendre
24:00de manière un peu concrète
24:02comment le tireur
24:03s'est organisé,
24:04s'est déplacé,
24:05comment il a pu tirer
24:06aussi vite
24:07sur un nombre
24:07de victimes qui bougent.
24:09Donc,
24:09il n'est pas illogique
24:10que cette opération
24:11se fasse à ce moment-là,
24:12même si on est
24:13très très loin
24:14de la commission des faits.
24:16La reconstitution
24:17a lieu sous l'œil
24:18d'un expert
24:19dans le domaine du tir.
24:21Oui.
24:21Alors,
24:21il y a trois tireurs
24:22de niveaux différents
24:23qui ont été mis en situation,
24:25qui ont été chronométrés
24:26afin que la juge
24:28puisse se rendre compte
24:29du niveau
24:29de difficultés techniques
24:31inhérents
24:32à ce quadruple homicide.
24:33La principale conclusion,
24:35c'est que ce passage à l'acte,
24:36il serait l'œuvre
24:37d'un homme qui est rodé,
24:39doté d'un sang-froid extrême
24:41et d'une grande habileté
24:42dans le maniement de l'arme.
24:43Pour autant,
24:44le haut niveau
24:45de précision atteint
24:46au cours de cet enchaînement
24:47ne signifie pas forcément
24:49que c'était
24:50un tireur d'exception.
24:51Oui,
24:51pas forcément un tireur d'élite,
24:53comme on dit,
24:53mais en revanche,
24:54quelqu'un
24:55qui a su utiliser
24:56une technique
24:57de tir très particulière.
24:59Cet expert,
24:59il pense
25:00que le tueur
25:01devait nécessairement
25:02être en mouvement permanent
25:03pour rester au contact
25:04rapproché des victimes.
25:06Il y a des victimes
25:06qui bougent,
25:07on le sait,
25:07il y a le cycliste,
25:08il y a Saad Halili
25:10qui essaie de rentrer
25:10dans sa voiture
25:11alors qu'il était à l'extérieur.
25:12Il a donc procédé d'abord
25:14à des tirs de neutralisation
25:15et ensuite
25:16à des tirs
25:17d'achèvement.
25:18Saad Halili,
25:19sa femme Iqbal,
25:20la mère d'Iqbal
25:21Swaïla
25:21et Sylvain Mollier
25:22ont tous été atteints
25:24d'une voire de deux balles
25:26dans la tête
25:26tirées à très courte distance,
25:28presque à bout touchant.
25:29L'auteur pourrait même
25:30avoir achevé
25:31certains membres
25:32de la famille Halili
25:33en glissant la main
25:34à l'intérieur
25:35de la voiture.
25:36Cette technique
25:37est dite
25:38du tir fichant.
25:39Et elle porterait,
25:40selon l'expert,
25:40la signature
25:41d'une formation militaire
25:42extrêmement spécifique.
25:44En France,
25:45seuls les membres
25:46de la DGSE,
25:47le renseignement extérieur,
25:49et d'un service spécialisé
25:51de la DGSI,
25:52qui est lui
25:52le renseignement intérieur,
25:53et enfin les militaires
25:55du 1er régiment
25:56de parachutistes
25:56d'infanterie de marine,
25:58le RPIMA,
25:59reçoivent de manière
26:00non officielle
26:01un renseignement de ce type
26:02afin de faire face
26:03à des situations extrêmes.
26:05Mais on l'a dit,
26:06l'arme n'est pas française,
26:07elle est suisse
26:08et justement,
26:09en Suisse,
26:10toutes les forces militaires spéciales
26:11seraient en effet formées
26:13à l'exercice du tir fichant.
26:15Notamment,
26:16les membres du DART.
26:17Le DART,
26:17c'est le détachement
26:18d'actions rapides
26:19et de dissuasion.
26:20En quelque sorte,
26:21c'est l'équivalent suisse
26:22du GIGN français.
26:24De plus,
26:25compte tenu
26:25du niveau de stress
26:26lié à la nature des faits,
26:28on imagine encore une fois
26:29des victimes qui courent,
26:31des cris très probables
26:32qui sont poussés
26:33par les victimes,
26:34l'augmentation du rythme cardiaque
26:36du tireur
26:36qui en découle,
26:37la précision quand même
26:38de ces tirs réalisés
26:39encore une fois,
26:40en mouvement,
26:40il ne peut s'agir,
26:42selon les experts,
26:43que d'un homme
26:43très expérimenté
26:45qui aurait même peut-être
26:46déjà connu
26:46ce genre d'expérience
26:48dans le passé
26:49avec le même type d'arme
26:50sur une opération
26:51même légale,
26:52on peut penser.
