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Lorie, chanteuse phare des années 2000, raconte dans son livre « Revivre », publié en mars dernier aux éditions Robert Laffont, avoir souffert pendant des années d’endométriose, une maladie inflammatoire incurable qui touche près de 10% des femmes en France. Lorie Pester raconte son combat contre l’endométriose au micro d’Ambre Rosala.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.

#loriepester #endometriose

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Elle a vendu des millions d'exemplaires de ses albums dans les années 2000,
00:15avant de multiplier les rôles dans des séries et des films pour la télévision.
00:19Mais en parallèle de sa carrière artistique, la chanteuse et comédienne Laurie Pester
00:24a pendant longtemps souffert d'endométriose, une maladie qui touche une femme sur dix en France
00:30et qui lui provoquait d'intenses douleurs, au point qu'elle a décidé de se faire retirer l'utérus en
00:352021.
00:36A 41 ans, Laurie raconte ce long combat dans un livre intitulé « Revivre » sorti à la fin du
00:43mois de mars
00:43et elle a accepté de revenir sur son parcours dans Code Source au micro d'Ambre Rosala.
01:00Laurie s'appelle en réalité Laure Pester.
01:02Elle est née le 2 mai 1982 au Plessis-Bouchard dans le Val-d'Oise.
01:06Elle est fille unique, son père est régisseur dans une radio et sa mère est chef comptable.
01:11C'est une enfant très dynamique et très sportive, passionnée de patinage artistique.
01:16J'étais une boule d'énergie.
01:19Je commence le patinage, j'ai 6 ans, mais ça fait quand même déjà un an que je tanne mes
01:25parents pour qu'ils m'inscrivent.
01:27Sauf que le médecin avait dit à mes parents à 5 ans, c'est quand même un peu jeune, le
01:32corps n'a pas fini d'être vraiment...
01:34La colonne vertébrale, ce n'est pas vraiment solidé, tout ça.
01:37Tous les matins, mes parents disaient « Maman, tu m'emmènes à la patinoire, maman, tu m'emmènes à la
01:42patinoire. »
01:43Et donc à 6 ans, elle a dit « Ok, c'est bon, on peut. »
01:46Donc elle m'a inscrite et elle ne savait pas qu'elle allait en avoir pour 10 ans.
01:53Au collège, puis au lycée, Laurie s'inscrit en section sport-études pour pouvoir s'entraîner sérieusement au patinage.
01:59Elle remporte de nombreuses médailles et rêve de devenir championne olympique.
02:04Mais à force d'entraînement, elle se blesse aux genoux quand elle a 15 ans.
02:08La jambe droite, c'est ma jambe de réception, donc elle prend pas mal de choc.
02:12Je me suis fracturée le ménisque à quelques mois des championnats de France.
02:16Le drame.
02:17Très dur, surtout que moi je suis un peu détu, donc je me fais opérer.
02:21Le chirurgien me dit qu'il faut attendre 6 à 8 mois avec rééducation.
02:24Évidemment, au bout d'un mois, après l'opération, je me dis « Ah, c'est cool, j'ai pas
02:28trop mal. »
02:30Les championnats de France, c'est dans à peu près un mois et tout.
02:32Peut-être que si je reprends l'entraînement maintenant, je pourrais peut-être les faire.
02:36Sauf que mon genou était trop fragile.
02:39Je me suis recassée, donc réopération.
02:43Le chirurgien m'a un peu secouée en disant « J'ai l'impression que t'as un bon caractère,
02:46t'as un peu dédu.
02:48Je vais t'expliquer, ton genou c'est quand même ton corps.
02:51Si tu fais n'importe quoi, tu pourras plus rien faire.
02:55Prends-en soin. »
02:57J'ai attendu 6 à 8 mois avec rééducation.
03:01J'ai repris l'entraînement doucement, sauf que là, c'était plutôt dans la tête que ça se passait.
03:05C'est-à-dire que j'avais peur.
03:06J'avais peur d'avoir cette douleur, j'avais peur de sauter.
03:10Donc bon, quand tu doutes avant un saut, c'est sûr que tu vas le terminer sur les fesses.
03:14Et à un moment donné, il fallait bien que je voie la vérité en face.
03:17Laurie prend alors la décision d'arrêter le patinage artistique.
03:20À ce moment-là, et alors qu'elle se remet encore de sa blessure au genou,
03:24elle décide de devenir chanteuse.
