- il y a 9 heures
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Un an après le début du mouvement des Gilets jaunes, Code source revient sur cette mobilisation avec une série anniversaire de 3 épisodes.
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Un an après le début du mouvement des Gilets jaunes, Code source revient sur cette mobilisation avec une série anniversaire de 3 épisodes.
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NewsTranscription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15On a tous un gilet jaune dans la bagnole.
00:17Foutez-le en évidence sur le tableau de bord.
00:19Un petit code couleur pour montrer que vous êtes d'accord avec nous avec le mouvement.
00:22On entend tous ces bruits de grenades assourdissantes,
00:25ces jets de gaz acrymogènes qui sont lancés par les forces de l'ordre
00:27pour tenter de disperser plusieurs centaines de gilets jaunes.
00:30On a fait le risque de la force.
00:32Nous concrètement, on s'en fout.
00:33On est des travailleurs qui, au 18 mois, n'avons plus d'argent.
00:36Payer nos factures, ça devient difficile.
00:38Macron, démission !
00:40Macron, démission !
00:42Macron, démission !
00:43Une fronde inédite en France par son ampleur.
00:46D'abord contre l'augmentation des prix des carburants,
00:49puis contre la baisse générale du pouvoir d'achat.
00:51A travers tout le pays, manifestations, occupations de ronds-points, barrages filtrants.
00:55Des hommes, des femmes, en colère, de tous bords politiques,
00:59se parlent sur les réseaux sociaux et vont réussir à faire reculer le gouvernement.
01:04Mais le mouvement des gilets jaunes sera sans lendemain.
01:06Un an après, Codesource revient sur cette mobilisation avec une série anniversaire.
01:11Troisième et dernier épisode, la désillusion.
01:19A mes côtés, Aurélie Rossignol, journaliste aux Parisiens.
01:22Fin novembre, les médias commencent à parler d'une éventuelle réunion à Matignon.
01:27Au sommaire aujourd'hui, douzième jour de dialogue de sourds entre gouvernement et gilets jaunes.
01:32Nouvelle sortie médiatique, Edouard Philippe ce matin.
01:34Pas de nouvelle annonce, mais une porte ouverte à Matignon.
01:37S'il y a une délégation représentative de gilets jaunes qui souhaite être reçue, je le ferai.
01:40C'est la suite logique, puisque sur les ronds-points, la mobilisation est toujours là,
01:44les manifestations continuent, mais il y a un moment où il faut que les revendications soient entendues.
01:50Alors, une partie des gilets jaunes commence à se dire qu'il va falloir être représentée,
01:55avoir des porte-parole pour pouvoir être reçue à Matignon et à l'Elysée.
02:00À ce moment-là, c'est une demande des gilets jaunes qui veut solliciter un rendez-vous.
02:03Mais rien n'est arrêté.
02:05Et là, Priscilla Ludowski, Eric Drouet et d'autres figures du mouvement se disent qu'il faut s'organiser.
02:10Oui, la première tentative de représentation intervient le 26 novembre avec une partie des gilets jaunes.
02:17Il va y avoir une sorte de visioconférence avec les principaux administrateurs des groupes Facebook
02:23qui réunissent le plus de gilets jaunes.
02:26Ils sont une quarantaine et ils vont désigner huit porte-parole.
02:30C'est une discussion, il n'y a pas de vote et il n'y a pas de sollicitation des
02:35gens qui appartiennent à ces groupes.
02:37Qui est finalement désigné ?
02:39Alors, ils sont huit. Dans ce groupe, il y en a trois qui vont rester connus pendant toute la mobilisation.
02:45C'est Priscilla Ludowski, cette auto-entrepreneuse de Seine-et-Marne qui avait lancé la pétition contre la hausse des
02:52prix à la pompe.
02:53Il y a aussi Eric Drouet, un chauffeur, lui aussi de Seine-et-Marne, qui est à l'origine de
02:58l'idée d'une journée de mobilisation le 17 novembre.
03:01Et il y a un certain Maxime Nicolle qui, lui, prend aussi la lumière assez rapidement dans les émissions.
03:08Il va enchaîner les plateaux avec sa barbe rousse et sa casquette à l'envers.
03:13Il est très vite reconnaissable.
03:15Et là, comment ces huit noms sont communiqués aux autres gilets jaunes ? Comment ça se passe ?
