Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 heures
Pour écouter tous les podcasts du Parisien : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/

Vendredi 11 octobre 2019 au soir, l’information de l’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès a été relayée par erreur par Le Parisien, l’AFP et tous les médias français. Récit.

Notre article : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/xavier-dupont-de-ligonnes-histoire-d-une-meprise-14-10-2019-8172777.php

Sur votre smartphone ou votre tablette, écoutez Code source et abonnez-vous sur : Apple Podcasts (iPhone, iPad) : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/code-source/id1460276302
Google Podcasts (Android) : https://podcasts.google.com/?feed=aHR0cHM6Ly9mZWVkLnBpcHBhLmlvL3B1YmxpYy9zaG93cy9jb2RlLXNvdXJjZQ Podcast Addict : https://podplayer.net/?podId=2366555
ou Castbox : https://castbox.fm/channel/Code-source-id2099090?country=gb
Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/360202
Spotify : https://open.spotify.com/show/4J2KJU7Lcv0e1wH3728Fse

Toute l'actualité du Parisien : http://www.leparisien.fr/

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:05Vendredi soir en France, nous avons été des millions à croire vrai, une chose complètement fausse.
00:15Non, Xavier Dupont de Ligonnès, l'homme soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants en 2011 à
00:20Nantes,
00:21n'a pas été arrêté, mais vendredi soir, tout le monde y a cru.
00:25Sauf les proches du retraité français interpellé par la police écossaise.
00:28Eux savaient que c'était impossible.
00:31Le Parisien a publié en premier la formation vendredi soir, 20 minutes avant l'agence France-Presse.
00:36Alors pourquoi cette erreur de la police, de notre rédaction et des autres journalistes ?
00:40Pour essayer de comprendre, Codesource refait le film des événements heure par heure.
00:46Stéphane Albouy, vous êtes directeur des rédactions du Parisien.
00:49Vous avez dans le passé dirigé le service Police-Justice du Parisien.
00:52Vous connaissez donc très bien les faits divers.
00:55Oui, absolument. J'ai dirigé ce service et surtout j'en ai fait partie pendant sept ou huit ans avant
01:00d'en prendre la tête.
01:01C'est quoi une source pour un fait diversier ?
01:03Il faut bien expliquer à nos lecteurs et à nos auditeurs qu'une source, c'est très souvent plusieurs années
01:09de relations, de confiance, d'échange.
01:12C'est quelqu'un que l'on côtoie depuis longtemps, très souvent, qu'on a parfois rencontré au détour d
01:17'un dossier, sur une scène de crime, dans un commissariat de banlieue quand il était jeune.
01:22C'est quelqu'un qu'on a revu au fil des années.
01:25Pour certains ou pour certaines de ses sources, on a presque, je dirais, grandi ensemble.
01:29C'est des gens dont la carrière est parallèle à la nôtre, d'une certaine manière.
01:36Et c'est véritablement comme ça que ça se construit.
01:39Damien Delsenny, vous êtes le chef du service Police-Justice du Parisien.
01:43Ça représente quoi pour un fait diversier, l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès ?
01:47Ça représente une des 3-4 affaires les plus importantes de ces 20-30 dernières années en France.
01:54Il y a l'affaire Grégory, il y a l'affaire Dupont de Ligonnès, il y a eu l'affaire
01:57du docteur Godard pendant un moment.
01:59C'est des affaires qui vraiment figurent dans le palmarès, y compris d'ailleurs au-delà d'un fait diversier,
02:06de la mémoire collective française.
02:07C'est-à-dire que même quelqu'un qui ne s'intéresse pas spécifiquement aux faits divers, si vous lui
02:11dites Xavier Dupont de Ligonnès et si vous lui racontez les deux premières lignes de l'histoire, il connaît l
02:15'histoire.
02:16On rappelle l'un des principaux titres, un avis de recherche internationale est lancé pour retrouver Xavier Dupont de Ligonnès.
02:23Ce père de famille soupçonné d'avoir méthodiquement organisé le meurtre de sa femme et de leurs 4 enfants à
02:29Nantes.
02:30Les autopsies pratiquées hier sur les 5 corps concluent à des morts par balle dans leur sommeil.
02:36C'est évidemment une affaire passionnante et même au-delà parce qu'elle n'a pas connu de dénouement.
02:41Il y a toujours un mystère autour de cette affaire, il y a toujours un mystère autour de cette enquête.
02:46Donc évidemment c'est quelque chose qu'on suit de manière pas quotidienne bien évidemment.
02:51L'affaire Dupont de Ligonnès, on peut passer un an sans se pencher dessus.
02:55Par contre dès que quelque chose a trait à cette histoire, on va forcément le regarder de plus près.
03:01Comment est-ce que vous avez entendu parler de l'information pour la première fois ce vendredi soir ?
03:06Vendredi soir, je suis de bouclage comme on dit, c'est-à-dire que j'assure la finalisation du journal.
03:11D'ailleurs il est bien avancé, on est un peu avant 20h, on a programmé en une un dossier sur
03:17la situation des Kurdes.
03:18La une est quasiment finalisée, je fais un tour des services et je passe aux IG, le service des informations
03:24générales, qui s'occupe des faits divers.
03:25Et là le chef de service qui est présent, Geoffroy Tomazovitch, m'interpelle et me dit, on a une info
03:32sur Xavier Dupont de Ligonnès.
