- il y a 10 heures
Depuis la puberté, Géraldine, 44 ans, souffre le martyr à chacun de ses cycles menstruels. Après des années de mauvaise prise en charge, le diagnostic tombe enfin : elle est atteinte d’endométriose. À l’occasion de la huitième édition de l’Endomarch, une marche mondiale pour l’endométriose, organisée le dimanche 28 mars 2021, Géraldine raconte son parcours au micro de Clawdia Prolongeau.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Marion Bothorel, Raphaël Pueyo et Mathias Penguilly - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Marion Bothorel, Raphaël Pueyo et Mathias Penguilly - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian.
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NewsTranscription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La journée mondiale contre l'endométriose a été fixée cette année, au 28 mars.
00:17Cette maladie chronique touche de nombreuses femmes.
00:19Quand elle n'est pas diagnostiquée assez tôt, elle peut provoquer des douleurs très vives,
00:23parfois handicapantes, au quotidien.
00:25Pour Codesource, Claudia Prolongeau a rencontré une femme victime d'endométriose
00:30et le médecin qui lui a diagnostiqué cette maladie, plus de 20 ans après les premiers symptômes.
00:45Comme chaque année, ce samedi 28 mars,
00:48ils seront des milliers à fouler les pavés de leur ville dans plus de 60 pays,
00:51pour une cause encore méconnue.
00:54Ce qui m'a frappée, quand j'ai commencé à travailler sur l'endométriose,
00:58c'est la facilité avec laquelle j'ai trouvé des témoignages.
01:01J'ai mis un message dans un groupe Facebook, intitulé « Ma vie avec l'endométriose »
01:05et qui compte plus de 8000 personnes.
01:06Et moins d'une minute plus tard, il a été supprimé par l'administrateur.
01:10Mais entre-temps, deux femmes m'avaient déjà écrit.
01:13C'est comme ça que je me suis retrouvée chez Géraldine.
01:17Une femme de 44 ans, brune, avec de grands yeux et un visage doux.
01:21Elle avait tout préparé.
01:23Son petit carnet dans lequel elle avait noté ce qu'elle voulait me dire,
01:25les rares ouvrages sur le sujet qu'elle avait sortis,
01:28et deux verres d'eau pour les pauses.
01:29Et puis elle a commencé.
01:36J'en ai un souvenir très clair, puisque c'est un souvenir de douleur,
01:39de douleur très forte, quand j'ai mes règles pour la première fois.
01:43C'était un mois avant mes 12 ans, c'était en plein été au mois de juillet,
01:48et c'était au moment d'une fête de famille.
01:51Et donc je prenais sur moi en me disant « ça va aller, ça va aller,
01:54parce que je veux m'amuser avec mes cousins, et c'était prévu qu'on aille à la piscine ».
01:58Les premières règles, on vous dit toujours que ça fait très mal,
02:00et que c'est normal, et que voilà.
02:03Ma mère m'a rassurée en me disant que c'était normal d'avoir mal,
02:06puisque c'est le discours qu'elle-même, je pense, a déjà entendu.
02:10Et c'est un peu, si on élargit, la femme doit souffrir.
02:13Donc elle a ses premières règles, elle rentre dans la vie de femme,
02:16et donc c'est normal de souffrir.
02:18L'endométriose est une maladie gynécologique finalement assez simple.
02:22Chaque mois, l'endomètre, qui est la muqueuse recouvrant la partie intérieure de l'utérus,
02:26se désagrège et ça donne les règles.
02:28Mais chez la femme atteinte d'endométriose,
02:30des parties de cette muqueuse remontent dans l'utérus
02:33et se répandent dans le corps via les trompes.
02:35Cela provoque des douleurs très intenses,
02:37parfois des kystes, souvent des lésions, des adhérences,
02:40que l'on peut retrouver jusque dans les poumons.
02:42J'ai des souvenirs réguliers de stages, entre guillemets, à l'infirmerie,
02:48parce que ça ne va pas, j'ai très mal,
02:51et je n'arrive pas à rester correctement, à suivre un cours.
02:55Et j'en parlais avec ma mère régulièrement.
02:57Ma mère avait également eu des règles très, très douloureuses,
03:01donc pour elle c'était normal.
