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  • il y a 9 heures
Louise Colcombet, Zoé Lauwereys et Timothée Boutry se relaient aux journées audiences depuis le 2 septembre. Témoignages bouleversants, images effroyables... A travers cette première partie, nos trois reporters racontent.


Code Source est le podcast d’actualité du Parisien disponible chaque soir du lundi au vendredi.


Crédits : Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : France 2, France Inter, CNEWS, BFM-TV.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Nous sommes beaucoup à suivre de près le procès des attentats de janvier 2015.
00:16Les premières semaines consacrées au rappel des faits et au parti civil ont donné lieu à des témoignages souvent bouleversants.
00:23Sans prétendre être exhaustif, Codesource vous raconte en deux épisodes, aujourd'hui et demain, le début de ce procès.
00:29A travers le regard des trois journalistes du Parisien, présents à tour de rôle aux audiences,
00:34Louis Scolcombe, qui interviendra dans le deuxième épisode, Zoé Lovresse et Timothée Boutry.
00:47Le procès des attentats de janvier 2015 s'ouvre le 2 septembre au Palais de justice de Paris,
00:52cet immense bâtiment de verre près du périphérique au nord de la capitale.
00:56Timothée Boutry, Zoé Lovresse, décrivez-nous l'atmosphère juste avant l'ouverture du procès.
01:01C'est ultra sécurisé, il y a des forces de l'ordre partout aux abords du tribunal, on doit vider
01:09nos sacs, on doit montrer vraiment pas de blanche pour pouvoir entrer.
01:13Il y a du monde partout, des avocats partout, des journalistes qui font la queue, des partis civils qui font
01:19la queue aussi, on veut accéder aux salles, à tout prix.
01:21Il y a aussi une effervescence évidemment médiatique, comme toutes les ouvertures de tous les grands procès, énormément de journalistes,
01:28une tension eu égard aux dispositifs de sécurité et on sait qu'on va vivre un moment historique.
01:33C'est un procès filmé, c'est rare, pourquoi ce choix ?
01:36C'est pour constituer des archives et pour donner accès à ce matériel aux chercheurs, aux historiens,
01:41qui vont pouvoir travailler sur ce moment très important de notre histoire judiciaire.
01:45Stéphane Charbonnier dit charbe, Jean Cabu dit cabu, Georges Wolinsky.
01:49Les attentats de janvier 2015 ont fait 17 morts, de nombreux blessés, 12 morts le 7 janvier au total dans
01:56l'attaque contre Charlie Hebdo.
01:58Selon un témoin, les tirards criaient Allah Akbar et affirmaient vouloir venger le prophète.
02:03Le lendemain, la policière municipale Clarissa Jean-Philippe a été tuée à Montrouge.
02:07La France est aujourd'hui devant un choc.
02:10Et le 9 janvier, les clients d'une supérette, l'hypercachère de la porte de Vincennes à Paris, ont été
02:16prises en otage.
02:17Je vais vers Johan et je me tourne et je vois le preneur d'otage, Koulibaly, qui est à la
02:21caisse.
02:22Quatre d'entre eux ont été tués par le terroriste Amédi Koulibaly.
02:26Les frères Kouachi, eux, ont été tués le même jour dans l'imprimerie de Damartin-Anguel en Seine-et-Marne,
02:32où il s'était retranché.
02:33Les deux frères sont tués, l'employé, lui, et Saint-Essou.
02:39Timothée Boutry, ceux qui ont commis ces crimes, sont morts.
02:43De quoi sont soupçonnés, en résumé, les 14 accusés ?
02:45Alors sur les 14 accusés, déjà, il y en a trois qui sont logés d'un mandat d'arrêt, deux
02:50qui sont présumés morts.
02:51La troisième, c'est Hayat Boumediene, la compagne d'Ameni Koulibaly, dont on a découvert qu'elle n'était finalement
02:56pas morte, alors qu'on la pensait décédée.
02:59Les 11 autres accusés qui comparaissent, en fait, ils sont soupçonnés à des degrés divers d'avoir participé à la
03:05fourniture des armes et du matériel.
03:07Et voilà, c'est tout le mécanisme de fourniture des armes qui va être décortiqué au long de ce procès,
03:11et dont on va essayer de savoir quel était leur rôle.
03:14Et voilà, eux disent, on n'est pas des enfants de cœur, mais on n'avait absolument pas connaissance du
03:18projet terroriste d'Ameni Koulibaly.
