- il y a 9 heures
Pour la 26ème année, Octobre Rose, une grande campagne d’information sur le cancer du sein, est organisé en France. Cette maladie est encore responsable de 12.000 morts par an, mais son taux de mortalité diminue, notamment grâce au dépistage précoce. Actuellement, près de 90% des patientes sont en vie 5 ans après le diagnostic. Code source, vous propose aujourd’hui le témoignage de Géraldine Dormoy. Cette journaliste et instagrameuse s’est battue récemment contre un cancer du sein et elle a choisi de tout raconter, d’abord en temps réel sur internet, puis dans un livre. Son ressenti, ses choix, lui appartiennent, et elle précise bien qu’elle ne veut pas s’ériger en exemple. Elle raconte le diagnostic, l’opération, les traitements... et l’après cancer au micro de Clawdia Prolongeau. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos - Identité graphique : Upian.
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00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15Pour la 26e année, Octobre Rose est organisée en France.
00:18C'est une campagne d'informations sur le cancer du sein.
00:21Cette maladie est encore responsable de 12 000 morts par an,
00:25mais son taux de mortalité diminue, notamment grâce au dépistage,
00:29actuellement près de 90% des patientes sont en vie, 5 ans après le diagnostic.
00:35CodeSource vous propose aujourd'hui le témoignage de Géraldine Dormois.
00:38Cette journaliste et Instagrammeuse s'est battue récemment contre un cancer du sein
00:42et elle a choisi de tout raconter en temps réel sur Internet, puis dans un livre.
00:47Son ressenti, ses choix lui appartiennent et elle précise bien qu'elle ne veut pas s'ériger en exemple.
00:52Témoignage recueilli par Claudia Prolongeau.
01:02Je m'appelle Géraldine Dormois, j'ai 43 ans et je suis journaliste.
01:10J'avais 41 ans à l'époque.
01:13Mes gynécologues successifs m'avaient dit que j'avais des seins qui étaient assez denses
01:18et qu'on ne pouvait pas détecter à la palpation, même quand on était professionnel de santé,
01:24que je pouvais avoir une tumeur.
01:26Donc, par mesure de précaution, j'avais pris l'habitude de faire des mammographies régulièrement
01:32et ce qui faisait que j'y allais sans aucune anxiété.
01:38Sauf que cette fois-ci, il y a eu une surprise.
01:42On m'a détecté des cellules atypiques
01:45et le radiologue a immédiatement demandé une biopsie qui a pu être faite sur le champ.
01:54Cette biopsie s'est moyennement bien passée
01:57puisque ça consiste en un prélèvement que l'on fait dans le sein à travers une grosse aiguille
02:04et l'aiguille de la médecin avait du mal à attraper les cellules à analyser.
02:08Et c'est là que j'ai senti qu'il y avait quelque chose de vraiment pas normal,
02:13ce qui m'a été confirmé une semaine plus tard.
02:16Et mon radiologue, il m'a envoyé vers un de ses confrères chirurgien
02:23pour me faire opérer d'une mastectomie.
02:26Donc, je l'ai appris quelques jours après.
02:31Cette nouvelle tombe le 24 novembre 2017.
02:34En sortant de son rendez-vous avec le médecin,
02:37Géraldine ne se souvient pas du coup de téléphone qu'elle a forcément passé
02:40à son compagnon pour le prévenir.
02:42Mais elle se rappelle de pensées et d'émotions inavouables,
02:46comme elle l'écrit dans son livre.
02:47J'aurais été déçue si ça n'avait pas été ça.
02:50Pire, j'éprouve une excitation fugace à en être là,
02:54à côtoyer l'une de mes plus grandes craintes.
02:56Il se passe enfin quelque chose de dramatique dans ma vie sans histoire.
03:00Il y avait quand même cette idée que je vais sérieusement m'ennuyer dans ma vie
03:06pour que, ok, tout ça, tout ce que les médecins me disaient me pétrifiait,
03:11mais en même temps, je ressentais une excitation gigantesque.
03:16C'était sûrement beaucoup, beaucoup d'adrénaline.
