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  • il y a 9 heures
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Noam Anouar, 44 ans, est membre du syndicat de police Vigi, marqué à gauche. Soupçonné à tort de radicalisation, il témoigne dans Code source.

Notre article, ici : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/policier-il-denonce-la-mentalite-segregationniste-de-certains-collegues-09-06-2020-8332503.php

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La mort de George Floyd aux Etats-Unis, la manifestation d'ampleur à Paris le 2 juin
00:16pour réclamer la vérité sur la mort d'Adama Traoré,
00:20des affaires de messages racistes au sein des forces de l'ordre dévoilées par Street Press et Arte Radio.
00:25Ces derniers jours, la question du racisme et des violences policières
00:28s'est imposée dans l'actualité.
00:30Le lundi 8 juin, Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur,
00:34a promis une tolérance zéro et des suspensions en cas de soupçon de racisme.
00:39Pour mieux comprendre la situation, CodeSource a choisi d'écouter l'un des policiers
00:44qui dénoncent ouvertement le racisme au sein de son institution.
00:47Claudia Prolongeau.
00:58Noa Manoir a 44 ans.
00:59Il se présente comme fonctionnaire de police, père de trois enfants et essayiste.
01:04Il est aussi délégué d'un syndicat de policiers marqués à gauche, qui s'appelle Vigie.
01:08Je le retrouve dans un bar du 20e arrondissement de Paris, son QG, comme il dit,
01:13où il m'a donné rendez-vous.
01:14Des blocs de béton, des appartements superposés les uns sur les autres.
01:19Né de parents algériens, il a grandi dès ses 6 ans dans une cité de Goussinville,
01:23dans le Val d'Oise, avec ses trois frères et sœurs.
01:25C'était les années 80, l'époque de la marche des beurres, SOS Racisme.
01:31Je me souviens que les parties communes dans lesquelles on pouvait jouer,
01:34c'était les box, les garages souterrains, les caves également.
01:37Et il n'était pas rare de tomber sur des seringues usagées.
01:41Et en étant enfant, on utilisait ces seringues,
01:43c'est-à-dire qu'on enlevait les aiguilles qui étaient au bout des seringues
01:45et on les utilisait comme des pistolets à eau, en fait.
01:49Petit, Noam a envie de devenir policier.
01:51Mais quand il en parle, il sent que ça n'est pas la tendance.
01:55À Goussinville, les gens me disaient
01:56« Mais non, tu ne vas pas faire ça, tu ne vas pas devenir un flic ».
01:58Ils appelaient ça les « kiss-d » à l'époque,
01:59un terme qui a complètement disparu, la terminologie des banlieues.
02:02« Tu ne vas pas être un kiss-d », ça ne va pas la tête, la honte. »
02:05Moi, je me disais « Ouais, c'est vrai, finalement, tu as raison, la honte.
02:08Je ne vais pas être un kiss-dé, quand même. »
02:09Et en fin de compte, la cité, c'était finalement un terreau fertile pour le communautarisme.
02:14La police était perçue comme un envahisseur.
02:16C'est-à-dire qu'il n'y avait aucun policier qui travaillait à Goussinville
02:17qui était lui-même originaire de Goussinville.
02:19Je me souviens d'une maman solo qui était installée dans le même immeuble que le mien.
02:23Elle avait deux enfants, elle charbonnait, elle était à SEM dans les écoles.
02:26Et les gens l'emmerdaient comme pas possible.
02:28Ses murs étaient tagués, sa voiture était rayée en permanence.
02:31Parce qu'elle avait un oncle qui travaillait au commissariat local.
02:34Ça suffisait à être catalogué comme étant possible, indique, balance, etc.
02:40Les relations n'étaient pas très bonnes avec le commissariat, avec la police.
02:43Quand on est enfant, on se façonne à travers des exemples.
02:45Et je pense que les personnes qui m'ont laissé le souvenir le plus agréable sont les enseignants.
02:50C'est les gens avec qui je passais le plus de temps.
02:52Les gens qui m'ont transmis la majorité des valeurs morales.
02:54Puisque mon père partait à 5h du matin, il revenait à 19h complètement épuisé.
02:59En fait, il allait sur les chantiers.
