Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 heures
C’était un des hommes les plus puissants du monde. Arrêté en novembre 2018, Carlos Ghosn s’est enfui de l’archipel japonais à la fin de l’année 2019, se soustrayant ainsi à la justice japonaise. Récit.

Notre article : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/carlos-ghosn-son-arrestation-son-evasion-son-show-retour-sur-l-affaire-15-01-2020-8236830.php

Pour écouter tous les podcasts du Parisien : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/
Sur votre smartphone ou votre tablette, écoutez Code source et abonnez-vous sur : Apple Podcasts (iPhone, iPad) : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/code-source/id1460276302
Google Podcasts (Android) : https://podcasts.google.com/?feed=aHR0cHM6Ly9mZWVkLnBpcHBhLmlvL3B1YmxpYy9zaG93cy9jb2RlLXNvdXJjZQ Podcast Addict : https://podplayer.net/?podId=2366555
ou Castbox : https://castbox.fm/channel/Code-source-id2099090?country=gb
Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/360202
Spotify : https://open.spotify.com/show/4J2KJU7Lcv0e1wH3728Fse

Toute l'actualité du Parisien : http://www.leparisien.fr/

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Il était l'un des puissants de la planète.
00:14Il s'est retrouvé emprisonné dans une cellule de 6 mètres carrés.
00:18Poursuivi pour malversation, l'homme d'affaires Carlos Ghosn, 65 ans, s'est enfui.
00:23Il s'est affranchi de la justice japonaise.
00:25Depuis le Liban, il attaque son ancien employeur Renault et lui réclame 15 millions d'euros.
00:31Devant la presse du monde entier, le 8 janvier à Beyrouth, il a montré qu'il n'avait pas abandonné
00:35ses rêves de grandeur.
00:37Codesource vous raconte l'affaire Carlos Ghosn avec Mathieu Pelloli et Erwan Bénézé du service économie du Parisien.
00:47Le 8 janvier à Beyrouth, Carlos Ghosn s'apprête à sortir de son silence au cours d'une conférence de
00:53presse
00:53dans une salle du syndicat de la presse libanaise.
00:57Mathieu Pelloli, vous êtes sur place pour le Parisien.
01:00Est-ce que vous pouvez nous décrire l'ambiance à ce moment-là ?
01:02Il y a une ambiance extrêmement particulière sur place à ce moment-là.
01:05Déjà, il faut imaginer les lieux.
01:06C'est une salle qui est plutôt de taille moyenne.
01:08Il y a 150 journalistes triés.
01:10Il y a encore plusieurs dizaines de journalistes japonais qui patientent à l'extérieur parce qu'ils n'ont pas
01:14été accrédités.
01:15Dans cette salle de taille moyenne, on est très nombreux.
01:16Il fait très vite très chaud.
01:18Et puis, dans les quelques minutes qui précèdent, tout le monde est silencieux et la tension monte.
01:22Il y a une vraie tension ?
01:23Oui, il y a une tension, enfin une impatience de le voir déjà, de savoir dans quel état d'esprit
01:28il va se présenter.
01:28Est-ce qu'il apparaîtra fatigué ou pas ?
01:31Les gens sont silencieux et puis tout le monde attend religieusement presque.
01:36Mathieu Pelloli, vous allez nous raconter ce moment, cette conférence de presse.
01:40Mais d'abord, on va reprendre l'affaire Carlos Ghosn du début.
01:44Erwan Benezé, quel est son parcours en résumé ?
01:46C'est quelqu'un qui a commencé sa carrière chez Michelin, à Clermont-Ferrand.
01:50Il sait assez vite qu'il ne pourra jamais prendre la tête de Michelin parce que c'est une entreprise
01:55très familiale.
01:56Et donc, ça ne lui convient pas.
01:57Lui, il ne veut pas être numéro 2.
01:58Et donc, il s'en va et il rentre chez Renault.
02:01En 1999, il va travailler au redressement de Nissan ?
02:05Exactement.
02:06Louis Scherzer, qui est à l'époque le patron de Renault, l'envoie à Tokyo avec quelques-uns de ses
02:10collaborateurs.
02:11Avec la lourde charge de redresser Nissan, ce qu'il va réussir à faire en quelques années seulement.
02:19Alors, effectivement, en coupant drastiquement dans les coups, en réorganisant complètement la distribution,
02:24qui d'ailleurs, à l'époque, était aux mains des Yakuza, la mafia japonaise, et en licenciant quand même plus
02:29de 22 000 salariés.
02:30C'est grâce à ça qu'il remet à flot Nissan, ce qui lui vaudra d'avoir une image de
02:35Mr. Fixit, c'est-à-dire de Monsieur Gerais Partout.
02:38Et en 2005, il devient le patron de l'alliance Renault-Nissan.
02:41Et là, il est à la tête d'une énorme entreprise.
02:43Il est à la tête de deux entreprises.