03:20Mais il y avait quelque chose que je ressentais positivement,
03:24même au pire moment.
03:25parce qu'en fait, on ne se sent jamais autant vivant que quand on frôle la mort.
03:32Pendant la semaine où je n'avais pas encore le verdict,
03:34je ne savais pas du tout ce qu'on allait me dire.
03:36Et là, j'ai quand même pensé très fort à la mort.
03:39Donc pendant ce moment-là, l'adrénaline est au maximum.
03:42Et on se dit, peut-être que tout ça va s'arrêter très prématurément,
03:47mais en attendant, je suis vivante.
03:49Et ça, ça projette dans une forme d'excitation qui est incomparable.
04:00Le 5 décembre, Géraldine Dormois se rend à la clinique en métro.
04:04N'avoir plus qu'un seul sein ne la dérange pas plus que ça.
04:07Elle a déjà commencé son deuil,
04:09s'est longuement regardée dans le miroir
04:10et même photographiée torse nuit.
04:13Après l'opération, elle commence à porter une prothèse
04:15et très vite met de côté ce qu'on appelle la reconstruction,
04:19c'est-à-dire la possibilité de refaire les seins
04:21aux patients ayant subi des mastectomies.
04:26Pour le moment, je n'en ai absolument aucune envie.
04:30En fait, il n'y a pas eu de moment où j'ai pris cette décision-là.
04:34Ça a été très progressif.
04:36Dès le moment de la cicatrisation,
04:38j'ai trouvé que mon chirurgien avait bien fait son travail
04:42et que ce n'était pas aussi moche que ce que je craignais au départ
04:46et que je me sentais bien comme ça.
04:48Quand j'ai dit ça à mon cancérologue, il m'a dit
04:50« Oui, oui, oui, vous aurez le temps ».
04:52Pour lui, c'était une question de mois, voire d'années,
04:55mais je finirais par y venir.
04:57Et puis, au fur et à mesure, j'ai discuté avec beaucoup de malades.
05:01J'ai discuté avec des médecins aussi pour savoir
05:04quelles étaient les différentes méthodes.
05:06Et je me suis rendue compte que, fou,
05:08c'était souvent, pas toujours, mais souvent douloureux.
05:14Il pouvait y avoir des complications.
05:15Ça coûtait très cher.
05:17Parfois, il y avait beaucoup d'attentes.
05:19Et qu'à l'arrivée, parfois, on n'était pas contente du résultat.
05:23Je me suis dit « Mais tout ça, pour ça, moi, je suis très bien comme je suis ».
05:28Ça m'a pris un petit peu de temps de m'accepter.
05:32Je suis encore en train d'accepter ce corps différent.
05:36Est-ce que j'ai envie d'avoir à nouveau le corps qui change
05:39et devoir me réadapter à un nouveau corps ?
05:43Pas vraiment.
05:44Et en plus, il y a différentes méthodes,
05:47mais il y a une méthode avec une prothèse.
05:50Je n'avais pas envie d'avoir un objet qui n'est pas moi sous la peau.
05:55Aujourd'hui, il y a des prothèses en silicone
05:57qu'on met dans son soutien-gorge
05:59et qui sont très bien faites
06:01et qui font qu'on oublie pendant la journée
06:05qu'on a eu un cancer du sein
06:06parce que quand on se regarde dans la classe,
06:09c'est absolument insoupçonnable.
06:10Et ça, je l'ai fait pendant pas mal de mois.
06:14Et puis, un jour, j'ai discuté avec une styliste
06:19au Festival de Yer
06:20qui, elle, ne portait pas de prothèse
06:22à l'emplacement du sein où elle avait eu une ablation.
06:25Et elle avait une petite poitrine, comme moi.
06:28Je pense que ce serait très différent si j'avais une forte poitrine.
06:30Et je me suis rendue compte qu'elle le faisait avec un tel naturel.
06:34Elle avait le même âge que moi, une petite quarantaine.
06:39Je pense que j'aurais vécu les choses très différemment
06:41si j'avais eu 20 ans
06:42parce qu'à 20 ans, on n'a pas le même rapport au corps
06:45et les personnes qui vous entourent
06:47ne regardent pas votre corps de la même façon non plus.
