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Entre démissions et délais de prise en charge toujours plus longs, la crise dans les hôpitaux continue de s’accentuer. Avec l’épidémie de Covid-19 qui repart à la hausse, des membres du personnel soignant l’affirment : «cet été, il va y avoir des morts».

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Lolla Sauty et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : TF1, Europe 1, France 24, L’Alsace.fr.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Malgré un plan de 30 milliards d'euros annoncé au printemps 2020,
00:16la situation dans les hôpitaux publics en France est compliquée.
00:20Difficultés à recruter, sous-effectifs, sentiments d'épuisement général,
00:24une organisation syndicale de médecins hospitaliers prédit même un cataclysme sanitaire à venir.
00:31Au-delà de ces mots, que se passe-t-il actuellement dans les hôpitaux français ?
00:35Codesource fait le point aujourd'hui avec la journaliste du Parisien Florence Méréo,
00:40spécialiste santé au sein du service société.
00:51Florence Méréo, on a choisi de commencer ce podcast au moment de la première vague du Covid en France.
00:56Le vendredi 13 mars 2020, le ministre de la Santé, Olivier Véran, déclenche le plan blanc dans tout le pays.
01:02Le plan blanc, ça veut dire quoi d'un mot ?
01:04Et surtout, qu'est-ce que vous, vous constatez dans les mois qui suivent dans les hôpitaux en France ?
01:08Le plan blanc, c'est tout simplement la plus haute mesure d'urgence dans les hôpitaux.
01:13On va le déclencher lorsqu'il y a une activité accrue et inhabituelle, type un attentat,
01:19ou lorsqu'il y a une situation sanitaire exceptionnelle.
01:23C'est évidemment le cas avec le Covid.
01:26Donc il va d'abord être déclenché dans le Grand Est et en Ile-de-France,
01:29et puis vous le disiez, le 13 mars, il est généralisé à tout le pays.
01:32« Cet arrêt de l'activité programmée nous permet de déclencher ce qu'on appelle le plan blanc maximal
01:38pour faire face à toute éventualité. »
01:40Donc ça veut dire qu'il va y avoir des cellules de crise dans les hôpitaux,
01:43il va y avoir des opérations qui peuvent être déprogrammées, reportées, voire annulées,
01:48et il y a la possibilité de réaffecter les soignants vers les services où ils seront le plus utiles.
01:54L'hôpital va être submergé, mais il va quand même garder un petit peu, un bout de tête hors de
01:59l'eau.
01:59Mais à quel prix ? Au prix d'efforts considérables des soignants.
02:03Et on le sait, ils sont sortis cette crise fière, mais essorée, très fatiguée.
02:10Toujours en 2020, entre le 25 mai et le 10 juillet,
02:13le gouvernement organise une grande consultation des différents acteurs du système de soins français.
02:19Consultation baptisée Ségur de la Santé, en référence à l'adresse du ministère de la Santé,
02:24avenue de Ségur à Paris.
02:25À l'issue de ces consultations, qu'est-ce qui est annoncé ?
02:2833 mesures pour l'amélioration des conditions de travail et des revalorisations salariales.
02:34Pour les infirmières, cela correspond à 183 euros net de plus sur leur fiche de paye chaque mois.
02:40Et au total, le gouvernement chiffre le Ségur de la Santé à environ 30 milliards d'euros,
02:4519 milliards d'investissements et 10 milliards pour les augmentations de salaires.
02:49Mais ces annonces ne vont pas suffire, c'est ce que les soignants vont dire,
02:53et c'est ce que l'on va voir dans cet épisode.
02:55Pourquoi d'abord en résumé ?
02:57Des milliards, ça peut paraître beaucoup, mais au final, ce n'est pas tant que ça.
03:01On parlait des 183 euros du salaire des infirmières, mais c'est en deçà de la moyenne européenne.
03:07Les infirmières en Allemagne ou en Espagne, elles sont mieux payées.
03:10Et les représentants des infirmiers vont dire que ce n'est pas 183 euros qu'il faudrait,
03:14c'est entre 300 et 500 euros.
03:17Et finalement, on voit que le problème devient structurel.
03:19Il y a les salaires, il y a les conditions de travail dégradées,
03:21il y a une perte de sens dans le métier.
03:24Et puis après, c'est un petit peu le cercle infernal.
03:26Non seulement on peine à recruter du personnel soignant,
03:29mais aussi on peine à garder celui qui est en place.
03:32En 2021, le 10 décembre, un mouvement de colère part de l'hôpital de Strasbourg.
