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C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire de la Josacine empoisonnée. Près de 30 ans après la mort de la petite Emilie Tanay, une nouvelle demande de révision a été déposée le 8 février par les avocats de l’homme accusé du meurtre. Cet épisode de Code source est raconté par Louise Colcombet, journaliste au service police-justice du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France 2, France Inter.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le mercredi 8 février, le Parisien a révélé un nouveau rebondissement dans un dossier vieux de près de 30 ans,
00:18la mort brutale de la petite Émilie Tanné en 1994.
00:22A l'époque, cette fillette de 9 ans, atteinte d'une légère bronchite, est décédée en seulement quelques heures à
00:28l'hôpital.
00:28D'après l'enquête, le médicament contre la toux qu'elle a pris juste avant de mourir, la josacine, était
00:34empoisonnée avec du cyanure.
00:36Un homme a été jugé et condamné pour empoisonnement avec préméditation, 3 ans après les faits, mais il clame encore
00:43aujourd'hui son innocence.
00:44Son avocate a fourni cette année à la justice des éléments en espérant pouvoir relancer cette affaire.
00:51Cet épisode de Code Source est raconté par Louise Colcombet, journaliste au service police-justice du Parisien.
01:04Louise Colcombet, cette affaire débute le samedi 11 juin 1994 à Gruchet-le-Valasse,
01:10une commune située dans le département de la Seine-Maritime, entre Rouen et Le Havre.
01:15Qui est Émilie Tanné et que fait-elle ce jour-là ?
01:18Émilie Tanné, c'est une jeune écolière qui a 9 ans, qui est la fille unique de ses parents,
01:23et qui vit à Gruchet-le-Valasse.
01:26Et donc elle va passer ce week-end-là, parce que c'est un week-end de fêtes en fait,
01:29sur le thème du Moyen-Âge.
01:31Et elle est invitée à passer le week-end chez un copain de classe, Jérôme,
01:35et chez ses parents, donc les Tocqueville.
01:38Et donc elle part ce week-end-là, il y a tout un tas d'animations, notamment le soir un
01:43bal costumé.
01:44C'est la première fois que la fillette doit passer une nuit à dormir chez un camarade,
01:48et ce jour-là, Émilie est un peu malade,
01:51elle doit prendre des médicaments qui lui ont été prescrits par son médecin.
01:55Elle a une légère bronchite, et donc elle a deux médicaments,
01:58un expectorant en poudre à diluer,
02:01qui permet de tousser et d'évacuer un peu quand on est encombré au niveau des bronches.
02:05Et un flacon de sirop, la josacine,
02:09pareil, c'est de la poudre avec de l'eau qu'on dilue à l'avance,
02:11sa mère lui a préparé, et elle l'apporte avec l'expectorant aux parents de Jérôme,
02:16pour que la fillette prenne ses médicaments normalement pendant le week-end.
02:20En début de soirée, les Tocqueville s'apprêtent donc à partir à un banquet médiéval en compagnie de la fillette.
02:26Oui, alors tout le monde se prépare pour cette grande soirée,
02:30les enfants doivent porter un costume,
02:32et avant de partir, Émilie, vers 20h, boit ses deux médicaments,
02:36et elle va se plaindre, semble-t-il, que la josacine notamment a un mauvais goût,
02:40et boire de l'eau pour se rincer.
02:42Voilà, ensuite, il se passe environ un quart d'heure,
02:45parce qu'elle enfile son costume,
02:47elle aide Mme Tocqueville à fermer les boutons de sa robe,
02:51elle joue un peu, et puis la famille sort,
02:54ils parcourent une cinquantaine de mètres pour aller jusqu'au garage où se trouve la voiture,
02:57et là, d'un seul coup, Émilie s'effondre,
03:00complètement inanimée, les yeux révulsés.
03:02Dans la panique, en fait, M. Tocqueville la ramène à l'intérieur de la maison,
03:05la dépose sur le canapé.
03:06Ils essayent d'appeler les parents d'Émilie, qui ne répondent pas parce qu'eux-mêmes sont sortis,
03:10et ils vont appeler le SAMU,
03:12qui va arriver six minutes plus tard et trouver la petite-fille déjà dans le coma.
03:18Émilie Tannet est transportée à l'hôpital du Havre,
03:21où elle décède quelques heures plus tard.
03:23Elle est déclarée morte à 22h30.
03:25Les soignants sont très sceptiques,
03:27ils n'ont rien pu faire,
03:28ils n'ont pas vraiment identifié la cause de son mal, en fait.
03:32Ils pensent d'ailleurs à une rupture d'anévrisme sans grande conviction.
03:36En fin de soirée, l'hôpital demande à récupérer le flacon de Josacine
03:39qu'avait préparé la mère d'Émilie pour l'examiner.
