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  • il y a 10 heures
Hubert Caouissin à 30 ans de réclusion pour le quadruple meurtre d’Orvault en 2017. La cour d’assises de Loire-Atlantique a retenu l’altération de son discernement au moment des faits. Code source revient sur les temps forts de ces deux semaines d’audience avec Pascale Egré et Timothée Boutry, journalistes au service police-justice du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Clara Hage et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Benoît Gillon - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian - Archives : France Télévisions, BFMTV.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Dans la nuit du 16 au 17 février 2017 à Orvaux, près de Nantes, la famille Troadec a été décimée.
00:19Pascal, Brigitte et leurs enfants Sébastien, 21 ans, et Charlotte, 18 ans.
00:24Le beau-frère de Pascal Troadec, Hubert Kawissin, a été jugé en juin et juillet à Nantes pour ce quadruple
00:31meurtre.
00:31Son ex-compagne, Lydie Troadec, pour recel de cadavres et modification de l'état des lieux d'un crime.
00:38Aujourd'hui, Codesources raconte ce procès avec les deux journalistes qui l'ont couvert pour le Parisien, Pascal Aigret et
00:45Timothée Boutry.
00:51On a déjà consacré trois épisodes de Codesources à l'affaire Troadec, épisodes qu'on vous conseille vivement d'aller
00:57rechercher avant d'écouter celui-ci.
01:00Pascal Aigret, malgré tout, est-ce que vous pouvez nous rappeler l'essentiel des faits ? D'abord, qui sont
01:05les Troadec ?
01:05Les Troadec, c'est une famille, j'allais dire lambda, qui vit de façon très discrète dans une petite banlieue
01:12des hauteurs de Nantes, à Orvaux.
01:13Qui sont-ils ? Que font-ils ?
01:15Lui, le père, Pascal, qui a 49 ans, il travaille dans une société d'enseignes lumineuses.
01:21Il aime avoir une vie très réglée, il aime aller jouer au loto et il fait toujours les mêmes choses
01:26un petit peu au même moment et pas trop frayer avec les voisins.
01:29Brigitte, c'est une maman poule, elle, elle travaille au centre des impôts de Nantes.
01:35Que font les enfants ?
01:36Les enfants, alors il y a Sébastien Lenné qui a 21 ans, lui, il a pris son envol.
01:40Il est en deuxième année de BTS, système informatique.
01:44C'est un passionné d'informatique, il passe un peu ses journées et ses nuits à jouer en ligne.
01:50Et Charlotte, sa petite sœur qui a 18 ans ?
01:51Sa petite sœur aussi, elle est partie de la maison, elle a fait sa première année de BTS.
01:56Alors elle, elle veut s'occuper des personnes âgées ou des handicapés dans le secteur sanitaire et social.
02:01Elle cherche un stage pour valider sa première année de BTS.
02:05Pascal Troadec est jalousé par Hubert Cawissin, l'homme qui vit avec sa sœur, Lydie Troadec, pour un prétendu vol
02:13d'or.
02:13Celui-ci se met en tête que Pascal aurait dépossédé sa compagne, Lydie, qui est donc la sœur de Pascal,
02:19en volant un prétendu magot d'or trouvé par le père, Pierre, dans un immeuble qui appartenait à Pierre et
02:27René Troadec, les parents, à Brest.
02:30Hubert Cawissin est donc convaincu que Pascal et Brigitte, sa femme, ont volé ce prétendu magot.
02:42La nuit du 16 au 17 février 2017, Hubert Cawissin s'est introduit dans le pavillon des Troadec à Orvaux,
02:49dans la banlieue de Nantes.
02:50Il les a tous tués.
02:52Lui jure en résumé qu'il n'avait pas l'intention de donner la mort, mais qu'une bagarre avec
02:56chacun des membres de la famille Troadec a dégénéré.
03:00L'affaire est jugée par la cour d'assises de l'Aura Atlantique à Nantes du 22 juin au 7
03:05juillet.
03:05Pascal et Gré, d'abord à quoi ressemble le palais de justice de Nantes ?
03:08C'est un bloc noir posé sur le bord de Loire auquel on accède par une passerelle.
03:13C'est très froid et les salles d'audience à l'intérieur sont en bois rouge.
03:16Ça a un côté sinistre.
03:18Timothée Boutry, au premier jour du procès, le mardi 22 juin, est entendu Lydie Troadec, la compagne et co-accusée
03:26d'Hubert Cawissin.
03:27À quoi est-ce qu'elle ressemble ?
03:28C'est une femme assez frêle, plutôt petite, avec des cheveux mi-longs, une frange.
03:33Elle comparaît libre, mais elle est dans le box.
03:36Même les personnes qui sont jugées libres prennent place dans le box.
03:40Elle est aux côtés de son ancien compagnon Hubert Cawissin.
03:43Et elle est comment quand elle parle à la barre ?
03:45Ce premier jour est consacré à l'examen de sa personnalité.
03:48Elle va évidemment beaucoup parler, puisqu'on va retracer toute sa vie, son enfance, ses études, la naissance de son
03:55couple.
