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À Besançon, l'ancien anesthésiste Frédéric Péchier est reconnu coupable de 30 emprisonnements, dont 12 mortels et est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Retour sur quinze semaines de procès. Récit avec Louise Colcombet, du service police-justice du Parisien. Elle a couvert toute l’audience, et suit l’affaire depuis le début.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux, Anaïs Godard et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France Télévisions, CNews et BFMTV.

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#anésthésiste #faitsdivers #procès

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News
Transcription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11L'ancienne anesthésiste Frédéric Péchier est reconnue coupable de 30 empoisonnements, dont 12 mortels.
00:17Verdict de la Cour d'Assise du Doubs le jeudi 18 décembre, au terme d'un procès qui a duré
00:223 mois et demi.
00:23Frédéric Péchier est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une peine de sûreté de 22 ans.
00:28Ses avocats annoncent qu'il fait appel, il reste donc présumé innocent.
00:33Codesources vous raconte ce procès avec Louise Colcombé du service Police Justice du Parisien.
00:38Elle a couvert toute l'audience et elle suit l'affaire depuis le début.
00:42Un podcast en deux épisodes, le second aujourd'hui consacré à la personnalité de Frédéric Péchier.
00:52Louise Colcombé, décrivez-nous Frédéric Péchier à l'ouverture de son procès le lundi 8 septembre, devant la Cour d
00:58'Assise du Doubs à Besançon.
01:00Frédéric Péchier, depuis qu'on l'a découvert lors de cette affaire en 2017, il a toujours la même carrure
01:05massive.
01:05Il est très grand, il a des grandes épaules carrées.
01:08Néanmoins, il ne travaille plus, il est en dépression, il a pris du poids, il a vieilli, ses cheveux sont
01:14grisonnants, il a un début de calvitie.
01:16Voilà, c'est l'âge, il a 53 ans, il a la peau assez rouge.
01:20Enfin, on sent que c'est quelqu'un qui est quand même rongé et dépressif.
01:23Frédéric Péchier, comparé libre, il n'a jamais été en prison.
01:27Oui, alors c'est un point très étonnant parce que les charges sont énormes.
01:31Il est poursuivi pour 30 cas d'empoisonnement dont un seul peut lui valoir la réclusion criminelle à perpétuité.
01:37La règle, c'est la liberté et l'exception, c'est la détention, ce sont les textes.
01:41Et dans le cas présent, on a considéré que n'ayant plus de patients sous la main, il ne pouvait
01:46pas réitérer les faits et donc il a été laissé libre.
01:49Alors, néanmoins, en 2019, il a été jugé bon de l'éloigner de Besançon parce qu'il pouvait potentiellement croiser
01:56des victimes dans la rue.
01:57Ça aurait pu mal se passer.
01:58Donc pour des raisons d'ordre public, on lui a demandé de trouver un autre logement et il est allé
02:02revivre chez ses parents à côté de Poitiers.
02:07Dans cet épisode de Code Source, on va essayer de mieux comprendre qui est Frédéric Péchier.
02:11Vous l'avez dit, il a 53 ans, il est né en 1972 à Angoulême.
02:16Mais très vite, la famille a déménagé à Poitiers.
02:18Mais Louise Colcombé, qu'est-ce qu'on sait de son enfance ?
02:21Ce qu'il en a livré, c'est quelque chose de très lisse.
02:24Il est l'aîné de quatre enfants.
02:25Il a un frère qui le suit de 11 mois, ensuite un autre frère et une petite sœur, Julie Péchier,
02:31qui a un rôle important dans cette affaire parce qu'elle est devenue son avocate et qu'elle était au
02:35procès avec lui tous les jours.
02:36Il grandit dans la banlieue de Poitiers, à Mignalou-Beauvoir.
02:40La famille ne manque de rien.
02:41Il y a une éducation assez classique, stricte mais pas trop.
02:45Enfin voilà, il ne décrit aucun problème.
02:46Il parle même d'une enfance idyllique.
02:51Son père était anesthésiste, sa mère infirmière anesthésiste et son père travaillait à l'hôpital de Poitiers quand une affaire
02:59d'empoisonnement a éclaté dans cet hôpital en 1984.
03:03Frédéric Péchier avait 12 ans à ce moment-là et il en avait 16 au moment du procès, quatre ans
03:08plus tard, en 1988.
03:11Louise Colcombé, il a forcément entendu parler de cette affaire.
03:14Son père travaillait dans le même service que les anesthésistes en question et c'est une affaire qui a un
03:19retentissement énorme à l'époque.
03:21C'est l'une des affaires criminelles qui passionne la France à ce moment-là.
03:24Il s'est passé quelque chose de très grave au centre hospitalier régional de Poitiers.
03:29Les tuyaux du respirateur ayant servi à l'anesthésie sont inversés.
03:32Résultat, Nicole Berneron succombe d'une inhalation massive de protoxyde d'azote.
03:37Après trois semaines de procès, il y avait quelque chose comme 1500 à 2000 personnes sur la place du palais
03:41de justice pour attendre le verdict.
03:43Ça a un retentissement national mais évidemment c'est un cataclysme pour Poitiers et pour l'hôpital aussi.
03:48Son père travaillait dans le service en question avec ces personnes-là.