03:03Elle m'a emmenée consulter le médecin généraliste, je pense, assez vite,
03:07et sa prescription, c'était du Spasson.
03:10Donc là, les années se sont poursuivies comme ça,
03:13et autour de mes 15 ans, ma mère m'a emmenée consulter une gynécologue
03:18et elle m'a tout de suite proposé de me mettre sous progestative,
03:22donc du du Faston, je m'en souviens très bien.
03:24Donc ça, c'était le traitement de première intention.
03:27Je n'ai pas de souvenir que ça m'ait soulagée,
03:30et en seconde intention, elle proposait une pilule
03:34qui, je pense, m'a un peu soulagée,
03:36mais ce n'était pas non plus miraculeux.
03:40Et là, clairement, on a commencé à me dire
03:42que j'étais quelqu'un de très stressée,
03:44que je souffrais, mais parce qu'en fait,
03:45c'était moi qui me créais ces douleurs,
03:47parce que j'étais stressée.
03:49Donc, en fait, que le problème, c'était moi.
03:54À chaque fois qu'elle a ses règles, les douleurs reviennent.
03:57Géraldine commence à prendre des anti-inflammatoires
03:59qui la soulagent, mais qui s'accompagnent
04:00d'effets secondaires très lourds.
04:02La première fois qu'elle a une relation sexuelle,
04:04la douleur est presque insupportable.
04:09Le premier rapport, ça a été extrêmement douloureux,
04:11mais c'est pareil, on vous dit que c'est normal.
04:13Donc, vous vous dites que c'est normal.
04:16Donc, vous essayez de trouver des infos
04:17à la bibliothèque, en parlant avec les copines.
04:21Chacune y va un peu de son petit diagnostic,
04:23mais quand j'en parlais autour de moi,
04:25j'étais plutôt la seule à avoir ces douleurs
04:28très fortes pendant les rapports sexuels.
04:30Donc, ça n'aide pas à se construire, clairement.
04:34Jeune adulte, Géraldine devient secrétaire de direction
04:36dans une grande entreprise.
04:38Malgré ces médicaments, les douleurs ne passent pas.
04:40Elles s'intensifient même et se répandent dans tout le corps.
04:44C'est des douleurs avec un ventre très dur qui tiraillent.
04:47Pendant le cycle, il peut y avoir des douleurs de type coup de poignard
04:50et comme si on me râpe les ovaires avec un épluche légumes.
04:58Et ça se répète et il n'y a pas un moment de répit.
05:02Il peut y avoir aussi des sensations de décharge électrique.
05:05Vous êtes simplement au bureau, assise, en train de faire votre travail
05:09et il y a un truc comme ça,
05:12comme une décharge soudainement qui vous transperce.
05:19J'ai fait un certain nombre d'échographies endovaginales
05:22par des échographes qui me disaient fièrement
05:24« Madame, tout va bien, vous n'avez pas d'endométriose. »
05:28Alors, certes, vous êtes à moitié soulagée
05:31parce que vous vous dites « je n'ai rien ».
05:33Mais d'un autre côté, vous continuez à souffrir.
05:35Et moi, il y a eu des moments vraiment où je souffrais beaucoup
05:39et je me disais « En fait, Géraldine, oui,
05:41tu n'es que quelqu'un d'anxieux, de stressé
05:45et tu te crées toi-même des douleurs. »
05:47À 35 ans, Géraldine rencontre son compagnon.
05:50Elle ne lui parle pas tout de suite des problèmes qu'elle traîne
05:52désormais depuis plus de 20 ans.
05:54Il y a eu un moment où ça a été difficile
05:56parce que forcément, comme vous avez mal,
05:58vous appréhendez les rapports
06:00et vous avez même tendance à faire un peu des petites parades
06:04pour que ça n'arrive pas aussi régulièrement.
06:08Il y a eu un moment où il a fallu en parler, clairement.
06:12Ce n'était pas évident du tout.
06:13Mais il n'y a pas que la pénétration.
06:17Donc, on essaye d'avoir une sexualité plus variée.
06:21Mais clairement, je pense qu'il faut être un couple très solide,
06:25beaucoup se parler.
06:26Et parfois, c'est difficile.
06:29Il faut accepter que là, ça ne va pas être possible.
