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  • il y a 10 heures
L’ancien président de la République a été jugé pour “corruption” et “trafic d’influence”. Code Source retrace ce dossier en deux parties. Ce second épisode est consacré aux journées d’audience.


Code Source est le podcast d’actualité du Parisien disponible chaque soir du lundi au vendredi.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Journalistes : Nathan Chatelain et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : France 24, Euronews, BFM-TV.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Nicolas Sarkozy, jugé pour corruption et trafic d'influence.
00:15Le 8 décembre, le parquet a demandé contre lui et les deux autres prévenus,
00:19quatre ans de prison, dont deux avec sursis.
00:22Codesource vous raconte en deux épisodes cette affaire, dite des écoutes,
00:26autrement surnommée l'affaire Paul Bismuth.
00:28Surtout, écoutez bien le premier épisode, publié précédemment sur le rappel des faits,
00:33pour bien comprendre ce deuxième et dernier épisode sur le sujet.
00:37On est toujours avec Timothée Boutry, journaliste au service police-justice du Parisien.
00:41Il nous raconte maintenant le procès de l'ancien président.
00:49Je ne suis pas optimiste, je suis simplement combatif.
00:54Je n'ai pas l'intention qu'on me reproche des choses que je n'ai pas commises.
01:00Et les Français doivent le savoir, qu'on m'aime ou qu'on m'aime pas.
01:03J'ai beaucoup de défauts et sans doute et je fais beaucoup d'erreurs.
01:06Je ne suis pas un pourri.
01:08Le lundi 23 novembre, dans le nouveau palais de justice de Paris, dans le 17e arrondissement,
01:12il est un peu plus de 13h.
01:14Nicolas Sarkozy patiente avant le début de son procès.
01:17Et que vous couvrez pour le Parisien Timothée Boutry ?
01:19Oui, il est arrivé vers 13h20 pour une audience qui est censée débuter à 13h30.
01:24Il est accompagné de ses avocats, Jacqueline Laffont et François Artufel.
01:27Il y a pas mal de monde évidemment, beaucoup de presse, des proches.
01:31Il y a Thierrasog évidemment, son coprévenu, son ami, son frère, donc il discute entre eux.
01:35Il est comme à son habitude, excité, il trépigne, il a les jambes qui s'agitent.
01:40On sait, on sent qu'il a envie de s'expliquer.
01:42Un ancien président de la République jugé par un tribunal correctionnel, c'est rare ?
01:46C'est extrêmement rare, c'est une première, à la fois pas une première.
01:49En fait, il y avait déjà eu un précédent, c'est Jacques Chirac,
01:51qui a été jugé dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris,
01:55et d'ailleurs il a été condamné.
01:56Mais Jacques Chirac n'était pas présent à son procès, pour des raisons de santé.
02:00Donc il a été jugé et condamné en son absence.
02:03Là, c'est la première fois qu'un ancien président de la République
02:05sera jugé en sa présence devant un tribunal correctionnel.
02:12Nicolas Sarkozy est jugé pour corruption et trafic d'influence.
02:16Quelle peine il encourt dans cette affaire ?
02:18Il encourt une peine de 10 ans de prison et d'un million d'euros d'amende.
02:21Deux autres personnes doivent répondre des mêmes chefs de mise en examen.
02:25Son ami et avocat Thierry Herzog, qui a comme lui 65 ans,
02:29et le magistrat Gilbert Aziber, âgé de 73 ans,
02:33qui n'est pas là le premier jour à l'audience parce qu'il est malade.
02:36Le procès s'ouvre, Timothée Boutry, au tout début de cette première audience,
02:40l'identité de l'ancien président est déclinée.
02:43Oui, c'est un petit échange marrant, puisque la présidente dit donc
02:46Nicolas Sarkozy de Najibokcha, qui est le nom complet de l'ancien président de la République.
02:50Nicolas Sarkozy dit « Sarkozy, ça suffit ».