03:52Il n'est évidemment pas mis en cause mais on ne peut pas imaginer un seul instant que sa mère
03:56étant elle-même du métier, il n'en ait jamais parlé à table.
03:59Et pourquoi ce n'est pas totalement anodin dans son parcours ?
04:03C'est que c'est la seule affaire qu'on connaît en France d'empoisonnement sur fond de vengeance entre
04:07anesthésistes.
04:11Autre élément sur son parcours, mis en avant pendant le procès par un enquêteur.
04:15Pendant sa formation, quand il était interne à l'hôpital de Besançon, Frédéric Péchier était dans un service où des
04:20euthanasies clandestines étaient pratiquées.
04:23Pour se remettre dans le contexte, à cette époque-là, on n'a pas de loi sur la fin de
04:26vie.
04:27Et donc ça se pratique un peu partout parce qu'en fait il y a des gens dont on sait
04:31qu'ils ne vont jamais se réveiller.
04:32Il faut faire de la place pour accueillir d'autres patients et donc ça se pratique et ça se dit
04:38relativement ouvertement.
04:40Lui-même n'est évidemment pas accusé d'en avoir pratiqué mais c'est des choses dont on parlait, les
04:44intents pouvaient entendre parler de ces choses-là.
04:46Dans ses euthanasies, c'était pratiqué notamment avec du potassium, l'un des poisons qu'on retrouve dans l'affaire
04:52de Frédéric Péchier.
04:53Et donc pour cet enquêteur, il dit si vous prenez le mobile de Poitiers, c'est-à-dire vengeance entre
04:58anesthésistes,
04:59vous mixez avec le mode opératoire des euthanasies, notamment le potassium, vous mélangez les deux.
05:05Et là, vous avez l'affaire Frédéric Péchier.
05:07Dans les années 2000-2010, Frédéric Péchier est un anesthésiste réputé.
05:11Tout semble lui réussir, y compris au niveau personnel.
05:14Il est marié, sa femme est médecin comme lui.
05:17Oui, alors c'est un couple flamboyant, comme a dit une amie du couple de Nathalie Péchier et Frédéric Péchier.
05:23Ils se sont rencontrés quand ils étaient tous les deux internes.
05:25Elle est cardiologue très réputée, installée en libéral.
05:29Lui, ça marche très bien, il est vu comme l'un des meilleurs anesthésistes.
05:32Tout fonctionne, ils ont une belle maison avec vue sur le Mont Blanc par temps clair,
05:37sur les hauteurs de Besançon avec portail automatique, la piscine, trois enfants.
05:43Ils n'ont aucun problème financier, ils font des beaux voyages.
05:45Tout semble leur réussir, les enfants font du golf, c'est le sport familial.
05:49Vraiment, tout semble aller pour le mieux.
05:51Mais en réalité, la vie de Frédéric Péchier est beaucoup plus compliquée qu'il n'y paraît.
05:56En réalité, il y a des tensions récurrentes dans le couple qui ne datent pas d'avant-hier.
06:00Parce que déjà, quand il était au CHU de Besançon, il part pour la clinique
06:04parce que sa femme lui dit qu'il fait trop de garde, qu'il travaille trop et qu'il faut
06:07qu'il ralentisse.
06:08En réalité, la clinique va continuer de s'investir à fond.
06:11Ça pose des problèmes parce qu'ils ont trois enfants, dont deux qui sont nés à un an d'intervalle.
06:16Donc, ils sont petits, il faut s'en occuper.
06:18Il y a la maison à faire tourner et lui, il n'est jamais là.
06:21Donc, il y a des tensions récurrentes dans le couple et le divorce plane en réalité depuis de nombreuses années.
06:27Frédéric Péchier va mal.
06:29Il fait même une tentative de suicide en 2014.
06:32C'est un soir de réunion familiale.
06:34Toute sa famille est là.
06:34C'est la communion de sa fille cadette.
06:37Et pour une broutille, une histoire de verre mal rangé, sa femme lui fait un reproche.
06:41Et là, il part en lui disant « Écoute, je sais ce qu'il me reste à faire.
06:43Vous n'entendrez plus jamais parler de moi. »
06:44Et même sur le chemin, il va appeler sa femme en disant « Je me suis injecté des produits.
06:48Je me sens partir. »
06:49Là, sa femme panique tellement qu'elle va appeler les pompiers.
06:52Il va pouvoir être géolocalisé grâce à son téléphone.
06:56Le SAMU est appelé.
06:57On va le retrouver dans sa voiture, dans un bois.
07:00Il est seul.
07:01Il a le cathéter dans le bras, des seringues pleines d'hypnotique,
07:04de divers médicaments qu'il est allé préalablement prendre à la clinique.
07:08Ce qu'il n'a pas le droit de faire au passage.
07:10S'il se les était injectés, ces produits ne l'a pas fait.
07:13Clairement, il en serait mort.
07:14Et là, le SAMU arrive.
07:16Sa femme arrive avec sa fille en voiture.
07:18Et il va convaincre le SAMU de le laisser rentrer chez lui parce qu'il ne sait finalement rien injecter.
07:23que ça va, que c'est un petit coup de fatigue.
07:25Il connaît les urgentistes.