02:45C'est le seul patron qui pilote deux énormes entreprises, deux constructeurs à 10 000 kilomètres l'un de l
02:50'autre.
02:51Nissan au Japon et Renault en France, à Boulogne-Biancourt.
02:53Cette alliance, à partir de 2005, c'est 470 000 salariés, 122 sites, 122 usines, dans 200 pays, pour une
03:02production de 10 millions de voitures.
03:04En 2017, d'ailleurs, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est le premier groupe automobile du monde.
03:13Carlos Ghosn considère qu'il est l'interlocuteur des chefs d'État et que même les ministres, y compris les
03:17ministres de l'économie, ne sont pas forcément de son niveau.
03:20Et d'ailleurs, il y a une anecdote. En 2015, il est de retour en France.
03:23Il demande à être reçu, lui, par François Hollande, le président de la République.
03:26Et donc, on lui envoie le ministre de l'économie de l'époque.
03:29Et ce ministre-là, justement, c'est un certain Emmanuel Macron.
03:31Et bien, Carlos Ghosn refuse parce qu'il estime que ce n'est pas l'interlocuteur légitime pour quelqu'un
03:35de sa stature.
03:36Le 19 novembre 2018, la police japonaise arrête Carlos Ghosn à Tokyo.
03:42Il descend de l'avion. Il a rendez-vous à ce moment-là avec ses enfants.
03:44Il faut vraiment se mettre à sa place.
03:45Il n'est pas du tout dans l'état d'esprit de quelqu'un qui couvre un quelconque risque judiciaire
03:49en descendant sur le tarmac de l'aéroport à Neda.
03:51Très vite, on lui explique qu'il y a un problème avec son visa.
03:54On l'emmène dans une pièce et les portes se ferment.
03:57Et un procureur lui explique qu'il a été arrêté.
04:00L'actualité, ce soir, c'est aussi l'arrestation de Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan.
04:14On voit des images de l'avion qui est sur le tarmac.
04:17À un moment, on voit les rideaux, les volets automatiques qui se baissent derrière le hublot.
04:21Images assez fortes.
04:23On a tout d'un coup l'impression que quelque chose se passe dans l'avion.
04:26Or, il n'est plus dans l'avion.
04:27Les médias japonais ont été convoqués.
04:30Et puis, on a organisé cette mise en scène pour avoir des images de son arrestation.
04:33Ce qui, là encore, après, jetterait une suspicion sur le caractère organisé de cette arrestation et de la justice.
04:41Il est conduit en garde à vue et va suivre la descente aux enfers.
04:46Pourquoi est-ce que Carlos Ghosn est arrêté ?
04:48On lui reproche d'avoir dissimulé une partie de ses revenus.
04:50Alors, pourquoi ?
04:52Comme il gagnait beaucoup d'argent et qu'on avait peur que ça choque un petit peu la population japonaise,
04:57il faut savoir que les grands patrons au Japon ne gagnent pas forcément aussi bien leur vie que d'autres
05:00patrons,
05:01notamment aux Etats-Unis, par exemple.
05:03Il avait été décidé de différer une partie de ses émoluments et de les reporter sur sa retraite,
05:08donc qui toucherait quand il prendrait sa retraite.
05:11Carlos Ghosn dira plus tard, comment voulez-vous que je déclare des revenus qui ne me sont pas versés à
05:16ce moment-là
05:16et dont on ne connaît même pas le montant ?
05:18Ça sera d'ailleurs sa ligne de défense.
05:19Mathieu Pelloli, après cette arrestation, que se passe-t-il pour Carlos Ghosn ?
05:23Donc, il va se retrouver finalement dans une jaule, en quelque sorte,
05:26où là, il va directement faire l'expérience de la privation de liberté dans des conditions qui sont assez dures.
05:31C'est-à-dire qu'il va avoir un lit dont il va beaucoup se plaindre, justement,
05:34expliquant qu'il le fait souffrir du dos, que le matelas n'est pas suffisamment épais.
05:38Il va être obligé de dormir dans une cellule où la lumière est en permanence allumée,
05:42couché sur le côté, le visage tourné vers la petite fenêtre qui permet au gardien de vérifier
05:45qu'il n'a pas attenté à ses jours ou qu'il est toujours vivant.
05:48Donc, ces conditions vont être extrêmement strictes.
05:51En même temps, elles ne sont pas radicalement différentes de celles du justiciable lambda au Japon.
05:55Mais la défense de Carlos Ghosn va vraiment énormément communiquer sur la dureté de ses conditions
06:00qui, du point du français, semblent effectivement très, très violentes.
06:03Et Carlos Ghosn lui-même va beaucoup s'en plaindre.
06:05Comment est-ce qu'il vit cette détention ?
06:06Extrêmement mal, physiquement très mal.
06:08Il va perdre du poids, il va être extrêmement inquiet.
06:11Et puis, il souffre beaucoup aussi d'être privé des visites de ses proches.