03:56Elle n'avait pas eu une enfance extrêmement joyeuse, parce que son père ne voulait qu'un enfant, c'était
04:00la deuxième, et qu'elle n'a donc pas été désirée, que son père voulait avorter.
04:04Elle parle d'une mère qui n'était pas absolument pas rassurante.
04:07Elle dit, elle est handicapée des sentiments.
04:09Je dirais qu'il y a une impression ambivalente qui se dégage.
04:12A la fois d'une femme qu'on sent un peu soumise, mais en même temps, on découvre aussi quelqu
04:20'un qui a endossé tout ce qui s'est passé dans cette affaire.
04:23Elle est un peu balottée, mais en même temps, elle n'est pas si fragile qu'on peut l'imaginer.
04:27Pourquoi est-ce qu'elle est jugée elle-même ? De quoi est-ce qu'elle est accusée ?
04:30Alors elle, elle est jugée pour deux infractions, le recel de cadavres et la modification de l'état des lieux
04:37d'un crime.
04:37En fait, elle est jugée pour avoir aidé son compagnon Hubert Cahouissin à se débarrasser des corps de ses quatre
04:44victimes.
04:44Elle n'est pas jugée pour avoir participé aux homicides, donc elle n'est pas jugée pour complicité, uniquement pour
04:49ces infractions qui sont des délits.
04:50Mais comme là, Hubert Cahouissin est jugée aux assises, elle est jugée en même temps.
04:54Elle encourt une peine beaucoup plus faible, puisque le maximum est de trois ans de prison.
04:58Comment est-ce qu'elle se défend ?
04:59Elle explique qu'elle est rentrée dans cette histoire de délire, d'or, qu'elle y a cru.
05:04Hubert Cahouissin était donc convaincu que Brigitte et Pascal Troadec avaient volé ce fameux trésor d'or totalement chimérique.
05:14Et c'était devenu une obsession, au point de devenir un délire paranoïaque, donc vraiment une pathologie mentale.
05:19Et elle, elle était partie prenante de ce délire.
05:22Elle, qu'est-ce qu'elle dit là-dessus, sur cette paranoïa ?
05:24Aujourd'hui, on lui pose la question, est-ce que vous pensez que cette histoire d'or, ça a existé
05:29?
05:29Elle dit, non, mais là, maintenant, je pense que ça n'a pas existé.
05:32Alors elle dit, mais depuis combien de temps vous pensez ça ?
05:34À peu près un an et demi.
05:35Pourquoi vous pensez ça ?
05:36Elle dit, parce que les médias le disent, quoi.
05:38Sous-entendu, bon, on sent qu'elle y a quand même beaucoup cru et que de guerre là, elle n
05:42'y croit plus beaucoup.
05:43Mais surtout, elle se dit, je réalise que mon compagnon était malade et je ne l'ai pas vu et
05:47donc je m'en veux.
05:48Donc, elle dit, si je m'étais rendu compte qu'Hubert Cahouissin était malade, peut-être que j'aurais agi
05:54différemment et peut-être qu'on n'en serait pas là aujourd'hui.
05:58Le principal accusé, Hubert Cahouissin, est au cœur du deuxième jour d'audience.
06:02Hubert Cahouissin et son obsession pour un prétendu magot butin que son beau-frère Pascal lui aurait volé.
06:09Est-ce qu'on sait comment cette histoire de Voldor a commencé ?
06:13Alors, ce n'est pas extrêmement précis.
06:15Il n'y a pas une date totalement définie.
06:18En fait, c'est une co-construction entre lui et René Troadec.
06:22La grand-mère.
06:22La grand-mère, voilà.
06:24Parce que lui, il dit, elle faisait des remarques en disant, ils ont encore acheté ça, je ne sais pas
06:29où ils trouvent ce fric.
06:30Je ne sais pas où ils trouvent les moyens de le faire.
06:32Et donc, il y a cette petite musique, ils ont fait des voyages dans les capitales européennes, ils ont acheté
06:36une voiture.
06:37Pas des choses exceptionnelles.
06:39Et lui, il se remémore une vieille conversation avec Pierre Troadec où il est question de pièces d'or.
06:46C'est là que s'échafaude l'histoire de ce scénario de Mago découvert par Pierre Troadec et volé ensuite
06:51par Brigitte et Pascal.
06:53Ce scénario d'un vol est complètement validé par la grand-mère Troadec, René.
06:56C'est ça, elle le valide, elle l'entretient.
06:58En tout cas, elle ne le contredit pas.
07:00Mais en même temps, elle ne l'a jamais vu non plus, cet or.
07:02Elle a un rôle assez vénéneux dans cette affaire René Troadec parce qu'elle instille comme ça la jalousie et
07:09elle encourage cette histoire de spoliation.
07:12Dans la région de Brest, tout le monde a en tête un épisode important de l'histoire de France 1940
07:17où la France a fait évacuer tout son or via notamment le port de Brest.
07:22Oui, tout à fait. C'était pour éviter que cet or tombe aux mains des nazis.