03:27Quand je me suis dit « Ok, je vais arrêter le patinage », je me suis posé la question de
03:32« Qu'est-ce que j'aimais dans ce sport ? »
03:34Moi, je vibrais pour ça et je ne vivais que pour ça.
03:37Et je me suis rendue compte qu'en fait, j'aimais donner de la magie aux gens.
03:41J'aimais danser avec des petites tuniques à paillettes, sur une musique sympa,
03:48et sur une lame de 1,5 cm, sur de la glace, et faire croire aux gens que c'est
03:53super facile.
03:54Alors qu'en fait, on a les pieds en sang, et des hématomes partout, et qu'on a mal partout.
03:58Mais voilà, c'était vraiment donner du spectacle aux gens, donner de la magie aux gens.
04:03Donc je prends des cours de chant, des cours de danse, et je commence à passer des castings.
04:10Alors il y a des choses pour lesquelles j'ai été prise.
04:13J'avais fait chorister danseuse pour une émission pour France 2.
04:17J'ai fait un spectacle pour enfants aussi, qui s'appelait la Baby Boom Dance.
04:20J'avais 16 ans, on a fait 6 fois le Zénith.
04:23C'était la première fois que je faisais le Zénith, je n'étais pas du tout connue.
04:26Et c'était à 16 ans, j'étais en stress total.
04:28Et puis il y a d'autres choses où je n'ai pas été prise.
04:31Et voilà, c'est normal, c'est le jeu du casting.
04:34En passant des castings pour devenir choriste et danseuse, Laurie rencontre un producteur.
04:39Ensemble, ils enregistrent un single, Près de moi,
04:42qui sort le 2 mai 2001, le jour des 19 ans de la chanteuse.
04:52La chanson est un énorme succès
04:54et grimpe à la deuxième place des titres les plus écoutés en France à ce moment-là.
04:58Parfois, j'aimerais qu'il me prenne dans ses bras
05:05Tout près de moi
05:10Son album, Près de toi, sort 6 mois plus tard.
05:13Il dépasse le million d'exemplaires vendus et en très peu de temps, Laurie commence à être reconnue dans la
05:18rue.
05:19Un jour, elle veut aller faire du shopping avec des amis dans le centre de Paris,
05:23quand elle est reconnue par une foule de personnes.
05:25Il y en a une qui voulait aller faire du shopping au Halle.
05:28Bon, c'était peut-être pas le meilleur endroit, mais elle voulait un magasin bien particulier.
05:33Et donc, on va là-bas.
05:34Et hélas, il y a trop de monde, quoi, en fait, qui commence à me reconnaître.
05:40Et ça commence à être dangereux.
05:41Et donc, il y a un vigile d'un magasin qui nous fait rentrer dans le magasin,
05:45qui ferme les portes du magasin.
05:47Et c'était devenu...
05:48En fait, je ne m'étais pas rendue compte du tout de ça, quoi.
05:51Pour moi, j'allais faire du shopping avec mes copines tranquille.
05:54Je le savoure, mais en même temps, j'essaye de toujours avoir une longueur d'avance.
05:59C'est-à-dire, on commence à bosser sur d'autres chansons et puis sur le tournage du clip.
06:04Parce qu'en même temps, on se dit, OK, bon, là, c'est super, ça marche.
06:08Mais attention, demain, tout peut s'arrêter aussi.
06:11Donc oui, j'en profite un max.
06:13Et en même temps, je fais tout pour pas que ça s'arrête.
06:17Entre 2002 et 2008, Laurie sort quatre nouveaux albums,
06:21tous certifiés de disques d'or ou de platine.
06:23Elle tourne des dizaines de clips, part en tournées quatre fois
06:26et réunit en tout deux millions de spectateurs.
06:30À la fin de sa dernière tournée, en décembre 2008,
06:33Laurie décide de faire une pause musicale pour se consacrer à la comédie.
06:37Pour son premier rôle, Laurie incarne une patineuse
06:39dans le téléfilm de TF1 diffusé en 2008, de Feu et de Glace,
06:43un rôle spécialement écrit pour elle.
06:46Elle tourne ensuite dans d'autres téléfilms,
06:48dans des séries et des films au cinéma.
06:51Alors qu'elle poursuit sa carrière de comédienne et de chanteuse,
06:54sur le plan personnel, Laurie décide d'arrêter de prendre la pilule.
06:57Elle a une trentaine d'années et elle entend dire
06:59que cette contraception présenterait des risques pour la santé.
