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Dans un podcast en deux parties, Crime story retrace les longues heures de cette incroyable prise d’otages qui a tenu en haleine tout en pays, en mai 1993.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Théo Albaric - Musiques : Audio Network

Archives : INA.

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#truecrimepodcast #crimestory #otages

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Transcription
00:06Vous écoutez Crime Story, prise d'otage à la maternelle de Neuilly, deuxième et dernier épisode.
00:16Le matin du jeudi 13 mai 1993, à 9h27, un homme s'introduit dans une école maternelle de Neuilly-sur
00:23-Seine, à côté de Paris.
00:25Armé d'un pistolet et d'explosifs, il prend en otage une classe de 20 enfants, âgés de 3 et
00:314 ans, et leur institutrice, Laurence Dreyfus.
00:34La directrice prévient la police.
00:37Rapidement, le RAID, la BRI, le préfet et le maire de Neuilly, Nicolas Sarkozy, tentent de négocier avec le forcené,
00:44qui se fait appeler HB,
00:46et qui exige une rançon de 100 millions de francs, environ 15 millions d'euros, livré avant 16h.
00:55À 16h, l'ultimatum donné par HB expire. Pourtant, l'école reste calme.
01:02Depuis plus de 2h, le forcené a commencé à libérer des enfants au compte-gouttes. Ils sont encore 15 dans
01:07la classe.
01:10À 16h40, un groupe de CRS pénètre dans l'établissement.
01:14Au même moment, on voit sortir l'ancien directeur de cabinet de Charles Pasqua.
01:19Mais ces mouvements n'annoncent pas une intervention du RAID.
01:22Assis à une table d'écolier au milieu des enfants, l'homme armé se méfie.
01:26Et le préfet a interdit tout assaut, avant que tous les otages ne soient libérés.
01:33Vers 17h, 3 autres enfants sont relâchés. Il en reste encore 12, détenus dans la classe.
01:39Alors que les pourparlers se poursuivent dans le calme,
01:42spontanément d'autres parents d'élèves apportent des couvertures, des peluches, des petites doses de réconfort.
01:49Plus tard, le maire de Neuilly ressort alors de l'école et se dirige vers la foule massée devant le
01:53périmètre de sécurité.
01:56Nicolas Sarkozy demande
01:57« Est-ce qu'il y a parmi vous un journaliste de TF1 ? »
02:03Jean-Pierre Abou, qui a été envoyé sur place par sa rédaction, se désigne.
02:07Le maire l'invite à venir avec lui
02:08et pendant qu'il traverse la cour de l'école,
02:10il lui révèle que c'est le preneur d'otages qui a eu cette exigence.
02:14Il veut voir un journaliste de TF1.
02:18Nicolas Sarkozy explique à Jean-Pierre Abou que la seule chose qu'on sait,
02:22c'est que l'homme a des explosifs
02:23et que le chef du RAID a négocié qu'il libère un enfant
02:26chaque fois que l'on accède à l'une de ses demandes.
02:30Jean-Pierre Abou est emmené jusque dans le bureau de la directrice
02:32où il rencontre un psychiatre
02:33qui lui indique qu'il va falloir écouter le preneur d'otages sans le contrarier.
02:39En arrivant devant la salle,
02:41Jean-Pierre Abou découvre des dizaines d'hommes du RAID collés contre le mur.
02:44Puis le journaliste est conduit devant la salle de classe.
02:47Il ouvre la porte et entre.
02:51Dans un coin, une dizaine d'enfants chantent une comptine avec leur maîtresse.
02:55Et derrière une armoire,
02:57HB est assis sur une petite chaise avec une musette sur le ventre
03:00et, à la main, un dispositif pour tout faire sauter.
03:04Le preneur d'otages parle au journaliste de manière posée.
03:07De sa musette, il sort des feuilles
03:09et lui dit qu'il l'a fait venir pour démentir les conneries qu'il entend à son sujet.
03:14Sa prise d'otages n'est pas politique, dit-il.
03:17Ce qu'il veut, c'est de l'argent.