06:49Donc, ça m'aurait sûrement beaucoup plus gênée à 20 ans.
06:53Mais là, à 40 ans passés,
06:55alors que je vis avec mon amoureux depuis 15 ans
07:00et que lui, il a accepté ce nouveau corps de son côté,
07:06je me suis dit, en fait, je vais essayer sans.
07:09Et là, il y a eu une autre étape qui s'est amorcée
07:12parce qu'il a fallu que je m'accepte sans cette prothèse.
07:16Mais je me sentais tellement mieux en termes de sensation.
07:19Je commençais à être irritée, à avoir de l'eczéma.
07:21Il était temps que je me sépare de cette prothèse,
07:24même si je la garde dans mon armoire.
07:27Et pour certaines tenues, je joue avec l'idée de la reporter.
07:32Mais en fait, ça a été très, très rare.
07:33Alors que Géraldine croit avoir surmonté le pire,
07:36elle apprend quelques jours avant Noël
07:37que malgré la mastectomie,
07:39une chimiothérapie sera nécessaire.
07:45On ne vous dit pas tout d'un coup
07:46parce qu'on ne le sait pas,
07:48parce que ça dépend d'analyses et d'examens.
07:51Mais ce n'est pas plus mal
07:52parce que tout d'un coup, ça aurait fait beaucoup.
07:54En fait, la chimio me faisait tellement peur
07:57qu'elle a balayé la blation du sein.
08:00La chimio a été assez difficile,
08:04mais j'ai eu la chance
08:06de ne pas perdre complètement mes cheveux.
08:09C'est vrai que c'est surprenant
08:10que la perte des cheveux soit aussi importante
08:14alors que ça ne signifie que qu'on perd ses cheveux.
08:18Ça ne signifie rien d'autre dans la maladie.
08:21Les cheveux repousseront
08:23et le plus important, c'est de guérir.
08:26Mais c'est si chargé en symboles.
08:30J'ai porté un casque réfrigérant.
08:32Le principe du casque,
08:33c'est que c'est de la glace
08:35qu'on vous met à l'intérieur d'un casque.
08:38Et donc, ça glace le cuir chevelu
08:40et ça empêche le médicament de l'injection
08:44d'aller jusqu'au bulbe des cheveux.
08:46Donc, ça protège certains bulbes.
08:49C'est mon cancérologue et les infirmières
08:51qui ont insisté pour que je le porte.
08:53Moi, j'avais lu des témoignages
08:54qui disaient que ça faisait très mal,
08:56que ça ne marchait pas tellement.
08:58Et donc, je n'étais pas très encline à essayer.
09:01Je m'étais faite à l'idée
09:03que je me raserais la tête.
09:05Mais ils m'ont vraiment demandé d'essayer.
09:07Et en fait, j'ai beaucoup de cheveux.
09:08Et je les avais coupés très courts
09:09avant la première chimio.
09:11Et ça a fonctionné.
09:16Ça change beaucoup de choses
09:18parce qu'on ne lit pas la maladie
09:21dans le regard d'autrui.
09:22Mais c'est très douloureux.
09:24Moi, c'est ce qui a été le plus douloureux
09:25de toute l'expérience du cancer.
09:27Il y a eu une fois
09:28où j'ai eu une sorte de réaction.
09:31J'étais au bord de l'évanouissement.
09:34Et ça m'a fait penser
09:38qu'en fait, cette douleur,
09:40il fallait que je la traverse
09:40et que je l'accepte
09:41et que je ne sois pas
09:42dans la résistance de la douleur.
09:44Quand on est dans la résistance,
09:45on résiste aussi à une idée.
09:47Je résistais à l'idée de la douleur.
09:49J'avais intellectualisé la douleur
09:51et ça devenait finalement pire
09:53que ce qu'il y avait vraiment à ressentir.
09:56Et ça a tout changé.
09:58Ça a été à la fois
09:58l'expérience la plus douloureuse
10:00et l'une des expériences
10:01les plus enrichissantes finalement
10:03de la maladie
10:04parce que c'est un processus
10:06que je peux maintenant identifier
10:08dans plein de situations.