07:03Je décide de ne plus prendre la pilule,
07:05non pas parce que je voulais avoir des enfants,
07:07mais parce qu'on entendait plein de choses à ce moment-là sur la pilule.
07:13Et donc je me suis dit, mais ouais, mais attends,
07:15il faut que moi aussi je la prends depuis que je suis ado et tout.
07:18Donc je décide de ne plus la prendre.
07:20Et là, mes cycles deviennent de plus en plus abondants
07:23et les douleurs, au fur et à mesure,
07:27deviennent de plus en plus fortes.
07:28Sur le coup, je ne m'en rends pas compte.
07:30Parce que c'est un petit peu chaque mois.
07:31Un petit peu, un petit peu, un petit peu, un petit peu,
07:33jusqu'au jour où, un matin, je ne peux plus me lever de mon lit.
07:39Nous, on nous a toujours dit que c'était normal d'avoir mal pendant ces règles.
07:43Et puis moi, je m'étais dit, ok, bon, bah c'est normal.
07:45Et il y a des femmes qui ont un peu moins mal,
07:48qui ont pas mal du tout.
07:50Et il y a des femmes qui ont très, très, très mal.
07:52Bon, bah moi, manque de bol, je fais partie des femmes qui ont très, très, très mal.
07:55Pour moi, c'était ça.
07:56Donc je ne m'inquiétais pas du tout.
07:58En 2015, quand elle a 33 ans,
08:00Laurie apprend qu'elle fait une grossesse extra-utérine,
08:03c'est-à-dire que l'embryon se développe en dehors de l'utérus.
08:06Son médecin lui prescrit un traitement pour interrompre la grossesse
08:09et lui conseille de rester chez elle pendant quelques jours pour se reposer.
08:12Et au bout du, je ne sais plus, deuxième ou troisième jour,
08:15je commence à avoir des douleurs de dingue.
08:18Des douleurs à en tomber dans les pommes.
08:20Je perds connaissance une première fois.
08:21Et puis je perds connaissance une deuxième fois.
08:24Et là, je dis, ouais, quand même, j'ai vraiment super mal.
08:26Et le fait de perdre connaissance, il ne m'en a pas vraiment parlé.
08:29Il ne m'a pas parlé de douleur, en tout cas.
08:32Donc je l'appelle et je lui dis ce qu'il se passe.
08:34Et il me dit, tu viens me voir tout de suite.
08:37J'arrive dans son cabinet, il m'ausculte
08:39et j'étais en train de faire une hémorragie.
08:41Il me dit, tu vas à la clinique, là.
08:44Au bout de la rue, je t'opère dans deux heures.
08:47Il m'opère.
08:49Tout se passe très bien.
08:50Et il me dit, ok, c'est tout bon.
08:53Enfin voilà, on a tout nettoyé, tout ce qu'il fallait.
08:55Par contre, j'ai vu que tu avais de l'endométriose.
08:58Je me dis, ah, c'était ça en fait.
09:01Finalement, ce n'était pas normal.
09:04Et d'un autre côté, tu vois, maladie gynécologique,
09:11une maladie chronique qui ne se soigne pas,
09:13qui peut poser des problèmes pour avoir des enfants, tout ça.
09:17Et là, tu fais, oh, mais qu'est-ce que c'est que ce truc, en fait.
09:24L'endométriose est une maladie inflammatoire incurable
09:27qui touche près de 10% des femmes.
09:29Pour comprendre, chaque mois, l'endomètre,
09:32la muqueuse qui recouvre la partie intérieure de l'utérus,
09:34se désagrège et est évacuée naturellement,
09:37ce qui donne les règles.
09:38Mais chez une femme atteinte d'endométriose,
09:41cette muqueuse se développe aussi en dehors de l'utérus,
09:44ce qui crée des lésions et provoque de vives douleurs.
09:47Pour Laurie, ces douleurs ont lieu avant, pendant et après ces règles.
09:51Il y a peut-être une petite semaine dans le mois où elle est tranquille,
09:53mais le reste du temps, elle doit vivre avec
09:55et prendre des antidouleurs quasi quotidiennement.
09:58J'étais obligée d'adapter mon planning, ma vie,
10:03en fonction de cette maladie, en fonction des douleurs.
10:07C'est une douleur permanente.
10:09En tout cas, pour moi, c'était ça.
10:10C'était une douleur tout le temps, du matin jusqu'au soir,
10:15pour tout ce que je faisais.
