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Ce mardi 27 janvier, Joël Guerriau, ancien sénateur de 68 ans, est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison, dont dix-huit mois ferme pour soumission chimique.
Récit avec Louise Colcombet, grand reporter au service police-justice.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clémentine Spiler, Thibault Lambert et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : Complément d'enquête (France 2)
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Ce mardi 27 janvier, Joël Guerriau, ancien sénateur de 68 ans, est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison, dont dix-huit mois ferme pour soumission chimique.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12L'ancien sénateur Joël Guériot a été condamné à 4 ans de prison, dont 18 mois fermes, le 27 janvier
00:18à Paris,
00:19reconnu coupable d'avoir drogué une députée, Sandrine Jossot, pour la violer.
00:24Joël Guériot a fait appel, il est donc, aux yeux de la justice, de nouveau présumé innocent.
00:31Sandrine Jossot avait porté plainte, juste après l'effet en 2023.
00:34Elle a aussi témoigné dans plusieurs médias pour alerter sur le fléau de la soumission chimique.
00:40Pourquoi Joël Guériot a-t-il été condamné ?
00:42Que s'est-il passé précisément dans son appartement le 14 novembre 2023 ?
00:47Et comment s'est déroulé le procès ?
00:49Réponse dans Codesources, aujourd'hui avec Louise Colcombé, qui a suivi l'audience.
00:53journaliste au service police-justice du Parisien.
01:04Joël Guériot a été sénateur de Loire-Atlantique de 2011 à 2025, élu centriste.
01:09Il a été un personnage politique important au Sénat,
01:12notamment vice-président de la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat.
01:17Il est marié, il a cinq enfants.
01:20Louise Colcombé, à quoi il ressemble au tout début de son procès, le lundi 26 janvier, au tribunal correctionnel de
01:26Paris ?
01:28Alors c'est un homme qui a 68 ans, qui a les cheveux blancs, mais qui présente bien des petites
01:33lunettes à la mode.
01:35Il se présente comme quelqu'un qui a plutôt une aisance, une certaine prestance.
01:41Quand il est rentré dans la salle, il avait immédiatement balayé du regard cette salle pour voir combien il y
01:47avait de journalistes,
01:48et il a constaté que la salle était pleine.
01:50Alors dans cet épisode de Code Source, on va voir comment il s'est défendu,
01:53quelle est sa version des faits, et pourquoi il a été condamné.
01:57Mais d'abord, on va se replonger dans les faits en eux-mêmes,
02:00en utilisant si besoin des éléments qui ont été évoqués pendant le procès à l'audience.
02:04Louise Colcombé, tout commence le mardi 14 novembre 2023 à Paris.
02:10D'abord, qui est Sandrine Jossot à ce moment-là ?
02:12Sandrine Jossot, c'est une députée de Loire-Atlantique, donc il connaît très bien Joël Guerriot.
02:18Ils sont amis politiques, ils se côtoient depuis dix ans.
02:22Elle est élue modem, elle travaille beaucoup sur les questions de société.
02:26Ce jour-là, le sénateur Joël Guerriot l'invite chez lui, dans son appartement parisien,
02:30et il lui explique qu'il veut fêter sa réélection.
02:34Oui, en fait, elle l'avait félicité pour sa réélection fin septembre.
02:38Il avait donné une petite fête à laquelle elle n'avait pas pu venir.
02:41Elle lui avait dit qu'on fêtera ça plus tard au Sénat.
02:43Et puis, il a proposé finalement, non pas d'aller au restaurant,
02:47mais plutôt de faire ça chez lui, ce qu'elle a accepté.
02:50Il lui a demandé si elle aimait les Faritas.
02:52Et donc, voilà, la voilà arrivant à 20h05 à son domicile du sixième arrondissement,
02:58et donc avec Faritas et Champagne qui l'attendent.
03:01Mais quand Sandrine Jossot arrive chez lui, elle comprend qu'ils vont être tous les deux.
03:05Oui, ce n'était pas forcément clair pour elle.
03:07Elle pensait qu'il pouvait y avoir un autre élu.
03:08Lui s'est défendu en disant, moi, j'ai peu d'amis politiques de Loire-Atlantique,
03:13et donc j'avais convié à nos députés, ils ne pouvaient pas venir.
03:15Donc voilà, nécessairement, mathématiquement, on allait être deux.
03:18Mais elle, ça va l'interpeller aussi.
03:21Et elle le trouve étrange tout de suite.
03:23Déjà, il n'est pas habillé comme d'habitude.
03:25Elle l'a toujours connu habillé légamment, en costume.
03:29Et là, elle le découvre dans une sorte de jogging, presque un pyjama, si on comprend bien.
03:34Et aussi, il est très agité. Il n'arrête pas de s'agiter dans tous les sens, comme elle dira,
03:39monté sur pile.
03:40Il y a quelque chose qui l'interpelle dans son comportement.
03:43Il lui propose du champagne.