03:18Ils s'autodésignent communicant officiel.
03:21C'est un terme qu'ils utilisent pour ne pas dire porte-parole ou leader,
03:25puisque l'idée est toujours d'être là simplement pour passer le relais.
03:29Et ils vont se faire critiquer.
03:30Nous avons appris avec une grande surprise aux alentours de 19h hier soir
03:35que cette réunion-là était prévue et qu'une élection était prévue.
03:38On n'était pas au courant, on ne sait pas comment ont été désignées les personnes sur la liste
03:42et on ne sait pas comment a été prévue cette élection.
03:44On découvre ça. J'ai beau téléphoner à toutes les personnes qui permettent de fédérer à droite et à gauche,
03:51il faut laisser la base s'organiser et il va falloir y aller étape par étape.
03:54Mais pas comme ça, pas en quelques jours, c'est pas possible.
03:57C'est des insultes sur les réseaux sociaux.
03:59On leur dit qu'ils veulent se mettre en avant et qu'ils veulent tout simplement être connus.
04:10Éric Drouet doit même se fendre d'un message face caméra
04:13pour répondre aux personnes qui considèrent ça comme une trahison.
04:17Donc je vais faire une vidéo pour bien expliquer aux gens une bonne fois pour toutes parce que je lis
04:21des messages
04:22mais les gens je crois que ne lisent pas complètement le communiqué ou ce que j'ai pu expliquer dans
04:26les vidéos.
04:28Donc on parle de représentants, on n'a en aucun cas évoqué le nom de représentant.
04:33Pour ma part, moi je dis depuis le début, il ne peut pas y avoir de représentant pour ce mouvement.
04:38C'est l'ensemble des gilets jaunes qui doit parler.
04:40Mais vous comprenez bien qu'à l'Elysée, ils ne vont pas pouvoir tous nous recevoir.
04:44Je sais qu'il y en a certains qui ne comprennent pas qu'il y ait huit personnes qui ont
04:49été choisies.
04:50Mais on n'a pas vraiment choisi huit personnes.
04:52On se prépare à s'ils veulent une délégation, qu'on ne nous dise pas qu'on n'est pas
04:56organisé ou je ne sais quoi.
04:58Nous, on a des idées des personnes juste pour aller au contact du gouvernement et faire le rôle de passerelle.
05:05Pourquoi est-ce que ça pose problème finalement à beaucoup de gilets jaunes ?
05:08Ça pose problème parce que le but c'est de ne pas avoir de représentants.
05:12Ils ne passent pas par les syndicats exactement pour ces raisons-là.
05:16Ils veulent que ce soit un mouvement citoyen sans structure.
05:20C'est pour ça que les mouvements politiques aussi sont mal reçus pendant les manifestations de gilets jaunes ?
05:25Les mouvements politiques sont assez mal reçus, c'est vrai.
05:28Il y a des tentatives de plusieurs partis politiques pour approcher certains gilets jaunes.
05:33Plus tard, on va même parler de Jean-Luc Mélenchon qui dit toute son admiration pour Éric Drouet.
05:39Mais à chaque fois, ils seront repoussés.
05:43Et les gilets jaunes ont posé des conditions avant ce rendez-vous.
05:46Ils ont demandé à ce que tout soit filmé en direct.
05:49La question va se poser effectivement plusieurs fois à chaque rendez-vous avec des officiels.
05:54Que les discussions puissent être tenues en live sur Facebook.
05:57Parce que c'est un mouvement qui est né sur les réseaux sociaux.
06:01Sauf que le gouvernement n'acceptera jamais ces conditions.
06:03Et là, que se passe-t-il ? Est-ce qu'il y a effectivement une réunion en matinée ?
06:06Une réunion est prévue.
06:08Le rendez-vous est calé le 30 novembre avec le Premier ministre Edouard Philippe.
06:12Mais aussi le ministre de la Transition écologique.
06:15Parce qu'à ce moment-là, le gouvernement pense encore que la fronde se cantonne
06:20à la problématique des prix à la pompe et de la fameuse taxe carbone.
06:24Mais ce rendez-vous est un fiasco.
06:26Pourquoi ?
06:27Les huit porte-parole ont tellement été critiqués pour cette mise en avant
06:32qu'ils vont devoir renoncer au rendez-vous.
