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  • il y a 9 heures
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Si le mandat de Anne Hidalgo à Paris avait commencé sur des notes plutôt positives, l’année 2018 marque un tournant : les difficultés s’additionnent. Ce deuxième épisode de Code source revient sur ces obstacles.

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Transcription
00:00Bonjour, je suis Jeanne Boézek pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:16Anne Hidalgo a promis aux Parisiens et aux Parisiennes une ville plus verte et moins polluée.
00:21Pour cela, elle met en place des mesures qui deviennent emblématiques,
00:25piétonisation des voies sur berge, aménagement des principales places de la capitale,
00:30réduction du nombre de voitures.
00:32Mais l'année 2018 est pour elle un tournant.
00:35Ses dossiers compliqués s'empilent sur son bureau.
00:38Après un début de mandat plutôt positif, Anne Hidalgo peine à surmonter les obstacles.
00:42C'est ce que Marie-Anne Guéraud, journaliste aux éditions de Paris,
00:46nous raconte dans ce deuxième épisode de Codesources consacré à la maire de Paris.
01:01Les affaires courantes reprennent le dessus très vite et notamment le dossier des voies sur berge.
01:06On est en 2016 et Anne Hidalgo décide de prolonger la piétonisation de Paris-Plage sur la rive droite
01:12à l'occasion d'une exposition.
01:14On est fin septembre et elle acte, les voies sur berge rive droite seront piétonnisées.
01:19Comment est-ce que ça se passe au sein du Conseil de Paris ?
01:21Ce n'était pas le calendrier sur lequel la mairie de Paris était partie.
01:26Donc tout le monde était un peu surpris.
01:28Finalement, on commence à comprendre qu'Anne Hidalgo voit se profiler les élections présidentielles.
01:34C'est pour ça qu'elle a aussi accéléré le calendrier et la mise en place de la piétonisation de
01:38la rive droite
01:39parce qu'elle ne voulait surtout pas devoir gérer cette mise en place sous un gouvernement de droite.
01:45Là, Hollande est encore aux manettes.
01:48Elle sait qu'il ne va pas lui mettre de bâton dans les roues.
01:50On profite de l'occasion, on a quelques mois devant nous pour le faire.
01:53Elle enterrine la piétonisation comme ça.
01:55Et c'était une promesse de campagne ?
01:57Ses partenaires écologistes, quand ils étaient autonomes au premier tour,
02:01avaient même parlé d'un projet de grand parc en bord de Seine.
02:04Dans l'entre-deux-tours, le programme de mandature acte la piétonisation de la rive droite sous la mandature.
02:11Qu'est-ce qui, à rebours des critiques et des avis défavorables, vous rend si sûr de votre choix ?
02:17D'abord, c'est l'ouverture aux piétons des voies sur berge, c'est-à-dire une grande avenue, un
02:23espace magnifique en bord de Seine.
02:25A l'étranger ou même en France, beaucoup de villes ont transformé leur centre-ville en supprimant les autoroutes urbaines.
02:34Les autoroutes urbaines sont vraiment un héritage d'un passé des Trente Glorieuses,
02:39où on pensait que la voiture devait structurer la ville, que la voiture était le seul élément du déplacement urbain.
02:45C'est un sujet qui traîne depuis longtemps, en fait.
02:48Oui, les écologistes vous diront que bien avant Delanoé, déjà, il parlait de piétonniser les voies sur berge.
02:55Delanoé s'en est emparé assez vite, dès sa première mandature, puisque dès le premier été, il avait décidé de
03:01fermer les quai-bas à la circulation.
03:04Il n'avait pas été très servi par la météo, puisqu'il pleuvait beaucoup.
03:09Delanoé avait dit « ok, mais vous verrez, l'année prochaine, on le refera et on le fera mieux ».
03:13Et c'était l'année suivante qu'il avait créé Paris-Plage.
03:16Donc déjà, sous la première mandature, l'idée était dans les esprits.