02:53La présidente dit « Oui, mais pour le casier judiciaire, on a besoin de l'identité complète ».
02:57Et il dit « Jusqu'à présent, je n'ai pas eu besoin de m'en servir ».
03:00À peine ouvert, le procès de Nicolas Sarkozy est provisoirement suspendu.
03:04Les avocats de Gilbert Aziber demandent un report du procès pour raison de santé.
03:09Après une expertise médicale, cette demande sera rejetée le jeudi.
03:13Et c'est finalement le lundi 30 novembre que le procès débute réellement.
03:18Ce jour-là, Timothée Boutry, l'avocate de Nicolas Sarkozy, Jacqueline Laffont,
03:22dénonce la façon dont l'enquête a été menée.
03:25Oui, en fait, les débats propôments parlés ne vont pas commencer à ce moment-là
03:28puisque la Défense va prendre la journée pour contester la manière dont l'enquête a été menée,
03:33à la fois les écoutes téléphoniques et leur retranscription,
03:36en indiquant « Ce sont des écoutes entre un avocat et son client, c'est sacré,
03:39vous ne pouviez pas les retranscrire »,
03:42et aussi en pilonnant cette enquête préliminaire cachée,
03:46dont ils n'ont eu que tardivement la communication,
03:48en indiquant qu'il n'y a pas eu d'égalité des armes
03:51et qu'on ne peut pas juger dans ces conditions-là,
03:54qu'on leur a menti, et donc que cette procédure est totalement viciée.
03:57Et elle demande carrément la nullité de l'ensemble de la procédure ?
04:00Oui, ça s'appelle des conclusions de nullité,
04:02et en fait, ça veut dire, je vous demande de considérer
04:04que ça ne pouvait pas figurer dans le dossier,
04:06et donc, en gros, de torpiller l'enquête et donc le cœur même du procès.
04:11La décision est, comme on dit, jointe au fond,
04:13c'est-à-dire que le tribunal rendra sa décision au moment de son délibéré,
04:16mais le procès a quand même lieu.
04:18Nicolas Sarkozy prend la parole au début du procès ?
04:20Oui, une très brève déclaration, puisqu'on lui résume les faits pour lesquels il est poursuivi,
04:25et il dit, voilà, je sais que c'est formel cette présentation,
04:29mais sachez que je conteste tous les faits qui me sont reprochés,
04:32et il parle d'une infamie.
04:37Le mardi 1er décembre, le magistrat de la cour de cassation
04:40que Gilbert Azibert avait sollicité pour essayer d'avoir des informations,
04:44Patrick Sassou vient témoigner.
04:45Que dit-il ?
04:46En gros, il dit qu'il connaît bien Gilbert Azibert,
04:50ils ont travaillé ensemble à Bordeaux,
04:52ils se sont retrouvés à la cour de cassation,
04:54ils sont assez proches,
04:54et que jamais il n'a délivré d'informations confidentielles à son collègue.
04:59Il dit, en gros, on a échangé,
05:01mais je ne lui ai pas donné de secret.
05:04Néanmoins, il dit quand même,
05:05c'est vrai que sur un moment, sur une période,
05:07j'ai trouvé que Gilbert Azibert était très insistant.
05:10Juste ça, il va dire,
05:11il va quand même poser beaucoup de questions à ce moment-là,
05:14ça a été assez inhabituel.
05:17Le magistrat en question, Gilbert Azibert, le 3e prévenu,
05:20est à la barre le lendemain,
05:21et il commence par dénoncer les conditions de sa garde à vue
05:25pendant l'enquête en juillet 2014.
05:27Ça, c'était assez sidérant,
05:28parce qu'on a l'impression qu'il découvre que c'est qu'une garde à vue.
05:30Des gens qui viennent chez lui à 6 heures,
05:32le transport en voiture à Paris,
05:34et puis surtout, il dit,
05:35le matin, je n'ai pas pu prendre de douche,
05:37parce qu'on m'a dit que c'était la veille.
