- il y a 10 heures
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Pour tout comprendre, Code source vous propose de réécouter dans ce long format les deux épisodes consacrés à l’affaire des comptes de campagne de 2012, suivis du récit du jugement rendu ce jeudi 30 septembre à Paris, avec Pascale Egré, journaliste au service police-justice du Parisien.
Dans ce podcast : Le jeudi 30 septembre dans l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a été condamné à un an de prison ferme, une peine supérieure à ce qu'avait demandé l'accusation : un an dont six mois avec sursis. L'ancien président est reconnu coupable de financement illégal d'une campagne électorale celle de la présidentielle 2012. Pour bien comprendre cette décision de justice Code Source a choisi de regrouper et de rediffuser les deux épisodes que nous avions consacré à l’affaire au moment du procès avec bien sûr une actualisation à la fin du podcast…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert, Ambre Rosala, Marion Bothorel, Clara Hage, Sarah Hamny, Raphaël Pueyo et Timothée Croisan - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : TV5 Monde, INA, France Info, France Inter, Public Sénat, LCP, BFMTV.
#sarkozy #bygmalion #proces
Dans ce podcast : Le jeudi 30 septembre dans l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a été condamné à un an de prison ferme, une peine supérieure à ce qu'avait demandé l'accusation : un an dont six mois avec sursis. L'ancien président est reconnu coupable de financement illégal d'une campagne électorale celle de la présidentielle 2012. Pour bien comprendre cette décision de justice Code Source a choisi de regrouper et de rediffuser les deux épisodes que nous avions consacré à l’affaire au moment du procès avec bien sûr une actualisation à la fin du podcast…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert, Ambre Rosala, Marion Bothorel, Clara Hage, Sarah Hamny, Raphaël Pueyo et Timothée Croisan - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast quotidien du Parisien.
00:12Le jeudi 30 septembre, dans l'affaire Big Malion, Nicolas Sarkozy a été condamné à un an de prison ferme,
00:18une peine supérieure à ce qu'avait demandé l'accusation, un an dont six mois avec sursis.
00:23L'ancien président est reconnu coupable de financement illégal d'une campagne électorale, celle de la présidentielle 2012.
00:31Pour bien comprendre cette décision de justice, Codesource a choisi de regrouper et de rediffuser les deux épisodes
00:38que nous avions consacrés à l'affaire au moment du procès, avec bien sûr une actualisation à la fin du
00:44podcast.
00:45Ce Codesource long format est raconté par Pascal Aigret, spécialiste justice au Parisien.
00:57Pascal Aigret, vous couvrez le procès Big Malion pour le Parisien.
01:01Vous allez nous rappeler d'abord l'essentiel de cette affaire.
01:05Tout commence pendant la campagne présidentielle de 2012.
01:08Le président sortant, Nicolas Sarkozy, prévoit au départ une campagne courte avec peu de meetings.
01:15C'est ce que disent certains membres de son entourage, qui voulaient une campagne éclair.
01:20Il est en fonction, il est président sortant, donc il se déclare assez tard.
01:25Et au départ, il était prévu entre 5 et 15 meetings.
01:28Mais sa campagne ne prend pas, comme on dit.
01:30En janvier, février et mars, les sondages le placent derrière le candidat socialiste, François Hollande,
01:36ou au mieux, au coude à coude, au premier tour.
01:38Et là, il change de stratégie.
01:40Oui, finalement, la campagne s'emballe.
01:42À la mi-mars à peu près, le candidat décide qu'il y aura une réunion par jour,
01:47qu'il faut qu'il soit très présent, au final, il y aura 44 meetings,
01:50dont d'énormes meetings comme celui de Villepinte, le 11 mars,
01:54avec des écrans géants, des salles de retransmission pour les militants, même en province.
01:59Les Français n'accepteraient de ma part aucun calcul, aucune hypocrisie, aucune lâcheté.
02:07Une scénographie qui le fait apparaître comme l'homme providentiel, donc de très gros moyens.
02:13Voici notre estimation du résultat de la présidentielle en ce 6 mai 2012.
02:20C'est François Hollande qui est élu président de la République.
02:23Ces meetings n'auront pas suffi.
02:25Le 6 mai, Nicolas Sarkozy perd au second tour face à François Hollande,
02:28avec un peu plus de 48% des suffrages exprimés.
02:32Le lundi 15 octobre, dans ses bureaux d'ancien président,
02:35Rudmy Roménil à Paris, il récompense un certain Jérôme Lavrieux.
02:40Qui est-il ?
02:41A l'époque, personne ne connaît Jérôme Lavrieux.
02:43Jérôme Lavrieux est pourtant le bras droit de Jean-François Copé à l'UMP.
02:48Et il est également le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy,
02:53précisément en charge des meetings.
02:54Jean-François Copé qui était secrétaire général de l'UMP à l'époque.
02:58Et donc ce jour-là, Jérôme Lavrieux est distingué.
03:00Oui, ce jour-là, Jérôme Lavrieux reçoit l'ordre national du mérite des mains de Nicolas Sarkozy.
03:05Tout le monde chante les louanges de cet homme de l'ombre.
03:08C'est un moment que nous allons vivre ensemble autour de Nicolas Sarkozy,
03:12qui sera l'occasion de dire toute la reconnaissance à Jérôme Lavrieux
03:17et à toute l'équipe qui l'a entouré pour la fantastique campagne que nous avons menée.
03:22Il apparaît comme un homme clé, un homme de l'ombre, mais clé pour la campagne.
03:26C'est un signal qui est envoyé en reconnaissance de cette période,
03:30qui a été une période où tout le monde a mis les mains dans le cambouis,
03:32et Jérôme a été le premier d'entre cela.
03:34L'année suivante, le 4 juillet 2013, les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy
03:40sont rejetés par le Conseil constitutionnel.
03:43Pourquoi ?
03:44Parce que la Commission nationale des comptes de campagne a constaté
03:48un dépassement de précisément 363 000 euros,
03:52un dépassement du plafond légal qui était de 22,5 millions.
03:55Qu'est-ce que ça a comme conséquence pour l'ancien candidat Nicolas Sarkozy ?
03:59La conséquence, c'est que normalement, quand on respecte le plafond,
04:02on obtient une contribution de l'État, qui était là, de l'ordre de 10 millions d'euros.
04:06En l'occurrence, puisqu'ils ont dépassé et qu'ils n'ont pas respecté les plafonds,
04:10ils doivent rembourser ces 10 millions d'euros et également la somme qui a dépassé les 400 000 euros.
04:17C'est un coup dur pour l'UMP.
04:19Et du coup, pour renflouer les caisses du parti,
04:22une souscription est lancée dans la foulée,
04:24une souscription qu'on va surnommer le Sarkoton.
04:27Et le dimanche 8 septembre, Jean-François Copé, désormais président de l'UMP,
04:31annonce que 11 millions d'euros ont été levés au total.
04:35Lorsque j'ai décidé de lancer une grande souscription nationale
04:39pour surmonter cet obstacle financier,
04:41les Français ont répondu massivement à l'appel.