06:35Alors jusqu'au dernier moment, il y en a deux qui hésitent.
06:37Un certain Jason Herbert, dont on entendra pas mal parler au début.
06:41Le gilet jaune voulait filmer les négociations.
06:45Mais Edouard Philippe a dit non.
06:46Alors Jason Herbert a tourné les talons.
06:50Et un autre qui préfère rester anonyme.
06:53Alors c'est ce dernier qui va finalement aller rencontrer Edouard Philippe.
06:56Mais le rendez-vous dure une demi-heure.
06:58Et puis il n'y a rien qui ressort d'extraordinaire.
07:01C'est un rendez-vous manqué.
07:06C'est complètement hallucinant comme situation.
07:08C'est hallucinant parce que de toute façon,
07:10cette mobilisation est inédite.
07:12Et il n'y a pas de code.
07:13Contrairement aux syndicats qui sont habitués,
07:16il y a des traditions.
07:17Là, on découvre tout.
07:19La plupart des manifestants sont des primo-manifestants.
07:22Ils n'ont pas du tout l'habitude de ce genre de mobilisation.
07:24Juste après cette réunion, on est donc à la fin du mois de novembre.
07:28Les tentatives de structuration du mouvement ont échoué.
07:31Et malgré tout, un groupe se forme.
07:33C'est Priscillia Ludoski, c'est Eric Drouet,
07:36Maxime Nicole et bientôt Jérôme Rodriguez
07:39qui va rentrer dans le groupe.
07:40Lui, c'est le martyr symbole.
07:42C'est celui qui a perdu un oeil lors d'un affrontement avec la police.
07:46Et il va devenir le symbole des violences policières
07:48qui vont être décriées à partir de ce moment-là.
07:52Et ceux-là, pourquoi est-ce qu'ils arrivent à s'entendre ?
07:54Tout se passe encore sur Facebook.
07:56Au bout d'un moment, ils se connaissent, donc ils s'appellent.
07:58Mais à la base, ce sont des gens qui sont très différents,
08:00qui ne se connaissent pas,
08:02mais qui commencent à agir en coulisses
08:04pour organiser les actions.
08:06Alors, jamais de façon officielle,
08:08parce qu'il n'est pas question qu'en cas de problème,
08:11on leur reproche la responsabilité de ces actions.
08:14Ils font très attention à ça.
08:15Les groupes Facebook sont toujours co-gérés.
08:19et il y a une vraie prudence dans les messages postés
08:22et les appels à manifester.
08:25Ils se parlent entre eux,
08:26mais par contre, ils n'affichent pas cette union
08:28auprès des autres Gilets jaunes, c'est ça ?
08:29Non, il y a des groupes Facebook gérés plus ou moins par eux,
08:33en commun,
08:35mais ils ne se vantent pas d'avoir un groupe.
08:39En tout cas, il n'y a pas un groupe Facebook
08:40qui fédère les Gilets jaunes ?
08:41Non, il n'y a pas un seul groupe.
08:43Il y a des centaines de groupes
08:45et notamment quelques groupes co-gérés
08:49par cette petite équipe-là,
08:50qui va faire un peu la loi sur les autres.
08:53Dès qu'il y a une tête qui essaye de sortir du lot,
08:56leurs partisans vont les critiquer.
08:58Ce n'est jamais eux directement
09:00qui vont envoyer des insultes,
09:02mais ils ont presque des fans.
09:05Ça commence à être des stars.
09:06Dans les manifestations,
09:07on leur demande de faire des selfies.
09:09Les partisans de ces figures
09:10s'attaquent des fois à d'autres personnes
09:13qui émergent dans le mouvement
09:14et l'une d'entre elles va en faire les frais.
09:16Jacqueline Mouraud,
09:17qui a été une des figures
09:18qui a émergé en premier.
09:21J'ai deux petits mots à dire
09:23à M. Macron et son gouvernement.
09:26C'est une bretonne
09:27qui a à peu près 50 ans
09:28qui a posté une vidéo coup de gueule
09:31sur Facebook
09:32pour dénoncer, elle aussi,
09:33les prix à la pompe
09:34et toutes les mesures
09:36qui étaient, selon elle,
09:37contre les automobilistes.
09:39Du nombre des radars,
09:40là, maintenant,
09:41il y en a partout.