03:44Oui, il lui donne juste le choix à ce que tu veux, du blanc ou du rosé.
03:47Et il sort ce qu'on appelle une fillette, une demi-bouteille.
03:50Et il prépare ça dans le coin cuisine.
03:52Et il va lui tendre sa flûte de champagne.
03:55Que se passe-t-il ensuite ?
03:57Alors, assez rapidement, Sandon Joso va commencer à se sentir pas bien.
04:00D'abord, elle se dit, ça doit pas être du bon champagne, parce qu'il a un drôle de goût.
04:04C'est un peu sucré, étrange, mais bon.
04:06Elle le boit quand même.
04:07Et puis, elle a des nausées, des vertiges.
04:08Elle se sent pas bien.
04:09Elle a commencé à avoir des sueurs froides.
04:10Son cœur qui s'emballe.
04:12Elle se demande ce qui se passe.
04:14Mais Joël Garriot insiste beaucoup aussi pour qu'il retrinque.
04:19Comme s'il voulait qu'elle boive plus vite.
04:21Il lui dit, mais tu manges rien, tu bois pas.
04:23Et puis, il va y avoir un moment crucial, en fait, où ça monte, ça monte, ça monte.
04:27Ça monte, elle commence à se dire qu'elle est vraiment mal.
04:30Et elle le voit, en fait, resservir dans le coin cuisine du champagne.
04:34Elle le voit mettre un sachet blanc qui le repose dans un tiroir.
04:38Et là, elle se dit, il a mis quelque chose dans mon verre.
04:44Mais là, même si elle se sent vraiment très mal, elle ne lui dit pas.
04:48Elle dit rien.
04:49Et ça, elle l'a expliqué, elle explique qu'elle est presque en mode survie, en fait.
04:54Elle se dit, je montre le moindre signe.
04:56Elle avait très soif, par exemple.
04:57Elle se dit, même si je lui demande de l'eau, il va comprendre que ça fait effet.
05:01Il va me dire, mais si ça ne va pas, tu peux t'allonger.
05:04Et là, je ne pourrai plus partir, je vais être piégée.
05:06Et il va arriver à ses fins.
05:08Donc là, elle a compris tout de suite qu'elle avait été droguée.
05:10Elle comprend, oui, qu'il y a quelque chose dans son verre.
05:13Ce sachet qui est reposé dans le tiroir, ça scelle sa conviction.
05:16Plus cette attitude étrange, parce qu'il se passe beaucoup de choses.
05:19Elle a l'impression qu'il gagne du temps, qu'il veut qu'elle reste.
05:23Donc, il va lui faire un tour de magie, par exemple.
05:26D'ailleurs, un tour de magie qu'elle a trouvé à connotation un peu sexuelle.
05:30Parce que ce tour de magie, en fait, ça consiste principalement à faire passer un fil dans un cercle.
05:37Elle l'a mimé à la barre.
05:38Et effectivement, on comprend du geste que c'est un petit peu évocateur.
05:41Il y a aussi cette attitude étrange qui consiste à faire varier la lumière en permanence, le plafonnier.
05:47Soit disant que c'est pour les besoins du tour de magie, mais elle ne comprend pas vraiment ce qui
05:52se passe.
05:52Elle commence à... Elle est un peu à gare, en fait.
05:54Elle est entre... Qu'est-ce qui se passe dans mon corps ? Qu'est-ce qu'il est en
05:57train de faire ?
05:58Et tout ça, ça monte, ça monte, ça monte, ça monte progressivement.
06:01Et puis, elle se dit, je ne montre rien.
06:03Elle parvient à se maîtriser.
06:05Et elle va immédiatement commander un taxi.
06:09Elle a commandé un taxi et quand elle s'en va dans l'escalier de l'immeuble et jusque dans
06:13la rue, il la suit.
06:14Ça aussi, c'est quelque chose qui l'a beaucoup troublé.
06:16C'est-à-dire qu'il y a un ascenseur, d'ailleurs.
06:18Pourquoi prendre l'escalier ?
06:19Alors à l'audience, Joël Gariot expliquait qu'il prenait toujours l'escalier, qu'il raccompagnait toujours ses invités dans
06:25la rue.
06:26Néanmoins, elle, elle l'a interprétée comme l'idée qu'avec ses jambes qui flagellaient et qu'à tout moment,
06:31elle pouvait tomber dans les vapes ou s'évanouir, parce qu'à ce moment-là, ce n'est pas ce
06:34qui peut se passer pour elle.
06:35Elle a l'impression qu'il attend que le produit fasse effet et d'éventuellement la récupérer.
06:40Il la suit jusqu'au bout du bout, jusqu'au taxi.
06:42Une fois montée dans le taxi, elle contacte au téléphone des collègues de l'Assemblée en qui elle a toute
06:47confiance.
06:48Elle va appeler l'un de ses amis députés.
06:51Elle claque la porte en se disant « Mon Dieu, j'ai échappé au pire ».