07:26Donc, c'est engagé de manière assez expresse cette évacuation.
07:29Donc, des caisses d'or qui ont été transportées dans des bateaux pour partir.
07:32L'histoire raconte qu'une ou deux caisses sont tombées dans la rade de Brest, qu'on ne l'a
07:36pas retrouvée.
07:37Et c'est donc potentiellement ce trésor-là qui aurait été retrouvé, en tout cas découvert en faisant des travaux
07:43par Pierre Troadec dans son immeuble de Brest.
07:48Est-ce que vous pouvez nous décrire Hubert Kawissin à la barre ? Il est comment ?
07:52Relativement grand, crâne très largement dégarni. Il porte un polo ou une chemise.
07:58Il s'exprime de manière totalement lisse.
08:02Quelques petits moments d'émotion, tout départ, quand on a parlé de sa mère alcoolique ou des choses comme ça.
08:08Mais sinon, il récite beaucoup de choses. Il raconte sa vie. Vraiment une voix monocorde.
08:14Les mains dans le dos, droits. Quand ce n'est pas lui de prendre la parole, il s'assied, il
08:19a la tête basse et il ne bouge pas du tout, du tout, du tout.
08:21Pendant cette journée d'audience, est-ce qu'on comprend mieux l'aspect obsessionnel concernant cette histoire de Voldor ?
08:27Oui, parce qu'on comprend que ça avait totalement envahi sa vie, envahi son psychisme et envahi sa vie quotidienne.
08:33Tout était interprété au prisme de cette spoliation.
08:37Lydie et Hubert Kawissin ont un enfant. Ils sont devenus convaincus qu'on veut s'en prendre à leur fils,
08:42qu'on veut tuer leur fils.
08:43Et que Brigitte et Pascal vont envoyer des tueurs à gage pour éliminer leur fils.
08:47Pourquoi ?
08:48Parce que leur fils, c'est l'héritier du magot, l'ayant droit.
08:51Et donc, c'est un ennemi, puisqu'ils pourraient les priver de cette fameuse manne qu'ils ont trouvée et
08:56qu'ils veulent garder.
08:56Ils se mettent à faire des tours de rond-point pour vérifier qu'il n'y a pas une voiture
09:00qui les suit.
09:01Quand le chat va sur les genoux de Lydie, ils imaginent que c'est pour la contaminer à la toxoplasmose
09:07pour pas qu'elle ait un deuxième enfant.
09:08Enfin voilà, tout est interprété à l'aune de ce délire paranoïaque.
09:12À un moment, il est invité par la présidente de la cour d'assises à qualifier deux de ses victimes,
09:18Pascal et Brigitte Troadec.
09:19Oui, alors c'est assez terrible, puisque sur Brigitte, il dit « intrigante ».
09:23Je ne vois pas d'autres mots, il dit ça comme ça.
09:26Et pour Pascal, au début, il dit « mais Pascal vivant ».
09:29Il dit « bah oui, je ne vois pas comment vous voudriez parler de Pascal ».
09:34Et il dit « je vais reprendre le terme que j'employais, celui de crapule », puisque c'est comme
09:38ça qu'il l'appelait.
09:39Il avait même monté un dossier dans son ordinateur intitulé « crapule ».
09:42Il dit aussi « impulsif, brutal, imprévisible ».
09:45Donc même encore aujourd'hui, il a des mots extrêmement durs pour ses victimes.
09:50La troisième journée d'audience, le jeudi 24 juin, les sœurs de l'une des victimes, Brigitte, viennent témoigner à
09:57la barre.
09:58Oui, c'est un moment forcément très émouvant.
10:01Martine, la sœur de Brigitte, raconte déjà la douleur de leur mère, qui a perdu une fille, ses petits-enfants,
10:07son gendre.
10:08Elle exprime de la colère, elle dit « mais moi, je ne peux pas admettre ce qui s'est passé,
10:11quatre personnes tuées pour rien ».
10:13Et elle se tourne, elle dit « mais pour rien, monsieur Kawissin ».
10:15Elle le prend à partie.
10:17C'est un moment assez fort, puisqu'elle s'exprime directement à l'homme qui a tué toute une partie
10:22de sa famille.
10:22Comment il réagit ?
10:23Sans émotion, comme il l'aura été une très, très, très, très grande partie de ce procès.
10:30La fin de cette journée d'audience est consacrée au fils d'Hubert Kawissin et Lydie Troadec, qui avait huit
10:35ans au moment des faits.
10:36Nous l'appellerons Arthur. Nous avons modifié son prénom, comme dans les papiers du Parisien.
10:41Arthur qui, bien malgré lui, a été mêlé à cette terrible histoire.
10:44Oui, parce qu'Arthur vit avec ses parents dans la ferme de Pont-de-Buy, dans le Finistère, là où
10:49les corps des quatre victimes ont été découpés et dispersés.
10:52Et pendant que ça se passait, lui, sa mère l'emmenait faire des grandes balades dans la propriété, son propriété
10:58de 27 hectares.
10:59Ou alors on le mettait dans sa salle de jeu pour pas qu'il puisse voir dans la course qui
11:02était en train de se passer.