06:32Et accepter aussi que pour son mari, ce n'est pas l'idéal.
06:36Mais ça fait partie de la maladie.
06:39Très vite, ils envisagent de fonder une famille.
06:41Mais la grossesse ne vient pas.
06:43Alors, ils entament un parcours de PMA à l'Institut Montsouris.
06:47Et c'est là que pour la première fois,
06:49une médecin l'oriente vers Eric Petit,
06:51l'un des rares radiologues spécialisés dans l'endométriose.
06:54Alors, vous avez été réglée à quel âge ?
06:5612 ans.
06:56Je lui avais dit, vous savez, on a déjà fait des échographies
07:00et il n'y a pas d'endométriose.
07:01Elle m'avait dit, oui, mais le spécialiste de l'endométriose,
07:04c'est le docteur Eric Petit.
07:06Et en plus, ce que je trouvais le comble,
07:07c'est que j'habite Paris 13e, le docteur Eric Petit,
07:10son cabinet est dans le 13e à deux stations de métro de chez moi.
07:12Et je me disais, mais pourquoi on n'en a jamais parlé avant ?
07:15Et avec la notion, éventuellement, la bouillotte sur le ventre, parfois ?
07:18Ou d'autres, comment vous faisiez pour soulager la douleur à l'époque ?
07:22Je me souviens très bien arriver dans ce cabinet.
07:25L'entrée est assez étroite.
07:27Il y a un bureau de secrétaire sur la gauche.
07:29Il y a un côté un peu, peut-être mystique,
07:32et pas le mot très adéquat, mais avec du mobilier en bois.
07:35Alors que souvent, dans les cabinets médicaux,
07:37c'est plutôt aseptisé, assez personnalisé.
07:41Ça, je me souviens très bien.
07:42Il avait un stylo plume et notait à l'encre noire mes réponses.
07:46Donc à savoir, est-ce que mes cycles avaient toujours été douloureux ?
07:49Est-ce que j'étais allée à l'infirmerie ?
07:51Est-ce que j'avais des douleurs pendant les rapports sexuels ?
07:55J'avais tout bon à tout.
07:59Et le diagnostic est tombé quasiment instantanément.
08:02À savoir, oui, madame, vous avez de l'endométriose.
08:05Non, ce n'est pas dans votre tête.
08:07Et là, c'était un soulagement,
08:09mais je pense que j'aurais pu faire la danse de la joie
08:11et crier et hurler.
08:13Parce qu'enfin, j'étais...
08:15Il y a vraiment, en tout cas, moi,
08:17ce qui m'a fait du bien dans le diagnostic,
08:19c'était la reconnaissance.
08:34En 2006, le docteur Petit a créé le centre de l'endométriose
08:37à l'hôpital Saint-Joseph à Paris.
08:39Il a décidé de consacrer sa carrière à cette maladie.
08:42En moyenne, les femmes atteintes d'endométriose
08:45l'apprennent 9 ans après les premiers symptômes.
08:47Je me suis aperçu, quand j'étais jeune interne,
08:49qu'on renvoyait des jeunes femmes chez elles
08:51en disant qu'elles étaient folles à 3h du matin
08:52parce qu'elles venaient pour des règles douloureuses aux urgences.
08:54Et donc, je me suis dit que c'était curieux.
08:56Et mon esprit critique m'a poussé à contester
08:59la possibilité que ça soit normal.
09:01Et donc, après, ayant rencontré presque par hasard
09:06des spécialistes dans un congrès international,
09:08je me suis dit, ça, c'est un défi à relever.
09:10Il faut s'intéresser à l'endométriose, il faut travailler
09:11et trouver un jour une solution et aider ses patientes.
09:15Et après, ça a fini par aboutir à ce réseau
09:17qui permet donc d'essayer de prendre en charge
09:19de façon optimale et personnalisée
09:21chaque patiente qui souffre de cette maladie
09:24très fréquente, puisque c'est quasiment une femme sur 5
09:26en âge de procréer, concernée par cette maladie chronique
09:29qui démarre dès les premières règles
09:31et qui s'arrête qu'à la ménopause
09:32et qui existe depuis moins 1855
09:35puisque c'est une maladie très ancienne
09:38mais qui a toujours été cataloguée dans la psyché féminine
09:41puisqu'on ne trouvait rien jusqu'à ce qu'on découvre enfin
09:44quelle était l'anomalie principale
09:46qui sont que les cellules de l'endomètre
09:48ne soient pas à leur place
09:50expulsées par l'utérus
09:52avec le reflux des règles par les trompes
09:53et ça, c'est en 1860 qu'on a fini par trouver
09:57la notion précise organique de cette maladie.
