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Cet été, Crime Story raconte l’affaire Cécile Vallin en quatre parties. Troisième épisode : dix jours après la disparition de la jeune fille, un homme est arrêté par hasard en possession d’armes et d’une photo dégradante de femme nue ressemblant fortement à Cécile. Ce fait divers exceptionnel est raconté dans Crime story par la journaliste Clawdia Prolongeau et le chef du service police-justice du Parisien, Damien Delseny. Crédits.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Clara Grouzis, Clémentine Spiller, et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network - Identité graphique : Eric Azara

Archives : INA.

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#truecrimepodcast #crimestory #cécileVallin

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Transcription
00:14Le dimanche 8 juin 1997, Cécile Vallin, une lycéenne de 17 ans qui s'apprête à passer le bac,
00:21sort de chez elle en fin d'après-midi, à Saint-Jean-de-Maurienne-en-Savoie.
00:26Des témoins la voient marcher le long de la route départementale qui traverse la ville.
00:30Puis plus rien. La jeune fille a disparu. Les intenses recherches ne mènent à rien.
00:35Jusqu'à 10 jours après la disparition de Cécile et l'arrestation fortuite d'un homme à 300 km de
00:42là recherché pour un viol.
00:44Dans son coffre, il y a des armes, des cordelettes et des produits stupéfiants.
00:49Il y a aussi et surtout des photos de femmes nues et endormies dans des positions dégradantes.
00:55En zoomant sur les visages, il apparaît que l'une des victimes ressemble énormément à Cécile.
01:04Bien que Jean-Marc Reiser ait été arrêté seulement quelques jours après la disparition de Cécile Vallin,
01:10il faut trois mois pour que la circulaire décrivant son profil soit envoyée aux autres gendarmes de France.
01:15Et encore un an pour qu'un rapprochement ait lieu entre les gendarmes de Besançon,
01:20qui sont en charge de ce dossier,
01:21et ceux de Chambéry, qui planchent sur la disparition de Cécile Vallin.
01:25C'est donc le vendredi 9 octobre 1998, près d'un an et demi après la disparition de la lycéenne,
01:32que les enquêteurs savoyards prennent la route de Besançon
01:35pour aller consulter le dossier Reiser chez leurs collègues.
01:38Les gendarmes de Chambéry ont deux priorités.
01:41Établir s'il s'agit de Cécile sur les photos,
01:43et si Jean-Marc Reiser peut avoir été présent à Saint-Jean-de-Maurienne le jour de sa disparition,
01:48le dimanche 8 juin 1997.
01:51En dehors de ses antécédents judiciaires et de sa mise en cause dans l'affaire du viol près de Bordeaux,
01:57les gendarmes constatent que Jean-Marc Reiser est une personne qui voyage beaucoup,
02:01comme ils le notent dans leur procès verbal.
02:04Les enquêteurs de la section de recherche de Besançon
02:07ne peuvent pas nous fournir la moindre indication sur son emploi du temps
02:09dans les jours précédant son arrestation.
02:12Mais il n'est pas impossible qu'il soit passé en Savoie,
02:14sachant qu'il a effectué ou devait effectuer un voyage en Italie dans la période considérée.
02:19Les gendarmes récupèrent aussi la photo de la femme qui ressemble à Cécile,
02:24celle avant agrandissement.
02:26Là, ils sont un peu moins convaincus qu'ils ne l'avaient été en recevant la circulaire.
02:30En tout cas, même si la jeune fille pourrait toujours être Cécile Vallin,
02:34rien ne permet de l'établir avec certitude.
02:37Et les points de comparaison semblent moins évidents,
02:40écrivent-ils sur procès verbal.
02:41Les points de comparaison semblent moins évidents.
02:44De plus, la photographie a été prise au domicile de Reiser
02:48avant son arrestation le 18 juin 1998.
02:51Donc il semble difficile d'établir une corrélation formelle avec Cécile Vallin.
02:56Cela signifierait qu'après l'avoir supposément enlevé,
02:59Jean-Marc Reiser serait remonté chez lui vers Strasbourg,
03:02à plus de 500 km, avant de redescendre dans la région.
03:06C'est un peu tiré par les cheveux, mais ce n'est pas impossible.
03:09Les gendarmes lancent donc des recherches sur les voitures
03:12que Jean-Marc Reiser est susceptible d'avoir utilisées
03:14et sur ses liens amicaux ou familiaux dans la région Rhône-Alpes.
03:18Ils adressent aussi une réquisition au centre des chèques postaux
03:22et au crédit mutuel du Barin, les deux banques où Reiser dispose de comptes courants.