07:27Il a travaillé avec eux.
07:27Et donc, il va leur dire « Écoutez, tout va bien.
07:29Sa femme, tout est sous contrôle.
07:30On va le ramener à la maison.
07:31On lui interdit de conduire. »
07:33Mais voilà, toute cette petite bande, sa femme, sa fille devant.
07:36Lui, conduit par une infirmière dans sa voiture.
07:38Et puis, le SAMU derrière va le rapatrier jusqu'à chez lui.
07:41Après ça, il n'en parle plus avec sa famille.
07:43Il s'auto-diagnostique un burn-out.
07:45Mais il retourne au travail dès le lendemain.
07:48Il reprend le travail.
07:49Mais sa femme, elle est inquiète.
07:50Elle va prendre rendez-vous pour lui, chez le psychologue,
07:53pour qu'il aille se confier.
07:55Et puis, il y a même une fois, en 2015,
07:56où c'est lui-même qui va prendre rendez-vous
07:58quelques jours après un empoisonnement.
08:01Pendant l'enquête, en raison du secret médical,
08:04ce psychologue a refusé de dire au policier
08:07ce que Frédéric Péchier lui avait confié.
08:10Mais les notes de ce psychologue ont été saisies.
08:13Oui, et c'est assez intéressant
08:14parce que là, on a ce qu'il pensait à l'époque,
08:17Frédéric Péchier, et il ne se sent pas bien dans sa peau.
08:19Il va lui confier qu'en fait, il a des difficultés avec son père,
08:22qu'il se sent le mal-aimé de la famille,
08:24le vilain petit canard.
08:25Il parle de son père comme d'un père fouettard,
08:28que c'est un homme dur,
08:29que son frère cadet, qui a 11 mois de moins que lui,
08:31il est préféré.
08:32Lui, il ne se sent pas bon
08:33parce qu'il a redoublé la seconde.
08:35Et dans sa vie actuelle,
08:37il décrit une famille, finalement,
08:38il dit qu'il s'ennuie en vacances,
08:40qu'il se sent bloqué dans sa vie,
08:42que sa femme l'a empêché de devenir réanimateur
08:44à l'hôpital, c'était son rêve.
08:47Il y a un mal-être qui transpire.
08:53Quand le contenu des notes du psychologue est révélé,
08:56Frédéric Péchier affirme que tout ce qui est dit n'est pas vrai,
08:59que le praticien a déformé ses propos,
09:02qu'il n'a jamais parlé de vilain petit canard
09:04ou de père fouettard.
09:06Louis Scolcombe, on le rappelle,
09:08il comparaît libre,
09:08il n'est donc pas dans le box des accusés,
09:10mais assis dans la salle d'audience.
09:12Comment est-ce qu'il s'exprime quand il se lève
09:14et qu'il vient à la barre pour répondre aux questions ?
09:17C'est quelqu'un qui est très en contrôle,
09:19il a un peu une voix éraillée,
09:20il ne s'énerve pas trop,
09:22il y a parfois quand même, on l'a senti agacé,
09:24et parfois il devient impertinent.
09:26Par exemple, la présidente,
09:27il a pu lui dire qu'elle avait mal compris,
09:29il faudrait réinterroger telle personne,
09:31ou alors je vais devoir tout vous réexpliquer,
09:33des choses comme ça.
09:34Et puis il a été quand même assez remis en place,
09:36assez vite, il a arrêté ses sauts d'humeur,
09:38mais il y a aussi une fois où on va le critiquer
09:40parce qu'il a refusé de répondre à un interrogatoire,
09:42on va lui dire, monsieur, donc vous boudez,
09:44parce qu'en fait, il exigeait qu'on fasse une nouvelle analyse
09:47sur une poche, sur l'adrénaline, etc.
09:49Et donc ce jour-là, il a dit,
09:50ben non, moi je ne parle pas.
09:51Et donc on va lui dire,
09:52mais écoutez, monsieur, vous avez la défense d'un petit garçon,
09:55vous faites un caprice.
09:56On l'a beaucoup dit, Frédéric Péchier clame son innocence.
09:59Est-ce qu'il reconnaît, malgré tout,
10:01qu'il y a eu des empoisonnements à la clinique Saint-Vincent ?
10:04Ça, c'est la grande nouveauté du procès,
10:05parce qu'il est arrivé en disant qu'il n'y avait qu'un empoisonnement.
10:07C'était celui qu'il avait vécu sur son propre patient,
10:10Jean-Claude Gandon,
10:11le dernier patient touché de cette série noire,
10:14dont on l'accuse au contraire de l'avoir mis en scène
10:17pour d'un seul coup être lui victime.
10:19Mais donc, il dit, moi j'ai eu un empoisonnement,
10:22donc il y a un empoisonneur.
10:23Et tout le reste, c'est des erreurs,
10:25c'est des aléas thérapeutiques,
10:26des gens qui étaient vieux,
10:26qui avaient une pathologie qu'on n'avait pas trouvée avant.
10:30Et puis là, grande nouveauté au procès,
10:32il va dire que dans 12 cas,
10:33il y a bien eu empoisonnement.
10:35La question qui suit, c'est,
10:37monsieur Péchis, si ce n'est pas vous,
10:39c'est qui, s'il y a un empoisonneur ?
