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En mai 1995, une étudiante de Lille est retrouvée morte dans sa salle de bain. Une à une, toutes les pistes des policiers se referment… Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo, Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
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NewsTranscription
00:00Vous écoutez Crime Story, l'affaire Stéphanie Fovio, 17 années pour la vérité, deuxième et dernier épisode.
00:09Le mercredi 24 mai 1995, Stéphanie Fovio, une étudiante de 18 ans, est retrouvée morte dans la salle de bain
00:17du studio qu'elle loue avec une amie pour faire ses études à Lille.
00:20Elle a été étranglée. Son agresseur n'est pas identifié.
00:23Mais comme il n'y a pas d'effraction sur la porte d'entrée, les policiers pensent qu'elle le
00:28connaissait et qu'elle lui a peut-être même volontairement ouvert la porte.
00:35Finalement, la police trouve que cette scène de crime ressemble davantage à celle d'un meurtrier qui veut faire croire
00:41à un vol avec effraction qu'à celle d'un réel cambriolage.
00:44Parmi les quelques affaires dérobées, aucune n'appartenait à Karine.
00:48Pourtant, elle possède quelques effets personnels qui ont au moins autant de valeur que ceux de Stéphanie.
00:53Son collier et son chéquier, par exemple, sont toujours là.
00:57Surtout, les enquêteurs apprennent qu'il y a des tensions entre les deux jeunes femmes.
01:02Stéphanie est solaire et plus sociable que Karine, qui est plus réservée.
01:06Peut-être cette dernière est-elle jalouse de l'attractivité qu'exerce Stéphanie sur les autres.
01:12Stéphanie, elle, est en tout cas très jalouse, comme le révèle sa meilleure amie près de trois décennies plus tard,
01:17dans une émission de France 2.
01:19Et Stéphanie était très jalouse de Karine sur Vincent.
01:23Parce que Karine avait des petites attentions.
01:26Elle lui ramenait des confitures, spécialement pour lui, au parfum qu'il voulait, enfin des choses comme ça.
01:30Et Stéph était très jalouse sur ça.
01:32Et elle trouvait que Karine minaudait un petit peu avec Vincent et du coup, elle n'appréciait pas du tout
01:36la chose.
01:38Elle trouve que Karine a beaucoup d'attention pour son petit ami Vincent.
01:42Beaucoup trop.
01:43Elle la soupçonne de le draguer et n'apprécie pas du tout.
01:47Les enquêteurs pensent qu'il peut y avoir, dans cette relation de colocation un peu volcanique, immobile.
01:53Karine est donc soupçonnée.
01:55Elle est entendue une première fois, puis une deuxième.
01:58Tout au long de la procédure, elle sera placée en garde à vue trois fois et entendue huit fois.
02:03Mais elle n'ira toujours être impliquée dans la mort de sa colocataire.
02:08Après avoir fouillé son emploi du temps et vérifié qu'à l'heure supposée de la mort de Stéphanie,
02:12Karine était bien en train de passer ses examens, elle est finalement mise hors de cause.
02:17La famille de Stéphanie, de son côté, ne croit pas à l'implication de la colocataire.
02:21Que des tensions puissent exister entre deux jeunes femmes qui vivent ensemble, c'est tout à fait vraisemblable.
02:28Que ces tensions soient telles que l'une décide de tuer sauvagement l'autre,
02:32puis joue la comédie en faisant celle qu'il a découvre dans l'appartement, ça leur paraît trop gros.
02:39Damien Delceny, pour aider leur enquête, les policiers scientifiques ont un autre élément.
02:44Oui, un élément qu'ils ont prélevé sur la scène de crime.
02:47Il s'agit d'un poil pubien qui a donc été récupéré sur le ventre de Stéphanie quand on a
02:53découvert son corps.
02:54Alors, à cette époque-là, on est encore au balbutiement de la police technique et scientifique.
03:00Les enquêteurs n'ont pas forcément encore tous les bons réflexes.
03:03Il y a eu sur la scène de crime beaucoup trop de monde et beaucoup trop de monde qui a
03:07touché beaucoup trop de choses.
03:08La scène a été en quelque sorte polluée parce qu'au départ, les secouristes et les premiers policiers pensaient plutôt
03:14intervenir sur un suicide.
03:15On sait aussi que Régis et Lilian, les deux copains qui étaient avec Karine pour la découverte du corps, eux
03:21aussi ont apporté des modifications.