03:01Ma mère était présente au quotidien.
03:02Elle était parent déléguée à l'école.
03:05Mais elle s'occupait de 4 enfants en permanence.
03:08Et donc ce qui m'a donné ma bouffée d'oxygène, c'était l'école, l'école publique.
03:12Et donc les enseignants sont les personnes avec qui je garde les meilleurs souvenirs des échanges que j'ai pu
03:17avoir à l'époque avec des adultes.
03:19Noam se tourne donc vers l'éducation.
03:21Et au bout de quelques années, son envie de devenir policier le rattrape.
03:25Noam a 30 ans, il vient d'avoir son premier enfant et passe le concours de police qu'il réussit.
03:30Il quitte donc son quartier de Goussinville et commence sa formation.
03:38Pendant mon année de formation, on a eu un collègue qui parlait d'un type qui était parti en vacances
03:43au Sénégal.
03:45Donc un jeune de la cité sur laquelle on patrouillait régulièrement.
03:49Et il dit, ah bah c'est bon, on va pouvoir prendre un peu de repos.
03:51Il est parti dans son pays de con.
03:52Et j'avais parlé au chef de brigade en disant, écoute, moi je suis là pour apprendre mon métier.
03:56Et ce mec-là me donne un mauvais exemple.
03:57Et du coup, ça a été assez glacial avec ce collègue.
04:00On ne s'est pas parlé pendant le reste du stage.
04:02Ensuite, il a été muté dans le sud.
04:03Ça m'avait un peu marqué.
04:05Vous savez, j'ai fait mon stage dans une petite commune où tout le monde se connaissait.
04:09Et puis on contrôlait tout le temps les mêmes personnes.
04:12Parfois on leur demandait d'enlever les chaussettes pour fouiller, voir s'il n'y avait pas une boulette, etc.
04:16C'était un peu...
04:18Je n'ai jamais été partisan de ça.
04:20Au point que j'ai essayé de partir assez vite.
04:24Au bout d'un an, j'ai réussi à changer de service.
04:26Et c'était plutôt une bénédiction parce que je pense que je n'aurais pas été policier très longtemps autrement.
04:30A l'issue de cette année, Noa Manoir intègre les renseignements généraux, qu'on appelle les RG, en Seine-Saint
04:35-Denis,
04:35où il devient très vite chargé de la surveillance des filières djihadistes.
04:39Parmi les qualités professionnelles qui étaient requises pour postuler, il y avait des connaissances linguistiques,
04:45la connaissance de la topographie, la connaissance aussi du milieu, par exemple, cultuel, inhérent à l'islam de France,
04:52le monde associatif local, les cités de Seine-Saint-Denis,
04:56toute cette expertise territoriale qui faisait que le fait d'être d'origine maghrébine,
05:00d'avoir un bon contact avec la population, c'était finalement un prérequis intéressant pour le service.
05:03Et quelques années après, après les attentats de Charlie notamment, c'est devenu une question tabou.
05:10C'est-à-dire que parler arabe, c'était finalement une façon d'échanger des éléments incognitos,
05:14ça rendait en quelque sorte suspect, alors qu'avant c'était plutôt une qualité, c'était quelque chose de bénéfique.
05:19Et puis il y a d'autres situations qui le gênent.
05:22C'était à la direction de l'éducation nationale à Bobigny, il y avait une manifestation,
05:26c'était le 11 septembre, je pense que ça devait être 2014.
05:31Et bon, il fallait quantifier le nombre de manifestants.
05:34Et donc je monte, je crois que c'était au troisième étage,
05:37je vois des secrétaires qui travaillent, je tape à la porte, poliment,
05:40je leur dis, excusez-moi, voilà, je suis policier des renseignements généraux,
05:44est-ce que je peux visualiser la manifestation du dessus pour pouvoir prendre un cliché ?
05:48Et elle me disait, non, non, non, vous ne pouvez pas prendre de clichés.
05:51Je dis, non, mais c'est la voie publique, vous, ça ne vous concerne pas.
05:53Elle me dit, non, non, vous ne pouvez pas prendre de clichés.