03:42Les médecins ne comprenant vraiment pas de quoi elle a pu décéder,
03:47demandent plus d'explications au couple Tocqueville.
03:50Quand les urgentistes étaient arrivés chez eux,
03:52ils avaient désigné les deux médicaments,
03:54en disant qu'elle a trouvé que ça avait un mauvais goût,
03:56mais sans plus de détails.
03:57Et là, ils vont aller plus loin,
03:58ils vont dire effectivement qu'elle s'est pleine de brûlure,
04:01qu'elle s'est précipitée pour se rincer la bouche,
04:03voire même qu'elle a vomi.
04:05Donc là, évidemment, tout de suite,
04:06la suspicion se porte sur le médicament.
04:08Et donc, il est amené à l'hôpital
04:10par un ami de la famille qui s'appelle Denis Lecointre
04:14et qui lui-même avait été appelé en même temps que le SAMU
04:17par l'Étoqueville.
04:19Que découvrent les médecins en observant ce flacon de Josacine ?
04:22Alors dans un premier temps, pas grand-chose.
04:24C'est plutôt le lendemain matin qu'une infirmière va manipuler le flacon,
04:28va l'ouvrir.
04:29Visuellement, elle va avoir un aspect grumeleux, un peu orangé,
04:32et elle va être prise à la gorge par une forte odeur d'ammoniaque,
04:36au point que ça va lui occasionner des brûlures à l'osophage.
04:40Donc, ce flacon de Josacine, il est immédiatement suspect et il part en analyse.
04:45Le jeudi 16 juin, le laboratoire Bellon qui fabrique ce sirop, la Josacine,
04:50appelle à suspendre tous les traitements avec ce médicament.
04:53Il demande de ramener ce produit le plus vite possible en pharmacie.
04:57Il y a un vent de panique à ce moment-là ?
04:59Oui, le sirop de Josacine, c'est l'un des médicaments les plus prescrits pour les enfants.
05:03Il y en a des boîtes partout en France, chez tous les Français.
05:06Donc évidemment, il y a un vent de panique.
05:07Ça passe au JT de 20 heures quand même.
05:09Donc à l'époque, c'est quand même très solennel.
05:12Nous venons de recevoir, et je vais vous le communiquer,
05:15l'appel d'un laboratoire pharmaceutique, le laboratoire Bellon,
05:18à propos de l'antibiotique Josacine en suspension buvable.
05:23Le laboratoire demande aux personnes qui éventuellement utiliseraient l'antibiotique
05:27de suspendre tout de suite leur traitement
05:30et de ramener les flacons chez les pharmaciens.
05:32Et le lendemain, donc le 17 juin au matin, par la voix du procureur de la République du Havre,
05:37on va apprendre que le produit qui a provoqué la mort des militanais,
05:41qui a été retrouvé dans ce flacon, c'est du cyanure.
05:44Le vent de panique va être encore plus important,
05:45parce que le cyanure, ça renvoie à tout un imaginaire.
05:48C'est un poison, c'est très toxique, ça tue.
05:51C'est un peu le coup de massue pour tous les protagonistes,
05:54y compris les parents des militanais,
05:55qui vont apprendre à ce moment-là de quoi est réellement morte leur fille.
06:00Mais rapidement, le laboratoire est mis hors de cause.
06:03En clair, il n'y a pas eu de cyanure pendant la fabrication du médicament.
06:07Et les enquêteurs s'orientent donc vers d'autres pistes.
06:09Est-ce qu'ils vont suspecter les parents d'Émilie ?
06:11Oui, ils vont se demander si les parents n'ont pas cherché à tuer leur fille,
06:17en profitant du fait qu'elle ne soit pas chez elle ce week-end-là.
06:20Ils ne vont pas être ménagers,
06:22ils vont vers des perquisitions chez eux,
06:23ils vont être placés en garde à vue,
06:24on va même exhumer leur fille pour vérifier qu'elle n'a pas subi de violences sexuelles,
06:28en suspectant que peut-être le papa aurait pu faire ça.
06:32Et très vite, on va se rendre compte que ces gens-là n'ont rien à se reprocher,
06:35que ce sont juste des victimes et des parents
06:36qui souffrent atrocement d'avoir perdu leur fille de 9 ans.
06:39Et en ce qui concerne Sylvie et Jean-Michel Tocqueville qui gardaient la petite Émilie,
06:43est-ce qu'ils sont soupçonnés à ce moment-là ?
06:45Alors oui, ils font partie des suspects,
06:47ils sont aussi placés en garde à vue,
06:49il y a des saisies qui sont faites chez eux,
06:50mais les perquisitions sont un peu tardies,
06:52tout ça démarre vraiment l'enquête une semaine après les faits,
06:56quand on sait que c'est bien du cyanure qu'il y avait dans la Josacine.