06:14Il ne peut pas s'entretenir avec son épouse, il ne peut pas s'entretenir avec ses enfants, etc.
06:18Donc, il y a d'un côté le fait d'être détenu
06:21et puis le fait que vraiment les visites au parloir sont extrêmement peu nombreuses.
06:25Donc, il est maintenu dans des conditions qui sont stressantes pour n'importe quel individu.
06:29Et la détention se passe mal.
06:33Le 5 mars 2019, Carlos Ghosn sort de prison après 108 jours de détention.
06:37Ses ennuis judiciaires sont loin d'être terminés,
06:39mais en quelque sorte, son régime de privation de liberté est un petit peu allégé.
06:42Et il retrouve une certaine liberté de mouvement,
06:45la capacité de voir ses proches aussi qui lui ont beaucoup manqué.
06:47Un mois plus tard, le 3 avril, il est de nouveau arrêté par les policiers japonais.
06:50Et là, c'est deux autres chefs d'inculpation.
06:53Effectivement, pour abus de confiance aggravée,
06:54il est soupçonné d'avoir tenté de faire couvrir par Nissan des pertes
06:58sur des investissements personnels qu'il avait réalisés
07:00et qui lui ont fait perdre de l'argent au moment de la grande crise économique 2008.
07:04Ça, c'est le premier chef d'inculpation.
07:06Et le deuxième chef d'inculpation, c'est qu'il est soupçonné d'avoir récupéré de l'argent de Nissan
07:09qui a été transféré sur un compte d'un distributeur de voitures à Oman
07:13pour notamment financer un fonds qui appartient à son fils.
07:17Bref, c'est une histoire assez compliquée.
07:19Et les enquêteurs l'arrêtent à nouveau pour ces deux chefs d'inculpation.
07:24Il passe plusieurs semaines en détention
07:26avant de retrouver un régime de liberté surveillée à la fin du mois d'avril.
07:29Effectivement. Alors, il aura passé en tout 130 jours en prison.
07:33Là, il retrouve un peu de liberté, une pseudo-liberté.
07:37Il est, alors, on parle de résidence surveillée,
07:39mais ce n'est pas au sens français auquel on l'entend ici.
07:42Il a un domicile dans le centre, un quartier assez cossu de Tokyo,
07:46dans le centre de Tokyo, tout près de l'ambassade de France.
07:48C'est une assez grande maison, surveillée par trois caméras.
07:51Mais il a quand même une grande liberté de mouvement.
07:53Il peut aller au restaurant, il peut aller à la gym, il va faire ses courses.
07:55Il a l'autorisation de quitter Tokyo pour maximum deux nuits sans demander au juge.
08:00Donc, il a une assez grande liberté.
08:01Il va aller se balader à Kyoto, notamment avec sa fille, avec une de ses sœurs.
08:05Bref, il a quand même une grande liberté de mouvement.
08:09Mathieu Pelloli, à ce moment-là, qui soutient Carlos Ghosn ?
08:11Très peu de monde soutient Carlos Ghosn au moment où il est mis en détention.
08:15Pas de soutien de la France ?
08:16Non, de la France, vraiment un silence assourdissant,
08:18presque, tant de la classe politique que de l'opinion publique.
08:21Mais il faut dire qu'on est dans un contexte post-gilet jaune
08:23où on voit très bien que les grands patrons, ce n'est pas forcément ceux qui vont mobiliser l'opinion
08:28publique
08:28en faveur de leur cause, surtout s'ils sont accusés de malversation.
08:31Et à l'inverse, Carlos Ghosn, qui a trois nationalités, brésilienne, française et libanaise,
08:35au Liban, la classe politique se mobilise extrêmement vite pour le soutenir dès les premiers jours.
08:39Pourquoi ?
08:39Parce qu'au Liban, Carlos Ghosn, c'est un peu le fils prodigue.
08:42C'est l'enfant du pays.
08:43On le considère comme l'exemple type du Libanais qui a réussi à l'étranger.
08:48Et donc, il y a un soutien émotionnel très, très fort de la population.
08:52Qu'est-ce qu'il fait à ce moment-là pour essayer d'avoir des soutiens ?
08:55Il va jusqu'à écrire à l'ONU, c'est ça ?
08:57Pas lui directement, mais son épouse, Carol Ghosn, se mobilise, déplore le silence de la France.
09:02Mais par contre, elle se tourne vers Human Rights Watch, puissante ONG.
09:05Elle écrit également à l'Organisation des Nations Unies.
09:07Et puis, en désespoir de cause, à contact même Donald Trump, le président américain.
09:11Sa femme, elle est importante à ce moment-là pour lui ?
09:14Cette femme, que son entourage décrit comme centrale dans sa vie aujourd'hui,
09:17donc il n'a de cesse de se répéter extrêmement amoureux.
09:20Il ne la voit plus, il en est privé.
09:22Une anecdote assez amusante de l'ambassadeur du Liban,
09:25qui raconte que justement, lui, rencontre Carlos Ghosn dans sa jôle japonaise.