04:45Pascal Aigré, le 27 février 2014, l'hebdomadaire Le Point sort une affaire.
04:51Le titre en couverture du point, l'affaire Copé.
04:54L'article parle d'une société de communication proche de Jean-François Copé,
04:59Big Malion, dirigée par deux anciens amis politiques de Jean-François Copé.
05:04Cet article du point sous-entend que Jean-François Copé aurait fait travailler ses amis
05:09pour la campagne avec des coûts faramineux
05:14et donc que cela aurait contribué à vider les caisses de l'UMP.
05:18C'est ce qu'affirme Le Point, qui a eu accès aux factures remises à la commission des comptes de
05:23campagne.
05:24Selon l'hebdomadaire, cette entreprise et sa filiale
05:27auraient empoché 8 millions d'euros grâce à des services surfacturés
05:31concernant la vidéo et l'éclairage des meetings.
05:34La justice enquête à partir de là ?
05:35Oui, la justice ouvre une enquête préliminaire
05:37et les policiers vont commencer à travailler sur cette affaire.
05:41Quatre mois plus tard, en mai, le journal Libération publie à partir du 15 mai
05:45une série d'articles qui racontent une toute autre histoire.
05:49Le premier de ces papiers est titré « Les folles factures de l'UMP ».
05:53Oui, la journée de Libération a eu accès à des factures
05:56qui montrent que l'UMP a réglé, semble-t-il, une vingtaine de millions d'euros à Big Malion
06:03pour des événements dont certains seraient des événements fictifs, de fausses conventions.
06:08Cette nouvelle enquête vise des conventions organisées pour l'UMP
06:12entre janvier et juin 2012 en pleine campagne électorale.
06:1555 événements payés à la société Big Malion.
06:19Là, ça ne met plus en cause forcément directement Jean-François Copé
06:23ou en tout cas, ça sous-entend pour la première fois l'existence d'un système de fausse facturation
06:27parce que des factures auraient été établies sur des événements
06:30qui n'auraient pas existé, notamment des conventions, des conventions bidons.
06:35Le lundi 26 mai, au lendemain d'élections européennes qui viennent de se dérouler le dimanche,
06:40des perquisitions sont menées au siège de Big Malion et de l'UMP notamment.
06:43Oui, les enquêteurs cherchent des preuves matérielles, des documents, des factures, des comptes
06:48et ils perquisitionnent aussi l'association de financement de l'UMP
06:51et le micro-parti de Jean-François Copé.
06:55Vers 17h, l'avocat de Big Malion, maître Patrick Maisonneuve,
06:59tient une conférence de presse.
07:01Qu'est-ce qu'il dit devant les caméras ?
07:03Patrick Maisonneuve, qui est l'avocat de Big Malion,
07:05prend la défense de Big Malion en disant que s'il y a eu des irrégularités,
07:08des décisions irrégulières, ça vient de l'UMP.
07:11Donc ils chargent plutôt le parti.
07:13Ils étaient sous une contrainte parce qu'à partir du moment où on leur a dit,
07:16du côté de l'UMP, que soit ils libellaient les factures,
07:19au nom de l'UMP, sous libellé convention,
07:23et c'est pas Big Malion qui a inventé les intitulés des conventions.
07:26Big Malion, il ne peut pas savoir s'il y a une convention à tel ou tel endroit.
07:30Et donc c'était ça où ils n'étaient pas payés.
07:32Eux, ils doivent payer leurs sous-traitants,
07:34il y a plusieurs millions qui sont en jeu.
07:35Soit ils acceptent, soit ils refusent.
07:38S'ils refusent, ils ne paient pas leurs sous-traitants et leur entreprise est morte.
07:41Il explique que Big Malion s'est sans doute retrouvé piégé
07:44puisque eux devaient régler leurs fournisseurs.
07:47Les avocats de Big Malion vont remettre aux enquêteurs une clé USB.
07:52Oui, cette clé USB, c'est un élément matériel très important.
07:57Elle est remise aux enquêteurs par le cabinet Maisonneuve
07:59et elle comprend plusieurs fichiers où apparaissent des comptes
08:03qui avèrent l'existence d'un système de double comptabilité.
08:07En clair, il y a d'un côté ce qui aurait dû être facturé
08:11et ce qu'il a été réellement.
08:13Un meeting qui a coûté par exemple 600 000 euros
08:17va apparaître comme ayant coûté 300 000.
08:20C'est-à-dire que c'est sous-évalué sur une prestation
08:22qui souvent a été effectivement réalisée par Big Malion.
08:25Quelques heures plus tard, un personnage au cœur de cette affaire
08:28est sur le plateau de BFM TV.
08:30C'est Jérôme Lavrieux, élu la veille eurodéputé,
08:34l'ancien directeur adjoint de la campagne Sarkozy
08:36et directeur de cabinet de Jean-François Copé.
08:38D'abord, Pascal Aigré, comme l'avocat maître Maisonneuve,
08:42il explique ce qu'il s'est réellement passé selon lui.
08:44Ce que dit Jérôme Lavrieux, qui est sur le plateau de BFM TV
08:48avec Routel Creef, c'est que oui, il y a eu un problème
08:52d'explosion des dépenses de la campagne.
08:54Ce n'est pas une affaire du financement.
08:56C'est plutôt les dépenses de la campagne.
08:58qui ont explosé et qui ont été beaucoup plus importantes
09:03que ne le permettait le volume du compte de campagne autorisé.
09:07Que cette campagne s'est emballée un peu comme un TGV,
09:10que personne n'a tiré la sonnette d'alarme
09:12et qu'il n'en a pas eu le courage, lui non plus.
09:14Il y a eu un engrenage irrésistible d'un train
09:18qui fit la grande vitesse.
09:22Et les personnes qui auraient dû tirer sur le signal d'alarme
09:25ne l'ont pas fait.
09:26Je suis sans doute une de ces personnes,
09:29sans avoir été la seule personne dans le wagon, bien sûr.
09:32Il dit qu'il n'y a pas eu de malversation financière,
09:34qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel,
09:36mais que c'est une affaire de financement politique.
09:38À plusieurs reprises, dans cette interview, il semble très ému.
09:41Il est très ému.
09:42Ce sont un peu des confessions en direct.
09:45Il sait que sa carrière politique va être brisée.
09:48Il sait qu'il va être entendu par les enquêteurs, par le juge.
09:52Il apparaît effectivement très fragile.
10:03Qu'est-ce qu'il dit à propos de Nicolas Sarkozy et de Jean-François Copé ?
10:06Il dédouane et Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé
10:10en disant qu'il ne leur a jamais parlé de ce problème,
10:13ni à l'un, ni à l'autre.
10:14J'ai fait part à plusieurs personnes de mon sentiment
10:19comme quoi on aurait du mal à boucler tout ça.
10:22Vous n'avez pas été entendu ?
10:23Je n'ai pas été entendu.
10:25Je précise bien que je n'en ai fait part ni à Nicolas Sarkozy,
10:28ni à Jean-François Copé.