03:34Il me dit tout simplement qu'ils ont des premières informations faisant état de son arrestation à Glasgow en Écosse.
03:42Un des journalistes du service reçoit cette information.
03:45Il la reçoit d'une source très fiable et surtout très proche du dossier Ligonnès.
03:52C'est-à-dire que c'est pas quelqu'un qui a vu passer ou qui a entendu quelque chose
03:55dans un couloir, c'est quelqu'un qui est au cœur de cette enquête et qui lui fournit ce début
04:00d'information.
04:01C'est comme ça que ça arrive sur la table du service pour les justices, il est à peu près
04:0520h.
04:06Et les journalistes se mettent à travailler dessus ?
04:08Alors ce qu'on fait dans ces cas-là, surtout sur une affaire comme celle-là, qui est une affaire
04:12majeure et capitale pour nous, c'est qu'on ne laisse pas quelqu'un travailler seul, même s'il est
04:17propriétaire de son information au départ,
04:18mais on se met un peu en ordre de bataille, c'est-à-dire que tous ceux qui sont susceptibles
04:22d'avoir d'autres sources qui permettent d'étayer ou de confirmer cette première information,
04:27se mettent en route, prennent leur téléphone, appellent, et on commence tous comme ça de notre côté à essayer de
04:33tirer quelques sonnettes pour avoir des informations qui redescendent.
04:37Que disent les autres sources ?
04:38Les autres sources qu'on appelle, alors il faut savoir qu'on a appelé des personnes qui travaillent dans des
04:43services de police différents,
04:44qui sont hiérarchiquement pas placées au même endroit, c'est-à-dire qu'on n'a pas appelé trois personnes
04:47qui sont voisins de bureau.
04:49Sur ce type de dossier, avoir cinq sources, si c'est cinq personnes qui travaillent dans le même service ou
04:54le même bureau, c'est une source.
04:56Voilà, c'est aussi simple que ça.
04:57On a appelé des gens qui sont en province, qui sont à Paris, qui sont dans des services centraux, d
05:03'autres pas,
05:03et en fait, les premiers retours qu'on a sont de deux natures.
05:07Il y a des gens qui ne sont pas au courant, qui sont évidemment estomaqués comme nous de cette nouvelle,
05:11et qui nous disent, ben voilà, je vais me renseigner, je te rappelle,
05:15et des gens qui sont déjà dans la boucle et qui, eux, nous confirment la première information.
05:20L'ambiance, c'est très paradoxal, c'est un mélange d'excitation et de concentration.
05:25C'est-à-dire qu'il y a une tension immédiate qui se fait,
05:28et en même temps, il y a une polarisation, je dirais, de l'attention de chacun,
05:36et très vite, dans ce genre de situation, il y a des réflexes, comme dans tous les services, d'ailleurs,
05:41du journal,
05:42mais sur ce type d'affaires, là, on sent que tout le monde, d'un seul coup,
05:46totalement concentré sur un objectif, c'est la vérification.
05:54On a une deuxième information qui confirme la première.
05:57Voilà, ça commence à sentir bon, en fait.
05:59On se dit, là, il y a quelque chose.
06:01La dernière fois qu'on avait vu, c'était cette capture photo devant un distributeur de billets,
06:06c'était cette voiture abandonnée sur un parking d'hôtel,
06:08et là, on se dit, huit ans après, on va enfin savoir.
06:12On est dans le cadre d'un dossier, en plus, qui est très particulier,
06:14c'est-à-dire qu'il y a eu plusieurs alertes par le passé.
06:16Il y a eu plusieurs fois des moments où on y a cru.
06:19Mais là, on sent, très vite, en l'espace de quelques minutes,
06:23qu'on ne se situe pas dans le même cadre que ce qu'on a connu habituellement.
06:29Combien de journalistes travaillent dessus ?
06:31Trois journalistes qui sont directement en prise avec des sources,
06:35et cinq journalistes au total, qui vont se mettre sur le dossier,
06:38et qui vont couper, recouper les informations.
06:41Que disent les policiers que les journalistes du service police-justice du Parisien ont au téléphone ?
06:45Les sources, elles disent des choses pas toujours très détaillées,
06:49mais tous, en tout cas, sont sur une même tonalité,
06:52qui est une tonalité de certitude.
06:54C'est-à-dire, on n'a personne qui nous dit,
06:56comme c'est souvent le cas dans ces cas-là,
06:58surtout sur des affaires sensibles,
06:59qui nous dit, attendez, on est en train de recouper des infos,
07:03c'est une rumeur, on est en train de vérifier, etc.
07:05Là, on a des gens qui nous disent tous,
07:07bah oui, les informations écossaises sont formelles,
07:11c'est lui, il a été arrêté.
07:12Et eux aussi sont dans, même des professionnels comme eux,
07:15qui sont policiers, sont aussi dans une forme de surprise,
07:18parce qu'ils ne s'attendent pas forcément à une nouvelle pareille un vendredi soir.
07:21Mais en tout cas, ils sont tous sur une tonalité extrêmement affirmative.
07:25On ne parle pas beaucoup au conditionnel à ce moment-là, déjà.
07:35Et le Parisien annonce l'arrestation de Xavier Dupont-de-Ligonnais
07:38dans un premier article qui est mis en ligne le vendredi soir à 20h41.