05:55Je dis, ok, donc je redescends, je vais dans la manifestation,
05:58et quand j'essaye de remonter, je vois que toutes les portes de l'institution sont fermées,
06:01c'est verrouillé, etc.
06:02Je leur dis, qu'est-ce qui se passe ?
06:03Ils me disent, il y a un arabe qui se fait passer pour un policier
06:06et qui a pénétré dans les locaux.
06:08Et comme on est le 11 septembre, on a peur, on a appelé le commissariat.
06:11Et puis le collègue du commissariat arrive, il me dit, ah, c'est toi ?
06:14Je dis, bah ouais, c'est moi.
06:15Il me dit, ah, parce qu'ils disent qu'il y a un arabe qui se fait passer pour un
06:17policier.
06:17Donc là, je monte au cabinet, en fait, de l'inspecteur d'Académie.
06:20Je dis, écoutez, madame, si vous avez quelque chose, un message à transmettre
06:23à tous les élèves du département, pour un certain nombre de missions d'origine africaine et maghrébine,
06:26c'est, dites-leur que les policiers ont le droit de se présenter au concours de gardiens de la paix,
06:29même s'ils sont maghrébins.
06:30Je dis, non, monsieur, c'est pas du tout ça, mais on a des interlocuteurs habituels,
06:34vous, on ne vous connaît pas, et puis en plus, on est le 11 septembre.
06:38Ça m'avait vexé un peu ce jour-là.
06:39Depuis, j'ai pris un petit peu de recul et de maturité, effectivement,
06:41mais voilà, ça fait partie de ce qu'on appelle le racisme ordinaire.
06:44Mais en fait, c'est triste parce que, vous vous rendez compte,
06:46qu'en langage courant, on a réussi à déterminer que le racisme était ordinaire, en fait.
06:51Vous voyez, c'est celui qui est tolérable, bon, t'es un peu nul, pas de soucis.
06:57En 2016, et alors qu'il est par ailleurs souvent félicité pour son travail,
07:01Noam Anwar va apprendre qu'il a été lui-même placé sur écoute, soupçonné de radicalisation.
07:06Un jour, il y a un collaborateur de bureau qui travaillait à la section course et jeux,
07:10aux renseignements généraux, qui est affecté à la police judiciaire.
07:13Parce que les renseignements généraux, quand Sarkozy décide de dissoudre les RG,
07:17ils donnent les investigations sur les courses et les jeux à la police judiciaire.
07:21Et donc, ce collègue, en fait, va là-bas.
07:23Et en 2011, il y a un match de foot de la Coupe d'Afrique.
07:26Il y a une finale Maroc-Algérie.
07:28Comme les Maghrébins sont très chauvins, ça fait parler dans tout Paris,
07:30ce collègue-là, comme il est d'origine algérienne,
07:33avec un bon esprit, je lui dis, ce soir, on mange du Marocain fumé à la sauce algérienne.
07:38Et plusieurs années après, je lis un PV qui dit que ce collègue-là avait été mis sur écoute,
07:44que moi aussi, j'étais sur écoute.
07:45Et qu'en fait, à la suite de ce SMS, ils ont diligenté des surveillances
07:49parce qu'ils pensaient que ce collègue, en tout cas, était lié au service secret algérien
07:54et que c'était un message codé pour une remise de documents confidentiels.
07:59On me soupçonnait en raison de mes trop bonnes relations avec les responsables associatifs
08:03et les responsables communautaires du 93.
08:06Eux ont une grille de lecture qui est purement ségrégationniste, en fait.
08:10C'est-à-dire que moi, je suis policier, mais au lieu d'être policier,
08:12je suis devenu maghrébin du jour au lendemain.
08:14Et si j'ai une bonne relation avec un responsable associatif du 93,
08:17qui lui aussi est maghrébin,
08:18eux, ils voient deux Arabes et deux musulmans, en fait, qui s'entendent.
08:21Il n'y a pas d'autre schéma de lecture.
08:23Donc, effectivement, comme c'est une section qui s'occupe de l'antiterrorisme,
08:25ils font des notes confidentielles dans lesquelles ils disent « Attention, ils se sont vus tel jour,
08:29ils ont déjeuné, ils se sont téléphonés à tel moment. »
08:31Franck, il était d'origine kabyle, sa mère est portugaise, elle est pharmacienne.
