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  • il y a 9 heures
Ses amis le trouvent attachant, ses adversaires politiques le détestent. Benjamin Griveaux, 42 ans, vit une situation exceptionnelle depuis que son intimité a été exposée sur la place publique le mercredi 12 février.
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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11C'est un homme de 42 ans, avec ses qualités, ses défauts, ses faiblesses.
00:16Ses amis le trouvent attachant, ses adversaires politiques le détestent.
00:21Un homme qui vit une situation exceptionnelle, qui a vu son intimité exposée sur la place publique.
00:26L'ancien porte-parole du gouvernement a dû renoncer à son rêve.
00:30Sa vie a basculé en 48 heures.
00:32On pourrait sans doute consacrer plusieurs épisodes à l'affaire Griveaux.
00:36CodeSource a choisi aujourd'hui de raconter l'histoire de Benjamin Griveaux.
00:41Récit de Julien Dufay et Nicolas Béraud, journaliste au Parisien.
00:50J'ai décidé de retirer ma candidature à l'élection municipale parisienne.
01:00Julien Dufay, Nicolas Béraud, on va reprendre cette histoire au début.
01:04Benjamin Griveaux est né le 29 décembre 1977, à Saint-Rémy, en Saône-et-Loire.
01:10Dans quel milieu ?
01:11C'est la bourgeoisie provinciale de Bourgogne, donc Châlons-sur-Saône.
01:15Il grandit dans une maison de ville avec des parents assez protecteurs.
01:19Son père est notaire comme son père avant lui.
01:22Sa mère est avocate, milieu plutôt aisé de bourgeoisie provinciale.
01:26Benjamin a une petite sœur qui deviendra avocate et un demi-frère et une demi-sœur
01:31qui ont une dizaine d'années de plus que lui, les enfants que son père a eus d'un premier
01:35mariage.
01:36Chez les Griveaux, on baigne dans la politique.
01:38Oui, sa mère, fan de Michel Rocard, son père est au fan de Raymond Barre, centre droit.
01:44Donc les discussions politiques sont assez animées à table.
01:47C'est peut-être ce qui va donner le goût de l'ajout politique à Benjamin Griveaux.
01:52Son père, Patrick Griveaux, qui décèdera le 27 septembre 2013,
01:57dans sa nécrologie, le journal de Saône-et-Loire évoque, je cite,
02:00« la maladie qu'il a combattue pendant 11 ans ».
02:04Mais à ce moment-là, tout semble aller bien pour le jeune Benjamin Griveaux.
02:07Il réussit brillamment ses études.
02:10Au lycée, il va d'abord en internat à Lyon, chez les Jésuites,
02:13et puis il monte à Paris pour faire Sciences Po Paris, comme son père avant lui, 30 ans avant.
02:17Il fera également HEC, la grande école commerciale.
02:20Par contre, il échouera à l'ENA, et certains de ses proches diront que c'est un complexe
02:24qui le poursuivra longtemps et qui nourrira une certaine forme des petits de revanche.
02:27Benjamin Griveaux s'engage au Parti Socialiste au début des années 2000.
02:30Il va rencontrer Michel Rocard et il va s'investir pour Dominique Strauss-Kahn
02:35dans la campagne pour la primaire socialiste en 2006.
02:38Oui, ça se passe dans le 7e arrondissement, dans un appartement rue de La Planche,
02:42et avec une bande assez joyeuse, où on va retrouver tous ceux qui vont constituer le cœur de la Macronie
02:48quelques années plus tard.
02:49Il y a Ismaël Emelien, qui sera le stratège d'Emmanuel Macron,
02:52Cédric Haug, aujourd'hui secrétaire d'État au numérique,
02:55mais aussi Sibeth Endier, qui désormais porte-parole.
02:57Et donc, qu'est-ce qu'ils font pour Dominique Strauss-Kahn, d'un mot ?
03:00Il fausse fort, il lui font des notes,
03:03il prépare la primaire de gauche pour l'élection présidentielle de 2007,
03:06qui finalement sera remportée par Ségolène Royal.
03:09Et c'est à cette période qu'il rencontre celle qui va devenir son épouse.
03:12Oui, il y a un CV qui lui tombe entre les mains à cette époque rue de La Planche,
03:16celui de Julia Minkowski.
03:18C'est une jeune femme d'un milieu assez aisé à Paris,
03:22une vraie parisienne de l'intelligentsia.
