148 jours d’audience, 400 parties civiles, 220 avocats. Depuis le 8 septembre 2021, le Palais de justice de Paris accueillait le procès des attentats du 13 novembre 2015. Le jeudi 29 juin 2022, après dix mois d’audience, la cour d’assises a condamné les 20 accusés. Épilogue du « procès du siècle ».
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie – Présentation : Thibault Lambert - Production : Raphaël Pueyo, Sarah Hamny et Lolla Sauty - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : TV5 Monde
#salah #bataclan #proces
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Après dix mois d'audience, le procès des attentats du 13 novembre est terminé.
00:17La cour d'assises spéciale a rendu son verdict le mercredi 29 juin au palais de justice de Paris sur
00:23l'île de la Cité.
00:24Tous les accusés sont déclarés coupables.
00:26Salah Abdeslam, le seul survivant du commando terroriste, est condamné à la plus lourde peine prévue par le droit français,
00:34la prison à vie.
00:36Depuis le début d'Encode Source, on vous fait vivre cette audience historique avec les voix des journalistes du service
00:41police-justice du Parisien qui la couvrent.
00:44Pascal Aigret et Timothée Boutry viennent aujourd'hui nous raconter les temps forts de ces deux derniers mois de procès.
00:58Pascal Aigret et Timothée Boutry, respectivement à titre personnel, qu'est-ce que ça signifie pour vous la fin de
01:04ce procès ?
01:05À titre personnel, c'est la fin d'une séquence professionnelle d'un an, puisqu'on a commencé à préparer
01:11ce procès en juin 2021.
01:14Ensuite, il a démarré le 8 septembre et on y est allé en relais ou ensemble pour les moments clés,
01:20quasi sans discontinuer, peut-être à l'exception d'une dizaine de jours d'audience.
01:24Donc, c'est un investissement professionnel d'abord, personnel ensuite très important.
01:30Ça a été passionnant, un peu comme un marathon, il y a eu des moments où on cherchait à reprendre
01:35notre souffle.
01:36Et après, il va falloir revenir à une diversité de sujets, à d'autres procès, ce qu'on fera aussi
01:44avec plaisir, mais ça donne un peu le vertige.
01:47C'était déjà professionnellement une expérience unique, il n'y a jamais eu de procès aussi long.
01:52Nous aussi, on a été marqués, évidemment, par toutes les dépositions des partis civils.
01:58Elles ont ému la cour, le public, évidemment, les journalistes que nous sommes aussi, même si nous sommes des professionnels.
02:04Donc, nous aussi, on repart avec leurs mots.
02:06Et il y a eu ce sentiment de communauté qui s'est créée, à laquelle nous aussi, on faisait partie,
02:10parce qu'on envoyait les mêmes personnes sur les mêmes bancs, le même café le soir parfois.
02:16Forcément, on restera, je pense, marqués à jamais par cette expérience.
02:23On va revenir avec vous deux sur les dernières semaines de ce procès historique.
02:28On a choisi de commencer cet épisode au mardi 3 mai.
02:31Ce jour-là, l'ancien juge d'instruction, Marc Trévidic, est interrogé à l'audience en tant que témoin.
02:37Pascal Aigré, c'était un magistrat de premier plan dans la lutte contre le terrorisme jusqu'en 2015.
02:43Oui, c'est une matière, l'antiterrorisme, dont il s'est occupé pendant 13 ans.
02:46D'abord au parquet au début des années 2000 et ensuite, comme juge d'instruction de 2006 à 2015,
02:52avant d'être muté à Lille, en fait, finalement, juste avant les attentats du 13 novembre.
02:57Ce qu'il constate, c'est qu'il a connu une époque où il y avait énormément de succès.
03:02Les services de renseignement étaient à la hauteur.
03:05Mais qu'à partir des années 2012, avec la ferméra, les services sont débordés.
03:12Les moyens judiciaires ou les moyens policiers ne sont plus à la hauteur de la menace.
03:16Et il va dire « comme il n'y a pas eu d'attentat depuis 1996, on a commis l
03:21'erreur de se sentir invulnérable ».
03:23Marc Trévidic raconte qu'il avait auditionné, en 2012, l'un des futurs membres du commando terroriste.
03:29Marc Trévidic a eu dans son bureau l'un des assaillants du Bataclan, Samia Mimour.
03:34À l'époque, il explique qu'il avait mis en examen pour l'association de malfaiteurs terroristes,
03:39mais placé sous contrôle judiciaire.
03:40Et il se trouve que Samia Mimour est parti en Syrie pas très longtemps après.
03:44Marc Trévidic parle de ça, il le sait, devant une salle où il y a beaucoup de rescapés ou d
03:50'endeuillés du Bataclan.
03:52Et il reconnaît à ce moment-là qu'il a fait une erreur.
03:55Dans les jours qui suivent, plusieurs victimes, qui n'avaient pas eu l'occasion de s'exprimer jusqu'ici à
04:00l'audience,
04:01viennent raconter ce qu'elles ont enduré le soir des attentats.
04:04Et le mardi 17 mai, deux membres des Eagles of Death Metal, Jesse Hughes et Eden Galindo, témoignent devant la
04:12cour.