03:26L'étude de ces relevés bancaires doit permettre de retracer ses déplacements
03:30au cours du mois de juin et vérifier, le cas échéant,
03:33s'il a effectué des retraits d'argent dans le secteur de Saint-Jean-de-Maurienne
03:37ou plus largement en Savoie autour du dimanche 8 juin.
03:43Damien Delsenis, ce travail prend plusieurs mois.
03:46Oui, les enquêteurs notent que Reiser a pu passer en Savoie
03:49pour aller en Italie ou faire de la randonnée en montagne.
03:52Mais évidemment, ça ne suffit pas pour tenter d'en savoir plus.
03:55Ils font une demande de saisie de ces relevés de comptes,
03:58procédure qui prend du temps mais qui finit par aboutir.
04:01Et là, c'est la douche froide.
04:02Oui, en effet. Un retrait d'argent a été effectué avec la carte de Reiser
04:07le dimanche 8 juin 1997 à 20h25 à Strasbourg.
04:13Et les gendarmes concluent que c'est bien lui qui a effectué ce retrait
04:17et non une personne à laquelle il aurait prêté sa carte bancaire.
04:20Matériellement, Reiser ne peut pas être en fin d'après-midi à Saint-Jean-de-Maurienne
04:25et à 20h25 à Strasbourg.
04:27La piste Reiser se referme et cette longue opération se conclura en août 1999
04:34par un procès verbal de vérification qui tient malheureusement en moins de dix lignes.
04:40C'est donc un nouvel échec.
04:42Pourtant, Jean-Marc Reiser avait vraiment le profil du prédateur recherché par les gendarmes.
04:46Oui, clairement. Profil inquiétant et dangereux
04:48qui se confirmera d'ailleurs malheureusement des années plus tard.
04:52Ayant purgé sa peine pour viol mais ayant été acquitté dans le cadre de l'affaire Omane,
04:57Reiser se rend coupable de l'assassinat d'une autre jeune fille à Strasbourg
05:01en septembre 2018, une étudiante nommée Sophie Letanne.
05:05Il a depuis été condamné à la prison à perpétuité.
05:11Cet espoir déçu, comme celui du médecin, sont des exemples parmi beaucoup d'autres.
05:16Car l'affaire Cécile Vallin, depuis le début, est jalonnée de signalements crédibles
05:20mais qui se révèlent jusqu'à maintenant au mieux inexact,
05:23au pire trop imprécis pour pouvoir être vérifiés.
05:27La piste Jean-Marc Reiser refermée, les enquêteurs poursuivent leurs investigations.
05:32Ils dressent la liste de tous les détenus de la prison des Thons, en Savoie,
05:36qui ont été libérés entre le début de l'année 1997
05:39et le jour de la disparition de Cécile.
05:42La prison des Thons est distante de quelques kilomètres seulement de Saint-Jean-de-Maurienne.
05:46Les gendarmes étudient les profils de plusieurs dizaines de détenus,
05:50vérifient quelques points de chute et emploient du temps.
05:52Mais rien ne permet de tirer un fil qui les mène jusqu'à Cécile.
05:56On l'a dit, ils n'ont jamais vraiment cru que Cécile aurait pu se suicider
06:00ou avoir un accident sans qu'on en retrouve la trace.
06:03La piste d'une fugue, déjà peu probable, s'est amenuisée au fil des mois.
06:08Le scénario de l'enlèvement est donc prioritaire.
06:11Surtout en raison des derniers instants où elle a été vue en vie.
06:15Une jeune fille qui marche au bord d'une route, un peu énervée et triste.
06:19Bref, une proie facile pour un prédateur de passage.
06:23Dans ce cadre, et dans la suite de l'espoir suscité par l'arrestation de Jean-Marc Reiser,
06:28les gendarmes décident d'exploiter un témoignage
06:31qu'ils ont recueilli à la fin du mois de septembre 1997,
06:35quatre mois après la disparition de la lycéenne.
06:38Un témoignage qui va dans le sens de l'enlèvement probable de Cécile
06:42par un prédateur qui peut avoir rôdé dans la région au moment de sa disparition.
06:48Ce jour de septembre 1997 donc, un homme se présente à la gendarmerie.
06:53C'est un chef d'entreprise de Saint-Jean-de-Maurienne
06:55et il vient expliquer que le jour de la disparition de Cécile,
06:59il avait remarqué un véhicule un peu particulier,
07:02ainsi que son propriétaire, qui semblait traîner dans le secteur.
