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  • il y a 10 heures
L’ancien chef de l’État et 13 autres prévenus sont jugés depuis le jeudi 20 mai dans l’affaire des comptes de campagne révélée en 2014. Code source raconte l’enquête depuis le début avec Pascale Egré, du service police-justice du Parisien.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Marion Bothorel, Thibault Lambert et Ambre Rosala - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : INA, France Info, France Inter, Public Sénat, LCP, BFMTV.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11L'affaire Big Malion est jugée par le tribunal correctionnel de Paris depuis le 20 mai et jusqu'au 22
00:18juin.
00:18C'est le dossier des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.
00:23D'après l'accusation, un système de double comptabilité a permis de cacher l'explosion des dépenses du candidat.
00:30Sa formation politique, l'UMP ayant réglé une grande partie de l'addition grâce à des fausses factures.
00:35Codesources a choisi de résumer cette affaire aujourd'hui à l'occasion du début du procès avec Pascal Aigret du
00:42service police-justice du Parisien.
00:53Reporté à cause du Covid, le procès de l'affaire Big Malion débute finalement le jeudi 20 mai au palais
00:59de justice de Paris.
01:00Ce grand bâtiment de verre situé au nord de Paris, près du périphérique.
01:04Pascal Aigret, Nicolas Sarkozy n'est pas là.
01:07Non, Nicolas Sarkozy n'est pas là, sa chaise est vide, c'est une chaise rouge, donc on voit bien
01:12qu'il n'est pas là.
01:13Et il ne l'était pas non plus au faux démarrage du procès à la mi-mars.
01:18Mais en droit, il a la possibilité de se faire représenter par son avocat.
01:22Et c'est le cas puisque Thierry Herzog, son avocat historique et ami, le représente.
01:27L'ancien président de la République vient d'être condamné à de la prison ferme dans une autre affaire, le
01:32lundi 1er mars.
01:33C'est la première fois qu'un président de la 5e République est comme d'une peine de prison ferme.
01:37Pour Nicolas Sarkozy, c'est un deuxième rendez-vous judiciaire, d'autant plus délicat,
01:41qu'il a été condamné dans l'affaire dite des écoutes, où Paul Bismuth a trois ans de prison,
01:47dont un an ferme, pour corruption et trafic d'influence dans cette affaire.
01:54Pascal Aigret, vous couvrez le procès Big Malion pour le Parisien.
01:57Vous allez nous rappeler l'essentiel de cette affaire aujourd'hui dans Code Source.
02:01Tout commence pendant la campagne présidentielle de 2012.
02:04Le président sortant, Nicolas Sarkozy, prévoit au départ une campagne courte avec peu de meetings.
02:10C'est ce que disent certains membres de son entourage, qui voulaient une campagne éclair.
02:15Il est en fonction, il est président sortant, donc il se déclare assez tard.
02:20Et au départ, il était prévu entre 5 et 15 meetings.
02:23Mais sa campagne ne prend pas, comme on dit.
02:25En janvier, février et mars, les sondages le placent derrière le candidat socialiste, François Hollande,
02:31ou au mieux, au coude à coude, au premier tour.
02:33Et là, il change de stratégie.
02:35Oui, finalement, la campagne s'emballe.
02:37À la mi-mars, à peu près, le candidat décide qu'il y aura une réunion par jour,
02:42qu'il faut qu'il soit très présent.
02:44Au final, il y aura 44 meetings, dont d'énormes meetings,
02:46comme celui de Villepinte, le 11 mars, avec des écrans géants,
02:51des salles de retransmission pour les militants, même en province.
02:54Les Français n'accepteraient de ma part aucun calcul, aucune hypocrisie, aucune lâcheté.
03:02Une scénographie qui le fait apparaître comme l'homme providentiel,
03:07donc de très gros moyens.
03:08Voici notre estimation du résultat de la présidentielle en ce 6 mai 2012.