03:18100 millions de francs.
03:19Il veut aussi quitter l'école en direct pendant la grand-messe de TF1 à 20h
03:23pour éviter d'être abattu par les policiers.
03:27En fin de journée,
03:28des fonds libérés par la Banque de France
03:30sont apportés à bord d'une fourgonnette blanche sur place
03:32et livrés aux forcenés dans trois caisses bleues.
03:36Les autorités affirment que depuis le début de la prise d'otages,
03:3952 millions ont été livrés à HB,
03:41une somme énorme.
03:43En réalité, il y en a moins.
03:45Mais le preneur d'otages ne l'a pas encore remarqué.
03:48La police semble alors décider à refuser tout nouveau compromis.
03:51Les agents essaient autre chose.
03:53Ils veulent convaincre HB de libérer les derniers enfants
03:56et de prendre à leur place, en otages, leurs parents.
03:59Ils refusent.
04:02Ils acceptent en revanche de quitter l'école,
04:04mais dans des conditions très précises,
04:06à bord d'une Renault Espace et avec des enfants.
04:09Un moyen de s'assurer qu'on ne lui tirera pas dessus.
04:15Pour les négociateurs,
04:16il est hors de question d'emmener les enfants où que ce soit.
04:19C'est sur ce statu quo que la nuit tombe.
04:21Pour certains des 12 enfants encore détenus,
04:24ce sera la première sans leurs parents.
04:27Toujours au premier plan,
04:28Nicolas Sarkozy ne quitte la maternelle
04:30que pour aller chercher des sacs de billets de banque
04:31qu'il rapporte ensuite aux preneurs d'otages.
04:38Damien, ça donne des images de scènes assez lunaires
04:42avec le ministre du budget
04:43qui amène lui-même des sacs pleins d'argent
04:46à un preneur d'otages.
04:48Oui, on pourrait dire qu'en même temps,
04:50c'est peut-être le mieux placé
04:51pour récupérer tous ses billets,
04:53mais effectivement,
04:54ce n'est pas tellement dans l'habitude d'un ministre
04:57de se livrer à ce genre d'exercice,
04:58c'est-à-dire d'être à la fois négociateur
05:00avec un preneur d'otages
05:01et de lui apporter lui-même la rançon.
05:05Dans la nuit,
05:05le forcené réalise que la somme n'y est pas.
05:08Oui, il procède à un comptage,
05:09une vérification de ce qu'il y a dans les sacs de billets.
05:12Et il y a une altercation entre lui et Nicolas Sarkozy
05:16parce qu'il reproche à Nicolas Sarkozy
05:19d'avoir mis dans ses sacs des marques,
05:20c'est-à-dire de la monnaie allemande,
05:22et des dollars.
05:23Donc finalement, ça ne fait pas le bon montant en francs.
05:25Et il lui dit,
05:26c'est très grave ce que vous venez de faire,
05:28vous vous rendez-vous compte que vous m'avez menti.
05:30Plus tard, dans cette même nuit de jeudi à vendredi,
05:34c'est un peu au tour de Nicolas Sarkozy
05:35de perdre son sang-froid.
05:36Tout le monde est fatigué.
05:38Cette anecdote, elle sera retracée plus tard
05:40dans un extrait de l'émission Secrets d'actualité
05:43qui date de 2001 sur cette prise d'otage.
05:46Il est alors 1h du matin
05:48lorsque le maire de Nenis revient à la maternelle
05:51avec une nouvelle sacoche remplie de liasses de billets.
05:54Et il est accueilli par un HB assez remonté
05:57qui lui dit, je ne fais pas ça pour l'argent.
05:59Et là, Nicolas Sarkozy sort de ses gonds
06:01et lui rétorque,
06:02moi je me suis cassé les pieds pour trouver l'argent,
06:05j'ai traversé la moitié de Paris pour ça,
06:06alors l'argent, vous allez le prendre.
06:08Puis il déverse les billets sur le sol
06:10et il ajoute, voilà les liasses,
06:12vous les gardez, vous les comptez,
06:14ce n'est pas un enfant que je vais prendre,
06:16c'est deux.