10:41Et là, on tombe un peu dans une impasse,
10:42parce qu'il y a un de ses anciens amis
10:44qui était devenu son ennemi,
10:46qu'il a accusé ouvertement pendant très longtemps.
10:48Et puis là, il a reculé un petit peu.
10:50Mais cet anesthésiste-là lui-même,
10:52il a eu 5 cas, il a perdu 3 patients.
10:54Donc, ça ne peut pas être lui.
10:55Puis après, il n'y a personne qui était là,
10:56tout le temps, entre 2008 et 2017,
10:58aussi dans l'autre clinique.
11:00Finalement, au bout d'un moment,
11:02soit il y a plusieurs empoisonneurs,
11:03soit c'est lui.
11:04L'accusation, pour elle, c'est clair et net.
11:05Il n'y a pas 50 empoisonneurs à Besançon,
11:07il n'y en a qu'un.
11:08Et il n'y a qu'une personne qui a pu le faire.
11:10Ils ont recroisé les fichiers
11:11entre les deux cliniques.
11:12Dans les moments où il y a eu les empoisements,
11:14sur 1514 personnes,
11:15il n'y a que lui qui peut l'avoir fait.
11:19À la barre, plusieurs anciens collègues
11:21de Frédéric Péchier décrivent un homme
11:23séducteur, mais aussi menteur.
11:25Alors, c'est ça qui est frappant chez lui,
11:26c'est qu'il y a deux sons de cloche
11:28selon la personne qu'on interroge.
11:29C'est comme s'il y avait deux Frédéric Péchier.
11:31Il y a celui qui est excellent anesthésiste,
11:34on a lu les appréciations qu'il a eues
11:36pendant ses stages,
11:36quand il s'est formé,
11:37c'est dit tyrambique.
11:38Et il y en a d'autres qui ont dit,
11:40pardon, mais il était moyen,
11:42il refusait la contradiction.
11:43Pendant sa formation,
11:44il y a un de ses confrères internes
11:46qui dit qu'en fait,
11:47il passait son temps à pérorer
11:48sur tous les patients,
11:49même ceux qu'il ne connaissait pas,
11:50et que finalement,
11:51il avait décidé de ne plus lui couper la parole
11:53parce que sinon,
11:54on n'en sortait plus.
11:55Autre mensonge évoqué à l'audience,
11:56un mensonge qui peut sembler,
11:57là encore, anecdotique,
11:59mais qui a été jugé révélateur
12:00par l'accusation.
12:01Un jour, Frédéric Péchier
12:03a triché au golf,
12:04il a trafiqué sa carte de score
12:06pendant une compétition.
12:08Attention, c'est une compétition du dimanche.
12:10Le lot à gagner,
12:11c'est une coupette offerte par une banque,
12:14partenaire,
12:14donc il n'y a pas d'enjeu en réalité.
12:17Ce jour-là,
12:17Frédéric Péchier propose,
12:19il a joué avec deux personnes,
12:20il leur propose de leur payer un pot,
12:21il leur dit,
12:22écoutez, je vais chercher mon portefeuille
12:23dans ma voiture,
12:24en passant,
12:25je pose des cartes.
12:26Sauf que le président du club,
12:27il va se rendre compte le soir même
12:29que les cartes,
12:30notamment une,
12:30est grossièrement trafiquée.
12:32Des chiffres ont été rajoutés
12:33sur des croix.
12:34Quand on a une croix,
12:35c'est qu'on a totalement raté le trou.
12:37Donc évidemment,
12:38il y a eu tromperie,
12:39il y a eu manigance.
12:40Et donc, on va convoquer
12:41une commission de discipline,
12:43il y a une réunion,
12:44et là, il va nier,
12:45mais nier en bloc.
12:46Il va dire,
12:46c'est pas moi,
12:47c'est peut-être la secrétaire,
12:49c'est peut-être mes autres compétiteurs,
12:50alors que c'est lui qui a gagné.
12:51Bon,
12:51il accuse tout le monde sauf lui,
12:52il dit que c'est pas possible,
12:53et il dit qu'il va saisir un avocat
12:55qui va contester auprès
12:56de la Fédération Française de Golf.
12:58Donc ça va très loin,
12:59au bout d'un moment,
12:59ils lui disent,
13:00mais arrête de nous prendre pour des cons.
13:02Reconnais,
13:02c'est pas grave,
13:03on se quitte de bons amis,
13:03ça arrive.
13:04Il ne veut pas,
13:05il ne veut pas,
13:05et d'ailleurs à l'audience,
13:06il disait toujours
13:06qu'il n'avait pas triché ce jour-là.
13:08Et il y a son compétiteur,
13:09l'un de ses compétiteurs
13:10qui est venu,
13:11qui a montré les cartes,
13:11et qui a dit,
13:12je ne comprends pas,
13:13il passait de 30 à 37 points,
13:15il n'y a aucune raison.
13:15Et pourquoi c'est révélateur ?
13:17Pour l'accusation,
13:18la façon qu'il a de nier,
13:19c'est de dire,
13:19ça n'a pas existé,
13:20si c'est pas moi,
13:21c'est l'autre,
13:22alors que c'est lui qui gagne.