06:54Et en fait, là, elle a été prise de sanglots à l'audience en racontant ce coup de fil, en
06:58disant
06:58« Joël m'a mis quelque chose dans mon verre, je me sens partir, je me sens partir ».
07:02Elle dit qu'elle a cru mourir, tellement son cœur partait vite.
07:06Il disait « À ce moment-là, j'ai pensé à mes enfants.
07:08Sous-entendu, je ne vais plus jamais les revoir ».
07:09Et grâce à son amie députée, elle est très bien et très vite prise en charge.
07:13Quand elle arrive à l'Assemblée nationale, elle est prise en charge immédiatement
07:16par la médecin de l'Assemblée nationale qui va constater qu'elle a les pupilles absolument dilatées.
07:22Donc, elle va être immédiatement prise en charge et envoyée dans un hôpital qui est spécialisé là-dedans
07:26et qui va lui ordonner des analyses toxicologiques immédiatement.
07:32Analyse qui révèle la présence dans son corps en forte concentration de MDMA,
07:37donc de l'ecstasie, une drogue qui favorise la désinhibition sexuelle
07:41et qui est souvent retrouvée dans les affaires de soumission chimique.
07:45Louise Colcombé, après ses analyses, Sandrine Jossot porte plainte aussitôt.
07:50La police judiciaire à Paris qui s'occupe du dossier va contacter en fin d'après-midi
07:55Joël Guerriot pour lui indiquer qu'il va être placé en garde à vue.
07:59Il se trouve alors au Sénat, il est convenu qu'il se mette à disposition et qu'il vienne au
08:03commissariat.
08:04Ce qu'il ne va pas faire.
08:05Et en fait, il va être interpellé dans un bar où il se trouve avec son assistant parlementaire
08:09où il boit une bière.
08:11Alors, il dira que c'est parce qu'il avait la gorge très sèche et qu'il paniquait.
08:14Donc, il avait soif et qu'il avait peur d'être placé en garde à vue, d'être enfermé
08:20parce que, dit-il, il est claustrophobe depuis l'enfance.
08:23Une perquisition est menée dans son appartement et là où avait indiqué Sandrine Jossot,
08:27dans ce tiroir, il retrouve un sachet de drogue.
08:31L'analyse révèle que le produit est pur à plus de 90%.
08:35Dans la foulée, une confrontation est organisée entre Joël Guerriot et Sandrine Jossot.
08:40Oui, alors, Joël Guerriot, d'abord, dans un premier temps, il dit qu'il ne sait pas du tout ce
08:44que c'est ce sachet.
08:45Puis, il va dire qu'effectivement, on lui a donné ce sachet.
08:51C'est un sénateur, dit-il.
08:54Sandrine Jossot va halluciner, en fait.
08:57Elle nous confiera, nos journalistes, elle s'est dit
08:59« Mais à ce moment-là, j'ai cru que j'étais encore sous l'effet de la drogue, en
09:01fait. »
09:02Donc, il dit très sérieusement qu'un sénateur, un ami, lui a donné
09:06parce qu'il sentait qu'il avait un coup de mou et que ça allait l'aider,
09:10que c'était une sorte d'euphorisant ou un phytomédicament,
09:13quelque chose à base de plantes, un peu inoffensif, mais que ça allait l'aider
09:15parce qu'il ne voulait pas prendre l'antidépresseur.
09:17Il avait peur des effets secondaires.
09:19Donc, il accepte ce sachet.
09:21Et ce prétendu médicament à base de plantes, donc phytomédicament,
09:25il affirme l'avoir mis par erreur dans le verre de Sandrine Jossot.
09:29Oui, c'est là où ses explications commencent à dérailler complètement.
09:32Et il l'explique.
09:33Alors, il dit d'abord une semaine avant.
09:35Finalement, il va dire que c'était la veille, mais il avait un coup de mou,
09:37il avait des crises d'angoisse, il n'est pas bien dans sa vie.
09:40Et donc, il envisage de prendre ce médicament,
09:43qui va d'ailleurs étrangement verser dans une flûte de champagne,
09:47un lundi soir, alors qu'il ne boit pas de champagne.
09:49Et puis, il se dit, ah non, j'ai pris un médicament pour les brûlures d'estomac,
09:52donc je vais attendre un peu.
09:53Et puis, il raconte finalement qu'en fait, il est parti faire un tour dehors.
09:57Il a pris l'air et puis qu'en revenant, il avait complètement oublié
10:00que la flûte avait de la poudre au fond.
10:02Et donc, il l'a rangée.
10:03Et le lendemain, malencontreusement, quand Sandrine Jossot arrive
10:06et qu'il doit verser le champagne, eh bien, pas de chance.
10:08C'est la coupe avec la poudre qui va lui tendre.
10:11Et à ce moment-là, il explique qu'il va mal pour différentes raisons,
10:14notamment son chat qui est sur le point de mourir.