04:13Ils racontent Pascal Aigret que le groupe était en train de donner l'un de ses meilleurs concerts ce soir
04:18-là au Bataclan.
04:20Eden Galindo, qui est un des musiciens du groupe, était un peu en backstage.
04:25Et il dit que tout le monde dansait, il y avait une atmosphère incroyable.
04:28Et c'est dans cette ambiance-là qu'ils ont entendu les bruits d'une fusillade.
04:34Il a cru que le système de son explosait.
04:36Jesse Hughes glisse que comme il a grandi dans une communauté désertique en Californie, il a tout de suite compris
04:41que c'était des coups de feu.
04:43Il se retourne et crie en anglais aux autres « VR shooting », ils sont en train de tirer.
04:48Il est saisi par les visages des spectateurs qui sont bloqués dans la fosse et où lui ne peut rien
04:56faire, ne peut pas les aider.
04:58Et en fait, ils ont réussi tous les deux, d'abord en se mettant sur le côté de la scène
05:01et puis ensuite en s'enfuyant par derrière.
05:04Ils ont réussi à emprunter une des sorties de secours.
05:09Et ils ont été à la sortie pris en charge en quelque sorte par un garçon qui se prénomme Arthur.
05:16Il se trouve que c'est Arthur Desnouveaux qui est devenu président de l'une des associations de victimes, Life
05:21for Paris.
05:22Et qui les a reconnus, qui les a mis dans un taxi, qui leur a donné 30 euros et qui
05:26leur a dit d'aller au commissariat le plus proche.
05:28Et c'est dans ce commissariat qu'ils ont appris que deux membres de leur équipe figuraient parmi les victimes.
05:34Mais Jesse Hughes l'a dit avec beaucoup d'émotion et il considère ce soir-là avoir perdu 90 amis.
05:43Le jeudi 19 mai, un policier mobilisé le soir du 13 novembre s'avance à la barre.
05:49Vincent, membre de la BAC de nuit à Paris, il fait partie des premiers policiers à intervenir dans le Bataclan
05:56pendant la tuerie.
05:57Timothée Boutry, cet homme, est entendu non pas comme témoin mais comme parti civil.
06:02Dans la chronologie de cette attaque funeste au Bataclan, on sait que le premier policier qui intervient,
06:07c'est un commissaire de la BAC, de la BAC de nuit, qui est avec son équipier, qui sont les
06:11premiers à rentrer,
06:11qui vont tirer et abattre l'un des assaillants qui va, dans le cadre de ce tir, déclencher sa ceinture
06:18explosive et mourir.
06:19Donc ça, on connaissait cette histoire-là.
06:20Mais ce qu'on savait moins, c'est que ce commissaire-là avait prévenu son équipe en leur disant
06:24« Rejoignez-moi, je suis au Bataclan ».
06:25Ils se retrouvent à République et puis finalement, ils sont allés vers le Bataclan.
06:29Et il dit « Nous, on n'était pas vraiment formés parce que bon, certes, on est la BAC,
06:32mais on n'est pas une unité d'intervention sur ce genre de choses ».
06:34Ils y sont allés et il dit « On s'est retrouvés face à l'horreur, des corps agglutinés, figés,
06:40des flaques de sang ».
06:42Et il dit « Ben voilà, j'ai posé le genou à terre et je me suis rendu compte que
06:44j'étais sur une victime ».
06:46Donc ça, tout ça, ça le hante.
06:47Et en fait, ils ont évacué quantité de blessés avec des civières improvisées
06:52jusqu'à ce que la BRI intervienne pour l'assaut final.
06:56Vincent raconte qu'il est traumatisé par cette séquence et notamment par l'image d'une des victimes.
07:01Oui, il parle d'une jeune fille qui avait le visage complètement arraché.
07:06Il dit « Ben voilà, ça m'a fait plaisir parce que je l'ai revue à l'audience ».
07:08Et elle était effectivement présente ce jour-là dans la salle d'audience.
07:11Elle a eu beaucoup d'opérations, mais il a vu qu'elle était déjà toujours en vie.
07:15Effectivement, c'est un homme qui reste très traumatisé.
07:17On l'a dit, il témoigne comme partie civile.
07:19Donc il est victime de ces attentats.
07:21Il explique qu'il a fait une dépression, que son couple n'a pas survécu.
07:26Ce procès, lui aussi, comme d'autres victimes, ça va l'aider peut-être à tourner la page et à
07:30passer à autre chose.
07:30Mais en tout cas, il est resté policier.
07:32Il dit « Voilà, c'est mon métier, j'ai fait mon métier, j'ai encore cette passion pour ce
07:34métier-là ».
07:39Le lundi 23 mai, le procès entre dans sa dernière ligne droite,
07:43avec pour commencer, comme c'est toujours le cas aux Assises,
07:46les plaidoiries des avocats des partis civils.
07:48Elles sont 2600 à ce stade, représentées par 300 avocats.
07:53Pascal Aigré, pour éviter que chaque avocat vienne plaider un par un,
07:57il a fallu imaginer une autre manière de procéder.
08:00Ils se sont mis d'accord pour que certains ne plaident pas, que certains plaident pour les autres.