09:29Et alors qu'il s'attend à ce que Carlos Ghosn lui confie des secrets,
09:32ou en tout cas, lui parle de stratégie judiciaire,
09:35Carlos Ghosn, en tout cas, on n'est pas obligé de le croire,
09:37mais c'est ce que disent ses proches, ne parle que de sa femme,
09:39mais de son désespoir d'être privé de son épouse à ce moment-là.
09:41Il y a des moments, j'ai besoin de lui, je ne peux même pas parler avec lui,
09:46c'est interdit qu'on se parle au téléphone.
09:49C'était mon anniversaire hier, il ne pouvait même pas me souhaiter joyeux anniversaire.
09:54Donc, je suis très triste.
09:57Dimanche 29 décembre 2019, on apprend que Carlos Ghosn a quitté le Japon.
10:02Donc là, on découvre que, effectivement, que Carlos Ghosn n'est plus au Japon, il est à Beyrouth.
10:06De nombreuses questions restent posées, comment a-t-il bien pu sortir ?
10:10Il a quitté son domicile, ce qu'il avait le droit de faire.
10:13Il est sorti, le visage mangé, par un masque de protection anti-pollution,
10:16mais c'est assez courant au Japon, donc vraisemblablement, ça ne surprend personne dans la rue,
10:19quand on le voit se balader avec cet accoutrement.
10:22Il avait un couvre-chef aussi pour dissimuler ses cheveux et ses yeux.
10:26Et donc, il a pris un train, un Shinkansen, les fameux TGV japonais,
10:30accompagné de deux personnes, et de là, il a gagné la gare d'Osaka, au sud de Tokyo.
10:35Cette exfiltration, loin des griffes judiciaires nippones, a été soigneusement organisée.
10:40Une fois arrivés à Osaka, que fait Carlos Ghosn ?
10:42Alors d'abord, tous les trois rejoignent un hôtel.
10:45Alors ils rentrent à trois dans l'hôtel.
10:46En revanche, ils en ressortent pas longtemps après, mais juste à deux.
10:50Il n'y avait qu'une grande malle.
10:51Et ils rejoignent l'un des deux aéroports d'Osaka, par lequel partent des jets privés.
10:57Et donc là, il y a ces deux personnes qui sont en fait deux barbouses,
11:00accompagnées de cette grande malle de deux mètres.
11:02On appelle ça des « flight cases », des grandes malles que les musiciens utilisent
11:06pour y mettre leurs instruments ou le matériel sonore très fragile.
11:10Donc c'est souvent couvert de mousse à l'intérieur, etc.
11:12Là, on a pris soin d'y percer cinq trous pour que Carlos Ghosn puisse respirer,
11:17puisqu'il s'avérera que Carlos Ghosn est dans cette malle.
11:20et il se fait la malle de l'aéroport d'Osaka dans un jet privé,
11:23affrété par une compagnie turque, payée par un versement qui provient de Dubaï.
11:28L'avion décolle d'Osaka et rejoint Istanbul.
11:32Pourquoi Istanbul n'est pas à Beyrouth directement ?
11:33Il serait attiré les soupçons, parce qu'il y a très peu de vols d'affaires
11:36entre le Japon et le Liban.
11:38Et donc, ils marquent une pause, ils font une étape à Beyrouth.
11:42Et là encore, c'est assez rocambolesque,
11:44puisque Carlos Ghosn descend de l'avion, monte dans une voiture,
11:48reste sur le tarmac, il ne repasse pas par l'aéroport d'Istanbul.
11:51Il monte tout de suite dans un autre jet, encore affrété par une compagnie turque.
11:56Il décolle, et cette fois-ci, pour Beyrouth.
12:01Pourquoi Beyrouth, Mathieu Pelloni ?
12:03Beyrouth, ça a l'immense avantage pour lui d'être un pays dont il a la nationalité,
12:07et surtout, le Liban n'extrate pas ses ressortissants.
12:09Au passage, c'est exactement la même chose en France.
12:11La France n'extrate pas ses ressortissants,
12:13donc Carlos Ghosn aurait aussi pu choisir de venir à Paris.
12:16Après, pour les raisons qu'on a évoquées plus tôt,
12:17le contexte à la fois politique et populaire lui était beaucoup plus favorable sur place à Beyrouth
12:22qu'il ne lui était à Paris.
12:23En France, il fait aussi l'objet d'une enquête de la justice française ?
12:26Oui, dans cette longue procédure judiciaire, il y a un volet français,
12:29il y a une enquête judiciaire au parquet des Hauts-de-Seine,
12:32parce que le siège de Renaud est à Boulogne.
12:34Et donc, on lui reproche notamment,
12:35enfin, le volet le plus grand public de cette instruction,
12:37c'est la location du château de Versailles.
12:39Il a bénéficié d'un avantage pour organiser son mariage dans une des salles du château,
12:43parce qu'il y avait un partenariat entre sa société et le château.