03:21Les trois premières semaines du procès vont être consacrées au rappel des faits et au témoignage des partis civils.
03:26Avant cela, il y a l'examen des personnalités des accusés.
03:29Timothée Boutry, pendant la première journée, l'une des avocates des accusés se fait remarquer par une défense très offensive.
03:36Il s'agit d'Isabelle Coutemper, qui est l'avocate d'Ali Rizapola, qui est l'accusée principale.
03:40Et là, elle va dire, voilà, évidemment, c'est un drame ce qui s'est passé, mais l'État est
03:43responsable, c'est une faillite des services.
03:46Les autorités sont responsables de ce qui s'est passé.
03:48Évidemment, ça crée des remousses sur les bancs des partis civils, on dit que c'est indécent, que c'est
03:53scandaleux, voilà.
03:54Donc ça crée un petit incident d'audience, mais disons qu'elle a été fidèle à sa réputation et à
04:01sa ligne de conduite qu'elle adopte depuis très longtemps, en fait.
04:05C'est avec un ton ferme que le président de la Cour d'Assise a rappelé, lors du procès, l
04:10'obligation de porter son masque.
04:12En raison de l'épidémie de coronavirus, tout le monde est masqué ? Ça pose question ?
04:15Ça pose surtout question aux avocats, aux avocats de la défense, qui disent, voilà, vous allez juger des hommes dont
04:21vous ne voyez pas le visage.
04:22Ça pose problème, ça porte atteinte aux droits de la défense.
04:25Tout le monde est masqué et tout le monde parle masqué pendant le procès.
04:28Au troisième jour d'audience, le 4 septembre, le principal accusé, Ali Rizapolat, prend la parole.
04:32D'abord, qui est-il ?
04:33C'est un ami d'Amedi Koulibaly, il était condamné plusieurs fois, notamment pour des affaires de trafic de stupéfiants,
04:40et il est soupçonné d'avoir eu un rôle déterminant dans l'aide et l'accompagnement d'Amedi Koulibaly avant
04:46ses actes.
04:47C'est le seul accusé qui est présent au procès, qui est poursuivi pour complicité de tous les crimes,
04:53et à ce titre, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
04:56C'est un homme qui est sans filtre, sans retenue, il balance ses saïs, ses punchlines, il se fait remarquer,
05:03il dit « je suis là à cause de mythos, je vais vous raconter, je vais dire pourquoi je suis
05:07là, c'est de la faute d'un tel, c'est de la faute d'un tel ».
05:10Après, le fond de sa défense, c'est de dire « moi c'était mon ami, mais je ne savais
05:13pas que c'était un terroriste, et je n'ai rien à faire là dans le box. »
05:18Le lundi 7 septembre, au début de la deuxième semaine d'audience, un policier vient raconter comment les enquêteurs ont
05:23remonté la trace des terroristes.
05:25Cet homme, c'est Christian Dau, l'ancien patron de la section antiterroriste de la brigade criminelle. Que dit-il
05:30?
05:30Vraiment, il va raconter comment on travaille sur une enquête aussi hors normes, le nombre de procès-verbaux considérables qu
05:37'il faut emmagasiner,
05:38qu'il y avait quasiment 8 personnes à temps plein juste pour l'archivage de la procédure, tellement c'était
05:42important en fait.
05:43Il y a une quantité, une somme d'informations considérables qui va être accumulée dès les premiers jours.
05:48Et beaucoup d'appels aussi aux forces de l'ordre.
05:50Il y a des appels farfelus, il y a des appels de bonne foi qui ne servent à rien,
05:54et puis il dit dans le lot, il y a toujours un appel qui vous sert.
05:57Et ce sera celui qui donnera l'indication de la planque d'Amedi Koulibaly à Gentilly où on retrouvera une
06:03partie de son arsenal.
06:04Le même jour, les images de la tuerie dans la rédaction de Charlie Hebdo sont projetées
06:08et elles sont commentées sobrement par ce commissaire.
06:11C'est le premier moment, je dirais, très fort de ce procès.
06:14Les images du carnage, on a vu ses corps enchevêtrés et il a expliqué, vous voyez, alors là on rentre
06:19dans la salle,
06:20c'est là que Simon Fieschi a reçu des balles, après vous voyez là c'est le corps de Moustapha
06:25Aura, là on est dans la salle.
06:26On avait une perception physique de ce carnage.