03:15C'est François Hollande qui est élu président de la République.
03:18Ces meetings n'auront pas suffi.
03:20Le 6 mai, Nicolas Sarkozy perd au second tour face à François Hollande,
03:23avec un peu plus de 48% des suffrages exprimés.
03:27Le lundi 15 octobre, dans ses bureaux d'ancien président,
03:30Rune Méroménil à Paris, il récompense un certain Jérôme Lavrieux.
03:35Qui est-il ?
03:36A l'époque, personne ne connaît Jérôme Lavrieux.
03:38Jérôme Lavrieux est pourtant le bras droit de Jean-François Copé à l'UMP.
03:43Et il est également le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy,
03:48précisément en charge des meetings.
03:49Jean-François Copé qui était secrétaire général de l'UMP à l'époque.
03:53Et donc ce jour-là, Jérôme Lavrieux est distingué.
03:56Oui, ce jour-là, Jérôme Lavrieux reçoit l'ordre national du mérite des mains de Nicolas Sarkozy.
04:00Tout le monde chante les louanges de cet homme de l'ombre.
04:04C'est un moment que nous allons vivre ensemble autour de Nicolas Sarkozy,
04:07qui sera l'occasion de dire toute la reconnaissance à Jérôme Lavrieux
04:12et à toute l'équipe qui l'a entouré pour la fantastique campagne que nous avons menée.
04:17Il apparaît comme un homme clé, un homme de l'ombre, mais clé pour la campagne.
04:21C'est un signal qui est envoyé en reconnaissance de cette période,
04:25qui a été une période où tout le monde a mis les mains dans le cambouis.
04:27Et Jérôme a été le premier d'entre cela.
04:30L'année suivante, le 4 juillet 2013, les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy
04:35sont rejetés par le Conseil constitutionnel.
04:38Pourquoi ?
04:39Parce que la Commission nationale des comptes de campagne a constaté
04:43un dépassement de précisément 363 000 euros,
04:47un dépassement du plafond légal qui était de 22,5 millions.
04:50Qu'est-ce que ça a comme conséquence pour l'ancien candidat Nicolas Sarkozy ?
04:54La conséquence, c'est que normalement, quand on respecte le plafond,
04:57on obtient une contribution de l'État, qui était là de l'ordre de 10 millions d'euros.
05:01En l'occurrence, puisqu'ils ont dépassé et qu'ils n'ont pas respecté les plafonds,
05:05ils doivent rembourser ces 10 millions d'euros et également la somme qui a dépassé les 400 000 euros.
05:12C'est un coup dur pour l'UMP.
05:14Et du coup, pour renflouer les caisses du parti,
05:17une souscription est lancée dans la foulée.
05:19Une souscription qu'on va surnommer le Sarkoton.
05:22Et le dimanche 8 septembre, Jean-François Copé, désormais président de l'UMP,
05:26annonce que 11 millions d'euros ont été levés au total.
05:30Lorsque j'ai décidé de lancer une grande souscription nationale
05:34pour surmonter cet obstacle financier,
05:36les Français ont répondu massivement à l'appel.
05:40Pascal Aigré, le 27 février 2014, l'hebdomadaire Le Point sort une affaire.
05:46Le titre en couverture du point, l'affaire Copé.
05:49L'article parle d'une société de communication proche de Jean-François Copé,
05:54Big Malion, dirigée par deux anciens amis politiques de Jean-François Copé.
05:59Cet article du point sous-entend que Jean-François Copé aurait fait travailler ses amis
06:04pour la campagne avec des coûts faramineux
06:09et donc que cela aurait contribué à vider les caisses de l'UMP.
06:13C'est ce qu'affirme Le Point, qui a eu accès aux factures remises à la commission des comptes de
06:18campagne.
06:19Selon l'hebdomadaire, cette entreprise et sa filiale
06:22auraient empoché 8 millions d'euros grâce à des services surfacturés
06:26concernant la vidéo et l'éclairage des meetings.