11:03Et son père lui avait donné un rôle, en fait, dans cette histoire, en lui demandant de regarder BFM TV
11:09et de lui rapporter tout ce qu'on pouvait dire sur cette affaire.
11:12C'est-à-dire que dès qu'on parlait de l'affaire Troadec aux informations, il fallait qu'il prévienne
11:16son père.
11:17Exactement. Et c'est allé encore plus loin, puisque Hubert Cabrissin, en quelque sorte, fait des aveux à son fils.
11:23Alors lui, il explique qu'il allait se suicider, qu'il a vu son fils et qu'il lui a
11:27dit « Tu sais, le monstre dont tout le monde parle à la télé, eh bien c'est moi ».
11:30Il lui a même proposé ce sinistre marché « Est-ce que tu préfères un père mort ou un père
11:35en prison ? »
11:35Finalement, Hubert Cabrissin ne s'est pas suicidé. Son fils, c'est extrêmement encore important pour lui.
11:40Il en a parlé énormément pendant le procès.
11:45Au-delà de l'affaire du meurtre de la famille Troadec, comment vivait cet enfant, Arthur, avec ses deux parents,
11:51dans cette ferme à Pont-de-Buy ?
11:53C'est très particulier, parce que déjà, l'existence de cette ferme, elle est cachée.
11:56Comme ils étaient dans leur délire paranoïaque, ils avaient besoin de se cacher, donc ils ont acheté cette très vaste
12:02propriété.
12:03Mais Arthur n'avait pas le droit de dire où il habitait, par exemple.
12:05On lui avait donné un stratagème pour dire qu'il habitait à un autre endroit.
12:09À part René Troadec, personne, personne, personne ne savait qu'il habitait à cet endroit-là.
12:13Donc il vivait reclus.
12:14Il l'avait déscolarisé aussi, Arthur, puisqu'il s'était convaincu qu'il était victime de maltraitance à l'école.
12:21Lydie espionnait à la cour de récréation pour voir ce qui se passait, la manière dont son fils était traité.
12:25Donc c'était quand même un climat extrêmement malsain.
12:27Et Arthur reçoit une éducation particulièrement sévère.
12:31C'est une organisation militaire.
12:33Lydie Troadec, chaque jour, dans son agenda, chroniquait leur vie en disant « Aujourd'hui, il n'a pas fait
12:39ses devoirs, il va manger froid, on a dû lui hurler dessus pour qu'il finisse son équation. »
12:45Et Hubert Kauïssa a même théorisé la formation sous l'acronyme MMS, méthode, motivation, soins.
12:55Arthur n'est pas présent à l'audience.
12:57Qui est-ce qui parle de lui, du coup, au procès ?
13:00Là, il y a son administratrice ad hoc, c'est un terme juridique.
13:03En fait, c'est la personne qui le représente.
13:06Et elle vient donner de ses nouvelles et raconter comment lui vit aujourd'hui et comment il appréhende ce procès.
13:12Il en est où aujourd'hui, quatre ans après ?
13:13Il vient de fêter ses 13 ans.
13:15Et en fait, elle raconte un enfant qui a en quelque sorte les préoccupations de son âge.
13:20Il aime bien les jeux vidéo, il aime bien le basket, il aime surtout la lecture, beaucoup.
13:25Il aime l'histoire, le latin, mais en même temps, c'est un enfant qui ne peut pas révéler sa
13:30filiation.
13:31En fait, il a un autre nom de famille.
13:33Par exemple, il a raconté que lors d'un cours d'histoire, il était question de la Seconde Guerre mondiale
13:39et de l'épisode de l'or à Brest.
13:40Et que le prof a dit à ses élèves, d'ailleurs, vous avez dû entendre parler de l'affaire Troadec.
13:44Et lui, il n'a rien pu dire parce qu'il ne peut pas dire qu'il est le fils
13:48d'Hubert Kauïssa et de Lydie Troadec.
13:49Comment réagit son père à l'audience, Hubert Kauïssa, quand on évoque son fils ?
13:53C'est ça qui l'émeut le plus, en fait.
13:55Parce que lui, il était extrêmement important pour lui d'avoir un enfant, d'avoir un fils.
14:01Il avait dit à Lydie Troadec que s'il arrivait quelque chose à leur enfant, il la quitterait.
14:07Parce qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant à nouveau et qu'il voudrait à tout prix avoir un
14:10autre enfant.
14:10L'administratrice ad hoc dit qu'Arthur avait un message pour ses parents, de dire qu'il les aime.
14:15Et là, évidemment, pour Hubert Kauïssa, c'est un moment émouvant.
14:17Parce qu'il dit, bah oui, dites-lui aussi que je l'aime très fort.
14:19Ils se sont vus, quelquefois en détention, il y a eu des rencontres qui ont été effectuées.
14:24Se sont aussi exprimés à l'audience les éducatrices qui ont pris en charge le jeune Arthur, juste après les
14:30faits.
14:30Et elles expliquent que c'était un enfant qui se présentait comme l'enfant de l'affaire Troadec, spontanément.