06:29Alors avant, le président avait évidemment prévenu que les images qu'on allait regarder allaient être choquantes
06:34et plusieurs parties civiles sont sorties de la salle pour ne pas les regarder justement.
06:37Et le policier, cliniquement, donne des détails très précis sur le nombre de balles, à quelle distance les balles ont
06:43été tirées ?
06:44Il était très policier, très poli-judiciaire, voilà, c'est le corps de Charbes, il est face contre terre,
06:51il a reçu tant de balles à tel endroit, à côté, mais je pense qu'il a su trouver la
06:56distance pour décrire l'innommable
06:58avec ce souci d'éclairer la cour parce que voilà, il sait qu'il est devant une cour d'assises
07:03et qu'il doit éclairer des magistrats professionnels qui devront prendre une décision.
07:05La vidéo de la mort du policier Ahmed Merabé abattue dans la rue boulevard Richard Lenoir
07:10dans le 11e arrondissement par Shérif Kouachi est également diffusée.
07:14Là, ce qui frappe, en fait, c'est le son parce que le bruit des kalachnikovs,
07:18et là, on l'entend, ça résonne dans toute la salle d'audience.
07:20Et on voit Ahmed Merabé qui est au sol et Shérif Kouachi qui s'approche de lui.
07:24On sent qu'il y a un échange, il lui dit non, mais t'as voulu me tuer.
07:27Non, chef, c'est bon, il lève les bras et il la bat.
07:28C'est d'une violence extrême parce que c'est le seul meurtre qu'on voit en direct, en fait,
07:34contrairement aux meurtres de Charlie Hebdo.
07:35Et d'ailleurs, au moment où ils témoigneront, les proches d'Amed Merabé exprimeront toute la douleur
07:39qui est la leur et l'indécence qu'ils ressentent à ce que cette vidéo était dédiffusée à l'époque
07:44et qu'elles continuent à pouvoir être trouvées sur les réseaux sociaux.
07:47Et ça, ça rajoute à leur souffrance de la perte de leurs proches.
07:52Le mardi 8 septembre, Timothée Boutry, des rescapés de la tuerie à la rédaction de Charlie Hebdo,
07:58témoigne notamment la dessinatrice Coco.
08:00Alors Coco, elle a évidemment un rôle très important parce que c'est elle qui, malgré elle,
08:06va ouvrir la porte aux terroristes.
08:07En fait, elle était partie un petit peu plus tôt de la conférence de rédaction
08:11pour aller chercher sa fille à la crèche.
08:13Elle fumait une cigarette à l'extérieur et puis elle entend Coco.
08:16Donc elle se retourne.
08:17Et c'était les frères Kouachi qui la menacent et qui la font monter en fait.
08:20On veut Charb, on veut Charb.
08:22Et là, elle comprend.
08:23Et donc, elle est sous la menace de la Kanachnikov.
08:25Elle dit « Je savais que c'était une Kanachnikov parce que Charb dessinait très bien les armes.
08:28Donc je savais que c'était ça. »
08:30Et donc, elle monte les escaliers.
08:31En fait, elle arrive au premier étage et en fait, Charlie est au deuxième.
08:34Et donc, elle essaye d'ouvrir la porte.
08:35Elle n'y arrive pas.
08:36Et là, elle mime devant la scène.
08:38Elle se met à croupi, même à la barre.
08:39Elle dit « Je suis désolé, je suis désolé. »
08:41Elle dit « Je pensais qu'ils allaient m'abattre parce que j'avais pas trouvé la bonne salle. »
08:46Elle s'est relevée.
08:46Ils sont montés d'un étage.
08:48Elle a ouvert la porte.
08:49Et ils sont rentrés.
08:51Et puis, il s'est passé ce qui s'est passé.
08:52Elle s'est réfugiée dans une première salle.
08:54Elle a entendu.
08:55Elle l'a vécu à l'extérieur.
08:56Et une fois que ce sera fini, qu'ils seront repartis,
08:58elle va découvrir tous les corps de ses amis dans la salle de rédaction.
09:01Elle va venir en aide aux blessés.
09:03Évidemment, elle reste très marquée par ce qu'elle a vécu.
09:08La chroniqueuse judiciaire Sigoulène Vinson.
09:10Elle va raconter, elle aussi, ce carnage.
09:13Elle était dans la salle de rédaction.
09:15Elle a entendu du bruit.