10:32Pascal Aigré, l'enquête va durer trois ans.
10:34Quelle est sa conclusion en résumé ?
10:36En résumé, sa conclusion, c'est qu'un système de fraude
10:39a été mis en place pour dissimuler l'explosion
10:42des dépenses de la campagne de Nicolas Sarkozy.
10:44Et faire semblant de rester dans les clous du plafond légal
10:48des 22,5 millions d'euros.
10:50Et donc le but, c'était de faire payer à l'UMP
10:52une grosse partie de la campagne du candidat Sarkozy, c'est ça ?
10:55Oui, le but, c'est en fait de faire disparaître
10:58des sommes très importantes et de dissimuler le dépassement
11:02en les escamotant du compte de campagne de Nicolas Sarkozy
11:06et de l'association de financement qui devait normalement régler tout ça.
11:10Bon, c'est un système assez compliqué parce que comptable,
11:13mais avec des fausses factures, des faux devis,
11:17des événements surfacturés, même s'ils ont réellement eu lieu,
11:21ou des événements carrément fictifs.
11:23Et d'après l'enquête, il y a eu une autre façon aussi
11:25d'alléger le bilan de la campagne de Nicolas Sarkozy ?
11:29Oui, parce qu'apparemment, avant la clôture des comptes de campagne
11:32à l'UMP, ils se sont rendu compte que ça dépassait quand même un petit peu.
11:36Et ils ont carrément escamoté des factures de location de salles,
11:41de transport de militants pour un montant de 3,5 millions d'euros.
11:45Au total, de quel montant on parle ?
11:46Au total, on parle de 20 millions d'euros,
11:4919,8 millions exactement selon les calculs du juge d'instruction.
11:53Ce sont des sommes qui auraient dû ne pas être dépensées
11:57puisque ça n'était pas dans les clous du plafond électoral.
12:00Ça veut dire qu'au total, Nicolas Sarkozy a dépensé pour sa campagne
12:0342,8 millions d'euros.
12:05Alors que normalement, pour un candidat qui va jusqu'au second tour,
12:08c'est limité à combien ?
12:09C'est limité à 22,5 millions d'euros.
12:12Donc on est quasiment au double.
12:14Et donc, pour être clair, il n'y a pas eu d'enrichissement personnel
12:17de la part de qui que ce soit ?
12:18Non, il n'y a pas eu d'enrichissement personnel de la part de qui que ce soit.
12:22Pourtant, les enquêteurs ont cherché,
12:23notamment parce que l'entourage de Nicolas Sarkozy,
12:27voire Nicolas Sarkozy lui-même, disait
12:29« Mais où est passé l'argent ? Où sont passés ces 20 millions ? »
12:32Sous-entendu, ça aurait servi de trésor de guerre
12:36à Jean-François Copé, qui entendait à l'époque
12:38se lancer éventuellement dans la bataille,
12:40lui aussi, des présidentielles.
12:42Et donc, il y a eu des vérifications
12:43et Jean-François Copé a été blanchi par la justice.
12:47Jean-François Copé a bénéficié d'un non-lieu.
12:49Le juge a considéré qu'il n'avait pas été au courant
12:51de tout ce système.
12:53En février 2017, 14 personnes sont renvoyées devant la justice.
12:57Les 14 qui sont donc jugées en ce moment
12:59par le tribunal correctionnel de Paris,
13:01avant de parler de Nicolas Sarkozy,
13:03Pascal Aigré, qui sont les 13 autres prévenus ?
13:06Les 13 autres prévenus sont d'abord
13:08les dirigeants de Big Malion et de sa filiale.
13:10Il y a aussi d'anciens cadres de l'UMP,
13:13dont Jérôme Lavrieux.
13:15Il y a également l'ancien directeur de campagne
13:18de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert,
13:20et puis les deux responsables
13:22de l'association de financement
13:23et les experts comptables.
13:24Quelle peine est-ce qu'ils en courent ?
13:25Ils en courent entre 3 ans et 5 ans de prison ferme
13:29pour des délits tels que la fraude,
13:32abus de confiance et escroquerie.
13:35Nicolas Sarkozy, lui, pour quel motif il compare précisément ?
13:38Nicolas Sarkozy, lui, est renvoyé
13:40pour financement illégal de campagne électorale.
13:42Il en court un an de prison
13:44et 3750 euros d'amende,
13:46c'est-à-dire la peine finalement
13:48la plus faible de tous les prévenus du procès.
13:51Pascal Aigré, est-ce que l'enquête a permis
13:52de prouver que Nicolas Sarkozy a fait quelque chose d'interdit ?
13:56Pour l'accusation, Nicolas Sarkozy a fait quelque chose d'interdit
13:59puisqu'il a donc opéré ce financement illégal.
14:02Mais le juge estime qu'il a bénéficié du système,
14:05qu'il n'en a pas été l'organisateur,
14:08pas l'initiateur et qu'il n'en avait pas connaissance.
14:11En revanche, il a laissé filer les dépenses
14:13en dépit de deux notes d'alerte pendant la campagne,
14:16le 7 mars et le 26 avril,
14:18deux notes d'alerte des experts comptables,
14:20dont lui dit qu'il ne se souvient pas,
14:23qu'il a peut-être oublié, qu'on lui avait montré.
14:27Les juges d'instruction étaient deux à enquêter sur cette affaire
14:30et à la fin, ils n'étaient pas d'accord sur le fait de juger ou non Nicolas Sarkozy.
14:36L'enquête sur cette affaire a été conduite par deux magistrats,
14:40deux juges d'instruction.
14:41Il y avait Serge Tournaire et puis Renaud Van Ruinbeek.
14:44Et à la fin de leur travail d'enquête,
14:46ils signent ce qu'on appelle une ordonnance de renvoi
14:50devant le tribunal correctionnel,
14:51qui est en fait l'acte d'accusation,
14:54qui explique les charges et tout ce qui est retenu
14:56contre les uns et les autres ou pas.
14:59Et effectivement, le juge Van Ruinbeek n'a pas signé cette ordonnance.
15:03Il n'a jamais expliqué lui-même la raison.
15:05Il est quand même tenu au secret aussi de ses décisions,
15:08d'autant qu'il n'y avait pas eu le procès.
15:10Mais c'est ce qu'il s'est dit.
15:11Il s'est dit qu'il ne voulait pas signer
15:13parce qu'il n'était pas d'accord sur le renvoi de Nicolas Sarkozy.
15:17Récemment, chez nos confrères de France 2,
15:19l'ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy,
15:21le préfet Guillaume Lambert,
15:23a affirmé qu'il avait bien informé le candidat.
15:26Du coup, trop important de la campagne.
15:29Oui, Guillaume Lambert,
15:30qui est pourtant un des fidèles de Nicolas Sarkozy,
15:33qui le demeure,
15:34explique qu'il a donné à voir à Nicolas Sarkozy
15:38ces fameuses notes,
15:40et en particulier l'une,
15:41celle d'avril,
15:43qui était explicitement destinée aux candidats.
15:46Moi, ce que je peux vous dire,
15:48c'est que cette note, elle lui est destinée.
