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Une réunion de citoyens, qui auront 6 mois pour travailler, doit débuter en décembre. Elle devrait aboutir en 2023, à une nouvelle loi sur la question. Code source raconte comment ce débat a traversé la France depuis 20 ans avec Bérangère Lepetit, journaliste au service société du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : INA, BFTMTV.

#euthanasie #findevie

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 12 septembre, Emmanuel Macron a annoncé le lancement d'une convention citoyenne sur la fin de vie.
00:17Une réunion de citoyennes et de citoyens qui auront six mois pour travailler
00:21et qui devrait aboutir en 2023 à une nouvelle loi sur la question.
00:25Même si rien n'est arrêté à ce stade, cette convention pourrait ouvrir la voie à une légalisation de l
00:32'euthanasie.
00:33En France, cela fait plus de 20 ans que la mesure est régulièrement évoquée,
00:37mais jusqu'ici, les gouvernements successifs n'ont pas souhaité l'adopter.
00:41Codesources résume ces deux décennies de débats avec Bérangère Lepetit,
00:46journaliste au service Société du Parisien, elle couvre la question de la fin de vie.
01:06Bérangère Lepetit, le lundi 12 septembre, Emmanuel Macron tient une conférence de presse
01:11devant l'association de la presse présidentielle et il fait une annonce importante.
01:16Il annonce le lancement d'une convention citoyenne sur la fin de vie,
01:19dès le mois d'octobre, pour une durée de six mois.
01:21Et le cas échéant, insiste-t-il bien, cela fera changer le cadre légal de la loi,
01:27qui est la loi Claes-Leonetti, adoptée en 2016.
01:30En clair, ça veut dire quoi ?
01:31En clair, ça veut dire qu'il ouvre le débat sur le sujet de l'euthanasie.
01:35Alors on va voir comment on en est arrivé là.
01:37Et pour bien comprendre, il faut commencer à la fin des années 90,
01:40quand le socialiste Lionel Jospin est le premier ministre de cohabitation du président Jacques Chirac.
01:46Une loi est votée sur la fin de vie, loi portée par un certain Lucien Neuwirth,
01:50un sénateur de droite.
01:52À ce moment-là, c'est le père de la pilule, Lucien Neuwirth,
01:55qui est à l'origine de la première loi sur la fin de vie.
01:59Lui reconnaît le droit à bénéficier de soins palliatifs pour être soulagé en fin de vie.
02:04Et dans cette loi, il organise aussi le développement des unités de soins palliatifs
02:08dans les hôpitaux et les cliniques.
02:10Les soins palliatifs, c'est quoi en quelques mots ?
02:12En fait, les soins palliatifs, ils sont administrés aux patients en fin de vie,
02:16aux patients qui sont atteints d'une maladie incurable,
02:19et ils visent à soulager la douleur et à assurer la meilleure qualité de vie possible aux patients.
02:23Et en mars 2000, le Comité Consultatif National d'Éthique rend un rapport sur la question de la fin de
02:29vie.
02:29Pour la première fois, le CCNE reconnaît qu'il peut y avoir des exceptions.
02:34Il propose la notion d'engagement solidaire et d'exception d'euthanasie.
02:38Et précisons qu'il ne s'agit bien sûr que d'un avis.
02:41Deux ans plus tard, en mars 2002, une grande loi sur les droits des malades est adoptée.
02:45La loi Kouchner, du nom de Bernard Kouchner, le ministre de la Santé à ce moment-là,
02:50qu'est-ce qu'elle prévoit sur la fin de vie ?
02:52C'est la première loi qui consacre le droit du patient de prendre des décisions concernant sa santé.
02:57En fait, la grande innovation de cette loi, c'est la création de la personne de confiance
03:01qui sera désignée en amont par le malade.
03:04C'est elle qui sera consultée sur les bonnes décisions à prendre
03:07si la personne ne peut plus s'exprimer et qu'elle est trop malade.
03:11Et enfin, dans cette loi, il y a aussi le fait que les soignants devront s'assurer
03:16que leur patient meurt dans la dignité.
03:18C'est la première fois qu'on parle de ça.
03:19Que se passe-t-il la même année en Belgique ?
03:22La même année en Belgique, c'est le vote de la loi qui fait encore référence aujourd'hui.
03:27C'est la loi de 2002 qui dépénalise l'euthanasie.