12:47Et donc, il en a tiré avantage.
12:48Et aujourd'hui, ça, la justice est en train de regarder ce qu'il en est.
12:51Comment réagit le Japon à l'annonce de son départ pour Beyrouth ?
12:54C'est un départ qui est très vite qualifié d'inacceptable, d'injustifié.
12:58Les mots sont extrêmement forts.
12:59De toute façon, depuis plusieurs mois déjà,
13:01il y avait un véritable bras de fer qui était engagé entre les deux parties.
13:04On était dans le cadre presque d'une lutte à mort.
13:06C'est ce que Carlos Ghosn déclarait.
13:07Donc, on imagine bien que quand le principal suspect de l'affaire,
13:11avec la présomption d'innocence évidemment,
13:13mais se fait la malle,
13:14pour la justice japonaise, c'est une catastrophe.
13:16C'est un affront pour le Japon ?
13:17Oui, c'est un affront.
13:18Le Japon le vit d'autant plus comme une trahison
13:20qu'en fait, si Carlos Ghosn n'est plus sur place,
13:23il n'y aura pas de procès.
13:24Parce que la justice japonaise ne juge pas par contumas ou par défaut.
13:28En l'absence de l'inculpé, il n'y aura pas de procès.
13:31Et ça, effectivement, le Japon, la presse japonaise,
13:34la population le vit extrêmement mal.
13:36La fuite de Carlos Ghosn est largement commentée par les médias japonais.
13:39Elle provoque colère et incompréhension,
13:41notamment chez son avocat.
13:43J'ai été très surpris par cette nouvelle.
13:45Si je suis au courant de la moindre information,
13:48je contacterai le tribunal.
13:50Évidemment, ce qu'il a fait est impardonnable.
13:53Parce que cela viole les conditions de sa remise en liberté.
13:58Quelles sont les réactions en France ?
14:00La première réaction, c'est quand même une sidération de tout le monde.
14:03Personne n'y croit.
14:04C'est tellement invraisemblable.
14:05C'est un scénario de film d'aventure.
14:07Et donc, finalement, en France, il y a un côté tellement flamboyant dans cette aventure.
14:11Il y a du panache quelque part.
14:13Et dans cette bataille de communication qui s'était ouverte,
14:15c'est-à-dire qu'il y avait aussi un enjeu pour lui
14:16de faire éclater sa vérité aux yeux du grand public,
14:19il ne retourne peut-être pas le grand public, mais en tout cas, il retrouve son oreille.
14:21Le panache de cette fuite fait qu'il retourne un petit peu la situation
14:25et il redevient quelqu'un qu'on a envie d'écouter ou à qui on a envie de s'intéresser.
14:29Que fait-il dans les premiers jours après son arrivée à Beyrouth ?
14:32Eh bien là, il fait monter la tension.
14:33Pendant neuf jours, il vit retranché dans sa grande maison de la rue du Liban,
14:37qui en plus est prise d'assaut par des hordes de journalistes venus du monde entier,
14:40mais on se doute bien de beaucoup de journalistes japonais.
14:42Vous, vous êtes sur place pour le Parisien, Mathieu Pelloli ?
14:45Voilà, le Parisien m'envoie sur place et c'est une rue très étroite, la rue du Liban.
14:49Il n'y a presque pas de recul, donc la nuit des journalistes est littéralement dos au mur
14:53face à la maison sur une trentaine de mètres.
14:55Il y a des duplexes en continu, il y a un garage avec des fenêtres vitrées
14:59dont on voit qu'elles ont été obturées avec des journaux.
15:02Les rideaux sont tirés, mais parfois la lumière s'allume,
15:04donc on voit qu'il y a du mouvement à l'intérieur.
15:06Et donc pendant neuf jours, on sait que Carlos Ghosn est là, sur place,
15:09et tout le monde se demande ce qu'il fait.
15:11Il sort de cette maison à un moment ?
15:13Il en sort une fois, pour fêter le réveillon du Nouvel An.
15:16À ce moment-là, il y a une photo qui circule,
15:18où on le voit dans la maison d'une amie, entourée de peu de personnes.
15:22Il a l'air plutôt détendu, ça fait vraiment photo volée,
15:25parce qu'il a les yeux mi-clos, il y a un verre de vin presque vide devant lui.
15:29On voit que c'est la fin du repas.
15:31Et il y a cette seule photo qui fuite, oui, et qui circule dans son entourage.
15:34Il va prier à un moment aussi, c'est ça ?
15:36Oui, le lendemain du jour de l'an,
15:38il va avec sa femme à Saint-Charbel.
15:41C'est un monastère, et puis à cet endroit-là,
15:43il y a la maison où a vécu ce saint, Saint-Charbel.
15:46C'est un saint extrêmement populaire au Liban,
15:48qui a vécu une vie d'ermite, une vie d'assaise.
15:51Il y a une petite statue, et puis on peut se recueillir.