08:06Et pour ça, ils ont choisi des thématiques, des thématiques aussi diverses que la question de la solidarité,
08:12la question des victimes par ricochet, c'est-à-dire la place des proches dans le procès,
08:18ou encore la question des responsabilités de l'État.
08:21On ne peut pas raconter ici toutes les plaidoiries des partis civils,
08:24mais pour donner un exemple, elles ont décidé, les 24 et 25 mai,
08:28de parler des instants avant et après les attentats.
08:32L'avance, c'est d'essayer de reconstituer le bonheur d'avant,
08:35où toutes ces personnes ont touché la mort du doigt.
08:40Et ils l'ont fait avec des cartographies, parce qu'ils se sont efforcés,
08:44ces avocats aussi dans leur coordination, de resituer, par exemple, sur les terrasses des bars parisiens,
08:51où était ce groupe, par exemple, d'internes en médecine qui se sont retrouvés à faire des premiers secours,
08:57ou alors ce groupe de vendeurs d'écherpes au Stade de France.
09:00Et le lendemain, les avocats des partis civils ont donc voulu parler de l'après,
09:04de l'après, c'est-à-dire de toutes les blessures visibles, les blessures physiques,
09:09mais aussi les blessures invisibles, mais aussi de ceux qui sont restés dans l'ombre,
09:14comme l'a dit joliment l'une d'elles, c'est-à-dire toutes les victimes qui n'osent pas
09:18prendre la parole,
09:19qui sont les proches, les proches des endeuillés, les proches des victimes,
09:22qui ont aussi supporté tout ça à travers le soutien qu'ils ont pu donner.
09:27Pascal Aigré, le mercredi 8 juin, la parole est à l'accusation pour les réquisitions.
09:31Trois magistrats qui représentent le parquet doivent, pendant trois jours,
09:36exposer les faits et requérir une peine pour chacun des 20 accusés.
09:41C'est d'abord l'avocate générale Camille Hennetier qui doit s'exprimer.
09:44D'abord, qui est-elle ?
09:45Camille Hennetier, à l'audience, elle est en robe rouge.
09:48Elle est l'ancienne chef de ce qu'on appelait la section C1 du parquet de Paris,
09:52c'est-à-dire le parquet antiterroriste, avant la création du parquet national antiterroriste.
09:57Le soir des attentats, elle a été immédiatement informée.
10:01Elle est allée sur place au Petit Cambodge d'abord et ensuite au Bataclan
10:05avec le procureur de la République de l'époque, François Mollins.
10:09Elle a vécu ce dossier dès la première minute et jusqu'à ce procès, six ans et demi après.
10:16Camille Hennetier se lève pour prendre la parole.
10:19Elle a ôté son masque.
10:21C'est une belle femme, brune, avec les cheveux milons.
10:24Son visage est grave.
10:26Elle est extrêmement concentrée quand elle commence à parler pour ce réquisitoire fleuve.
10:32Dans un silence total, elle commence par ses mots à la cour en forme d'interrogation.
10:39Quelles images, quelles paroles resteront ?
10:41Votre verdict, assurément.
10:43Elle parle aussi des noms des disparus qui ont été aigrenés le 8 septembre.
10:47C'était un moment aussi très fort du début du procès.
10:50Dans ce moment-là, il y a un moment particulier où elle parle de la façon dont les récits des
10:55victimes
10:56ont offert une sorte de miroir inversé à l'idéologie djihadiste-islamiste.
11:01Ce miroir inversé, elle le définit comme l'éloge de la vie face à la mort,
11:06la force du courage face à la lâcheté et en somme l'humanité face à la barbarie.
11:12C'est un moment particulier parce qu'on sait qu'après,
11:16ils vont rentrer, elle puis les deux autres avocats généraux,
11:19dans le dur qui est de reconstituer à partir de leur réquisitoire le puzzle des attaques
11:24et puis d'étayer ce qu'ils estiment être la culpabilité des accusés.
11:28Pendant son audition, le principal accusé, Salah Abdeslam,
11:32avait expliqué qu'il avait été intégré au commando terroriste au tout dernier moment.
11:37Timothée Boutry, que disent les avocats généraux à ce sujet ?
11:40L'accusation explique qu'il est impliqué en amont dans ces attaques
11:43puisqu'on sait que Salah Abdeslam est allé chercher les futurs membres du commando
11:47en voiture à la fois en Allemagne et en Hongrie pour les ramener en Belgique
11:51et Camille Hennetier dit mais ça c'est une mission de confiance,
11:53on ne confie pas ça à n'importe qui.
11:55Elle explique aussi qu'il a agi sous sa véritable identité pour louer les voitures,
12:01les caches aux régions parisiennes.
12:03Ça, aux yeux d'accusation, c'est la certitude qu'il va mourir.
12:06Donc pour eux, vraiment, il est un membre à part entière de cette cellule,
12:08il a agi de manière opérationnelle très active,
12:11il a contribué à ces attaques et ne nous servait pas cette idée
12:16d'un terroriste comme ça tombé du ciel au dernier moment.
12:19Pascal Aigré, le vendredi, au troisième et dernier jour de la séquence des réquisitions,
12:24les avocats généraux annoncent les peines requises.