06:29La justice enquête à partir de là ?
06:30Oui, la justice ouvre une enquête préliminaire
06:32et les policiers vont commencer à travailler sur cette affaire.
06:36Quatre mois plus tard, en mai, le journal Libération publie à partir du 15 mai
06:40une série d'articles qui racontent une toute autre histoire.
06:44Le premier de ces papiers est titré « Les folles factures de l'UMP ».
06:48Oui, la Journée de Libération a eu accès à des factures
06:51qui montrent que l'UMP a réglé, semble-t-il, une vingtaine de millions d'euros à Big Malion
06:58pour des événements dont certains seraient des événements fictifs, de fausses conventions.
07:03Cette nouvelle enquête vise des conventions organisées pour l'UMP
07:07entre janvier et juin 2012 en pleine campagne électorale.
07:10« 55 événements payés à la société Big Malion ».
07:14Là, ça ne met plus en cause forcément directement Jean-François Copé
07:18ou en tout cas, ça sous-entend pour la première fois l'existence d'un système de fausse facturation
07:22parce que des factures auraient été établies sur des événements
07:25qui n'auraient pas existé, notamment des conventions, des conventions bidons.
07:30Le lundi 26 mai, au lendemain d'élections européennes qui viennent de se dérouler le dimanche,
07:35des perquisitions sont menées au siège de Big Malion et de l'UMP notamment.
07:38« Oui, les enquêteurs cherchent des preuves matérielles, des documents, des factures, des comptes
07:43et ils perquisitionnent aussi l'association de financement de l'UMP et le micro-parti de Jean-François Copé. »
07:50Vers 17h, l'avocat de Big Malion, maître Patrick Maisonneuve,
07:54tient une conférence de presse. Qu'est-ce qu'il dit devant les caméras ?
07:58« Patrick Maisonneuve, qui est l'avocat de Big Malion, prend la défense de Big Malion
08:01en disant que s'il y a eu des irrégularités, des décisions irrégulières, ça vient de l'UMP.
08:06Donc ils chargent plutôt le parti. »
08:08« Ils étaient sous une contrainte parce qu'à partir du moment où on leur a dit du côté de
08:12l'UMP
08:12que soit ils libellaient les factures au nom de l'UMP sous libellé convention
08:17et ce n'est pas Big Malion qui a inventé les intitulés des conventions.
08:21Big Malion ne veut pas savoir s'il y a une convention à tel ou tel endroit.
08:25Et donc c'était ça où ils n'étaient pas payés.
08:27Eux, ils doivent payer leurs sous-traitants.
08:29Il y a plusieurs millions qui sont en jeu.
08:30Soit ils acceptent, soit ils refusent.
08:33S'ils refusent, ils ne paient pas leurs sous-traitants et leur entreprise est morte. »
08:37Il explique que Big Malion s'est sans doute retrouvé piégé
08:39puisque eux devaient régler leurs fournisseurs.
08:42Les avocats de Big Malion vont remettre aux enquêteurs une clé USB.
08:47« Oui, cette clé USB, c'est un élément matériel très important.
08:51Elle est remise aux enquêteurs par le cabinet Maisonneuve
08:55et elle comprend plusieurs fichiers où apparaissent des comptes
08:58qui avèrent l'existence d'un système de double comptabilité.
09:02En clair, il y a d'un côté ce qui aurait dû être facturé
09:06et ce qu'il a été réellement.
09:09Un meeting qui a coûté par exemple 600 000 euros
09:12va apparaître comme ayant coûté 300 000.
09:15C'est-à-dire que c'est sous-évalué sur une prestation
09:17qui souvent a été effectivement réalisée par Big Malion.
09:20Quelques heures plus tard, un personnage au cœur de cette affaire
09:23est sur le plateau de BFM TV.