09:17Et elle, elle dit « Moi, j'ai tout de suite su que c'était ça. »
09:20Parce qu'elle dit « Charlie Hebdo, les menaces. »
09:22Donc, elle a tout de suite compris.
09:23Elle se lève.
09:24Elle se cache derrière un petit muret.
09:28Elle entend le bruit des balles.
09:29Et elle dit « J'avais accepté de mourir. »
09:31Et elle se posait la question « Est-ce que ce sera rapide une balle dans la tête ?
09:34Est-ce que ce sera une balle dans le poumon ?
09:36Ce sera un petit peu plus long ? »
09:37Et voilà, elle avait intégré ça.
09:39Et finalement, elle ne va pas mourir.
09:41Parce que le shérif Kouachi s'approche d'elle.
09:43Il la braque avec son arme.
09:45Et puis finalement, il remplace son arme par ses doigts.
09:47Et il lui dit « On ne tue pas les femmes. »
09:49« On ne tue pas les femmes. »
09:50« Il faut que tu lises le Coran. »
09:52« On ne tue pas les femmes. »
09:53Et effectivement, ils ne vont pas la tuer.
09:56Les frères Kouachi vont partir.
09:58Après, on la voit sur la vidéo se lever et on voit l'effroi sur son visage.
10:04Elle prend le visage dans les mains parce qu'elle découvre ce qui s'est passé.
10:09Elle a vécu en direct la mort de ses amis et elle a cru qu'elle allait mourir.
10:14Et c'est vrai que cet après-midi, entre le témoignage de Coco et celui de Sigolène,
10:19je dirais qu'on a été plongé en apnée pendant toute une après-midi.
10:23On a eu la tête sous l'eau.
10:24On a été dans la salle de Charlie Hebdo pendant toute une après-midi au procès.
10:27Personne n'a pu ressortir indemne.
10:34Le même jour, Zoé Lovresse, la cour d'assises commence à entendre
10:37ce que l'on a appelé « les victimes oubliées ».
10:40Ça veut dire quoi ce terme ?
10:41C'est ces gens qui ont croisé le chemin des frères Kouachi
10:44avant leur massacre, avant leur toute première victime
10:47et qui ont été traumatisés par les cagoules, les kalachnikovs,
10:52un tir peut-être dans le plafond du bureau
10:53et qui finalement ont encore les répercussions de ce choc
10:58de se trouver avec ces hommes hyper armés dans leur bureau, dans leur quotidien.
11:02Que racontent ces témoignages ? Ils sont toujours traumatisés aujourd'hui ?
11:04C'est des gens qui racontent être encore choqués,
11:07avoir encore les répercussions physiques, psychologiques de cette rencontre.
11:12C'est des gens qui ont passé quelques minutes cachés sous leur bureau
11:15avec la peur que les hommes en noir arrivent, leur tirent dessus.
11:20Ils ont peur de mourir et ils ont peur de ce qui va arriver ensuite
11:22parce qu'ils comprennent pour certains que ces hommes se dirigent vers Charlie Hebdo
11:26et qu'il va se passer quelque chose de dramatique.
11:28Est-ce que vous avez un exemple ?
11:29On a cette femme qui raconte qu'elle s'est cachée sous son bureau
11:32pendant quelques minutes et qu'elle a entendu les tirs.
11:35Elle raconte qu'elle souffre de troubles du sommet, qu'elle a perdu l'appétit,
11:40que ses enfants l'ont tenue à bout de bras,
11:42qu'elle a été retravaillée très rapidement après ça
11:46et que le lendemain à son travail, elle croise un jogger habillé en noir
11:51et elle est toujours traumatisée.
11:53Elle croit que c'est un couachi et elle s'effondre.
11:55Elle raconte qu'elle tombe par terre sur le trottoir
11:57et qu'elle est encore choquée.
11:58Et c'est des gens qui ont bénéficié d'arrêt maladie
12:01et qui malheureusement, pour la plupart, ont été licenciés
12:04ou ont perdu leur travail suite à ces attentats.
12:09Leur vie familiale, leur vie professionnelle, pour beaucoup,
12:13a été complètement chamboulée.
12:17Le jeudi 10 septembre au matin, Timothée Boutry,
12:19deux proches de dessinateurs de Charlie Hebdo assassinés,
12:22sont à la barre, l'épouse de Cabu et la fille d'Honoré.
12:25Cabu avait 76 ans, Honoré 73.