03:20Et puis, sous la seconde mandature, il avait piétonnisé la rive gauche,
03:23parce qu'il estimait que sur la rive droite, il y avait encore trop de circulation.
03:27Et qu'il fallait, avant de décider de fermer les quai-bas à la circulation,
03:32proposer des alternatives de transport aux Parisiens, type transport en commun, donc bus, métro, etc.
03:39Donc c'est pour ça que, dans un premier temps, il s'en était arrêté à la rive gauche.
03:44Et en 2016, le favori pour l'élection présidentielle, c'est François Fillon.
03:47Et François Fillon était déjà intervenu sur le dossier des voix sur berge avec Bertrand Delanoé.
03:52Avant de nourrir des ambitions présidentielles, on prêtait des ambitions municipales à François Fillon.
03:57On l'a oublié, mais à un moment donné, la rumeur François Fillon à Paris circulait.
04:01Et quand il était Premier ministre et que Bertrand Delanoé avait lancé la piétonnisation de la rive gauche,
04:07il avait, par les services de l'État, ralenti la procédure et pour le coup, vraiment mis des bâtons dans
04:13les routes Bertrand Delanoé
04:14pour que le projet soit repoussé et retardé.
04:18C'est aussi ce passé-là qu'Anne Hidalgo a dans sa tête.
04:20Et c'est aussi pour ça qu'elle accélère le calendrier en se disant
04:23« Fillon Premier ministre nous avait déjà ralenti le process pour la rive gauche ».
04:29Il n'est pas question que Fillon Président nous interdise de faire la rive droite.
04:32Et comment s'est accueillie par les Parisiens et les Parisiennes cette piétonnisation en 2016 ?
04:36C'est très partagé.
04:38Comme d'habitude, il va y avoir beaucoup de Parisiens qui vont applaudir la mesure
04:45pour avoir un espace de promenade supplémentaire sur les quais de Seine
04:48et puis en pensant aussi à la lutte contre la pollution.
04:52Sauf que Paris, ce n'est pas que la ville des Parisiens.
04:54C'est aussi capitale de la France avec beaucoup de flux,
04:58que ce soit de voitures, de camions, de touristes.
05:02Une symphonie de klaxons.
05:03Voilà ce qu'entendent désormais quotidiennement les automobilistes franciliens.
05:07La raison, la fermeture depuis cet été de près de 3 km de voie express sur la rive droite.
05:12Une décision qui ne laisse aucun usager indifférent.
05:15Les voitures, elles n'ont rien à faire dans le centre de Paris ni les motards.
05:17On est en retard tout le temps, on n'arrive pas, on a des rendez-vous, on est en retard.
05:22On ne peut pas suivre les plannings.
05:23La solution, c'est de rouvrir les voies sur berge.
05:25Ou alors les gens comprennent qu'il ne faut pas venir avec la voiture.
05:29Cette fermeture, ça crée forcément beaucoup de grogne chez les automobilistes,
05:33chez les artisans aussi qui circulent à Paris.
05:36Et puis, clairement, il faut le dire, le lobby voiture voit encore un espace dédié
05:40aux véhicules qui est supprimé et ça ne leur plaît pas beaucoup.
05:43Ça s'est fait à la USAR, ça ne s'est fait sans aucune forme de compensation
05:46en matière de transport pour les usagers.
05:48C'est maintenant qu'on essaie de voir, de changer en tout cas les règles
05:51de report ou de mesure de la pollution.
05:53On le sait partout.
05:54Dès qu'une voiture ralentit, dès qu'elle roule à basse vitesse,
05:57dès qu'un camion roule à basse vitesse, la pollution augmente.
06:00En fait, Anne Hidalgo est très clivante chez les Parisiens et les Parisiennes.
06:04Oui, c'est ce qui apparaît.
06:05C'est un peu sa faiblesse et ça va se confirmer dans les mois suivants.