12:27Pour les accusés absents, ceux qui sont jugés par défaut,
12:31il y a cinq peines de perpétuité requises.
12:35Pour les présents, cinq peines de perpétuité également.
12:38Et pour les autres, on va de peines qui vont de 50 prisons sans mandat de dépôt
12:42à une peine de réclusion de 30 ans.
12:44Timothée Boutry, quelle est la peine demandée pour Salah Abdeslam ?
12:48Alors sans surprise, c'est la réclusion criminelle à perpétuité
12:51avec une peine de sûreté incompressible, c'est-à-dire que c'est la prison à vie.
12:55C'est la peine, évidemment, la plus grave prévue par le Code pénal.
13:00Elle a été extrêmement peu prononcée.
13:03Elle vise notamment des psychopathes, des délinquants sexuels
13:07ou quand on s'attaque à des enfants.
13:09Le parquet dit, c'est à la hauteur du crime.
13:12Et ils disent, est-ce que, en gros, Salah Abdeslam peut revenir parmi nous
13:16et est-ce qu'il est récupérable ?
13:18Et en gros, on ne le croit pas.
13:19Et c'est ça aussi qui justifie une peine aussi sévère aux yeux de l'accueillation.
13:27Les plaidoiries de la Défense démarrent le lundi 13 juin
13:30avec les avocats de deux accusés belges,
13:32Hamza Atou qui est allé chercher Salah Abdeslam à Paris
13:35et Ali Houlkadi qui l'a assisté au lendemain des attaques.
13:39Tous les deux ont dit qu'ils ignoraient tout du rôle de Salah Abdeslam
13:43le soir du 13 novembre.
13:45Timothée Boutry, ils font partie des trois accusés avec Abdelha Choua
13:48qui comparaissent libres à ce procès.
13:51L'une des avocates souligne qu'ils ont créé des liens au fil du temps
13:55avec les partis civils.
13:56En fait, on apprend que l'un d'entre eux avait d'abord loué un cabanon de jardin
14:00dans une maison à Saint-Denis,
14:03qu'il a été rejoint par un autre parce que ça coûtait un petit peu cher
14:06de payer l'hôtel ou de vivre chez une proche qui habitait assez loin du palais de justice
14:10et que parfois le troisième allait les rejoindre le soir pour discuter
14:14et un peu refaire l'audience.
14:15Et donc, ils ont vécu comme ça un peu en vase clos
14:18puisqu'ils sont belges, ils revenaient en Belgique le week-end
14:20mais pendant toute la semaine, ils étaient logés en région parisienne.
14:23On les a vus évoluer ces trois personnes,
14:26Ali Houlkadi, Hamza Atou et Abdelha Choua,
14:29évidemment tétanisés au départ, encadrés par des forces de l'ordre.
14:33Et puis progressivement, ils ont commencé à sortir
14:36pendant les pauses, à aller sur les marges du palais de justice,
14:39à fumer une cigarette, à entourer leurs avocats.
14:41Et puis, c'est dix mois qui se sont écoulés,
14:45une société qui s'est un petit peu recréée.
14:47Et puis des partis civils se sont approchés.
14:49On a vu qu'il y avait eu des échanges de plus en plus réguliers.
14:53Jusqu'à ce que Marie Dosé, l'avocate d'Ali Houlkadi,
14:56raconte qu'un soir, des partis civils les ont emmenés,
14:58tous les trois, devant la façade du Bataclan,
15:00ce théâtre de l'horreur, comme elle dit.
15:03Et que c'est la première fois qu'ils découvraient,
15:04parce qu'ils sont belges et eux, ils ne sont pas du tout impliqués dans ce volet-là
15:07puisqu'on est plutôt dans le volet fuite de Salam Deslam.
15:11C'est un moment qui a été extrêmement fort.
15:13Elle dit que ça fait partie des ponts que cette audience aura créée,
15:15des moments d'humanité que cette audience aura créée.
15:18Cette histoire-là fait aussi partie de l'histoire des attentats, en fait.
15:22Le jeudi 23 juin, deux avocats défendent le deuxième accusé le plus important de ce procès,
15:28Mohamed Abrini,
15:29celui qui a renoncé à déclencher sa ceinture à explosifs
15:32à l'aéroport de Bruxelles-Zavantem
15:34et qui aurait, toujours selon lui,
15:37refusé de participer aux attentats du 13 novembre.
15:40Mohamed Abrini, c'est celui qu'on connaît sous le nom de l'homme au chapeau,
15:43puisque lors des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016,
15:46il est capté par les images avec le bob sur la tête,
15:49il promène sa valise chargée explosif
15:52et finalement, il va fuir
15:53et la valise n'explosera pas,
15:56contrairement à celle de ses complices.
15:58Lui, il est jugé parce que c'est un très très proche de Salah Abdeslam,
16:02qu'il a participé en amont à l'allocation des voisures,
16:06à l'allocation des planques
16:07et ce qu'il explique, c'est qu'il était prévu pour le 13
16:11et que finalement, au dernier moment, il a renoncé
16:13et il est parti comme un voleur
16:16et c'est vrai que ça a semé une certaine zizanie.
16:18Que dit sa défense ?