09:43Il y a une forêt de radars en France.
09:45Où va la France, M. Macron ?
09:47Donc, on peut considérer
09:49qu'elle aussi,
09:50c'est un déclencheur du mouvement,
09:51comme Priscilla Ludovski.
09:53Mais les deux femmes
09:53ne se sont jamais parlées
09:55et il y a une réelle animosité
09:57entre les deux.
09:58Jacqueline Mouraud
09:59fait partie des gens
10:00qui vont subir
10:01énormément d'insultes
10:02sur les réseaux sociaux
10:03et même des menaces de mort
10:05puisqu'elle va porter plainte.
10:07Il faut dire qu'elle est très vite
10:09décrédibilisée.
10:10Elle a un profil assez original.
10:11Elle est à la fois chanteuse,
10:13accordéoniste,
10:14agent de sécurité ponctuellement
10:16et hypnothérapeute
10:18qui travaille avec des médiums.
10:19Donc, elle va très vite
10:20être moquée sur les réseaux sociaux
10:22par les partisans de l'autre équipe
10:24mais un peu tout le monde aussi.
10:26Et puis, surtout,
10:27elle va se distinguer
10:28en appelant régulièrement au calme
10:31et en prônant le dialogue
10:32avec le gouvernement.
10:33Ce que ne veut pas
10:34toute une autre partie
10:35des gilets jaunes.
10:38À ce moment-là,
10:38émerge aussi une nouvelle figure
10:40des gilets jaunes,
10:41Ingrid Levavasseur.
10:42C'est une aide-soignante
10:44de l'heure
10:44qui a la trentaine
10:46et elle est intéressante
10:47parce qu'elle va représenter
10:49une partie de la population
10:51qui manifeste.
10:52C'est une mère isolée
10:53et c'est un sujet
10:54très discuté
10:55sur les ronds-points.
10:56Une des revendications,
10:57c'est le pouvoir d'achat
10:58et on va très vite
10:59se rendre compte
11:00qu'il y a beaucoup
11:01de mères qui sont
11:02dans ces cas
11:03qui manifestent.
11:04Ingrid Levavasseur
11:05se fait remarquer
11:06le 25 novembre.
11:07Elle est invitée
11:08dans l'émission
11:08C'est Politique
11:09sur France 5.
11:11Quelques jours plus tôt,
11:12elle avait été repérée
11:12par une équipe de reportage
11:14à une manifestation
11:15de gilets jaunes
11:15sur un péage en Normandie.
11:17J'ai voté Macron
11:18donc je tiens à le dire
11:19maintenant je regrette
11:20parce que je me rends compte
11:21que ce n'est pas tout à fait
11:22ce à quoi je m'attendais.
11:23On nous parle de taxes,
11:24on nous parle de tout ceci,
11:25tout cela
11:26mais nous concrètement
11:27on s'en fout.
11:28On est des travailleurs
11:28qui au 18 mois
11:29n'avons plus d'argent.
11:31Payer des fringos gosses
11:32ça devient difficile.
11:33Payer nos factures
11:34ça devient difficile.
11:35On ne sait plus
11:35comment on va faire les courses
11:36et je parle pour moi
11:37mais je parle aussi
11:37pour mon entourage
11:38et c'est de plus en plus récurrent.
11:40Soit on est très pauvre
11:41et on a quelques aides
11:42et encore on s'en sort moyennement.
11:44Soit on est dans la classe moyenne
11:45et on en chie sévère.
11:47Elle accroche tout de suite
11:48le regard
11:49parce qu'elle s'exprime bien
11:51elle passe très bien
11:52devant la caméra
11:53et elle représente
11:54une partie de la population
11:56qui est en souffrance.
11:57Et à partir de là
11:57tout s'enchaîne.
11:58Elle fait beaucoup
11:59de plateaux télé
12:00et va récolter
12:01autant d'admirateurs
12:03que d'insultes.
12:04Parce qu'encore une fois
12:06on va estimer
12:06que c'est quelqu'un
12:07qui veut se mettre en avant
12:09qui veut prendre la lumière
12:10alors qu'on ne veut
12:11pas de leader.
12:12Vous nous parlez tout à l'heure
12:12d'un petit groupe
12:13assez soudé
12:14autour d'Éric Drouet
12:15ou encore Priscillia Ludovski.