14:35Ça, c'est quelque chose sur lequel elles ont dû beaucoup travailler.
14:38Aujourd'hui, ça n'est plus le cas. Il ne se présente plus comme l'enfant de l'affaire Troadec.
14:44Timothée Boutry, le lundi 28 juin.
14:46Hubert Kauïssa est invité à s'exprimer sur les faits proprement dit, sur cette nuit d'horreur.
14:52La nuit du 16 au 17 février 2017, pendant laquelle il a tué les quatre membres de la famille Troadec
14:58dans leur pavillon d'Orvaux, près de Nantes.
15:00Qu'est-ce qu'il dit du déroulé des faits ?
15:02Déjà, il dit qu'il vient pour chercher des informations.
15:05Et c'est démontré qu'ils ont volé l'or, qu'il leur revenait.
15:09Qu'il a guetté devant la maison, qu'il y avait de la lumière dans la maison d'emphase, donc
15:14il a attendu.
15:15Qu'à un moment, Brigitte est allée sortir le chat et qu'elle ne l'a pas verrouillée à une
15:19porte.
15:19Donc il est rentré par la porte, puis par l'entrée du garage.
15:23Qu'il a patienté parce qu'il entendait des bruits dans la maison, il y avait de la lumière.
15:27Il passe de longues heures dans le garage, à 3h du matin, il coupe le compteur et à 3h45, il
15:33pénètre vraiment dans la maison.
15:34Il est rentré dans le vestibule.
15:37Lui explique qu'il voulait faire une copie de la clé pour pouvoir revenir à un moment donné pour chercher
15:42des informations, toujours pour son dossier.
15:45Et il explique qu'à ce moment-là, il y a eu du bruit et que Brigitte et Pascal Troadec
15:51sont descendus.
15:52Et là, il explique que c'est eux qui étaient armés d'un pied de biche et qu'ils ont
15:56essayé de s'en prendre à lui.
15:57Et que finalement, il a réussi à les désarmer et qu'il a donné des coups un petit peu au
16:00hasard.
16:01Et finalement, les quatre membres de la famille se sont retrouvés là et que, bon en mal en, il les
16:05a tous tués.
16:06Il en parle en fait comme d'un accident, une bagarre qui a dégénéré.
16:09Il dit non, mais moi je ne voulais pas les tuer.
16:10Puis il s'est avéré que c'était comme ça.
16:12Est-ce qu'il est mis en difficulté par moment ?
16:14Oui, en fait, il est énormément questionné par la présidente de la cour d'assises.
16:18Coïncidence, il n'y a pas beaucoup de jours de la semaine où les quatre membres de la famille étaient
16:21là.
16:22Mais vous avez fait des recherches sur Internet sur comment faire un silencieux.
16:26Puis vous avez téléchargé un magazine sur l'ADN, la science contre le crime.
16:30Vous l'avez lu ce magazine juste avant.
16:32Vous avez aussi un nécessaire pour crocheter des serrures.
16:34Donc vous êtes sûr que vous n'êtes pas venu avec une arme.
16:37Non, non, non, ça ne s'est pas passé comme ça.
16:38Mais quand même, ils étaient quatre, vous étiez un, vous n'avez aucune égratignure.
16:42Oui, bon, c'est comme ça. J'étais fort, je faisais du bûcheronnage.
16:45J'étais physiquement beaucoup plus fort que ça.
16:47Énormément de questions de la présidente dont on sent qu'elle n'adhère pas au scénario tel qu'il est
16:51livré par Hubert Cahouissin.
16:54Le pied de biche, on sait d'où il vient ?
16:56Alors, selon Hubert Cahouissin, c'est Brigitte et Pascal Troadec qui l'ont récupéré dans le garage au moment où
17:04il y a eu cette rencontre et qui ont commencé à vouloir se défendre avec.
17:08Et d'ailleurs, la présidente dit, mais vous avez passé deux heures dans ce garage et vous ne l'avez
17:11jamais vu ce pied de biche.
17:12Il dit, non, non, je ne l'avais pas vu, mais c'est là qu'ils l'ont récupéré.
17:15D'après l'accusation, est-ce qu'il a prémédité ce quadruple meurtre ?
17:18Il n'est pas jugé pour assassinat, c'est-à-dire qu'au stade de l'instruction, on a considéré
17:22qu'il n'avait pas prémédité son geste.
17:25Vous, Timothée Boutry, quand vous l'entendez donner cette version des faits, est-ce que vous le sentez sincère ?
17:30Ce que je peux dire, c'est qu'en tant qu'observateur, il y a eu énormément de questions qui
17:34l'ont été posées et beaucoup d'acteurs de ce procès n'ont pas vraiment cru à cette version, évidemment.
17:40Il y a eu des expertises sur la morpho-analyse, c'est-à-dire sur les traces de sang.
17:44On a essayé de savoir, est-ce qu'elles ont été projetées parce qu'ils ont été attaquées à tel
17:49endroit ou tel endroit ?