16:19Sa défense dit, non mais attendez,
16:20vous réclamez une peine extrêmement lourde
16:22de réclusion criminelle à perpétuité
16:24à la sortie d'une peine de sûreté de 30 ans,
16:26c'est totalement démesuré, c'est beaucoup trop lourd.
16:29Maître Viollo a des mots extrêmement forts aussi
16:32sur ce que signifie la perpétuité.
16:34Elle plaide même contre cette peine de perpétuité.
16:36Elle dit, voilà, c'est rajouter des barreaux au ciel,
16:39c'est, voilà, une peine déshumanisante.
16:41Son autre avocat,
16:43Sadisla Eskenazi,
16:44qui est en fait un Belge qui a grandi
16:46dans le quartier de Molenbeek
16:48et lui, il nous fait revivre un peu cette ambiance.
16:50Il raconte un climat
16:51où il y a la télé allumée sur les chaînes d'info
16:54en continu arabe
16:56et qu'on va être abreuvé d'informations
16:59sur l'Occident,
17:00une vision binaire de la société
17:02et que tout ça, c'est un climat.
17:03Et je ne vous dis pas qu'il a été radicalisé par la TV,
17:06comme il dit,
17:06mais quand même, il faut comprendre le contexte
17:08dans lequel Mohamed Abrini
17:10et d'autres ont baigné.
17:14On ne peut pas évoquer ici toutes les plaidoiries de cette audience,
17:17mais globalement, les avocats ont joué à plein leur rôle de défense.
17:21Alors, il y a certains qui ont plaidé des acquittements
17:24pour des accusés un peu moins impliqués.
17:27Ils l'ont fait avec vraiment beaucoup de talent
17:29et d'autres, pour des accusés plus impliqués,
17:33ont plaidé vraiment le dossier
17:34parce que c'est des avocats qui connaissaient extrêmement bien le dossier
17:36et ils ont plaidé des notions juridiques complexes
17:39de requalification,
17:40c'est-à-dire jusqu'où va
17:42la situation de malfaiteurs terroristes,
17:45d'autres qui sont
17:46poursuivis en complicité
17:47et qui contestent la complicité d'assassinat
17:49et qui disent, certes, ils sont impliqués,
17:51mais pas jusque-là.
17:52Et ça, vraiment, ça a été très pointu.
17:55C'est un moment important de cette audience
17:57puisque la défense a eu toute sa place.
17:59Dans leur plaidoirie, les avocats de la défense
18:01ont aussi beaucoup insisté sur la personnalité de leurs clients,
18:03ce qui était une façon de signifier
18:06que chacun de ces hommes ne pouvait pas être
18:09juste fondu dans un tout un et indivisible
18:14comme juste un maillon de la chaîne
18:16qui a conduit aux attentats.
18:18Pascal Aigré, on en arrive au dernier jour
18:21des plaidoiries de la défense.
18:22avec celle des deux avocats de Salah Abdeslam.
18:26À cette occasion, la salle d'audience
18:27se remplit à nouveau le vendredi 24 juin.
18:31Tout le monde est très concentré
18:32sur ce qu'ils vont dire.
18:34Eux sont extrêmement stressés.
18:35Martin Vett tremble même au début de sa plaidoirie.
18:38Avec Olivia Ronen, on va avoir
18:40une plaidoirie plus offensive,
18:43très batailleuse, très vibrante aussi.
18:45Pour Maître Ronen,
18:46la peine demandée par le parquet,
18:48à savoir la réclusion criminelle
18:50à perpétuité incompressible,
18:52est extrêmement sévère.
18:54Elle parle de réquisitions démesurées.
18:57Elle est extrêmement offensive
18:59à l'encontre de ces réquisitions
19:00en parlant d'une torture blanche,
19:03une peine de mort lente, en quelque sorte.
19:05Elle dit,
19:06« Ces 10 mois de procès n'auront-ils servi à rien ?
19:08Seriez-vous cyniques et nihilistes ?
19:10Vous étiez où depuis septembre ? »
19:12Ce qu'elle veut dire par là,
19:13c'est que le parquet n'aurait pas vu
19:14l'armure se fendiller,
19:16c'est-à-dire Salah Abdeslam faire l'effort
19:18de sortir de cette posture
19:19de combattant de l'État islamique
19:20qu'il a proclamé au début du procès,
19:22pour laisser entrevoir
19:24plutôt ce qu'il était avant,
19:25le petit gars de Molenbeek,
19:26que tout le monde décrit comme un gars gentil
19:28qui va au casino jouer
19:31et qui boit des coups avec ses copains
19:33dans des cafés.
19:34Elle cite beaucoup les experts psychiatres
19:36qui ont parlé de ça
19:38et de cette oscillation
19:39entre cette posture de combattant
19:41et ce qu'il a d'humanité.
19:44Vraiment, c'est une plaidoirie
19:46qui veut dire à la cour,
19:47« Regardez Salah Abdeslam,
19:49ne le considérez pas comme un être irrécupérable
19:51en le condamnant à la prison à vie,
19:53comme un fanatique déshumanisé,
19:55mais comme quelqu'un
19:56qui a une possibilité d'évolution
19:57et donc ne lui infligeait pas
19:58la perpétude incompressible. »
20:03Timothée Boutry,
20:03quelle est la thèse défendue
20:04par les avocats d'Abdeslam
20:06sur le fond de l'affaire ?