15:53Beaucoup de Libanais viennent et se recueillent,
15:55et c'est là qu'on va prier pour faire des vœux ou pour remercier.
15:58Et donc c'est à cet endroit-là qu'il se rend.
16:04On attend de savoir quelle va être sa version des faits,
16:06et il fait savoir qu'il va organiser une conférence de presse.
16:10Voilà, sous la forme d'un cours communiqué.
16:12Il apprend au monde entier qui attend sa prise de parole,
16:14que ce sera donc organisé sous la forme d'une conférence de presse,
16:17avec environ 150 journalistes qui seront accrédités,
16:20et où il donnera les explications.
16:21La veille de cette conférence de presse,
16:24à Beyrouth, vous rencontrez sa femme, Carole, pour le Parisien.
16:27Oui.
16:27Comment a été organisé le rendez-vous ?
16:29Alors ça a été un travail patient d'approche,
16:31pour la convaincre de parler,
16:33parce qu'évidemment, dans ce petit camp retranché
16:35qu'est la Maison des Ghosnes à ce moment-là,
16:37il y a Carlos Ghosnes, il y a son équipe de communication,
16:40mais une personne en l'occurrence,
16:41et puis il y a sa femme et son avocat.
16:43On a eu la chance de rencontrer les deux meilleurs amis de Carole Ghosnes,
16:46May et Maria,
16:48et puis d'arriver à les convaincre,
16:51à convaincre surtout Carole,
16:52qu'elle pouvait prendre la parole.
16:54Il y a eu des tractations aussi avec son équipe de communication,
16:56qui évidemment gère tout ça,
16:58et au final, on a pu la rencontrer.
17:00Donc ça s'est fait dans un grand hôtel du centre-ville de Beyrouth,
17:03pas très loin finalement de la maison qui l'occupe, rue du Liban.
17:06Il faut savoir qu'à Beyrouth, la circulation est absolument abominable,
17:09et ce jour-là, il pleuvait en plus.
17:11Donc moi, avec le photographe, j'étais arrivé très en avance,
17:14on l'attendait,
17:14mais en fait, on avait très peur depuis le début,
17:16parce que trois heures avant,
17:18il y avait un mandat d'arrêt du ministère public japonais qui était tombé,
17:20et qui l'avisait.
17:21À chaque SMS que je recevais,
17:22j'étais à peu près certain que c'était Carole Ghosnes
17:24qui m'informait que le rendez-vous n'aurait pas lieu.
17:27Et puis, un quart d'heure avant,
17:28finalement, j'ai reçu un SMS de l'équipe de com,
17:30qui m'a dit « rendez-vous confirmé »,
17:32mais elle va être en retard, parce qu'il pleuvait.
17:34Et puis avec dix minutes, un quart d'heure de retard,
17:36Carole Ghosnes est arrivée.
17:37On s'est mis dans un endroit justement à l'abri des regards,
17:40et puis là, on a pu avoir un long d'entretien d'environ une heure et quart.
17:43Vous l'avez senti comment ?
17:44Extrêmement tendu quand elle est arrivée,
17:46un peu recroquevillée sur elle-même,
17:47comme quelqu'un qui aurait passé neuf jours dans un huis clos,
17:49ce qui était exactement le cas,
17:51comme quelqu'un qui n'aurait pas eu beaucoup d'échanges,
17:52qui était ravi finalement d'avoir un contact avec le monde extérieur.
17:55Et ça a été flagrant même de voir au cours de l'entretien
17:57qu'elle se libérait, qui était de plus en plus bavarde,
18:00peut-être même au-delà de ce qu'elle avait prévu de faire,
18:02puisque l'enjeu, c'était quand même de retenir le maximum d'informations
18:04pour la conférence de presse.
18:06C'est un grand oral de son mari,
18:07le lendemain qu'elle a tout de suite qualifié
18:08de prise de parole la plus importante de toute sa vie.
18:10Donc on sentait que pour ce couple-là,
18:11l'enjeu à ce moment-là était décisif,
18:13ils étaient au bord du précipice
18:14et elle, elle avait l'impression de jouer leur avenir.
18:16Qu'est-ce qu'elle dit sur la préparation de cette conférence de presse ?
18:20Déjà, ce qui est intéressant, c'est qu'elle donne la tonalité générale.
18:22C'est que Carlos Ghosn, il va être combatif
18:24et qu'il est prêt à se battre pied à pied.
18:27Ensuite, elle dit que la thèse du complot,
18:29c'est celle qu'il va défendre,
18:30celle d'un complot industriel,
18:31d'une guerre intestine entre Renault et Nissan.
18:33Donc, elle révèle finalement,
18:35alors qu'on n'en espérait presque pas tant,
18:37le thème général de ce que sera ce grand entretien du lendemain,
18:40l'état d'esprit de son mari
18:42et puis son sentiment à elle aussi
18:43sur les derniers jours,
18:45la façon dont ils sont déroulés.