26:52Et on va apprendre
26:53que depuis quelque temps,
26:54les enquêteurs
26:55ont fait leur rapprochement
26:56avec une autre affaire criminelle.
27:03Il faut remonter
27:04au début de notre récit
27:06et même un an
27:07avant la tuerie
27:08de Chevaline.
27:10Dans la nuit
27:11du lundi 18
27:12au mardi 19 juillet 2011,
27:14vers 2h du matin,
27:16Xavier Baligan,
27:17un touriste belge
27:18de 29 ans,
27:19rentre chez lui en voiture
27:20après des vacances
27:21en Ardèche.
27:23A l'arrière de sa voiture,
27:24il y a ses deux fils
27:25de 5 et 7 ans
27:26qui dorment.
27:28Le père de famille
27:29décide de s'arrêter
27:30pour une pause toilette.
27:32A proximité de Nancy,
27:34en Meurthe et Moselle,
27:35il quitte
27:36l'autoroute A31
27:36pour une aire de repos.
27:39Xavier Baligan sort
27:41de la voiture
27:41et se dirige
27:42vers les toilettes.
27:44Quelques minutes plus tard,
27:45un patrouilleur
27:46entend des coups de feu.
27:49Le corps du touriste belge
27:50est découvert
27:51devant les toilettes
27:52du parking
27:52gisant dans une mare de sang.
27:55Xavier Baligan
27:56a reçu 5 balles.
27:59Les circonstances
28:00de cette exécution
28:01sont troublantes
28:01et rappellent
28:02les méthodes
28:02du grand banditisme.
28:04L'hypothèse du règlement
28:05de compte ne semble pourtant
28:06pas coller
28:07avec l'image très lisse
28:08de ce salarié
28:09d'une entreprise
28:09pharmaceutique
28:10dont le père est policier.
28:13Employé comme laborantin
28:14au centre de recherche
28:16et développement
28:16de vaccins
28:17du géant pharmaceutique
28:18GSK,
28:19Xavier est décrit
28:20comme un garçon adorable,
28:21sans problème,
28:22qui s'occupait bien
28:22de ses enfants.
28:23Son casier judiciaire
28:25est vierge,
28:25on ne lui connaît
28:26pas d'ennemi.
28:285 ans plus tôt,
28:29il s'était séparé
28:30de son ex-épouse,
28:31mais ils étaient restés
28:32en bon terme.
28:33Rien,
28:34dans leur relation,
28:35ne laisse penser
28:36qu'elle ait pu
28:36commanditer son assassinat.
28:39Alors que les proches
28:40de la victime
28:40sont entendus
28:41dans le cadre
28:42de l'information judiciaire
28:43ouverte pour homicide
28:44volontaire
28:44par le parquet de Nancy,
28:46les amis de Xavier
28:47font part de leur désarroi
28:48et de leur tristesse.
28:50Personne ne suspecte
28:51l'existence
28:52d'une double vie
28:52et personne ne comprend
28:53pourquoi il a été ciblé.
28:56La vidéosurveillance
28:57de l'aire de repos
28:58et l'analyse
28:59du téléphone portable
29:00de la victime
29:01ne permettent pas
29:01de remonter une piste.
29:04À Nivelle,
29:05la ville dont Xavier
29:05est originaire en Belgique,
29:07une seule formule
29:08revient dans la bouche
29:09de ceux qui le connaissent.
29:10Il était au mauvais endroit,
29:12au mauvais moment.
29:13C'est une exécution en règle,
29:15estime le petit cousin
29:16de la victime.
29:17Mais qu'on ne nous parle
29:18pas de règlement de compte,
29:19Xavier n'avait rien
29:20à voir avec ça.
29:21D'ailleurs,
29:22pour cibler
29:23en particulier
29:24Xavier Baligand,
29:25encore fallait-il savoir
29:26qu'il s'arrêterait
29:27sur cette aire de repos.
29:28Et personne ne pouvait deviner
29:30à quel moment du trajet
29:31il voudrait aller aux toilettes.
29:36Mais le plus intéressant
29:37dans tout ça,
29:38Damien,
29:38c'est ce que disent
29:39les expertises balistiques.