20:07« Déjà, ils reprennent à leur compte
20:10évidemment la version
20:11qui a été avancée
20:11par leurs clients à l'audience,
20:12à savoir que Salah Abdeslam
20:14nous a expliqué qu'après avoir déposé
20:16les trois camis de casse
20:17du Stade de France,
20:18il s'est garé
20:19et qu'il est allé dans ce bar
20:20du 18e arrondissement,
20:22qu'il a commandé une boisson
20:23et qu'il a vu des jeunes
20:25en train de danser
20:26et qu'il a renoncé par humanité.
20:28Ça, c'est ce qu'il avait dit
20:29lors de l'audience.
20:30Et donc, ses avocats disent
20:31« Mais pourquoi douteriez-vous
20:33de cette version ? »
20:34« Il n'y a pas de raison
20:35que vous n'endossiez pas
20:36cette version. »
20:37Le parquet a dit
20:38« Nous sommes convaincus
20:39que sa ceinture était défectueuse
20:40et qu'il a bien tenté
20:41de commettre une attaque. »
20:43Et sa défense dit
20:43« Il a renoncé volontairement
20:46à ne pas déclencher
20:47cette ceinture. »
20:48Donc, voilà,
20:49eux, ils vont vraiment aller
20:50à rebours
20:51de ce que soutient l'accusation.
20:52Ils vont également développer
20:54une argumentation très juridique
20:56sur la qualification des faits
20:58puisque toutes ces attaques,
21:00que ce soit le Stade de France,
21:01les terrasses,
21:03le Bataclan,
21:03mais aussi le projet
21:04Aski Paul,
21:05l'aéroport d'Amsterdam,
21:06sont considérées
21:07comme une seule
21:08et même scène de crime
21:09pour le parquet.
21:10Donc, à partir du moment
21:11où on est engagé
21:13dans l'une de ces attaques,
21:15on est co-auteur
21:16de toutes les autres.
21:17Salah Abdeslam est poursuivi
21:19au titre de la co-action
21:20de toutes les scènes de crime
21:21et la défense de Salah Abdeslam
21:23dit pour le Stade de France
21:26« Ok, on accepte,
21:27il a convoyé
21:28les trois kamikazes,
21:29il les a déposés en voiture
21:30qui vont se faire sauter.
21:32Là-dessus,
21:33on ne conteste pas. »
21:34En revanche,
21:35d'où peut-il être considéré
21:36comme le complice
21:37des attentats
21:39sur les terrasses
21:40et sur le Bataclan ?
21:41Et ça,
21:42son importance juridique
21:43puisque si Salah Abdeslam
21:45encoure la prison à vie,
21:46la perpétuité incomprécibe,
21:48c'est parce que
21:48on vise des tentatives
21:50de meurtre
21:50sur les policiers,
21:52les forces de l'ordre
21:53au Bataclan,
21:54puisqu'on considère
21:55que les assaillants
21:57tiraient sur les forces
21:58de l'ordre
21:58et donc la défense dit
21:59« En gros,
22:00vous ne pouvez pas
22:01le considérer
22:01comme le co-auteur
22:02du Bataclan,
22:03en creux,
22:03ça veut dire
22:04que vous ne pouvez pas
22:04le condamner
22:05à cette peine maximale. »
22:06Donc il y a vraiment
22:06un argument juridique
22:08aussi qui sous-tend
22:09ces plaidoiries
22:10très maîtrisées
22:11de Martin Vett
22:11et Olivier Ronen.
22:12En quelques mots,
22:13Timothée Boutry,
22:14qu'est-ce que vous avez
22:15retenu de cette séquence
22:16des plaidoiries ?
22:17« Je crois vraiment
22:18que de l'avis général,
22:19les plaidoiries
22:19de la défense
22:20ont été excellentes,
22:21alors un peu inégales,
22:23certes, évidemment,
22:24mais dans leur très grande
22:25majorité
22:26de très grande qualité.
22:27C'était vraiment
22:28des plaidoiries
22:29maîtrisées,
22:31documentées,
22:32argumentées
22:33et vraiment
22:34un grand sentiment
22:35de professionnalisme
22:36qui se dégageait
22:37et on l'a suffisamment dit
22:39que ce procès,
22:41c'est une réponse
22:42à la barbarie,
22:42c'est le droit
22:43contre la barbarie.
22:44Et là,
22:45cette phase
22:46des plaidoiries
22:47de la défense,
22:47elle illustre
22:47à merveille
22:48ce concept
22:49et ce qu'on a vécu
22:50pendant ces dix mois.
22:51Timothée Boutry,
22:52les débats de ce procès
22:54s'achèvent
22:54le lundi 27 juin
22:56avant que la cour
22:57ne se retire
22:58pour délibérer
22:58le président.
22:59Jean-Louis Perriès
23:00donne une dernière fois
23:02la parole aux accusés.
23:03Oui,
23:03la salle est une nouvelle fois
23:04comble
23:05pour ce qui est
23:07traditionnellement
23:07la fin d'un procès d'assises.