10:10Dès que je suis dans la résistance,
10:12en fait, je sais que ça ne va pas marcher
10:15ou que ça va être très pénible.
10:16Donc maintenant, je me laisse plus.
10:19Je ressens la situation
10:20et j'essaie de poser des mots dessus.
10:23Et en fait, ça passe.
10:26Géraldine Dormois a fini ce traitement,
10:28n'a plus de cancer
10:29et est dans la phase qu'on appelle rémission.
10:31Mais elle refuse ce mot.
10:33Son côté provisoire pèse trop lourd.
10:35Elle préfère dire qu'elle est guérie.
10:39En fait, on ne m'a pas dit
10:40que j'étais guérie,
10:41on ne m'a pas dit que j'étais en rémission.
10:43On m'a dit, voilà,
10:44vous avez terminé votre radiothérapie.
10:47Et donc, vous avez terminé
10:49le gros des traitements de votre cancer.
10:51Et c'est là que moi,
10:52j'ai eu besoin de savoir
10:53quel mot mettre dessus
10:54et j'ai donc demandé à mon cancérologue
10:56est-ce que je suis guérie ?
10:58Et là, il m'a dit oui.
11:00Oui, mais j'ai aussi conscience
11:02qu'avec le cancer que j'ai eu,
11:05j'ai bien plus de chances
11:06de développer un deuxième cancer
11:08que la moyenne des femmes.
11:09C'est une sorte d'épée de Damoclès
11:10avec laquelle il faut vivre.
11:13J'ai compris assez vite
11:14que l'après-cancer
11:15était une période
11:16qui n'était pas forcément très simple
11:20et qu'on ne vous le disait pas d'emblée.
11:24Officiellement, vous êtes guérie
11:25et donc, tout va bien,
11:27reprenez une vie normale.
11:28Dans les faits,
11:29c'est un petit peu plus complexe.
11:32On n'est plus la même
11:33et en même temps,
11:34on n'a pas complètement changé non plus.
11:35Pourquoi est-ce que ça t'a paru important
11:37de créer un groupe Facebook
11:39pour que d'autres femmes échangent avec toi ?
11:42Alors, j'ai créé un groupe Facebook
11:44l'été suivant mes traitements.
11:48Donc, je suis tombée malade en novembre 2017
11:51et j'ai créé le groupe Facebook
11:53en août 2018, je crois.
11:55Et c'était le moment où...
11:58Moi, j'ai une communauté en ligne
12:00depuis longtemps
12:01puisque j'avais un blog
12:02et que j'ai une présence sur Instagram.
12:04Et donc, beaucoup de femmes
12:07m'écrivaient
12:08pour échanger avec moi
12:10sur leur propre maladie,
12:11leur propre cancer du sein.
12:13Et à un moment,
12:14il y a eu un double phénomène,
12:16c'est qu'à force de parler de cancer,
12:18il y avait de plus en plus de femmes
12:20qui venaient m'en parler.
12:21Pas que des femmes, d'ailleurs.
12:23Et moi, mon temps était limité.
12:25J'allais reprendre mon travail
12:26et je me disais,
12:27mais je ne vais pas réussir
12:28à être aussi présente
12:31que ce que je voudrais.
12:32Il y avait aussi le fait
12:34que moi, je n'étais plus sous chimio.
12:38Et c'est quand même la chimio
12:39qui suscite beaucoup
12:41d'interrogations et de peur.
12:44Et donc, ces femmes me parlaient
12:45de la chimio qu'elles allaient subir
12:47puisqu'elles arrivaient
12:49après moi dans la maladie.
12:50Et moi, j'étais déjà retournée
12:52du côté des bien portants.
12:54Ce qui est très étrange
12:55avec la maladie,
12:56c'est qu'on ne peut être
12:59vraiment aussi bien comprise
13:01que par des personnes
13:02qui traversent la même chose que vous.
13:04mais au même moment.
13:06Et dans un groupe,
13:07il y a des nouvelles personnes
13:08qui arrivent
13:09avec leur propre découverte
13:11de la maladie.