03:30Après les Pays-Bas, la Belgique a donc décidé de légaliser partiellement l'euthanasie
03:36dans un cadre extrêmement strict.
03:38Après un long débat, l'autorisation de la mort douce pour préserver la dignité humaine
03:42n'a pas suscité de violentes polémiques.
03:44L'euthanasie pourra donc dans ce pays être appliquée à tout majeur ou mineur
03:48arriver en phase terminale d'une maladie incurable qui en formule la demande.
03:52Alors d'un mot, c'est quoi l'euthanasie ?
03:53En fait, l'euthanasie, à l'origine, c'est le fait d'avoir une mort douce,
03:57qu'elle soit naturelle ou pas.
03:59Enfin, ça vient du grec.
04:00Mais par extension, et aujourd'hui, l'euthanasie, c'est devenu en fait une manière de désigner
04:06l'acte médical qui vise à provoquer le décès d'un individu atteint d'une maladie incurable.
04:12En septembre 2003, une femme, Marie-Himbert, donne la mort à son fils,
04:17une affaire qui bouleverse la France.
04:18Vincent Himbert, c'était un jeune pompier qui avait été victime d'un accident de la route.
04:23En 2000, et suite à ça, il était devenu muet, aveugle et tétraplégique.
04:28On lui avait même cousu les paupières pour que ses yeux ne se déshydratent pas.
04:32En 2002, il avait formulé la demande au président Jacques Chirac,
04:36le président de l'époque, qui lui avait demandé le droit de mourir.
04:39Et le président Chirac lui avait répondu en lui disant qu'il n'en avait pas le droit,
04:43qu'il n'était pas au-dessus des lois.
04:45Un an plus tard, la mère de Vincent, donc Marie-Himbert,
04:49a injecté à son fils des barbituriques.
04:51Ce qui a plongé Vincent dans le coma.
04:54Vincent Himbert est mort ce matin.
04:56Ce jeune tétraplégique était dans le coma depuis hier,
04:58depuis que sa mère avait tenté d'abréger ses souffrances.
05:01Aujourd'hui, ce sont les médecins qui ont décidé de limiter les thérapeutiques actives.
05:06C'est cette grande affaire, en fait, qui a secoué la France,
05:09qui a donné lieu, deux ans plus tard, à la première grande loi sur l'euthanasie.
05:18Nous sommes en avril 2005, pendant le second mandat de Jacques Chirac.
05:22Une nouvelle loi sur la fin de vie est adoptée, la loi Léonetti, du nom du député de droite,
05:28Jean Léonetti. Que prévoit ce texte ?
05:30La loi Léonetti, elle interdit l'acharnement thérapeutique.
05:34Et en creux, elle autorise un droit au laisser mourir pour les soignants.
05:38Ce droit au laisser mourir qui peut prendre la forme de l'arrêt de soins vitaux
05:42ou l'administration de substances antidouleurs à des doses
05:44ayant pour effet secondaire d'abréger la vie.
05:48Ça veut dire que les médecins peuvent, en accord avec le patient,
05:51arrêter le traitement médical.
05:52La loi Léonetti insiste aussi sur ce qu'on appelle les directives anticipées.
05:56Oui, alors les directives anticipées, c'est normalement rédigé en amont
06:01quand le malade est encore en mesure de prendre des décisions, qu'il peut parler.
06:06Et il exprime ses volontés en matière de traitement.
06:09Mais en fait, c'est une mesure qui reste peu connue et peu appliquée.
06:13Dans les années qui suivent, on parle régulièrement dans l'actualité
06:15d'une femme qui souffre d'une forme rare de cancer
06:18qui lui déforme le visage de façon très violente, Chantal Sébire.
06:22Alors Chantal Sébire, c'est une ancienne professeure des écoles
06:25qui est encore jeune, qui a un peu plus de 50 ans.
06:29Et elle a une tumeur rarissime.
06:31Ça lui déforme cruellement le visage, elle devient aveugle.
06:33Je demande à ce qu'on m'aide à partir
06:36parce que je vais aller dans des souffrances qu'on ne va plus mesurer.
06:40Vous savez, quand vous avez comme une aiguille qui vous rentre dans l'œil,
06:42comme une vrille qui vous serre à l'intérieur,
06:44la souffrance de la personne est à un tel point
06:47jusqu'à quel point on n'est pas baso de la laisser dans cette situation-là.
06:50Elle se suicidera quelques jours plus tard suite à son suicide.