06:17Finalement, il va perdre ce bras de fer,
06:18en quelque sorte, Nicolas Sarkozy,
06:20puisqu'il ne va quitter la salle
06:21qu'avec un seul enfant,
06:23c'est-à-dire ce qui était la règle du jeu,
06:25entre guillemets,
06:26entre le preneur d'otage et les négociateurs.
06:28Cet enfant, c'est une petite fille,
06:30elle s'appelle Mélanie.
06:33Le vendredi 14 mai au matin,
06:36ça fait 24 heures que la prise d'otage a débuté
06:38et la situation n'a pas évolué.
06:41Pas vraiment, Nicolas Sarkozy a dormi sur un lit de camp,
06:44lui dans la loge de la gardienne de l'établissement.
06:47Il va se retirer des négociations
06:50après un ultime coup de poker.
06:52Il propose un échange entre lui
06:54et les six derniers enfants
06:56qui sont retenus dans la classe.
06:58HB refuse.
07:00Après cela,
07:01l'élu va lui-même annoncer aux parents
07:03qu'il se retire des négociations.
07:06On prend le temps de s'arrêter un peu
07:08sur le rôle de Nicolas Sarkozy dans cette affaire
07:10parce que c'est réellement
07:12un moment décisif dans sa carrière.
07:15Oui, alors, a posteriori,
07:17certains observateurs diront que
07:18c'est à cet instant de l'histoire,
07:21en quelque sorte,
07:21que s'est révélé l'animal politique
07:23qui était en lui.
07:24On découvre aussi un homme de communication
07:27qui sait attirer les caméras
07:29et qui sait ensuite les garder autour de lui.
07:32On le voit, on a ces images
07:34où il sort de l'école
07:35avec un enfant dans les bras
07:37et qu'il remet à sa mère.
07:38Il va rentrer quand même
07:39à sept reprises dans la classe
07:41pour négocier et parvenir
07:43à faire sortir quatre enfants.
07:45Cette intervention médiatique
07:47et opérationnelle, en quelque sorte,
07:49lui vaut en septembre 1993
07:51d'entrer dans le prestigieux baromètre
07:54de popularité,
07:55sauf frais du Figaro Magazine.
07:57Alors, le moins qu'on puisse dire,
07:59c'est que les projecteurs
08:00qui sont tournés à ce moment-là
08:01sur la maternelle de Neuilly
08:03lui donnent un énorme
08:05coup de communication
08:06et qu'il apparaît sous un jour
08:08assez nouveau.
08:10Encore une fois,
08:10il est très peu connu
08:11à l'époque au niveau national
08:13et là, la France découvre
08:15un homme courageux,
08:16il faut le dire,
08:17qui n'a peur de rien
08:18et qui est déjà
08:21apparemment sensible
08:22et sensibilisé à des thématiques
08:24qui vont être son cheval de bataille,
08:26la sécurité notamment,
08:27tout au long de sa carrière.
08:29Parenthèse refermée,
08:31la journée du vendredi passe
08:32sans que les négociateurs
08:34parviennent à obtenir
08:35la libération de nouveaux otages.
08:38Oui, et finalement,
08:39bizarrement,
08:40il y a une forme de routine
08:41qui s'installe,
08:42ça fait 24 heures,
08:43il y a des plateaux repas
08:45qui sont livrés,
08:46les parents qui, évidemment,
08:48attendent toujours
08:48dans l'école,
08:49à quelques mètres
08:50de la salle de classe,
08:52attendent que leurs enfants
08:53éventuellement soient libérés
08:54mais sans pouvoir les voir.
08:56Quelques personnes
08:57triées sur le volet
08:59qui vont de temps en temps
09:00rentrer dans l'école
09:01ou dans la classe,
09:02parce qu'il y a quand même
09:03du mouvement finalement
09:04dans cette classe,
09:05elle ne s'est pas complètement
09:06à huis clos.
09:08Et rien d'extraordinaire
09:09si ce n'est que logiquement,
09:11HB commence à montrer
09:13des signes évidents
09:14de fatigue.