03:23Ils ont par exemple couvert le corps de Stéphanie avec un plaid pour cacher un peu sa nudité.
03:28Il y a eu un peu de pollution, même beaucoup de pollution en termes de fibres et d'ADN qui
03:32ont été laissées un peu partout.
03:33Mais malgré tout, ce poil qui est sur le ventre de la victime, il est conservé et il est placé
03:40sous ses laits.
03:41Sauf qu'on est en 1995 et qu'il n'y a pas, à cette époque-là, de fichiers qui
03:46recensent les ADN.
03:48Non, pour ça, il faudra encore attendre pas mal d'années.
03:50Alors, on peut quand même effectuer quelques examens, des comparaisons à partir de ce poil.
03:55Et après avoir écarté la thèse du cambriolage, les enquêteurs vont évidemment penser que le mobile du crime peut être
04:02d'ordre sexuel.
04:04Même si, on l'a vu à l'autopsie, il n'y a pas de violence sexuelle.
04:06Mais c'est peut-être une tentative de viol qui s'est transformée en meurtre.
04:10Et puis, il y a quand même ces coups qu'a reçus Stéphanie, notamment sur les jambes.
04:14Alors, si le mobile est sexuel, ce poil, évidemment, peut appartenir à l'agresseur.
04:19Donc, tout simplement, en quelque sorte, les policiers vont comparer l'ADN de ce poil avec celui des hommes qui
04:26font partie de l'entourage de Stéphanie, son père, son frère, son petit ami.
04:30Les résultats sont négatifs.
04:32Et donc, le cercle de personnes avec lesquelles l'ADN du poil est comparé s'élargit de plus en plus.
04:37Ah oui, logiquement, on va finir par tester des gens qui sont de moins en moins proches de Stéphanie.
04:43Tout ça prend du temps.
04:45Les analyses ADN, c'est long.
04:46Ça prend des semaines d'analyse, d'interprétation des résultats, des mois même parfois.
04:52Et puis, évidemment, dans ce cercle de nouvelles personnes qui sont testées, il y a Lilian et Régis, les deux
04:57copains de Karine qui étaient là au moment de la découverte du cadavre.
05:00Alors, eux aussi vont être prélevés, testés, mais le résultat est toujours le même.
05:04Il est négatif.
05:05Ce poil n'appartient pas à des personnes de l'entourage proche ou même un peu plus éloignées de Stéphanie.
05:11La famille de Stéphanie, elle, a des doutes sur un personnage dont on a parlé au tout début de ce
05:16podcast.
05:17C'est Lilian.
05:18Alors, Lilian, pour rappel, c'est le petit ami de la sœur de Karine, la colocataire de Stéphanie.
05:22La particularité de Lilian, c'est qu'il fait partie de ces trois personnes qui sont entrées dans l'appartement
05:28le jour de la découverte du corps,
05:29non seulement dans l'appartement, mais aussi dans la salle de bain où se trouvait le corps de Stéphanie.
05:33C'est aussi donc le beau-frère de Karine, puisqu'il est fiancé à sa grande sœur.
05:38Et la famille de Stéphanie, la victime, sait que Karine s'est déjà plainte du comportement de Lilian,
05:45notamment parce qu'il était venu dans son lit une nuit.
05:52Lilian a déjà commis des attouchements sur Karine, pour rire, dit-il.
05:58Stéphanie, elle, n'aime pas beaucoup se retrouver seule avec lui.
06:01Évidemment, il fait partie des hommes auditionnés par les policiers.
06:05Mais au moment du meurtre, il était à Lens, dans le Pas-de-Calais, à une trentaine de kilomètres de
06:09Lille, avec sa compagne.
06:11Dès qu'il a quitté son logement, c'était pour rejoindre son père, avec lequel il devait travailler ce jour
06:16-là.
06:17Il ne peut donc pas avoir tué Stéphanie.
06:20Par ailleurs, les comparaisons entre son ADN et celui du poil pubien sont négatives.
06:26Lilian a donc à la fois un alibi et la science de son côté.
06:31Par rapport à cela, les suspicions de la famille Fovio ne pèsent pas lourd.
06:35Les semaines, puis les mois passent, sans que le coupable ne soit trouvé.
06:39La mère de Stéphanie a bien compris que s'il ne se passe rien, la procédure concernant la mort de
06:45sa fille finira par être classée sans suite.