07:42Quelles sont les sources et que dit cet article ?
07:44Alors, quelles sont les sources ?
07:46Je ne vais pas vous le dire, bien évidemment.
07:48Ce que je peux vous dire, c'est qu'elles sont au nombre de 5,
07:51qu'elles sont au plus haut niveau de la hiérarchie policière,
07:54qu'elles sont par ailleurs dans des services décentralisés,
07:59c'est-à-dire qu'on a des policiers et des sources judiciaires basées à Paris
08:02qui nous confirment, mais aussi des enquêteurs terrain, en région.
08:07Donc on a une variété de sources, c'est ça qui est très important.
08:12Parce que, justement, on a eu ces 5 sources différentes
08:16qui nous ont validé cette information,
08:18on décide effectivement d'alerter, c'est-à-dire de sortir ce qu'on sait à ce moment-là.
08:22On sait qu'il a été interpellé à l'aéroport de Glasgow,
08:25à la descente d'un vol venant de Paris-Rois-Sie-Charles-de-Gaulle,
08:28et que ces empreintes digitales ont permis de certifier
08:33que c'était bien Xavier Dupont-de-Ligonnais.
08:38L'article est mis en ligne, et de votre côté,
08:41vous travaillez aussi sur la Une du lendemain, du samedi matin.
08:44Bien sûr. Dans la foulée, on sort toutes les photos du dossier, évidemment.
08:48On fait un choix de photos qui nous semble le mieux correspondre.
08:52D'ailleurs, le choix n'est pas d'une grande originalité.
08:55La plupart des médias utiliseront la même photo.
08:57On fait un premier positionnement de tout ça,
09:00mais surtout, on continue à travailler.
09:02Parce qu'il y a un premier papier qui est fait.
09:04Mais on continue à récolter des informations.
09:07Et on continue à conforter tout ce qu'on a depuis le début.
09:09C'est-à-dire qu'on ajoute des détails aux détails.
09:12On a des confirmations, mais des confirmations qui nous disparaissent.
09:16Au moment de son arrestation, il est en possession d'un passeport volé.
09:19Ce passeport nous renvoie à telle adresse dans les Yvelines, à Limay.
09:23On apprend évidemment que des policiers sont en route
09:26pour le quartier où habite le suspect interpellé.
09:30On envoie nous-mêmes une équipe sur place.
09:32C'est-à-dire que le travail se fait en continu.
09:34Il ne s'arrête pas au moment de la publication du premier papier.
09:37On continue à étayer, minute après minute,
09:40les informations qu'on a depuis le début.
09:4321h04, une dépêche de l'agence France Presse tombe
09:46et elle confirme ce qu'avait dit le Parisien.
09:49Un peu plus de 20 minutes après notre information,
09:51l'AFP, alors je ne sais pas s'ils sont alertés par notre information
09:55ou s'ils y travaillaient déjà de leur côté,
09:57parce que là, ça arrive aussi.
09:59L'AFP sort une dépêche qui, là, confirme effectivement ce qu'on a écrit
10:05et on l'apprendra ailleurs plus tard,
10:08confirme cette information sur la base de quatre sources à elle.
10:12C'est-à-dire qu'ils ont fait le boulot à fond,
10:14ils ont vérifié ce qu'on a dit
10:15et ils ont quatre sources différentes qui accréditent ce que l'on a écrit.
10:18En même temps, les sources de l'AFP, comme celle du Parisien,
10:21disent « les Écossais nous disent ça ».
10:23Oui, absolument.
10:25Les Écossais nous disent ça,
10:27mais ce que l'on sait, c'est que par ailleurs,
10:29sur place, il y a des agents de liaison,
10:32il y a déjà des policiers dont on nous dit
10:33« ils sont en route pour aller là-bas ».
10:35Mais il y a une telle certitude dans la voix et dans le ton
10:40des interlocuteurs que nous avons ce soir-là
10:42qu'il n'y a pas de part au doute à ce moment-là.
10:44Les policiers que les journalistes du Parisien ont au téléphone,
10:47à ce moment-là, les sources, elles sont dans quel état d'esprit ?
10:49Elles sont, je dirais, résolument optimistes.
10:54On sent chez certains d'entre eux peut-être un soulagement.
10:58En tout cas, là, c'est ce que me racontent les équipes et les journalistes.
11:01C'est-à-dire qu'il y a, pour la première fois,
11:03chez des policiers et des sources, des personnalités très aguerries
11:07qui sont toujours très prudentes.
11:09Et d'ailleurs, ce soir-là, elles nous donnent la sensation d'être prudentes.
11:12Mais il y a le sentiment ou, en tout cas, un ton qui laisse à penser
11:17que quelque chose de totalement nouveau dans cette enquête
11:20est en train de se passer et qu'il y a eu une forme d'aboutissement.
11:25Certains sont là quasiment depuis le début de l'enquête.
11:28Et au moment où ils nous parlent de cette arrestation,
11:30pour certains, c'est véritablement presque l'objectif d'une vie.
11:35Donc, c'est une réalisation extraordinaire.
11:38Alors que ce sont des personnes qui sont habituées à avoir une extrême prudence.
11:42Ils ont été confrontés à des découvertes de squelettes
11:45sur lesquelles on a effectué des vérifications
11:46pour s'assurer que ça n'était pas le corps de Dupont-de-Ligonnès.