13:23Et troisième chose,
13:24c'est peut-être une secrétaire,
13:25ça rappelle quand même
13:26les infirmières,
13:27et il n'y a pas eu de tricherie,
13:28ça rappelle les empoisonnements.
13:29Pour eux,
13:29c'est le même mode de contestation,
13:31et c'est très révélateur
13:32de son comportement.
13:38Toujours pendant le procès,
13:39l'une des formatrices
13:40de Frédérique Péchier
13:42raconte que
13:43quand il était interne
13:44à l'hôpital
13:44au début des années 2000,
13:46il a fait, un jour,
13:47une expérience interdite
13:49sur un patient.
13:50Elle raconte qu'en fait,
13:51un jour,
13:52avoir un patient
13:52qui est en salle de réveil
13:53depuis trois jours.
13:55Normalement,
13:55on se réveille au bout
13:55de quelques heures.
13:57Et donc,
13:57elle demande à un interne,
13:58elle dit,
13:58mais qu'est-ce qui se passe ?
13:59Ah, mais Frédérique Péchier
14:00m'a expliqué qu'en fait,
14:01il a une pathologie un peu rare,
14:03il élimine plus doucement
14:04les médicaments.
14:04Elle se dit,
14:05tiens, curiosité médicale,
14:06elle va regarder le dossier
14:08en se disant,
14:08je vais apprendre quelque chose.
14:09Et là,
14:09qu'est-ce qu'elle voit ?
14:10Qu'en fait,
14:11non seulement ce patient,
14:12il a déjà eu des anesthésies
14:14sans problème,
14:14qu'il n'a pas du tout
14:15de pathologie,
14:16et elle regarde le protocole
14:17appliqué par Frédérique Péchier,
14:18c'est quelque chose
14:19qui n'est plus enseigné
14:20depuis 20 ans.
14:21C'est quelque chose
14:21qui remonte aux années 70.
14:23Et donc,
14:23elle se dit,
14:24en fait,
14:24il a voulu s'amuser,
14:25il a voulu tester quelque chose,
14:26jouer un peu aux petits chimistes.
14:28Louise Colcombé,
14:29Frédérique Péchier
14:30est accusé de 30 empoisonnements,
14:31dont 12 mortels.
14:32Dans le premier épisode
14:33de ce podcast,
14:34vous nous avez raconté
14:36des témoignages bouleversants
14:37de victimes.
14:38Face à ces accusations
14:39et face aux éléments
14:40à charge du dossier,
14:42comment il se défend ?
14:43Frédérique Péchier,
14:44il dit lui depuis 8 ans
14:45qu'il est innocent
14:47à l'envers,
14:47c'est-à-dire qu'on est parti
14:48de son nom
14:48et qu'ensuite,
14:49on a essayé de tout faire coller.
14:50C'est évidemment pas
14:51la vision des enquêteurs,
14:52puis ça voudrait dire
14:53qu'il y a eu beaucoup
14:54d'enquêteurs qui se sont trompés,
14:56les magistrats aussi,
14:57la juge d'instruction,
14:58le parquet.
14:59Donc lui, il dit,
14:59vous avez pris le problème
15:00à l'envers,
15:00moi, on m'appelait
15:01pour la réanimation
15:02et d'ailleurs,
15:02j'étais bien gentille de venir.
15:04Maintenant, j'ai des problèmes
15:04parce que j'ai été
15:05le bon samaritain,
15:06mais vous n'avez pas de preuve,
15:07vous n'avez pas de preuve concrète,
15:08on ne m'a pas vu faire.
15:10Il a dit,
15:10on ne m'a pas vu faire.
15:12Effectivement,
15:13il n'y a pas une caméra
15:14qui a vu Frédéric Péchier
15:15prendre un poison
15:16où il y aurait écrit poison,
15:18le mettre dans une poche,
15:19placer la poche sur un patient.
15:20Mais il y a une convergence
15:21d'éléments
15:22qui pointent tous vers lui.
15:24L'un des frères
15:25de Frédéric Péchier
15:26explique à la barre
15:27qu'il a lui-même
15:28douté de son innocence.
15:30Alors, il faut savoir
15:31que la famille Péchier
15:32tient bon derrière lui,
15:34mais il y a eu
15:35des écoutes téléphoniques
15:36qui ont été faites
15:37et qui sont très révélatrices
15:38d'après les enquêteurs
15:39qui les ont écoutées.
15:40C'est-à-dire que Frédéric Péchier,
15:41il trimballe un peu tout le monde,
15:43il raconte des choses fausses
15:44au téléphone,
15:45notamment à son père
15:46qui est anesthésiste
15:47et qui peut poser
15:48des questions un peu pertinentes.
15:49Et donc, il leur raconte
15:50la version qu'il veut.
15:52Et donc, son frère
15:53qui n'est pas du tout
15:54du milieu médical,
15:54il a lu en fait
15:55les comptes rendus d'audience
15:56pendant tout le procès
15:57avant qu'il arrive témoigner à la fin
15:58et il dit
15:59« Mais moi, je suis allé
16:00confronter mon frère hier,
16:01dimanche. »
16:02Il parle un lundi en disant
16:03« Moi, ce que j'ai lu dans la presse,
16:05ce n'est pas du tout
16:05ce que tu m'avais raconté. »
16:06Donc, il est allé le confronter
16:07les yeux dans les yeux
16:07en lui disant
16:08« Maintenant, tu me dis la vérité. »
16:10Et là, il raconte
16:10que son frère, Frédéric Péchier,
16:12se met à pleurer.