17:50Bon, il y a énormément de questions qui se posent quand même, vraiment, sur le scénario de cette nuit effroyable.
18:03Le lendemain, le mardi 29 juin, est une journée d'audience particulièrement éprouvante.
18:08Au cœur des débats, la façon dont Hubert Cahouissin s'est débarrassé des corps de ses quatre victimes dans sa
18:13ferme à Pont-de-Buy.
18:15Centaines de fragments de corps découpés, brûlés puis dispersés par Hubert Cahouissin en plusieurs endroits autour de sa ferme de
18:22Pont-de-Buy.
18:22Avant ce quadruple meurtre, Hubert Cahouissin et Lili Troadec avaient noté des détails, avaient espionné la famille Troadec pendant des
18:30années.
18:30Pascal Aigré, est-ce que ces journées d'audience ont permis d'en savoir plus sur cette enquête menée par
18:36Hubert Cahouissin et sa compagne sur les Troadec ?
18:38Ce que ces journées d'audience montrent, c'est l'obsession du couple Cahouissin pour la famille Troadec.
18:43C'est-à-dire qu'en fait, ils font une véritable collection d'enregistrements clandestins.
18:48Par exemple, ils sont diffusés à l'audience des photos qui n'ont aucun intérêt, mais qui sont les photos
18:52du domicile de la famille Troadec à Orvaux,
18:55de la rue, des photos Google Maps où on s'approche petit à petit du domicile.
18:59Et quand la présidente demande à Hubert Cahouissin, mais pourquoi vous preniez ces photos Google Maps ?
19:04Lui répond, c'était pour voir si quelque chose avait changé.
19:07Par exemple, pour voir s'ils avaient changé de véhicule puisqu'il était notamment obsédé par le train de vie
19:12de la famille.
19:13Mais ça reste complètement absurde.
19:15Il va aussi être présenté à l'audience un document qui n'avait pas été exploité pendant l'instruction.
19:20C'est l'agenda de Lydie Troadec dans lequel, chaque jour, elle consigne ses pensées, souvent perfides, sur son frère,
19:29sur sa belle-sœur.
19:30Notamment, elle fait l'analyse d'une carte postale qu'a envoyé Pascal quand il est en week-end à
19:34Amsterdam.
19:35Et il écrit « Superbes vacances » à René Troadec.
19:37Et il écrit « Superbes vacances » à sa sœur.
19:40Cette différence d'une lettre est commentée, analysée.
19:44Et c'est censé, là encore, éclairer la jalousie et la rancœur qu'il lui porte.
19:50Chaque détail de la vie quotidienne est analysé.
19:52Et le jeudi 1er juillet, à l'audience, est diffusé l'enregistrement d'une dispute au sujet de ce prétendu
19:57magot, butin d'or au sein de la famille Troadec.
20:00D'abord, Pascal Aigret, d'où vient cet enregistrement audio et quand est-ce qu'il a été pris ?
20:04Cet enregistrement a été retrouvé sur l'ordinateur, l'un des supports informatiques d'Hubert-Caouissin, par les enquêteurs.
20:10Cet enregistrement s'intitule « Conversation Pascal, 5 juillet 2014 ».
20:15Ça a été enregistré par Lydie Troadec, qui avait un enregistreur caché dans son soutien-gorge.
20:21Ça se passe dans la maison de la maman, René Troadec.
20:24Pascal et Brigitte ont été, entre guillemets, convoqués par Hubert et Lydie pour trouver, soi-disant, un arrangement sur ce
20:32fameux magot d'or.
20:33Et donc, qu'est-ce que ça donne ? Qu'est-ce qu'on entend dans la salle d'audience
20:36?
20:37L'enregistreur frotte le corsage. On n'entend pas forcément très très bien qui dit quoi à quel moment.
20:42Mais en gros, René Troadec dit « J'estime que je dois avoir la moitié de ce que vous nous
20:48avez pris. »
20:48Et puis Lydie, en gros, un quart.
20:51Le mot « or » n'est pas prononcé au début.
20:53Donc Pascal et Brigitte ne comprennent pas.
20:56Pascal dit à sa maman « Maman, qu'est-ce qu'on t'a volé ? »
20:59Elle répond « Des pièces d'or ».
21:01« Quoi, mais quelles pièces d'or ? » Ils sont complètement incrédules.
21:05On entend Lydie qui dit « Mais pourquoi tu t'énerves, Pascal ? »
21:07« Pourquoi tu t'énerves ? » Comme si c'était la preuve qu'effectivement, il cachait quelque chose.
21:11Des bruits de chaises, un bruit de porte-fenêtre.
21:13Enfin, on ne comprend pas très bien ce qui se passe.
21:15Et puis ça recommence.
21:16Et là, Hubert Cahouissin, très très calme,
21:18qui dit « Mais il y a eu quelque chose de très très important retrouvé dans l'immeuble.
21:23Moi, j'ai des informations, je le sais.
21:25Il y avait de l'or, je le sais. »
21:28Et qui, en fait, accusent.
21:29Et il ajoute « Pour ça, on éradique des familles entières. »
21:32Donc, en fait, il est clairement menaçant.