06:09Quand on l'accuse d'être allée trop vite,
06:12il y a aussi les maires des villes environnantes qui disent
06:15« Mais attendez, si vous la fermez, il va y avoir des conséquences sur le périphérique.
06:19Vous prenez cette décision sans nous concerter, ce n'est pas normal. »
06:22Alors, il y aura une réunion qui sera effectivement montée.
06:26Mais c'est vrai que là-dessus, la concertation a peut-être manqué.
06:37Fin 2017, Paris remporte les JO pour 2024.
06:41C'est aussi un lieu de critique.
06:42Est-ce que vous pouvez nous raconter cette campagne pour les JO ?
06:44Ce qu'Anne Hidalgo avait décidé de lancer
06:47pour donner un nouveau souffle à la capitale meurtrie par les attentats,
06:50ça va se retourner un peu contre elle.
06:52Parce que plusieurs voix commencent à dire qu'elle est trop à l'étranger.
06:57Elle voyage beaucoup pour défendre la candidature de Paris.
06:59Et elle ne se rend pas compte de ce qui se passe dans la capitale.
07:03Donc, il y a des maires, y compris des maires de gauche,
07:06qui disent qu'il serait peut-être temps qu'elle soit de retour à l'hôtel de ville.
07:10Ce qui aurait pu être un atout pour elle,
07:12pour soigner sa stature internationale aussi.
07:14Ça va finalement se transformer un peu en faiblesse.
07:17Paris 24, Los Angeles 28.
07:21Cette fois, c'est officiel.
07:23Paris accueillera bien les Jeux de 2024, Los Angeles de 2028.
07:27À la tribune, Anne Hidalgo peine à contenir son émotion.
07:31Depuis des mois, on le sait que Paris va avoir les JO pour 2024.
07:35Sa principale concurrente, Los Angeles, a déjà dit que, ok,
07:38elle essaie de tomber 2024 pour la session suivante.
07:41Et l'Oscar de la meilleure actrice revient à Anne Hidalgo.
07:45De nombreux internautes ont décerné un prix d'interprétation ironique à la maire de Paris.
07:50Surprise hier que la capitale française remporte les Jeux olympiques en 2024.
07:55Cela fait pourtant plusieurs semaines que Paris est assurée d'organiser les JO.
07:59Malgré tout, Anne Hidalgo était émue aux larmes et elle en a peut-être un peu trop fait.
08:05Est-ce que ça lui apporte des opinions favorables du public d'obtenir les JO ?
08:09Non, ça passe presque inaperçu.
08:12Parce que là, les polémiques commencent déjà à se multiplier
08:15sur la gestion des préoccupations quotidiennes des Parisiens.
08:18La propreté, les rats, la circulation.
08:20Il y a une espèce de tornade qui est en train de naître à Paris.
08:25Et justement, on dit que tout ça, elle ne l'a pas vu venir
08:27parce qu'elle était trop loin de sa ville
08:29et qu'elle n'a pas senti ce que les maires d'arrondissement
08:32qui, eux, sont au quotidien sur le terrain ont vu venir
08:35et pressentent que ça risque de poser des difficultés.
08:44L'année 2018, on pourra dire que ce sera l'anus horribilis pour Anne Hidalgo.
08:48Vélib change de gestionnaire, c'est plus le groupe de cause,
08:52c'est Smouvingo qui doit normalement déployer
08:55la nouvelle flotte de Vélib dans Paris.
08:57Ça se passe très mal.
08:58Des stations sans aucun vélo à disposition.
09:01D'autres qui n'en ont que quelques-uns,
09:04mais impossibles à emprunter.
09:06Voilà le quotidien des 285 000 abonnés de la métropole du Grand Paris.
09:11C'est simple, depuis début janvier, plus de Vélib.
09:16Je ne peux pas utiliser, parce qu'aucun Vélib, aucun Vélib ne marche.
09:20Tout le monde trouve que ça ne va pas du tout.
09:22Il y a une vague de désabonnements, c'est la catastrophe.