07:12Damien, il s'en souvient non seulement en raison du type de voiture,
07:15un van de style américain avec des vitres teintées,
07:18de couleur gris clair et tollé sur les côtés,
07:21mais il s'en souvient aussi parce qu'il était immatriculé en Haute-Garonne
07:25dans le département 31.
07:26Oui, plus étrange encore, il a croisé ce véhicule, dit-il,
07:30deux fois dans la matinée du dimanche,
07:32dont une fois sur le parking qui se trouvait à côté de la foire de Saint-Jean-de-Maurienne
07:37qui était organisée le week-end où Cécile a disparu.
07:40On peut estimer que justement, en raison de la foire,
07:43il pouvait y avoir des visiteurs venant d'autres régions
07:46et pourquoi pas de la Haute-Garonne.
07:47Oui, c'est d'ailleurs une difficulté de plus pour les gendarmes.
07:50La présence de cette foire et de ses exposants et de ses visiteurs
07:54allonge encore la liste des suspects potentiels de passage
07:57ayant pu enlever Cécile le dimanche en fin de journée.
08:01Mais le témoin en question, il explique au gendarme
08:03que ce n'est pas que la voiture et la plaque d'immatriculation
08:06qui a marqué son souvenir.
08:07C'est aussi le comportement de l'automobiliste,
08:10du propriétaire du van qui a frappé ce témoin
08:13qui dit au gendarme, moi ce type,
08:15je l'ai croisé deux fois dans la journée et je l'ai trouvé bizarre.
08:17Il va d'ailleurs le décrire de manière très précise aux gendarmes physiquement.
08:21Il dit c'est un homme âgé de 30-35 ans,
08:23il mesure 1m75, il a le teint mat,
08:25il est de corpulence mince,
08:27cheveux bruns mi-longs
08:28et il est vêtu d'un pantalon noir et d'une chemisette blanche.
08:32Cet homme a laissé une même impression étrange
08:34à une amie de ce chef d'entreprise.
08:37Oui, curieusement, cette amie,
08:38elle a confié au chef d'entreprise
08:40avoir été elle-même intriguée par un homme
08:42arrêté sur le bord de la Nationale 6
08:45le dimanche 8 juin, à la sortie de Saint-Jean-de-Maurienne.
08:48Elle décrit un homme qui fumait une cigarette
08:51en étant adossé à une sorte de fourgonnette,
08:54elle décrit ça comme une fourgonnette
08:55dont l'arrière était selon elle en aluminium.
09:00Le juge d'instruction prend cette nouvelle piste au sérieux.
09:03Il saisit le STRJD,
09:05le Service Technique de Recherche Judiciaire
09:07et de Documentation de la Gendarmerie Nationale.
09:10C'est un service très spécialisé
09:12qui occupe alors des locaux voisins
09:14du célèbre Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie
09:17dans le fort de Rony-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis.
09:20Le magistrat demande à ses experts
09:22de recenser tous les véhicules de marque américaines
09:25étant immatriculés en Haute-Garonne.
09:27Le travail est évidemment assez fastidieux
09:29mais heureusement, les recherches portent quand même
09:32sur des marques peu vendues en France
09:33comme Dodge, Chevrolet ou encore Chrysler.
09:37Une fois cette liste réalisée,
09:38les gendarmes ont pour mission
09:39d'identifier les propriétaires de ces voitures
09:41et de les contacter.
09:43Pour rendre la démarche cohérente,
09:45un questionnaire type est confectionné par les enquêteurs
09:48à destination des propriétaires de ces véhicules.
09:50L'objectif est de connaître notamment
09:52leur localisation au moment des faits
09:54en juin 1997.
09:57Évidemment, si depuis cette date
09:59le véhicule a été vendu, accidenté ou réparé,
10:02les gendarmes doivent aussi en avoir connaissance.
10:04C'est donc un travail de fourmi et de patience.
10:07En quelques mois, les enquêteurs établissent
10:10une liste de 288 véhicules
10:12pouvant correspondre au modèle aperçu par les témoins.
10:15Tous ne sont pas exactement des vannes
10:17mais les enquêteurs ont choisi d'élargir les recherches
10:19afin de ne pas passer à côté d'une voiture
10:21qui pourrait être la bonne
10:23sans être formellement celle décrite par les deux témoins.
10:25Sur les 288 véhicules et leurs propriétaires,
10:30232 sont retrouvés et contrôlés, sans résultat.
10:34Les 56 restants sont inscrits sur le fichier des véhicules recherchés.
10:38Ce qui signifie qu'en cas de contrôle routier sur le territoire français,
10:42ils pourront, un jour ou l'autre, faire l'objet d'une vérification.