13:11Et du coup, des femmes
13:12qui traversent les épreuves
13:15au même moment
13:16peuvent échanger
13:17sur une plateforme
13:19qui est tenue secrète.
13:22J'imagine qu'il y en a certaines
13:24qui doivent se rencontrer
13:25et échanger même de leur côté.
13:28Le fait d'avoir un ennemi commun,
13:29c'est vraiment ce qui permet
13:31l'expérience de la fraternité
13:33et de la sororité.
13:38Depuis l'annonce de sa maladie,
13:40Géraldine Normoy a pris des notes
13:42sur ce qu'elle vivait.
13:43Elle en a tiré un livre
13:44écrit sous forme de journal intime.
13:46J'ai appelé mon livre
13:48Un cancer pas si grave
13:49parce qu'au moment
13:51où j'ai annoncé mon cancer,
13:53je me suis entendue
13:54dire que mon cancer
13:55n'était pas aussi grave
13:56à quelqu'un qui réagissait
13:58avec beaucoup d'émotion
13:59et qui était très attristé
14:00par ce qui m'arrivait.
14:02Je me suis rendue compte
14:03que moi, je ne le concevais pas
14:04de manière aussi dramatique
14:06et c'est resté.
14:08Beaucoup de gens sont choqués
14:09par le titre,
14:10ce que je comprends très bien.
14:12C'est un titre,
14:13donc il y a une pointe
14:14de provocation
14:15que j'assume.
14:17Mais je pense que
14:18par rapport à ce titre,
14:19il faut bien considérer
14:21chaque mot.
14:22Certaines personnes sont choquées
14:23parce qu'elles pensent
14:25que je veux dire
14:27que le cancer n'est pas grave.
14:29Ce qui n'est pas du tout
14:30mon propos.
14:32Moi, je dis simplement
14:34que ce cancer
14:36n'a pas été aussi grave
14:38que ce que je craignais.
14:40J'avais une idée
14:43terrifiante du cancer.
14:45C'était une de mes plus grandes peurs.
14:47Et j'ai été surprise,
14:48très agréablement surprise,
14:50de voir que
14:52au XXIe siècle,
14:53en France,
14:55on peut être très bien soigné
14:57avec une grande attention
15:00portée au confort
15:01de la patiente.
15:02Je ne dis pas
15:03que c'est le cas
15:04de toutes les patientes
15:06qui ont un cancer du sein,
15:07malheureusement,
15:08en France.
15:09Je ne dis pas
15:10que le cancer ne tue pas.
15:12Le cancer du sein
15:13tue 12 000 femmes par an.
15:16C'est beaucoup trop.
15:17Et moi,
15:18puisque je suis en contact
15:19avec des femmes
15:20qui ont un cancer,
15:22j'en ai vu
15:23qui ne sont plus là.
15:25Je pense en particulier
15:26à Maëlle Sigono,
15:27qui a fait un podcast
15:28pour raconter
15:29son cancer métastatique.
15:32Donc,
15:32évidemment,
15:33je sais que
15:34le cancer peut être
15:35très grave,
15:36peut être fatal.
15:37Mais c'est justement
15:38parce qu'il peut être
15:40grave,
15:41voire fatal,
15:42que moi,
15:43j'ai conscience
15:43de la chance que j'ai eue
15:44d'avoir un cancer
15:46pas si grave.
15:47J'avais envie
15:48de dire
15:49aux autres,
15:51oui,
15:52peut-être qu'un jour,
15:53vous aurez
15:54un cancer,
15:56mais sachez quand même
15:57que ça ne sera pas
15:57forcément aussi grave
15:59que l'idée
15:59que vous vous en faites.
16:01C'est bien de le savoir
16:02pour ne pas forcément
16:05trop craindre
16:06le cancer,
16:07parce qu'en plus,
16:08ce qui se passe
16:08quand on craint
16:09beaucoup le cancer,
16:10c'est qu'on ne va pas
16:10se faire dépister.