10:16Je restais trop longtemps assise, j'avais mal.
10:17Je restais trop longtemps debout, j'avais mal.
10:19J'allais aux toilettes, j'avais mal.
10:20Pendant les rapports, j'avais mal.
10:21Quand je chantais, on utilisait le ventre, j'avais mal.
10:25J'avais mal tout le temps, tout le temps, tout le temps.
10:27Et donc, j'étais épuisée.
10:29Si, à un moment donné, j'avais plus de cachet,
10:32il fallait que j'en mette partout.
10:34J'en mettais dans mon sac, dans mes poches de manteau,
10:37dans la cuisine, dans la salle de bain, dans la chambre.
10:40C'était quelque chose qu'il fallait que j'aie tout le temps, tout le temps, tout le temps.
10:43Parfois, quand la maladie s'est trop propagée,
10:45une opération est possible pour retirer du corps les muqueuses
10:48qui se sont développées en dehors de l'utérus.
10:50En 2016, Laurie se rend donc chez le radiologue
10:53pour passer une IRM et voir où en est son endométriose.
10:56Il me parle mal, il me prend de haut.
11:00Il était hautain et puis il me dit,
11:01oui, enfin, ça va, cette maladie est à la mode, là.
11:04Vous en avez un peu, mais vous allez pouvoir vivre avec vos petites douleurs.
11:07Oh ! Mais d'une violence.
11:10Alors déjà, cette maladie est à la mode qui m'explique.
11:13Je pense qu'il y a d'autres moyens pour être à la mode
11:15que d'être malade.
11:18Et puis en fait, en plus, il avait complètement faux
11:20parce que quand j'ai envoyé les images au professeur,
11:22il m'appelle, il me dit, mais en fait, il faut vous opérer d'urgence.
11:28Laurie se fait opérer, mais son endométriose finit par réapparaître
11:31et ses douleurs persistent.
11:33L'année d'après, en 2017,
11:34elle rejoint le casting de la série télévisée à succès
11:38« Demain nous appartient » sur TF1.
11:39Elle préfère ne pas parler de sa maladie au travail,
11:42de peur que ça lui porte préjudice.
11:44Sur les bateaux de tournage,
11:47parfois, je perdais connaissance.
11:49J'essayais de ne pas le dire et de ne pas le montrer,
11:51mais parfois,
11:53les cachets, les antidouleurs,
11:55ça ne faisait plus rien.
11:57Et puis, en fait,
11:59j'étais tellement là à essayer de surmonter ça
12:01et de faire semblant qu'à un moment donné,
12:04le corps, il dit « Non, non, stop ! »
12:06Blackout et perte de connaissances.
12:08Plusieurs fois, j'ai fait des rendez-vous.
12:11Par exemple,
12:13un rendez-vous avec un réalisateur
12:14qui cherche une comédienne.
12:17pour un rôle,
12:18il faut une fille pétillante,
12:21avec pleine d'énergie et tout.
12:23Ce que je pense être en temps normal.
12:25Mais là, j'avais tellement mal
12:27pendant le rendez-vous
12:28que j'étais là sans être là.
12:30J'y me posais des questions,
12:31je répondais à côté de la plaque,
12:33j'avais de tensions.
12:35Enfin, j'étais vraiment...
12:37C'était pas ça.
12:38Donc, évidemment,
12:39il ne m'a jamais rappelé
12:40que je n'ai pas eu le rôle.
12:41Mais alors que j'aurais pu,
12:43vraiment, c'était pour moi.
12:49Laurie rencontre son compagnon,
12:50Yann, en 2018.
12:52Il décide d'avoir un enfant.
12:53Mais l'endométriose
12:55est une maladie
12:56qui complique la grossesse
12:57et elle n'arrive pas
12:58à tomber enceinte.
12:59Elle entame alors
13:00un long parcours de PMA,
13:01de procréation médicalement assistée,
13:03et elle tombe finalement enceinte
13:04au début de l'année 2020.
13:06Pendant ses mois de grossesse,
13:08son cycle menstruel
13:09est bien sûr mis en pause
13:10et elle n'a plus aucune douleur.
13:12Sa fille, Nina,
13:13naît au mois d'août.
13:14Quelques semaines plus tard,
13:16ses règles
13:16et donc ses douleurs
13:18réapparaissent.
13:20C'est revenu assez rapidement
13:21mais je ne pensais pas
13:24que ça allait revenir
13:25plus fort,
13:26pire, pire qu'avant.