05:39Puis il dit, j'ai compris pourquoi les gens qu'on nous présentait,
05:43ils arrivaient mal rasés et froissés.
05:45C'est assez sidérant, et c'est même très inquiétant,
05:47de se rendre compte qu'un magistrat qui a eu une telle carrière
05:50puisse découvrir à quel point la garde à vue est une violence symbolique.
05:57Qu'est-ce qu'il répond sur le fait qu'il s'est intéressé de très près
06:00à cette affaire des agendas présidentiels au sein de la Cour de cassation ?
06:03En fait, il va dire que c'est un passionné de procédures pénales,
06:07ce qui est vrai, ce que tout le monde dit,
06:09et qu'en gros, c'est le point de droit qui l'a passionné,
06:11la saisie de ses agendas,
06:13est-ce que c'est du ressort du mandat présidentiel ou non,
06:16est-ce qu'on le recevable ou non ?
06:17Et donc lui, toute son idée, c'est de dire,
06:18voilà, moi, ça me passionne,
06:20Thierry Herzog, c'est mon ami, ça le passionne,
06:22on parle de procédures pénales,
06:23et en gros, c'est juste un intérêt intellectuel
06:27et pas du tout un intérêt matériel
06:30en échange d'une quelconque rétribution.
06:32Non, non, c'est purement un intérêt juridique.
06:34Justement, que dit-il sur le poste à Monaco
06:36qu'il aurait convoité ?
06:36Il dit qu'il ne le convoitait plus
06:38et que si à un moment donné,
06:39il avait eu éventuellement l'idée
06:41d'aller finir sa carrière là-bas,
06:43il dit qu'il a eu un gros pévin de santé
06:45et qu'à partir de ce moment-là,
06:46il ne sollicitait plus ce fameux poste.
06:48Le jeudi 3 décembre, l'un des prévenus,
06:50l'avocat Thierry Herzog est à la barre pour se défendre.
06:52Comment est-ce qu'il explique le fait
06:54d'avoir acheté deux portables,
06:55les fameux portables de la ligne Bismuth ?
06:57Il dit que le but est d'empêcher
07:00que ces conversations avec l'ancien président
07:02soient écoutées par des officines.
07:04Il dit voilà, je n'ai pas confiance,
07:07il y a eu un poste à responsabilité,
07:09on n'est pas à l'abri,
07:10des coups de barbouzardes,
07:12et donc c'est pour ça qu'on parle
07:13sur ces lignes dédiées.
07:15Et d'ailleurs, déjà en 2012,
07:17j'avais acheté une ligne téléphonique dédiée
07:19pour parler avec Nicolas Sarkozy,
07:20donc ça n'a rien à voir, dit-il,
07:22avec les écoutes dans l'affaire libyenne
07:24et que même avant,
07:25on avait ce système entre lui et moi.
07:26Est-ce qu'on lui demande s'il était au courant
07:28que la ligne officielle était sur écoute ?
07:30Évidemment non, il va dire que pas du tout,
07:32qu'ils n'ont pas été informés,
07:34d'ailleurs ils vont dire qu'il y a eu un non-lieu,
07:36même si pour les juges d'instruction,
07:38il y a un doute,
07:39puisque dans les conversations,
07:40ils parlent des juges qui écoutent,
07:42ou ces messieurs qui nous écoutent,
07:43mais eux disent non, non, pas du tout,
07:44c'est absolument pas ça dont il est question.
07:46Pour lui, les enquêteurs n'avaient pas à écouter
07:48ces conversations téléphoniques avec Nicolas Sarkozy.
07:50Disons que pour lui,
07:51il n'est pas question de répondre
07:52du contenu de cet échange devant un tribunal,
07:55parce qu'il considère que le tribunal
07:57ne devrait pas avoir en sa possession ses écoutes.