10:17Oui. Alors, sa femme a confirmé en expliquant qu'avant de remonter à Paris,
10:21il avait creusé la tombe, il avait creusé un trou dans le jardin.
10:24Il explique aussi qu'il avait des amis qui avaient été diagnostiqués de cancer.
10:28Et puis, qu'il avait vécu une campagne pour sa réélection au Sénat,
10:32donc très difficile, puisque objet de trahison, etc.
10:37Voilà. Puis, fatigué des allers-retours, c'est ma dixième campagne.
10:40Je suis fatigué. Je suis loin de ma famille.
10:43C'est très, très dur.
10:44Et donc, voilà, il a cette crise de panique, soi-disant, la veille.
10:48Et donc, il se dit, ah, et si j'essayais ce fameux phytomédicament ?
10:52En examinant le téléphone de Joël Guériot,
10:55les policiers découvrent plusieurs recherches internet
10:58qui peuvent être liées aux faits qui lui sont reprochés.
11:01Oui, c'est mené un mois avant les faits, mais c'est assez explicite.
11:04On a des recherches avec les mots-clés drogue et viol,
11:07des mots-clés sur le GHB,
11:09et d'ailleurs un article de presse qui s'intitule
11:11« Pourquoi le GHB n'est pas la seule drogue du violeur ? »
11:14des articles sur l'ecstasy,
11:17comment acheter de la MDMA en ligne,
11:20la fiche Wikipédia de la MDMA,
11:23un certain nombre, on va dire,
11:25de recherches assez explicites sur le sujet.
11:27Est-ce que les policiers ont trouvé
11:28d'autres éléments intéressants dans son téléphone ?
11:30Alors, sur les SMS en tant que tel,
11:32il y avait quelque chose d'assez intriguant,
11:33c'est que le SMS de Sandrine Jossot,
11:35auquel il l'invitait à venir chez lui,
11:37a été effacé, étrangement.
11:39Et puis, toute une série avec une interlocutrice
11:42qui m'ont finalement s'avéré être ceux de sa maîtresse.
11:46Et puis, sur l'historique internet de ses recherches,
11:50on retrouve aussi, alors ça n'est pas interdit,
11:52mais ça colore le dossier de nombreuses recherches
11:54sur des sites pornographiques,
11:56mais aussi, et ça, le recours à la prostitution est interdit,
12:00il avait consulté un site d'escorting de la prostitution,
12:04il avait même créé un compte.
12:07Par ailleurs, en juin 2025,
12:09une femme qui dit avoir été victime de Joël Guerriot
12:12témoigne anonymement sur France 2,
12:14dans l'émission Complément d'enquête,
12:17diffusée le jeudi 19 juin.
12:19Elle raconte avoir été droguée,
12:21puis violée par le sénateur,
12:23chez lui, dans son appartement,
12:24le 6 mai 2022,
12:26et elle explique avoir compris ce qu'il s'est réellement passé
12:29après le témoignage de Sandrine Jossot.
12:32Les derniers souvenirs que j'ai,
12:34c'est que j'étais allongé sur ce canapé,
12:37et je n'étais pas dans mes vêtements,
12:39je ne savais pas trop où je l'étais,
12:42ce qui s'était passé,
12:43et je lui pose quand même la question,
12:45en lui disant,
12:46il s'est passé quelque chose hier,
12:48et tout ce qu'il me répond, c'est,
12:51comment ça,
12:53tu me connais ?
12:56Et ça s'est arrêté là,
12:57j'ai pris mes affaires,
12:59et je suis parti.
13:01Au fond de moi, je savais que
13:03quelque chose s'était passé,
13:06je n'arrivais pas à mettre le mot
13:09viol dessus.
13:12À notre connaissance,
13:13cette femme n'a pas souhaité porter plainte.
13:15Malgré ce nouveau témoignage,
13:17la plainte déposée contre lui par Sandrine Jossot,
13:19et malgré les nombreux appels à la démission,
13:22Joël Guerriot décide de
13:24rester sénateur,
13:26comme la loi l'y autorise,
13:27malgré sa mise en examen,
13:29jusqu'au mois d'octobre 2025,
13:31il démissionne le 5 octobre,
13:33date à laquelle il avait annoncé
13:34vouloir partir deux ans plus tôt,
13:36au moment de sa réélection.
13:38Louise Colcombé,
13:39comment cette décision,
13:40donc de rester sénateur,
13:42est vécue par la députée Sandrine Jossot ?
13:45Alors, elle l'a mal vécue,
13:47déjà elle avait peur de pouvoir le croiser à Paris,
13:49ou même quand ils faisaient tous les deux,
13:50ils prenaient le train de Nantes pour venir à Paris,
13:52en tant que parlementaire,
13:53donc elle avait peur,
13:54moi elle m'a raconté qu'elle demandait
13:55au contrôleur du train,
13:57qu'elle finissait par connaître,
13:58est-ce qu'il est dans le train ?