09:59Et comment vous expliquez que c'est une maladie
10:01qui n'a pas été prise en compte pendant si longtemps
10:03et qu'il n'est d'ailleurs pas énormément aujourd'hui ?
10:05Oui, elle est toujours sous-estimée, presque niée dans certains cas
10:09parce que la douleur féminine n'a jamais fait partie
10:12d'une préoccupation des médecins.
10:15Vous, vous consacrez en fait quasiment toute votre carrière
10:17au diagnostic de cette maladie ?
10:19Oui, bien sûr, ça c'est mon travail quotidien
10:21c'est d'établir le diagnostic formel
10:23et la cartographie précise de la maladie
10:25puisque c'est compliqué à faire
10:26de façon à pouvoir prendre en charge
10:28de façon adaptée à chaque cas
10:29donc la maladie après sur le plan thérapeutique
10:32puisqu'il y a plein de solutions
10:33mais qui sont très des variables
10:34d'une patiente à l'autre
10:35en fonction de l'extension de cette maladie
10:37des conséquences cliniques sur la vie de la patiente
10:39et sur éventuellement la fertilité également.
10:42Il faut que l'ensemble des soignants
10:43d'abord soient plus sensibles
10:44à l'écoute donc de la douleur de la femme
10:47et ensuite effectivement
10:48pour le diagnostic formel
10:50et la cartographie précise
10:51il faut que les radiologues soient formés
10:52et on est encore beaucoup trop nombreux
10:53à s'investir dans cette maladie
10:56et c'est clair que la formation
10:58est la clé de l'avenir
10:59mais pour tous les soignants
11:00pas seulement le radiologue
11:01les généralistes
11:02les sages-femmes
11:03les gynécologues
11:04les chirurgiens
11:05chacun à sa place
11:07a un rôle à jouer
11:08pour la prise en charge
11:09du diagnostic
11:10au traitement
11:11de cette maladie chronique.
11:15Quelques semaines après cette annonce
11:16à 40 ans
11:17Géraldine est opérée
11:19on lui enlève des lésions
11:20dues à l'endométriose
11:21pour multiplier ses chances
11:22de tomber enceinte
11:23via une fécondation in vitro
11:25mais après l'opération
11:26elle souffre beaucoup.
11:28Pendant un mois
11:29j'ai pas pu m'asseoir
11:31en tout cas être assise
11:32c'était très douloureux
11:33je me souviens
11:34quand j'ai repris le travail
11:35au bout d'un mois
11:36je supportais pas
11:37les ceintures de pantalon
11:38j'étais obligée de me mettre
11:39en robe tout le temps
11:40ça appuie pas
11:41juste un petit collant
11:42comme ça
11:42donc l'Institut Montsouris
11:44il m'a dit
11:45oui mais maintenant
11:45il faut faire la fibre
11:46et je me disais
11:47oui mais mon corps
11:48est pas prêt
11:49mais ça on m'a pas entendu
11:52J'avais 40 ans et demi
11:55donc il y a un côté
11:58un peu course contre la montre
12:00mais je pense clairement
12:01qu'on aurait dû attendre
12:03pour faire cette fibre
12:05et on l'a faite
12:06mais elle a pas abouti
12:08à une grossesse
12:08et je le savais
12:10de toute façon
12:10c'était évident
12:14donc comme moi
12:15j'avais une réserve
12:15ovarienne très basse
12:17le centre de PMA
12:18a pas voulu
12:19qu'on aille plus loin
12:19au niveau des fibres
12:20donc on vous propose
12:22d'autres solutions
12:23bien souvent
12:24on vous propose l'adoption
12:25ça nous correspondait pas
12:27et ensuite
12:28on nous a proposé
12:29plus ou moins en parallèle
12:31le don d'ovocytes
12:31et c'est quelque chose
12:32moi intellectuellement
12:33que j'arrivais pas
12:34et que j'arrive toujours pas
12:37à accepter
12:37donc on a choisi
12:38d'arrêter là
12:39les démarches
12:40pour devenir parent
12:41et vous avez fait
12:42le deuil de ça ?