09:26S'ajoute la polémique sur les voies sur berge,
09:28qui existait déjà, mais qui là en plus prend une tournure autrement plus importante,
09:33puisque l'arrêté municipal pour interdire la circulation est cassé par le tribunal administratif.
09:38Donc ce qu'on reprochait à Anne Hidalgo d'être allée trop vite, etc.,
09:42ça se traduit concrètement par une décision du tribunal administratif.
09:46Alors là, évidemment, tous les opposants au projet de piétonisation boivent du petit lait.
09:50Ils sont ravis, ils disent qu'ils avaient raison.
09:52Ça ne fait que fragiliser davantage la maire de Paris.
09:55Et là-dessus vient se rajouter une autre crise, à savoir Autolib.
10:01Oui, ça y est, c'est officiel, Autolib à Paris s'est terminée.
10:05Une décision actée cet après-midi lors d'une réunion à la mairie du 12e.
10:09Quasi du jour au lendemain.
10:10Donc là, c'est pareil, on reproche à la maire de Paris de ne pas avoir su anticiper,
10:15de prendre ses décisions dans la précipitation,
10:17alors qu'elle a déjà le dossier Vélib et les voies sur berge sur le dos.
10:20C'est franchement une mauvaise passe.
10:23Sans compter qu'en début 2018, le mode de stationnement a changé.
10:28C'est-à-dire que ce sont des entreprises privées qui contrôlent les tickets des automobilistes.
10:34Et là aussi, il va y avoir des ratés,
10:36parce que les entreprises n'ont peut-être pas embauché les bonnes personnes.
10:41L'augmentation des tarifs fait un peu râler.
10:44Tout ça fait que sur un dossier majeur quand même, à savoir les transports,
10:48on a l'impression que tous les dossiers sont en train de se dilater.
10:51Ça ne va pas du tout.
10:53Et comment est-ce qu'elle vit cette période difficile ?
10:56Elle va un petit peu être sur la défensive.
10:59C'est-à-dire qu'elle va beaucoup laisser entendre, notamment sur les voies sur berge,
11:03que c'est le lobby voiture qui est derrière,
11:06que ce sont des attaques de la fachosphère,
11:09qu'elle est beaucoup critiquée aussi parce que c'est une femme.
11:13Ce qui est en partie vrai.
11:14C'est vrai qu'il y a sans doute des attaques sexistes,
11:17sauf qu'il y a de vraies ratées dans la gestion.
11:20Et en l'occurrence, il n'y a pas franchement de remise en question.
11:22Quand elle déjeune avec les journalistes en marche du Conseil de Paris,
11:26elle est sollicitée sur ces dossiers-là.
11:28On sent une pointe d'agacement,
11:30comme s'il n'y avait pas de questions à poser,
11:33que tout allait bien.
11:34C'est en partie ce qui va lui être aussi reproché au sein même de son équipe.
11:44La piétonisation des voies sur berge,
11:45la réduction des voitures,
11:47l'augmentation des frais de parking à Paris,
11:49s'est mise en place aussi pour réduire la pollution.
11:52Est-ce que ça marche ?
11:53Ça marche à moitié.
11:55C'est-à-dire qu'une étude d'Air Paris,
11:56qui va être réalisée sur les conséquences de la fermeture de la rive droite,
12:01montre que sur les quais bas,
12:03naturellement, tout va pour le mieux,
12:04puisqu'on n'a plus de voitures.
12:05En revanche, sur les quais hauts,
12:07là où les embouteillages sont pressants,
12:11il y a des pics de pollution à certains carrefours.
12:13Et puis il y a aussi de la pollution
12:14qui va se déporter sur les arrondissements périphériques,
12:18les arrondissements plus populaires.
12:20Et ça, ce n'est pas bon pour l'image d'Anne Hidalgo,
12:22parce qu'on a presque l'impression que c'est une maire
12:24qui s'occupe du centre de Paris,
12:27des quartiers un peu bobos,
12:28au détriment des quartiers populaires
12:30où son équipe socialiste est élue.