03:23Cette jeune femme, il va la suivre à un concours d'éloquence pour la soutenir,
03:27et c'est à ce moment-là qu'il tombe amoureux.
03:30En mai 2011, éclate l'affaire du Sofitel de New York,
03:33Dominique Strauss-Kahn accusée de viol par Nafis Atou Diallo,
03:36une femme de chambre de l'hôtel,
03:38l'affaire qui se conclura en 2012 par une transaction entre les deux parties.
03:43Benjamin Griveaux est donc privé de leader politique,
03:45et il se tourne vers François Hollande.
03:47Oui, à cette époque-là, il est retourné en Bourgogne,
03:49puisqu'il est élu local, il est conseiller municipal,
03:51mais aussi vice-président d'agglomération,
03:53et il est même au conseil général,
03:54qui à ce moment-là est dirigé par Arnaud Montebourg,
03:56un certain Arnaud Montebourg.
03:58Et donc, à l'élection de François Hollande,
03:59il va entrer au cabinet de Marisol Touraine,
04:02qui est à l'époque ministre de la Santé et des Solidarités.
04:05En 2014, il décide d'aller travailler dans le privé.
04:08Oui, quitte la politique, il dit que c'est à cause de ses enfants,
04:11il en a deux à l'époque, pour davantage les voir,
04:13on sait que la vie de cabinet est assez prenante,
04:15et donc il rentre chez Unibail Rodamco,
04:17c'est un géant de l'immobilier commercial,
04:19il a par exemple le Forum des Halles à Paris,
04:21le Palais des Expositions Portes de Versailles,
04:23donc c'est une grosse entreprise,
04:25et il va faire du lobbying,
04:25il va être directeur des relations publiques pour Unibail Rodamco.
04:29Il gagnait 17 000 euros par mois.
04:33En octobre 2015, il va rencontrer Emmanuel Macron.
04:38Oui, ça se fait par l'entremise d'Ismaël Emelien,
04:40donc le vieil ami de la rue de la Planche,
04:42qui, à ce moment-là, avec Emmanuel Macron,
04:44va jeter les ponts de ce qui deviendra En Marche,
04:46c'est vraiment les tout débuts d'En Marche.
04:48En décembre 2015, Griveaux va rencontrer Emmanuel Macron,
04:51ça se passe à la Défense, lors d'un déplacement,
04:53et là, ce sera aussi un coup de foot politique.
04:55Il va mettre un an à quitter Unibail Rodamco
04:58pour rejoindre l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron,
05:01dont il va devenir le porte-parole.
05:02Il va porter la parole du candidat,
05:04il va le faire plutôt bien,
05:06il va se rendre indispensable en fait,
05:07en multipliant les passages dans les radios, les télévisions.
05:10Il va aussi un peu chapeauter la communication du candidat,
05:13donc il va devenir un rouage indispensable de cette campagne.
05:15Il est un peu sniper à ce moment-là ?
05:17Totalement sniper, il aime bien les bons mots,
05:19il a la formule assez assassine.
05:21En campagne, c'est absolument ce qu'il faut.
05:23Il est même surnommé monsieur Riposte.
05:25Il est 20h, voici le nouveau président de la République,
05:30et c'est Emmanuel Macron avec 65,1% des suffrages qui arrivent en tête,
05:35et qui devient donc le nouveau président de la République.
05:39Le 18 juin 2017, dans la foulée de l'élection d'Emmanuel Macron,
05:43il est élu député de Paris,
05:44et il ne cache pas, dès ce moment-là, qu'il vise l'hôtel de ville.
05:47Comment est-ce que c'est perçu par le président ?
05:49Emmanuel Macron trouve que Griveaux va peut-être un peu trop vite.
05:52Benjamin Griveaux voit ses rêves de devenir ministre déçu, à ce moment-là.
05:58Oui, il va devenir simple secrétaire d'État,
06:00sans attribution, au ministère de l'Économie,
06:02donc à Bercy, qui est dirigé à l'époque par Bruno Le Maire.
06:05C'est une déception pour lui ?
06:07Forcément, il s'était rendu indispensable,
06:08il pensait être récompensé,
06:10et il aurait préféré être ministre de plein exercice.
06:13À partir du 24 novembre 2017,
06:16il est aussi porte-parole du gouvernement.
06:18Il est comment dans ce rôle ?
06:19On retrouve le Benjamin Griveaux un peu sniper,
06:22porte-flingue de Macron.