09:15Et ça, pour le RET,
09:17c'est une information importante
09:18parce que c'est l'espoir
09:20d'un dénouement,
09:21peut-être pas rapide,
09:22mais en tout cas
09:23d'un nouvel élément
09:24dans la gestion
09:26de cette scène de crise.
09:35Vers 15h le vendredi,
09:36les enfants dorment
09:37et Laurence Dreyfus,
09:38l'institutrice,
09:39est autorisée par HB
09:40à sortir de la classe
09:41pour donner des nouvelles
09:42aux parents.
09:43Le preneur d'otages,
09:44qui commence à montrer
09:45quelques signes d'énervement,
09:46dit dans un premier temps
09:48qu'il ne veut plus la voir.
09:49Puis il change d'avis
09:51et accepte qu'elle revienne.
09:53À 15h30,
09:54les négociations reprennent
09:55entre le forcené
09:56et les membres
09:56de la cellule de crise.
09:59La journée se poursuit,
10:00avec les allées et venues
10:01des policiers,
10:02des parents,
10:03des livreurs
10:03de plateaux repas.
10:05À 22h,
10:06la situation n'a pas évolué.
10:08Ils restent six enfants
10:09dans la classe
10:09et ils vivent
10:10leur deuxième nuit,
10:12loin de chez eux.
10:14HB, lui,
10:15est de plus en plus fatigué.
10:17À l'extérieur
10:18de la classe numéro 8,
10:19les policiers
10:20commencent à échafauder
10:20un deuxième plan.
10:22Ils sentent
10:23que les négociations
10:24risquent de piétiner.
10:25Pour eux,
10:26pas de doute,
10:27en cas d'échec,
10:27c'est l'assaut.
10:29Quelques heures plus tôt,
10:31HB a demandé
10:31une caméra
10:32pour pouvoir filmer
10:33les enfants
10:33et faire visionner
10:34en direct
10:35les images aux parents.
10:36Il veut leur prouver
10:38qu'ils s'en occupent bien
10:39et que les petits
10:40jouent tranquillement.
10:41C'est en effet le cas.
10:44Médecin capitaine
10:45des pompiers de Paris
10:46et autorisé
10:47par le preneur d'otage
10:48à être dans la classe
10:48avec Laurence Dreyfus,
10:50Evelyne Lambert
10:51va avoir un rôle décisif
10:52dans le plan du raid.
10:55Vers 23h,
10:57elle profite
10:57d'un moment
10:57d'inattention
10:58du forcené
10:59pour détourner
11:00tout doucement
11:00la caméra
11:01qui retransmet donc
11:02les images en direct
11:03vers lui.
11:04Sans qu'ils s'en rendent compte,
11:06les policiers
11:07peuvent désormais
11:07surveiller
11:08ses moindres faits et gestes.
11:10Installés dans une salle
11:11à côté,
11:12ils ont les yeux rivés
11:13sur les écrans vidéo.
11:14Ils voient l'homme
11:15dodeliner doucement
11:16de la tête,
11:17il est harassé.
11:19Vers 4h du matin,
11:21la fatigue a raison
11:22de ses dernières forces
11:23et tandis que
11:24les petits jouent
11:25dans la classe,
11:25il s'endort sur le matelas
11:27qu'il n'a pas quitté
11:28depuis 44h.
11:31Les policiers
11:32remarquent à ce moment
11:33que son système
11:34de mise à feu
11:34est sur off.
11:36Pour déclencher l'explosion,
11:37il lui faut donc
11:38remettre le commutateur
11:40sur ON,
11:41puis appuyer
11:42sur le bouton
11:42du détonateur.
11:44Soit,
11:45quelques dixièmes
11:46de seconde
11:46de gagné
11:47pour les hommes du RAID.
11:51Damien,
11:52à ce moment-là,
11:53Evelyne Lambert,
11:54qui est donc
11:54le médecin pompier,
11:55apprend un nouveau jeu
11:56aux enfants.
11:57Le jeu de la tortue.