11:49Ils ont eu des centaines de signalements, parfois très précis.
11:52Il y a eu des pistes très sérieuses sur lesquelles ils ont travaillé.
11:56Mais à aucun moment, à aucun moment, ils n'ont communiqué
12:00ou en tout cas, ils n'ont parlé ou ils ne se sont livrés de cette manière-là.
12:06Et le Parisien a contacté la police locale de Glasgow.
12:10Qu'est-ce qu'elle a dit ?
12:10La police locale de Glasgow, elle ne dit pas grand-chose.
12:12À ce moment-là, elle dit juste, effectivement,
12:14elle nous confirme qu'un Français a bien été interpellé
12:17à la descente du vol Paris-Glasgow,
12:19qu'il est en garde à vue.
12:20Elle ne dit pas grand-chose d'autre.
12:22Elle dit qu'il y a des vérifications qui sont en cours.
12:23À ce moment-là, nos confrères des télévisions et des radios
12:26sont en édition spéciale et parlent, bien sûr,
12:28de l'arrestation de Xavier Dupont-de-Ligonnès.
12:30Évidemment, tout le monde s'est mis en ordre de bataille
12:33sur toutes les chaînes possibles.
12:34Huit années de cavale et peut-être la fin
12:36d'une affaire criminelle hors normes.
12:38Cette information concernant l'arrestation du Français
12:40Xavier Dupont-de-Ligonnès, il a été arrêté
12:43aujourd'hui à l'aéroport de Glasgow en Écosse.
12:46C'est le Parisien et l'AFP qui nous l'apprennent.
12:49Pour commencer, évidemment, l'information de cette soirée,
12:51et l'arrestation de Xavier Dupont-de-Ligonnès.
12:54Et voilà, défilent les spécialistes,
12:57les personnes qui ont écrit un bouquin sur l'affaire,
12:59les spécialistes pour les justices de toutes les chaînes,
13:01d'anciens policiers.
13:02Tous ceux qui ont eu à un moment donné aucune compétence
13:04ou qui ont eu à un moment donné connaissance de cette affaire
13:07sont convoqués sur les plateaux pour donner leur avis
13:09sur ce rebondissement incroyable.
13:10Le samedi matin, le Parisien fait sa une avec une photo
13:14de Xavier Dupont-de-Ligonnès, le titre arrêté.
13:17Ça nous semblait résumer la situation de la manière la plus claire possible.
13:22Dans ces cas-là, une information aussi solide
13:28qu'elle nous apparaît au moment de la publication.
13:31Voilà, il faut être très clair, il faut que le message soit immédiat.
13:35On était face à un fugitif dont on ne savait pas quoi penser.
13:40Où est-ce qu'il se trouvait ? Était-il mort ?
13:42Donc il est arrêté, ça veut dire qu'il est vivant.
13:44Et ça veut dire qu'on va commencer à avoir des réponses
13:48sur un des plus grands mystères des affaires judiciaires françaises.
13:51En même temps, dans le corps de l'article,
13:53il est bien précisé que des tests ADN devront bien confirmer
13:56l'identité de la personne qui a été arrêtée.
13:58Absolument, on l'écrit dans le papier, d'ailleurs c'est ce qu'il nous est dit.
14:01Avec les empreintes digitales, là forcément il y a quelque chose
14:04il y a un élément probant, il y a un élément qui est quasiment indiscutable.
14:07Mais ils nous disent quand même, il faudra le test ADN
14:10pour clouter d'une certaine manière, c'est les termes qu'ils emploient aussi,
14:14pour clouter le dossier.
14:15Et à ce moment-là, le procureur de la République est également très prudent.
14:17Le soir de la parution des premiers sujets, il dit
14:20attention, il y a des vérifications en cours, il faut rester prudent.
14:24Il est dans son rôle, c'est le procureur, c'est lui qui détient la parole officielle
14:28sur l'enquête judiciaire.
14:29Il est minuit, autour de minuit, donc effectivement...
14:32Mais nous on a recueilli dans la soirée le témoignage de Maître Goldenstein,
14:36qui est un avocat de la partie civile,
14:38et qui nous dit, attention, on a déjà eu des alertes, on y a déjà cru.
14:42Donc restons prudents.
14:43On fait état de ces précautions d'usage.
14:50Assez tôt, dans la matinée du samedi 12 octobre, apparaissent les premiers doutes.
14:54Oui, les premiers doutes, ils apparaissent tôt dans la matinée.
14:57En réalité, la veille vers 22h, il y a une perquisition qui est menée par les policiers
15:02français à Limay, dans les Yvelines, au domicile de celui qui est supposé, toujours
15:06à ce moment-là, être le Xavier Dupont de Ligonnès.
15:09Donc ce retraité prénommé Guy.
15:11Voilà, ce retraité prénommé Guy, donc une perquisition menée par les policiers
15:14qui va durer un tout petit peu plus de 2h à Limay, donc de 22h à un peu plus de
15:18minuit.
15:19Il y a un journaliste du Parisien qui est présent sur place,
15:21mais on ne peut pas s'approcher de la maison, il est assez tard,
15:23il n'y a pas de voisins dehors, ce n'est pas non plus un secteur très urbanisé,
15:27c'est plutôt pavillonnaire, les gens sont chez eux.
15:29Donc on n'a pas d'éléments à minuit et demi, quand les policiers s'en vont après la perquisition,
15:33on n'a pas d'éléments nouveaux.