06:23Là, il porte la parole du gouvernement,
06:24et il va le faire avec son talent,
06:26mais aussi, quand on parle, on parle parfois un peu trop,
06:29et il y aura des phrases qui vont choquer.
06:31Parmi ces petites phrases,
06:32il y en a notamment une qui va rester concernant Laurent Wauquiez.
06:35Oui, il y en a une qui va choquer,
06:37y compris dans les rangs de la majorité.
06:38C'est en octobre 2018,
06:39il va qualifier Laurent Wauquiez de candidat de la clope et du diesel,
06:44un mois avant que se déclenche la crise des Gilets jaunes.
06:48Le 5 janvier 2019,
06:50pendant l'acte 8 des Gilets jaunes,
06:52son ministère est attaqué par des manifestants
06:54au volant d'un chariot élévateur.
06:56Oui, ça se passe à 16h.
06:58C'est assez bien documenté,
06:59puisqu'il est à ce moment-là avec un journaliste du Monde,
07:00qui va faire un portrait de lui,
07:02et qui raconte cette scène de l'intérieur assez incroyable,
07:04où des Gilets jaunes au volant d'un chariot élévateur défoncent le portail.
07:08Là, il est obligé de s'enfuir de son ministère.
07:10Il passe par le jardin.
07:11Il a même trouvé refuge à Matignon,
07:12qui n'est pas très loin,
07:13où Édouard Philippe l'accueille.
07:14C'est la première fois qu'un ministre doit fuir de son ministère.
07:22En mars 2019, il quitte le gouvernement
07:24pour se lancer dans la course au municipal à Paris.
07:27Il attendait ça depuis des mois.
07:29En fait, il prépare ça depuis deux ans.
07:30Il obtient son bon de sortie du gouvernement.
07:32Et le lendemain, il n'attend pas très longtemps,
07:34il va à Place de la République,
07:35il réunit ses soutiens dans un café.
07:37Il annonce ce qui était un secret de polichinelle,
07:39qu'il serait candidat à la mairie de Paris.
07:41Oui, évidemment, oui.
07:43Je suis candidat pour que les Parisiens
07:46retrouvent le plaisir et la fierté de vivre à Paris.
07:53Il dit à ses soutiens à ce moment-là,
07:55on a un Everest à gravir.
07:58Le 10 juillet 2019, il obtient l'investiture de la République en marche
08:02pour les municipales à Paris.
08:03Mais l'un des concurrents déçus,
08:05Cédric Villani, ne baisse pas les bras.
08:07Qu'est-ce qu'il dit ?
08:08Il laisse planer le doute sur une possible candidature dissidente.
08:11En fait, depuis des semaines,
08:13il critique cette procédure d'investiture d'en marche
08:16qu'il juge truquée.
08:17Les dés sont pipés, selon lui, au profit d'un jamin Griveaux.
08:19Et ça, il ne va pas l'accepter.
08:21Sept jours après cette investiture,
08:23le 17 juillet, Le Point publie des propos chocs
08:27de Benjamin Griveaux concernant ses adversaires politiques.
08:30Oui, c'est des propos qu'il a tenus en privé
08:32et qui concernent ses concurrents
08:33qui sont très peu flatteurs.
08:35C'est des insultes, en clair.
08:36Il dit qu'il y a un abruti par jour
08:38qui veut se présenter à la mairie de Paris.
08:40Il traite Hugues Rançon, par exemple,
08:42qui est le vice-président de l'Assemblée nationale,
08:44qui est également candidat à la mairie de Paris,
08:45de fils de pute.
08:46Il dit que Cédric Villani va se faire désosser,
08:49qu'il n'a pas les épaules pour être candidat.
08:51Bref, il est très, très critique.
08:54Il a des mots très durs.
08:55Ça va le poursuivre, en fait,
08:56parce que c'est une entrée en campagne
08:57quand même désastreuse.
09:01Le 4 septembre, le député de l'Essonne,
09:03Cédric Villani, annonce sa candidature
09:05à la mairie de Paris.
09:06Je vous annonce que j'ai décidé d'être candidat
09:09à la prochaine élection du maire de Paris !
09:11Il fait ça à Montparnasse,
09:12dans une arrière-salle de brasserie
09:14qui est surchauffée.
09:15Il annonce sa candidature à la mairie de Paris
09:17contre l'appareil d'En Marche.
09:19Il dit qu'il veut être le premier maire
09:21véritablement écologiste de Paris.