11:59Il faut qu'ils mettent
12:00les petits matelas de sol
12:01qu'on leur a apportés
12:02sur leur dos
12:03et qu'ils rampent
12:04jusqu'au fond de la classe.
12:06À l'opposé
12:07de l'endroit,
12:07évidemment,
12:08où s'est assoupi HB.
12:10En fait,
12:10ce jeu,
12:11il a été élaboré
12:12par le RAID lui-même
12:14pour amener
12:15les six enfants restants
12:16à se mettre
12:17dans la meilleure position.
12:19En tout cas,
12:20la moins pire,
12:21celle qui les protégera
12:22le plus
12:23si,
12:23au moment de l'assaut,
12:24le forcené
12:25a le temps
12:26de déclencher
12:27son système explosif.
12:29Au petit matin,
12:30les enfants sont
12:31une nouvelle fois
12:32invités à jouer
12:33au jeu
12:34de la tortue.
12:35Au moment
12:36où les enfants
12:36arrivent au bout
12:37de la salle
12:38le plus loin possible
12:39d'HB,
12:40les policiers du RAID
12:41se mettent en position
12:42à côté
12:43de la porte d'entrée.
12:44Plus personne ne parle,
12:46plus personne ne bouge.
12:47Grâce aux informations
12:48qui ont été données
12:49par l'institutrice
12:51et le médecin,
12:52ils savent
12:52que l'homme à la cagoule
12:53a disposé
12:54des bâtons
12:55d'explosifs
12:56apparemment
12:56dans toute la pièce
12:57et en a gardé
12:58également sur lui.
13:00Il en a placé
13:01devant chaque porte,
13:02chaque issue
13:02de la salle,
13:03sauf une,
13:05celle par laquelle
13:05le RAID
13:06a choisi d'entrer.
13:07À 7h24,
13:09le RAID
13:09donne l'assaut.
13:10Oui,
13:10la porte de la classe
13:11est ouverte.
13:12Huit hommes du RAID
13:13habillés en noir
13:15font irruption
13:15dans la salle.
13:17Deux d'entre eux
13:17font face à HB
13:19pendant que les autres
13:20se précipitent
13:21sur les enfants
13:21pour les recouvrir
13:23en quelque sorte
13:24avec leur corps.
13:25Evelyne Lambert
13:26aussi va se jeter
13:27sur les petits
13:28en prévention.
13:29Les deux hommes
13:30du RAID
13:30qui sont devant HB
13:32ouvrent le feu.
13:33Trois coups,
13:34des coups tirés
13:35avec un silencieux
13:36sur l'arme
13:37pour ne pas effrayer
13:38les enfants.
13:39Les trois balles
13:40vont atteindre
13:41le preneur d'otage
13:42en pleine tête.
13:43Il meurt sur le coup
13:44sans avoir pu
13:45actionner son détonateur.
13:53Après 46 heures
13:54de prise d'otage,
13:55tous les enfants
13:55de la classe numéro 8
13:57et leur institutrice
13:58Laurence Dreyfus
13:59sont sains et saufs.
14:01Human Bomb est mort.
14:03Car c'était ça
14:04que signifiaient
14:04les initiales HB,
14:06Bombe Humaine.
14:08Quelques heures
14:08avant l'assaut,
14:09le forcené
14:10l'a confié
14:10à Laurence Dreyfus.
14:12Désormais,
14:13on a même son nom
14:14car il a sur lui
14:15sa carte d'identité.
14:17Human Bomb,
14:18ou HB,
14:19s'appelle en réalité
14:20Eric Schmidt.
14:23Son profil
14:24est aussi ordinaire
14:24que son histoire.
14:26Âgé de 42 ans,
14:27il a grandi
14:28dans un petit village
14:29de Leroux
14:29à côté de Béziers
14:30où il est arrivé
14:31avec sa famille d'Algérie
14:32en 1963,
14:34quelques mois
14:34après la proclamation
14:35de l'indépendance.
14:37Eric y était né
14:3811 ans plus tôt,
14:39le 31 juillet 1951.