12:43je pense qu'on fait
12:44jamais le deuil
12:45d'une maternité
12:47ça fait partie de moi
12:48j'ai toujours eu
12:49envie d'être maman
12:51il y a des jours
12:51où vous vous dites
12:53oh bah finalement
12:55ça a été plutôt bien
12:56cette journée
12:57voilà
12:58j'ai pas eu trop mal
13:00j'ai pu croiser
13:01des poussettes
13:01j'ai pu croiser
13:02des femmes
13:02avec un ventre rond
13:05et ça m'a pas fait
13:06une terrible déchirure
13:07et puis il y a des jours
13:08où c'est très très dur
13:10désormais Géraldine
13:11se concentre sur son travail
13:12et les voyages
13:13qu'elle fait
13:14pendant ses vacances
13:15tant bien que mal
13:16elle essaye de vivre
13:17le plus normalement possible
13:18mais la maladie
13:19ne se fait pas oublier
13:21et au quotidien
13:22la douleur continue
13:23à l'handicapé
13:26on a été obligé de mettre
13:27en place à la maison
13:29peut-être un mode de vie
13:30de personnes âgées
13:31sur certaines choses
13:32c'est-à-dire qu'aujourd'hui
13:34on se fait livrer les courses
13:35parce que porter du poids
13:36c'est pas bon
13:37on a la chance de pouvoir
13:39prendre quelqu'un
13:39qui nous aide à la maison
13:40pour les tâches ménagères
13:42parfois je prends sur moi
13:43parce que j'ai pas envie
13:44que la maladie prenne
13:46toujours sur le quotidien
13:47mais bien souvent
13:50elle prend malheureusement
13:51le pas sur le quotidien
13:52Est-ce que vous avez déjà eu peur
13:53que votre conjoint vous quitte
13:55à cause de cette maladie ?
13:56Alors pour moi
13:57ça a été une crainte
13:58mais plutôt liée à la fertilité
14:00moi ça avait toujours été
14:01une fin en soi
14:02qu'au moment où je rencontrerais
14:04quelqu'un avec qui
14:05je serais bien
14:06et on serait sur la même longueur d'onde
14:07la finalité serait
14:08d'avoir une famille
14:09et quand j'ai rencontré mon mari
14:11on était sur cette même longueur d'onde
14:13et j'ai plutôt eu
14:14cette culpabilité-là
14:15de me dire
14:15je ne peux pas
14:18je ne peux pas être mère
14:19et je ne peux pas
14:19quelque part
14:21lui permettre
14:22d'avoir cette famille
14:23qu'on souhaitait tous les deux
14:24C'est lourd
14:24parce qu'en fait
14:25moi ça me fait porter
14:27un poids de victime
14:28mais aussi de coupable
14:29c'est-à-dire
14:30vous êtes victime
14:31d'une maladie
14:32mais coupable aussi
14:33de ne pas pouvoir enfanter
14:34coupable de ne pas pouvoir
14:36avoir des rapports sexuels
14:38satisfaisants
14:39donc cette culpabilité-là
14:41elle est lourde
14:42et
14:43alors peut-être qu'on arrive
14:44à la dépasser avec les années
14:45mais j'ai du mal
14:46quand même
14:47Et finalement
14:48elle représente
14:49quelle partie de votre vie
14:50cette maladie ?