16:12Alors que si on l'envisage
16:13comme quelque chose
16:14qui peut arriver,
16:15mais qui sera gérable
16:16et qui, en plus,
16:17pourra même peut-être
16:18apporter du positif,
16:19je pense que ça permet
16:20d'aborder les choses
16:21de manière plus sereine,
16:22parce que le gros problème
16:23qui demeure
16:25avec tous les types
16:27de cancers,
16:27c'est que plus
16:29ils sont détectés tard
16:30et plus c'est compliqué.
16:36Qu'est-ce que cet épisode
16:37représente ?
16:38C'est une parenthèse ?
16:40C'est une renaissance.
16:42Mon cancérologue
16:43m'a dit
16:43un cancer,
16:45ça vous casse
16:46ou ça libère
16:47votre créativité.
16:50Ça m'a permis
16:51d'aller plus vite
16:53à l'essentiel.
16:55Après,
16:56personne ne connaît
16:56le futur.
16:59Je garde toujours
17:00dans un coin de ma tête
17:01que le cancer
17:03peut revenir
17:04et c'est aussi
17:05ce qui me permet
17:06de savourer
17:07beaucoup plus qu'avant
17:09chaque journée
17:10que je vis.
17:14Claudia,
17:15qu'est-ce qui t'a
17:15le plus frappée
17:16chez Gerline Dormoin ?
17:18Ce qui m'a le plus frappée
17:19à la lecture de son livre
17:20et quand je l'ai rencontré
17:21ensuite,
17:22c'est son optimisme
17:22qui est assez déconcertant.
17:25Il se trouve que
17:25finalement,
17:26elle l'explique très bien
17:27et elle insiste bien
17:28sur le fait
17:29que ce n'est pas
17:30parce qu'elle a vécu
17:31les choses de cette manière-là
17:32que c'est pareil
17:32pour tout le monde.
17:33Depuis son cancer,
17:35beaucoup de choses
17:35ont changé pour elle.
17:36Oui,
17:37sa vie a beaucoup changé
17:38pendant qu'elle avait un cancer
17:39mais ce qui est intéressant
17:41à constater pour elle,
17:42c'est qu'il y a des habitudes
17:43qu'elle a gardées
17:44et il y en a
17:44qui ont disparu.
17:45Elle s'était mise
17:48pendant la période
17:49de son traitement.
17:49Elle continue à le faire
17:50aujourd'hui.
17:51Ça fait qu'elle court souvent,
17:54ça fait qu'elle médite
17:55avant le début de sa journée.
17:56Elle dit qu'elle a
17:57beaucoup plus d'énergie
17:58qu'avant,
17:58qu'elle a beaucoup moins peur
17:59de manière générale
18:00et surtout,
18:01ce qui a changé,
18:02c'est son rapport au travail
18:03puisqu'elle était extrêmement stressée
18:05et maintenant,
18:05elle l'est beaucoup moins.
18:06Elle a gardé son groupe Facebook
18:07sur lequel elle dialogue
18:08avec d'autres femmes ?
18:10Oui,
18:10elle l'a gardé.
18:11Elle est moins active
18:12elle dessus
18:13mais il y a quand même
18:14beaucoup de femmes
18:14qui sont dessus,
18:15qui échangent
18:16et c'est intéressant
18:17pour ces femmes la diète
18:18puisqu'elles s'échangent
18:19des tuyaux,
18:20ça peut être des marques
18:21de produits,
18:21ça peut être des conseils
18:23pour se sentir mieux
18:23à certains moments
18:24des traitements.
18:25Donc ce groupe,
18:26il existe toujours
18:27et toutes les femmes
18:27qui sont intéressées
18:28peuvent la contacter
18:29pour le rejoindre.
18:41Merci Claudia Prolongeau,
18:43Code Source
18:44et le podcast
18:45d'actualité du Parisien,
18:46production Clara Garnier-Amourou,
18:48réalisation Alexandre Ferreira.
18:50Si vous aimez Code Source,
18:52n'hésitez pas à en parler
18:53à vos proches
18:54ou sur les réseaux sociaux.
18:55Nous sommes disponibles
18:57sur leparisien.fr,
18:58toutes les applications
18:59de podcast mais aussi
19:00Deezer et Spotify
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