14:42Son père,
14:43Camille,
14:43est très rigide
14:44avec ses enfants.
14:46Sa mère,
14:46Marie,
14:47est très pieuse.
14:48Dès l'adolescence,
14:50Eric choisit
14:50d'intégrer
14:51l'armée de terre.
14:52Il la quitte
14:53sous officier
14:53sept ans plus tard,
14:54en 1974.
14:59Eric a 23 ans
15:00et il monte à Paris.
15:02Il se marie
15:03en 1975,
15:04mais l'idyl tourne court.
15:06Sa femme et lui
15:07se séparent
15:07peu de temps après,
15:08sans que la plupart
15:09de ses proches
15:10ne les rencontrer.
15:11c'est une grande blessure
15:12pour lui
15:13qui rêvait d'avoir des enfants.
15:14Selon un de ses amis,
15:16ça restera même
15:16le grand échec
15:17de sa vie.
15:19Eric Schmidt
15:20décide alors
15:21de se concentrer
15:21sur le travail.
15:23A l'aube des années 80,
15:24il achète un trois-pièces
15:25à Ronis-sous-Bois,
15:26en Seine-Saint-Denis,
15:27et il fonde une société
15:28spécialisée dans l'électronique
15:30et l'informatique.
15:31L'homme vit seul.
15:32Ses parents lui rendent
15:33un peu visite,
15:34et c'est tout.
15:36Un voisin se rappelle
15:37que pendant les sept ans
15:38qu'il a passé ici,
15:39il ne lui a jamais vu
15:40de compagne,
15:41ni même d'amis.
15:43Son entreprise,
15:44en revanche,
15:45marche bien,
15:46très bien même.
15:47Trois agences,
15:48une quarantaine
15:48de salariés,
15:49et pour Eric,
15:50enfin,
15:51une forme de reconnaissance.
15:53Il est satisfait
15:54de sa réussite
15:55qu'il affiche
15:56en roulant
15:56dans une grosse voiture.
15:59En 1987,
16:00la petite vie rangée
16:01qu'il s'est construite
16:02déraille.
16:03Un conflit éclate
16:04entre Eric
16:04et certains de ses salariés
16:06qui veulent prendre
16:06le contrôle de l'entreprise.
16:08Il perd une partie
16:09de sa clientèle,
16:10son chiffre d'affaires
16:11s'effondre.
16:13Quelques mois plus tard,
16:14la société fait faillite
16:15et sa dette
16:15s'élève à 10 millions de francs.
16:17C'est le début
16:18d'une longue descente
16:19aux enfers.
16:20Eric n'a plus les moyens
16:21de garder son appartement
16:22de Ronis-sous-Bois
16:23qu'il revend.
16:24Au premier échec professionnel,
16:26s'en ajoute un second.
16:28Eric croit enfin
16:29sortir un peu
16:30la tête de l'eau
16:30quand il rencontre
16:32sur une plage
16:32une brésilienne
16:33dont il tombe
16:34éperdument amoureux.
16:35Durant trois mois,
16:36ils ne se sont pas quittés,
16:37se souvient un de ses amis.
16:39Et puis,
16:40elle a dû rentrer
16:40précipitamment au Brésil.
16:42Elle n'est jamais revenue.
16:46Damien,
16:47en 1992,
16:49un an avant
16:49la prise d'otage,
16:51Eric Schmidt
16:51est licencié.
16:52Oui,
16:53il va aller pointer
16:53au chômage
16:54à Béziers,
16:55dans les Raux.
16:56c'est vraiment
16:57la dégringolade
16:58absolue
17:00sur le plan professionnel,
17:01sur le plan personnel,
17:03ce qui d'ailleurs
17:04permettra à ses amis
17:05de comprendre
17:06comment Eric Schmidt
17:07a pu en arriver
17:08jusque là,
17:09même s'ils n'ont jamais
17:10imaginé cette fin
17:11dans cette prise d'otage
17:12dans une maternelle.