23:09Beaucoup de solennité,
23:11beaucoup de gravité.
23:12Ce sont d'abord
23:13les accusés libres
23:14qui prennent la parole
23:15et ils sont extrêmement émouvants.
23:16Ils ont le souffle court.
23:20Ils racontent
23:21à quel point
23:22ils ont été marqués
23:22par cette audience,
23:23à quel point
23:24ils ont eu honte
23:25de le dire
23:26à leurs enfants.
23:28Vraiment,
23:28on va sentir
23:28une émotion
23:29très très forte
23:29qui va se dégager.
23:30Même le président Perriès
23:31est ému à ce moment-là.
23:33Ce qui ressort,
23:34c'est un mot
23:35pour les partis civiles
23:36quasiment à chaque fois.
23:37Certains qui vont
23:38à nouveau
23:39protester de leur innocence,
23:40d'autres qui vont exprimer
23:42des regrets
23:42et puis il y aura aussi
23:43beaucoup de remerciements
23:44à leurs avocats.
23:45C'est quand même
23:46un moment assez fort
23:48de cette audience.
23:49Pascal Aigri,
23:49Salah Abdeslam,
23:50prend la parole en dernier.
23:52Il a un drôle de gilet
23:54matelassé,
23:55un peu grisâtre,
23:57verdâtre
23:57et le visage
23:58extrêmement concentré.
24:01Il commence avec ses mots,
24:03c'est avec l'épée du parquet
24:04sur le cou
24:05que je m'adresse à vous.
24:06Il rappelle qu'il est rentré
24:08en prison à 26 ans.
24:09Il reconnaît
24:10qu'il a fait des erreurs,
24:11c'est vrai,
24:12mais il le clame
24:13vraiment fortement
24:14« mais je ne suis pas
24:15un assassin ».
24:16Et il regarde la cour
24:18et il dit
24:18« et si vous me condamnez
24:20pour assassinat,
24:21vous commettrez
24:21une injustice ».
24:23Donc il n'est plus
24:24le Salah Abdeslam
24:25dans la proclamation
24:27des débuts,
24:28ce combattant
24:28de l'État islamique,
24:30cet homme qui parle
24:31de la charia,
24:32il est le Abdeslam
24:33qui veut être
24:34celui qui a fendu
24:35l'armure
24:35et qui proclame
24:36qu'il n'a pas
24:36de sang sur les mains.
24:37Le mercredi 29 juin,
24:39en fin d'après-midi,
24:40le palais de justice
24:40sur l'île de la Cité
24:42à Paris
24:42se remplit à nouveau
24:44dans l'attente
24:44du verdict.
24:45La fin d'un procès
24:47d'exception,
24:48un 10 mois
24:49de débat,
24:50148 jours
24:51d'audience.
24:52Les 9 juges
24:54de la cour
24:54d'assises spéciales
24:55de Paris
24:56ont délibéré
24:57pendant 3 jours
24:58dans un huis clos
24:59total.
25:01A 20h10,
25:03le président
25:03Jean-Louis Perriès
25:04commence la lecture
25:05du verdict.
25:06Timothée Boutry,
25:07tous les accusés
25:08sont déclarés coupables.
25:10Oui, d'emblée,
25:10Jean-Louis Perriès
25:11qui expédie en fait
25:13ce verdict
25:14puisqu'il lit très vite,
25:15il dit qu'il va
25:16en donner juste
25:17un résumé
25:18et il explique
25:19que la cour a répondu
25:20oui à toutes les questions
25:21sauf une
25:22qui concerne
25:23Farid Carcache
25:24qui est reconnue coupable
25:25mais pas pour les qualifications
25:26terroristes
25:27pour lesquelles
25:27il était poursuivi.
25:28Et donc on sait tout de suite
25:29qu'il n'y aura aucun acquittement.
25:30Au niveau des peines,
25:31est-ce que la cour
25:32a suivi
25:32toutes les réquisitions
25:33du parquet ?
25:34Non, en fait
25:35on va mettre de côté
25:36le cas des 6 accusés
25:37qui étaient jugés
25:38par défaut
25:39puisque présumés
25:40morts ou emprisonnés
25:41en Turquie
25:41pour l'un d'entre eux.
25:42Pour les 14 accusés
25:44présents
25:44qui ont comparu
25:45depuis le 8 septembre dernier
25:47la cour a suivi
25:483 réquisitions
25:49celles pour les têtes d'affiches
25:51si je puis dire
25:51Salah Abdeslam
25:52Mohamed Abrini
25:53pour un autre accusé
25:54Mohamed Amri
25:55qui était accusé
25:56d'avoir convoyé Salah Abdeslam
25:57en revanche
25:58pour les 11 autres accusés
26:00elles sont baissées
26:01les peines
26:02la différence est un peu
26:03plus importante
26:04pour deux d'entre eux
26:05Ali Eladad Asoufi
26:06il y avait eu 16 ans
26:07de prison qui a été requis
26:08il a été condamné à 10
26:09et Farid Karkash
26:10qui a été condamné
26:11qu'à 2 ans de prison.
26:13Salah Abdeslam
26:14est condamné
26:14à la peine maximale.