08:35Son père est kabyle, je crois qu'il était entrepreneur.
08:38Et donc, ça a suffi à ce que la DGSI en fasse un agent des services algériens, DRS.
08:43Ils ont vraiment créé un roman d'espionnage.
08:45Moi, j'ai vu le truc, mais franchement, c'est dramatique, en fait.
08:49Je ne peux pas dire... Je ne suis même pas outré.
08:51Moi, ça ne m'atteint plus, en fait.
08:52Je ne me vexe même pas, mais je veux dire, c'est le niveau d'incompétence, en fait,
08:55qui me surprend.
08:56Ils pensaient tenir une affaire, un bon filon, alors qu'il n'y avait absolument rien.
09:00Et à côté de ça, ils ont laissé passer Mohamed Merah entre les mailles du filet
09:03et tous les autres, en fait.
09:05Vous voyez, c'est quand même assez inquiétant pour notre sécurité à tous.
09:08En août 2016, Noam Anwar est finalement affecté au centre de rétention administrative du Méni-Lamelot.
09:14Quelques semaines plus tard, un événement le fait définitivement sortir de son devoir de réserve
09:17et contacter les médias.
09:19Un matin, je suis dans la salle dégradée, dont je fais partie,
09:21parce que je suis brigadier à l'époque,
09:22donc j'ai la responsabilité d'un groupe, en fait, de gardiens de la paix.
09:26J'ouvre la boîte mail collective.
09:29Et donc je regarde dans les courriers reçus,
09:31il y a un courrier qui s'appelle
09:32« L'Islam est le cancer de l'Europe, les musulmans sont ses métastases ».
09:36Au début, je le transfère directement à la chef de service.
09:39Je ne fais pas de signalement, je ne fais pas de rapport.
09:41Après, je regarde dans le poste, je vois un affiche du spectacle de Dieu donné,
09:45des dessins un petit peu bizarres,
09:47où on voit un homme noir se faire écraser par un pied blanc.
09:50Du coup, je suis un peu dans l'hypervigilance,
09:52parce que les gens sont tous sympas en apparence,
09:54mais en réalité, il y avait quand même une affinité avec l'extrême droite qui était évidente.
09:59Bon, l'enquête démontrera que c'est des personnes qui travaillent au sein du centre de rétention.
10:03Après, il n'y a pas une personne qui est responsable de tout, ce serait trop simple.
10:07Le 8 octobre 2016, à Viry-Châtillon,
10:09quatre policiers qui effectuent un tour de garde sont la cible de cocktails Molotov qui enflamment leurs deux voitures.
10:14C'est aussi le point de départ de manifestations de policiers pour dénoncer leurs conditions de travail.
10:20Noam Anwar, désormais syndiqué, participe et se montre, à visage découvert ou presque,
10:25si bien que sa hiérarchie le reconnaît.
10:27Mais ils vont se servir de mes prises de parole médiatiques,
10:29alors qu'à ce moment-là, je défends les intérêts de la profession
10:32pour essayer de m'attaquer en se basant sur des textes, sur le devoir de réserve.
10:36Donc ils vont ouvrir une enquête, et au départ, ils vont me poursuivre avec Guillaume Lebeau,
10:38qui est le responsable des policiers en colère.
10:40Sauf qu'à un moment, ils vont dire, bon, Guillaume Lebeau, au regard du contexte,
10:43lui, on abandonne les poursuites, et pour vous, on continue.
10:45Je dis, mais pourquoi ? C'est quoi la différence ?
10:47On dit, occupez-vous de vos affaires, vous n'avez pas à poser de questions le concernant,
10:50occupez-vous de votre cas.
10:51Donc bon, là, j'ai mal à mon égalité, parce que sur le fronton des institutions,
10:55on écrit liberté, égalité, fraternité.
10:57C'est pour lui l'événement de trop.
10:59Noa Manoir décide de continuer à prendre la parole pour dénoncer le racisme,
11:02dont il estime être victime.
11:04Du coup, à ce moment-là, j'y crois plus, en fait.
11:06Cette institution ne nous respectera jamais.