10:45Mais les mois passent et la piste des vannes,
10:48comme l'ont appelé les gendarmes, ne donne pas de résultat probant.
10:52Le temps passe, l'affaire reste non résolue
10:55et les proches de Cécile, notamment Jonathan Oliver, son père,
10:59apprennent à vivre avec.
11:02Au départ, je comptais les heures, les jours, les semaines.
11:09Et c'est devenu des mois, des années.
11:12Je n'attends pas le retour de Cécile.
11:19Damien, en 2001, Cécile a disparu depuis 4 ans,
11:23quand le département de la Haute-Garonne s'invite à nouveau dans l'enquête.
11:27A cette époque, une cellule baptisée Homicide 31
11:31a été mise en place à la section de recherche de Toulouse
11:34pour travailler sur le cas d'un tueur en série, Patrice Allègre.
11:38Cet homme a été arrêté en septembre 1997,
11:42c'est-à-dire 3 mois après la disparition de Cécile Vallin.
11:45Et on sait qu'il n'a passé vie que dans la région toulousaine
11:48et les gendarmes qui travaillent sur lui, sur son dossier,
11:51sont en train d'éplucher une soixantaine de dossiers
11:54de disparitions mystérieuses ou de meurtres inexpliqués en France.
11:58Et si, au cours de son terrifiant parcours criminel,
12:02Patrice Allègre était passée par la Savoie ?
12:04Si ce fameux van immatriculé en Haute-Garonne
12:07aperçu le jour de la disparition de Cécile
12:10pouvait faire le lien avec le tueur en série toulousain.
12:14Les gendarmes en charge du dossier Vallin
12:16décident d'en avoir le cœur net
12:17et ils adressent une demande de rapprochement
12:20à leurs collègues de Toulouse.
12:22La réponse tombe assez vite,
12:24mais elle reste très évasive.
12:26Au mois de juin 1997,
12:29Allègre était en cavale.
12:30Il avait peu de revenus,
12:32était souvent sous l'influence de cocaïne
12:34et dormait particulièrement dans la nature,
12:36ceci impliquant une reconstitution
12:38difficile de son emploi du temps.
12:41Bien que connu pour des vols de voitures,
12:43aucun élément actuel ne met en évidence
12:45la possession par Patrice Allègre
12:47d'un véhicule de type van.
12:52Le chef d'enquête demande malgré tout
12:54à ses collègues un peu de temps
12:56afin de compléter ses recherches.
12:58Quelques mois plus tard, en juin 2002,
13:01et alors que Cécile Vallin a disparu depuis 5 ans,
13:04la piste Allègre est définitivement refermée.
13:07Les investigations menées sur l'emploi du temps
13:09du tueur en série, en juin 1997,
13:12le positionnent plutôt dans l'Ariège,
13:14où il a d'ailleurs commis un crime le 19 juin
13:16avant de prendre la fuite en Espagne.
13:19En juin 2003, près de 6 ans après la disparition
13:22de Cécile Vallin, un couple fait la une
13:24des journaux en Belgique, et très rapidement en France.
13:27Michel Fourniret et sa femme, Monique Olivier.
13:32Ils ont été arrêtés après la tentative d'enlèvement
13:35d'une adolescente en Belgique, à côté de Namur.
13:38Rapidement, les enquêteurs belges et français
13:41commencent à lever le voile sur le profil
13:43terrifiant du couple.
13:44La France et la Belgique ignorent encore
13:47qu'ils ont sans doute entre leurs mains
13:48l'un des pires tueurs en série de l'histoire.
13:52Manipulateur d'une extrême perversité,
13:54Michel Fourniret ne livre des éléments
13:56qu'au compte-gouttes sur son parcours.
13:58L'ogre des Ardennes, comme on le surnommera bientôt,
14:01n'est pas du genre à confesser facilement ses crimes.
14:03Les mois passent, et on s'aperçoit lentement
14:06que Fourniret n'a sans doute pas limité
14:09ses agissements criminels aux Ardennes et à la Belgique.
14:12Il s'est toujours beaucoup déplacé,
14:14a vécu en région parisienne avant de migrer
14:16dans l'Est, puis en Belgique.
14:19Reconstituer son emploi du temps,
14:20et ses déplacements sur toutes ses années,
14:22est un travail considérable.
14:24Un immense puzzle, auquel il manque beaucoup de pièces.
14:28Mais l'écho, encore très incomplet
14:30du parcours criminel de Fourniret,
14:32vient pourtant percuter les montagnes de Morienne.