12:28Et ils ont tous les deux consacré leur vie à leur passion, le dessin.
12:32Cabu, en fait, il a très vite commencé à faire du dessin de presse
12:36et il était très fier d'être journaliste.
12:38Sa femme a donné son numéro de carte de presse,
12:39elle était très fière de ça.
12:41Et Honoré, un peu moins connue, sa fille Hélène,
12:45très touchante, a raconté aussi son parcours,
12:47une famille modeste.
12:49Il a travaillé très tôt pour aider sa mère
12:51qui avait des difficultés financières.
12:52Mais sa passion, c'était le dessin.
12:54Et il n'a jamais lâché.
12:56Il est monté à Paris, il a fait surtout du dessin économique.
12:59Et puis après, il a réussi à percer, à faire du dessin de presse.
13:03Et elle racontait, c'était touchant,
13:04que quand elle était petite, il n'arrêtait pas de faire des dessins d'animaux
13:07sur les nappes et qu'il lui faisait deviner quel animal c'était.
13:10Et qu'après, les serveurs, évidemment, voulaient garder les nappes.
13:12Le même jour, Zoé Lovresse, la mémoire de Charb est évoquée.
13:17Stéphane Charbonnier, le directeur de la publication de Charlie Hebdo,
13:20ses parents et sa compagne lui rendent hommage,
13:23même si cette femme n'aime pas ce mot « compagne »
13:25pour décrire sa relation avec Charb.
13:26Elle dit en fait, avec douceur, c'est mon amoureux,
13:28mais Charb, il ne voulait pas dire que j'étais sa compagne,
13:31il ne voulait pas, donc elle refuse et elle le dira.
13:33Sur les PV, j'ai refusé qu'on utilise le terme « compagne ».
13:38Et donc, elle raconte son Charb, les petits mots, les moments de joie, etc.
13:42La dernière soirée, la veille des attentats,
13:45cette soirée au resto, elle dira que c'était une soirée douce, joyeuse.
13:48Elle est très touchante.
13:49À un moment, des dessins de Charb apparaissent sur les écrans de la cour d'assises spéciales.
13:55Est-ce que vous pouvez nous donner un exemple de dessin ?
13:57Il y a cette femme voilée, tout en noir, de la tête aux pieds,
14:02avec à peine les yeux qui dépassent, je crois,
14:04mais surtout les fesses jaunes et rebondies qui sortent de ce grand voile.
14:10Et dans la bulle, on lit « chacun fait, fait, fait, ce qui lui plaît, plaît, plaît »,
14:13en référence à la chanson de Chagrin d'amour.
14:16Et en fait, ça fait marrer tout le monde dans la salle
14:18et dans le box des accusés, certains laissent échapper des rires.
14:22On a l'impression qu'ils découvrent un petit peu les dessins de Charb et de Charlie Hebdo.
14:26Au fond, l'esprit de Charlie Hebdo, c'est ça.
14:30C'est refuser de renoncer à nos libertés, de renoncer aux rires.
14:36Ça fait du bien parce que c'est une audience qui est très lourde
14:39et que c'est le plus bel hommage qu'on pouvait rendre à Charb.
14:42C'était de diffuser son art et d'entendre une salle d'assises
14:45qui juge les événements aussi difficiles à rire.
14:47Parce que le public a boucourri.
14:49On parle des accusés.
14:51C'est vrai, évidemment, c'était très marquant.
14:53Mais dans la salle, les partis civils, les avocats, les journalistes,
14:56ça nous a fait rire, vraiment.
14:57C'était le plus bel hommage qu'on pouvait les rendre.
15:05Merci Zoé Lovresse, Timothée Boutry.
15:07On vous retrouve demain pour la suite de ce podcast en deux épisodes.
15:11Avec Louise Colcombé, vous nous raconterez notamment
15:13les audiences consacrées aux prises d'otages de l'hyper-cachère
15:16et de l'imprimerie dans laquelle s'étaient retranchés les frères Kouachi.
15:24Codesource est le podcast d'actualité du Parisien,
15:27disponible chaque soir du lundi au vendredi.
15:29Cet épisode a été produit par Raphaël Pueyo et Thibaut Lambert,
15:33réalisation Alexandre Ferreira.
15:35Si vous aimez Codesource, n'hésitez pas à laisser des petites étoiles
15:38sur votre application de podcast.
15:40Et n'oubliez pas de vous abonner.
15:41Vous pouvez aussi nous écrire directement
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