06:47Ou pire, par être prescrite.
06:50Et c'est ce qu'elle redoute le plus.
06:52Ginette veut que le dossier reste ouvert le plus longtemps possible.
06:55Alors elle se met à enquêter de son côté, faisant des pieds et des mains pour fournir le moindre élément,
07:01aussi inutile soit-il.
07:03Elle veut motiver de nouvelles recherches, car elle sait que chaque acte d'enquête menée remet les compteurs à zéro.
07:09Et retarde un peu la clôture du dossier.
07:11En 1996, Ginette Fovio accepte de passer dans l'émission de Jacques Pradel sur TF1, témoin numéro 1.
07:19Mais le dossier n'avance pas.
07:21Et les années s'écoulent.
07:23Pour autant, les policiers ne baissent pas les bras.
07:26Touchés par la famille de la jeune victime et émus par le sort de cette dernière, ils entendent toujours trouver
07:31le coupable.
07:32En 2007, ils procèdent à des vérifications d'usage et analysent une nouvelle fois les alibis de chacun des suspects
07:39de l'époque.
07:40Il s'avère qu'un étudiant en maths, auquel s'étaient intéressés les enquêteurs au moment du meurtre de Stéphanie,
07:46avait menti.
07:4712 ans après les faits, il est mis en examen pour homicide volontaire.
07:50Mais il y a très peu d'éléments contre lui, et il n'est même pas placé en détention provisoire.
07:55Preuve que les enquêteurs eux-mêmes ne croient pas tellement à sa culpabilité.
08:00Cette procédure ne satisfait pas les proches de Stéphanie, qui aimeraient savoir qui est celui qui a tué leur fille,
08:05sœur et amie,
08:06et pas seulement voir n'importe qui en prison pour ces faits.
08:10Sans éléments nouveaux, le suspect reste libre, mais poursuivi pendant plus de 4 ans.
08:16Jusqu'à ce qu'un nouvel élément vienne tout changer.
08:20En 2012, le dossier est confié à la police judiciaire de Lille,
08:24et de nouveaux enquêteurs en prennent connaissance pour la première fois.
08:28Avec un œil neuf, ils découvrent les procès-verbaux des années 90.
08:32Et surtout, ils rouvrent des scellés.
08:40Damien, le juge d'instruction, décide de faire analyser le peignoir que portait Stéphanie au moment où elle a été
08:46tuée.
08:47Curieusement, ce peignoir, il n'avait fait l'objet d'aucune expertise, d'aucune analyse depuis le début de l
08:52'enquête.
08:53C'est toujours le juge d'instruction qui décide des analyses, des expertises.
08:57Alors, souvent, il y a une question de budget, parce que ces examens, là, coûtent assez cher, et on ne
09:01le fait pas systématiquement.
09:03Mais là, en 2012, la police scientifique, d'abord, a fait beaucoup de progrès,
09:07et le juge d'instruction se dit que ça vaut le coup, cette fois-ci, d'utiliser ce scellé, ce
09:11fameux peignoir que portait Stéphanie au moment où elle a été tuée.
09:14Et ça va lui donner raison, cette initiative, puisqu'un nouvel ADN est trouvé.
09:19Un ADN de contact et surtout un ADN masculin qui se mélange avec le sang de Stéphanie qui était présent
09:27sur ce peignoir.
09:28Cet ADN match avec celui d'un mégot de cigarette retrouvé à proximité de Stéphanie le jour de sa mort.
09:35Un mégot de cigarette qui a été fumé par Lilian, le frère de Régis, celui qui avait accompagné Régis et
09:42Karine dans l'appartement au moment de la découverte de Stéphanie.
09:45On est donc 17 ans après les faits. Qu'est devenu ce Lilian ?
09:50Alors, il est marié avec la sœur de Karine qui était déjà sa compagne à l'époque.
09:54Il est père maintenant de deux enfants. Il a vécu une vie a priori sans incident majeur, en tout cas
10:00avec la justice,
10:01d'autant plus qu'il est devenu adjudant-chef de gendarmerie et qu'il est affecté depuis août 2012
10:08au service des télécommunications de la gendarmerie des Alpes-Maritimes où il est informaticien.
10:14C'est sa compétence. Donc, évidemment, comme il est gendarme, il n'a jamais fait parler de lui au niveau
10:18judiciaire.
10:19Néanmoins, les policiers de la PGD décident d'aller l'interpeller.