14:34En février 2005,
14:36les gendarmes de Chambéry,
14:38qui travaillent sur le dossier Valin,
14:39rédigent un procès verbal,
14:41dans lequel ils écrivent
14:42Il apparaît que Michel Fourniret
14:44agit comme un véritable chasseur,
14:47soit en suivant sa proie plusieurs jours
14:49avant de passer à l'acte,
14:50soit en profitant d'une situation particulière,
14:52comme une jeune fille marchant le long d'une route.
14:55Les conditions de la disparition de Cécile Valin
14:57semblent compatibles
14:58avec le mode opératoire du couple.
15:00Et c'est exactement ce que soupçonne depuis le début
15:04Jonathan Oliver, le père de Cécile.
15:06Je ne pouvais pas imaginer un autre scénario.
15:09Sa maman pensait qu'elle pouvait être...
15:14Elle m'a dit
15:15« Est-ce que tu penses qu'elle aurait pu aller en Angleterre ? »
15:18Mais il n'y avait pas question
15:20qu'elle allait être toute seule en Angleterre.
15:23Donc, j'ai fait semblant,
15:25j'ai dit « Ah bah peut-être... »
15:28Voilà.
15:29Peut-être, oui, il peut y avoir un retour,
15:32mais je n'y croyais pas.
15:38Damien, une fois de plus,
15:39les gendarmes ouvrent une nouvelle piste.
15:42Oui, alors, on peut voir ça de plusieurs manières.
15:44L'enquête, elle est presque au point mort.
15:46L'énigme est totale.
15:47Donc, les gendarmes vérifient tout,
15:49même des hypothèses plutôt improbables.
15:51Mais ça, c'est le lot des dossiers de disparition
15:54où rien n'est évident
15:55et où donc, on ne peut rien négliger non plus.
15:58Et puis, en réalité,
15:59ils suivent quand même une logique.
16:00Celle du prédateur
16:02qui serait l'auteur de l'enlèvement de ses cils.
16:04Donc là, quand ils apprennent
16:06l'arrestation de Fourniré
16:07et les tout premiers éléments de son profil,
16:10ils se disent que ça ne coûte rien de vérifier,
16:13sachant qu'à l'époque,
16:14on ignore encore l'étendue exacte
16:16du palmarès effroyable de Fourniré.
16:19Ils essaient de trouver un lien
16:21entre Michel Fourniré et Cécile Vallin.
16:23Oui, ils essayent.
16:24En tout cas, ils se rapprochent
16:25des enquêteurs français
16:26qui travaillent sur le dossier.
16:28Mais à l'époque, rien n'est centralisé.
16:31Il y a des services d'enquête
16:31qui travaillent en Belgique,
16:33d'autres qui travaillent en France.
16:34Chacun travaille un peu de son côté, en réalité.
16:37Et surtout, il manque encore beaucoup d'éléments
16:39sur la vie de Michel Fourniré
16:41dans les années 90.
16:42Rappelons qu'à l'époque,
16:43il n'y a pas ou très peu de téléphones portables.
16:46Oui, donc on n'a pas la possibilité,
16:48comme aujourd'hui,
16:48de procéder à des bornages téléphoniques
16:50encore moins à une géolocalisation
16:53de la personne
16:54en fonction de l'utilisation de son téléphone.
16:56Donc sur Fourniré,
16:57on n'a pas grand-chose,
16:58on n'a même rien techniquement à ce niveau-là.
17:00Et en plus,
17:01on sait que lorsqu'il se déplace,
17:03Fourniré fait en sorte
17:04de laisser le moins de traces possibles derrière lui.
17:09Michel Fourniré ne prend par exemple
17:10jamais l'autoroute
17:11pour éviter de laisser derrière lui
17:13un ticket de péage.
17:14Il effectue aussi
17:15la plupart de ses paiements en liquide.
17:17La preuve,
17:18en décembre 2007,
17:20les gendarmes récupèrent
17:21de la part des policiers
17:22qui centralisent les dossiers Fourniré
17:24seulement 9 feuillets
17:25censés résumer la vie du tueur
17:27depuis sa naissance en 1942
17:29jusqu'à son arrestation en 2003.
17:31C'est une biographie peu commune
17:33et basée uniquement
17:34sur des informations administratives.
17:36Par exemple,
17:38une date de mariage,
17:39celle d'un contrat de travail
17:40dont les policiers ont retrouvé la trace
17:42ou une facture d'essence.
17:43Et cet inventaire
17:44est malheureusement très incomplet.
17:47Pour l'année 1997,
17:49qui intéresse surtout les gendarmes,
17:51il n'y a que 18 mentions,
17:52des traces de paiement essentiellement.