16:13Il dit « J'ai vu son âme.
16:14J'ai vu qu'il était innocent. »
16:16Et il dit à la cour
16:16« Il n'y aura pas d'aveu
16:17parce qu'il n'y a rien à avouer. »
16:21Louise, vous venez de le dire,
16:22la famille de Frédéric Péchier
16:24est soudée derrière lui,
16:25même la mère de ses trois enfants
16:27dont il est aujourd'hui divorcé.
16:28Et vous avez été marquée
16:30par le témoignage
16:31de sa fille aînée,
16:32une jeune femme de 25 ans
16:33qui veut d'ailleurs
16:34devenir avocate.
16:35Oui, c'est un des moments
16:36forts du procès
16:37parce qu'il ne faut pas oublier
16:39qu'il a trois enfants.
16:40Il a un lien très particulier
16:42avec sa fille aînée aussi
16:42parce qu'elle a eu
16:43des problèmes de santé.
16:44Et il a été toujours à ses côtés.
16:46Et elle a raconté
16:47notamment toutes ces nuits
16:48où elle avait des douleurs
16:49et qu'il dormait sur un matelas
16:50à côté du sien
16:51pour la soulager,
16:52pour la soutenir.
16:53Il l'a accompagnée
16:54à d'innombrables examens
16:55pour essayer de comprendre
16:56ce dont elle souffrait.
16:58Elle parle d'un père exemplaire,
17:00bienveillant.
17:01Et lui, il était en larmes,
17:02mais c'est vrai que c'était
17:03extrêmement touchant.
17:04Et après avoir témoigné à la barre,
17:06elle part.
17:07Et là, c'est marquant.
17:08Elle s'arrête.
17:08Il y a son père assis.
17:10Elle lui prend la main.
17:11Elle le regarde droit dans les yeux
17:12pour lui donner du courage.
17:13Elle marque une pause vraiment
17:14pour que tout le monde la voit.
17:15Et elle redescend s'asseoir
17:17au milieu de sa famille.
17:18Et donc, vous dites
17:19que pendant ce procès,
17:20vous avez aussi compris
17:21qu'il a été par ailleurs
17:22un bon père
17:23et aussi un anesthésiste
17:25aux petits soins
17:26pour ses patients.
17:27Oui, c'est ça.
17:27C'est les deux visages
17:28un peu de Frédéric Péchet.
17:30L'un de ses détracteurs
17:31dit qu'il était un ange
17:33pour ses patients.
17:34Il tenait à les voir
17:35de A à Z.
17:36C'est-à-dire la consultation
17:37de préanesthésie.
17:37Souvent, ce n'est pas celui
17:38qui vous endort
17:39qui vous voit avant.
17:40Lui, il tenait absolument
17:41que ce soit lui.
17:43Il allait voir ses patients
17:44la veille après.
17:46Il avait vraiment
17:46beaucoup d'attention
17:48pour ses patients.
17:50Ce qu'on lui reproche,
17:51c'est d'avoir empoisonné
17:52les patients de ses collègues.
17:54Ce n'est pas dans son cercle,
17:55ça ne le touche pas.
17:55Et donc là,
17:56il s'en ficherait finalement.
17:59Dans ce dossier,
18:00il y a 12 morts.
18:02Qui sont-ils ?
18:03C'est que des personnes
18:04qui n'avaient aucune raison
18:05de mourir,
18:05aucune pathologie.
18:06Des gens qui ont été
18:07fauchés dans la force de l'âge.
18:08Des gens de 40, 50 ans,
18:1170 ans.
18:12Des grands-mères.
18:13Des gens qui ne verront jamais
18:14leurs petits-enfants grandir.
18:16Amandine Yélène,
18:17je reviens toujours à elle,
18:17mais elle a eu cette formule
18:18terrible, c'est de dire
18:19c'est des gens
18:20qui ont été tirés au hasard
18:22pour mourir.
18:22Comme une espèce de loterie
18:24dont lui aurait les clés.
18:26Et parmi ceux qui ont échappé
18:27de justesse à la mort,
18:28il y a un enfant de 4 ans.
18:30C'est ce qui est terrible
18:31aussi dans ce dossier,
18:32c'est qu'en plus,
18:33ce petit garçon
18:34qui s'appelle Teddy,
18:34qui aujourd'hui a 14 ans,
18:35qui est venu assister au procès
18:37avec sa famille,
18:38il n'a pas osé prendre la parole,
18:39mais des mots ont été lus,
18:40où il dit
18:41« on a utilisé ma vie
18:42pour régler des problèmes ».
18:44Eh bien,
18:44ce petit garçon,
18:45il aurait pu mourir
18:45alors qu'il venait juste
18:46pour se faire retirer
18:47les amygdales.
18:48Et ce jour-là,
18:49l'empoisonneur,
18:50il vise un bloc
18:51où il n'y a que des enfants.
18:52Donc on sait que c'est
18:52un enfant qui est visé.