09:25C'est Jérôme Lavrieux, élu la veille eurodéputé,
09:29l'ancien directeur adjoint de la campagne Sarkozy
09:31et directeur de cabinet de Jean-François Copé.
09:33D'abord, Pascal Aigré, comme l'avocat maître Maisonneuve,
09:37il explique ce qu'il s'est réellement passé selon lui.
09:39« Ce que dit Jérôme Lavrieux, sur le plateau de BFM TV
09:43avec Routel Crive, c'est que, oui, il y a eu un problème
09:47d'explosion des dépenses de la campagne. »
09:49« Ce n'est pas une affaire du financement, c'est plutôt les dépenses de la campagne
09:54qui ont explosé et qui ont été beaucoup plus importantes
09:58que ne le permettait le volume du compte de campagne autorisé. »
10:02« Que cette campagne s'est emballée un peu comme un TGV,
10:05que personne n'a tiré la sonnette d'alarme
10:07et qu'il n'en a pas eu le courage, lui non plus. »
10:09« Il y a eu un engrenage irrésistible d'un train qui file à grande vitesse
10:17et les personnes qui auraient dû tirer sur le signal d'alarme ne l'ont pas fait.
10:21Je suis sans doute une de ces personnes,
10:24sans avoir été la seule personne dans le wagon, bien sûr. »
10:27« Il dit qu'il n'y a pas eu de malversation financière,
10:29qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel,
10:31mais que c'est une affaire de financement politique. »
10:33À plusieurs reprises, dans cette interview, il semble très ému.
10:36« Il est très ému. Ce sont un peu des confessions en direct.
10:40Il sait que sa carrière politique va être brisée.
10:43Il sait qu'il va être entendu par les enquêteurs, par le juge.
10:47Il apparaît effectivement très fragile. »
10:50« J'aimerais bien pouvoir dormir.
10:52Je ne me suis pas engagé pour faire fortune.
10:55Je n'ai jamais fait ça pour me foutre du fric dans la poche. »
10:58Qu'est-ce qu'il dit à propos de Nicolas Sarkozy et de Jean-François Copé ?
11:01« Il dédouane et Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé
11:05en disant qu'il ne leur a jamais parlé de ce problème ni à l'un ni à l'autre.
11:10»
11:10« J'ai fait part à plusieurs personnes de mon sentiment
11:14comme quoi on aurait du mal à boucler tout ça. »
11:17« Vous n'avez pas été entendu. »
11:19« Je n'ai pas été entendu.
11:20Je précise bien que je n'en ai fait part ni à Nicolas Sarkozy ni à Jean-François Copé. »
11:27Pascal Aigré, l'enquête va durer trois ans.
11:29Quelle est sa conclusion en résumé ?
11:31« En résumé, sa conclusion, c'est qu'un système de fraude a été mis en place
11:35pour dissimuler l'explosion des dépenses de la campagne de Nicolas Sarkozy
11:39et faire semblant de rester dans les clous du plafond légal des 22,5 millions d'euros. »
11:46C'était de faire payer à l'UMP une grosse partie de la campagne du candidat Sarkozy, c'est ça
11:50?
11:51« Oui, le but c'est en fait de faire disparaître des sommes très importantes et de dissimuler le dépassement
11:57en les escamotant du compte de campagne de Nicolas Sarkozy et de l'association de financement
12:02qui devait normalement régler tout ça.
12:05Bon, c'est un système assez compliqué parce que comptable,
12:09mais avec des fausses factures, des faux devis, des événements surfacturés,
12:15même s'ils ont réellement eu lieu ou des événements carrément fictifs. »
12:18Et d'après l'enquête, il y a eu une autre façon aussi d'alléger le bilan de la campagne
12:22de Nicolas Sarkozy ?
12:24« Oui, parce qu'apparemment avant la clôture des comptes de campagne à l'UMP,
12:28ils se sont rendu compte que ça dépassait quand même un petit peu
12:31et ils ont carrément escamoté des factures de location de salles,
12:36de transports de militants pour un montant de 3,5 millions d'euros. »
12:40« Au total, de quel montant on parle ? »
12:42« Au total, on parle de 20 millions d'euros, 19,8 millions exactement selon les calculs du juge d
12:48'instruction.