17:54Et rien pour le mois de juin.
17:56Impossible donc de savoir
17:57où se trouver précisément
17:58fournirait à cette période.
18:00Pour résumer,
18:01les gendarmes n'ont pas beaucoup,
18:03voire pas du tout d'éléments.
18:05Mais ils ont quand même un fil à tirer.
18:07Une nièce de Michel Fourniré
18:08habite en Savoie,
18:09à Albertville.
18:11En tout cas,
18:12elle y habitait en juin 1997
18:15au moment de la disparition de Cécile.
18:17C'est un point de chute possible.
18:26Damien, les gendarmes
18:27retrouvent cette nièce de Michel Fourniré.
18:29Oui, pas très facilement,
18:30mais effectivement,
18:31ils vont finir par la loger,
18:33comme on dit,
18:33et l'entendre comme témoin.
18:35Elle sait, bien sûr,
18:36ce qui est reproché à son oncle,
18:38mais elle alerte tout de suite
18:39les gendarmes.
18:40Elle n'a vu Michel Fourniré
18:42qu'une ou deux fois dans sa vie
18:43à l'occasion de fêtes familiales
18:45quand elle était très jeune.
18:46Il n'est jamais venu chez elle,
18:48elle n'est jamais allée chez lui,
18:50et elle n'a quasiment, en fait,
18:51jamais eu de contact avec lui.
18:53Michel Fourniré n'a donc pas
18:55de raison objective connue
18:56de se trouver à Saint-Jean-de-Maurienne
18:58en juin 1997.
19:00Aucune,
19:00et les gendarmes,
19:01sans doute échaudés
19:02par toutes les autres impasses
19:04dans lesquelles ils se sont engouffrés
19:05depuis plus de huit ans,
19:07décident de ne pas pousser plus loin
19:09la piste Fourniré.
19:10Ils ne vont même pas
19:12demander à l'auditionner
19:13alors qu'il est détenu à l'époque.
19:15Lui ou sa femme Monique
19:16est elle aussi détenue
19:17en tant que complice à l'époque.
19:19En 2006,
19:20il décide de clôturer cette piste
19:22de manière définitive
19:24par un procès verbal laconique.
19:26Aucun rapprochement
19:27ne semble pouvoir être réalisé
19:29entre les agissements
19:30de Michel Fourniré
19:31et la disparition de Cécile Vallin.
19:35L'inventaire des tueurs en série
19:37n'est pas terminé pour autant.
19:39À peine hypothèses Fourniré refermées,
19:41une nouvelle se présente.
19:43En mars 2007,
19:44les enquêteurs en charge du dossier
19:46découvrent des articles de journaux
19:48relatant l'arrestation
19:49en novembre 2006,
19:51en Allemagne,
19:51d'un routier
19:52auteur de 6 meurtres de femmes
19:54et suspecté
19:55dans 19 homicides non élucidés.
19:57Cet homme s'appelle Volker Eckert.
19:59Il a 46 ans.
20:00Il a sillonné l'Europe
20:02pendant des années
20:02au volant de son camion,
20:04passant par l'Espagne,
20:05l'Italie
20:05et la France notamment.
20:07Au cours de ses premiers interrogatoires
20:09par la police allemande,
20:11après son interpellation,
20:12Eckert confesse
20:13avoir tué deux femmes en France,
20:15qu'il qualifie de prostituées.
20:16Ces proies étaient d'ailleurs
20:18toutes,
20:18soit des prostituées,
20:19soit des autostoppeuses.
20:21Dès qu'ils prennent connaissance
20:22de ces informations,
20:23les gendarmes en charge
20:24du dossier Valin
20:25cherchent à entrer en contact
20:26avec les enquêteurs allemands.
20:28Comme il est d'usage
20:29dans pareil cas,
20:30ils adressent une demande
20:31de coopération officielle
20:33enrichie d'un rapide exposé
20:34des circonstances
20:35de la disparition de Cécile
20:36en juin 1997,
20:38puis d'une liste
20:39de quatre questions.
20:40Eckert était-il bien
20:41chauffeur routier
20:42en juin 1997 ?
20:44Si oui,
20:45pour quelle société
20:46de transport travaillait-il
20:47et faisait-il des voyages
20:49en Italie via la France ?
20:50Les gendarmes demandent également,
20:52le cas échéant,
20:53les coordonnées
20:54de la société
20:54qu'il employait
20:55à ce moment-là
20:56et les moyens de paiement
20:57utilisés à l'époque
20:59par le chauffeur
21:00dans le cadre
21:00de son travail.