17:13Lui,
17:14en tout cas,
17:15a laissé quatre lettres
17:16à son père
17:17avant de quitter
17:18le domicile familial
17:19de l'Hérault
17:20pour remonter sur Neuilly.
17:21Quatre textes manuscrits
17:23qui ont été rédigés
17:24à des dates différentes
17:25et enfermés
17:26dans une large enveloppe
17:28de papier craft
17:29qu'il avait déposé
17:30bien en évidence
17:31sur un meuble
17:32de sa chambre
17:32après avoir écrit dessus
17:34le prénom de son père
17:35qui était Camille.
17:37Ça se terminait,
17:38ces lettres,
17:38par un au revoir.
17:40Il ne dévoilait
17:41en revanche
17:41rien de son projet
17:43un peu fou
17:44dans cette maternelle
17:45de Neuilly.
17:46En revanche,
17:47il expliquait assez longuement
17:49les problèmes d'argent
17:50qu'il rencontrait
17:51dans lesquels il se trouvait
17:52sa longue période
17:53de chômage,
17:54ses procès aussi
17:55avec ses anciens associés,
17:57enfin tout ce qui l'avait marqué
17:58depuis toutes ces années.
18:00Il soulignait aussi
18:01son grand désarroi moral
18:03et son envie
18:04de prendre un peu l'air.
18:05On voit bien
18:06un homme en bout de course
18:08qui a vu
18:09s'écrouler
18:10en peu de temps
18:11tout ce qu'il avait mis
18:12des années à construire.
18:13Il faut préciser
18:14qu'il est resté
18:15très doux
18:15avec les enfants
18:16et c'est un élément
18:18qui compte.
18:18Oui,
18:19et auquel il tenait
18:20d'ailleurs lui-même
18:20parce que rappelez-vous
18:21quand il a été qualifié
18:22de forcené,
18:23il s'est tout de suite agacé
18:24en disant qu'il était
18:26gentil avec les enfants.
18:28Lui évidemment
18:28n'avait pas à l'idée
18:29le traumatisme
18:30que ça peut être
18:31pour des enfants
18:31d'être pris en otage
18:32mais effectivement
18:32il n'a commis
18:34aucune violence
18:35particulière physique
18:36sur ses enfants.
18:38Certains diront même
18:38qu'en fait
18:39cet acte
18:40dans cette maternelle
18:41de Neuilly
18:41était une forme
18:42de suicide
18:43en réalité
18:44pour Eric Schmitt.
18:45Il savait
18:46qu'en faisant cela
18:47il allait mourir.
18:48Il ne l'a jamais
18:49tellement souhaité
18:50ni porter atteinte
18:51à la vie des petits
18:51ni à leur intégrité physique.
18:53D'ailleurs
18:54Evelyne Lambert
18:55qui a été
18:55à la fois témoin
18:58actrice
18:58de cette prise d'otage
18:59reconnaît qu'il avait
19:00elle le dira
19:01un excellent contact
19:02avec les enfants.
19:04Il leur donnait
19:04du papier pour dessiner
19:05il les faisait jouer
19:06dira-t-elle.
19:07Il leur expliquait
19:08qu'il ne leur voulait
19:09pas de mal.
19:10Laurence Dreyfus
19:11l'institutrice
19:11dira la même chose.
19:13D'ailleurs
19:13ça va presque devenir
19:14tout ça
19:14un argument politique.
19:16La gauche
19:17une certaine partie
19:17de la gauche
19:18dénonçant
19:19l'assaut
19:20porté par le RAID
19:21un assaut
19:23extrêmement rapide
19:24et surtout
19:24extrêmement létal
19:26c'est-à-dire
19:26que les policiers
19:27rentrent
19:27et immédiatement
19:28ouvrent le feu
19:29tirent dans la tête
19:30de Eric Schmitt
19:31donc ne lui laisse
19:31entre guillemets
19:32aucune chance
19:33mais enfin
19:33c'était quand même
19:33le principe de l'assaut
19:35et certains diront
19:36que c'est une peine
19:36de mort
19:37qui ne dit pas son nom.