08:00La Cour de cassation a validé ses écoutes.
08:03Depuis, la Défense dit oui,
08:05mais il y a eu un arrêt,
08:05la Cour européenne des droits de l'homme
08:07qui dit que non,
08:07vous ne pouviez pas l'utiliser,
08:08et ça fait partie des arguments
08:09qui ont été avancés le premier jour
08:12par la Défense
08:13pour justifier la nullité de l'enquête,
08:14et on verra la décision que prendra
08:16le tribunal lors du rendu de son jugement.
08:18Et il cite même à un moment
08:19le journaliste Edou Plenel.
08:20Oui, c'est cocasse,
08:21parce qu'on sait que Mediapart
08:23est très offensif
08:24dans toutes les enquêtes
08:25qui visent Nicolas Sarkozy.
08:27Et en gros, là,
08:27il va citer Edou Plenel
08:28et un de ses livres
08:29qui s'appelle
08:29Les mots volés,
08:30dans lequel Edou Plenel raconte
08:32la très désagréable aventure
08:35qu'il a subie.
08:36C'est celle d'avoir été écouté
08:37par François Mitterrand
08:38dans le scandale
08:39des écoutes sauvages de l'Elysée.
08:40Il a fait un livre là-dessus.
08:41Et il y a un passage
08:42dans lequel il dit
08:43quand on est au téléphone
08:44avec un intime,
08:45on peut mentir,
08:47on divague,
08:48c'est rien de sérieux,
08:49c'est pas probant.
08:50On se lâche,
08:51on s'oublie.
08:52Et donc,
08:53Thierry Herzog dit
08:53quand je parle avec Gilbert Azibert,
08:56rien ne dit que c'est la vérité.
08:58Ce sont des mots en l'air
08:59qui n'ont aucune valeur.
09:00C'est pour ça qu'il invoque Edou Plenel.
09:04Le lundi 7 décembre,
09:05à la demande du parquet national financier
09:07qui avait supervisé cette instruction,
09:10plusieurs enregistrements des écoutes
09:11doivent être diffusés à l'audience.
09:13Oui, on se dit enfin,
09:15enfin,
09:15parce que ces fameuses écoutes,
09:16c'est le cœur du procès,
09:18c'est le cœur de l'affaire.
09:19D'ailleurs,
09:19on parle de l'affaire des écoutes.
09:20Et moi,
09:21sur les bancs de la défense,
09:22mais non,
09:22vous ne pouvez pas,
09:23on ne les a jamais rétendues.
09:24Tiens,
09:24on écoute des conversations
09:26qui n'ont pas été retranscrites,
09:28c'est très grave.
09:28Grosse,
09:29grosse confrontation.
09:30Donc là,
09:30le tribunal se retire pendant une heure,
09:31ce qui est assez long,
09:32et revient en disant,
09:33nous faisons droit à la demande du PNF
09:35et donc,
09:35on va enfin entendre
09:37Nicolas Sarkozy
09:38et Thierry Herzog
09:39converser.
09:40Évidemment,
09:40on a envie d'entendre le ton
09:41de leur conversation
09:42parce que par écrit,
09:43on ne peut pas se rendre compte.
09:44Est-ce qu'il y a de la connivence ?
09:45Est-ce que c'est un ton badin ?
09:46On ne sait pas.
09:47On va enfin les entendre.
09:48Donc,
09:49la greffière met le CD
09:50dans l'ordinateur
09:51et elle ouvre un fichier
09:52et en fait,
09:52les fichiers n'ont pas été nommés,
09:54donc on n'a pas la date,
09:55on n'a pas les minutes
09:56et en fait,
09:58on se dit,
09:58oulala,
09:58mais comment on va faire
09:59pour trouver la bonne écoute ?