11:08Quand je dis nous, c'est les gens issus de l'immigration.
11:10Mon père était lui-même soldat de l'armée française,
11:12et puis en fait, il est venu en France, il a servi la nation,
11:15en espérant un avenir prospère pour ses enfants.
11:18Et puis je me dis, en fait, vous nous marchez dessus en permanence,
11:20que vous ne respectez pas.
11:21Je vais parler, voilà.
11:23Peut-être que je vais aller en conseil de discipline,
11:25peut-être que vous allez me sanctionner, peut-être que vous allez me réévoquer,
11:27mais je vais parler.
11:29Et tout ça, vous ne pourrez pas m'empêcher de le faire.
11:30Ça ne loupe pas.
11:31Noa Manoir apprend qu'il va passer en conseil de discipline,
11:34mais il continue de multiplier les interventions médiatiques.
11:37Dès le début du mouvement des Gilets jaunes,
11:38il prend leur défense en intervenant sur les violences policières.
11:41En septembre 2019,
11:43il publie un livre avec Willy Le Devin, journaliste à Libération,
11:46intitulé « La France doit savoir »,
11:48et dans lequel il raconte ses années dans le renseignement.
11:51Le 5 février,
11:52le conseil de discipline qu'on lui promettait rend un avis
11:55et demande 24 mois de suspension,
11:57dont 18 avec sursis.
11:59Noa Manoir attend de savoir si le ministre de l'Intérieur
12:01confirme cette sanction.
12:02Il s'est mis en disponibilité et ne travaille plus,
12:05mais continue de militer.
12:07Mardi 2 juin,
12:08il était à la manifestation non autorisée de soutien
12:11au proche d'Adama Traoré,
12:12qui a réuni 20 000 personnes à Paris.
12:14Mais il s'y est surtout rendu pour soutenir la famille de Cédric Chouvia,
12:18ce livreur interpellé, plaqué et étranglé par des policiers,
12:21puis mort,
12:22quelques heures plus tard.
12:27Je ne suis pas pro-police,
12:28je ne suis pas anti-police,
12:29je suis pro-justice,
12:30je l'ai toujours dit.
12:31Et donc il y a des gens que j'ai refusé de soutenir,
12:33notamment à Villeneuve-la-Garenne, à Argenteuil.
12:35J'ai estimé que les personnes n'étaient pas des victimes
12:38de violences policières,
12:39que c'était nuancé.
12:40Mais par contre,
12:41moi j'y suis allé pour la famille Chouvia,
12:43parce que je les soutiens.
12:44Je considère que justice n'a pas été faite
12:46les concernant à ce stade.
12:47Et vous,
12:48vous pensez qu'on peut faire un parallèle
12:51entre la situation en France
12:52et la situation aux Etats-Unis ?
12:55C'est quand même deux sociétés
12:56radicalement différentes.
12:58Là-bas, les communautés,
12:59c'est quelque chose d'assumé.
13:00C'est une société de communautés
13:03juxtaposées les unes à côté des autres.
13:05Après, effectivement, oui,
13:07il y a un racisme policier.
13:09Tout n'est pas complètement perdu.
13:10On a quand même encore une justice indépendante,
13:13même si l'IGPN a quand même beaucoup de peine
13:16à établir des vérités
13:18concernant les violences policières.
13:19On l'observe depuis deux ans,
13:20c'est même inquiétant.
13:21Je ne regrette absolument rien
13:22de tout ce que j'ai pu faire,
13:23de tout ce que j'ai pu dire.
13:24Vous savez,
13:25si j'avais laissé l'administration
13:26parler pour moi,
13:28j'aurais été un musulman radicalisé,
13:30écarté des rangs de la police
13:31en raison de ses convictions religieuses
13:33extrémistes.
13:33Vous voyez, c'était ça, en fait,
13:35le destin que me réservait
13:36la préfecture de police.
13:37Et donc, j'ai montré au monde
13:38ce que je pensais,
13:39la vision, en fait,
13:40que je pouvais avoir
13:41de mon institution.
13:42Je ne suis pas rentré
13:42dans la police pour ça.