21:35Décrivez-nous la salle d'audience, le public, les journalistes, les jurés,
21:38après avoir entendu tout ça.
21:39Il y a un silence total.
21:41Et puis, tout le monde se demande ce que Hubert Cahouissin va dire.
21:45La présidente l'interroge sur cet enregistrement.
21:48Elle lui dit « Mais M. Cahouissin, vous voyez bien que Pascal et Brigitte
21:52ne sont pas du tout au courant de ce dont vous parlez. »
21:56Et là, il va redire ce qu'elle est sa conviction.
21:58C'est que pour lui, en fait, Pascal et Brigitte simulent.
22:02Pour lui, ils étaient parfaitement au courant.
22:04Et ils avaient dit « Ok » pour un arrangement par téléphone.
22:08Sauf que cette conversation n'existe nulle part dans l'enquête.
22:12Et en fait, on se rend compte à l'audience que Hubert Cahouissin,
22:15il est encore aujourd'hui convaincu que l'or a existé et qu'il a été spolié.
22:24Le même jour, la grand-mère Troadec, Renée, va témoigner d'un mot, Pascal Aigré.
22:29Rappelez-nous, Renée, la mère de Pascal, a toujours été convaincue que son fils lui a volé de l'or.
22:35Elle est déjà convaincue que son mari a trouvé de l'or.
22:38Pourtant, sans jamais l'avoir vue elle-même,
22:40elle raconte qu'en 2006, son mari aurait rapporté des sacs de gravats
22:45d'un chantier dans la cave de l'immeuble qu'il possède à Brest.
22:48Et qu'en fait, de gravats, il s'agissait de lingots et de pièces d'or,
22:53mais qu'il les a montés au grenier,
22:55qu'il y avait une échelle et qu'elle n'a jamais pu grimper là-haut.
22:59Et puis, elle est aussi convaincue que son fils Pascal et sa belle-fille Brigitte
23:04ont profité d'une hospitalisation qu'elle a eue en 2010
23:08pour venir s'introduire dans le fameux grenier et voler le trésor.
23:12Elle témoigne à distance de Brest en visioconférence.
23:15On voit apparaître une petite femme assez fragile,
23:20c'est une vieille dame, elle a 79 ans.
23:22Elle a les cheveux très courts, elle a des grandes oreilles, un visage fin.
23:25On la sent un peu perdue, c'est-à-dire qu'on sent qu'elle a encore du ressentiment vis
23:29-à-vis de son fils.
23:30Alors qu'elle sait que son fils, sa belle-fille, ses petits-enfants ont été tués.
23:35La présidente lui dit par exemple « Mais Pascal, votre fils, il vous aimait. »
23:39Elle répond « Hum, hum, hum, je ne sais pas. »
23:42Quand la présidente lui demande de parler de cette fameuse dispute familiale,
23:47elle a l'air de ne plus vraiment s'en souvenir.
23:49Elle dit « Oui, oui, il parlait d'argent, de 100 000 euros, de 500 000 euros.
23:53C'était super, elle rajoute. »
23:55On a affaire à une femme dont on sent quand même qu'on ne va pas pouvoir,
23:58en dépit du rôle très néfaste qu'elle a joué dans ce dossier,
24:01qu'elle ne va pas pouvoir vraiment répondre.
24:04Le lendemain, le vendredi 2 juillet, un expert psychiatre vient témoigner à la barre.
24:09L'un de ceux qui ont examiné Hubert Kawissin, Daniel Zaguri.
24:13Que dit-il sur le principal accusé ?
24:15Ce que dit Daniel Zaguri, c'est que Hubert Kawissin,
24:18quand il arrive chez les Trois-Adecs cette nuit-là,
24:21il est atteint d'un trouble psychique.
24:24C'est une forme particulière, dit-il, de paranoïa délirante.
24:27Le discernement de Hubert Kawissin,
24:30c'est-à-dire sa conscience de ce qu'il faisait au moment où il le faisait,
24:33était altérée.
24:35Ça a un impact important sur la peine encourue.
24:39Et d'un mot, qu'est-ce qu'il dit sur l'édit Roi-Adecs ?
24:41Ce qu'il dit, c'est qu'en fait, ce délire, c'est un délire à deux.
24:44Que le couple s'est auto-entretenu.
24:47C'est-à-dire que finalement, l'idée de l'un devient la conviction de l'autre.
24:51Et réciproquement, ce sont deux personnes qui se sont encouragées l'une l'autre
24:54dans un délire croissant.
24:59Timothée Boutry, le mardi 6 juillet, c'est l'heure des réquisitions.
25:02D'abord, décrivez-nous le réquisitoire des deux avocats généraux.
25:05Ils sont deux avocats généraux, un homme et une femme.
25:08Charlotte Grazera débute.
25:09Elle parle et puis elle finit une phrase.
25:11Hop ! Et Stéphane Cantero, l'autre avocat généraire, le reprend.
25:14Une espèce de dialogue.
25:15Elle, elle est debout à son pupitre.
25:17Lui, il est descendu, il est à la barre.