06:55Jean Léonetti, donc le député UMP qui est à l'origine de la loi de 2005,
07:00est chargé d'un nouveau rapport qui rejette la légalisation de l'euthanasie.
07:05Mais pour la première fois, il reconnaît que sa loi est mal appliquée
07:08et qu'elle nécessite des aménagements.
07:10Pendant la campagne présidentielle 2012,
07:12le candidat socialiste François Hollande fait une promesse relativement claire dans son programme.
07:16C'est le point 21. Il dit que toute personne doit pouvoir bénéficier d'une assistance médicalisée
07:22pour terminer sa vie dans la dignité.
07:24Une fois élue, la majorité de François Hollande autorise en mai 2013 le mariage homosexuel.
07:29Mais après ça, échaudé par les manifestations de la famille pour tous,
07:33il veut ensuite éviter à tout prix de crisper à nouveau l'électorat catholique.
07:38Bérangère Lepetit, que fait-il sur la question de la fin de vie ?
07:41Sur la question de la fin de vie, finalement, François Hollande reste assez flou.
07:46Il commande des rapports, il hésite, il cherche le consensus.
07:50Il finit par demander au professeur Didier Sicard, l'ex-président du Comité national d'éthique, un rapport.
07:56Ce dernier préconise un geste médical accélérant la survenue de la mort, dans certains cas.
08:01Mais toujours, il rejette l'inscription dans la loi du droit à l'euthanasie.
08:05Finalement, c'est un tandem de députés de deux bords politiques différents qui vont être nommés pour rédiger une loi.
08:12Le socialiste Alain Clès et toujours le même, le médecin Jean Léonetti, qui était à l'origine de la loi
08:20de 2005.
08:21Et en février 2016, la loi Clès-Léonetti est adoptée.
08:24Que dit ce texte par rapport à la précédente loi ?
08:26Ce texte prévoit d'instaurer une sédation profonde et continue jusqu'au décès pour des malades atteints d'une affection
08:34grave et incurable.
08:36Donc en fait, c'est une forme d'euthanasie passive.
08:38On va endormir le malade jusqu'à son décès, en arrêtant toute alimentation et toute hydratation.
08:46Le texte Clès-Léonetti renforce aussi le poids de ce qu'on appelle les directives anticipées qui s'imposeront désormais
08:55aux médecins.
08:55Donc les médecins seront obligés de tenir compte de ces directives données en amont par le malade.
09:01Pour ces partisans, cette loi est satisfaisante. Pourquoi ?
09:04Les partisans vont dire que cette loi instaure l'euthanasie passive et qu'elle résout la totalité des cas de
09:11malades incurables qui souffrent et qui sont en fin de vie.
09:14Qu'elle résout le problème en fait.
09:16Quels sont les manques dénoncés par ceux qui jugent au contraire cette loi insuffisante ?
09:20Ceux qui jugent cette loi insuffisante, c'est notamment l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, l
09:25'ADMD.
09:26Ils disent que ce cadre législatif ne répond pas totalement à certaines situations,
09:31notamment celles des patients atteints de maladies incurables et dont le pronostic vital est engagé à moyen terme,
09:39c'est-à-dire de quelques semaines à quelques mois.
09:40Parce que la loi Clès-Leonetti, elle parle des patients atteints de maladies incurables dont le pronostic vital est engagé
09:48à court terme.
09:51Depuis le début des années 2010, une nouvelle affaire fait régulièrement la une de l'actualité, c'est l'affaire
09:57Vincent Lambert.
09:58Vincent Lambert est un homme plongé dans un état végétatif, chronique, depuis un accident de la route en 2008.
10:04Bérangère Lepetit, que se passe-t-il en juillet 2019 ?
10:07Le 11 juillet 2019, Vincent Lambert meurt au CHU de Reims, et donc cela au bout de 8 jours et
10:13demi après l'arrêt des traitements et de l'alimentation qu'il maintenait en vie.
10:16C'est un docteur, le docteur Sanchez, qui finit par prendre cette décision.
10:21Il sera d'ailleurs poursuivi par les parents de Vincent Lambert qui sont de fervents catholiques et qui souhaitaient coûte
10:26que coûte maintenir depuis des années leur fils en vie.
10:29L'épilogue d'un long feuilleton judiciaire et médiatique qui, de tribunaux en tribunaux, de cour de cassation en Conseil
10:36d'État jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme, a opposé deux clans.