10:00La présidente dit,
10:01oulala,
10:02s'il y a un risque,
10:03on renonce tout de suite,
10:04c'est complexe
10:05parce qu'évidemment,
10:06elle ne veut pas
10:06que ne serait-ce qu'une seconde d'écoute
10:08qui n'aurait pas à être entendue
10:09soit diffusée.
10:11Nous n'allons pas plus loin.
10:12Bon, évidemment,
10:13déception pour nous,
10:14les observateurs
10:15parce qu'on voulait évidemment
10:15entendre ces conversations
10:17dont il a été question
10:18pendant tout le procès.
10:20Le reste de l'après-midi
10:21est consacré à l'audition
10:22de Nicolas Sarkozy.
10:24Il clame son innocence.
10:25Nicolas Sarkozy
10:26qui a rappelé
10:27que c'était un avocat
10:28avant même d'être un politique,
10:30il a regardé droit
10:30dans les yeux
10:31à la présidente du tribunal
10:32en lui disant
10:32je veux être lavé
10:34de cette infamie,
10:35c'est mon honneur,
10:36ma famille,
10:37qu'on a bafoué.
10:38En gros,
10:38il explique que
10:39ces conversations
10:40c'était du bavardage,
10:41qu'il était à 100 milliards de lieux
10:43de pensée
10:44qu'il faisait quelque chose de mal
10:45en discutant
10:46de ce pourvoi
10:47avec Thierry Herzog
10:48en parlant de Gilbert Azibert
10:49et il dit
10:49non mais là,
10:50vraiment pas du tout,
10:51je discute avec mon ami,
10:53ça ne vaut pas grand chose.
10:54Alors bien sûr,
10:54oui,
10:55je me renseigne
10:56sur cette procédure
10:56de la Cour d'Occassation
10:57mais oui,
10:57c'est vrai,
10:58j'ai envie de gagner,
10:59j'ai envie d'avoir le résultat,
11:00moi je suis comme ça.
11:01A l'époque,
11:02il faut voir,
11:02j'ai eu l'affaire Bettencourt,
11:04il y a l'histoire de la Libye,
11:06c'est compliqué pour moi,
11:07si enfin je peux avoir
11:07des bonnes nouvelles,
11:09tant mieux.
11:09Donc mon avocat,
11:10il me dit des choses
11:11mais en fait,
11:11il est là pour me rassurer.
11:13On n'a pas du tout voulu
11:15chercher à influencer
11:16quoi que ce soit,
11:17on n'a pas été destinataire
11:22de son séjour à Monaco,
11:24est-ce qu'il reconnaît
11:25avoir demandé une faveur
11:26pour Gilbert Azibert ?
11:27Alors il dit qu'il ne l'a pas fait,
11:29alors déjà,
11:29il explique que ce séjour
11:30à Monaco était prévu avant,
11:32c'était un séjour privé
11:33dans un hôtel monégasque
11:35où il est allé avec son épouse
11:36Carla Bruni
11:36et leur fille Julia
11:38et que comme il était à Monaco,
11:40il dit en fait,
11:41t'as pensé au truc pour Gilbert,
11:43le poste
11:44et que c'est ça qui fait
11:45qu'ils en ont parlé
11:46et que s'il avait été en vacances
11:47à Marrakech ou à Evian,
11:48du coup,
11:48ça ne serait même pas venu
11:49dans la conversation
11:50et en tout cas,
11:51il dit, ma vie c'est 40 ans
11:52de vie politique
11:53et 40 ans de coup de pouce
11:54donc voilà,
11:55il y a mon ami Thierry Rezog
11:56qui me demande un coup de main
11:57pour son ami Gilbert Azibert,
11:59bah oui,
11:59j'aurais pu le faire,
12:00mais je ne l'ai pas fait.
12:03Le mardi 8 décembre,
12:05on attend les réquisitions
12:06mais il y a un nouvel invité surprise,
12:08le chef du parquet national financier,
12:10il vient à la barre défendre
12:12son institution
12:12qui a été vivement critiquée
12:14par la défense des prévenus.