13:59En réalité, il ne siégeait plus,
14:00Joël Guerriot,
14:01il a été très vite exclu de son groupe,
14:03qui était le groupe politique Horizon,
14:05il s'est mis en retraite
14:06certaines de ses fonctions,
14:07il n'a plus siégé,
14:08néanmoins il a continué à percevoir
14:09ses indemnités,
14:11pour Sandrine Jossot,
14:12les éléments étaient là
14:14pour le forcer à partir.
14:15Et en réalité,
14:16ce qui se murmure,
14:17c'est qu'il avait prévu de partir
14:18à cette date-là,
14:19pourquoi ?
14:19pour pouvoir avoir tous ses trimestres
14:21et pouvoir obtenir sa retraite à taux plein.
14:23De son côté,
14:24Sandrine Jossot s'est investie
14:25dans le combat pour alerter
14:27sur la question de la soumission chimique.
14:29Elle est devenue la marraine
14:30de Mandorpa,
14:31une association fondée
14:32par Caroline Darian,
14:34la fille de Gisèle Pellicot,
14:35que son mari endormait
14:37pour la faire violer
14:38par d'autres hommes.
14:39Sandrine Jossot a aussi mené
14:40une mission gouvernementale
14:42sur le sujet,
14:42dont le rapport a été rendu
14:43au mois de mai 2025.
14:46Louise Colcombet,
14:47on en vient au procès
14:48de Joël Guerriot,
14:50les lundis 26 et mardi 27 janvier
14:52devant le tribunal correctionnel de Paris.
14:55Sandrine Jossot a expliqué
14:56au premier jour d'audience
14:58à quel point ce qu'elle a subi
14:59ce jour-là
15:00a bouleversé sa vie.
15:01Oui, en fait,
15:02elle a un choc post-traumatique.
15:04Elle était en permanence
15:05sur le qui-vive.
15:06Déjà, elle a eu six mois d'arrêt.
15:08Ensuite, elle est revenue
15:09avec une sorte de mitons thérapeutiques,
15:11mais en fait,
15:11avec des angoisses permanentes.
15:12Elle racontait,
15:14avant le procès,
15:15qu'elle avait eu
15:15des sciatiques à répétition,
15:17des problèmes de dos
15:18à force d'être tendue en permanence,
15:19y compris des problèmes aux dents.
15:21On a dû lui extraire des dents.
15:22Pourquoi ?
15:22Parce qu'elle serrait des dents
15:23en permanence.
15:24Et d'ailleurs,
15:24on l'a vu pendant le procès
15:26qu'elle avait la mâchoire serrée
15:27de stress, en fait.
15:29Ça ne l'a jamais quittée.
15:30Et puis,
15:31on ne se remet pas aussi facilement
15:32d'une telle trahison.
15:33Elle disait
15:34« Je pensais aller voir un ami,
15:36j'ai découvert un agresseur. »
15:37Si elle s'en est si bien sortie,
15:39c'est uniquement grâce à elle
15:40et à ses bons réflexes.
15:41Mais elle ne peut pas
15:42s'empêcher de penser
15:43à ce qui aurait pu aussi se passer
15:44si elle était restée
15:45dans cet appartement.
15:48Louis Scolcombe,
15:49en résumé,
15:49Joël Guerriot redit
15:51qu'il a drogué par erreur
15:52Sandrine Jossot.
15:53Il parle d'un acte
15:54d'inadvertence
15:55et il affirme
15:55s'être souvenu
15:56au moment où il buvait
15:57tous les deux du champagne
15:58qu'il avait mis un produit
16:00dans l'un des verres.
16:01Oui,
16:01il raconte,
16:02il dit
16:02« Oh merde,
16:03peut-être que l'un de nous l'a. »
16:06Et il explique
16:06qu'il scrute les effets
16:07sur lui-même
16:08et qu'il ne se passe rien
16:10et que du coup,
16:10c'est pour ça
16:11qu'il regarde
16:12intensément
16:12Sandrine Jossot
16:13qui, elle,
16:14va le vivre évidemment
16:15plutôt comme
16:16un regard presque
16:17de prédateur.
16:18Elle n'a pas dit le mot,
16:19c'est moi qui l'emploie.
16:19Mais il explique
16:21que c'est pour ça
16:21qu'il la surveillait
16:22pour voir si elle allait bien
16:23parce qu'en fait,
16:23il s'est dit
16:24« Comment je vais pouvoir
16:25lui expliquer ? »
16:26Je me sentais bête,
16:26j'étais gênée.
16:27Et puis,
16:28il dit qu'elle n'a rien
16:29laissé paraître,
16:29qu'il ne voyait pas de signes
16:31donc il ne s'est pas inquiété.
16:32Et d'ailleurs,
16:32il va dire
16:33« Mais j'aurais tellement aimé
16:34qu'elle me le dise
16:34qu'elle n'allait pas. »
16:36Donc voilà,
16:37donc en fait,
16:37il raconte que oui,
16:38il percute
16:39qu'il y avait cette poudre
16:40mais qu'en fait,
16:41il ne voit pas d'effet
16:41et qu'il se dit
16:42« Peut-être que le produit
16:43était vanté,
16:44donc tout va bien. »
16:45Donc ça veut dire
16:45qu'il n'avait pas conscience
16:46que Sandrine Jossot
16:47avait absorbé de la drogue ?