10:22Ça se passe le lundi 12 novembre 2012 à côté de Nice, là où il vit.
10:30En garde à vue, Lilian le Grand passe aux aveux.
10:34Oui, il est venu ce matin-là voir Stéphanie qu'il convoitait secrètement.
10:38En repoussant ses avances, elle serait tombée, accidentellement, la tête contre la baignoire.
10:44Paniquée, Lilian aurait alors maquillé l'affaire en cambriolage qui aurait mal tourné,
10:48étranglant et frappant Stéphanie avec la tringle du rideau de douche.
10:53Quelques questions plus tard, il change de version.
10:56Il entretenait en fait une relation secrète avec Stéphanie, dit-il.
10:59Mais en la quittant ce matin-là, elle était bien vivante.
11:02C'est cet aveu d'adultère et seulement celui-ci qui expliquerait, selon son avocat,
11:07une lettre rédigée en garde à vue par Lilian à destination de sa femme.
11:12Il y écrivait
11:13« Maintenant, tu sais d'où viennent mes insomnies.
11:17Mille fois, j'ai voulu t'en parler. »
11:19Selon l'avocat qui remet en cause les conditions de la garde à vue,
11:23mais aussi la fiabilité des analyses d'ADN, la lettre ne prouve rien.
11:27Il venait de temps en temps dans cet appartement.
11:29Il a tout à fait pu, lors d'un passage, dit-il, se laver les mains et les essuyer sur
11:34ce peignoir.
11:36Le procès de Lilian Legrand s'ouvre le lundi 10 octobre 2016.
11:44C'est un procès très attendu par les parents de Stéphanie Fovio.
11:49Imaginez, cela fait 21 ans qu'ils attendent de connaître la vérité sur le meurtre de leur fille.
11:55Et première mauvaise nouvelle, l'accusé conteste à nouveau les faits ce matin.
11:59Lilian Legrand, gendarme à Nice jusqu'en 2012, date de son emprisonnement et de son arrestation,
12:06est arrivé ce matin dans le box en fuyant le regard des parents de Stéphanie.
12:1021 ans après les faits, après le meurtre de Stéphanie,
12:13le procès s'ouvre effectivement devant la cour d'assises du Nord à Douai.
12:17Lilian se présente dans le box, chemise blanche sur pantalon noir, il a 45 ans.
12:22Et d'emblée, il va donner en quelque sorte le ton du procès en disant
12:27« Je conteste les faits de meurtre et de tentative de viol ».
12:31Donc on est sur une énième version des faits selon Lilian,
12:35qu'il avait d'abord reconnu en garde à vue avant de revenir sur ses aveux,
12:38de donner de nouvelles explications.
12:40Cette fois-ci, il n'y tout en bloc.
12:42Il s'appuie beaucoup, notamment sur le témoignage de sa femme,
12:46qui va décrire un homme qu'elle connaît depuis très longtemps,
12:50avec lequel elle est mariée depuis 1997,
12:52et qu'elle va décrire comme un mari très doux, gentil, serviable,
12:56expliquant « Nous avons eu deux filles, je n'ai rien d'autre à ajouter ».
13:00La femme de Lilian, Sandrine, nous l'avons déjà dit, c'est aussi la sœur de Karine.
13:05Oui, Karine qui était la colocataire de Stéphanie dans l'appartement de Lille.
13:10A l'époque, Sandrine et Lilian étaient donc encore étudiants,
13:14et aussi ils travaillaient en alternance.
13:15Ils s'étaient rencontrés en 1991 et ils vivaient déjà en couple.
13:18La semaine à Lens et les week-ends chez mes parents, décrit-elle.
13:22Et d'ailleurs, c'est elle qui, à l'époque de la découverte du meurtre de Stéphanie,
13:26a en quelque sorte fourni une partie de l'alibi de Lilian aux policiers,
13:30puisqu'elle avait expliqué que ce matin-là,
13:32il ne pouvait pas être dans l'appartement de Lille pour tuer Stéphanie.
13:36Mais simplement, dans cette vie assez réglée,
13:39ce Lilian, il allait quand même souvent chercher sa sœur Karine à Lille tous les vendredis.
13:45Cette fois-là, il passe un mercredi dans l'appartement de Lille
13:48puisque nous sommes à la veille du week-end de l'Ascension.
13:50Donc sa présence dans l'appartement de sa belle-sœur Karine et de Stéphanie
13:54n'est pas impossible et n'est même pas surprenante.