29:40Le tueur de Xavier
29:41a tiré cinq balles.
29:43La première
29:43à une distance
29:44d'une quinzaine de mètres
29:45qui peut être assimilée
29:46à un tir de neutralisation
29:48et la dernière
29:49à bout portant
29:50dans le visage.
29:50Donc,
29:50il s'est rapproché
29:51de sa cible.
29:53La seule certitude
29:54des enquêteurs,
29:54c'est que le meurtrier
29:55de Xavier Baligand
29:56était armé
29:57d'un fusil
29:57Schmitt Rubin K31
29:59qui est une arme
30:00en dotation
30:01de l'armée suisse
30:03dans les années 1950
30:04et qui a été produite
30:05à 700 000 exemplaires.
30:07C'est donc
30:08cette provenance géographique
30:10qui va amener
30:10les gendarmes
30:11chargés de l'enquête
30:12sur Chevaline
30:13à s'intéresser
30:14au dossier Baligand
30:15ainsi qu'un autre élément.
30:16On a l'impression
30:17que ce meurtre
30:18sur cette aire de repos,
30:19il n'a aucun mobile.
30:21Il est fait par un homme
30:22qui sait manipuler l'arme,
30:23qui sait tirer
30:24mais qui n'a pas
30:25vraiment de mobile.
30:25Le dossier Xavier Baligand
30:27est aussi un cold case.
30:28Oui,
30:29ce qui fait un autre
30:30point commun
30:30avec le dossier de Chevaline,
30:32l'utilisation
30:33d'une arme
30:33de guerre suisse,
30:34un meurtre
30:35apparemment sans mobile,
30:37un homme qui sait
30:37manipuler les armes
30:38et puis un homme
30:39surtout qu'on n'arrive
30:40pas à retrouver
30:41qui a l'air aussi
30:41d'être un fantôme
30:42sur cette aire de repos.
30:43Finalement,
30:44la thèse qui prédomine
30:45aujourd'hui,
30:45c'est que Sylvain Mollier
30:46et Léa Lili
30:48ont été victimes
30:48d'un tireur fou.
30:49Alors fou,
30:50en tout cas,
30:50l'expert dont on parlait
30:51tout à l'heure
30:52a fini par affiner
30:53le portrait robot
30:55du tueur selon lui
30:56et il penche
30:56pour le profil
30:57d'un militaire suisse
30:59âgé d'une cinquantaine
31:01d'années
31:01qui aurait complètement
31:02vrillé selon lui
31:03après avoir quand même
31:05suivi au cours
31:06de sa carrière
31:06une formation
31:07au tir fichant.
31:09Alors probablement
31:10selon lui
31:11que ces personnes,
31:12ces victimes
31:12n'ont pas été visées
31:13en tant que telles
31:14mais se sont trouvées
31:15au mauvais endroit
31:16au mauvais moment.
31:17Il n'y a pas eu
31:18de rendez-vous,
31:19pas de piège,
31:19pas de guet-apens
31:20mais le point commun
31:21de toutes ces victimes
31:22c'est qu'à part elles-mêmes
31:23personne ne pouvait savoir
31:25qu'elles se trouveraient
31:25à cet endroit
31:26et à ce moment précis.
31:29En fait,
31:29ces affaires non élucidées
31:31le sont souvent
31:31parce que ce sont
31:32des crimes commis
31:33sans mobile
31:34et qui semblent
31:34ne profiter à personne.
31:36Est-ce que ça laisse
31:37de l'espoir
31:38sur la résolution
31:39de cette affaire ?
31:40Alors de l'espoir
31:41il y en a toujours
31:41tant qu'il y a des gens
31:42qui travaillent sur ce dossier
31:43c'est le cas.