07:00Et donc oui, on leur pose tout un tas de questions,
07:03ils donnent leur version, ils expliquent ce qui s'est passé ce soir-là,
07:06et rien ne va être retenu contre eux,
07:08ils vont être riés de la liste des suspects.
07:10Le 26 juillet, plus d'un mois après la mort d'Émilie,
07:13un homme est placé en garde à vue,
07:15il s'appelle Jean-Marc Deperrois, qui est-il ?
07:18Jean-Marc Deperrois, c'est un homme âgé de 46 ans,
07:22qui est marié, qui a un enfant,
07:23qui vit sur Grouchet-de-Valas,
07:25qui a monté sa petite entreprise d'imagerie industrielle,
07:28qui marche bien,
07:29il est aussi adjoint au maire,
07:31très investi dans la commune,
07:33et il se retrouve au centre de l'affaire,
07:35parce que Sylvie Tocqueville étant secrétaire de mairie,
07:38il se côtoie, dans le cadre de ses activités d'adjoint au maire,
07:40et ils ont une relation extra-conjugale.
07:43Et ça, les enquêteurs vont le savoir assez vite,
07:45et donc vont s'intéresser à lui.
07:47A l'issue de sa garde à vue,
07:48Jean-Marc Deperrois est mis en examen,
07:50et il devient le principal suspect dans cette affaire,
07:53pour quelles raisons ?
07:54Alors, il a intéressé les enquêteurs,
07:55parce qu'il est l'amant de Sylvie Tocqueville,
07:57que ça s'est passé chez les Tocqueville,
07:59et surtout, ils se sont rendus compte
08:01qu'il avait acquis du cyanure un mois avant.
08:04Dans le cadre de ses activités pour son entreprise,
08:07il s'en est débarrassé,
08:08juste après la mort d'Emilie Tannet,
08:11enfin environ une semaine après.
08:12En garde à vue, il ment.
08:14Il ment à plusieurs reprises,
08:16il ment mordicus,
08:17il dit que non, il n'a pas eu de cyanure,
08:19y compris quand on va le confronter
08:21à l'homme à qui il avait passé commande.
08:23Puis bon, il va finir par expliquer
08:25que s'il a menti,
08:26c'est parce qu'il avait peur d'être impliqué,
08:29peur qu'on dévoile sa relation
08:30avec Sylvie Tocqueville, etc.
08:32Mais ces éléments mis bout à bout,
08:35cette relation extra-conjugale,
08:36l'acquisition de cyanure,
08:37elle s'en est débarrassée
08:39immédiatement après le crime,
08:40tout ça va quand même former
08:41un faisceau d'indices graves à son encontre.
08:46Quelle est l'hypothèse des enquêteurs
08:48à ce moment-là ?
08:49Ce serait quoi son mobile ?
08:50Comme il ne connaît pas du tout
08:51le couple Tannet,
08:52on exclut totalement
08:53qu'il ait voulu s'en prendre
08:55à la petite Émilie.
08:56Donc la question va être de savoir
08:57s'il ne voulait pas nuire au Tocqueville
08:58et plus particulièrement
08:59au mari de Sylvie Tocqueville
09:01parce que M. Tocqueville va dire
09:03que plusieurs fois,
09:04il lui avait demandé
09:05de se séparer de sa femme, etc.
09:07Et on sait aussi que M. Tocqueville,
09:10la veille de l'empoisonnement d'Émilie,
09:12il a fait un malaise.
09:14Jean-Marc de Perroir aurait pu le savoir,
09:15donc il aurait voulu viser
09:18le mari de Mme Tocqueville
09:19en s'introduisant dans la maison
09:22parce que son entreprise est à 30 mètres.
09:24Il aurait glissé du cyanure
09:26dans la josacine
09:27en pensant que ce médicament
09:28était pour M. Tocqueville.
09:30En fin de compte,
09:30ce serait une sorte de crime passionnel
09:31mais raté
09:32puisque la cible était M. Tocqueville
09:34et que c'est Émilie qui est décédée.
09:41Dans l'actualité de ce vendredi 2 mai,
09:43également l'ouverture à Rouen
09:44du procès de la josacine.
09:46Le procès de Jean-Marc de Perroir
09:47s'ouvre en mai 1997
09:49devant la cour d'assises
09:51de la Seine-Maritime.
09:52En quelques mots,
09:53comment se déroule cette audience ?
09:54C'est un grand procès.
09:55Ça dure trois semaines.
09:56Il y a toute la presse qui est là
09:58parce que l'affaire a fait
10:00la une des médias pendant trois ans.
10:02Et puis surtout,
10:02il y a quand même deux clans
10:03qui sont formés.
10:04Il y a les pros et les antis de Perroir
10:05parce que très vite,
10:06l'épouse de Jean-Marc de Perroir
10:07va clamer son innocence
10:09et dire que c'est une erreur judiciaire.
10:11L'audience, elle est en fait assez incertaine
10:14parce que l'accusation est relativement bancale.