18:47Hélas, en revanche,
18:48rien sur les conditions de la fuite si mystérieuse
18:50et elle apprend soin aussi de dire
18:52qu'elle n'était absolument au courant de rien
18:53sur cette évasion qu'elle a appris à la nouvelle à Beyrouth.
18:56Le mercredi 8 janvier,
18:58un peu avant 15h à Beyrouth,
19:00donc Carlos Ghosn entre dans cette salle
19:03du syndicat de la presse libanaise
19:05que vous nous décriviez au début.
19:07Racontez-nous son arrivée dans la salle.
19:09Il entre quelques minutes avant l'horaire indiqué.
19:12Il s'installe au pupitre.
19:13C'est le boxeur sur le ring qui a envie d'aller au combat.
19:15Plutôt à l'aise, il a le visage fermé,
19:17mais Carlos Ghosn, c'est quand même quelqu'un
19:18qui a un visage assez sévère,
19:19donc il n'y a pas de signe d'une tension particulière.
19:22Il porte un costume sombre,
19:24une chemise blanche,
19:25puis il a une cravate rose.
19:27Il est prêt à parler tout de suite.
19:28On lui demande d'attendre justement
19:29pour coller au direct des télés
19:31qui lui se déclenche à 15h.
19:33Donc il passe 3-4 minutes au pupitre
19:35à attendre patiemment,
19:36mais en même temps il trépigne.
19:38Et c'est là qu'on voit tout le côté
19:39très millimétré de cette communication derrière.
19:42Et puis enfin, ça y est,
19:43à 15h il a le go,
19:44et là il entre dans le vif du sujet.
19:46Il parle directement tout seul ?
19:48Oui, il commence par un long prologue
19:50d'une vingtaine de minutes
19:51ou presque une demi-heure.
19:52Il prend évidemment soin de commencer en arabe
19:54parce qu'il est à Beyrouth
19:55et pas parce que le Liban l'a accueillie.
19:57Donc il est très vigilant là-dessus.
19:59Il commence en arabe
20:00et puis il parlera tour à tour en français,
20:02en portugais et en anglais.
20:04C'est une affaire politique.
20:07Beaucoup ont tenté de la présenter
20:08comme une affaire de droit commun,
20:10de quelqu'un qui a dépassé les limites.
20:12Non, il n'y a pas eu de dépassement de limites.
20:16Sa thèse, c'est celle d'un complot
20:18dans lequel finalement Nissan
20:20essaye de reprendre son indépendance,
20:22de se libérer de l'influence grandissante de Renault.
20:25Et donc il cite des noms,
20:26notamment le nom du PDG de Nissan
20:29puis deux autres noms de deux personnes au board
20:31au conseil d'administration.
20:33Il explique que ce sont ces personnes
20:34qui ont fomenté ce complot
20:35pour libérer Nissan
20:36de l'influence grandissante de Renault
20:39et faire capoter l'alliance.
20:41Il va plus loin.
20:42Il explique que ce complot,
20:43il a été mené avec le soutien
20:45du ministère public japonais,
20:47voire certains membres du gouvernement japonais.
20:49Après, on voit aussi que Carlos Ghosn,
20:51c'est quelqu'un qui est extrêmement habile, politique.
20:53Et à ce moment-là, il prend soin
20:54de dédouaner Shinzo Abe,
20:55le premier ministre japonais.
20:56Il explique que selon lui,
20:58Shinzo Abe n'avait pas connaissance de tout ça.
21:00Et pareil, il prend beaucoup de pincettes
21:01avec Emmanuel Macron aussi.
21:03On voit qu'il lâche ses coups
21:05vis-à-vis des politiques,
21:05vis-à-vis de ceux qui ne l'ont pas soutenu.
21:07Mais il est suffisamment prudent
21:08pour ménager la chèvre et le chou.
21:09Il vous semble sincère à ce moment-là ?
21:11C'est dur comme question
21:12parce que là, c'est vraiment mon sentiment personnel.
21:15Dans la façon qu'il a d'être extrêmement prolixe,
21:17de dire plein de choses,
21:18oui, il est dans une forme de sincérité.
21:20Il vous semble blessé en tout cas ?
21:21Ah ça, indiscutablement.
21:22On voit qu'il y a un côté mégalomane
21:24qui est évident chez ce personnage.
21:26Il y a des blessures narcissiques immenses
21:28qui remontent plusieurs fois
21:29au cours de la conférence de presse.
21:30Pourquoi ?
21:31C'est quelqu'un qui était dans une forme
21:32de toute puissance,
21:33qui était l'un des patrons les plus puissants du monde,
21:35qui parcourait le monde,
21:36que rien n'arrêtait,
21:36qu'il y avait des résultats exceptionnels.
21:38Plusieurs fois dans la conférence de presse,
21:39il a parlé de lui à la troisième personne,
21:41il a expliqué qu'il y avait 20 livres de management
21:42qui faisaient référence à ces méthodes.