15:50Et comme toutes les notes qui étaient destinées,
15:51je lui ai passé.
15:52Je lui en ai également parlé.
15:54Et par ailleurs, encore une fois,
15:54j'ai évoqué oralement avec lui
15:57la nécessité de piloter finement
15:59la fin de la dépense de la campagne
16:01du point de vue budgétaire,
16:02puisqu'il fallait éviter d'entamer la marge de sécurité.
16:08Nicolas Sarkozy a promis de venir à l'audience
16:10le concernant directement.
16:11Son interrogatoire est prévu la semaine du 14 juin.
16:15A priori, comment est-ce qu'il va se défendre ?
16:17On peut penser qu'il va expliquer
16:20qu'il n'était pas au courant de ces deux notes,
16:22qu'il était candidat avant tout
16:24et qu'il n'avait pas le temps,
16:25ce que devaient faire d'autres à sa place,
16:27de se pencher sur les comptes de sa campagne.
16:29Il y a aussi cette question,
16:31est-ce qu'il va de nouveau essayer de dire
16:34« il y a un autre responsable qui n'est pas moi,
16:36mais qui est Jean-François Copé ».
16:37Pascal Aigré, est-ce que l'enquête a permis
16:39de déterminer précisément qui a pris la décision
16:43de faire des fausses factures dans l'affaire Big Malion ?
16:45Non, c'est une question que l'enquête a laissée en suspens.
16:49On ne sait pas qui a décidé de mettre en place
16:51ce système de double comptabilité.
16:54On ne sait pas qui en a été le concepteur,
16:58l'initiateur et le responsable.
17:00D'autant que tous les prévenus ont tendance
17:02à se renvoyer la balle entre ceux qui nient,
17:05entre ceux qui disent « c'est parti de l'UMP »,
17:07d'autres qui disent « c'est parti de Big Malion ».
17:09Donc le procès va essayer d'éclaircir tout ça.
17:18Il est au cœur du procès Big Malion.
17:20Il en est surtout le grand absent.
17:23Comme il en avait le droit, Nicolas Sarkozy
17:25ne s'est pas rendu au tribunal judiciaire de Paris ce jeudi.
17:28Pascal Aigré, décrivez-nous l'atmosphère
17:30juste avant l'ouverture du procès,
17:33le jeudi 20 mai, au tribunal correctionnel de Paris.
17:37L'ambiance, déjà, elle est ultra sécurisée.
17:40Comme il s'agit d'un procès où doit se présenter
17:43potentiellement un ancien chef de l'État,
17:45il y a beaucoup de policiers.
17:46Ils ont aussi fait appel à des vigiles.
17:48On est fouillés, on doit ouvrir nos sacs.
17:51On est même passé au détecteur de métaux.
17:53Donc tout ça prend un certain temps.
17:54Il y a énormément de monde.
17:55Ils ont ouvert d'autres salles de retransmission
17:57parce qu'on se demande si oui ou non
17:59Nicolas Sarkozy sera présent ce premier jour.
18:02Le premier après-midi d'audience est consacré
18:04à des questions de procédure.
18:06Et à un moment, la présidente du tribunal,
18:08Caroline Viguier, appelle Nicolas Sarkozy.
18:11Oui, elle procède, ça c'est la forme classique
18:14au début d'un procès correctionnel,
18:16à ce qu'on appelle l'appel des prévenus.
18:17Et elle fait exactement ce qu'elle avait fait
18:19au faux départ du procès en mars,
18:21c'est-à-dire qu'après avoir appelé les 13 premiers,
18:23elle appelle le 14e,
18:26M. Nicolas Sarkozy.
18:27Et elle a bien vu que la chaise était vide,
18:29mais elle fait comme si elle ne l'était pas.
18:31Un peu plus tard, toujours pendant cette
18:33première après-midi d'audience,
18:34les avocats de deux prévenus demandent
18:37de nouvelles enquêtes sur Jean-François Copé.
18:40Ils présentent des documents qui prouvent,
18:42selon eux, que Jean-François Copé,
18:44en tant que patron de l'UMP à l'époque,
18:46était forcément au courant des fausses factures.
18:48Il présente plusieurs documents,
18:49dont un contrat de prêt souscrit par l'UMP
18:53juste après la campagne présidentielle
18:54en août 2012.
18:56Il s'agit de 55 millions d'euros
18:58que l'UMP veut emprunter auprès d'une banque.
19:01Et parmi les raisons pour lesquelles
19:03ils disent « on a une dette »
19:04figurent 20 millions d'euros
19:05de dépenses de meeting.
19:07Pour ces avocats, ça prouve quoi ?
19:08Le but de ces avocats,
19:09c'est essentiellement de remettre
19:11le nom de Jean-François Copé
19:13dans le procès,
19:14c'est-à-dire de suggérer
19:15qu'il savait dès 2012
19:16qu'il y avait eu un gros souci
19:19dans cette campagne.
19:20Est-ce que ces plaidoiries
19:21entraînent des réactions ?
19:22Oui, principalement celle de l'avocat
19:25de Jérôme Lavrieux,
19:26qui est l'ancien bras droit
19:27de Jean-François Copé
19:28et l'ancien directeur adjoint
19:30de la campagne.
19:31Son avocat, Christian Saint-Palais,
19:34se lève,
19:35prend la parole et dit
19:36« oui, c'est le retour
19:37des vieilles lunes,
19:38toujours cette histoire
19:39de trésor de guerre
19:40que l'instruction a écartée. »
19:43Le mercredi 26 mai
19:44est consacré à l'audition
19:45de l'un des prévenus,
19:47l'homme qui organisait
19:48les meetings du candidat Sarkozy,
19:50l'un des cadres de Big Malion,
19:51Franck Attal.
19:52Quel rôle il avait
19:53dans cette campagne en 2012 ?
19:55Au sein de Big Malion,
19:56il était l'un des dirigeants,
19:57mais celui en particulier
19:59de leur filiale événementielle,
20:01Event.
20:01Franck Attal,
20:02en fait,
20:02on le voit sur toutes les images
20:03où Sarkozy monte sur la tribune
20:05puisque c'est lui
20:06qui lui donnait
20:06le top départ
20:07pour qu'il arrive
20:09près du pupitre.
20:10J'imagine que la présidente
20:11du tribunal l'interroge
20:12sur l'organisation
20:13des meetings ?
20:14Oui, il est le premier
20:15à expliquer à quel point
20:17justement ça n'était pas organisé.
20:19Il parle de meetings
20:21qui sont commandés
20:21neuf jours avant
20:22que ça représente
20:24l'équivalent d'un terrain
20:25de football
20:25à installer dans un temps record.
20:28Alors lui,
20:28il est passionné
20:29par sa matière.
20:30Donc il explique
20:30les écrans,
20:31les pupitres,
20:32les signaux IFI,
20:34les techniciens,
20:36les traiteurs.
20:36Mais elle,
20:37ce n'est pas ça
20:37qui l'intéresse.