10:17Les expertises ne sont pas formelles,
10:18par exemple,
10:19pour expliquer que le cyanure
10:20qu'il a pu commander
10:21aurait été exactement le même
10:22que celui de la josacine.
10:24Tout ça est un peu bancal,
10:25mais finalement,
10:26il n'y a pas de preuves.
10:27Il n'y a évidemment pas d'aveu.
10:27C'est même l'inverse.
10:28Il clame son innocence.
10:30Et l'avocat général va quand même requérir 25 ans de prison
10:33en estimant que le faisceau de présomption est grave,
10:37concordant et que ça mérite condamnation.
10:40Le 25 mai 1997,
10:42après quatre heures de délibération,
10:44Jean-Marc de Perroir est condamné
10:45à 20 ans de réclusion criminelle.
10:47Il s'effondre dans le boxe
10:49en apprenant le verdict.
10:50Madame, monsieur, bonsoir.
11:08Dans les années qui suivent,
11:09Louis Scolcombet,
11:10il n'a de cesse de clamer son innocence.
11:12Oui, alors déjà,
11:13avant, il s'est heurté à un mur
11:15au mur de sa prison.
11:17Il a fait d'innombrables demandes
11:18de remise en liberté.
11:20À chaque fois, ça a été non.
11:21À l'époque, les verdicts
11:23n'étaient pas susceptibles d'appel.
11:25Donc, la seule chance
11:27de pouvoir avoir un deuxième procès,
11:29à l'époque,
11:29c'est de demander à faire casser le verdict,
11:31uniquement sur des raisons de forme.
11:32Et la Cour de cassation
11:33va considérer que le verdict est conforme.
11:35Donc, à ce moment-là,
11:36la condamnation devient définitive.
11:38En 2001, Jean-Marc de Perroir
11:39demande une révision de son procès.
11:41Alors, lui, il dit toujours qu'il est innocent.
11:43Et donc, avec ses avocats,
11:46il va tenter de démontrer
11:47que les expertises
11:48sur le cyanure
11:50n'étaient pas bonnes.
11:52Ils vont convoquer pour ça
11:53un expert
11:53qui va critiquer,
11:55voire tailler en pièces
11:56même le travail des experts
11:57qui avaient témoigné
11:58devant la Cour d'assises
11:59et qui ont quand même
12:00permis sa condamnation.
12:02Mais ça ne va pas être considéré
12:04comme suffisant.
12:06A la fin de l'année 2002,
12:08le 25 novembre,
12:09le journal Le Monde
12:10publie des révélations
12:11sur cette affaire.
12:12L'un de ses journalistes,
12:14le chroniqueur judiciaire
12:15Jean-Michel Dumais,
12:16s'est livré
12:17à une contre-enquête
12:18très longue
12:19et minutieuse.
12:20Et il est intimement convaincu
12:21que la fillette
12:22n'est pas morte
12:23à cause de Jean-Marc de Perroir.
12:25Oui, alors,
12:25Jean-Michel Dumais,
12:26il était présent
12:26comme chroniqueur judiciaire
12:27pendant tout le procès.
12:28Donc, il connaît très bien l'affaire
12:30et il est pris d'un doute.
12:31Et donc, il va se plonger
12:33dans une tâche titanesque,
12:34c'est-à-dire relire
12:34les 15 000 pages du dossier,
12:36une à une.
12:38Et sa thèse, finalement,
12:40c'est sans doute
12:40qu'en réalité,
12:42personne n'a voulu
12:43la mort d'Émilie Taner,
12:43mais sans doute,
12:44personne n'a voulu
12:44la mort de quelqu'un
12:45tout court, en fait.
12:46Il pense que ça a pu être
12:48un accident domestique
12:49et Émilie Taner,
12:50elle aurait avalé
12:51par mégarde,
12:53d'une façon ou d'une autre,
12:54un produit contenant du cyanure,
12:56qu'elle en serait morte
12:57et que, pris de panique,
12:58peut-être les Tocqueville
12:59ou en tout cas,
13:00quelqu'un, un adulte
13:00autour d'elle,
13:01s'est rendu compte
13:02qu'elle était morte
13:02et qu'il fallait camoufler,
13:04insérer du cyanure
13:05dans la josacine
13:06après coup
13:07pour faire incriminer
13:08le médicament.
13:10Sur quoi est-ce qu'il s'appuie
13:11pour formuler cette hypothèse ?
13:13Il va réinterroger
13:14les urgentistes du SMUR
13:15qui sont venus sur place
13:18soigner Émilie
13:19et ceux-ci vont lui expliquer
13:21qu'ils avaient insisté
13:22pour avoir des éléments
13:23de compréhension
13:24de l'état d'Émilie
13:25et que les Tocqueville
13:26étaient restés relativement muets.