09:23À ce moment-là, comment se passe
09:24la campagne de Benjamin Griveaux ?
09:25Elle démarre assez difficilement quand même,
09:27en fait, au fur et à mesure.
09:29On voit que ce qu'il annonce n'imprime pas.
09:31Ses propositions sont souvent moquées.
09:33Une des premières interviews
09:34qu'il fait, d'ailleurs, dans le Parisien,
09:35c'est sur la pollution et ses mesures
09:37pour lutter contre.
09:38Il propose, par exemple,
09:39de changer les ventilations
09:40des salles de classe,
09:41ce qui est moqué.
09:42On dit que c'est anecdotique.
09:43Il va aussi proposer un moratoire
09:45sur les travaux pendant un an
09:46s'il est élu.
09:47Là aussi, on dit que
09:48c'est complètement irréaliste
09:49dans une ville comme Paris.
09:51Bref, ça va être un peu un chemin de croix.
09:56Et que dit Emmanuel Macron
09:58face à la candidature dissidente
09:59de Cédric Villani ?
10:01Il ne dit rien.
10:02Il ne dit rien.
10:03Et ça étonne beaucoup
10:04chez les marcheurs
10:04parce qu'on attend
10:06cette parole présidentielle
10:07pour éviter une guerre
10:08entre Cédric Villani
10:09et Benjamin Griveaux
10:10qui va se poursuivre
10:11pendant des mois,
10:12ce qui va être assez dévastateur.
10:14Finalement,
10:15le dimanche 26 janvier,
10:17Emmanuel Macron
10:17reçoit Cédric Villani
10:18à l'Elysée
10:19pour lui demander
10:19de rallier Benjamin Griveaux.
10:21Oui, il lui demande
10:22de rejoindre
10:23le candidat officiel
10:24d'En Marche
10:25qu'il a choisi finalement.
10:27Et Cédric Villani
10:28oppose une fin
10:28de non-recevoir
10:29assez sèche
10:30devant l'Elysée,
10:31devant les caméras
10:32de télévision
10:33en disant
10:34qu'il acte
10:34une divergence majeure
10:36avec le chef de l'État
10:37et qu'il poursuit
10:37sa route librement.
10:39Et Cédric Villani
10:40sera exclu
10:40trois jours plus tard
10:41de La République En Marche.
10:43Mais ce même dimanche 26 janvier,
10:45dans le journal du dimanche,
10:47Benjamin Griveaux
10:47lance une promesse de campagne
10:48qui va beaucoup
10:50faire parler
10:51concernant la gare de l'Est.
10:52Oui, il propose tout simplement
10:53de déménager la gare de l'Est.
10:55Il veut la déménager
10:56plus à l'Est,
10:57à la porte de la Villette,
10:58en Seine-Saint-Denis,
10:59pour libérer
11:00le faisceau ferroviaire
11:01et à la place des voies
11:02de faire pousser une forêt
11:04pour créer,
11:05dit que c'est Benjamin Griveaux,
11:06un central parc parisien.
11:07Ça va être extrêmement moqué.
11:09Et puis surtout,
11:10l'hypothèse de base
11:11sur laquelle part
11:12Benjamin Griveaux,
11:13c'est une saturation
11:14de cette gare.
11:15Or, la SNCF elle-même
11:16va dire qu'il n'y a pas
11:17de risque de saturation
11:18à moyen ou long terme
11:19de la gare de l'Est.
11:20Le lendemain,
11:21le lundi 27 janvier,
11:22Benjamin Griveaux
11:22est en meeting à Bobineau
11:24et il essaie
11:24de fendre l'armure.
11:26Oui, il va se lancer
11:27dans un discours
11:27assez étonnant quand même.
11:29Il va reconnaître en creux
11:30que son image froide
11:31et cassante,
11:32il en est peut-être
11:32aussi responsable.
11:34Il parle d'une carapace,
11:35il parle de drames personnels,
11:37sans dire lesquels,
11:38sans préciser.
11:40Il reste à ce moment-là
11:417 semaines de campagne
11:42et il va promettre
11:43de livrer sa part de vérité,
11:44je cite.
11:51Nicolas Béraud,
11:52le mercredi 12 février,
11:54sur Twitter et Facebook,
11:56apparaissent des messages
11:57intrigants.