12:16Oui, c'est une surprise,
12:17Jean-François Bonner,
12:18qui est donc le chef
12:19du parquet national financier,
12:21qui n'était pas en poste
12:22au moment où l'enquête
12:22a été menée.
12:23Il va défendre son institution
12:25et notamment répondre
12:26à toutes les conclusions
12:28qui avaient été déposées
12:29le premier jour
12:29par la défense.
12:30Il va notamment défendre
12:32le bien fondé
12:33de l'enquête préliminaire
12:35qui a visé à identifier
12:37la taupe
12:37qui n'a jamais été identifiée
12:38et donc qui potentiellement
12:40n'existe pas
12:40et il défend la manière
12:41dont l'enquête a été menée.
12:42Le mardi soir,
12:43Timothée Boutry,
12:44les deux représentants
12:45du parquet national financier
12:46du PNF,
12:47prononcent donc
12:48leur réquisitoire.
12:50Ça va être un réquisitoire
12:51très sévère,
12:52très long aussi,
12:52puisqu'il va durer
12:53cinq heures en tout.
12:54Dans une première partie,
12:56Céline Guillet va s'efforcer
12:57de matérialiser
12:59les soupçons
13:00de trafic d'influence
13:00et de corruption.
13:01Et en fait,
13:02elle va reprendre les écoutes,
13:04les mettre bout à bout,
13:06projeter des schémas,
13:07même un nuage de mots
13:08sur le contenu
13:09des conversations.
13:10Voilà,
13:10elle va essayer
13:11de faire une construction
13:12pour dire que,
13:13bah oui,
13:14Gilbert Azibert,
13:15il était très intéressé
13:16par cette affaire,
13:17il a contacté son collègue,
13:18il a indiqué
13:19qu'il avait des documents.
13:21Oui,
13:21il y a bien eu
13:22un effort qui a été fait
13:23pour avoir des informations
13:24et influer sur le pourvoi
13:26et qu'en échange,
13:28Nicolas Sarkozy,
13:29il est allé à Monaco,
13:30il a passé des coups de fil
13:31et donc,
13:33il a vraiment
13:34scellé le pacte
13:35entre eux.
13:35Et en deuxième partie,
13:37en conclusion,
13:38son collègue Jean-Luc Blachon
13:39va dire en gros
13:40l'action ne se serait pas produite
13:42si l'ancien président
13:44avait gardé présent
13:45à l'esprit
13:45la grandeur,
13:46le sens
13:47et le devoir
13:47de la charge
13:48qui fut la sienne.
13:49Et ensuite,
13:49il a cette formule
13:50assez marquante,
13:51la République n'oublie pas
13:52ses présidents
13:53car ils font l'histoire
13:54mais elle ne peut pas
13:55admettre
13:56qu'un ancien président
13:57oublie la République
13:58et ce qu'elle représente
13:59l'état de droit.
14:00Donc,
14:00il l'accuse
14:00d'avoir abîmé
14:01l'état de droit,
14:02d'avoir porté un coup
14:03à nos institutions
14:04et donc,
14:05voilà,
14:05ce sont des propos
14:06qui sont quand même
14:06très très forts.
14:07Et les peines demandées
14:08sont fortes également ?
14:09Oui,
14:10les peines sont lourdes
14:10puisque à l'encontre
14:11des trois prévenus,
14:13ils réclament la même peine,
14:144 ans de prison
14:15dont 2 avec sursis,
14:16c'est-à-dire 2 ans
14:16de prison ferme
14:17et en plus,
14:19pour Thierry Herzog,
14:20le parquet demande
14:21l'interdiction
14:21d'exercice professionnel
14:22pendant 5 ans
14:23qui est très lourd aussi
14:24puisque Thierry Herzog,
14:25il est avocat
14:25et il est pénaliste,
14:26c'est un des plus grands
14:26avocats de Paris
14:27et c'est évidemment
14:28une sanction très lourde aussi.