16:49Non, selon lui,
16:50elle n'a montré aucun signe.
16:52Pour lui,
16:52la soirée s'est bien passée,
16:53il a même eu ses mots,
16:54il a dit « Pour moi,
16:55j'avais l'impression
16:55d'une soirée très réussie. »
16:56D'un mot à l'audience,
16:57il est évoqué
16:58pourquoi il a pu jouer
17:00avec le variateur de lumière
17:01plusieurs fois dans la pièce.
17:02Oui, alors ça,
17:03ce sont les experts toxicologues
17:04qui l'ont expliqué.
17:05En réalité,
17:06la lumière,
17:07le fait de l'activer,
17:08de la baisser,
17:09de la montée,
17:10ça permet d'activer
17:11le produit plus vite,
17:12que l'ecstasy monte plus vite
17:14et s'est fait plus vite.
17:15Et ses recherches internet
17:16concernant la MDMA et le GHB,
17:19comment il les explique ?
17:20Alors,
17:21Joël Guerriot a un peu varié
17:23au fur et à mesure,
17:24mais il explique que c'était
17:25pour se renseigner
17:26à titre personnel
17:28parce que,
17:28d'une part,
17:29il avait expliqué
17:31que sa fille était partie
17:31à l'étranger,
17:32en Afrique,
17:33en stage
17:33et qu'il pouvait s'inquiéter.
17:34Et puis après,
17:35il a dit à l'audience finalement
17:36que c'était l'amie
17:37d'une de ses filles
17:38qui avait subi
17:39de la soumission chimique
17:40et qu'il va dire
17:41qu'il avait trouvé ça
17:41tellement terrible
17:42qu'il avait voulu se renseigner.
17:43Puis aussi,
17:43il a expliqué,
17:44d'ailleurs comme
17:46les sites de prostitution,
17:47que c'était à titre d'intérêt
17:49parce qu'en tant que parlementaire,
17:50il faut se renseigner
17:51sur ce genre de sujet.
17:52C'est la base.
17:53Il avait dit
17:53pendant l'enquête
17:54que c'était un collègue sénateur
17:56qui lui avait donné
17:57ce sachet
17:58en lui disant
17:59qu'il s'agissait
18:00d'un phyto-médicament
18:01et que ça allait lui redonner
18:02du tonus.
18:03Est-ce qu'il est questionné
18:04à l'audience
18:05sur ce prétendu sénateur
18:07qui lui aurait fourni la drogue ?
18:09Pendant l'enquête,
18:09il a refusé de donner ce nom
18:10et il refuse toujours
18:11de donner ce nom
18:12parce qu'il dit
18:13c'est quelqu'un
18:14qui voulait m'aider,
18:14qui croyait bien faire
18:15et puis voilà,
18:17je ne voudrais pas
18:18jeter l'opprobre
18:18sur le Sénat.
18:20Louis Scolcombe
18:21pendant son procès,
18:22l'ex-sénateur
18:23revient sur les conséquences
18:24de cette affaire
18:25pour lui-même.
18:26Je souffre énormément
18:28dit-il,
18:28ma vie est devenue
18:29un cauchemar.
18:30Oui, alors globalement
18:31Joël Guerriot
18:31n'a parlé que de lui.
18:33Il a eu quelques mots
18:34en préambule
18:34pour dire qu'il était désolé
18:36vraiment pour Sandrine.
18:38Il a fini par l'appeler
18:39Madame Jossot
18:39au deuxième jour
18:40parce que je pense
18:41qu'on lui a déconseillé
18:42de le faire
18:43mais ensuite
18:43après avoir plus ou moins
18:45expliqué qu'il était désolé
18:46pour elle,
18:47il n'a parlé que de lui,
18:48que sa vie était devenue
18:48un enfer,
18:49qu'il ne sortait plus
18:49de chez lui,
18:50qu'il a toutes ses relations
18:51sociales ont été coupées.
18:53Quand on l'a appelé
18:54pour sa garde à vue,
18:56c'est un cataclysme,
18:57c'est atroce.
18:59Il dit même
18:59de sa garde à vue
19:00qu'il faut l'avoir vécu
19:01pour comprendre ce que c'est.
19:02C'est une complainte infinie
19:03entre ces crises d'angoisse,
19:05la mort de son chat,
19:06la garde à vue,
19:07etc.
19:07Et donc ça a fait
19:09une très mauvaise impression.
19:10Il y a eu plusieurs murmures
19:11de réprobations dans la salle.
19:13Et il prétend soutenir
19:14à 100%
19:15Sandrine Jossot
19:16dans son combat
19:16pour faire parler
19:17de la soumission chimique.