21:01Ils pourraient ainsi,
21:03par exemple,
21:04remonter la trace
21:04d'un passage par le tunnel
21:06du Fréjus.
21:07Enfin,
21:08les Français demandent
21:09aux Allemands
21:09si Eckert,
21:10dont ses aveux,
21:12parle d'une autostoppeuse
21:13qu'il aurait pu prendre
21:14à bord de son camion
21:15en juin 1997
21:16dans la région
21:17de Saint-Jean-de-Maurienne.
21:19À leur courrier,
21:20les gendarmes français
21:21joignent une photographie
21:22de Cécile Vallin.
21:27Damien,
21:28est-ce que les autorités
21:29allemandes leur répondent ?
21:31Oui,
21:31mais à nouveau,
21:32c'est la douche froide.
21:33Les Allemands
21:33informent les gendarmes
21:34français que,
21:35le 1er juillet 2007,
21:37quelques heures
21:38avant d'être interrogé
21:39sur une nouvelle série
21:40de meurtres
21:41dont il était suspecté,
21:42Volker Eckert
21:43s'est pendu
21:44dans la cellule
21:45où il était incarcéré
21:46en Bavière.
21:47Quelques mois plus tard,
21:48les autorités allemandes
21:50clôturent le dossier.
21:51Oui,
21:51Eckert est parti
21:52avec ses secrets.
21:53On sait de lui
21:54qu'il a tué
21:54en Espagne,
21:55en Allemagne,
21:56en France,
21:57dans la région
21:58de Bordeaux
21:59et d'Amiens,
22:00a priori,
22:00au cours de ses voyages.
22:01Les polices italiennes
22:02autrichiennes ont rouvert
22:04de leur côté
22:04une quarantaine
22:05de dossiers de crimes
22:06de femmes non élucidés
22:08qui se sont souvent passés
22:09le long d'une autoroute
22:10pendant plusieurs années.
22:11On sait qu'il a tué
22:13de 1974
22:14à 2006.
22:15Mais encore une fois,
22:16rien ne permet
22:17de le rapprocher
22:19de Saint-Jean-de-Maurienne
22:20et de Cécile Vallin.
22:23Après la fermeture
22:24des pistes Allègre,
22:25Reiser,
22:26Fourniré
22:26et Eckert,
22:27qui avaient mené
22:28les gendarmes
22:29à investiguer
22:29partout en France,
22:31l'enquête se recentre
22:32sur Saint-Jean-de-Maurienne
22:33et ses environs immédiats.
22:35Lorsque Cécile disparaît
22:36en juin 1997,
22:38d'importants travaux
22:39se déroulent
22:39dans le secteur
22:40pour prolonger
22:41l'autoroute à 43.
22:42Un tel chantier
22:43mobilise pendant
22:44des mois
22:45des dizaines
22:46d'entreprises
22:47et de sous-traitants
22:47ainsi que des centaines
22:49d'ouvriers.
22:49Les gendarmes
22:51ont lancé
22:51des vérifications
22:52dans les mois
22:52qui ont suivi
22:53la disparition de Cécile.
22:55Mais comment faire le tri
22:56entre des centaines
22:57de personnes ?
22:58Sachant qu'en plus,
22:59de très nombreux ouvriers
23:00travaillant sur le chantier
23:01n'étaient pas déclarés
23:03et n'apparaissent pas
23:04dans les listings
23:05des entreprises ciblées.
23:06Mais en 2008,
23:0811 ans après
23:09la disparition de Cécile,
23:10la juge d'instruction
23:11qui a récupéré le dossier
23:12décide pourtant
23:13de se repencher
23:14sur la piste
23:15du chantier de l'autoroute
23:16et d'une manière
23:17assez surprenante.
23:18Elle mandate en effet
23:20l'Institut de recherche
23:20criminelle de la gendarmerie
23:22pour sonder
23:22les accotements
23:23de l'autoroute
23:24au niveau de Saint-Jean-de-Maurienne.
23:26Objectif,
23:27tenter de déceler
23:28dans les fondations
23:28de la chaussée
23:29la trace d'une cavité
23:30ou d'une irrégularité
23:32du sous-sol
23:32qui pourrait être
23:34la preuve
23:34de l'enterrement
23:35d'un corps.
23:36Pour accomplir ce travail,
23:38jamais réalisé à l'époque
23:39dans le cadre
23:40d'une enquête judiciaire,
23:41les gendarmes
23:42utilisent un géoradar
23:43tout droit sorti
23:44des ateliers
23:44de l'IRCGN,
23:45l'Institut de recherche
23:46criminelle
23:47de la gendarmerie nationale.