12:17Est-ce qu'elle participe
12:18à ce groupe ?
12:19Non, c'est une figure
12:20totalement à part.
12:22Ils ne se fréquentent pas.
12:23Ils n'ont pas
12:24de contact particulier
12:25comme avec Jacqueline Moureau.
12:27C'est la diversité
12:28de ce mouvement
12:29qui est très divers
12:31et avec des gens
12:32qui viennent d'un peu partout
12:33en France
12:33et qui ne se connaissent pas.
12:38Le 10 décembre,
12:40Emmanuel Macron annonce
12:41un train de mesures
12:41qui vont coûter au total
12:43dans les 10 milliards d'euros.
12:44Il confirme notamment
12:45l'abandon
12:46de l'augmentation
12:47de la taxe carbone.
12:48Les réponses
12:49choquent
12:49d'Emmanuel Macron
12:51à la crise
12:52des gilets jaunes.
12:54Le président de la République
12:55a décrété
12:56un état d'urgence
12:57économique et social.
12:58Malgré ça,
12:59le mouvement continue
13:00à prendre de l'ampleur
13:02et en janvier 2019,
13:04la campagne
13:05pour les européennes
13:06arrive dans l'actualité.
13:07Oui, il faut dire
13:07qu'il s'est passé
13:08quelque chose
13:09sur les ronds-points.
13:10La plupart des manifestants
13:11étaient des gens
13:12qui n'avaient jamais
13:13manifesté avant.
13:14Ils ont fait
13:14une expérimentation
13:16civique et politique.
13:17Ils ont découvert
13:18le plaisir du débat.
13:20Ils se sont rendus compte
13:21qu'ils n'étaient pas isolés.
13:23Tout ça leur a plu.
13:24Ça a été une création
13:25de petites communautés
13:27et ils ont envie
13:28d'en faire quelque chose.
13:28Ils n'ont pas envie
13:29de s'arrêter là.
13:30Et en janvier 2019,
13:31la campagne
13:32pour les européennes
13:33arrive dans l'actualité.
13:34Comme il y a une envie
13:35de s'engager
13:36à ces nouvelles,
13:37les gens ont découvert
13:38cette possibilité,
13:40ils ont envie
13:40d'aller plus loin.
13:41Donc, certains gilets jaunes
13:43envisagent
13:44de créer des listes
13:46pour les européennes.
13:47Et c'est justement
13:47ce qu'annonce
13:48Ingrid Levavasseur
13:49le 23 janvier.
13:50Elle va conduire une liste.
13:52Oui, c'est la première
13:53des grandes figures
13:54des gilets jaunes
13:55qui va se lancer.
13:56Elle estime
13:57qu'elle peut représenter
13:58une partie de la population,
13:59que les partis traditionnels
14:01ne représentent pas
14:02notamment les femmes isolées
14:04mais tous les gens
14:05qui ont besoin
14:06d'augmenter leur pouvoir d'achat
14:07et ne se reconnaît pas
14:10dans l'offre existante.
14:11Comment cette démarche
14:12est reçue ?
14:13Une partie des gilets jaunes
14:15la suit
14:16et une autre continue
14:17à l'insulter
14:18et à regretter
14:20qu'elle veuille absolument
14:21se mettre en avant.
14:22Je ne voterai pas pour elle.
14:23Pourquoi ?
14:24Et je lui dis carrément
14:25qu'il faut qu'elle enlève
14:25son gilet jaune.
14:26Je ne l'ai pas là.
14:27Elle a créé un parti politique,
14:28elle a pu...
14:29C'est fini, on n'en parle plus.
14:30Pourquoi vous dites ça ?
14:31Parce qu'elle a créé un parti politique.
14:33Elle le sait,
14:33de toute façon,
14:34c'est comme ça.
14:35Ce n'était pas le moment
14:36de créer un parti politique.
14:38Ce n'était pas maintenant.
14:39C'était de faire le buzz.
14:40Vous avez gagné,
14:41vous avez fait le buzz.
14:42Et à la même période,
14:43BFM TV lui propose
14:44de devenir chroniqueuse.
14:45Oui, c'est symptomatique
14:46de ce qui se passe pour elle
14:47parce qu'effectivement,
14:48elle accroche la lumière,
14:50elle s'exprime bien.