12:34C'est un peu paradoxal.
12:35Par rapport à l'image d'équipes très soucieuses
12:38de ces quartiers qui ont été délaissés par la droite
12:41pendant des années.
12:42Le bilan est assez mitigé.
12:44Anne Hidalgo, elle a un vrai discours sur l'écologie
12:46et sur ce qu'il faut faire à Paris.
12:47Dès sa première année,
12:48elle a annoncé qu'elle voulait débarrasser Paris
12:50des voitures diesel.
12:52Elle a donc accéléré la marche sur les voies piétonnes.
12:55Elle s'est aussi présentée à la présidence du C40.
12:58C'est un groupe de villes qui regroupe toutes les grandes capitales
13:04et autres villes du monde
13:05qui ont une action tournée vers les mesures nouvelles
13:09pour préserver l'environnement.
13:10C'est une vraie dimension qu'on n'avait pas forcément perçue
13:14au sein de son équipe pendant la campagne,
13:17mais qui s'intensifie au cours du mandat.
13:22Le Paris qu'elle veut est sociétal, festif, vert.
13:26Pour ça, elle est prête à tout,
13:27y compris à faire preuve d'une grande autorité.
13:30Comment est-ce que ça se traduit ?
13:31Quand elle est arrivée à l'hôtel de ville,
13:33elle avait sans doute voulu s'installer
13:35dans le rôle de maire de Paris
13:37en prenant l'exemple inverse de Bertrand Delanoé.
13:40Elle était beaucoup dans le collégial,
13:41dans la disponibilité.
13:43Et là, on va presque avoir l'impression
13:45qu'il y a une espèce de retournement.
13:47Elle est beaucoup plus isolée,
13:49beaucoup plus cassante,
13:50beaucoup plus autoritaire.
13:51Dans les réunions en interne,
13:53on dit beaucoup qu'elle ne supporte pas la critique.
13:55Que quand un adjoint va émettre
13:57un point de vue différent
13:58ou même une réserve sur un choix,
14:02elle est tout de suite très cassante.
14:03Ça, c'est totalement nouveau
14:05pour l'équipe qui ne l'avait pas perçue du tout comme ça.
14:08À tel point qu'en septembre 2018,
14:11Bruno Julliard, son premier adjoint,
14:13démissionne. Pourquoi ?
14:15Justement parce qu'il n'est pas toujours d'accord
14:17avec ses décisions.
14:18Et parce qu'il trouve
14:20que ça manque de dialogue
14:22au sein de l'équipe.
14:23Hidalgo, aussi,
14:24au premier chef,
14:25a manqué d'humilité
14:28et de capacité de remise en question.
14:30Les crispations avaient commencé
14:32à apparaître depuis plusieurs mois,
14:33tant sur le plan politique
14:35que sur le plan de la forme.
14:36Il a l'impression
14:37de ne pas avoir d'influence,
14:39de ne pas réussir à peser
14:40sur les décisions,
14:41à la faire changer d'avis.
14:43Donc il décide tout simplement
14:44de quitter ses fonctions,
14:46alors qu'elle était prête
14:47à lui donner aussi,
14:49sans doute,
14:50la succession
14:51quand elle arrêterait son mandat de maire.
14:52Ma démission
14:53et ce discours de vérité
14:56que j'ai choisi,
14:56j'espère qu'il sera utile
14:57et qu'il permettra
14:59un sursaut collectif,
15:00mais aussi,
15:01vous l'avez compris,
15:02personnel,
15:03de la maire de Paris.
15:03C'est un vrai choix
15:04et c'est un vrai clash
15:06qui arrive mal pour elle
15:07parce qu'après l'été,
15:09on a l'impression
15:10que Vélib fonctionne un peu mieux.
15:12Les voies sur berge,
15:13ça se calme un petit peu aussi,
15:14la polémique.