14:52Une grande grande partie
14:54spontanément comme ça
14:55je dirais 80%
14:55en règle générale
14:58moi je souffre en moyenne
14:59trois semaines par mois
15:00donc trois semaines par mois
15:01si je dis 80%
15:02je pense que je ne suis pas
15:03très loin en fait
15:05je trouve ce qui est le plus difficile
15:06dans l'endométriose
15:07et ça c'est venu au fil des années
15:10certainement corrélé
15:11avec les traitements hormonaux
15:12la ménopause artificielle
15:14c'est qu'on a un ventre
15:16très gonflé
15:17très dur
15:18moi je n'étais pas d'une nature
15:19à avoir du ventre
15:21vraisemblablement
15:22même en faisant le meilleur
15:22des régimes
15:23je ne le perdrai pas
15:24ce ventre est là
15:25et c'est encore plus difficile
15:26je dirais pour moi
15:27parce que
15:29je n'aurai pas de grossesse
15:30a priori
15:31et en fait
15:32j'ai ce ventre
15:33qui parfois induit en erreur
15:35les gens autour de moi
15:36et qui vont me demander
15:38ah ben il y a finalement
15:39une bonne nouvelle
15:41t'es enceinte de combien
15:42ou tu ne serais pas enceinte
15:44par hasard
15:45et en fait non
15:46je ne suis pas enceinte
15:47et vraisemblablement
15:48je ne le serai jamais
15:50et ce ventre
15:51moi je dirais
15:52c'est ce qui vraiment
15:52me peine
15:53et me fait vivre
15:55peut-être la maladie
15:56de la manière
15:57la plus difficile
15:58parce que
15:59ce ventre dur
16:01gonflé
16:03gros
16:04il faut essayer
16:05de l'aimer
16:07et moi je sais
16:08qu'aujourd'hui
16:09je ne suis pas encore
16:11capable de l'aimer
16:25Claudia
16:25est-ce que Géraldine
16:26peut espérer
16:27aller mieux un jour ?
16:28plus ou moins
16:29il se trouve que
16:29dès qu'elle sera ménopausée
16:31donc dès qu'elle n'aura plus
16:31ses règles
16:32de fait
16:32elle n'aura plus la maladie
16:34mais d'ici là
16:35ce qui est compliqué
16:35c'est que comme elle a décidé
16:36de ne pas prendre d'hormones
16:37parce que les effets secondaires
16:38étaient trop compliqués
16:40à gérer
16:41elle continue à avoir ses règles
16:42le problème c'est que
16:43à chaque fois qu'elle a ses règles
16:44elle a de nouvelles lésions
16:45qui se forment
16:45son gynécologue lui disait
16:47qu'en fait
16:47c'était comme si chaque mois
16:49elle remettait le feu
16:49à ce qu'elle avait
16:51donc là aujourd'hui
16:52elle en est à un point
16:52où elle commence à avoir mal
16:53vraiment dans beaucoup
16:54de parties du corps
16:55y compris dans les poumons
16:56et ça
16:57je ne suis pas sûre
16:58qu'elle puisse y faire grand chose
16:59quand on l'entend
17:00décrire sa douleur
17:01comme ça
17:01on se demande
17:02si elle ne peut pas
17:03être opérée
17:04se faire enlever l'utérus
17:05il y a en effet
17:06un certain nombre de femmes
17:07qui souffrent d'anthométriose
17:09qui se font enlever l'utérus
17:10ce qu'il faut savoir
17:11c'est que c'est évidemment
17:12une opération
17:12qui est quand même très lourde
17:14physiquement
17:14et psychologiquement
17:15et surtout
17:16il y a des femmes
17:17qui n'ont plus d'utérus
17:18et qui continuent pourtant
17:19à avoir mal
17:20et en fait
17:21ce que m'a dit
17:21le docteur Eric Petit
17:22à ce sujet
17:23c'est que ça fait tellement
17:24longtemps qu'elle souffre
17:25que ses douleurs
17:26sont devenues chroniques
17:27et que même une fois
17:28qu'on a enlevé l'utérus
17:29il y a certaines femmes
17:30chez qui les douleurs
17:31sont neurologiques
17:32et là lui
17:33ça dépasse complètement
17:34sa spécialité
17:35Est-ce que la recherche
17:35sur l'endométriose
17:36progresse ?
17:37Elle progresse sans doute
17:39puisqu'on parle quand même
17:40davantage de ce sujet là
17:42mais ce qui est sûr
17:43c'est qu'elle progresse pas assez
17:45puisqu'il y a énormément
17:46de femmes qui sont touchées
17:47180 millions dans le monde
17:48et que ça reste une maladie
17:49sur laquelle finalement
17:50on connaît assez peu de choses
17:52et pour laquelle
17:52il n'y a pas de traitement spécifique
17:54tous les traitements
17:54qui sont utilisés
17:55sont des traitements
17:56qui sont utilisés
17:56pour d'autres maladies
18:26Merci Claudia Prolongeau
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