19:19Oui, c'est là où c'était
19:20presque le summum.
19:21D'ailleurs,
19:22l'avocat de Sandrine Jossot
19:23va parler d'un sketch
19:24des inconnus
19:24parce qu'en fait,
19:26il va expliquer
19:26qu'il trouve que la soumission chimique
19:27c'est épouvantable,
19:29c'est immonde,
19:29dit-il.
19:30Et il dit d'ailleurs,
19:31il faut informer les gens
19:32sur ces choses-là.
19:34C'est très bien
19:34et d'ailleurs,
19:35je soutiens Sandrine
19:36dans son combat
19:37contre la soumission chimique.
19:40Pour se défendre,
19:41Joël Guerriot
19:42explique à plusieurs reprises,
19:44on l'a bien compris,
19:45qu'il était dans une période
19:46très compliquée de sa vie
19:47en 2023,
19:48qu'il allait mal.
19:49Mais cette version
19:50est contestée
19:51catégoriquement
19:52par l'avocat
19:53de Sandrine Jossot.
19:54Lui,
19:55affirme au contraire
19:56que plusieurs éléments
19:57prouvent
19:58que le sénateur
19:59allait très bien
20:00dans les jours
20:01qui ont précédé
20:02ce fameux
20:02mardi 14 novembre 2023.
20:04Oui,
20:05alors il parle
20:05d'une campagne difficile
20:06mais elle date,
20:07elle s'est arrêtée en septembre
20:08et en plus il a gagné.
20:09Le 9 novembre,
20:10donc 5 jours avant,
20:11il fête son anniversaire.
20:12Le lendemain,
20:13on sait qu'il voit sa maîtresse,
20:15qu'il dit qu'il est enjoué
20:16et en bonne forme.
20:17D'autres interlocuteurs
20:18qu'il a eus
20:18dans les jours précédents
20:19vont également confirmer
20:20cet état presque d'euphorie.
20:22Ça contraste absolument
20:23avec les crises d'angoisse
20:24et de panique
20:25dont lui fait état.
20:26Le mardi 27 janvier,
20:27en fin de journée,
20:28le parquet demande
20:29contre lui
20:29une peine de 4 ans
20:31de prison
20:32dont 3 fermes.
20:33En résumé,
20:34comment ces avocats
20:35le défendent ?
20:36Alors,
20:36pour tout dire,
20:38c'était assez laborieux
20:39et difficile
20:39parce que
20:40la version présentée
20:41par Joël Garriot
20:42est quand même relativement
20:44fantasque,
20:45a dit le procureur
20:46mais c'est vrai que
20:46plusieurs fois,
20:48le président a tiqué.
20:51Voilà,
20:51il raconte
20:52se promener
20:53avec cette drogue
20:53dans les poches
20:54pendant 6 mois,
20:55il ne donne pas
20:56le nom du sénateur,
20:57c'est aussi quelqu'un
20:58qui se présente
20:58comme un chantre
20:59de la lutte anti-drogue
21:00puisqu'il a participé
21:01à des missions
21:03gouvernementales
21:03sur les réseaux
21:04de drogue,
21:05enfin,
21:05tout ça paraît
21:06complètement étonnant
21:07par rapport
21:07à son profil.
21:08Et donc,
21:08ces avocats,
21:09ils vont lutter
21:09contre 3 choses,
21:11d'abord la détention
21:11de stupéfiants,
21:12donc ils vont maintenir
21:13la ligne de
21:13ils ne savaient pas
21:14ce que c'était,
21:15deuxièmement,
21:16l'administration,
21:16donc ils vont dire
21:17que c'est bien
21:17par inadvertance
21:18et que ça peut arriver
21:19dans la vie,
21:19ils vont comparer
21:20avec le fait par exemple
21:21d'un père
21:21qui peut oublier
21:22ou d'une mère
21:23un enfant à l'arrière
21:24de sa voiture,
21:25que voilà,
21:26ça peut arriver,
21:31c'est l'intention sexuelle,
21:33c'est-à-dire de dire
21:35jamais il n'a esquissé
21:36le moindre geste,
21:37jamais il n'a voulu
21:37s'en prendre à Sandrine Jossot
21:39au plan sexuel,
21:40ils vont dire
21:40que c'est du ressenti
21:42de sa part,
21:43il n'y a pas de SMS,
21:44il n'y a pas de correspondance,
21:44pas de drague avant,
21:46ce que reconnaît d'ailleurs
21:47Sandrine Jossot,
21:47donc pour eux
21:48ce n'est pas assez étayé.
21:49Le soir même,
21:50le tribunal reconnaît
21:52Joël Guerriot coupable
21:53d'avoir drogué
21:54la députée Sandrine Jossot
21:55pour la violer.
21:56Il est condamné
21:57à 4 ans de prison
21:58dont 18 mois ferme,
21:59mais il ne sera pas inscrit
22:01au fichier
22:02des délinquants sexuels
22:03comme le demandait
22:04le parquet.