15:34Ils vont faire un rapport de cette perquisition le samedi matin, assez tôt à leur hiérarchie,
15:39un rapport dans lequel ils disent surtout qu'ils n'ont pas trouvé grand-chose,
15:42voire rien du tout correspondant à l'information de la veille au soir.
15:46Le rapport qu'ils font est assez bref, ils disent en gros,
15:48nous on n'a pas d'éléments de la perquisition qui nous permettent de penser
15:51que Xavier Dupont de Ligonnès est cette personne et a vécu dans cette maison.
15:55Et justement, on va voir très vite le samedi matin qu'il y a des doutes
15:57sur l'identité de la personne arrêtée à Glasgow.
16:01Sensiblement, au moment où les policiers, eux, écrivent un rapport très technique sur leur perquisition,
16:05il y a des infos qui remontent en fait du voisinage.
16:07Des gens qui habitent Limay, qui habitent à côté, qui connaissent Guy.
16:10Je ne sais pas, les filles qui l'arrêtent, c'est ses empreintes, merde, il y a 9 doigts.
16:14Moi je rentre hier soir, je vois ça, je me dis, putain, mais je me dis, merde !
16:17Mais Guy, ça va faire, je ne sais pas, une quinzaine d'années que vraiment on se côtoie et tout
16:21ça.
16:21Et puis en plus, ma maison, on voit son jardin directement,
16:24il était souvent là avec des amis, enfin physiquement, on voit très bien que ce n'est pas lui.
16:28Quand les doutes montent de plus en plus le samedi matin,
16:31vous Stéphane Albouy, en tant que directeur des rédactions du Parisien, qu'est-ce que vous vous dites ?
16:35Je me dis qu'il va falloir nous-mêmes que l'on continue à enquêter, je dirais, deux fois plus
16:42encore.
16:42C'est-à-dire qu'au moment où on sent que le lien qui nous unissait à la vérité
16:47ou à ce qu'on pensait être la vérité est en train de s'effilocher,
16:50là, il faut vraiment que l'on redouble l'activité, que l'on aille au plus vite et au cœur
16:55de l'information
16:56pour comprendre ce qui est en train de se jouer.
16:58Mais à ce moment-là, il faut être très clair.
16:59Quand les premières infos remontent de Limay où les gens nous disent
17:03« le Guy qui habite là ne peut pas être Xavier Dupont de Ligonnès »,
17:07c'est une façon pour nous de se dire « bon, il y a un problème avec ce Guy et
17:11Limay,
17:11mais est-ce que la personne qui est arrêtée à Glasgow, est-ce qu'il n'y en a qu
17:16'une ?
17:16Est-ce qu'il y en a plusieurs ?
17:17Est-ce qu'on ne peut pas y avoir une confusion même sur qui est actuellement en garde à vue
17:21à l'aéroport de Glasgow ? »
17:22À partir de ce moment-là, on ne se met plus du tout dans la même perspective que la veille
17:26au soir,
17:27c'est-à-dire que là, on commence à se dire qu'il va falloir vérifier
17:29qui est réellement en garde à vue à l'aéroport de Glasgow.
17:33Est-ce que c'est ce Guy dont tout le monde nous dit
17:34« c'est un paisible retraité qui a travaillé pendant des années chez Renault »
17:37et auquel cas ça ne peut pas être Xavier Dupont de Ligonnès,
17:40ou est-ce que c'est quelqu'un d'autre qui est en garde à vue à Glasgow ?
17:43Dans les premières heures de la matinée, je dirais autour de 6h-7h du matin,
17:47on est encore dans le doute.
17:49On sent qu'il y a quelque chose qui manque.
17:51Et puis, un des éléments, très clairement, qui opère la bascule
17:55et on est en début de matinée,
17:57c'est lorsqu'on met la main sur la photo du suspect qui a été interpellé à Glasgow.
18:02Et là, on se dit que...
18:04Enfin, on se demande même ce qui est passé par la tête des officiers
18:07qui ont eu cet homme face à eux
18:10pour penser que c'était Xavier Dupont de Ligonnès.
18:12Et là, il y a un grand moment de vide.
18:17Dans la matinée, il y a déjà une deuxième information
18:19qui commence à faire complètement tourner le vent.
18:21C'est-à-dire qu'on apprend par les Écossais
18:24qu'en réalité, ces fameuses empreintes digitales
18:26qui correspondaient à celles de Xavier Dupont de Ligonnès la veille,
18:29finalement, elles ne correspondent plus vraiment.
18:32Enfin, on nous parle de 5 pointes de corrélation sur 12,
18:34ce qui est très peu.
18:35On nous dit qu'en fait, on attend l'ADN pour être sûr.
18:37Donc là, tous ces événements mis bout à bout
18:39et tous ces éléments mis bout à bout,
18:41ce n'est plus du doute.
18:42C'est-à-dire que là, on attend la validation par l'ADN
18:45que la personne qui est à l'aéroport de Glasgow
18:48s'appelle Guy, effectivement,
18:49mais ne peut pas s'appeler Xavier Dupont de Ligonnès.
18:51À 13h04, une dépêche de l'agence France Presse
18:54confirme que les ADN ne correspondent pas.
18:56Mais c'est dit, d'une certaine manière,
18:58c'est le moment où on a la confirmation
19:00et doute, pour ne pas dire des craintes
19:02qu'on avait depuis le milieu de matinée.