11:58C'est ça,
11:58il y a plusieurs messages
11:59qui font état
12:00d'un contenu
12:02potentiellement explosif,
12:03potentiellement intéressant,
12:04sans forcément mentionner
12:05le nom de Benjamin Griveaux.
12:07Mais on comprend à lire
12:08certains messages
12:09qu'il s'agit de contenu
12:11en tout cas pornographique
12:12ou en tout cas
12:12à caractère sexuel.
12:13Et ces messages
12:15donnent un lien
12:16vers un site baptisé
12:18pornopolitique.com.
12:19C'est quoi ?
12:19Certains de ces messages,
12:21pas tous,
12:21mais certains partagent
12:22également un lien
12:23vers ce site
12:24pornopolitique.
12:25C'est un site mystérieux
12:26que pas grand monde
12:27voire personne ne connaissait.
12:29Il a été créé
12:30en novembre dernier
12:31à une adresse mystérieuse
12:33enregistrée au Canada.
12:34Et en fait,
12:35c'est un site
12:35qui prétend
12:37dénoncer
12:37entre guillemets
12:38l'hypocrisie
12:39de certains fonctionnaires
12:40ou certains élus politiques
12:41entre eux,
12:43voilà,
12:43ce qu'ils affichent
12:44comme moralité,
12:45comme puritanisme
12:45et puis leur comportement réel.
12:47Et l'un de ces articles
12:49est consacré
12:49à Benjamin Griveaux.
12:50Que dit-il ?
12:51Il commence par revenir
12:52sur certaines déclarations
12:54dans des interviews
12:54ou autres
12:55de l'ancien désormais
12:56candidat à la mairie de Paris
12:57où Benjamin Griveaux
12:59évoquait son attachement
13:00à la famille,
13:01à ses enfants,
13:01à son épouse,
13:02notamment en se mettant
13:03en scène
13:03dans Paris Match
13:04ou dans d'autres magazines.
13:06Et ensuite,
13:07dans cet article,
13:08après avoir repris
13:09ces interviews,
13:10on découvre
13:11des captures d'écran,
13:12de messages
13:12et même de vidéos
13:14à caractère sexuel
13:15puisque clairement,
13:16on voit un homme
13:17en train de se masturber
13:18et des messages
13:19faisant état
13:20d'une relation intime
13:21entre les deux personnes
13:22qui discutent
13:23avec le nom
13:24de Benjamin Griveaux
13:25qui figure parmi l'une
13:26de ces deux personnes
13:27qui échangent.
13:28L'article dit
13:28que c'est bien
13:29Benjamin Griveaux
13:30que l'on voit
13:30sur ces vidéos
13:32et cet article
13:33est signé.
13:34Alors,
13:34il est signé d'un nom
13:35qui va parler
13:36à beaucoup d'entre nous.
13:37Il est signé
13:37de Piotr Palbensky.
13:39Alors,
13:39ce Piotr Palbensky,
13:41il se considère
13:41comme un artiste
13:42mais c'est aussi
13:43avant tout
13:44un activiste,
13:44un contestataire.
13:45Il a 35 ans,
13:47il est russe
13:47et il s'est fait connaître
13:49en Russie
13:49depuis plusieurs années
13:50par,
13:50on va dire,
13:51des différents coups d'éclats.
13:53Notamment,
13:54en 2012,
13:54il s'est cousu la bouche
13:55en soutien
13:56au groupe
13:57des poussières Ayotte
13:58pour défendre
13:59la liberté d'expression.
14:00Une année plus tard,
14:01en 2013,
14:02il s'est cloué
14:03la peau des testicules,
14:04donc le scrotum,
14:05sur la place Rouge.
14:07Donc là,
14:07c'était pour,
14:08d'après lui,
14:08dénoncer un petit peu
14:09l'indifférence,
14:10l'apathie
14:11de la société russe.
14:12En 2015,
14:13il va mettre le feu
14:14à un des sièges
14:15des services secrets russes,
14:17le FSB,
14:17toujours à Moscou.
14:19Et pourquoi est-ce que nous,
14:20en France,
14:20on le connaît peut-être
14:21particulièrement ?
14:22C'est parce que,
14:24en 2016,
14:24il se retrouve
14:25avec son épouse
14:26en Russie,
14:27accusé d'agression sexuelle
14:28sur une jeune actrice russe.
14:30Tous les deux accusés ?
14:31Exactement.