22:05Joël Guerriot
22:06annonce
22:07qu'il fait appel
22:07de cette décision.
22:08Et en fait,
22:09en faisant appel,
22:10ça permet de suspendre
22:11cette peine
22:12et donc l'incarcération,
22:14ça permet aussi
22:15de revenir à zéro,
22:16d'espérer mieux
22:16en appel,
22:18d'être peut-être
22:18une peine plus clémente,
22:20là on va revenir à zéro
22:21avec un nouveau procès,
22:22donc tout est à refaire.
22:24Et d'un mot,
22:24la loi qui a permis
22:25de le condamner,
22:26la loi du 3 août 2018,
22:28qui a créé
22:29le délit
22:29de soumission chimique,
22:30il fait partie
22:32des parlementaires
22:32qui l'avaient voté.
22:33Oui, c'est toute l'ironie
22:34du sort
22:35et ça a été bien
22:35souligné par le procureur,
22:37c'est-à-dire que
22:38finalement,
22:40voilà,
22:40il l'a voté,
22:41c'est-à-dire qu'il était pour,
22:42donc en fait,
22:42il se voit appliquer
22:43la loi
22:44qu'il a lui-même votée.
22:46Cette affaire
22:47en rappelle une autre,
22:48en décembre 2022,
22:49un ancien conseiller
22:50d'Emmanuel Macron,
22:51Laurent Bigorne,
22:52avait été condamné
22:53pour avoir drogué
22:54à son insu
22:55une collaboratrice
22:56qui était par ailleurs
22:58son ancienne belle-sœur.
22:59Louise Colcombet,
23:00pour Sandrine Jossot,
23:01c'est deux affaires,
23:02tout comme l'affaire Pellicot
23:04que vous aviez suivie
23:04pour Le Parisien
23:05et qu'on a évoquée
23:06dans ce nouveau podcast.
23:08Ces affaires sont loin
23:09d'être des cas isolés.
23:10La députée estime
23:11que la société
23:12n'a pas encore pris conscience
23:13de l'ampleur
23:15de ce fléau
23:15de la soumission chimique.
23:17Oui, d'ailleurs,
23:18la plaignante
23:19dans l'affaire Bigorne
23:20et Caroline Darian,
23:22la fille de Gisèle Pellicot
23:23et David Pellicot,
23:24son grand frère,
23:25étaient là à l'audience
23:26pour soutenir Sandrine Jossot.
23:28Ils font partie
23:29des rares personnes en France
23:30qui, aujourd'hui,
23:31essayent de faire bouger les lignes
23:32et de passer
23:33à la vitesse supérieure.
23:35Effectivement,
23:35on n'a pas du tout pris
23:36la mesure
23:37de ce que peut être
23:39la soumission chimique.
23:40D'abord parce que
23:41c'est relativement
23:42un impensé,
23:42mais y compris
23:43pour les médecins.
23:44Quand j'avais enquêté,
23:45posé des questions,
23:46ils me disaient
23:46que beaucoup de gens
23:47sans doute exagéraient.
23:48On se rend compte
23:48que ce n'est pas ça.
23:49Et en réalité,
23:50avec le peu de cas
23:52qu'on a avérés,
23:53c'est un petit millier
23:54chaque année
23:54de cas
23:55qui sont remontés.
23:57Mais en réalité,
23:58comme il faut d'abord
24:00déposer plainte,
24:01ce qui signifie
24:01être cru,
24:02qu'il faut ensuite
24:03pouvoir faire
24:04une expertise toxicologique
24:05qui sont parfois coûteuses
24:06dans un temps record
24:08parce que certaines substances
24:09ne restent que 6 heures
24:10dans le corps,
24:11notamment par exemple
24:12en province,
24:13on peut être éloigné
24:14d'un hôpital,
24:15d'un commissariat,
24:16et on peut ne pas croire
24:17soi-même
24:17qu'on a été drogué.
24:19On peut se dire
24:20j'ai peut-être trop bu.
24:21Donc en réalité,
24:22on est sans doute
24:23face à un chiffre noir
24:24énorme
24:24sur la question
24:25de la soumission chimique.
24:47Merci, Louis Colcombé.
24:48Cet épisode de Code Source
24:49a été produit par Anaïs Godard
24:51et Thibault Lambert,
24:52réalisé par Julien Montcouquiol.
24:55Code Source
24:55est le podcast quotidien
24:57d'actualité du Parisien.
24:58Nous publions un nouvel épisode
25:00chaque soir de la semaine
25:01du lundi au vendredi.
25:02Et puis n'oubliez pas
25:03Crime Story,
25:04chaque samedi matin,
25:05notre podcast consacré
25:06aux affaires criminelles.
25:07Un podcast présenté
25:08par Claudia Prolongeau
25:10avec Damien Delsenis,
25:11le chef du service
25:12police-justice du Parisien.
25:14Merci à vous.
25:14Merci à vous.
25:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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