19:04Et à ce moment-là, du coup, l'histoire, ça devient
19:06comment est-ce qu'on a pu faire une telle bévue ?
19:08C'est l'histoire d'un ratage ?
19:10Au niveau policier, au niveau journalistique aussi ?
19:12Oui, c'est l'histoire d'une méprise.
19:13C'est comme ça, d'ailleurs, qu'on l'a qualifiée
19:15à la une de notre journal, de notre édition de dimanche.
19:17C'est l'histoire d'une méprise.
19:18On se doit absolument de comprendre
19:21d'où vient cette méprise,
19:23quelles sont les erreurs qui ont été commises
19:26de notre part, d'abord.
19:28qu'est-ce qui a pu se passer
19:29dans la chaîne d'information
19:31auprès de nos interlocuteurs français,
19:33du côté écossais,
19:35et remonter le fil de ces informations,
19:38ce qu'on est encore en train de faire,
19:41en réunissant des éléments,
19:43d'ailleurs qui attestent que,
19:45tard dans la soirée de vendredi,
19:47tout le monde s'échangeait des informations
19:50concordantes sur le fait
19:51qu'on avait bien arrêté Xavier Dupont-de-Ligonnès.
19:54On va en faire paraître encore
19:55dans les jours qui viennent,
19:56pour bien expliquer dans quel cadre
19:57on exerçait à ce moment-là.
19:59À 22h38, le vendredi soir,
20:01c'est-à-dire, ça fait déjà plus d'une heure et demie
20:03que le Parisien a dit
20:04Xavier Dupont-de-Ligonnès est arrêté en Écosse.
20:06À 22h38, la police française
20:09reçoit un message de son homologue britannique
20:12lui disant
20:13« Nous avons prévenu le magistrat français de permanence,
20:16Xavier Dupont-de-Ligonnès a été arrêté à Glasgow
20:19cet après-midi. »
20:21Il n'y a pas « aurait été »,
20:22il n'y a pas « vérification en cours ».
20:24C'est une phrase affirmative
20:25sur l'interpellation de Xavier Dupont-de-Ligonnès.
20:28qui est datée de vendredi 22h38.
20:33Il y a eu cette info de 20h,
20:35il y a eu tout ce qui s'est passé après,
20:37et en fait, tout au long de la soirée,
20:38plein d'éléments sont venus corroborer les premiers.
20:41Donc effectivement, quand le samedi, le lendemain,
20:43on apprend à 13h de manière définitive
20:45qu'il y a eu une vraie erreur,
20:46qu'il y a eu une terrible méprise,
20:48il faut d'abord essayer de comprendre
20:49si quelque part, il y a quelque chose qu'on n'a pas vu,
20:51si on n'a pas bien fait notre travail,
20:53si on n'a pas suffisamment vérifié un certain nombre d'informations.
20:56Et ce n'est qu'après, en fait, qu'on va se rendre compte
20:58que ce n'est pas le problème de nos sources.
21:00Le problème, il vient de l'information de départ.
21:03L'information de départ est erronée.
21:05Tout ce qui va, en gros, s'imbriquer derrière
21:07va forcément nous conduire à cette erreur majeure.
21:10Mais en fait,
21:11toutes les sources qu'on a eues
21:12n'ont pas menti,
21:14elles ont juste relayé de très bonne foi
21:16et sur la foi, surtout de documents
21:18extrêmement précis, extrêmement affirmatifs,
21:20une information qui s'avérait être une erreur.
21:23Alors justement,
21:23essayons de revenir un petit peu plus tôt
21:25dans cette journée de vendredi.
21:27Est-ce qu'on sait pourquoi la police écossaise
21:29arrête cet homme, ce retraité français, Guy ?
21:32Alors, il y a encore des choses
21:32qu'on ne sait pas sur le point de départ
21:34et qu'il va falloir que de toute façon
21:35on arrive à savoir,
21:37ne serait-ce que pour comprendre
21:38ce qui s'est passé.
21:39Ce qu'on sait aujourd'hui,
21:41c'est qu'il y a une information anonyme
21:43qui parvient apparemment à la police écossaise.
21:45Les policiers écossais jugent
21:47cette première dénonciation anonyme crédible ?
21:49Assez crédible pour se dire
21:50qu'ils vont la communiquer
21:51à la police française.
21:53Il n'y a pas des échanges quotidiens
21:54entre la police écossaise
21:56et la police française
21:56sur aucun sujet.
21:58Sur ce sujet-là,
21:59la police écossaise décide
22:00à partir d'une information
22:01qu'ils obtiennent
22:02de la transmettre à un autre pays
22:04en leur disant
22:04voilà, on pense que cette information-là
22:06peut intéresser votre enquête.
22:08Première information qu'ils donnent,
22:09c'est qu'ils sera dans l'avion
22:10le samedi 12.
22:12Et puis finalement,
22:13ils disent aux Français
22:14« En fait, ce n'est pas samedi,
22:15c'est vendredi. »
22:16Mais comme ils leur disent
22:17quelques heures avant,
22:18les policiers n'ont pas le temps
22:19de se rendre à Roissy
22:19pour en gros faire un filtrage
22:22des passagers
22:22qui montent dans l'avion
22:23et essayer d'interpeller
22:24le fameux Xavier Dupont-Ligonesse.