14:32À ce moment-là,
14:32il décide de quitter le pays,
14:34il arrive en France
14:35et là,
14:35il demande l'asile politique,
14:36donc nous sommes en janvier 2017,
14:38il obtiendra
14:39ce statut de réfugié politique
14:41avec son épouse
14:41et leurs deux enfants
14:42en mai 2017.
14:45Et en France,
14:46il va se faire connaître
14:47en incendiant
14:49une succursale
14:50de la Banque de France
14:51à Paris
14:51en octobre 2017.
14:52Le 16 octobre précisément,
14:54pendant une nuit,
14:55il se rend
14:56à une succursale
14:57de la Banque de France,
14:58place de la Bastille,
14:59à Paris.
14:59Il y met le feu,
15:00il se met en scène,
15:02il pose devant les flammes,
15:03du coup,
15:04les photographes
15:04ont pris des images
15:05assez impressionnantes.
15:06Pour ces faits-là,
15:08il va être poursuivi
15:08par la justice,
15:09aussitôt interpellé
15:10et condamné ensuite
15:12à trois mois de prison,
15:13dont deux avec sursis.
15:14Et au total,
15:15il aura passé
15:15onze mois
15:16en détention provisoire.
15:18Julien Duffet,
15:19ce jour-là,
15:19comment réagit
15:20l'équipe de campagne
15:21de Benjamin Griveaux ?
15:22Dès qu'ils prennent
15:22connaissance de cette vidéo,
15:24ils vont organiser
15:25une sorte de riposte.
15:25Ils vont bloquer
15:27les comptes
15:27ou signaler
15:28les comptes Twitter
15:29qui relaient cette vidéo.
15:30Ils se disent
15:31à ce moment-là
15:31que la vidéo va rester
15:33dans les bas-fonds d'Internet
15:34et que les journalistes
15:35ne vont pas la relayer
15:36puisqu'elle relève
15:36de la vie privée.
15:37Et comment est-ce
15:38qu'ils réagissent
15:38humainement ?
15:40Humainement,
15:40ils sont complètement
15:41abasourdis,
15:42les proches de Benjamin Griveaux.
15:43Il y a même
15:44une de ses très proches
15:45qui dira
15:46« On s'est pris
15:47un TGV dans la tronche ».
15:48Le lendemain
15:49de la diffusion
15:50de ces messages
15:51sur Facebook,
15:52sur Twitter
15:52qui renvoie vers le site
15:53pornopolitique.com
15:55le matin du jeudi
15:5613 février,
15:57Benjamin Griveaux
15:58présente son programme.
15:59Oui,
16:00il présente son programme
16:01dans un cinéma
16:02du 17e arrondissement.
16:04Beaucoup
16:05dans ses soutiens
16:06et ses têtes de liste
16:08par arrondissement
16:08ne sont pas au courant.
16:10Il a eu vent
16:11de six vidéos
16:12mais il va faire
16:13bonne figure,
16:14il va faire comme
16:14si de rien n'était.
16:15Je suis vraiment
16:16très fier
16:17de vous présenter
16:18le projet
16:19que nous allons porter.
16:20Il y a les 16 pages,
16:21ça c'est pour aller vite.
16:23Sur le site internet,
16:24il y a déjà
16:24des dizaines de feuillets
16:26pour celles et ceux
16:28qui veulent approfondir
16:29les propositions.
16:30Pendant ce temps,
16:31les vidéos
16:31continuent à être partagées,
16:33surtout via des messages privés
16:35comme sur WhatsApp
16:36par exemple.
16:37Mais le soir,
16:38vers 18h,
16:38un député
16:39ancien de la République
16:40en marche,
16:41Joachim Sonforget
16:43partage ce message
16:44et le lien vers
16:45pornopolitique.com.
16:46Joachim Sonforget
16:47partage ce lien,
16:48il a près de 65 000 abonnés
16:50donc du coup ça va très vite,
16:51beaucoup de gens
16:52se le mettent à le partager
16:53et surtout,
16:54il ne supprime pas son tweet.
16:55D'autres personnalités
16:56ont partagé ça
16:58dans la soirée de jeudi
16:59mais l'ont supprimé
16:59aussitôt après.
17:00Lui, ce n'est pas le cas
17:01et c'est ça qui fait
17:02que ce contenu devient
17:03très vite viral.
17:03Comment réagit l'entourage
17:04de Benjamin Griveaux ?