10:40D'un côté donc le neveu et la femme de Vincent Lambert contre un acharnement thérapeutique.
10:46On apparaît que ça vous manque et soit fait.
10:48De l'autre, ses parents qui, au nom de leur conviction catholique, ont toujours défendu le droit à la vie
10:54de leur fils.
10:55Avant ça, pendant la campagne présidentielle 2017, le candidat Emmanuel Macron a pris position sur la question de l'euthanasie.
11:02Lors d'un entretien à la télévision, il admet devant un journaliste qu'il souhaite choisir sa fin de vie.
11:10Et vous, vous voulez choisir votre fin de vie ?
11:12Moi je souhaite choisir ma fin de vie.
11:14Mais dans son programme, il dira qu'il veut maintenir et appliquer la loi Leonetti sur la fin de vie.
11:20Donc il y a une petite différence.
11:21Alors que se passe-t-il sur cette question, une fois qu'il est élu pendant son quinquennat ?
11:25Au niveau législatif, la loi n'évolue pas. Il ne se passe rien.
11:31En 2021, le 3 mars, une ancienne responsable politique française, Paulette Ginchard-Kunstler,
11:37qui a été secrétaire d'Etat aux personnes âgées sous Lionel Jospin, est obligée de partir à l'étranger pour
11:42mourir.
11:43Elle était victime d'une maladie neurodégénérative irréversible.
11:47C'est l'ancienne secrétaire d'Etat aux personnes âgées du gouvernement Jospin.
11:51Elle est restée deux ans, de 2001 à 2002.
11:54C'était une fille d'agriculteur, plutôt directe.
11:57Et donc à 71 ans, atteinte d'une maladie génétique invalidante,
12:01elle a décidé de partir en Suisse, où le suicide assisté est autorisé.
12:05Ce qui est troublant dans cette affaire, c'est que quelques années plus tôt,
12:09elle avait signé une tribune dans Le Monde, où elle disait qu'elle était hostile à l'euthanasie,
12:13que la loi suffisait. Et finalement, elle a dû changer d'avis.
12:17Bérangère Lepetit, quelques semaines plus tard, en avril 2021, à l'Assemblée,
12:21un député défend une proposition de loi pour instaurer un droit à une fin de vie libre et choisie.
12:27C'est Olivier Falorni, un député de gauche. Lui, il veut légaliser l'euthanasie.
12:32C'est une grande loi de liberté, celle de l'ultime liberté qui est encore refusée aux Français.
12:37Cette loi permet une assistance médicalisée active à mourir.
12:41Il dit qu'elle serait contrôlée par un collège médical, par une commission de contrôle qui serait instaurée par la
12:47loi.
12:47Et l'euthanasie serait seulement à la demande explicite, réitérée, libre et éclairée du malade.
12:53Dans l'hémicycle, les députés adoptent l'article 1er du texte.
12:57Mais 5 élus, les Républicains, présentent ensuite des milliers d'amendements,
13:02ce qui bloque l'adoption de la loi.
13:04Ces 4000 amendements, mes chers collègues, ces feuilles, elles n'ont qu'un but,
13:10d'empêcher l'Assemblée nationale, d'empêcher les représentants de la nation.
13:17Bérangère Lepetit, comment le gouvernement de Jean Castex et le ministre de la Santé, Olivier Véran,
13:22voient cette initiative du député Falorni ?
13:25En fait, ils sont relativement attentistes, ils ne le soutiennent pas vraiment.
13:29Olivier Véran, lui, donc à l'époque ministre de la Santé, déclare que le débat mérite d'avoir lieu,
13:34mais il dit qu'il a besoin de temps.
13:37Et c'est à cette occasion qu'il promet un nouveau plan pour les soins palliatifs.
13:41Quelques mois plus tard, pendant la campagne présidentielle 2022,
13:44Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, présente son programme le jeudi 17 mars,
13:49à Aubervilliers, près de Paris.
13:51Que dit-il au sujet de la fin de vie ?
13:53Il annonce le lancement d'une convention citoyenne.
13:55Je suis très sensible à ce débat, et donc sur ce sujet, je souhaite que nous puissions avancer de manière
14:02apaisée.
14:02C'est pourquoi je pense que c'est un bon sujet pour une convention citoyenne.
14:07Et il ouvre également la porte à une loi.
14:10Il dira ensuite que sur la base des conclusions de cette convention,
14:14on pourra ou non aller au bout du chemin qui sera préconisé.