13:57Devant la cour d'assises, l'accusation dit que le mobile du meurtre est probablement sexuel.
14:02L'accusation décrit le profil d'un homme mu par des pulsions sexuelles violentes
14:07mais qui ne collent pas vraiment au portrait dressé jusqu'ici de l'accusé.
14:12Alors, certes par sa femme, dont on peut dire qu'elle n'est pas forcément objective,
14:16mais par beaucoup d'autres femmes qu'il a pu croiser dans son univers personnel ou professionnel.
14:21D'ailleurs, l'enquête de personnalité affirme qu'aucune des femmes qui a fréquenté Lilian Legrand
14:26n'a fait état d'excès, de violence ou de quoi que ce soit d'autre.
14:31Il est plutôt décrit comme quelqu'un de jovial, d'assez gai, alors un peu beau parleur
14:35qui aime certes un peu l'humour graveleux,
14:38mais citons le rapport qui dit sans jamais être agressif envers les femmes.
14:45Alors, dans ce tableau, il y a quand même une ombre.
14:47Cette ombre, c'est Karine, la colocataire de Stéphanie, qui est donc sa belle-sœur.
14:51Elle, elle s'était déjà plainte, très jeune, du comportement de Lilian.
14:55Elle fait état de gestes furtifs lorsqu'ils étaient ados.
14:59On l'avait dit, il y avait aussi une nuit où il était venu se mettre dans son lit avec
15:02elle,
15:02on lui demandait son avis.
15:04Elle parle, elle, Karine, d'un comportement malsain, tellement malsain
15:08qu'elle s'est éloignée de sa sœur pendant plusieurs années à cause de Lilian.
15:12C'est là-dessus que l'avocat général va beaucoup s'appuyer pour, dit-il,
15:18amener la preuve que ce Lilian, il y a le Lilian que sa femme connaît,
15:23que d'autres femmes connaissent.
15:24Et puis, il y a une face cachée de cet homme, une face beaucoup plus sombre.
15:28Pendant la suite du procès, Lilian le Grand apparaît désinvolte.
15:31Oui, alors après trois jours de procès, il est invité à s'expliquer
15:35sur les innombrables versions qu'il a livrées de sa garde à vue jusqu'à l'audience.
15:41Et il a des réponses qui sont un peu désarmantes, un peu fuyantes,
15:45sur un ton assez désinvolte.
15:47Il accuse en plus plein de gens, il reparle de sa garde à vue,
15:52il dit qu'en fait, il a avoué parce qu'évidemment, on lui a mis la pression,
15:55on lui a promis qu'il allait sortir, on lui a dit
15:57mais il y a ta femme aussi en garde à vue, il a pensé à ses enfants.
16:00Enfin, il mélange un peu tout.
16:01Finalement, il charge un peu tout le monde sauf lui.
16:04Et dans la salle d'audience, personne ne croit vraiment à la version qu'il donne.
16:11Le vendredi 14 octobre 2016, plus de 21 ans après le meurtre de Stéphanie Fovio,
16:17Lilian Legrand est condamnée à 30 ans de réclusion criminelle.
16:21À l'énoncé du verdict, des applaudissements se font entendre dans la salle.
16:26Stéphanie Fovio avait 18 ans quand elle a été tuée.
16:29Il en aura fallu presque autant pour trouver le coupable.
16:34Pendant le temps qu'a duré l'enquête, les policiers ont cru que la clé de l'énigme
16:38se cachait dans le poil pubien retrouvé sur le ventre de la jeune femme.
16:42Son propriétaire n'a, à ce jour, pas été identifié.
16:54Vous venez d'écouter Crime Story, le podcast fait divers du Parisien,
16:58avec à la production Thibaut Lambert et Raphaël Pueillot,
17:01à la réalisation Julien Moncouquiole et à la rédaction en chef Jules Lavi.
17:06Un épisode que je vous raconte avec Damien Delsenis
17:09et un podcast à retrouver chaque samedi sur le site leparisien.fr
17:13et sur toutes les plateformes d'écoute.
17:14Si vous aimez Crime Story, vous pouvez nous le dire
17:17en nous laissant des commentaires ou des petites étoiles.
17:20Vous pouvez également écouter tous les jours Code Source,
17:22notre podcast d'actualité.
17:24Et pour ne rater aucun épisode, n'oubliez pas de vous abonner.
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