22:26Donc en fait,
22:27ils disent aux Anglais
22:28« Écoutez, voilà,
22:28on va le laisser monter dans l'avion
22:29et puis à Glasgow,
22:30vous l'interpellez
22:31et vous faites les vérifications. »
22:36Et la police locale de Glasgow
22:38arrête l'homme
22:40qui a été victime
22:41de la dénonciation anonyme.
22:42« Alors aujourd'hui,
22:44il est difficile de dire
22:45avec certitude
22:46si c'est un homme
22:48précisément
22:48qui a été visé
22:49par la dénonciation
22:51ou si c'est un passeport.
22:52Alors ça peut paraître
22:53idiot ce que je vous dis
22:54mais ce qu'on sait,
22:55c'est que Guy,
22:56il s'est fait voler son passeport
22:57en 2014 à Roissy. »
22:59« Ça maintenant,
22:59c'est établi. »
22:59« Ça s'est établi.
23:00Ça veut dire que
23:01son passeport
23:02qui lui a été volé,
23:03il a peut-être circulé
23:04dans d'autres mains depuis.
23:06Ce qu'on cherche à savoir
23:07encore aujourd'hui,
23:08c'est est-ce que
23:09cette dénonciation,
23:10c'est quelqu'un
23:10qui dit aux policiers écossais
23:12« Voilà,
23:13il y a une personne
23:13qui voyage
23:14avec le passeport
23:15au nom de Guy
23:17et qui va prendre cet avion
23:19ou est-ce que la personne
23:19dit
23:20« C'est Guy
23:21qui est Xavier Dupont-Ligonnès. »
23:23C'est une toute petite différence
23:24et c'est énorme
23:25parce que
23:25si l'information de base
23:27c'est de viser directement Guy
23:29alors qu'on sait aujourd'hui
23:30qu'il n'y a absolument
23:32aucun,
23:32même aucune ressemblance,
23:33qu'il n'y a aucune corrélation
23:34avec Xavier Dupont-Ligonnès,
23:35c'est clairement
23:36une dénonciation
23:37ou totalement fantaisiste
23:38ou calomnieuse
23:39pour nuire à ce fameux Guy.
23:40En revanche,
23:41si la dénonciation de départ
23:43elle vise
23:43un document,
23:44un passeport
23:45parce qu'on a une information
23:46que quelqu'un voyage
23:48avec le passeport d'un autre,
23:49ça c'est tout à fait différent
23:50parce que là ça voudrait dire
23:51qu'en fait
23:51les policiers au départ
23:53ils travaillent sur
23:54un document
23:55qui a été volé
23:56et qui pourrait être utilisé
23:57par quelqu'un d'autre.
24:06Stéphane Albouy,
24:07à votre avis,
24:08d'où part l'erreur ?
24:09Je pense qu'il y a un élément
24:10qui est très important
24:11qui n'a pas suffisamment
24:12été pris en compte
24:13je dirais
24:13de ce côté-là
24:14de la Manche
24:15en France
24:16c'est que
24:17les policiers écossais
24:19ou en tout cas
24:19les forces de l'ordre écossaises
24:22qui ont travaillé
24:23sur ce dossier
24:24n'avaient pas du tout
24:26la portée
24:27de ce que représentait
24:29pour nous
24:29en France
24:30ce dossier.
24:32L'affaire Xavier Dupont-Ligonnès
24:33ils n'en avaient jamais
24:34entendu parler.
24:35Pour eux c'est juste
24:36quelqu'un qui était recherché ?
24:38Il y avait une fiche Interpol
24:40il y a beaucoup de gens
24:40qui font l'objet
24:41de fiches Interpol
24:42ils interpellent le suspect
24:45bon ça ne ressemble pas trop
24:46ils font les comparaisons
24:48d'empreintes digitales
24:50ça match
24:51et ils se disent
24:52c'est super
24:53et on y va.
24:54On comprendra
24:55un peu plus tard
24:56qu'ils n'ont pas
24:57par ailleurs
24:58exactement
24:58les mêmes règles
25:00d'identification
25:00pour ce qui concerne
25:02les empreintes digitales.
25:03En France
25:04pour valider
25:04une empreinte digitale
25:06on a 12 points
25:07de recoupement
25:08nécessaires
25:08sur 13 points
25:09on a découvert
25:10malheureusement
25:11que côté écossais
25:135 points communs
25:15suffisaient
25:15à dire
25:16qu'on était en présence
25:17de la même personne
25:18Dans l'histoire
25:19de cette méprise
25:20est-ce que le problème
25:20finalement ce n'est pas
25:21que les journalistes français
25:23sont très loin
25:24de la source
25:24de l'information
25:25qui se trouve à Glasgow ?