20:38Ce qui l'intéresse,
20:39la présidente,
20:39c'est de savoir
20:41mais ah bon,
20:41il n'y avait pas
20:42de contrat cadre,
20:44rien n'était programmé
20:45à l'avance,
20:46rien n'était donc
20:47budgété non plus.
20:48Est-ce que vous aviez
20:49une idée
20:50de combien ça pouvait coûter
20:51à l'avance ?
20:51Il lui répond
20:52non,
20:53pas du tout.
20:53Par contre,
20:54ce qu'on nous avait demandé,
20:55c'est qu'il fallait
20:55que ça pète.
20:56Franck Attal se souvient
20:57aussi d'une réunion
20:58à l'UMP en 2014,
21:00juste après les révélations
21:02de Libération.
21:03Oui,
21:03il est très surpris
21:04parce qu'il reçoit
21:04un appel de Fabienne Liadze,
21:06qui est une cadre de l'UMP
21:07et qui lui dit
21:08voilà,
21:09Jean-François Copé
21:10veut te voir
21:11dans son bureau
21:12demain
21:13au siège du parti.
21:14Il s'y rend,
21:15Jean-François Copé
21:16rentre,
21:17s'adresse à lui
21:17et lui dit
21:18qu'est-ce que c'est
21:18que cette histoire ?
21:19Franck Attal se dit
21:20mais quoi ?
21:21Jean-François Copé
21:22n'est pas au courant.
21:23Il a l'impression,
21:24dit-il,
21:25d'une supercherie.
21:26C'est-à-dire une mise en scène
21:27de la part de Jean-François Copé
21:29pour montrer
21:30qu'il n'était pas au courant.
21:31Il est encore plus surpris
21:33parce que lui,
21:34sa conviction,
21:34c'est qu'à l'UMP,
21:36tout le monde savait
21:37de la tête du parti
21:40aux plus petits salariés.
21:44Deux jours plus tard,
21:45le vendredi 28 mai,
21:46c'est l'interrogatoire
21:47de l'ancien patron
21:48de Big Malion,
21:49Bastien Millot,
21:5048 ans,
21:51c'est l'un des principaux prévenus.
21:53Lui,
21:53qu'est-ce qu'il dit
21:54sur le système de fausse facture ?
21:55On sait qu'il a nié
21:57pendant toute l'instruction
21:58avoir été au courant
21:59du système de fausse facture
22:00et on se demande
22:01si le procès
22:02n'est pas le moment
22:02pour lui
22:03de reconnaître quelque chose,
22:05d'autant qu'il passe
22:05après les trois autres
22:06qui ont dit que oui.
22:07Et non,
22:08il persiste à nier
22:09et il dit
22:09qu'il ne connaissait pas
22:10l'existence de ce système
22:12de fausse facture.
22:12Est-ce qu'il vous semble
22:13sincère à la barre ?
22:14Non,
22:15il est même presque
22:16un peu pathétique
22:17parce qu'il se lance
22:20dans des explications
22:21en berlificoté
22:22de ses soi-disant
22:23mauvaises relations
22:23avec Nicolas Sarkozy
22:24pour montrer
22:25qu'il se désintéressait
22:26complètement de cette campagne
22:28qui représentait pourtant
22:29un très beau marché
22:30pour son entreprise.
22:31Le lundi 31 mai,
22:32une autre prévenue
22:33est entendue à la barre.
22:34C'est la directrice
22:35des ressources
22:36de l'UMP à l'époque
22:37dont on a déjà parlé,
22:38Fabienne Liadze,
22:3947 ans,
22:40qu'est-ce que l'on espère
22:42de cet interrogatoire ?
22:43De la même manière,
22:44on en espère une sincérité.
22:46Fabienne Liadze va,
22:48j'allais dire,
22:48donner un peu la méthode
22:49qui sera celle
22:50de tout ce qui nie.
22:51C'est-à-dire,
22:51elle dit
22:51non,
22:52mais je n'avais pas
22:52vraiment des responsabilités
22:53importantes au sein
22:55de l'UMP,
22:56je ne m'intéressais pas
22:57du tout aux questions
22:58financières
22:58et quand je m'y intéressais,
23:00j'avais toujours l'aval
23:01de quelqu'un d'autre.
23:02Donc,
23:02elle se place aussi
23:02sous couvert de sa hiérarchie.
23:04Elle dit qu'elle ne s'intéresse
23:05pas aux aspects financiers
23:07alors qu'elle est directrice
23:10comme une spécialiste
23:11des ressources,
23:12mais des ressources humaines.
23:13Et elle dit que pour le reste,
23:14il y a un trésorier,
23:16le directeur général de l'UMP,
23:17il y a d'autres interlocuteurs
23:18et si elle signe
23:19les engagements de dépense,
23:20parce qu'on lui présente
23:21des engagements de dépense,
23:23elle signe,
23:23mais parce que ça a été
23:24validé par d'autres.
23:25Donc,
23:25elle dit,
23:26ça représente des millions,
23:27mais j'ai l'aval
23:28et je signe.
23:30L'un des visages
23:31de ce dossier,
23:32c'est Jérôme Lavrieux.
23:34Il est interrogé
23:35le vendredi 4 juin,
23:36l'ancien bras droit
23:37de Jean-François Copé
23:38à l'UMP,
23:39ancien directeur adjoint
23:40de la campagne Sarkozy.
23:41C'est lui qui avait reconnu
23:42les fausses factures
23:43sur BFM TV en direct,
23:45parfois au bord des larmes,
23:46le 26 mai 2014 au soir.
23:48Il y a eu un dérapage
23:49sur le nombre d'événements
23:51qui ont été organisés
23:52dans le cadre de cette campagne.
23:55Sept ans plus tard,
23:56il est comment à la barre ?
23:57À la barre,
23:58Jérôme Lavrieux,
23:58on sent quelqu'un
23:59qui est prêt à se défendre,
24:00qui n'entend pas porter
24:02le chapeau pour tout le monde,
24:03ce qui est un petit peu
24:04sa crainte,
24:05puisqu'il est l'un des rares
24:06à un très haut niveau
24:07dans la campagne
24:08à avoir admis
24:10participer au système
24:11de fausses factures.
24:12Donc, il est à la fois
24:14combatif et marchant
24:15sur des oeufs,
24:16un peu stressé.
24:17Une nouvelle fois,
24:18il reconnaît les faits.
24:18Une nouvelle fois,
24:19il reconnaît les faits,
24:21mais lui dit
24:22qu'il aurait été au courant
24:24du système de fausses factures
24:25seulement à la fin
24:26de la campagne,
24:27après le deuxième tour
24:28de l'élection,
24:29le 6 mai.
24:29Et non pas,
24:30comme l'enquête
24:32tend à le démontrer,
24:34dès la mi-mars,
24:35c'est-à-dire très tôt
24:36dans la campagne.
24:37Ce qui est peut-être
24:38une façon encore
24:39de se protéger lui
24:40et de protéger aussi
24:41son ancien patron,
24:43Jean-François Copé.