13:45Le week-end du 11 juin,
13:46Street Press a révélé
13:47que deux groupes Facebook
13:48avec plusieurs milliers de policiers
13:50étaient dedans,
13:51échangés de diverses remarques
13:52racistes et théories suprémacistes.
13:55Arte Radio a publié un podcast
13:56pour lequel ils ont récupéré
13:58des messages vocaux
13:59de la même teneur,
14:00échangés sur WhatsApp.
14:01Cette réponse de dire
14:02il n'y a pas de violence policière,
14:03il n'y a pas de racisme policier,
14:05elle était absurde.
14:06Donc, aujourd'hui,
14:07on sait qu'il y a du racisme
14:08dans la police.
14:09L'expression du racisme policier,
14:11elle existe au quotidien.
14:12Et on m'a pris pour un imbécile.
14:15On a voulu me faire passer
14:16pour ce que je ne suis pas
14:17alors que j'avais raison
14:18seul et contre tous
14:19avant tout le monde.
14:20Ma collègue Sabine,
14:22mon collègue Alexandre Langlois,
14:23on avait raison sur l'IGPN,
14:25sur les violences policières,
14:27sur le racisme policier,
14:28sur les accusations fantaisistes
14:30qui ont touché
14:30certains de nos collègues
14:31dont on a dit
14:32qu'ils étaient radicalisés.
14:33Tout ça, ça a fait beaucoup de mal.
14:34Ça a détruit des familles.
14:35Il y a des gens
14:36qui se sont séparés.
14:37Il y a eu des couples,
14:37des enfants qui ont été détruites
14:39à cause de cet excès de zèle.
14:41Et donc, maintenant,
14:41il va falloir essayer
14:42de réparer tout ça.
14:43Ça va prendre du temps.
14:52J'ai envie de prendre une pause
14:54parce que la police,
14:55c'est un métier
14:55qui rend malheureux.
14:56En fait, aujourd'hui,
14:57les chiffres le montrent.
14:58J'avais beaucoup de détermination,
15:00de bonne volonté, en fait,
15:02pour concourir
15:02à la sécurité de mes concitoyens.
15:04Mais c'est une institution
15:06qui est profondément malade
15:07et je pense que je ne dois pas
15:08être la seule personne
15:08à envisager le départ
15:10vers d'autres horizons.
15:13Claudia, face à toutes ces affaires,
15:15est-ce que tu peux nous rappeler
15:16la réponse du ministre de l'Intérieur,
15:18Christophe Castaner ?
15:19La réponse de Christophe Castaner,
15:21ça a été de tenir
15:21une conférence de presse
15:23lundi 8 juin.
15:24On a l'impression
15:25qu'il ne sait pas trop
15:25sur quel pied danser
15:26parce que d'un côté,
15:27il dit qu'il n'y a pas
15:28d'institution raciste
15:29ou de violence ciblée
15:30et d'un autre côté,
15:32qu'il ne laissera pas
15:33les agissements odieux
15:34de certains
15:35jeter l'opprobre
15:36sur toute une institution.
15:37Donc,
15:39on ne sait pas trop,
15:40finalement.
15:40Est-ce que Noam Hanouar
15:42est convaincu par ces annonces
15:43du ministre de l'Intérieur ?
15:45Non, sans surprise,
15:46Noam Hanouar
15:46n'est pas convaincu
15:48et pas satisfait
15:49par les propos
15:50de Christophe Castaner.
15:52Notamment,
15:52il y a une expression
15:53qui ne lui va pas du tout,
15:54c'est que Christophe Castaner
15:55a demandé
15:56à ce qu'une suspension
15:57soit systématiquement envisagée
15:58pour chaque soupçon avéré
16:01d'actes
16:01ou de propos racistes.
16:02Et pour Noam Hanouar,
16:04l'expression
16:04soupçon avéré
16:06ne va pas du tout.
16:07Soit il y a un soupçon,
16:08soit il y a des actes avérés.
16:10Mais soupçons avérés,
16:11il trouve que ça ne correspond pas
16:13à ce qui se passe,
16:14que ça ne veut pas dire grand-chose.
16:15Donc,
16:16ça ne lui va pas.
16:19Merci,
16:19Couda Prolongeau.
16:28Code Source
16:28est le podcast
16:29d'actualité du Parisien,
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