03:36Aujourd'hui, ce moment de recueillement a pour but d'informer la population que l'hôpital public se meurt.
03:43Les soignants en ont ras-le-bol et en fait, ils vont le manifester par une minute de silence
03:48qu'ils vont observer tous les vendredis afin de marquer ce qu'ils appellent la fin annoncée de l'hôpital
03:54public.
03:55Donc on est en décembre, on voit les soignants qui sont dans le froid,
03:58qui se réunissent par dizaines.
03:59Avec un peu ce symbole, finalement, ils se taisent pour mieux faire entendre leur mal-être.
04:04Ça ne va pas se cantonner à Strasbourg, ça va prendre, on va aller voir à Marseille, à Caen.
04:09Je me souviens une fois avoir appelé un médecin à Paris qui m'a dit
04:12« Attendez, je suis en minute de silence, je vous rappelle tout de suite après. »
04:15Le jeudi 17 mars, un patient meurt aux urgences de Strasbourg, faute d'une prise en charge assez rapide.
04:20On sait qu'il est arrivé la veille, autour de 23h, avec une hémorragie digestive.
04:25C'est quelque chose qui se soigne assez bien, ce n'est pas très compliqué en termes de prise en
04:30charge.
04:30Mais ce jour-là, faute de personnel soignant suffisant, à cause d'un engorgement des urgences,
04:37le patient a attendu plus de 12h avant d'être réellement pris en charge.
04:41Et il a été retrouvé le lendemain, en début d'après-midi, en arrêt cardiaque.
04:46Et il est décédé quelques minutes plus tard.
04:48Il est resté dans une zone d'attente qui ne permet pas des soins optimales pendant beaucoup trop de temps.
04:53On ne peut plus se taire à dire à un moment donné « non, il n'y a pas de
04:55souci, on vous soigne correctement.
04:57Vous n'êtes plus en sécurité dans ces conditions. »
05:01Tout de suite, les soignants se sont rassemblés et ont dit « regardez, on vous disait que ça allait arriver.
05:06»
05:06Et malheureusement, c'est arrivé.
05:10À Bordeaux, à partir du mercredi 18 mai, les urgences de l'hôpital Pellegrin ferment partiellement la nuit, faute de
05:17soignants.
05:18Florence Méreau, concrètement, que se passe-t-il dans cet hôpital ?
05:21Dans cet hôpital, pour pouvoir aller aux urgences, il faut donc désormais montrer patte blanche.
05:25On ne peut pas y aller sans une très bonne raison.
05:28Et ça, c'est quelque chose de totalement inédit.
05:31Et ça va créer à ce moment-là un espèce d'électrochoc national.
05:35Bordeaux, c'est l'hôpital public de la 9e ville de l'Hexagone.
05:40Moi-même, j'ai fait des reportages aux urgences de Bordeaux.
05:43C'est dans un immense complexe hospitalier.
05:45C'est moderne, c'est dynamique.
05:47Et on se dit, si eux n'y arrivent pas, si eux n'arrivent pas à faire face, très honnêtement,
05:52qui le peut ?
05:52Derrière cette décision, il y a l'idée que parfois des gens vont aux urgences sans une bonne raison ?
05:57L'idée, c'est de dire qu'il y a certaines situations qui ne sont pas si urgentes qu'elles
06:01n'y paraissent.
06:02Mais c'est aussi un problème de disponibilité des médecins de ville.
06:05Et certaines personnes n'ont tout simplement pas d'autre choix que d'aller aux urgences.
06:08Après la présidentielle des 10 et 24 avril et la réélection d'Emmanuel Macron, il y a un remaniement du
06:14gouvernement le 21 mai.
06:16Et le ministre de la Santé change.
06:18Passation de pouvoir entre le sortant, Olivier Véran, et la nouvelle ministre, Brigitte Bourguignon.
06:22Quelques jours plus tard, Florence Méreau, le 25 mai, la Confédération des praticiens des hôpitaux, la CPH,
06:29utilise des mots très forts pour alerter la nouvelle ministre.
06:32Oui, ils parlent de risque de cataclysme sanitaire et ils vont dire qu'aujourd'hui, quasiment la totalité des hôpitaux
06:39manque de personnel.
06:40À cette période, fin mai, de nombreux services d'urgence en France sont obligés de réduire leur activité.
06:45Oui, il y a une association qui s'appelle le SAMU Urgence de France, qui est une association importante, qui
06:50a pignon sur rue,
06:51qui va sortir une carte disant que 120 des 650 services d'urgence en France sont en grande difficulté.