18:53Il y a aussi un garçon de 16 ans,
18:55un jeune homme de 26 ans,
18:57boxer taille de haut niveau,
18:58qui a fait 12 jours de coma.
19:00On a tous les profils
19:01de 4 à 88 ans.
19:07D'après l'accusation,
19:09quel pourrait être
19:09le mobile
19:10de Frédéric Péchier
19:11pour avoir provoqué
19:13tous ces empoisonnements ?
19:14Alors ça,
19:14c'est une vaste question
19:15parce que
19:16ce que expliquent
19:17les psychologues,
19:17c'est que sur une personnalité
19:19qui pourrait être
19:20dans un énorme mal-être
19:22et qui pourrait avoir
19:22deux faces,
19:23la face adaptée
19:25qui va bien,
19:25le bon père,
19:26le bon chirurgien
19:26et la face troublée,
19:28héritée sans doute
19:29d'un traumatisme
19:29dans l'enfance
19:30mais dont on n'a
19:31aucun indice,
19:33cette personnalité trouble
19:34qui va mal,
19:36et bien quand elle va mal
19:36pour décharger
19:37la tension interne,
19:38elle peut provoquer
19:39un empoisonnement
19:40et c'est le propre
19:41des tueurs en série,
19:42c'est-à-dire
19:43qu'ils sont capables
19:43de provoquer une mort
19:45et de revenir
19:46aux affaires courantes,
19:47de border leurs enfants
19:48le soir
19:49et recommencer.
19:50Avec une personnalité
19:52clivée donc,
19:53coupée en deux ?
19:53Oui,
19:54comme coupée en deux,
19:54alors c'est pas de la schizophrénie
19:56auquel cas on serait
19:56sur un trouble psychiatrique
19:57mais c'est vraiment
19:58ce que les psys
19:59appellent le clivage,
20:00c'est-à-dire
20:00vous êtes coupée en deux,
20:01il y a une partie
20:02qui va très bien,
20:02une partie qui va mal
20:03et quand la partie
20:04qui va mal s'exprime,
20:06et bien ça peut être
20:06des passages à l'acte
20:07criminels.
20:08Il a été fait
20:09un rapprochement
20:10entre les conflits
20:11entre anesthésistes
20:12à la clinique
20:13et les passages à l'acte
20:14qui visaient des personnes
20:16avec qui
20:17il s'était agacé.
20:18Parfois,
20:19peut-être,
20:20la paduguin,
20:21quelqu'un qui fait pas
20:22les choses
20:22comme il le souhaite
20:23parce que lui
20:24est très pointilleux
20:25sur ses protocoles,
20:26il fait les choses bien,
20:27Frédéric Pécher,
20:28il y en a certains
20:29qui pouvaient aller
20:29regarder le Tour de France
20:30pendant qu'ils anesthésiaient.
20:32Donc une petite contrariété
20:34pouvait finalement
20:34provoquer une tempête
20:36et un empoisonnement.
20:37Donc d'après l'accusation,
20:38il a pu agir par vengeance
20:39et peut-être aussi
20:40pour une question d'argent.
20:41Ce serait comme
20:42un mobile secondaire,
20:44un peu la cerise sur le gâteau
20:45parce qu'ils l'ont expliqué,
20:47les soignants,
20:47quand il leur arrive
20:48un arrêt cardiaque
20:50très grave,
20:51voire une mort,
20:52ils sont incapables
20:53de poursuivre
20:53leur programme de la journée.
20:54Et donc il est arrivé
20:55que Frédéric Pécher
20:57tape dans le dos
20:57de son confrère
20:58en lui disant
20:58écoute,
20:59il vaut mieux que tu te reposes,
21:00t'inquiète pas,
21:01je vais assurer,
21:02je vais récupérer ton bloc.
21:03Et derrière,
21:03c'est de l'argent
21:04parce qu'il faut comprendre
21:05qu'ils sont rémunérés
21:06aux actes qu'ils pratiquent.
21:08Il a pu dire
21:09écoutez,
21:09je gagnais 300 000 euros par an,
21:11je n'allais quand même
21:11pas faire ça pour 300 euros.
21:13Eh bien,
21:13ce n'est pas exclu.
21:15Louise Colcombé,
21:15l'enquête a aussi montré
21:17que certains patients
21:18ont été empoisonnés
21:19à deux reprises.
21:21Oui,
21:21c'est ce qu'on peut retrouver
21:23en fait grâce aux feuilles
21:24d'anesthésie,
21:25les comptes rendus opératoires.
21:26Il y a un premier
21:27arrêt cardiaque
21:28qui est stabilisé.
21:30Le patient est transféré
21:31en salle de réveil
21:32souvent quand Frédéric Pécher
21:33est de garde.
21:34Et donc ça veut dire
21:34qu'il est en charge
21:35de ces patients
21:36dans la salle de réveil.
21:37Eh bien là,
21:38leur état va brusquement
21:39s'aggraver.
21:40Deuxième réanimation
21:41et là,
21:41ça ne fonctionne pas.
21:42Il y a notamment
21:43le cas d'un patient
21:44qui s'appelait Jean Benoît
21:45qui était en pleine forme
21:46malgré ses 70 ans
21:48et qui en réalité
21:49va décéder
21:50et en fait,
21:50quand on le retrouve,
21:52son état est gravissime
21:53en salle de réveil.