13:27Des douleurs
13:28à plus de pouvoir,
13:29j'étais épuisée en fait.
13:31Je ne pouvais plus,
13:32je ne pouvais même pas la porter.
13:34Avec quatre mois,
13:35elle ne pesait pas grand-chose.
13:37Je ne pouvais pas jouer
13:38avec elle par terre.
13:39Je ne pouvais plus rien faire en fait.
13:42Le déclic,
13:43c'est mon chéri
13:44qui me dit
13:44« Mais regarde,
13:46regarde comment t'es.
13:48Tu ne peux plus continuer comme ça,
13:49tu ne peux pas vivre comme ça.
13:50Ce n'est pas possible. »
13:52Et puis ma fille aussi,
13:53le déclic,
13:53c'est ça aussi,
13:54de se dire
13:54« Mais je ne peux pas profiter
13:55pleinement des moments avec elle.
13:56Donc il faut que je fasse vite
13:57quelque chose. »
13:59Laurie prend rendez-vous
13:59avec le professeur
14:00qui la suit.
14:01Elle fait une nouvelle IRM
14:02et son médecin lui annonce
14:04qu'en plus de l'endométriose,
14:05elle souffre aussi d'adénomyose.
14:07C'est un peu comme de l'endométriose,
14:09sauf que les tissus de l'endomètre
14:11se développent à l'intérieur même
14:12du muscle de l'utérus.
14:14Son médecin lui explique
14:15qu'il y a peut-être une solution
14:16pour calmer ses douleurs,
14:18l'hystérectomie,
14:19une opération pour lui retirer l'utérus.
14:22Je fais « Ok, sauf que l'hystérectomie
14:24veut dire plus d'enfants. »
14:27Ça a été un choix très difficile.
14:30Le cheminement, il est long.
14:31Pour prendre cette décision,
14:33ça a été compliqué.
14:34Je faisais un pas en avant,
14:35deux pas en arrière.
14:36Un jour, j'ai tellement mal.
14:38Ok, je m'ai fait opérer.
14:39Le lendemain,
14:40j'ai un petit peu moins mal,
14:41mais que j'ai quand même mal,
14:42mais un peu moins mal.
14:43Je fais « Oh non, en fait, ça va. »
14:45Et c'est vraiment compliqué
14:46à prendre cette décision.
14:48Et puis je ne comprends pas
14:49pourquoi je bloque à ce point-là.
14:54Après plusieurs mois de réflexion,
14:56Laurie prévient son médecin
14:57qu'elle accepte finalement
14:58de se faire opérer.
15:00Quand il m'appelle
15:01pour me donner la date de l'opération,
15:03je raccroche,
15:04je fais une crise de panique.
15:05Je n'avais jamais fait ça de ma vie.
15:06Je me suis dit « Mais qu'est-ce qui m'arrive ? »
15:07Je tremblais, je pleurais,
15:09je n'arrivais plus à respirer.
15:10Et je me dis « Mais il y a vraiment
15:11un truc bizarre en fait,
15:13parce que l'opération en elle-même,
15:15ce n'est pas ça qui me fait peur.
15:16Je crois que c'était ma treizième.
15:17Je connais, ce n'est pas ça.
15:19L'équipe, j'ai entièrement confiance.
15:21Ce n'est pas ça.
15:22On en a discuté avec mon compagnon.
15:24On ne veut plus avoir d'enfant.
15:26Ça, OK.
15:28On était sûr de nous.
15:29Et je me dis « Mais il y a quelque chose
15:31qui bloque, je ne sais pas quoi. »
15:32Et donc, j'appelle une amie qui est psy.
15:35Et là, je la vois.
15:36Et pendant cette séance,
15:38en fait, je me rends compte
15:39que mon inconscient
15:41avait associé mon utérus à ma fille.
15:44Et que donc,
15:45si on allait m'enlever mon utérus,
15:48on allait m'enlever ma fille.
15:49Et donc là, le travail à faire,
15:50c'était vraiment de dissocier les deux
15:54et de se dire « OK,
15:55ce n'est pas parce qu'on va t'enlever ton utérus
15:56qu'on va t'enlever ta fille. »
15:58« Il va se passer un truc avec ta fille. »
15:59Donc, voilà.
16:00Il a fallu travailler là-dessus.
16:03Et cette séance m'a beaucoup,
16:05beaucoup, beaucoup aidée.