06:59C'est des services qui vont avoir des fermetures la nuit et même certains vont faire du délestage.
07:04Le délestage, ça veut dire qu'on va renvoyer des patients vers un autre service.
07:07Et là, c'est le cas pour des établissements à Châteauroux ou à Laval.
07:11Une mission flash, c'est le terme choisi et qui fait rire jaune les professionnels de santé.
07:16Le 31 mai, le président Emmanuel Macron commande une mission dite flash, une mission d'urgence d'un mois
07:22pour diagnostiquer la crise des services d'urgence à l'hôpital et proposer des pistes de réponse.
07:27Cette commission est présidée par un certain François Braun. Qui est-il ?
07:31C'est un médecin qui a 59 ans, un médecin urgentiste, qui est aussi le chef du service des urgences
07:38de l'hôpital de Metz-Thionville
07:39et qui préside la fameuse association SAMU Urgence de France qui avait établi la carte un peu alarmiste.
07:46Ça, c'est pour sa partie publique.
07:48Ce que l'on sait moins, c'est que François Braun a également été le conseiller santé
07:51lors de la deuxième élection d'Emmanuel Macron.
07:55Le 7 juin, une journée nationale de mobilisation, c'est-à-dire de grève ou de manifestation, est organisée dans
08:00le pays.
08:01Les soignants sont appelés à la grève ce mardi. Des rassemblements sont prévus dans une cinquantaine de villes.
08:07C'est à l'initiative de neuf syndicats et de plusieurs collectifs de soignants.
08:12Ils vont revendiquer des hausses de salaire, des hausses des effectifs, des meilleures conditions de travail.
08:18C'est un mouvement qui va prendre pas mal d'ampleur. Plus de 50 villes vont y participer.
08:22Le lendemain, le 8 juin, la nouvelle ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, fait des annonces sans attendre le résultat
08:28de la mission flash.
08:30Oui, parce qu'elle dit que la situation est difficile, même si elle refuse d'employer des mots un peu
08:34plus catastrophistes, on va dire.
08:36Elle refuse de noircir le tableau, mais elle dit oui, c'est très difficile.
08:39Et donc, elle va proposer que les infirmières puissent exercer leur métier avant la remise officielle de leur diplôme.
08:45Dès qu'elles ont fini leurs études, mais avant la remise officielle de leur diplôme.
08:49Elle va également dire que les médecins retraités peuvent venir à l'hôpital en renfort sans perdre leur retraite, en
08:55l'accumulant.
08:56Et également, elle annonce le doublement des heures supplémentaires.
08:59Quelles sont les réactions d'un mot ?
09:00Il est dit qu'elle ne va pas assez loin.
09:02Une médecin, moi, va me dire, les médecins retraités, on essaye.
09:07Sauf qu'ils ne veulent plus revenir.
09:08Les conditions, elles sont trop mauvaises.
09:11Le jeudi 9 juin, le Parisien publie une lettre ouverte à Emmanuel Macron, rédigée par la FHF, la Fédération Hospitalière
09:19de France.
09:19Que dit cette lettre ?
09:20Elle dit que le constat, il est alarmant, que l'été va être difficile.
09:24Mais elle propose des solutions.
09:26Et finalement, en filigrane, ce qu'on peut voir, c'est que oui, on peut sauver l'hôpital public,
09:31à condition d'y mettre des moyens à court, à moyen et surtout à long terme.
09:34Il faut vraiment redresser le paquebot.
09:37Il y a une des mesures que moi, j'ai trouvé assez nouvelle, c'est qu'ils proposaient également de
09:41réguler les congés des médecins de ville,
09:43de les faire participer à la permanence des soins.
09:46La Fédération Hospitalière de France arguait que dans les entreprises, tout le monde ne prenait pas ses congés en même
09:51temps
09:51et qu'il faudrait peut-être faire pareil pour les médecins de ville.
09:54Florence Méréo, ce jour-là, le Parisien publie un reportage que vous avez fait au centre hospitalier d'Avignon, dans
09:59le Vaucluse.
10:00Qu'est-ce que vous voyez sur place, dans les couloirs de cet hôpital ?
10:03Des brancards.
10:03Des brancards.
10:04Et dès que j'arrive aux alentours de 14h30, il y en a déjà huit qui sont en file indienne,
10:09dans les couloirs de l'hôpital.
10:11C'est beaucoup.
10:12Ça veut dire que c'est des patients qui vont attendre pendant longtemps.
10:15Et la chef de service est encore assez émue du week-end qu'elle vient de passer.