25:21Ils insistent sur l'horreur des faits, sur l'acharnement dont Hubert Caboussin a fait preuve
25:26avec les dépouilles de ses victimes.
25:28Et même l'avocat de général dit qu'il a fallu utiliser des techniques dignes des catastrophes aériennes,
25:34en fait, pour récupérer les restes de la famille Trovatec.
25:37Avec plusieurs dizaines de morceaux de chair.
25:40Elle dit que c'est inconcevable.
25:42Et qu'on a retrouvé 1914 morceaux d'os pour un poids total de 326 grammes.
25:47326 grammes, c'est ce qui reste de 4 membres de la famille Trovatec.
25:51Ils demandent la réclusion criminelle à perpétuité contre Hubert Caboussin
25:54avec une période de sûreté de 22 ans et 3 ans d'emprisonnement contre Lydie Trovatec.
26:00Timothée Boutry, le mercredi 7 juillet, comment plaident les avocats de la défense ?
26:05D'abord, c'est la défense de Lydie Trovatec qui s'exprime.
26:08Et Maître Cabioche, l'un de ses avocats, lui, va répondre au réquisitoire en disant
26:13« Vous allez la juger pour ce qu'elle a fait, ni plus ni moins. »
26:15Puisque la veille, l'avocat général avait dit qu'elle avait une responsabilité morale énorme dans ce qui s'était
26:20passé.
26:21Son avocat, lui, il remet les choses.
26:23Il dit « Non mais attendez, jugez-la pour ce qu'elle a fait. »
26:25Et il rappelle aussi qu'elle était prise dans le brouillard du délire
26:28et qu'il les a entraînés jusqu'à ce qui s'est passé.
26:30Et que disent les avocats de la défense d'Hubert Caboussin ?
26:32« Hubert Caboussin, il a deux avocats. Maître Larvor va d'abord dire qu'il n'y a pas question
26:36de remettre en cause
26:37la version d'Hubert Caboussin sur La Nuit des Fées.
26:40Et ensuite Thierry Fillon, qui a fait une plaidoirie absolument remarquable, il faut le dire,
26:44notamment centré sur la pathologie mentale, le délire paranoïaque.
26:48Et va expliquer « Mais cet homme-là, il était fou, en fait, à ce moment-là.
26:52Il était fou, il était dans la cage du délire.
26:54Cet homme qui analysait tous les faits à l'aune de la spoliation, il ne pensait pas comme nous.
26:59Vous devez prendre en compte cette dimension-là. »
27:01Comme à chaque procès d'assises, les derniers mots reviennent aux accusés.
27:06« Oui, l'idée de Troyes-Dec explique qu'elle n'a rien de plus à rajouter.
27:10Lui, Hubert Caboussin, il se lève, il a son pull blanc et il dit « Je regrette infiniment ce qui
27:15s'est passé.
27:15Je demande pardon à tous ceux qui ont été affectés par cette tragédie.
27:19Je demande pardon à Sébastien, je demande pardon à Charlotte, je demande pardon à Brigitte, je demande pardon à Pascal.
27:25»
27:26Timothée Boutry, peu avant 15h, le jury quitte la cour d'assises pour aller délibérer.
27:30Et ça va durer longtemps, environ 7h30.
27:33À leur retour, la présidente donne le verdict.
27:37Lydie Troyes-Dec est condamnée à 3 ans de prison, dont un avec sursis.
27:40Hubert Caboussin a 30 ans de réclusion criminelle.
27:43C'est en dessous des réquisitions, puisque les avocats généraux avaient demandé la perpétuité.
27:47Pourquoi ce choix ?
27:48La cour d'assises a reconnu l'altération du discernement dont souffrait Hubert Caboussin au moment des faits.
27:54Ils auraient pu aller au-delà, mais ce n'est pas le choix qu'ils ont fait.
27:58C'est un verdict qu'on pourrait qualifier de courageux, puisqu'on aurait pu imaginer que compte tenu des faits
28:03effroyables,
28:04Hubert Caboussin aurait été condamné à la perpétuité.
28:07Et on peut imaginer que ce sont les arguments des avocats d'Hubert Caboussin qui ont fait mouche,
28:12et notamment quand ils ont assisté sur ces souffrances et la pathologie qu'ils présentaient au moment des faits.
28:17L'arrêt pénal qui vient d'être rendu est un arrêt de raison,
28:22et mes clients sont des personnes extrêmement raisonnables et dignes,
28:27qui attendaient une décision de justice.
28:29Cette décision de justice vient d'être rendue, et c'est une décision évidemment de raison.
28:34Merci à Pascal Aigret et Timothée Boutry.
28:37Code Source est le podcast quotidien du Parisien, disponible sur leparisien.fr,
28:42et toutes les plateformes audio.
28:44Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur n'importe quelle application de podcast.
28:49Cet épisode a été produit par Clara Hage et Thibault Lambert,
28:52réalisation Benoît Gilon.
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28:57ou un commentaire sur votre application préférée.
29:00Vous pouvez aussi nous écrire, codesource.fr.
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