14:30Que se passe-t-il
14:30dans les minutes
14:30qui suivent ?
14:31Donc déjà,
14:32c'est la fin de l'audience.
14:33Les prévenus
14:34sont restés
14:35assez longtemps dans la salle,
14:36environ un quart d'heure.
14:37La défense a affiné
14:39sa stratégie
14:40et c'est là
14:40que notamment a été décidé
14:41que la défense
14:42de Nicolas Sarkozy
14:43plaiderait en premier
14:44alors qu'on pensait
14:45qu'il plaiderait en dernier.
14:46On peut penser
14:47qu'ils étaient quand même
14:47un peu sous le choc
14:48et que personne ne s'attendait
14:50à des récisions
14:51aussi sévères.
14:55Le lendemain,
14:55le mercredi 9 décembre,
14:57pour la première fois,
14:58l'épouse de Nicolas Sarkozy,
14:59Carla Bruni,
15:00vient à l'audience.
15:01Elle rentre dans la salle,
15:02c'est une surprise,
15:03on ne s'attendait pas
15:03à la voir,
15:04même si, ma foi,
15:05il n'y avait rien d'exceptionnel.
15:06C'est son épouse,
15:07son mari est jugé,
15:08c'est important.
15:09Évidemment,
15:10quand on la voit,
15:10on se dit
15:11« Tiens, t'as vu,
15:12la Carla Bruni ?
15:13Ah bah oui,
15:14aujourd'hui c'est elle
15:15qui est venue. »
15:16Bon, voilà,
15:16évidemment,
15:16ça fait un peu causer.
15:17Ce qui était assez amusant,
15:19c'est de voir que Nicolas Sarkozy
15:20était manifestement très fier
15:22de la présence de son épouse
15:23et qu'il la présentait
15:24à tout le monde.
15:25Donc, c'était assez drôle.
15:30Elle dit que selon elle,
15:31le dossier est vide de preuves.
15:34Oui, c'est vraiment
15:34le leitmotiv de la défense.
15:36Elle dit
15:37« C'est un désert de preuves.
15:38Vous n'avez rien.
15:39Vous n'avez que des écoutes.
15:40Vous avez essayé
15:42de matérialiser,
15:43mais vous n'avez rien eu.
15:44Et au final,
15:45vous vous retrouvez
15:45juste avec ces écoutes
15:46et vous avez essayé
15:47de les interpréter.
15:47Mais enfin,
15:48on ne bâtit pas
15:49une accusation
15:50sur des interprétations.
15:51Et surtout,
15:52elle va en fait
15:52reprendre leur équisitoire
15:54et elle va dire
15:55« J'ai jamais entendu
15:57autant le vocable du doute. »
15:58Et elle égraîne les formules.
16:00« Nous croyons que,
16:01nous pensons que
16:02l'hypothèse est que
16:03nous assumons
16:05de pouvoir nous tromper. »
16:06Et voilà, elle dit
16:06« Mais voilà ce que vous dites,
16:07vous, accusation,
16:08vous demandez
16:084 ans de prison,
16:102 avec sursis
16:11contre Nicolas Sarkozy
16:12alors que
16:13vous ne savez rien,
16:14vous n'avez pas de preuves. »
16:15Sa conclusion,
16:15sans surprise,
16:16c'est qu'il faut relaxer son client.
16:18Elle dit au tribunal
16:18« Vous relaxerez Nicolas Sarkozy.
16:21Vous êtes un tribunal libre,
16:23indépendant, impartial
16:24et le dossier,
16:25vous n'aurez pas d'autre choix
16:26que de le relaxer. »
16:27Je dirais que le parquet
16:28a déserté l'accusation
16:29et qu'aujourd'hui,
16:30il a parlé très fort.
16:31Il a proposé des peines
16:33qui ne sont que des peines proposées.