14:18Quelques jours plus tard, en marge d'un déplacement de campagne en Charente-Maritime,
14:22le président candidat fait une confidence.
14:24Face à une femme qui l'interroge sur l'un de ses amis à atteindre la maladie de Charcot,
14:28il se déclare en faveur d'une évolution vers le modèle belge.
14:32Donc en creux, il se déclare pour une dépénalisation de l'euthanasie.
14:38Bérangère Lepetit, l'opinion en France est de plus en plus favorable à une légalisation de l'euthanasie.
14:44Oui, d'après les derniers sondages, plus de 90% des Français soutiennent l'euthanasie.
14:48Ils sont aussi 9 sur 10 à soutenir le suicide assisté d'ailleurs.
14:51La communauté médicale est partagée.
14:54Les médecins qui sont contre l'euthanasie, quel est leur principal argument aujourd'hui ?
14:58Les médecins qui restent contre l'euthanasie disent que le cadre de la loi suffit.
15:02Donc la loi Clès-Leonetti de 2016.
15:04Ils disent aussi que les malades qui ne sont pas concernés par la loi sont très rares.
15:08Emmanuel Macron est réélu président le 24 avril 2022.
15:11Et par ailleurs, le comité consultatif national d'éthique s'était saisi de la question dès 2021.
15:18Le comité rend son nouvel avis le mardi 13 septembre.
15:22Pour la première fois en France, le CCNE émet cet avis qui fera date.
15:27Il ouvre la voie à une aide active à mourir de façon contrôlée et encadrée.
15:31Donc le droit à l'euthanasie.
15:33Emmanuel Macron a connaissance de cet avis dès le 12 septembre.
15:36Le jour où il annonce donc le lancement d'une convention citoyenne.
15:39Ce que l'on racontait au début de cet épisode de Code Source.
15:43Bérangère Lepetit, quel doit être le calendrier de cette convention et des suites législatives ?
15:48Alors cette convention va être mise en place le 15 octobre.
15:53150 citoyens vont être tirés au sort sans aucun critère de religion, de sexe, de milieu social.
15:59Et cette convention citoyenne va commencer à se réunir en décembre.
16:03Jusqu'en mars, c'est Olivier Véran, l'ancien ministre de la Santé et l'actuel ministre du Renouveau démocratique
16:09qui va aussi être en charge de suivre ses travaux.
16:12Et ensuite, il y aura la restitution des travaux.
16:15Et le cas échéant, comme l'avait dit Emmanuel Macron, une loi en 2023.
16:21Le 29 septembre, Olivier Véran, qui est donc devenu ministre du Renouveau démocratique
16:26et qui est donc chargé de suivre cette convention citoyenne sur la fin de vie,
16:30et qui est en Belgique, à Liège, pour rencontrer des soignants qui pratiquent l'aide active à mourir.
16:37Oui, donc il s'est déplacé dans cet hôpital.
16:39Il a écouté longtemps, enfin pendant plus d'une heure, les médecins lui raconter le modèle belge.
16:45Mais sur le fond, il ne donnera pas vraiment son avis, Olivier Véran.
16:48Il rejette même l'idée que certains pays soient en avance sur d'autres.
16:52Il dit « je n'exprime pas d'opinion, je dois être le garant de la neutralité du débat ».
16:57En même temps, le fait même d'aller en Belgique, c'est un signe, j'imagine ?
17:00On sait bien que la Belgique, c'est le premier pays à avoir légiféré sur la question en 2002,
17:05que cette loi a fait référence.
17:06Donc ça montre quand même que la France est intéressée par le modèle belge.
17:10Bérangère Lepetit, la France s'achemine vers une légalisation de l'euthanasie ?
17:14C'est encore difficile de le dire parce qu'il n'y a pas eu d'annonce officielle.
17:18Mais vu la large adhésion des Français à cette idée, comme on le voit bien dans les sondages,
17:22on peut tout de même prévoir que la Convention citoyenne va se ranger à l'avis de la majorité des
17:26Français.
17:27Et oui, dans ce cas, on irait vers une légalisation de l'euthanasie.
17:41Merci à Bérangère Lepetit.
17:42Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou et Thibault Lambert.
17:47Réalisation, Julien Moncouquiole.
17:49Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
17:52Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
17:56Pour n'en rater aucun, n'oubliez pas de vous abonner sur votre appli audio préférée.
18:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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