15:15Donc ce départ fracassant
15:17de son premier adjoint,
15:18ça tombe assez mal,
15:19d'autant qu'elle,
15:20elle prévoyait plutôt
15:21à la rentrée
15:21de parler de son bouquin
15:23sur l'écologie.
15:24Elle était sans doute
15:25sur une autre phase
15:26et là,
15:27elle est obligée
15:27de gérer une autre crise.
15:29Qui nomme-t-elle à sa place ?
15:31Alors elle choisit
15:32de nommer Emmanuel Grégoire,
15:33qui était déjà adjoint
15:34chargé aux finances.
15:36Donc il garde
15:36cette délégation des finances
15:38et prend en plus
15:39celle de premier adjoint.
15:40Emmanuel Grégoire,
15:41en fait,
15:41il est apparu
15:42pendant la campagne
15:44de 2008
15:45et il a rejoint
15:46Bertrand Delanoé
15:47à cette occasion.
15:48Delanoé a très vu
15:50de vue que c'était
15:51un collaborateur précieux.
15:52Donc il l'a rapatrié
15:53dans son propre cabinet
15:54et Emmanuel Grégoire
15:55va continuer
15:56son bonhomme de chemin
15:57et puis il va l'amener
15:57même jusqu'à Matignon
15:58puisqu'il travaillera
15:59avec Jean-Marc Ayrault,
16:01le premier ministre
16:01de François Hollande.
16:04Comment est-ce que ça se passe
16:05entre eux,
16:05la répartition des rôles ?
16:06On a l'impression
16:07qu'il y a vraiment
16:08un binôme
16:08qui s'installe entre eux.
16:09C'est-à-dire que
16:10la crise qui perdurait
16:11depuis des mois
16:12avec Bruno Julliard
16:13est très vite effacée
16:15et de cette crise-là
16:16va peut-être
16:17ressortir un bien
16:18pour Anne Hidalgo
16:19parce qu'Emmanuel Grégoire
16:20embrasse vraiment
16:21le rôle de premier adjoint
16:22et va faire
16:23beaucoup de médias.
16:24Anne Hidalgo
16:25qui énerve
16:26même de façon
16:27un peu épidermique
16:28beaucoup de Parisiens.
16:29on a l'impression
16:29que la stratégie
16:30a été de la mettre
16:31un peu en retrait
16:32pour exposer davantage
16:34Emmanuel Grégoire.
16:35Donc on l'envoie au feu,
16:36il a les mains dans le cambouis,
16:37il répond à toutes
16:38les polémiques,
16:39etc.
16:40Et Anne Hidalgo
16:41apparaît moins,
16:42comme si on voulait
16:43essayer de la préserver.
16:44Et ça marche bien d'ailleurs.
16:46Ça marche bien aussi
16:47au sein de l'équipe
16:48d'adjoints
16:49puisque beaucoup
16:50ont l'impression
16:50qu'un nouveau souffle
16:52permet à l'exécutif
16:55d'être un peu plus
16:56armé pour faire face
16:58aux polémiques
16:58et reprendre un peu
16:59la main sur tous les dossiers.
17:04Les élections municipales
17:05approchent.
17:06Nous élirons nos maires
17:07en mars 2020.
17:09Anne Hidalgo
17:09ne s'est pas officiellement
17:10déclarée candidate.
17:12Elle est dans quelle position
17:13en ce début de campagne ?
17:15Alors en 2018,
17:16tout le monde
17:17l'a donné battu.
17:18Ça a d'ailleurs
17:18aiguisé les appétits
17:19et on voit que
17:20chez LREM
17:21ils se sont un peu
17:22poussés du coude
17:23pour être candidat.
17:24Maintenant,
17:25le jeu est beaucoup
17:26plus ouvert.
17:27D'abord parce que
17:27cette stratégie
17:28justement
17:28de mettre un peu
17:29Anne Hidalgo
17:30en retrait
17:31elle exaspère moins
17:32puisqu'elle prend moins
17:33la parole
17:33donc forcément
17:35elle est moins exposée.