23:49Il s'agit d'une sorte
23:50de chariot
23:50équipé de trois roues
23:52et qui embarque
23:53une série de capteurs
23:54capables de déceler
23:55la présence de cavité
23:56à plusieurs mètres
23:57de profondeur.
23:59Le mardi 20 mai 2008,
24:01la juge obtient
24:02la fermeture
24:02d'un tronçon
24:03de l'autoroute
24:03à 43
24:04pendant plusieurs jours
24:05pour se livrer
24:06à cette opération.
24:12Damien,
24:13ce tronçon
24:13correspond à celui
24:14qui était en travaux
24:15en juin 1997
24:17quand Cécile a disparu.
24:18Oui,
24:19mais le ratissage
24:20des lieux
24:20ne donne rien.
24:21C'est un peu
24:21la dernière grosse opération
24:24avant que l'enquête
24:25ne ralentisse
24:26considérablement.
24:27Ce n'est pas très étonnant
24:28même si évidemment
24:29les proches de Cécile
24:30le regrettent énormément
24:31mais pendant plus de dix ans,
24:33les juges
24:33qui se sont succédés
24:34et les gendarmes
24:35ont vérifié
24:36des dizaines de pistes,
24:37procédé à des centaines
24:39d'auditions
24:39et de vérifications
24:40mais sans jamais
24:41parvenir
24:42à trouver la vérité
24:43même quand celle-ci
24:44pouvait sembler
24:45être très proche.
24:47Alors l'enquête
24:47n'est pas stoppée
24:48mais il y a de moins en moins
24:49d'actes qui sont réalisés.
24:50On a presque l'impression
24:51que ce dossier
24:53est en sommeil.
24:54Pas refermé
24:54mais en sommeil.
24:56Et ce sommeil
24:56dure plus de dix ans.
24:58Oui,
24:59jusqu'en 2019.
25:00Au mois de décembre
25:02de cette année-là,
25:03le juge chargé du dossier
25:04décide de saisir
25:05un nouveau service
25:06d'enquête.
25:07L'Office Central
25:08de Répression
25:09des Violences
25:09aux Personnes
25:10l'OCRVP.
25:11Il s'agit d'un service
25:13spécialisé
25:13de la police judiciaire
25:14qui a l'habitude
25:15de traiter
25:15les crimes sériels
25:17et les crimes
25:17dits complexes.
25:19En fait,
25:19c'est aussi une manière
25:20de dire
25:21voilà,
25:21depuis 22 ans,
25:22les gendarmes
25:23ont tout tenté
25:24mais ont échoué.
25:25Peut-être,
25:26faut-il un regard neuf,
25:27d'autres méthodes
25:28de travail,
25:29une relecture du dossier.
25:30donc les enquêteurs
25:31de l'OCRVP,
25:32ils vont se plonger
25:33dans les milliers
25:34et milliers
25:35de pages
25:36de ce dossier
25:36à la recherche
25:37d'un détail
25:38qui aurait pu échapper
25:39aux gendarmes
25:40ou d'une piste
25:40qui n'aurait pas été
25:42assez creusée.
25:45Malgré ce regard neuf,
25:46aucun nouvel élément
25:47n'émerge
25:48et c'est finalement
25:49un tout autre événement
25:50qui braque à nouveau
25:52le projecteur
25:53sur Cécile Vallin.
25:54Et alors là,
25:55l'expression
25:55coup de théâtre
25:56n'est absolument
25:57pas usurpée.
25:58Le mardi
25:595 décembre 2023,
26:01le dossier
26:02de Cécile Vallin
26:03va faire irruption
26:04pendant un procès
26:05dans la salle
26:06de la cour d'assises
26:06des Hauts-de-Seine
26:07à Nanterre,
26:08là où on ne l'attendait
26:09plus,
26:10un rebondissement
26:11inouï,
26:12presque inespéré
26:13qui va tout relancer.
26:39Vous venez d'écouter
26:41le troisième épisode
26:42sur quatre
26:42de notre série
26:44Cécile Vallin
26:45Les secrets
26:46d'une disparition.
26:47Une série produite
26:48par Clara Grousis
26:49et Thibaut Lambert,
26:51réalisation et mixage
26:52Julien Moncouquiole,
26:54rédaction en chef
26:55Jules Lavi.
26:56Vous pouvez retrouver
26:57sur notre site internet
26:59les références
26:59des documents
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27:01et déjà écouter
27:02la suite de ce podcast
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27:05disponible sur
27:06leparisien.fr
27:08et sur toutes
27:08les plateformes d'écoute.
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