14:51Donc BFM TV,
14:52comme d'autres médias,
14:53a besoin d'identifier des figures
14:54et veut la mettre en avant
14:56pour parler des gilets jaunes,
14:58pas pour parler
14:58de la pluie et du beau temps.
15:00Mais elle finit par refuser
15:01parce qu'elle est inondée d'insultes.
15:03Le samedi 17 février,
15:05Ingrid Le Vasseur
15:06doit même être exfiltrée
15:07de la manifestation
15:08des gilets jaunes à Paris.
15:10Oui, au départ,
15:10tout se passait bien,
15:11c'est ce qu'elle raconte
15:12et puis elle est tombée
15:13sur ce qu'elle appelle
15:14un noyau dur
15:15et elle se rend compte
15:17que ce qui se passe
15:18sur les réseaux sociaux
15:19est en train de se passer
15:20en vrai.
15:21Parce que vous n'êtes pas crédible
15:22et vous allez donner
15:23votre cul à l'âge.
15:24Non mais, comment ça sexiste ?
15:25Bah oui, je lui dis
15:26il a la bande du son cul.
15:27Bien sûr, il a la bande du son cul.
15:28Bien sûr, il a la bande du son cul.
15:30On a dit, c'est la politique,
15:30personne ne monte là-haut.
15:31Pourquoi elle monte là-haut ?
15:32Et il faut l'exfiltrer.
15:33Sur le coup,
15:34elle est meurtrie,
15:36désemparée,
15:41de continuer les Européennes.
15:43Elle a des insultes
15:44de l'extérieur
15:45mais elle a aussi
15:46des problèmes
15:47dans sa propre liste.
15:55Et justement,
15:56le 11 mars,
15:57elle déclare abandonner
15:58ses ambitions européennes.
15:59Oui, il y a eu plusieurs phases.
16:01Elle a dit qu'elle arrêtait,
16:02elle a dit qu'elle reprenait
16:03et puis finalement,
16:04elle abandonne
16:04au mois de mars définitivement.
16:06Les élections européennes
16:07arrivent le 26 mai 2019.
16:09Comment ça se passe
16:09pour les Gilets jaunes ?
16:10Alors, il y a beaucoup
16:11de discussions,
16:12beaucoup d'intentions
16:13de listes.
16:14Au final,
16:14il n'y en a que deux
16:15qui vont réellement
16:16à l'élection.
16:17Celle de Francis Lalanne,
16:18qu'on connaît en tant que chanteur
16:20mais là,
16:21qui s'est engagé
16:21depuis un moment
16:22dans le mouvement
16:23des Gilets jaunes.
16:24Comme une Jacqueline Moureau,
16:26il a un profil particulier
16:27donc il s'est beaucoup fait moquer.
16:29Mais il a quand même réussi
16:30à désigner quelques représentants
16:32dans chaque département
16:33et sa démarche
16:35a l'air sincère.
16:36Et puis,
16:36il y en a un autre,
16:37Christophe Chalençon,
16:38celui qui vient de quitter
16:39Ingrid Levavasseur.
16:41Mais ni l'un ni l'autre
16:42ne va véritablement
16:43avoir de succès
16:44dans cette élection.
16:45Les résultats sont
16:46particulièrement décevants.
16:47Francis Lalanne
16:47fait 0,5%
16:49à l'élection
16:50et Christophe Chalençon
16:52fait 0,1%.
16:54Et ça,
16:54comment c'est commenté
16:55à l'époque ?
16:55C'est un échec,
16:56c'est un coup pour rien.
16:57Mais à ce moment-là,
16:58on est plus préoccupé
17:00par le score surprise
17:01des écolos
17:02que par l'échec
17:03des Gilets jaunes.
17:05Et comment réagissent
17:06les Gilets jaunes
17:07sur le terrain ?
17:08C'est un peu la même chose
17:09finalement.
17:10Ils n'attendaient pas
17:11tellement de ces listes
17:12parce qu'il y a tellement
17:13eu de défections,
17:15d'affrontements
17:17entre leaders
17:18de Gilets jaunes
17:19qu'aucune liste
17:20n'était véritablement
17:21considérée comme légitime
17:23et incontestable.
17:24Donc,
17:24ce n'est pas véritablement
17:26un enjeu
17:26qu'ils ont suivi.