24:46En 2014,
24:47il avait couvert
24:48Jean-François Copé
24:49et Nicolas Sarkozy
24:49en disant qu'il n'avait pas
24:50parlé avec eux
24:51du système de fausses factures.
24:53À l'audience,
24:54la présidente du tribunal
24:55lui demande à nouveau
24:56« Qui a décidé
24:57de faire payer à l'UMP
24:59une grande partie
25:00des frais du candidat Sarkozy ? »
25:02Oui, la question,
25:02évidemment,
25:03elle est clé
25:03et on n'a toujours
25:05pas la réponse,
25:05c'est « Qui a décidé
25:07d'organiser ce système ? »
25:08On la lui pose
25:09et en fait,
25:10il ne le dit pas.
25:11Il dit « C'est le fruit
25:12d'une décision collective. »
25:14Il est relancé ?
25:15Oui, il est relancé
25:16et il reste assez flou,
25:18toujours,
25:18mais en expliquant
25:20qu'en dépit
25:21des notes d'alerte
25:21des experts comptables
25:22et surtout de la première,
25:23celle du 6 mars,
25:24qui parle presque déjà
25:25d'un dépassement.
25:26Le rythme des meetings
25:28va s'accélérer
25:28et qui prend la décision
25:30d'accélérer le rythme
25:32des meetings,
25:32dit-il,
25:33c'est l'Elysée,
25:34le candidat.
25:35Donc, d'une certaine manière,
25:36il pointe le doigt
25:37vers Nicolas Sarkozy.
25:39Le jeudi 10 juin,
25:40c'est un jour très important
25:41puisque Jean-François Copé
25:43vient témoigner à la barre,
25:45lui qui a bénéficié
25:46d'un non-lieu
25:46mais dont le nom
25:47est régulièrement cité
25:49depuis le début du procès.
25:50Quel est son état d'esprit ?
25:51Il est vraiment
25:52en mode combatif,
25:53comme s'il se défendait
25:54alors qu'en fait,
25:55il n'a pas à le faire.
25:56Mais il dit
25:57que ses oreilles
25:58ont sifflé beaucoup
26:00et donc,
26:01il va répondre
26:02à toutes les questions.
26:03Il revient sur le moment
26:03où l'affaire a éclaté,
26:04d'abord dans Le Point
26:05en février 2014,
26:07puis dans Libération
26:08au mois de mai.
26:09Il dit que l'article du Point
26:10ne l'a pas tellement inquiété
26:11parce qu'il a vu ça
26:11comme une attaque politique
26:13et que celui de Libération,
26:14en revanche,
26:14alors là,
26:15il tombe des nus
26:16qu'un système
26:17de fausse facturation
26:19aurait existé,
26:19qu'il ne comprend pas
26:20et qu'il cherche à comprendre
26:21et pour ça,
26:22il va appeler
26:22plusieurs personnes.
26:24La première,
26:24c'est Fabienne Liatzé
26:25et il parle de cette réunion,
26:27il donne sa version
26:28de cette réunion
26:29dans le bureau
26:29en disant
26:30mais ça a duré plus longtemps
26:31et il m'a expliqué,
26:32donc Franck Attal,
26:34que les dépenses
26:34avaient filé
26:35et qu'il avait fallu
26:36trouver un système
26:36pour dissimuler
26:38leur explosion.
26:39Franck Attal a parlé
26:40d'une supercherie
26:41concernant cette réunion.
26:43Jean-François Copé
26:44est interrogé là-dessus.
26:45Oui,
26:45on lui demande
26:45mais pourquoi vous demandez
26:46à Franck Attal
26:47et pas aux autres dirigeants
26:48de Big Malion
26:49que vous connaissez mieux,
26:50Bastien Millot
26:51et Guy Alves ?
26:52Il dit
26:53mais vous comprenez bien
26:54que je n'avais plus confiance
26:54en personne.
26:55D'ailleurs,
26:56il explique aussi
26:56qu'il ne voit
26:57Jérôme Lavrieux
26:58qui est pourtant
26:58son bras droit
27:00que deux jours après,
27:02le dimanche.
27:03Et que là,
27:03Jérôme Lavrieux
27:04lui confirme
27:05l'existence
27:05de cette explosion
27:06de dépenses
27:07et de cette idée folle
27:08dit-il
27:09qui a surgi
27:10pour la dissimuler.
27:13Et donc à l'entendre,
27:14il découvre tout ça
27:15dans Libération
27:16deux ans plus tard.
27:17Il réaffirme
27:18la position
27:19qu'il a toujours tenue.
27:20Il n'était au courant
27:22de rien.
27:23Tout lui a été dissimulé.
27:24Il dit d'ailleurs
27:25qu'en gros
27:26s'il avait été au courant,
27:27s'il avait été informé,
27:28il aurait mis un terme
27:29à tout ça.
27:30Le procureur
27:30lui rappelle aussi
27:31que le 24 mai 2014,
27:33il va voir Nicolas Sarkozy.
27:35Oui,
27:35le procureur lui demande
27:36détaillez-moi
27:37un petit peu
27:37le contenu
27:39de cette entrevue.
27:40Jean-François Copé
27:41dit
27:41c'était un moment
27:42très pénible pour moi
27:43et sans doute
27:44pour lui aussi.
27:46Nicolas Sarkozy
27:46lui aurait dit
27:47qu'il n'y croyait pas
27:48tellement
27:49et Jean-François Copé
27:50lui aurait dit
27:51mais si,
27:51c'est la vérité.
27:52Et il n'en dit pas plus.
27:55Le mardi 15 juin,
27:56finalement,
27:57c'est au tour
27:57de l'ancien président
27:58et ancien candidat
27:59Nicolas Sarkozy
28:00d'être entendu.
28:01Racontez-nous son arrivée
28:02dans la salle d'audience.
28:03Il entre par la porte
28:05qui est réservée
28:06aux prévenus
28:07et aux avocats,
28:08c'est-à-dire
28:08la porte de droite
28:09pour la salle.
28:10En fait,
28:11la géographie
28:12de la salle d'audience
28:13a été un peu revisitée
28:15pour son audition
28:15puisqu'on a demandé
28:17aux autres prévenus
28:17de se mettre
28:18un peu plus loin
28:18pour placer
28:19ne serait-ce que
28:20ses gardes du corps.
28:21Il a son avocat
28:22juste derrière lui
28:23et ses communicants
28:25au deuxième rang
28:26de la salle.
28:28Il y a un grand silence.
28:30Tout le monde attend
28:30que l'absent du procès
28:32enfin présent
28:33s'exprime
28:34et s'explique.
28:37Le tribunal rentre
28:38et la présidente
28:39l'appelle à la barre
28:41« Monsieur Nicolas Sarkozy,
28:43voulez-vous bien
28:44venir à la barre ? »
28:46Et ensuite,
28:46on assiste
28:47à plusieurs heures
28:48d'un interrogatoire
28:50où il est debout
28:50face au tribunal
28:51comme s'il était
28:53sur la tribune
28:54d'un meeting.
28:55Il regarde à droite,
28:56à gauche
28:56comme s'il cherchait
28:58des soutiens
28:59du regard.