17:06Alors, l'entourage immédiat
17:07demande aux proches
17:09de l'équipe de Benjamin Griveaux
17:10de rester très discret
17:11jusqu'à une réunion au QG
17:13du candidat à Montparnasse
17:15mais la vidéo,
17:16elle circule sur les boucles
17:18de messagerie Telegram
17:19qui est très utilisée
17:19par les marcheurs
17:20pour communiquer.
17:22Certains très proches
17:23de Benjamin Griveaux
17:24disent on ne peut pas
17:24continuer avec ce candidat-là,
17:26ça n'est pas possible.
17:26Que se passe-t-il
17:27dans la soirée sur Twitter ?
17:28Alors sur Twitter,
17:29on va dire que c'est
17:30un truc qui met l'explosion.
17:31Benjamin Griveaux
17:32devient l'un des mots-clés,
17:34l'un des sujets
17:34les plus discutés,
17:35les plus commentés
17:36sur le réseau social.
17:38Malheureusement pour lui,
17:38ce n'est pas pour son programme
17:39annoncé le matin même
17:40mais c'est évidemment
17:41pour les contenus
17:42qui sont très partagés
17:43à la partie de l'après-midi.
17:45Ce soir-là,
17:46Emmanuel Macron parle
17:47au téléphone
17:48avec Benjamin Griveaux.
17:49Oui, à ce moment-là,
17:51Emmanuel Macron est à Chamonix,
17:53il fait un déplacement
17:53sur le thème de l'écologie
17:55et il va échanger
17:57avec Benjamin Griveaux
17:58et officiellement,
18:00il ne lui aurait pas demandé
18:01de renoncer
18:01mais il lui aurait dit
18:03qu'il le soutiendrait
18:03dans son choix
18:04et qu'il fallait agir
18:05pour protéger sa famille.
18:07Que fait Benjamin Griveaux, lui ?
18:08Il va annuler
18:09toutes ses interventions
18:11médiatiques prévues
18:12le lendemain,
18:13le vendredi matin
18:13et donc là,
18:15on se dit
18:16qu'il se trame quelque chose.
18:18Le vendredi 14 février,
18:20très tôt le matin,
18:21Benjamin Griveaux
18:22est au siège
18:23de l'agence France Presse
18:24à Paris.
18:24Oui, il est 7h30,
18:26donc place de la bourse
18:27à l'agence France Presse.
18:28il va enregistrer
18:30un message vidéo
18:31très court.
18:32Il est très marqué,
18:33il est ému,
18:34il a la voix blanche
18:34et on sait
18:36qu'il a dû s'y reprendre
18:36à 5 reprises
18:37au moins pour enregistrer
18:38ce très court message.
18:39Depuis plus d'un an,
18:41ma famille et moi
18:43avons subi
18:44des propos diffamatoires,
18:47des mensonges,
18:49des attaques anonymes,
18:51la révélation
18:52de conversations privées
18:54dérobées,
18:56ainsi que des menaces
18:57de mort.
19:00Ce torrent de boue
19:01m'a affecté,
19:05mais il a surtout fait du mal
19:07à ceux que j'aime.
19:09Hier,
19:10un nouveau stade
19:11a été franchi,
19:14ma famille ne mérite pas cela.
19:17Personne,
19:19au fond,
19:21ne devrait jamais subir.
19:22une telle violence.
19:26En ce qui me concerne,
19:28je ne souhaite pas
19:29nous exposer davantage,
19:32ma famille et moi,
19:35quand tous les coups
19:36sont désormais permis.
19:39Cela va trop loin.
19:41Il dit donc
19:42que les attaques
19:42qu'il vient de subir
19:43sont ignobles.
19:45Il dit en clair
19:46que ce n'était pas
19:48humainement possible
19:49de supporter ça
19:49et qu'il ne pourra pas
19:50continuer à être candidat.
19:51Merci aux équipes
19:53de campagne
19:54qui ne comptent pas
19:57leurs heures
19:57depuis tant de mois.
19:59Les Parisiens
20:00méritent
20:02une campagne digne.
20:05Je vous remercie.
20:10Le même jour,
20:12dans un entretien
20:12à l'agence France Presse,
20:13entretien vidéo également,
20:15Piotr Pawlinski
20:16revendique
20:17avoir créé
20:17ce site internet
20:18et revendique
20:19ce qu'il a publié.
20:19Benjamin Grévaud.
20:21Benjamin Grévaud,
20:22c'est une grande hypocrite.
20:23Il commence
20:23son campagne politique
20:26avec un grand mensonge,
20:28avec une grande hypocrite.