25:26C'est un des éléments
25:28sur lequel évidemment
25:29on réfléchit
25:29parce qu'on réfléchit
25:30depuis quelques jours
25:31à la façon que ce genre
25:33d'événements ne se reproduisent
25:33plus jamais
25:34effectivement
25:35une des explications possibles
25:36c'est que non seulement
25:37on est loin de la source
25:39de départ
25:39qui est la source écossaise
25:40mais surtout
25:40on ne la connaît pas
25:41cette source écossaise
25:42nous on connaît
25:43nos sources françaises
25:43qui nous ont relié
25:45des informations
25:45qui encore une fois
25:46je le répète
25:47étaient à l'instant
25:47où elles nous les ont relayées
25:48des informations
25:49qui étaient exactes
25:50ce n'était pas des rumeurs
25:51ce n'était pas des mensonges
25:51c'était des informations
25:52qui leur provenaient
25:53de manière affirmative
25:55totalement définitive
25:56là où effectivement
25:57on a perdu la maîtrise
25:59dès le départ
25:59c'est qu'en fait
26:00cette information
26:01de base
26:02elle provient
26:03d'un service étranger
26:04sur lequel nous
26:05on n'a aucune prise
26:06c'est-à-dire que nous
26:06on n'a pas de source
26:07malheureusement
26:08dans la police écossaise
26:10ou dans la police
26:10de l'aéroport de Glasgow
26:11ou dans n'importe quelle
26:12autre police en Écosse
26:13donc on n'a pas les moyens
26:14d'aller chercher
26:15vérifier
26:16si la source
26:17de cette information
26:18est valide
26:19consolidée ou pas
26:24Dimanche le 13 octobre
26:25vous publiez
26:26un édito
26:27intitulé
26:27Excuse
26:28vous présentez
26:29vos excuses
26:29aux lecteurs du Parisien ?
26:31Bien sûr
26:31bien sûr
26:32alors je présente
26:34puisque je suis le directeur
26:36de la rédaction
26:36et donc c'est moi
26:37qui prends la décision
26:38de publication
26:38et de toute façon
26:39c'est ma responsabilité
26:40quand il y a une information
26:41qui est publiée
26:42je présente mes excuses
26:43aux lecteurs
26:44puisque c'est le contraire
26:45de ce qui nous anime
26:46au fil de la journée
26:48c'est-à-dire que notre métier
26:49ce qui est vraiment
26:50notre moteur
26:50c'est de raconter
26:51la vie des gens
26:52de faire
26:53état de choses
26:54qui se passent réellement
26:55d'enquêter en l'occurrence
26:57lorsqu'il s'agit
26:57d'affaires criminelles
26:58et donc là
26:59c'est un contresens
27:01par rapport
27:02à ce qu'est notre vocation
27:03et notre métier
27:04donc il y a une relation
27:05de confiance
27:06qui est tissée
27:07là aussi
27:07on parlait des sources
27:08tout à l'heure
27:08mais avec nos lecteurs
27:09avec nos acheteurs
27:10sont aussi nos clients
27:12nos lecteurs
27:12et un événement
27:13comme celui-là
27:13c'est dommageable
27:14pour une relation
27:15de confiance
27:16et donc la première
27:16des choses
27:17et c'est bien naturel
27:18c'est de s'excuser
27:19auprès des gens
27:20qui nous font confiance
27:21et puis aussi
27:22de le faire
27:23auprès des familles
27:24qui sont liées
27:25à ce dossier
27:26parce que
27:26pour eux aussi
27:27et pour ceux qui restent
27:28et qui attendent la vérité
27:29c'est beaucoup d'espoir
27:31et c'est un espoir
27:32une nouvelle fois
27:33qui s'est envolé
27:34dernier point
27:34même si on n'y est pour rien
27:36parce que malheureusement
27:36il a été interpellé à tort
27:38avant qu'on parle de lui
27:39pour la personne
27:40qui s'est retrouvée
27:41dans cette tourmente
27:45Dans le Parisien de dimanche
27:46il y a un reportage
27:47à Nantes
27:48et ce qui en ressort
27:49c'est que les habitants
27:49de Nantes
27:50avaient envie de croire
27:51à l'arrestation
27:52de Xavier Dupont de Ligonnès
27:53envie de croire
27:54que cette affaire
27:55pourrait se refermer
27:57c'était le cas
27:57de tout le monde
27:57finalement
27:58policiers, journalistes
27:59on avait tous
27:59envie d'y croire
28:00Forcément
28:01on a tous envie d'y croire
28:02c'est une affaire
28:03au-delà
28:03du côté
28:05je dirais
28:07spectaculaire
28:07de ce dossier
28:08et c'est surtout
28:09une affaire
28:10qui touche
28:10une famille
28:11une famille
28:12qui a été décimée
28:13on connait tous
28:15les visages
28:15des enfants
28:17de l'épouse
28:17de Xavier Dupont
28:18de Ligonnès
28:19donc il y a forcément
28:20une envie de savoir
28:21une envie de comprendre
28:23une envie de justice
28:24tout simplement
28:25il y avait une envie
28:26d'obtenir
28:27et d'avoir la vérité
28:28sur ce dossier
28:29une envie qui est toujours là
28:42merci à Stéphane Albouy
28:43et Damien Delsenu
28:44Code Source
28:45et le podcast
28:46d'actualité du Parisien
28:47production
28:47Jeanne Boézek
28:49et Clara Garnier-Amourou
28:50réalisation
28:51Alexandre Ferreira
28:53si vous aimez Code Source
28:54n'hésitez pas à en parler
28:55sur les réseaux sociaux
28:56nous sommes disponibles
28:57sur leparisien.fr
28:59toutes les applications
29:00de podcast
29:00et sur Deezer
29:01et Spotify
29:02vous pouvez dialoguer
29:04avec nous
29:04par Twitter
29:05ou à l'adresse
29:06codesource
29:06at leparisien.fr
Commentaires

Recommandations