17:27Aurélie Rossignol,
17:28vous qui avez suivi
17:30le mouvement
17:30au jour le jour,
17:32semaine après semaine,
17:32est-ce que ça vous a surpris
17:34ce résultat aux élections européennes ?
17:35Pas vraiment
17:36parce qu'on a vu
17:37peu à peu
17:37qu'il y avait un manque
17:38d'entrain
17:39pour ces élections.
17:40Au début,
17:41il y a eu un petit frémissement
17:42et puis ils n'ont tellement
17:43pas réussi à s'entendre
17:45que les Gilets jaunes
17:46ne se sentaient pas représentés.
17:48C'est bien le problème
17:49de ce mouvement,
17:49la représentation.
17:51Aucun leader légitime
17:53n'est jamais
17:54véritablement ressorti
17:55et de l'aveu même
17:57de certains Gilets jaunes,
17:58c'est ce qui a tué
17:59le mouvement.
18:00Et le mouvement
18:00était très éclaté aussi.
18:01Depuis le début,
18:02c'est un mouvement
18:03très divers
18:03avec des gens
18:04de tous bords politiques
18:05ou des gens
18:06qui n'ont jamais voté avant
18:07et les fameuses listes
18:10Gilets jaunes
18:10ne les ont pas transportées
18:12et ça ne les a pas
18:13engagées dans l'élection.
18:23Pour beaucoup
18:24d'anciennes figures
18:24des Gilets jaunes,
18:25cette aventure
18:26aura laissé
18:26un goût amer.
18:27Tout à fait.
18:28Même Jacqueline Mouraud
18:29au départ
18:30qui a été tant harcelée
18:31dit que ça a totalement
18:32bouleversé sa vie.
18:33Pour autant,
18:34elle ne veut pas
18:35arrêter le combat.
18:36Même Eric Drouet
18:37a dit qu'il avait eu
18:39plusieurs fois
18:40des coups de fatigue
18:41et s'était mis en retrait.
18:43Jérôme Rodriguez
18:43encore récemment
18:44nous a confié
18:46qu'il s'était mis
18:47en retrait
18:47pendant trois mois
18:48des réseaux sociaux
18:49sur les conseils
18:50de son médecin.
18:51Certains sont passés
18:52près du burn-out.
18:53Le 27 octobre dernier,
18:54Ingrid Levavasseur
18:56poste un message
18:57sur Facebook.
18:58Qu'est-ce qu'elle y dit ?
18:59Oui, Ingrid Levavasseur
19:00a posté un message
19:01assez touchant
19:02où elle fait un peu
19:03le bilan à l'approche
19:04de l'anniversaire
19:05des Gilets jaunes
19:06en expliquant
19:07qu'elle a perdu
19:08son boulot,
19:10son homme,
19:10qu'elle a fait souffrir
19:11ses enfants
19:11et qu'elle ne veut
19:13absolument plus
19:14être associée
19:14à ce qu'elle appelle
19:15des demeurés jaunes.
19:16C'est très fort
19:17et ça symbolise
19:18la violence
19:19de ce mouvement
19:20pour les acteurs
19:22même de la mobilisation.
19:23Tous ont été
19:24très touchés,
19:25ça a chamboulé
19:25leur vie,
19:26on les reconnaît
19:27dans la rue.
19:28Parfois,
19:28c'est pour leur demander
19:29de faire des selfies
19:30avec eux,
19:31parfois c'est pour
19:31les insulter.
19:32On les suit
19:33et ils ne peuvent
19:34vraiment plus
19:35revenir dans l'anonymat.
19:36C'est une expérience
19:37douloureuse,
19:38certains l'ont voulu
19:39sans trop réaliser,
19:41une notoriété
19:42qui est venue
19:43très vite
19:43et dont ils ne peuvent
19:45plus se défaire.
19:50Merci à Aurélie Rossignol.
19:57Codesource est le podcast
19:58d'actualité du Parisien.
20:00Cet épisode a été conçu,
20:01préparé et produit
20:02par Clara Garnier-Amourou,
20:04réalisation Alexandre Ferreira.
20:06Si vous aimez Codesource,
20:07n'hésitez pas à en parler
20:08sur les réseaux sociaux.
20:10Nous sommes disponibles
20:11sur leparisien.fr,
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