21:54Frédéric Pécher est à ses côtés
21:55et lui,
21:55il crache du sang
21:56et on ne va pas pouvoir
21:57récupérer ce patient.
21:58Il y en a plusieurs
21:59dans ce cas-là
22:00et donc,
22:01selon l'accusation,
22:01Frédéric Pécher
22:02a voulu les achever
22:04pour être sûr
22:05de tuer le patient
22:06et de punir son confrère.
22:07On le disait,
22:08le vendredi 12 décembre,
22:09les avocates générales
22:10réclament contre lui
22:11la perpétuité
22:12avec 22 ans de sûreté.
22:14Elle le qualifie,
22:15je cite,
22:16de tueur en série
22:17et elle le présente
22:18comme l'un des pires criminels
22:19de l'histoire judiciaire française.
22:22Le lundi 15 décembre,
22:23après la plaidoirie de la Défense
22:25qui a demandé purement
22:26et simplement
22:27l'acquittement,
22:28la parole est à l'accusé,
22:30Frédéric Pécher,
22:32pour ses derniers mots
22:33devant la cour d'assises.
22:34Frédéric Pécher se lève
22:36pour la dernière fois,
22:37il s'avance à la barre
22:38devant les jurés
22:38et il dit ces mots.
22:40Je le dis
22:41et je le dirai toujours,
22:42je ne suis pas un empoisonneur,
22:43je n'ai jamais empoisonné quelqu'un.
22:45Le serment que j'ai prêté
22:46en 1999,
22:47je l'ai toujours respecté.
22:48C'est le serment d'Hippocrate.
22:51Frédéric Pécher vient d'être condamné
22:53à l'ancien anesthésiste
22:54reconnu coupable de 30...
22:56Le verdict vient de tomber,
22:57Frédéric Pécher est reconnu coupable
22:58de la totalité des faits...
23:00L'anesthésiste Frédéric Pécher
23:01a été reconnu coupable
23:02d'avoir utilisé la médecine
23:04pour tuer.
23:05Le verdict est annoncé
23:07le jeudi 18 décembre.
23:09Frédéric Pécher est reconnu coupable
23:11des 30 empoisonnements
23:12dont il était accusé,
23:1430 dont 12 mortels.
23:15Il est condamné
23:17à la réclusion criminelle
23:18à perpétuité
23:19avec une période de sûreté
23:21de 22 ans.
23:22Il va faire appel,
23:23ce qui veut dire
23:24qu'il y aura un second procès.
23:26Louise Colcombé,
23:27je le disais,
23:28vous avez suivi cette affaire
23:29depuis le début.
23:30Pourquoi elle vous intéresse autant ?
23:32En fait, moi,
23:33je ne suis pas différente des autres.
23:34Penser qu'un médecin
23:35puisse vouloir du mal
23:36à son patient,
23:37c'est tellement contre nature
23:39qu'évidemment,
23:40ça intrigue.
23:41Et puis, moi,
23:42ce qui m'a intéressé,
23:43c'est de comprendre
23:43comment pendant 9 ans,
23:44on avait pu ne pas
23:46s'en rendre compte.
23:47Et comment un criminel
23:49peut agir autant de fois ?
23:51Ça n'existe plus.
23:52Les tueurs en série
23:53avec les progrès de la science,
23:54l'ADN,
23:55la téléphonie,
23:56on arrête les gens.
23:57Je ne dis pas
23:57que ça n'existe plus du tout.
23:58Mais là,
23:59on parle quand même
23:59d'un milieu ultra sécurisé
24:01où on pense
24:01qu'on est entre de bonnes mains.
24:02C'est le dernier endroit
24:03où on penserait
24:03qu'il puisse vous arriver
24:04quelque chose.
24:05Qu'un médecin détourne
24:07des médicaments
24:08pour en faire des poisons,
24:10arrive à masquer ses crimes
24:11en diluant
24:12avec des antidotes.
24:13Il y a énormément
24:15de choses à comprendre
24:16en termes techniques
24:17qui rendent
24:18cette affaire exceptionnelle
24:19parce que sans
24:20le travail exceptionnel
24:21des enquêteurs,
24:22on n'aurait jamais pu
24:23résoudre cette énigme.
24:2530 empoisonnements,
24:26c'est du jamais vu.
24:27On n'a pas
24:27d'équivalent en France.
24:28De tout ce que j'ai traité,
24:30je n'ai jamais eu une affaire
24:30aussi à la fois complexe
24:32et intéressante
24:33et humaine.
24:41Merci Louis-Scolcombé.
24:42Cet épisode de Code Source
24:44a été produit par
24:45Clara Garnier-Amourou,
24:46Thibaut Lambert
24:47et Anaïs Godard.
24:48Réalisation,
24:49Pierre Chaffanjon.
24:50N'oubliez pas
24:51Crime Story,
24:51notre podcast hebdomadaire
24:53consacré aux affaires criminelles.
24:55Un nouvel épisode
24:56chaque samedi
24:56avec Claudia Prolongeau
24:58et Damien Delsenie.
25:01Abonnez-vous !
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