10:20Elle a travaillé tout le week-end.
10:21Il y a eu plus de 220 passages aux urgences par 24 heures.
10:25C'est beaucoup parce que normalement, c'est autour de 170.
10:28Donc ça a été éprouvant.
10:29Et surtout, elle me dit que ça préfigure l'été qui va arriver.
10:33Cet hôpital, on ne l'a pas choisi par hasard.
10:36Avignon, vous le savez, accueille un grand festival de théâtre, mais qui draine également 30% de plus de gens
10:43qui vont aller aux urgences.
10:45Et donc, l'été s'annonce rude.
10:47Vous faites parler une retraitée, Huguette, qui attend depuis des heures sur son brancard.
10:52Oui, Huguette, elle a 76 ans.
10:53Elle est effectivement retraitée de l'agriculture dans la région.
10:57Elle cultivait des pommes.
10:58Et elle est arrivée par ambulance à 7h du matin parce qu'elle n'arrivait plus à parler.
11:03Donc ça peut être des signes assez inquiétants.
11:05Donc de 7h à 19h, elle n'aura pas mangé.
11:08Elle n'aura pas bu.
11:09Elle attend d'être prise en charge.
11:10Et Huguette, elle me dit, vous savez tout ça, on le voit à la télé, mais là, le vivre en
11:15vrai, c'est très impressionnant.
11:16Et plus tard, quand elle va être un peu plus fatiguée en fin de journée, elle va aussi me dire,
11:20mais est-ce qu'on peut toujours être soigné aujourd'hui en France ?
11:23Vous discutez aussi avec le directeur de l'hôpital et il parle ouvertement de ses difficultés.
11:27Il dit, on est au pied du mur.
11:29Ce directeur, ce n'est pas un petit nouveau.
11:31Il a dirigé des hôpitaux publics et privés.
11:34Il dit que lui n'a jamais vu une telle situation.
11:37Le dimanche 19 juin, au second tour des élections législatives, la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, est battue.
11:44Ça veut dire, selon la règle qui a été fixée par l'Elysée, qu'elle va devoir démissionner et être
11:49remplacée à peine un mois après son arrivée.
11:52Florence Méréo, le 23 juin, vous publiez dans Le Parisien une enquête sur ce qu'on appelle l'intérim médical.
11:58De quoi s'agit-il ?
11:59En fait, ce sont des médecins qui, en plus de leur poste, vont aller faire des missions temporaires dans des
12:06services où il manque de bras, où il manque de médecins.
12:08Des services qui sont en difficulté, donc ils vont faire des missions de 24 heures, par-ci, par-là.
12:13Sur le principe, c'est un tarif qui est plafonné, qui est de 1170 euros la garde.
12:18Sauf que là, les services sont en tension.
12:20Il manque énormément de personnel.
12:22Donc, il va y avoir une disproportion entre l'offre et la demande.
12:26Résultat, ces missions intérimes vont être proposées à des tarifs exorbitants.
12:302000, 2500, jusqu'à 4000 euros la garde de 24 heures.
12:34Nous, on a pu consulter pas mal d'annonces.
12:36Il y a même des annonces où on dit, vous aurez à disposition une bouilloire.
12:40C'est vraiment faire venir le médecin coûte que coûte.
12:43Et des fois, certains intérimaires vont jusqu'à faire jouer les enchères.
12:46Un directeur d'hôpital me confiait que parfois, la veille d'une mission intérime,
12:52certains médecins rappelaient en demandant une augmentation de leurs tarifs
12:57pour finalement venir faire leur garde le lendemain.
13:00C'est évidemment très problématique.
13:02C'est de l'argent public.
13:03Un service est composé parfois à 50 ou 60 % d'intérimaires.
13:07Comment est-ce que vous montez des projets ?
13:08Comment est-ce que vous faites des projets stables de services ?
13:11C'est impossible.
13:12Les hôpitaux ont du mal à recruter partout en France ?
13:15Oui, partout en France.
13:16Et ce n'est pas forcément toujours les mêmes manques de personnel.
13:19Parfois, c'est les infirmières, comme en Ile-de-France,
13:21parce que cela coûte très cher de se loger.
13:22Dans d'autres, l'hôpital d'Avignon, ça va plutôt être des médecins qui manquent.
13:27Le lundi 27 juin, plusieurs syndicats de médecins hospitaliers
13:31et de médecins de ville, les médecins libéraux,
13:33publient un communiqué commun.
13:35Ils réclament une régulation des patients avant leur arrivée aux urgences.