16:07Même si,
16:08sur la table d'opération,
16:10juste avant que l'anesthésiste
16:11m'injecte le produit,
16:13quand il me dit « Bon, allez, on y va. »
16:15Là, j'ai des larmes
16:17qui se remettent à couler.
16:18Je lui dis « Allez, dépêchez-vous
16:20de m'endormir.
16:21Dépêchez-vous que ça se termine.
16:22Je n'en peux plus, en fait,
16:24de cette décision. »
16:28Laurie se fait opérer
16:29le 20 avril 2021.
16:30Au réveil,
16:31elle se sent d'abord soulagée.
16:33D'un côté soulagée
16:34et d'un autre côté un peu
16:38nostalgique.
16:39Je me dis « Bon, ça y est.
16:40Ça y est, c'est fait. »
16:42Et je commence dans ma tête
16:44à faire plein de listes
16:45où je commence à faire la liste
16:46et de dire « OK, ça y est, c'est fait. »
16:49Je ne pourrais plus
16:51me cacher dans les toilettes
16:52avec un test de grossesse.
16:53Je ne pourrais plus
16:55réfléchir à comment
16:56je vais l'annoncer
16:57à mon compagnon.
16:58Je ne pourrais plus
16:59toucher mon ventre,
17:01mon gros ventre
17:02et parler à ma fille
17:04et la sentir bouger.
17:06Voilà, c'est...
17:07On fait le deuil
17:07de pas mal de choses, quand même.
17:10Et comment ça va aujourd'hui ?
17:12Depuis, c'est le jour et la nuit.
17:15Vraiment, je revis.
17:17Je ne regrette pas du tout,
17:19en fait, aujourd'hui,
17:20avec du recul,
17:21parce que je n'ai plus de douleur.
17:22Je revis.
17:24Je redécouvre une vie normale,
17:26en fait, sans douleur.
17:37Ambre, la première fois
17:38que Laurie a témoigné
17:39de son endométriose,
17:40c'était en 2018.
17:42Est-ce qu'elle a le sentiment
17:43qu'on en parle
17:43de plus en plus aujourd'hui ?
17:45Oui, complètement.
17:46Elle trouve qu'on en parle
17:46de plus en plus
17:47depuis quelques années
17:48et que c'est très bien.
17:50Maintenant, elle pense aussi
17:50qu'il y a encore
17:51du travail à faire.
17:52Elle trouve qu'on devrait
17:53mieux former
17:53le personnel médical,
17:55par exemple,
17:55et aussi qu'on devrait
17:57peut-être informer
17:58les jeunes filles
17:58dans les collèges
17:59à propos de cette maladie
18:00et qu'on leur dise
18:01que ce n'est pas normal
18:02d'avoir mal pendant les règles.
18:03J'ai parlé au début
18:04de ce podcast
18:04de son livre « Revivre »,
18:06paru fin mars
18:07aux éditions Robert Laffont,
18:09mais elle a aussi sorti
18:10un album,
18:10quelques mois plus tôt.
18:11Oui, elle a sorti
18:12un mini-album en janvier
18:13qui s'appelle
18:14Hyper Laurie, volume 1,
18:16dans lequel elle reprend
18:17certains de ses anciens tubes
18:18en duo avec d'autres artistes.
18:20On retrouve par exemple
18:21le chanteur Bilal Hassani
18:22et un deuxième volume
18:24avec d'autres reprises
18:25doit sortir
18:26dans le courant de l'année.
18:27Merci Ambre Rosala,
18:29Codesource,
18:29c'est le podcast
18:30d'actualité du Parisien.
18:31Parlez-en autour de vous
18:32et surtout,
18:33laissez-nous des commentaires
18:34et des étoiles
18:35sur votre plateforme
18:36d'écoute préférée.
18:37C'est ce qui nous aide
18:38le plus à nous faire connaître.
18:39Cet épisode de Codesource
18:41a été produit
18:41par Raphaël Pueyo
18:43et Barbara Gouy,
18:44réalisation Pierre Chafanjon.
18:46Ne ratez pas les deux autres podcasts
18:48du Parisien,
18:49Crime Story,
18:50une affaire criminelle
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18:52avec Claudia Prolongeau
18:53et Damien Delsenis
18:54et le mercredi,
18:55dans le Sacre,
18:56un ou une médaillée d'or,
18:58olympique ou paralympique,
19:00se confie au micro
19:01de la journaliste
19:02Anne-Laure Bonnet.
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