29:00Donc,
29:00pas forcément son avocat
29:01mais parfois,
29:02il se retourne même
29:02vers son ancien directeur
29:04de campagne
29:05dans la salle.
29:06Il mouline des bras,
29:07il ose des épaules,
29:09il parle de façon
29:11parfois très véhémente.
29:13De temps en temps,
29:13il rebaisse le ton.
29:14En fait,
29:15on voit Nicolas Sarkozy
29:16tel qu'on le connaît.
29:17La présidente du tribunal,
29:18Caroline Viglier,
29:19le recadre par moments ?
29:20À chaque fois,
29:21elle réinsiste
29:22et peut-être que c'est aussi
29:23pour ça qu'il s'énerve
29:24un petit peu
29:24parce qu'elle repose
29:25une fois,
29:26deux fois,
29:27trois fois la question.
29:28La campagne était organisée
29:29comment ?
29:30Mais est-ce que c'est vous
29:31qui décidiez
29:32du nombre de meetings ?
29:33Mais est-ce que vous avez
29:34vu ou pas
29:35ces fameuses notes d'alerte
29:36des experts comptables
29:38et est-ce que vous
29:38en avez tenu compte ?
29:40En gros,
29:40lui répond en disant
29:41« Moi, j'étais président,
29:43j'étais encore président
29:44de la République
29:44en exercice,
29:45ma tâche était lourde,
29:47j'avais constitué
29:48une équipe de campagne
29:49pour rassembler,
29:50il y avait Jean-François Copé
29:52à la tête du parti,
29:53je m'occupais
29:54de la stratégie politique
29:55et pas de la sono,
29:57des devis,
29:57des factures
29:58à signer. »
30:00Il dit
30:00« Je n'ai jamais vu
30:01Jacques Chirac
30:02signer une facture,
30:03je n'ai jamais vu
30:04Edouard Balladur
30:05signer une facture,
30:06il cite même
30:06François Hollande,
30:07je n'ai jamais vu
30:08François Hollande
30:08signer une facture. »
30:12Il dément aussi
30:13l'idée d'un emballement
30:14de sa campagne
30:15en 2012 ?
30:15Oui, pour lui,
30:17la campagne de 2012
30:18est la sœur
30:19de la campagne de 2007,
30:21même s'il concède
30:22qu'avec les chaînes
30:23d'information en continu
30:24qui sont beaucoup plus présentes
30:25en 2012 qu'en 2007,
30:26c'est forcément
30:26un petit peu différent,
30:27il faut fournir
30:28des images de qualité.
30:29Mais l'idée
30:30d'un emballement,
30:30il la réfute,
30:31il dit « ce serait faire insulte
30:33à mon expérience politique,
30:35de croire que je voulais
30:36faire que 4-5 meetings,
30:38point. »
30:39Évidemment,
30:40on en avait prévu
30:40beaucoup plus
30:41et 44,
30:42c'est à peu près
30:42le même nombre
30:43qu'en 2007.
30:44Et pour lui,
30:45sa campagne n'a pas
30:45coûté spécialement cher ?
30:47Oui,
30:47il essaie d'expliquer
30:48par exemple
30:49qu'à Villepinte,
30:50c'est un hangar
30:51et que donc,
30:52on lui parle de la scène
30:53qui aurait coûté
30:53beaucoup d'argent,
30:54mais il dit
30:54« mais comme c'est un hangar,
30:56il faut bien une scène
30:56parce que sinon,
30:58comment le candidat
30:59peut parler
31:00à 70 000 personnes
31:01au milieu de la foule ? »
31:02Il dit « mais elle est où
31:03la campagne somptueuse ?
31:05Elle est où
31:06la campagne en or massif ? »
31:08Ça se serait vu,
31:09j'avais la moitié
31:10de la presse contre moi,
31:11ils auraient dit
31:11que ça dégoulinait d'argent,
31:13qu'on offrait du caviar
31:13aux militants.
31:14Pour lui,
31:15non,
31:15la campagne n'a pas
31:16coûté plus cher.
31:17Alors comment est-ce
31:17qu'il explique
31:18le dépassement
31:19de plus de 20 millions
31:20d'euros de sa campagne ?
31:21Ce qu'il suggère,
31:22c'est que les 20 millions
31:23d'euros de dépassement
31:24ne sont pas allés
31:25à sa campagne.
31:26Ces 20 millions
31:27seraient allés ailleurs
31:28en l'occurrence.
31:32de la région de Big Malion.
31:36Pascal Aigré,
31:37le jeudi 17 juin,
31:38c'est les réquisitions,
31:39les procureurs annoncent
31:41les peines qu'ils demandent.
31:42Décrivez-nous
31:43ces réquisitions.
31:44Le ton de ces réquisitions
31:46est très sévère,
31:47voire par moments
31:48cinglant.
31:49Et ce ton sévère,
31:51ils l'ont pour
31:52l'ensemble des prévenus,
31:53dont ils suggèrent
31:55qu'ils les ont
31:55beaucoup mentis,
31:56mais aussi surtout
31:57pour l'ancien chef de l'État.
31:59Ils disent par exemple
32:00que Nicolas Sarkozy,
32:01en tant que président
32:02de la République,
32:03devait faire montre
32:04d'une probité exemplaire
32:05et que ça n'a pas été le cas.
32:07Ils disent même
32:08qu'il aurait porté attente
32:09en bénéficiant de ce système
32:11aux valeurs
32:11de la démocratie républicaine.
32:13Donc le ton
32:13est vraiment très sévère.
32:15Ils demandent des peines
32:15de prison avec sursis
32:16entre 18 mois
32:17et 4 ans
32:18pour la plupart des prévenus,
32:20dont Jérôme Lavrieux,
32:213 ans avec sursis,
32:222 ans,
32:23dont 1 an ferme
32:24à l'encontre
32:24de l'ancien patron
32:25de Big Malion,
32:26Bastien Millot.
32:27Que disent-ils
32:28concernant Nicolas Sarkozy ?
32:29Concernant Nicolas Sarkozy,
32:31ils disent
32:31nous allons demander
32:33sa condamnation
32:34et une peine
32:35de 1 an
32:36de prison ferme.
32:37Donc là,
32:37tout le monde retient
32:38son souffle
32:38avec 6 mois
32:40de sursis,
32:41ce qui veut dire
32:41qu'il requiert
32:42une peine
32:42de 6 mois
32:43de prison ferme.
32:43C'est une peine sévère
32:44qui est demandée
32:45à son encontre ?
32:46Symboliquement,
32:47c'est une peine sévère,
32:486 mois ferme requis
32:50à l'encontre
32:50d'un ancien président
32:51de la République
32:52et ce,
32:53d'autant plus
32:53que Nicolas Sarkozy
32:55est le seul
32:56avec Bastien Millot
32:57à l'encontre
32:58de qui
32:58une peine de prison ferme
32:59est requise.
33:00Pascal Aigré,
33:01l'instruction n'avait pas
33:02permis de dire
33:02qui avait demandé
33:04ou donné son feu vert
33:05à ces fausses factures
33:06après la campagne
33:07de Nicolas Sarkozy.