12:48Ce sont des sommes qui auraient dû ne pas être dépensées
12:52puisque ça n'était pas dans les clous du plafond électoral.
12:55Ça veut dire qu'au total, Nicolas Sarkozy a dépensé pour sa campagne 42,8 millions d'euros. »
13:00« Alors que normalement, pour un candidat qui va jusqu'au second tour, c'est limité à combien ? »
13:05« C'est limité à 22,5 millions d'euros. Donc on est quasiment au double. »
13:09« Et donc, pour être clair, il n'y a pas eu d'enrichissement personnel de la part de qui
13:13que ce soit ? »
13:14« Non, il n'y a pas eu d'enrichissement personnel de la part de qui que ce soit. »
13:17« Pourtant, les enquêteurs ont cherché, notamment parce que l'entourage de Nicolas Sarkozy,
13:22voire Nicolas Sarkozy lui-même, disait « Mais où est passé l'argent ? »
13:25« Où sont passés ces 20 millions ? »
13:27« Sous-entendu, ça aurait servi de trésor de guerre à Jean-François Copé,
13:32qui entendait à l'époque se lancer éventuellement dans la bataille, lui aussi, des présidentielles. »
13:37« Et donc, il y a eu des vérifications et Jean-François Copé a été blanchi par la justice. »
13:42« Jean-François Copé a bénéficié d'un non-lieu.
13:44Le juge a considéré qu'il n'avait pas été au courant de tout ce système. »
13:48En février 2017, 14 personnes sont renvoyées devant la justice.
13:52Les 14 qui sont donc jugées en ce moment par le tribunal correctionnel de Paris.
13:56Avant de parler de Nicolas Sarkozy, Pascal Aigré, qui sont les 13 autres prévenus ?
14:01« Les 13 autres prévenus sont d'abord les dirigeants de Big Malion et de sa filiale.
14:05Il y a aussi d'anciens cadres de l'UMP, dont Jérôme Lavrieux.
14:10Il y a également l'ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert.
14:15Et puis les deux responsables de l'association de financement et les experts comptables.
14:19Quelle peine est-ce qu'ils encourt ?
14:21« Ils encourtent entre 3 ans et 5 ans de prison ferme pour des délits tels que la fraude, abus
14:28de confiance et escroquerie. »
14:30Nicolas Sarkozy, lui, pour quel motif il comparaît précisément ?
14:33« Nicolas Sarkozy, lui, est renvoyé pour financement illégal de campagne électorale.
14:37Il encourt un an de prison et 3 750 euros d'amende,
14:41c'est-à-dire la peine finalement la plus faible de tous les prévenus du procès. »
14:46Pascal Aigret, est-ce que l'enquête a permis de prouver que Nicolas Sarkozy a fait quelque chose d'interdit
14:51?
14:51« Pour l'accusation, Nicolas Sarkozy a fait quelque chose d'interdit puisqu'il a donc opéré ce financement illégal.
14:57Mais le juge estime qu'il a bénéficié du système,
15:00qu'il n'en a pas été l'organisateur, pas l'initiateur et qu'il n'en avait pas connaissance.
15:06En revanche, il a laissé filer les dépenses en dépit de deux notes d'alerte pendant la campagne,
15:12le 7 mars et le 26 avril, deux notes d'alerte des experts comptables,
15:15dont lui dit qu'il ne se souvient pas, qu'il a peut-être oublié, qu'on lui avait montré.
15:22Les juges d'instruction étaient deux à enquêter sur cette affaire.
15:26Et à la fin, ils n'étaient pas d'accord sur le fait de juger ou non Nicolas Sarkozy.
15:31L'enquête sur cette affaire a été conduite par deux magistrats, deux juges d'instruction.