31:45Beaucoup pensent
31:45et les magistrats en premier
31:46qu'on finira
31:47peut-être par trouver
31:48parce qu'on a des éléments
31:50on a quand même aussi
31:51pour Chevaline
31:52comme pour l'affaire
31:53Xavier Baligand
31:54une trace de l'arme
31:55précise
31:56qui a été utilisée
31:57mais encore une fois
31:58ces affaires
31:59elles ont pour particularité
32:00de n'avoir
32:01aucune piste évidente
32:02donc les enquêteurs
32:03passent des mois
32:04voire des années
32:05à fermer
32:06toutes les portes
32:07l'entourage
32:07les témoins
32:08on l'a vu dans l'affaire
32:09Chevaline
32:09le nombre incalculable
32:11de pistes
32:11qui ont été menées
32:12y compris à l'étranger
32:13de manière extrêmement précise
32:14et extrêmement longue
32:15c'est un travail
32:16qui est fastidieux
32:17et qui prend évidemment
32:18du temps
32:19et qui fait qu'on a l'impression
32:20que ces affaires
32:21finalement sont des cul-de-sac
32:28La tuerie de Chevaline
32:29a eu les moyens
32:30d'enquête qu'elle méritait
32:31les gendarmes ont procédé
32:33du mieux possible
32:34la justice n'a pas traîné
32:35il y a eu des suspects
32:36des gardes à vue
32:37et des centaines
32:38de pistes explorées
32:40il y a aussi eu
32:41des vérifications
32:42des procès-verbaux
32:43des écoutes
32:44des reconstitutions
32:45de l'autre côté de la manche
32:46l'affaire est surnommée
32:48Yes But
32:49Oui Mais
32:50un trait humoristique
32:51et un peu cynique
32:53pour désigner
32:53la particularité
32:54de cette affaire
32:56une énigme
32:57dans laquelle
32:57plusieurs hypothèses crédibles
32:59se sont succédées
33:00mais avec toujours
33:01un mais
33:04Les trois fils
33:05de Sylvain Mollier
33:05ont grandi
33:06les deux premiers
33:07sont adultes
33:08le plus petit
33:09a 13 ans
33:10en 2013
33:11puis en 2018
33:13Claire
33:13la compagne de Sylvain
33:15a demandé
33:16à récupérer
33:16le vélo placé
33:17sous scellé
33:17de son compagnon
33:18décédé
33:19Véronique Deniso
33:20était la procureure
33:21chargée de l'affaire
33:22et les deux fois
33:23elle a refusé
33:24pour les besoins
33:24de l'enquête
33:25c'est un détail
33:26qui l'a marqué
33:26comme
33:27plus généralement
33:28les 5 ans
33:29qu'elle a passé
33:30à travailler
33:30sur la tuerie
33:31moi ce que je vous donnais
33:32que mon sentiment
33:33c'est que
33:33j'ai fait de mon mieux
33:36en fonction des moyens
33:37qui étaient les miens
33:38des charges
33:38qui étaient les miens
33:39à ce moment là
33:41mais
33:41j'ai servi à rien
33:44j'aurais pas réussi
33:45à trouver quelque chose
33:47auquel personne
33:47a pensé
33:48parce que
33:49voilà
33:49j'ai pas été
33:51un élément
33:52déclencheur
33:53dans ce dossier là
33:53j'ai fait de mon mieux
33:54mais
33:57en tout cas
33:57le temps
33:58où moi j'ai été là
33:59ça n'a pas suffi
34:00quoi
34:00faire de son mieux
34:01ne suffit pas toujours
34:03en Grande-Bretagne
34:04Zainab et Zina
34:05ont changé d'identité
34:06elles ont désormais
34:0819 et 16 ans
34:10on ne sait pas
34:11exactement
34:11comment elles vont
34:13ce qu'on sait
34:14c'est qu'elles sont
34:14orphelines
34:15depuis bientôt 13 ans
34:16et que personne
34:17ne peut leur expliquer
34:18pourquoi
34:37vous venez d'écouter
34:38le dernier épisode
34:39de notre série
34:40Les fantômes de Chevaline
34:42une série produite
34:44par Clara Garnier-Amourou
34:45Pénélope Gualquierotti
34:46Thibault Lambert
34:47Raphaël Pueyo
34:49et Clémentine Spiller
34:51réalisation et mixage
34:53de cet épisode
34:54Théo Albaric
34:55rédacteur en chef
34:56Jules Lavi
34:58Vous pouvez retrouver
34:59sur notre site internet
35:01les références
35:02des documents
35:02que nous avons cités
35:03C'est une série
35:04que je vous raconte
35:05comme d'habitude
35:06avec Damien Delsenis
35:07et un podcast
35:08à retrouver
35:09chaque samedi
35:10sur le site
35:10leparisien.fr
35:11et sur toutes
35:12les plateformes d'écoute
35:14Si vous aimez
35:15Crime Story
35:15vous pouvez nous le dire
35:17en nous laissant
35:17des commentaires
35:18ou des petites étoiles
35:19Vous pouvez également
35:20écouter tous les jours
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35:22notre podcast d'actualité
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