13:27Ils avaient juste évoqué
13:29le goût bizarre
13:30de la josacine
13:31mais sans plus.
13:33Jean-Michel Dumais précise
13:34que d'après l'enquête,
13:35une feuille de journal
13:36contenant de la poudre blanche
13:38a été découverte
13:39au cours d'une perquisition
13:40chez les Tocqueville
13:41mais qu'elle n'a jamais
13:42été analysée.
13:43Il relève que Jean-Michel Tocqueville
13:45qui gardait Émilie
13:46et Denis Lecointre,
13:47l'ami qui a été appelé
13:48en même temps que les secours,
13:50avaient tous les deux accès
13:51à du cyanure
13:51dans leurs entreprises respectives
13:53et il a aussi retrouvé
13:55la femme de ménage
13:56des Tocqueville
13:57qui lui a livré
13:58de nouveaux éléments.
13:59Oui, ça ne l'avait pas dit
14:00à la barre au tribunal
14:02mais elle explique
14:03qu'elle avait vu
14:04un flacon
14:05un peu étrange
14:06qui traînait
14:07et qu'elle l'avait
14:08finalement rangé
14:09dans un placard.
14:11Ce qui pose la question
14:12de savoir quel était
14:13ce produit
14:13parce que
14:14si ce n'est pas
14:15la josacine
14:16qui a tué Émilie,
14:17d'où vient le cyanure ?
14:18Elle a quand même bien
14:19ingéré du cyanure
14:19à un moment ou un autre
14:20et ça, c'est un mystère.
14:21Et le journaliste du Monde,
14:23Jean-Michel Dumais,
14:23a surtout repéré
14:24dans ce gigantesque dossier
14:26des écoutes téléphoniques
14:27troublantes
14:28qui n'ont jamais été exploitées
14:29entre Jean-Michel Tocqueville
14:31et Denis Lecointre,
14:32son ami qui,
14:33on le rappelle,
14:33avait ensuite apporté
14:35la josacine à l'hôpital.
14:36Oui, alors celles-ci
14:37sont captées le soir
14:38où il est annoncé
14:40au JT de 20h
14:41que le laboratoire
14:42retire la josacine du marché.
14:43On est cinq jours
14:44après les faits,
14:45ils ne sont pas encore
14:46placés en garde à vue
14:47et Denis Lecointre
14:48dit d'abord
14:49à Jean-Michel Tocqueville,
14:50tu vois que tu n'étais pas coupable.
14:52Et puis, par ailleurs,
14:53ils discutent
14:54du fait que l'enquête
14:56est menée très au sérieux
14:57pour comprendre
14:58quel est le produit.
14:59Il y a cette phrase
15:00très énigmatique
15:01qui est prononcée
15:02par Denis Lecointre
15:03et qui dit
15:04à Jean-Michel Tocqueville
15:05« Mais il faut qu'on sache
15:07parce que tout à l'heure,
15:08toi, tu vas passer à la télé
15:09avec ton produit
15:10que tu as mis
15:10dans la josacine. »
15:12Et puis plus tard,
15:13il lui dit
15:13« On est bien d'accord,
15:14on ne s'est pas vus
15:15de la journée. »
15:16C'est évidemment explosif.
15:18Ces écoutes,
15:19elles sont dans le dossier.
15:20Personne ne les a jamais
15:21interrogées là-dessus.
15:22Personne ne les a interrogées
15:23pendant le procès.
15:24Et Jean-Michel Dumais,
15:25finalement,
15:25semble être le premier
15:26à avoir découvert
15:28ces écoutes
15:29qui, si elles avaient été
15:30exploitées pendant l'enquête,
15:32auraient sans doute
15:32ou peut-être
15:33en tout cas changé
15:33le cours de cette enquête
15:34qui s'est vite braquée
15:36en fait sur Jean-Marc de Perrois.
15:37Est-ce que ces révélations
15:38changent quelque chose
15:39à cette affaire ?
15:40En tout cas,
15:41ça va être analysé
15:41par la commission de révision.
15:43Mais en tout état de cause,
15:44en fait,
15:44ces écoutes téléphoniques,
15:46elles existaient dans le dossier.
15:47En termes de droit,
15:48ce n'est pas un élément nouveau.
15:49C'est ça qu'il faut
15:50pour une révision,
15:51un élément nouveau.
15:52Donc pour les passionnés
15:52de l'histoire,
15:53ça change beaucoup de choses.
15:54Pour Jean-Marc de Perrois,
15:55à ce moment-là,
15:56ça ne change rien.
15:59Jean-Michel Dumais a ensuite
16:01publié l'intégralité
16:02de sa contre-enquête
16:03dans un livre
16:03sorti en 2003.
16:04Il a été attaqué
16:06en diffamation
16:06par Jean-Michel Tocqueville
16:08et Denis Lecointre,
16:09mais il n'a jamais été condamné.
16:10Non,
16:11ça a donné lieu
16:12à plusieurs procès
16:12parce qu'ils ont attaqué
16:13et les articles du Monde
16:15et le livre.
16:17Et à la toute fin,
16:17les juges ont considéré
16:19que le travail
16:19qu'avait fait ce journaliste
16:21était en gros
16:21d'intérêt public,
16:22qu'il avait été impartial,
16:24que les choses
16:24avaient été présentées correctement.
16:25Et plus que tout,
16:26ils ont considéré
16:27que sa thèse était plausible.
16:29C'est le mot
16:29qui a été employé.
16:31C'est dire que
16:31le travail qui a été mené
16:32et qui a alimenté
16:33aussi toute la réflexion
16:35autour des demandes de révision
16:35n'est pas complètement farfelu,
16:37loin de là.
16:37Denis Lecointre
16:38et Jean-Michel Tocqueville,
16:39ils ont été interrogés
16:41au sujet de ces écoutes
16:42au milieu des années 2000.
16:43Qu'est-ce qu'ils ont répondu ?
16:44Alors,
16:45ils ont un peu
16:46fin à la surprise
16:47et ce qu'ils s'en rappelaient
16:49vraiment
16:49parce que c'était
16:50des années après.
16:51En tout cas,
16:51ils ont expliqué
16:51que dans la panique
16:53de ces jours-là,
16:54sans doute,
16:55ils ont dit un peu
16:56tout et son contraire
16:57et qu'ils n'ont pas vraiment
16:59su apporter d'explication
17:01au sens de ces phrases.
17:03Donc,
17:04c'est resté un peu comme ça
17:05en suspens.
17:05En 2005,
17:06Jean-Marc Deperrois
17:07fait une deuxième demande
17:08de révision
17:09qui, elle aussi,
17:10est rejetée.
17:11Louise Colcombet
17:12ont fait un saut dans le temps
17:13au mois de novembre 2019,
17:1525 ans après la mort
17:16de la petite Émilie Tannet.
17:18Vous rencontrez sa mère,
17:19Corinne Tannet.
17:20D'abord,
17:21qu'est-ce qu'elle est devenue
17:22toutes ces années ?
17:23C'est quelqu'un
17:24qui a été profondément
17:27détruite,
17:27enfin,
17:27en tout cas,
17:28elle a plongé
17:29pendant longtemps
17:30dans le chagrin
17:31avec son mari.
17:32Ils ont été...
17:33Ils ont très mal vécu
17:34tout ça
17:34et notamment,
17:35d'ailleurs,
17:35l'après-procès
17:36parce qu'ils ont reçu
17:37des lettres terribles,
17:39des gens qui leur en voulaient
17:40parce qu'ils considéraient
17:41qu'ils avaient fait condamner
17:42à tort Jean-Marc Deperrois.
17:44Et puis,
17:44elle a décidé
17:45de sortir de tout ça
17:46par le haut.
17:47Elle a écrit des livres
17:47en hommage à sa fille
17:48pour combattre son chagrin.
17:50Elle a écrit quatre livres
17:50et elle s'est plongée
17:52aussi dans le process judiciaire.
17:54Elle a étudié de près
17:55certaines affaires.
17:56C'est quelqu'un
17:57qui a fait un cheminement personnel
17:59assez important
18:00pour essayer de lutter
18:01contre son chagrin
18:02et puis contre sa haine.
18:04Elle s'en est jamais cachée
18:05la haine qu'elle avait
18:06contre Jean-Marc Deperrois.
18:07Comment elle vous apparaît
18:08à ce moment-là
18:09quand vous l'interviewez ?
18:10Combative, déterminée.
18:12Elle est hyper affûtée.
18:13Elle connaît le dossier par cœur.
18:14Elle a relu
18:14l'intégralité du dossier
18:16elle aussi.
18:17C'est quelqu'un
18:17qui a énormément de questions
18:19sur le rôle des Tocqueville,
18:21sur le rôle aussi
18:22de Denis Lecointre,
18:24sur le rôle
18:24de Jean-Marc Deperrois
18:25et sur la toxicologie,
18:27des choses
18:28qui ont peut-être pu
18:29ne pas être analysées
18:30à l'époque.
18:31Vous l'interviewez
18:32à l'occasion
18:33de la sortie
18:33de son cinquième livre
18:34La réparation volontaire
18:36paru chez Grasset
18:37dans lequel elle explique
18:38qu'elle a rencontré
18:39Jean-Marc Deperrois
18:41à quatre reprises
18:42à partir de 2016
18:43puisqu'à ce moment-là
18:44il est sorti de prison.
18:46Oui, Jean-Marc Deperrois
18:46sort en 2006
18:47après 12 ans de réclusion.
18:49Il est en liberté conditionnelle.
18:51Il a refait sa vie.
18:53De son côté,
18:54Corinne Tannel
18:54elle a toujours ses questions.
18:56Elle explique dans son livre
18:57très bien
18:57qu'elle a réussi
18:58à...
18:58Elle a mis du temps
18:59mais elle dit
18:59j'ai mis du temps
19:00à comprendre
19:00qu'il y avait deux souffrances.
19:01Jean-Marc Deperrois
19:03a lui aussi
19:04quelque part
19:04subi le processus judiciaire
19:06qui est quand même
19:06très violent
19:07que ce soit d'un côté
19:08comme de l'autre
19:08et qu'elle se dit
19:10qu'à un moment
19:11la seule façon
19:12d'avancer
19:13vers plus de paix
19:15intérieure
19:15c'est d'aller
19:16à la rencontre
19:16de cette personne
19:17et puis il y a un deuxième
19:18intérêt pour elle
19:19c'est qu'au bout d'un moment
19:20elle a relu tout le dossier
19:22page par page
19:22et qu'elle est dans une impasse
19:24sur certaines choses
19:24elle veut comprendre
19:25et elle se dit
19:26que la seule personne
19:27qui peut lui donner
19:28certaines réponses
19:29c'est Jean-Marc Deperrois
19:30lui-même.
19:30Et à ce moment-là
19:31elle n'est plus certaine
19:32de sa culpabilité ?
19:33C'est plus compliqué que ça.
19:34Elle est certaine
19:35que tout n'a pas été dit
19:36au procès
19:36et elle est certaine
19:37que certains éléments manquent.
19:39Pour autant
19:40moi j'en comprends
19:41un demi-mot
19:41qu'elle n'exclut pas
19:42qu'il ait eu un rôle
19:43dans cette affaire
19:44elle formule beaucoup
19:45de regrets en fait
19:46sur la façon
19:47dont l'enquête a été conduite
19:48et sur le rôle
19:49des Tocqueville
19:49encore une fois
19:50il n'y a pas eu
19:50de reconstitution
19:51c'est pas exactement
19:52avec précision
19:53à la minute près
19:53comment les choses
19:54se sont passées
19:54si ça peut être cohérent
19:55avec ce qu'ils ont raconté
19:57donc évidemment
19:58ça ne veut pas dire
19:58qu'elle les accuse
19:59mais ça veut dire
20:00qu'il y a des choses
20:01qu'on ne sait pas
20:02et ça c'est insupportable
20:02pour elle.
20:03Sa fille est morte
20:04et finalement
20:04des années après
20:05elle ne sait toujours pas
20:06exactement dans quelles conditions.
20:11On en vient à l'année 2023
20:13le 8 février
20:14Louise Colcombet
20:15vous révélez dans
20:16Le Parisien
20:17que l'avocate
20:18de Jean-Marc Deperrois
20:19a déposé
20:19une troisième requête
20:21en révision
20:21une requête
20:22qui s'appuie notamment
20:23sur une nouvelle expertise.
20:25C'est une expertise privée
20:26qui a été demandée
20:27à un médecin spécialisé cyanure
20:29qui s'est rendu compte
20:30que dans la dépouille
20:31des mini
20:32le dosage en cyanure
20:33était totalement incompatible
20:35avec le dosage en cyanure
20:36qu'on retrouve dans la josacine.
20:38Ça c'est un premier point
20:39et par ailleurs
20:39il explique que dans la josacine
20:40la dose de cyanure
20:42était 4 à 16 fois
20:43la dose létale
20:45donc si Émilie
20:46avait absorbé ce produit-là
20:47ça aurait été
20:48une mort foudroyante
20:49c'est-à-dire
20:49dans les secondes
20:50après absorption
20:51on s'écroule
20:52et dans les minutes
20:53qui suivent
20:53c'est le décès.
20:54Or c'est pas du tout
20:55ce qui s'est passé ce soir-là.
20:57Émilie
20:57elle a survécu
20:59pendant deux heures
21:00les Tocqueville
21:01et leur fils
21:01racontent qu'il se passe
21:02un quart d'heure
21:03où elle fait tout un tas de choses
21:05elle se plaint
21:05certes de brûlure
21:06mais elle est pas du tout
21:08tombe pas raide
21:09d'un seul coup.
21:10On l'entend même gémir
21:11quand le coup de fil
21:12est passé aux urgentistes.
21:15Maître Valérie Rosano
21:16l'avocate de Jean-Marc de Perrois
21:17dit même
21:18nous on démontre
21:19scientifiquement
21:19que c'est pas
21:20le flacon de josacine
21:21qui a tué Émilie Tannet.
21:24La josacine
21:24c'est le seul élément
21:25qui relie Jean-Marc de Perrois
21:27à cette histoire
21:28puisqu'on considère
21:29qu'il est rentré dans la maison
21:30qu'il a versé du cyanure dedans.
21:32Si c'est pas la josacine
21:33c'est pas Jean-Marc de Perrois.
21:34En clair cette expertise
21:36elle conforte l'hypothèse
21:37que du cyanure
21:38a été rajouté
21:38après coup
21:39dans le flacon de josacine.
21:41C'est forcément
21:41ce qu'on en déduit
21:42donc c'est vrai
21:43que ça jette un doute
21:43encore plus
21:44sur ce qui a pu se passer
21:45ce soir là
21:46d'autant que
21:47d'autres éléments
21:47ont été joints
21:48à la procédure
21:49par exemple
21:51Sylvie Tocqueville
21:52elle tient à ce moment là
21:53une sorte de carnet de bord
21:53en tout cas
21:54elle a pris des notes manuscrites
21:55sur ce qu'il s'est passé
21:56à ce moment là
21:57et le juge d'instruction
21:58lui demande ses notes
21:59elle va les fournir
22:00mais on va se rendre compte
22:01dans une procédure annexe
22:04suivi le grand procès
22:05ce qu'elle a donné au juge
22:06étaient des notes tronquées
22:07et dans les notes non tronquées
22:09il y a un épisode
22:10un peu troublant
22:10en tout cas
22:11qui pose question
22:12où elle raconte
22:13qu'elle trouve
22:13dans la poche
22:14du pantalon de son fils
22:15dans les jours qui suivent
22:17un petit tube à essai
22:18avec l'inscription
22:20« show vive »
22:22on est vraiment
22:23dans le moment
22:23où on n'a pas encore
22:24le cyanure
22:24mais on sait
22:24qu'il y a un produit
22:26décapant
22:26quelque chose de très dangereux
22:28qui a été absorbé
22:29elle se dit
22:30mais est-ce que c'est ça
22:30qu'a tué Emilie ?
22:31Elle va voir son fils
22:31et lui pose la question
22:32il dit
22:33« ah mais non non non
22:33je l'ai trouvé dans un jeu
22:34de petit chimiste
22:35qui était dans la cave
22:36d'un de ses proches
22:37et du coup elle écrit
22:39« bon bah tout va bien
22:40c'est pas la peine
22:41que j'en parle en gendarme »
22:42sauf que ça
22:43évidemment
22:43elle n'en a pas parlé
22:44au gendarme
22:45et quand le juge d'inscription
22:46lui a demandé ses notes
22:47il n'y avait pas ça dedans
22:49donc évidemment
22:49des années après
22:50avec tout ce qu'on sait
22:51c'est vrai que
22:52c'est encore quelque chose
22:53qui pose question
22:54et qui interroge
22:55sur ce qui s'est passé
22:56réellement cette nuit-là
22:58Est-ce que les éléments
22:59joints à cette requête
23:01en révision
23:01sont susceptibles
23:02de relancer
23:03réellement cette affaire ?
23:04C'est ce que Jean-Marc
23:05de Perrois
23:06espère
23:07maintenant c'est la commission
23:08de révision
23:09et la cour de révision
23:10qui vont décider
23:11s'ils considèrent
23:12que ce sont des éléments
23:12nouveaux
23:13de nature à faire naître
23:14un doute
23:15sur la culpabilité
23:16du condamné
23:16c'est le texte de loi
23:17est-ce que ça va suffire
23:19à ce qu'on relance
23:21des investigations
23:21qu'on réinterroge
23:22les protagonistes
23:23en tout cas ça risque
23:24de prendre des années
23:25parce qu'en fait
23:26c'est un dossier énorme
23:27dont il faut se réimprégner
23:28avec les expertises
23:30en toxicologie
23:30qui sont éminemment complexes
23:32parce qu'il y a
23:33différents types de cyanures
23:34les dosages
23:35tout ça est extrêmement compliqué
23:36et par ailleurs
23:38voilà ça veut dire
23:39réinterroger tout un tas de gens
23:40à titre d'exemple
23:41la deuxième demande en révision
23:42elle avait mis 4 ans
23:43avant d'être finalement rejetée
24:08merci à Louise Colcombet
24:10Code Source est le podcast
24:11quotidien d'actualité du Parisien
24:13cet épisode a été produit
24:15par Clara Garnier Amourou
24:16réalisation Julien Moncouquiol
24:19n'oubliez pas de vous abonner
24:20à Code Source
24:21sur votre plateforme d'écoute
24:22préférée
24:23et je vous invite à écouter
24:24notre nouveau podcast
24:25consacré aux faits divers
24:27Crime Story
24:28qui raconte chaque semaine
24:30une grande affaire criminelle
24:31avec les journalistes
24:32du Parisien Claudia Prolongeau
24:34et le chef du service
24:35Police Justice
24:36Damien Delsenis
24:39Merci d'avoir regardé cette vidéo !
24:41Merci à tous !
24:43Au revoir !
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