15:36Il y avait Serge Tournaire et puis Renaud Van Ruinbeek.
15:39Et à la fin de leur travail d'enquête, ils signent ce qu'on appelle une ordonnance de renvoi devant
15:45le tribunal correctionnel
15:46qui est en fait l'acte d'accusation, qui explique les charges et tout ce qui est retenu contre les
15:52uns et les autres ou pas.
15:54Et effectivement, le juge Van Ruinbeek n'a pas signé cette ordonnance.
15:58Il n'a jamais expliqué lui-même la raison.
16:01Il est quand même tenu au secret aussi de ses décisions, d'autant qu'il n'y avait pas eu
16:04le procès.
16:05Mais c'est ce qu'il s'est dit.
16:06Il s'est dit qu'il ne voulait pas signer parce qu'il n'était pas d'accord sur le
16:09renvoi de Nicolas Sarkozy.
16:12Récemment, chez nos confrères de France 2, l'ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, le préfet Guillaume Lambert,
16:18a affirmé qu'il avait bien informé le candidat du coup trop important de la campagne.
16:23Oui, Guillaume Lambert, qui est pourtant un des fidèles de Nicolas Sarkozy, qui le demeure,
16:29explique qu'il a donné à voir à Nicolas Sarkozy ces fameuses notes, et en particulier l'une, celle d
16:37'avril,
16:38qui était explicitement destinée au candidat.
16:41Moi, ce que je peux vous dire, c'est que cette note, elle lui est destinée,
16:45et comme toutes les notes qui étaient destinées, je lui ai passé, je lui en ai également parlé.
16:49Et par ailleurs, encore une fois, j'ai évoqué oralement avec lui la nécessité de piloter finement
16:55la fin de la dépense de la campagne du point de vue budgétaire,
16:57puisqu'il fallait éviter d'entamer la marge de sécurité.
17:03Nicolas Sarkozy a promis de venir à l'audience le concernant directement.
17:06Son interrogatoire est prévu la semaine du 14 juin.
17:10A priori, comment est-ce qu'il va se défendre ?
17:13On peut penser qu'il va expliquer qu'il n'était pas au courant de ces deux notes,
17:17qu'il était candidat avant tout et qu'il n'avait pas le temps,
17:20ce que devaient faire d'autres à sa place, de se pencher sur les comptes de sa campagne.
17:24Il y a aussi cette question, est-ce qu'il va de nouveau essayer de dire
17:29« il y a un autre responsable qui n'est pas moi, mais qui est Jean-François Copé ».
17:32Pascal Aigré, est-ce que l'enquête a permis de déterminer précisément
17:36qui a pris la décision de faire des fausses factures dans l'affaire Big Malion ?
17:40Non, c'est une question que l'enquête a laissée en suspens.
17:44On ne sait pas qui a décidé de mettre en place ce système de double comptabilité.
17:49On ne sait pas qui en a été le concepteur, l'initiateur et le responsable.
17:55D'autant que tous les prévenus ont tendance à se renvoyer la balle
17:59entre ceux qui nient, entre ceux qui disent « c'est parti de l'UMP »,
18:02d'autres qui disent « c'est parti de Big Malion ».
18:04Donc le procès va essayer d'éclaircir tout ça.
18:14Merci à Pascal Aigré.
18:16Cet épisode a été produit par Ambre Rosala, Thibault Lambert et Marion Bottorel.
18:21Réalisation, Julien Moncouquiol.
18:23Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
18:25disponible chaque soir du lundi au vendredi.
18:28Pour ne rater aucun épisode,
18:30abonnez-vous sur Apple Podcasts, Google Podcasts ou Podcast Addicts par exemple.
18:34N'hésitez pas à nous écrire codesource at leparisien.fr
18:38et puis si vous aimez Code Source, dites-le nous en laissant des petites étoiles
18:42ou un commentaire sur votre application préférée.
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