33:08Est-ce que le procès
33:09a permis de répondre
33:10à cette question ?
33:11Non,
33:11les 5 semaines d'audience
33:12ont permis
33:12de vraiment mieux comprendre
33:13le mécanisme
33:14de la fausse facturation.
33:16Mais quant à savoir
33:17qui a ordonné ce système,
33:19qui a donné son feu vert,
33:21on ne le sait toujours pas.
33:27Le jugement est rendu
33:28par le tribunal de Paris
33:29le jeudi 30 septembre.
33:31Pascal Aigré,
33:32le tribunal où nous vous retrouvons
33:33pour l'épilogue de ce podcast.
33:35Expliquez-nous d'abord
33:36comment se déroule
33:37la lecture du jugement.
33:39La présidente lit
33:40une synthèse du jugement.
33:43Un jugement
33:44en correctionnel,
33:45c'est toujours la partie
33:46sur la culpabilité.
33:47C'est-à-dire qu'elle a d'abord
33:49résumé ça.
33:50Je considère que tel, tel, tel
33:52est coupable ou pas.
33:53Et ensuite,
33:54dans un deuxième temps,
33:55elle énonce
33:55les peines décidées
33:57par le tribunal.
33:59Nicolas Sarkozy n'est pas là.
34:00Nicolas Sarkozy n'est pas là
34:01comme il n'était pas là
34:03sauf pour son interrogatoire
34:04mi-juin
34:05lors du procès
34:06au printemps dernier.
34:0713 des 14 prévenus
34:08sont reconnus coupables
34:10d'escroqueries
34:11et abus de confiance.
34:12Que dit la présidente
34:13du tribunal
34:14concernant Nicolas Sarkozy ?
34:16Elle dit sur le financement
34:17illégal de campagne électorale
34:19Nicolas Sarkozy
34:19a laissé ses dépenses
34:21électorales exploser.
34:23Les a laissés exploser
34:24en le sachant très bien
34:25en continuant à participer
34:26à des meetings
34:27et en demandant des meetings
34:28et il en a manifestement
34:29tiré parti,
34:30je cite,
34:31dès le 18e meeting,
34:34c'est-à-dire dès le 31 mars 2012.
34:36Nicolas Sarkozy
34:37est jugé coupable
34:38de financement illégal
34:39et tous les autres,
34:40les 13 autres,
34:40de complicité
34:41de financement illégal
34:42de campagne électorale.
34:43Les autres prévenus
34:44sont condamnés
34:45à des peines
34:46allant de 2 ans
34:47de prison avec sursis,
34:48à 3 ans de prison
34:50dont 2 ans fermes.
34:51C'est la peine
34:52que reçoit d'ailleurs
34:53Jérôme Lavrieux
34:54dont on a beaucoup parlé.
34:55Bastien Millot,
34:56le patron de Big Malion,
34:58lui,
34:58écope d'une peine
34:59de 3 ans
34:59dont 18 mois
35:00avec sursis.
35:02Pascal Aigré,
35:02à quelle peine
35:03Nicolas Sarkozy
35:04est condamné ?
35:05On sait que Nicolas Sarkozy
35:07va arriver en dernier.
35:09Donc au moment
35:09où son nom arrive,
35:11tout le monde retient
35:11un peu son souffle
35:12et là elle dit
35:13Nicolas Sarkozy,
35:15elle répète,
35:16est reconnu coupable
35:17de financement illégal
35:18de campagne électorale
35:19et il est condamné
35:21à un an de prison ferme.
35:23C'est plus que les réquisitions ?
35:25Le tribunal est allé
35:26en effet au-delà
35:27des réquisitions
35:28qui étaient
35:29d'un an de prison
35:31dont 6 mois fermes.
35:33Est-ce qu'il va aller en prison ?
35:34Non, Nicolas Sarkozy
35:36n'ira pas en prison
35:37au terme de ce jugement
35:38parce qu'il a immédiatement
35:41formé appel
35:41et que l'appel
35:43est suspensif
35:44exactement comme il l'est
35:45dans le cas
35:46de sa précédente condamnation
35:47en mars dernier
35:47dans l'affaire Bismuth.
35:48Et de toute façon,
35:49la peine prononcée
35:50était une peine aménagée ?
35:51Oui, le tribunal
35:52a fait le choix
35:53de prononcer des peines
35:55avec une partie ferme
35:57mais immédiatement aménageable
35:58sous surveillance électronique
36:01à domicile.
36:01En gros,
36:02c'est le principe
36:03du bracelet électronique.
36:04Nicolas Sarkozy
36:05avait déjà été condamné
36:06en mars
36:06dans le cadre
36:07de l'affaire des écoutes,
36:08l'affaire Paul Bismuth
36:09à trois ans de prison
36:10dont un ferme.
36:11Il avait déjà fait appel.
36:13Pascal Aigré,
36:14cette nouvelle condamnation
36:15à de la prison ferme,
36:16c'est un symbole fort ?
36:18C'est un symbole très fort.
36:19Il était devenu
36:20en mars dernier
36:21le premier président
36:22de la République
36:22à être condamné
36:23à une peine de prison ferme
36:24puisque Jacques Chirac
36:25l'avait été
36:25mais avec une peine
36:27avec sursis.
36:28Il devient le premier
36:29président de la Ve République
36:30à être condamné
36:31deux fois
36:31à une peine de prison ferme
36:33même si c'est
36:33en première instance.
36:34Le tribunal de Paris
36:35a voulu se montrer
36:36exemplaire dans ses décisions.
36:39On ne peut pas plaisanter
36:40avec des comptes de campagne ?
36:41Ce qu'on sait
36:42c'est que des personnalités
36:43de très haut niveau
36:44qui avaient des fonctions
36:45très importantes
36:46voire parfois
36:47des obligations déontologiques
36:48ont clairement dérapé.
36:50C'est ce système
36:51qui avait été décortiqué
36:52au moment du procès
36:53et finalement
36:54le jugement
36:55est très cohérent
36:56par rapport
36:57à ce qui était ressorti
36:58des débats
36:58pendant le procès
36:59au printemps dernier.
37:03Merci Pascal Aigret
37:05je rappelle que vous êtes
37:06journaliste au service
37:06Police Justice du Parisien
37:08Le Parisien
37:09c'est 400 journalistes
37:10mobilisés pour vous informer
37:12avec des bureaux
37:13dans tous les départements
37:14d'Ile-de-France
37:14et dans l'Oise
37:15à lire sur
37:17leparisien.fr
37:18Code source
37:19le podcast quotidien
37:20du Parisien
37:21est disponible
37:21sur toutes les plateformes
37:22audio
37:23cet épisode a été produit
37:24par Thibaut Lambert
37:25Ambre Rosala
37:26Marion Bottorel
37:27Clara Hage
37:28Sarah Amny
37:29Raphaël Pueyo
37:30et Timothée Croisan
37:32réalisation
37:32Julien Moncouquiol
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