16:35Il l'a d'ailleurs rappelé lui-même,
16:36ce ne sont que des réquisitions.
16:37Et encore une fois,
16:38je n'ai aucun doute,
16:39nous démontrons
16:41ces réquisitions
16:41parce que,
16:42encore une fois,
16:44elles ont été démontées
16:45déjà au cours de l'audience
16:46et que ce sera très facile
16:47pour nous de le faire.
16:48Le procès se termine
16:49le lendemain,
16:50le jeudi 10,
16:50avec les plaidoiries
16:51des avocats de Thierry Herzog
16:53et Gilbert Azibert.
16:54Et oui,
16:54là, on va avoir
16:55deux styles très différents.
16:56D'abord,
16:57Dominique Alegrini,
16:58l'avocat de Gilbert Azibert,
17:00avocat marseillais,
17:01et qui va, en fait,
17:02multiplier les formules drôles,
17:04les punchlines.
17:05Et il dit,
17:05mais un doute,
17:06plus un doute,
17:07plus un doute,
17:08ça ne fait pas plusieurs doutes
17:10ni un gros doute
17:10pour le parquet.
17:11Non, non,
17:11ça fait un faisceau d'indices.
17:12Et là, il a cette formule,
17:14il dit,
17:14entre ça et les bateaux mouches,
17:15je suis content
17:15d'être monté à Paris.
17:16Bon, voilà,
17:17c'est assez drôle.
17:18Il parle de Frankenstein judiciaire
17:20pour pilonner l'accusation.
17:22Et ensuite,
17:23ça va être l'avocat
17:25de Thierry Herzog
17:26qui va prendre la parole,
17:26Hervé Témime,
17:27qui est un des plus grands
17:28avocats parisiens,
17:29qui va surtout attaquer
17:31les écoutes téléphoniques
17:33en disant,
17:33non,
17:33vous n'aviez pas
17:34à retranscrire les écoutes
17:35entre un avocat
17:36et ses clients,
17:36c'est sacré.
17:37Ça, c'est revenu à chaque fois,
17:38mais là,
17:38il l'a redéveloppé
17:39et il va encore dire,
17:41c'est le vide sidéral
17:42des preuves,
17:43vous n'avez aucune preuve.
17:45Timothée Boutry,
17:46les avocats des trois prévenus,
17:47vous les avez trouvés convaincants ?
17:48En tout cas,
17:49ils ont mouillé la chemise.
17:50Après,
17:51c'est normal,
17:52c'est quand même
17:52un des procès
17:53les plus médiatiques de l'année,
17:54c'est l'ancien président de la République.
17:56C'est quand même logique
17:57qu'ils se défendent
17:57et qu'ils se défendent bien,
17:59à ma foi.
17:59On a deux visions
18:01totalement opposées
18:02entre un parquet
18:03qui est très ferme,
18:05qui est moralisateur,
18:06qui considère
18:06qu'on a vraiment touché
18:08au pacte républicain
18:09et qui va donc demander
18:10des peines très fortes.
18:12Et de l'autre côté,
18:12on a une défense
18:13qui va dire
18:14que le parquet
18:15s'est fourvoyé,
18:16que le parquet
18:17n'a pas respecté
18:17les droits de la défense,
18:19a utilisé des méthodes
18:20hors normes,
18:21dérogatoires,
18:22tout ça pour un dossier
18:23qui est totalement vide.
18:24Donc on a un bloc
18:24contre un bloc.
18:33Merci Timothée Boutry.
18:34Cet épisode a été produit
18:35par Thibaut Lambert
18:36et Nathan Châtelain,
18:38réalisation Alexandre Ferreira.
18:40Codesource est le podcast
18:41d'actualité du Parisien,
18:42disponible chaque soir
18:43du lundi au vendredi.
18:45N'hésitez pas
18:45à nous écrire
18:46pour vos retours,
18:47codesource
18:47at leparisien.fr.
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