19:38Certains disent ça
19:39parce qu'on apprend
19:40après coup
19:41qu'Eric Schmitt
19:42a été endormi.
19:43Oui alors
19:44c'est les petits secrets
19:45d'une intervention
19:47pour s'assurer
19:48qu'Eric Schmitt
19:49serait à la fois
19:50endormi
19:51et bien endormi
19:52au moment de l'assaut
19:53puisque c'était
19:53une des conditions
19:54de réussite
19:55de cet assaut
19:55les hommes du RAID
19:57avaient au préalable
19:58versé un somnifère
20:00dans les tasses de café
20:01qui étaient régulièrement
20:02apportés aux preneurs d'otages
20:04dans la classe
20:04par précaution d'ailleurs
20:06Evelyne Lambert
20:07qui était médecin
20:08capitaine des pompiers
20:09qui était restée
20:10dans la classe
20:11auprès de l'institutrice
20:12pour s'occuper des enfants
20:13avait été mise
20:14dans le secret
20:15justement
20:15de cette administration
20:17de somnifères
20:17et elle devait
20:18elle-même
20:19s'assurer
20:20de visu
20:21que Schmitt
20:21était assoupi
20:22endormi
20:23et même
20:24il avait été convenu
20:25d'un signal
20:26entre elle
20:27et les policiers
20:28du RAID
20:28elle devait déboutonner
20:30sa veste
20:31devant l'objectif
20:32d'une mini caméra
20:33qui avait été placée
20:34à travers le mur
20:35par le RAID
20:36pour signifier
20:37pour donner le top
20:38en réalité aux policiers
20:39qu'ils pouvaient intervenir
20:41et donc le matin
20:42du samedi 15 mai
20:4393
20:44quand Eric Schmitt
20:46s'endort
20:46Evelyne Lambert
20:48vérifie
20:48qu'il est endormi
20:50elle le secoue
20:50elle le secoue
20:52beaucoup
20:53elle le fait bouger
20:54elle fait bouger
20:54aussi bruyamment
20:55des meubles
20:56par les enfants
20:56dans la classe
20:57des tables
20:58pour voir s'il réagit
20:59et comme il reste
21:00inerte
21:00elle fait alors
21:02le fameux signal
21:03convenu
21:03avec le RAID
21:08de l'autre côté
21:09de l'échiquier politique
21:10la droite s'empare
21:12de la figure
21:12de Laurence Dreyfus
21:13l'institutrice
21:14largement acclamée
21:15pour son courage
21:16pour en faire
21:16une icône sécuritaire
21:18quelques jours plus tard
21:19elle est décorée
21:20de la Légion d'honneur
21:21mais elle n'est pas là
21:23perturbée
21:24par ce qu'elle vient
21:24de vivre
21:25elle a préféré
21:25partir chez ses parents
21:26avec son mari
21:27et sa petite fille
21:28de 20 mois
21:29elle donnera
21:30sa seule interview
21:31dans les jours
21:31qui suivent
21:32à Paris Match
21:33puis elle quitte
21:34l'éducation nationale
21:35pour devenir psychologue
21:37Laurence Dreyfus
21:38vit mal
21:39d'être traitée
21:40en héroïne
21:41alors qu'elle considère
21:42avoir agi
21:42comme n'importe quel
21:43instituteur
21:44l'aurait fait
21:44à sa place
21:465 ans plus tard
21:47en 1997
21:48elle publie
21:50Chroniques d'une prise d'otage
21:51récits qui retracent
21:53les 46 heures
21:53qu'elle a vécues
21:54et qui détaillent
21:55les tourments
21:56que cette tragédie
21:57a provoqués
21:57chez elle
21:58vous venez d'écouter
22:09Crime Story
22:09le podcast
22:10fait divers du Parisien
22:11avec à la production
22:12Thibaut Lambert
22:14à la réalisation
22:15Théo Albaric
22:16et à la rédaction
22:17en chef
22:17Jules Lavi
22:19un épisode
22:20que je vous raconte
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22:22et un podcast
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22:23chaque samedi
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22:25leparisien.fr
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