13:40En résumé, sauf urgence vitale, il faudra d'abord appeler aux 15
13:43pour avoir le droit de se présenter à l'accueil aux urgences.
13:47Oui, et c'est rare que médecine de ville et médecine hospitalière parlent d'une même voix.
13:52D'habitude, c'est toujours un peu la guerre de tranchées.
13:54Et donc, dans ce communiqué, ils vont dire que,
13:56vous savez, cette campagne, les antibiotiques, ce n'est pas automatique,
13:59qui est resté dans les esprits.
14:00Là, c'est un petit peu la même chose.
14:01Les urgences, ça ne devrait pas être automatique.
14:03Les résultats de la fameuse mission Flash doivent être présentés
14:07à la première ministre Elisabeth Borne le vendredi 1er juillet.
14:11Florence Méréo, avec votre collègue spécialiste santé Elsa-Marie,
14:15vous dévoilez les recommandations la veille, le jeudi, dans Le Parisien.
14:19Alors, quelles sont les principales mesures proposées ?
14:21Il y en a 41, dont justement une campagne d'information grand public.
14:26Le fait aussi que les médecins de ville pourront avoir une revalorisation de 15 euros
14:30s'ils prennent un patient qui est envoyé par le SAMU,
14:34et également plusieurs mesures type déploiement de la téléconsultation.
14:37Et toutes les mesures sont reprises par Elisabeth Borne, c'est ça ?
14:40Oui, intégralement reprises, même si elle va dire qu'en fait,
14:43les hôpitaux ne sont pas obligés de les reprendre toutes,
14:45mais qu'il faut s'adapter, territoire par territoire.
14:48Finalement, c'est comme une boîte à outils.
14:49Le lundi 4 juillet, la composition du nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne est dévoilée,
14:54gouvernement qui fait suite aux élections législatives,
14:57et le nouveau ministre de la Santé est François Bronne,
15:00dont on a parlé, le président du SAMU Urgence de France,
15:03qui a été chargé de réaliser la mission Flash.
15:05Florence Méréo, comment réagissent les syndicats d'urgentistes
15:08et des autres soignants de l'hôpital à cette nomination ?
15:11Ils disent que François Bronne, c'est quelqu'un de sérieux, de rigoureux,
15:14quelqu'un qui est réputé pour être à l'écoute.
15:16Il n'a pas vraiment de mots plus haut que l'autre.
15:18Donc ça, c'est plutôt appréciable.
15:20Et puis, ça a une cohérence, c'est-à-dire qu'il a posé le diagnostic,
15:23il a établi l'ordonnance, maintenant qu'il la met en œuvre,
15:26c'est plutôt très cohérent.
15:28En revanche, la crainte pour eux, c'est que François Bronne
15:31soit trop centré sur l'hôpital.
15:33Or, cette crise, même si on parle beaucoup des urgences,
15:35ce n'est pas qu'une crise des urgences.
15:36On en parle parce que les urgences, c'est, si vous voulez,
15:39le miroir de l'hôpital, c'est sa porte d'entrée.
15:41Mais le problème, il est structurel.
15:43Ça va être le problème de la médecine de ville,
15:45de la désertification médicale et aussi du manque de soignants
15:48dans les lits autres que les urgences à l'hôpital.
15:51Et d'ailleurs, François Bronne va le dire
15:53lors de sa passation de pouvoir à laquelle j'ai assisté.
15:55Il va employer des mots forts, il va dire
15:57c'est tout le système de santé qui est à bout de souffle.
16:01Florence Méréo, au-delà du choix de ce nouveau ministre,
16:04les professionnels de santé redoutent une situation
16:07particulièrement compliquée cet été dans les hôpitaux.
16:09Oui, il y a un professeur de médecine
16:11qui m'a dit d'un ton un peu las, un peu inquiet,
16:16savoir si on va pouvoir passer l'été,
16:18on en est là, le point de rupture n'est pas à exclure.
16:20Moi, j'ai trouvé que c'était une phrase forte.
16:22Évidemment, dans l'esprit des soignants,
16:24la crainte, c'est qu'il y ait de nouveaux morts,
16:26de nouveaux drames qui auraient pu être évités à l'hôpital.
16:42Merci Florence Méréo.
16:44Cet épisode de Côte-Source a été préparé avec Lola Sauti,
16:47production Raphaël Pueillot et Thibaut Lambert,
16:49réalisation Julien Moncouquiole.
16:52Côte-Source est le podcast d'actualité du Parisien,
16:54un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
16:57Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner,
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17:05ou nous écrire
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17:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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