17:37Et puis là,
17:37la candidature
17:38de Benjamin Griveaux
17:39avec le retrait
17:41de Cédric Villani
17:42laisse entendre
17:43que Cédric Villani
17:44qui finalement
17:45avait des chances
17:45de battre Anne Hidalgo
17:46selon les sondages
17:47pourrait aller
17:48aux côtés
17:49d'un autre candidat.
17:50À droite,
17:52c'est le vide sidéral.
17:54Il y a plein d'élus
17:54qui après la déroute
17:56des Européennes
17:57ont décidé
17:57de quitter
17:58les Républicains
17:58et pour l'instant
17:59il y a trois candidatures
18:01sur les rangs
18:02mais l'investiture
18:03n'interviendra pas
18:04avant septembre.
18:05Il y a des petits candidats
18:07qui sont là
18:07qui tracent leurs sillons
18:09comme Gaspard Ganser
18:10l'ancien chargé
18:11de com'
18:12de Hollande
18:13et de Bertrand Delanoé
18:14qui a créé
18:14un mouvement citoyen
18:15parisienne-parisien.
18:17Il y a aussi
18:17le député Agir
18:18Pierre-Yves Bournazel
18:19qui se présente
18:20comme un candidat
18:21hors-partie
18:22qui ne défendent
18:23que les intérêts
18:24de Paris.
18:25Donc ces petits candidats
18:25eux tracent leurs sillons
18:26mais dans les gros
18:27partis
18:28comme LREM
18:30LR
18:30il n'y a pas encore
18:32de candidats
18:32franchement installés
18:33qui puissent
18:34vraiment rivaliser
18:35avec Anne Hidalgo.
18:36Pour l'instant
18:36les jeux sont
18:37assez ouverts.
18:38Elle en tout cas
18:39dans son entourage
18:40on le dit clairement
18:41elle ne sera candidate
18:42qu'à la toute fin de l'année.
18:45Anne Hidalgo
18:46a tranquillement
18:47gravi les échelons
18:48de la politique
18:48à Paris.
18:49Est-ce qu'elle a réussi
18:51selon elle
18:51son premier mandat ?
18:53Anne Hidalgo
18:54elle a réussi une chose
18:55c'est à faire parler
18:55beaucoup d'elle
18:56pendant son premier mandat.
18:57Ça c'est indéniable.
18:58Alors pas forcément
18:59de façon très positive
19:01à chaque fois
19:02mais quand elle a été
19:03critiquée
19:04on peut aussi
19:05lui reconnaître
19:06une forme de courage
19:07parce qu'elle n'aura pas
19:08du tout
19:08renoncé à ses projets
19:10à ses choix écologiques
19:12et elle aura mené
19:13le combat
19:13jusqu'au bout.
19:14Son mandat
19:15a été émaillé
19:16de crises majeures
19:18imprévues
19:18et imprévisibles
19:19avec l'afflux de migrants
19:20et la crise terroriste
19:22donc c'est autant
19:23de difficultés
19:24qui sont apparues
19:25pendant ces sept années
19:26de première mandature
19:27et qui lui ont
19:28forcément compliqué
19:29la tâche.
19:30Elle aura quand même
19:31réussi à gérer
19:32relativement bien
19:33les crises.
19:34Maintenant
19:35en termes de gestion
19:36il y a quand même
19:36eu des ratés.
19:38Son bilan est contrasté.
19:44Merci à Marianne Guéraud
19:50Code Source
19:51c'est le podcast
19:51d'actualité du Parisien
19:53cet épisode a été conçu
19:54et préparé
19:55par Jeanne Boézek
19:56montage et recherche
19:57d'archives
19:58Isabelle Field
19:59réalisation et mixage
20:00Alexandre Ferreira
20:02retrouvez l'épisode 1
20:04sur Anne Hidalgo
20:04et tous les autres épisodes
20:06de Code Source
20:06sur le site du Parisien
20:08mais aussi sur vos applications
20:09de podcast préférées.
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