21:44Donc oui, quand on a connu
21:46une descente aux enfers comme ça,
21:47on en garde des séquelles.
21:49Et lui, il est vexé de la presse japonaise
21:51qu'il a qualifiée de petit dictateur.
21:53Ça revient plusieurs fois,
21:54ça remonte.
21:54Comme dans cette communication très maîtrisée,
21:56on voit que des fois,
21:57il y a des choses qui remontent,
21:58qui sont de l'ordre du non-digéré,
21:59de la blessure narcissique
22:00qu'il a envie de régler.
22:01Et donc là, il trouve l'opportunité de le faire.
22:03Ils ont dit
22:04qu'ils voulaient tourner la page Ghosn.
22:07Eh bien, ils ont réussi.
22:09Et il précise que les résultats de l'entreprise
22:11sont moins bons depuis qu'il est parti ?
22:12Oui, ça reste un manager,
22:13ça reste quelqu'un qui regarde avant tout les chiffres.
22:16Il le dit, moi je suis un industriel.
22:17Et effectivement, il prend soin,
22:19il prend même un malin plaisir à souligner
22:21que depuis son départ,
22:21l'entreprise s'est cassée la gueule, entre guillemets.
22:23Il n'y a plus de croissance
22:26et plus de hausse des profits.
22:29Erwan Benezé,
22:30à ce moment-là, il reprend son rôle,
22:31son habit de grand patron ?
22:33Cette conférence de presse,
22:34elle est importante pour lui
22:35parce que c'est la première fois
22:37depuis ses 14 mois passés au Japon,
22:40130 jours de prison,
22:42et y compris lors de sa fuite,
22:44pour la première fois,
22:44à nouveau, il reprend son destin en main,
22:46sa vie en main.
22:47D'un mot,
22:47qu'est-ce qui va se passer pour lui
22:48dans les mois qui viennent ?
22:49Au Japon, pour lui,
22:50a priori, pas grand-chose
22:51parce que malgré la note rouge
22:52qui a été lancée par Interpol
22:54demandant qu'il soit rapatrié au Japon,
22:57ce qui a priori ne se passera pas,
22:58il va rester au Liban.
22:59Alors, il y a une autre question
23:00qui a été posée par un journaliste,
23:01c'est de savoir s'il n'avait pas quitté
23:02et finalement, c'est non pas prison,
23:04mais en tout cas le territoire japonais
23:06pour se retrouver dans une autre prison dorée
23:08qui est le territoire libanais.
23:10Alors, effectivement,
23:11il a quand même une autre liberté,
23:13mais il ne va plus pouvoir voyager
23:15comme il pouvait avant.
23:16Et donc, une des hypothèses,
23:17c'est qu'il se lance dans la politique,
23:18qu'il devienne un personnage public,
23:20un personnage politique au Liban.
23:22D'une part, parce que ça lui permettrait,
23:23c'est quelqu'un qui est habitué au pouvoir,
23:26ça lui permettrait de continuer
23:27à exercer le pouvoir.
23:28La deuxième raison, peut-être,
23:30c'est que ça lui donnerait une immunité
23:32qui lui permettrait, là aussi,
23:34de ne pas être inquiété par la justice,
23:36y compris au Liban.
23:37L'autre scénario aussi,
23:38c'est de le voir revenir en France,
23:40mener un combat en France.
23:41Et là, d'ores et déjà,
23:42il réclame beaucoup, beaucoup d'argent à Renault.
23:43Et il a d'ores et déjà expliqué aussi
23:45qu'il ne comptait pas s'asseoir
23:46sur la retraite qui lui est due.
23:48Et puis, toujours dans le rocambolesque,
23:50mais il y a un journaliste américain
23:53qui travaillait dans un quotidien japonais,
23:54Jack Adalstein,
23:55qui a expliqué qu'il avait signé
23:56un contrat avec Netflix
23:57pendant sa résidence surveillée
23:59pour mettre sa vie à l'écran.
24:00Alors, ça a été démenti
24:01par son entourage.
24:02On peut imaginer absolument tout
24:04pour la suite.
24:12Merci à Mathieu Pelloli
24:14et Erwan Bénézé.
24:15Épisode conçu et préparé
24:16par Stéphane Genest,
24:18production Clara Garnier-Amourou,
24:20réalisation Julien Moncou-Kiol.
24:22Codesource est le podcast
24:23d'actualité du Parisien,
24:25disponible chaque soir
24:26du lundi au vendredi à 18h.
24:28Si vous aimez Codesource,
24:30n'oubliez pas de vous abonner
24:31gratuitement, bien sûr,
24:32sur votre application de podcast
24:34comme Apple Podcast
24:35ou Podcast Addict.
24:37Vous pouvez aussi nous mettre
24:38des petites étoiles.
24:40Et puis, n'hésitez pas
24:41à nous envoyer vos commentaires
24:42directement.
24:44Codesource
24:44at leparisien.fr
24:46Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations