- il y a 8 heures
En février 2005, Jean-Baptiste Rambla reconnaît avoir tué son employeuse, Corinne Beidl. 30 ans plus tôt, il avait déjà eu à faire à la police, quand sa sœur, enlevée sous ses yeux, avait été retrouvée morte près de Marseille. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties. Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Barbara Gouy, Clara Garnier-Amouroux et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network -
Archives : INA. Documentation.
Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes. Nous avons aussi exploité les ressources suivantes : Le pull-over rouge de Gilles Perrault (Fayard).
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Barbara Gouy, Clara Garnier-Amouroux et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network -
Archives : INA. Documentation.
Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes. Nous avons aussi exploité les ressources suivantes : Le pull-over rouge de Gilles Perrault (Fayard).
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00:01Vous écoutez Crime Story, l'affaire Jean-Baptiste Rambla, deuxième et dernier épisode.
00:10En février 2005, Corinne Bédel, une chef d'entreprise disparue sept mois plus tôt, est retrouvée morte à Marseille.
00:17Elle a été étranglée. Un de ses employés, Jean-Baptiste Rambla, est immédiatement soupçonné.
00:24Interpellé, il reconnaît les faits. Ce n'est pas la première fois que Jean-Baptiste Rambla fait face à des
00:29policiers.
00:30Trente ans plus tôt, il a été le principal témoin d'une affaire qui a défrayé la chronique. Il avait
00:36alors six ans.
00:40L'affaire du pullover rouge commence en 1974. Les Rambla sont une famille d'immigrés espagnols.
00:47Arrivé en France dans les années 60, ils vivent dans la cité Saint-Agnès, un ensemble d'immeubles à Marseille
00:52situé dans le quartier des Chartreux.
00:55Le père, Pierre Rambla, est boulanger. La mère, Maria, ancienne femme de ménage, a cessé de travailler après la naissance
01:03de leurs enfants.
01:04Marie Dolorès a 8 ans, Jean-Baptiste 6 ans et Karine et Noël, les jumeaux, 3 ans.
01:13Le lundi 3 juin 1974 est un jour férié, un lundi de Pentecôte. Ce n'est pas encore l'été,
01:20mais il fait déjà très chaud.
01:22Jean-Baptiste et Marie Dolorès Rambla jouent devant leur immeuble.
01:26À 11h, leur mère apparaît dans l'encadrement de la fenêtre de la salle à manger et leur demande de
01:31remonter.
01:32Les enfants négocient de rester encore un petit peu.
01:35Quelques minutes plus tard, un homme en costume gris qui vient de se garer devant la résidence s'approche d
01:41'eux.
01:41Il a perdu son chien et aimerait que les enfants l'aident à le retrouver.
01:45Il dit à Jean-Baptiste que tout le monde surnomme alors le petit Jean,
01:49« Toi, tu passes de ce côté-là de la cité, moi de celui-là avec ta sœur ».
01:53Jean-Baptiste s'exécute.
01:56Quand il revient sur ses pas, sans avoir trouvé le chien, l'homme n'est plus là.
02:00Et sa sœur non plus.
02:02Jean-Baptiste l'appelle, elle ne répond pas.
02:06À 11h20, environ 15 minutes plus tard, Pierre Rambla rentre chez lui
02:10et trouve son fils errant entre les bâtiments à la recherche de sa grande sœur.
02:15Il se met à chercher avec lui.
02:18Au fur et à mesure que les minutes passent, l'angoisse du père grandit.
02:22Les voisins répondent les uns après les autres qu'ils n'ont pas vu Marie Dolorès.
02:27Quand policiers et journalistes arrivent sur place, quasiment en même temps, vers 13h,
02:31ils trouvent des parents dévastés.
02:34La mère de Marie Dolorès est en larmes, son père en furie.
02:38Où est passée sa fille ?
02:39Que la police se dépêche, fasse son travail, qu'on la retrouve.
02:42Il gronde Jean-Baptiste, lui reprochant d'avoir abandonné sa grande sœur.
02:47Le petit garçon, seul témoin de cet enlèvement, est invité à raconter le plus précisément possible
02:53tout ce dont il se souvient.
02:55À force de répéter, il commence à se perdre un peu dans les faits et dans leur chronologie.
03:00Le lendemain de l'enlèvement de Marie Dolorès, le mardi 4 juin,
03:04Pierre Rambla et son fils, Jean, arrivent ensemble au commissariat.
03:08L'enfant est entendu pendant deux heures.
03:10Les policiers lui montrent des photos d'agresseurs, d'exhibitionnistes, de pédocriminels,
03:15sans qu'ils n'en reconnaissent aucun comme étant l'homme au chien.
03:19Le mercredi 5 juin, deux jours après l'enlèvement de Marie Dolorès,
03:23des gendarmes fouillent une champignonnière à une vingtaine de kilomètres de Marseille.
03:27À 15h45 précisément, ils découvrent le cadavre de la fillette, dissimulé sous des branchages.
03:46Damien, un niçois de 20 ans, est arrêté.
03:49Il s'appelle Christian Ranucci.
03:52C'est le propriétaire d'une voiture qui ressemble à celle qui a été décrite
03:56par le petit Jean-Baptiste Rambla dans son témoignage.
03:59En revanche, Jean-Baptiste Rambla, quand on lui demande de venir reconnaître Christian Ranucci
04:04à la gendarmerie derrière une glace sans teint,
04:06il ne reconnaît pas la personne, soi-disant, qui avait perdu son chien et qui a enlevé sa sœur.
04:11Qui est Christian Ranucci ? C'est un représentant commercial
04:14qui va donc être placé en garde à vue, assez longuement auditionné.
04:18Au début, il va absolument nier avoir une quelconque responsabilité
04:22avec la disparition et le meurtre de Marie Dolorès.
04:25Et puis, il va finir par avouer, mais avec tout ce faisceau de doutes
04:30autour du modèle de la voiture et puis de la réelle culpabilité ou pas de Christian Ranucci.
04:36Son procès s'ouvre le mardi 9 mars 1976 devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône
04:41à Aix-en-Provence.
04:42Et le lendemain, Christian Ranucci est condamné à la peine de mort.
04:46C'est un procès extrêmement médiatique, on l'a dit.
04:50C'est une affaire qui est, comme toutes les disparitions et les meurtres d'enfants,
04:54qui est chargée en émotions, en colère, en haine même.
04:57Donc, c'est un procès qui est extrêmement suivi.
04:59On est au début du débat sur l'abolition ou pas de la peine de mort en France.
05:04Le président de l'époque, c'est Giscard d'Estaing.
05:07Donc, il y a aussi, en toile de fond du procès de Ranucci, le procès de la peine capitale.
05:12Mais jusqu'au bout, beaucoup ont pensé que, d'ailleurs, Giscard d'Estaing allait gracier,
05:17comme il en avait la possibilité à l'époque, allait gracier Christian Ranucci,
05:21justement, pour répondre à ce débat sur l'abolition de la peine de mort.
05:26Et finalement, Giscard n'en fait rien.
05:28Et le mercredi 28 juillet 1976, derrière les murs de la prison des Beaumettes,
05:34Christian Ranucci est guillotiné.
05:36Dès le début de l'enquête sur la mort de Corinne Bédel,
05:39l'affaire Ranucci est au centre des débats.
05:42La justice va d'ailleurs décider de verser le dossier Ranucci dans le dossier d'enquête
05:47sur la mort de Corinne Bédel, parce que Jean-Baptiste Rambla,
05:51il a grandi avec cette affaire, avec cette espèce de fantôme de sa sœur
05:57qui était en permanence présent dans la famille.
06:00Il y avait notamment l'assiette de sa sœur, Marie Dolorès,
06:04qui était toujours mise, le couvert était toujours mis pour elle à table.
06:06Enfin, vous imaginez un peu le traumatisme que ça peut être pour la famille
06:10et pour ce petit garçon, et il le dira beaucoup plus tard,
06:13il a le sentiment de pas du tout avoir été protégé,
06:16comme on aurait dû protéger un enfant de 6 ans
06:19qui avait été le témoin de quelque chose d'horrible.
06:21En 1978, un livre parait, le Pullover Rouge,
06:26il revient sur cette affaire,
06:27et c'est un nouveau traumatisme pour Jean-Baptiste Rambla.
06:30Pourquoi d'abord ce titre, le Pullover Rouge ?
06:32Dans la champignonière où on retrouve le corps de Marie Dolorès Rambla,
06:36on va trouver un Pullover Rouge qui n'appartient pas à Christian Ranucci,
06:40parce que ça, ça a été prouvé.
06:42Donc il y a toujours eu un doute sur le fait que si ce Pullover n'appartenait pas à Christian
06:46Ranucci,
06:46ça pouvait être une preuve de son innocence,
06:48et que ce Pullover Rouge, il appartenait probablement au meurtrier de Marie Dolorès,
06:53qui n'a jamais été véritablement identifié.
06:55Mais la famille Rambla, et notamment le père de Marie Dolorès,
06:58il est totalement contre cette version,
07:01et il est obsédé par la sortie de ce livre,
07:04qui plaide pour l'innocence de Christian Ranucci,
07:07et il va essayer de faire interdire la sortie du livre,
07:09il va même se rendre à un salon du livre où se trouve Gilles Perrault
07:12pour lui défoncer son stand et jeter tous les livres par terre,
07:14et il va transmettre cette forme d'obsession,
07:17cette forme de haine à son propre fils Jean-Baptiste,
07:19et finalement Jean-Baptiste, il va grandir, évoluer,
07:23avec cette volonté de ne jamais entendre parler de l'innocence de Ranucci,
07:27ça va profondément le traumatiser,
07:29parce que Ranucci est devenu une sorte d'icône pour les abolitionnistes,
07:33pour ceux qui sont contre la peine de mort,
07:35et pour Jean-Baptiste Rambla, cette idée, elle est totalement insupportable.
07:4030 ans après ce drame, Jean-Baptiste Rambla est donc une nouvelle fois
07:44assis dans un commissariat face à des policiers.
07:46Il n'est plus témoin, mais suspect numéro 1,
07:49dans un crime qu'il reconnaît.
07:52Jean-Baptiste Rambla dit penser au fils de Corine.
07:54Il craint que celui-ci ne lise les écrits sur l'affaire
07:57et ressente les mêmes souffrances que lui,
07:59lorsqu'il avait dévoré tout ce qui était paru sur le drame de sa sœur.
08:03Jean-Baptiste Rambla a grandi avec l'omniprésence de cette affaire,
08:06avec la culpabilité aussi, selon ses avocats,
08:09d'avoir livré à l'époque un témoignage dont le flou
08:12a participé à alimenter une polémique destructrice pour sa famille.
08:17Après le meurtre de Marie Dolorès,
08:18malgré son jeune âge,
08:20Jean-Baptiste Rambla a pris des médicaments pour dormir.
08:23Il est devenu accro et a remplacé ses médicaments par de la drogue.
08:27« Quand on a vécu ce qu'il a vécu petit,
08:29on ne peut pas fonctionner normalement »,
08:31plaide un de ses avocats.
08:33Avant même le début du procès,
08:35les éléments de la défense de Jean-Baptiste Rambla s'étalent dans la presse.
08:39Depuis des années, l'image de Marie Dolorès revient devant ses yeux,
08:42poursuit un autre avocat.
08:44Il n'a pas trouvé de réconfort auprès de ses parents,
08:46qui sont atteints par la même tristesse.
08:48Personne ne s'est suffisamment intéressé à lui.
08:51Et il s'est replié sur lui-même,
08:53ne parlant même pas à la mère de son enfant.
08:56À ce portrait de garçon mélancolique,
08:59la famille de Corinne Bédel oppose la violence des faits.
09:02Il a étranglé sa patronne,
09:04puis il a dissimulé son corps sans même l'enterrer.
09:07Jean-Baptiste Rambla a fait mine de participer aux recherches.
09:10Et avec un sang-froid déroutant,
09:12il a envoyé deux textos au fils de Corinne,
09:14en se faisant passer pour elle.
09:16Pour toutes ces raisons,
09:18les proches de Corinne ne comprennent pas l'empathie générale pour l'accusé.
09:22Christian Chalençon rappelle qu'en 1999,
09:25c'est elle, Corinne,
09:26qui avait accepté d'engager Jean-Baptiste,
09:28à la demande du père Rambla.
09:30Les deux familles se connaissent depuis toujours.
09:32Pour les obsèques de Marie Dolorès,
09:34le frère de Corinne avait même aidé à porter le cercueil.
09:38On ne parle pas de ma sœur, déplore Edith Bédel.
09:41C'est elle qui a disparu.
09:42Ce qui s'est passé il y a 30 ans,
09:44la mort de Marie Dolorès,
09:46l'affaire Ranucci,
09:47cela n'a rien à voir.
09:53Actualité judiciaire,
09:54avec ce procès très suivi,
09:56parce qu'il met pleinement en jeu
09:57l'idée de circonstances atténuantes.
10:00L'accusé Jean-Baptiste Rambla
10:01est le frère d'une fillette assassinée
10:04il y a 35 ans.
10:05Damien,
10:06le procès de Jean-Baptiste Rambla
10:07s'ouvre le 16 octobre 2008,
10:10devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône,
10:12à Aix-en-Provence.
10:13C'est la même cour d'assises que celle
10:15qui avait jugé l'affaire Ranucci
10:17une trentaine d'années auparavant.
10:19Il y a forcément une charge émotionnelle
10:21importante et médiatique pour ce procès.
10:24Jean-Baptiste Rambla,
10:24lui,
10:25il a 41 ans au moment où s'ouvre son procès
10:27devant la cour d'assises.
10:28Il commence par dire
10:30qu'il sait ce que représente
10:31la disparition d'une personne,
10:33qu'il se sent couvert de honte.
10:35Mais tout de suite,
10:36il déporte quelque part le débat
10:38sur son enfance,
10:39en disant
10:39« Mon enfance,
10:39elle a été très perturbée
10:41par une disparition
10:41et par un meurtre,
10:42donc je sais ce que c'est.
10:43J'ai grandi dans la misère psychologique,
10:45ajoute-t-il,
10:46et personne ne peut comprendre
10:48ce que j'ai subi
10:49depuis l'âge de 6 ans. »
10:51Et le président de la cour d'assises,
10:52il va le couper un petit peu
10:53dans cet élan,
10:54en lui disant
10:54« Écoutez, ça, tout le monde le sait,
10:56mais pour autant,
10:57aujourd'hui,
10:58c'est pas de ça qu'on parle.
10:59On refait pas le procès Ranucci,
11:00on ne reparle pas que
11:01de l'affaire Marie Dolorès.
11:03On parle effectivement
11:04du meurtre assez barbare
11:06de Corinne Bédel.
11:08Ça donne un petit peu
11:09le ton des débats
11:09parce que, évidemment,
11:11Jean-Baptiste Rambla,
11:12il va beaucoup parler de lui
11:14et de ce traumatisme
11:16et ça va beaucoup agacer
11:17le camp adverse
11:18parce qu'il va donner l'impression
11:19de se cacher derrière,
11:20finalement,
11:21le meurtre de sa sœur
11:21pour expliquer le meurtre
11:23qu'il a commis 30 ans plus tard.
11:25Le vendredi 17 octobre 2008,
11:27Jean-Baptiste Rambla
11:28est condamné
11:28à 18 ans de prison.
11:30Oui, ça veut dire
11:31qu'à la fois,
11:32les jurés ont pris en compte
11:33l'extrême gravité
11:34de son crime
11:35qui est quand même
11:36assez barbare,
11:37en plus avec des explications
11:38qui ne sont pas très claires,
11:40à la fois du chantage sexuel,
11:41peut-être un mobile
11:42plus crapuleux,
11:43plus financier.
11:44Dans les 18 ans,
11:45ils prennent quand même
11:46en compte
11:46le fait qu'il a eu
11:48une personnalité
11:49et un passé
11:50qui ont sans doute
11:50un peu compté,
11:51ce qui explique
11:51que ce ne soit pas
11:52une peine plus lourde,
11:53il pouvait aller
11:53jusqu'à 30 ans de prison.
11:55Il va purger
11:56sa peine de prison
11:57avec un comportement
11:59plutôt exemplaire
12:00en détention,
12:01il va passer
12:02un certain nombre
12:02de diplômes
12:03et il va surtout
12:05obtenir un avis
12:06très favorable
12:07de la commission
12:08d'aménagement des peines.
12:09Cette commission,
12:09elle est chargée
12:10pour tous les détenus
12:11qui font notamment
12:12des longues peines,
12:13d'estimer
12:14s'ils peuvent bénéficier
12:16d'une libération anticipée,
12:17d'une libération conditionnelle.
12:19Alors c'est à la fois
12:19des examens psychologiques,
12:22psychiatriques,
12:22d'avoir,
12:22de jauger un petit peu
12:24le projet
12:24qu'a le détenu
12:25à sa sortie de prison
12:26et concernant
12:28Jean-Baptiste Tremblade,
12:29quand il est vu
12:29par un psychiatre
12:30en 2013
12:31qui vient le visiter
12:32à la prison de Muret
12:33où il est détenu à l'époque,
12:34ce psychiatre,
12:35il ne va pas déceler
12:37de dangerosité
12:38de la part
12:38de Jean-Baptiste Tremblade,
12:39il va même ajouter
12:40que selon lui,
12:41en milieu libre,
12:42c'est-à-dire
12:42à l'extérieur,
12:43dehors,
12:44il n'est pas susceptible
12:45de récidiver.
12:46On l'autorise
12:47à quitter la prison,
12:48à bénéficier
12:49d'une libération conditionnelle
12:50et il est remis en liberté
12:52en 2015.
12:55Pour commencer
12:56sa nouvelle vie,
12:57Jean-Baptiste Tremblade
12:58choisit Toulouse
12:59et le quartier en Palau.
13:01Il a désormais 49 ans
13:02et travaille
13:03dans une société
13:04de recyclage de télévision.
13:05Il est retombé
13:06dans la toxicomanie
13:08et est redevenu
13:09accro à la cocaïne.
13:10Le matin du vendredi
13:1121 juillet 2017,
13:13il raconte
13:14qu'un couple
13:14l'agresse près de chez lui.
13:16Dans l'après-midi,
13:17il croit reconnaître
13:18la femme de ce couple
13:19à la fenêtre
13:20d'un immeuble
13:21dans une résidence
13:22du quartier Arnaud Bernard,
13:23place des Tiers-Serettes,
13:24à deux pas
13:25de la basilique Saint-Cernin.
13:27Il monte au quatrième étage
13:29et frappe à la porte.
13:30C'est celle
13:31de l'appartement
13:32de Cynthia Lunimbu,
13:33une jeune angolaise
13:34de 21 ans
13:35arrivée en France
13:36en 2011
13:37et travaillant
13:37pour des sociétés
13:38de nettoyage.
13:40Elle ouvre.
13:41Jean-Baptiste Rambla
13:42lui assène
13:42de violents coups de poing
13:43au visage.
13:43Il entre dans l'appartement,
13:46vérifie qu'elle est seule
13:46et la roue de coups
13:48avant de l'égorger
13:4930 minutes plus tard.
13:51Puis il nettoie
13:52la scène de crime,
13:53se rince dans la douche
13:54pour laver le sang
13:55et éparpille
13:56les affaires de la jeune femme
13:57pour faire croire
13:57à un cambriolage
13:58qui aurait mal tourné.
14:00Il ne vole rien,
14:01il ne la viole pas non plus
14:03et il prend soin
14:04de bien refermer la porte.
14:066 jours après,
14:08le jeudi 27 juillet,
14:09les policiers,
14:10alertés par les proches
14:11de la jeune femme,
14:12forcent la porte
14:13de l'appartement
14:13et découvrent
14:14la scène de crime.
14:16Ils n'ont aucun mal
14:17à isoler un profil génétique
14:19autre que celui
14:20de la jeune femme.
14:21Une simple comparaison
14:22de l'ADN du suspect
14:23avec ceux réunis
14:25dans le fichier national
14:26automatisé
14:26des empreintes génétiques
14:27permet de l'identifier.
14:29Il est connu
14:30de leur service.
14:31C'est Jean-Baptiste Rambla.
14:33Le mercredi 9 août,
14:35Jean-Baptiste Rambla
14:36est interpellé
14:37dans le Var
14:37à Sifour-les-Plages
14:39chez sa sœur.
14:40Il avait pris un train
14:41depuis Toulouse
14:41pour la rejoindre
14:42le 24 juillet.
14:43Il ne se cachait même pas.
14:55Damien,
14:56en garde à vue,
14:58Jean-Baptiste Rambla
14:58commence par nier.
14:59Oui,
15:00il faudra attendre
15:00la quatrième audition
15:02pour qu'il reconnaisse
15:03les faits,
15:04c'est-à-dire le 11 août
15:05un peu avant 9h30.
15:06Il va finir par se mettre
15:08à table,
15:08comme disent les policiers.
15:10Alors,
15:10il ne va pas expliquer
15:11son geste,
15:12mais il va dire
15:13que le fait
15:14de l'avoir avoué
15:15lui permet
15:16de se sentir plus léger.
15:17Devant la cour d'assises
15:18de Haute-Garonne,
15:19où il comparait cette fois,
15:20sa défense est à peu près
15:22la même que celle
15:22qu'il avait adoptée
15:23pour le meurtre
15:24de Corinne Bédel.
15:25Jean-Baptiste Rambla,
15:26il est enfermé
15:27dans son passé dramatique
15:29et traumatique d'enfance
15:30et il va toujours justifier
15:32en quelque sorte
15:33ses gestes meurtriers,
15:34que ce soit celui
15:35sur Corinne Bédel
15:36ou celui sur Cynthia Lounimbu,
15:38toujours par le prisme
15:40du traumatisme
15:41de l'affaire Ranucci,
15:42de sa petite sœur
15:43qui a disparu,
15:44dont il a été
15:44le dernier témoin.
15:45Donc,
15:45il parle beaucoup de lui
15:47et ça finit par agacer
15:48un peu tout le monde
15:48parce qu'il n'a que ça
15:50comme défense,
15:50mais en quelque sorte,
15:52on a l'impression
15:52que la seule manière
15:53pour Jean-Baptiste Rambla
15:55de soigner ses traumatismes,
15:56c'est de tuer
15:57d'autres femmes.
16:01Pourtant,
16:02pendant le procès,
16:03l'expert psychiatre
16:04Daniel Zaguri
16:05explique que ce n'est pas
16:06parce que sa sœur
16:07a été assassinée
16:08qu'il a tué
16:08à deux reprises.
16:09Il ajoute,
16:10même s'il est incontestable
16:12que le développement
16:12affectif de Jean-Baptiste Rambla
16:14a été influencé
16:15d'une façon négative
16:16par l'assassinat
16:17de Marie Dolorès.
16:19Il n'a pas
16:19de troubles psychiques
16:21et son discernement
16:21n'était pas aboli
16:22au moment des faits.
16:24Condamnation
16:24à la réclusion criminelle
16:25à perpétuité
16:26pour Jean-Baptiste Rambla,
16:27Le vendredi 18 décembre 2020,
16:30à 53 ans,
16:31il est condamné
16:32à la réclusion criminelle
16:33à perpétuité.
16:34Jean-Baptiste Rambla
16:35et surtout le frère
16:36de Marie Dolorès Rambla,
16:38enlevé sous ses yeux
16:39à Marseille
16:39alors qu'il n'avait
16:40que 6 ans,
16:41puis assassiné
16:42par Christian Ragucci.
16:43C'est la fameuse affaire
16:52Vous venez d'écouter
16:54Crime Story,
16:55le podcast fait divers
16:56du Parisien,
16:57avec à la production
16:58Thibaut Lambert
16:59et Raphaël Pueillot,
17:01à la réalisation
17:02Julien Montcouquiol
17:03et à la rédaction en chef
17:05Jules Lavi.
17:06Un épisode raconté
17:07avec Damien Delsenis
17:09et un podcast
17:10à retrouver chaque samedi
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17:13et sur toutes les plateformes d'écoute.
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