26:15Salah Abdeslam
26:16a été condamné
26:18à la peine
26:19la plus importante
26:20du code pénal
26:21c'est-à-dire
26:22la réclusion criminelle
26:23à perpétuité
26:24incompressible
26:25c'est-à-dire
26:25l'enfermement à vie
26:26Salah Abdeslam
26:27est condamné
26:28en tant que co-auteur
26:29de toutes ces attaques
26:30la cour a expliqué
26:31qu'à ses yeux
26:33son engagement
26:34au sein de la cellule
26:36était ancien
26:37et aussi
26:38la cour constate
26:39que son gilet explosif
26:41était dysfonctionnel
26:42et donc
26:43elle doute
26:44très largement
26:45de la thèse
26:46d'un renoncement volontaire
26:47elle dit
26:48que la question se pose
26:48mais qu'eux-mêmes
26:49ont des doutes
26:50donc ça
26:50c'est ça qui fonde
26:51le verdict
26:52de la cour d'assises
26:53et qui fonde
26:54la sanction maximale
26:56qu'ils ont prononcée
26:57et les avocats
26:58de chacun des accusés
26:59disposent d'un délai
27:00de 10 jours
27:01pour faire appel
27:02l'audience est levée
27:03à 21h
27:04le procès s'achève
27:06Timothée Boutry
27:07que se passe-t-il ensuite ?
27:08il n'y a pas de réaction
27:09particulière
27:10il n'y a eu aucun mouvement
27:11aucune expression
27:12dans la salle
27:13rien du tout
27:13aucun cri
27:14alors il y a
27:15les présidents
27:16des associations
27:16qui répondent
27:17aux médias
27:17qui soulignent
27:18dans l'ensemble
27:18que c'est un
27:19verdict équilibré
27:21et ce qui est très marquant
27:22c'est l'attitude
27:23des trois accusés
27:24qui ont comparu libre
27:25qui viennent d'apprendre
27:26qu'ils ne retourneraient
27:26pas derrière les barreaux
27:27ils sont condamnés
27:28mais à des peines
27:28à sortie de sursis
27:30qui font qu'ils ne seront pas
27:31récarcérés
27:32même le président
27:32leur a dit
27:33et là
27:34on voit Ali Houlkadi
27:35qui est vraiment
27:36bouleversé
27:37tout sourire
27:37qui rencontre
27:38les parties civiles
27:39qui l'enlacent
27:39qui l'étreignent
27:40parce qu'on sait
27:40qu'il y a un lien
27:41qui s'était noué
27:41c'est le cas aussi
27:42d'un autre accusé
27:44Abdelha Choua
27:45qui lui aussi
27:46avait très peur
27:47de retourner en prison
27:48et qui est pareil
27:49félicité si je puis dire
27:50par des parties civiles
27:52alors vous savez
27:52qu'il y a un bar
27:54qui se situe en face
27:54du palais de justice
27:55qui s'appelle
27:56les deux palais
27:56et qui est traditionnellement
27:57l'endroit où
27:58un peu toute la communauté
28:00judiciaire se retrouve
28:01et là encore plus
28:01après un verdict
28:02comme celui-ci
28:03et en fait là
28:04tout le monde a déferlé
28:05si je puis dire
28:05sur ce bar
28:06sur l'île de la Cité
28:07et donc jusqu'à tard
28:09dans la nuit
28:09on a vu beaucoup
28:11de parties civiles
28:11des journalistes
28:12des avocats
28:13de la défense
28:14des parties civiles
28:15et même les trois
28:16accusés libres
28:17qui sont venus
28:18et les avocats généraux
28:19également
28:20et en fait
28:20il y a toute une communauté
28:21qui s'est retrouvée
28:22à échanger
28:23à refaire un peu le procès
28:25il y a eu des grands moments
28:26d'humanité
28:27il ne faut évidemment
28:28pas oublier
28:29toutes les parties civiles
28:30qui ont vécu ce procès
28:31seuls
28:31parce qu'elles n'habitent pas
28:32à Paris
28:32ou qu'elles n'ont pas pu venir
28:33ou qu'elles l'ont su
28:34via la web radio
28:35et cette fête
28:36si on peut l'appeler ainsi
28:37ce moment de partage
28:39c'est quand même
28:39un très beau symbole
28:40et une très bonne réponse
28:41à la barbarie
28:42de ces attentats
28:43et que tout ça s'achève
28:45dans une ambiance
28:47de communauté fraternelle
28:48c'est quand même
28:49la meilleure réponse
29:08merci Timothée Boutry
29:09et merci Pascal Aigret
29:10je rappelle que
29:11l'intégralité de vos
29:12comptes rendus d'audience
29:13sont à retrouver
29:14sur leparisien.fr
29:15et vous pouvez réécouter
29:17tous les autres épisodes
29:18de Codesources consacrées
29:19à ce procès
29:20sur leparisien.fr
29:21et toutes les plateformes
29:22d'écoute
29:23cet épisode a été produit
29:25par Raphaël Pueyo
29:26Lola Sotti
29:27et Sarah Amny
29:28réalisation
29:29Julien Moncouquiol
29:30Codesources
29:31c'est le podcast
29:32d'actualité du Parisien
29:33n'oubliez pas
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