20:30Plus tard,
20:31sa compagne,
20:32Alexandra de Taddeo,
20:33reconnaîtra avoir été
20:34la destinatrice
20:36des messages vidéo
20:37de Benjamin Grévaud.
20:38C'est ça.
20:39Alexandra de Taddeo,
20:41elle,
20:41c'est une étudiante en droit
20:43qui est âgée de 29 ans
20:44et elle est issue
20:46d'un milieu plutôt huppé.
20:47Notamment,
20:47elle vit dans un appartement
20:48du très chic
20:4916e arrondissement de Paris.
20:51Et c'est une intellectuelle,
20:52on peut dire ?
20:53Oui,
20:53on peut dire ça.
20:54C'est une intellectuelle.
20:55Elle a réalisé
20:56plusieurs travaux.
20:57Ça fait aussi,
20:58notamment,
20:58plus en mois
20:58qu'elle s'intéresse
20:59à la Russie.
21:00C'est sans doute pour ça
21:01qu'elle a rencontré
21:02Piotr Pawlinski
21:03et voilà,
21:04elle est qualifiée
21:05par ses anciens professeurs
21:06ou directeurs de recherche
21:07qui ont témoigné
21:08de jeunes étudiantes
21:09très brillantes
21:10et très intelligentes.
21:12Piotr Pawlinski
21:13et sa compagne
21:14sont placées en garde à vue
21:15le samedi 15 février
21:16puis présentées à la justice
21:18et ils ont été
21:18tous les deux
21:19mis en examen.
21:19Alors,
21:20ils sont mis en examen
21:20pour deux chefs d'accusation
21:22atteintes à l'intimité
21:23de la vie privée
21:24et diffusion
21:25sans l'accord de la personne
21:26d'un enregistrement
21:27portant sur des images
21:28à caractère sexuel
21:29et ils risquent pour cela
21:31jusqu'à deux ans de prison
21:32et 60 000 euros d'amende.
21:35Alexandra de Taddeo
21:36reconnaît avoir été
21:37la destinatrice des vidéos,
21:39elle dément
21:40avoir participé
21:41à leur publication
21:42et le vendredi
21:4321 février,
21:44Piotr Pawlinski
21:45affirmera sur CNN
21:47avoir volé
21:48ces images
21:49dans l'ordinateur
21:50de sa compagne.
21:51Julien Duffet,
21:52de son côté,
21:52Benjamin Griveaux
21:53a porté plainte
21:54pour atteinte
21:54à l'intimité
21:55de la vie privée.
21:56Avec cette affaire,
21:57il y a un cap
21:58qui a été franchi ?
21:59Oui, il y a une onde
22:00de choc
22:00et les politiques
22:02dans leur ensemble
22:03quasiment vont dénoncer
22:04les attaques
22:06contre la vie privée
22:07et défendre
22:08cette séparation stricte
22:09entre vie publique
22:10et vie privée.
22:10Est-ce qu'on a des nouvelles
22:11de Benjamin Griveaux
22:12depuis cet épisode ?
22:14Il garde le silence
22:15pour l'instant.
22:16Il y a une photo
22:17qui est parue
22:18dans Paris Match
22:19où on le voit sortir
22:19de l'Assemblée.
22:20Donc il est revenu
22:21à l'Assemblée
22:21où il est élu.
22:22Il est député de Paris.
22:23Voilà,
22:24les rares infos
22:25qu'on a,
22:25c'est qu'il protège
22:27sa famille
22:27et il essaie
22:28de surmonter
22:28ce cap
22:29qu'on imagine
22:29très difficile.
22:41Merci à Julien Duffet
22:43et Nicolas Béraud.
22:45Épisode préparé
22:45par Stéphane Geneste,
22:47production Thibaut Lambert,
22:48réalisation Benoît Lort.
22:51Code Source
22:51est le podcast
22:52d'actualité du Parisien
22:53disponible chaque soir
22:54du lundi au vendredi.
22:56Si vous aimez Code Source,
22:57n'oubliez pas
22:58de vous abonner
22:59sur votre application
22:59de podcast préférée
23:01comme Apple Podcast
23:02ou Podcast Addict
23:03et puis n'hésitez pas
23:05à nous écrire,
23:06à nous envoyer
23:06vos suggestions
23:07directement
23:08codesource
23:08at leparisien.fr
23:10Sous-titrage Société Radio-Canada
23:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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