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L’avenir du boulevard périphérique de Paris est au cœur d’un bras de fer entre l’Etat et la mairie de Paris, qui en est propriétaire. Cet épisode est raconté par trois journalistes du Parisien : Marie-Anne Gairaud et Benoît Hasse de la cellule Transports, et Pauline Darvey de l’édition de Paris.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Barbara Gouy, Clara Garnier Amouroux et Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Benoît Gillon - Musiques : François Clos, Audio Network -

Archives : INA, Mairie de Paris, France Info.

#podcast #vitesse #automobile

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Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibaut Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11L'avenir du boulevard périphérique parisien, cette route qui encercle la capitale depuis plus de 50 ans,
00:18est au cœur d'un bras de fer entre d'un côté l'État et de l'autre la mairie
00:22de Paris qui en est propriétaire.
00:25Depuis plusieurs années, la maire de la ville, Anne Hidalgo, souhaite abaisser la vitesse maximale autorisée à 50 km heure
00:32et réserver l'une des voies de circulation à certains véhicules seulement.
00:37De son côté, l'État, par les voix de membres du gouvernement et du préfet de police de Paris,
00:42fait valoir que cette route a un statut particulier et qu'il a donc le droit de bloquer ce projet.
00:47Cet épisode est raconté par trois journalistes du Parisien,
00:50Marie-Anne Guéraud et Benoît Asse de la cellule transport et Pauline d'Harvey de l'édition de Paris.
01:01Pauline d'Harvey, en quelques mots, dites-nous à quoi ressemble le périphérique parisien
01:05et pourquoi c'est une route emblématique.
01:07C'est un anneau routier qui fait 35 km et qui encercle la capitale,
01:12donc le plus souvent il compte quatre voies.
01:14Et c'est vraiment un axe emblématique, déjà parce que c'est le plus fréquenté d'Île-de-France
01:19et on compte environ 1,2 million de trajets chaque jour,
01:24ce qui représente environ 35 à 40% de la circulation parisienne.
01:29Et il est aussi connu pour ses embouteillages monstres et ses nombreuses nuisances,
01:33alors en termes de pollution, de bruit.
01:35Et c'est aussi tout un symbole parce qu'il est souvent perçu comme une frontière entre Paris et la
01:40banlieue.
01:42Alors on va voir pourquoi le périphérique parisien fait l'objet d'une bataille sur sa gestion et sur son
01:47avenir.
01:48Mais d'abord, on va retracer rapidement son histoire.
01:51Le boulevard périphérique a fêté ses 50 ans l'an dernier, au mois d'avril.
01:55Benoît Asse, qu'est-ce qu'il y avait avant, à l'endroit du périph, dans la première moitié du
01:59XXe siècle ?
02:00Alors pas grand-chose, puisque le périphérique a été construit sur la zone.
02:05La zone, c'est le nom condamné à la bande de terre de 150 à 200 mètres
02:10qui entourait les fortifications, les anciennes fortifications, l'enceinte de Thiers,
02:14et dans laquelle il était interdit de construire quoi que ce soit pour des raisons de sécurité et de défense.
02:20Et donc c'est cet espace qui, peu à peu, était devenu un espace de terrain vague,
02:26d'habitat sauvage, coincé par la pression urbaine.
02:29Donc en fait, le périph a été construit sur des terrains vagues, en quelque sorte.
02:33Vous avez évoqué l'enceinte de Thiers, c'est cette ceinture de fortification
02:37construite au milieu du XIXe siècle pour protéger la ville des attaques ennemies.
02:41Elle est restée debout pendant un peu plus de 70 ans.
02:45A quel moment émerge l'idée d'aménager une route sur le tracé de cette enceinte ?
02:49Finalement assez tôt, même dès le début du XXe siècle,
02:53puisque l'enceinte de Thiers a fait assez rapidement la preuve de son inutilité
02:57dès les années 1920, des idées sont évoquées pour transformer cette enceinte
03:03où le foncier est disponible en une rocade routière.
03:07En 1925, précisément, un journaliste qui s'appelle Louis Baudry de Saunier
03:12évoque, je cite, « un large boulevard circulaire à l'emplacement des fortifications ».
03:17Ce projet est vite abandonné, mais il réapparaît après la Seconde Guerre mondiale.
03:21L'idée a été réhabilitée dans les années 40.
03:25Il faut attendre 1954 et une étude du Conseil de Paris
03:29pour que véritablement les bases du périph' qu'on va connaître plus tard soient posées.
03:35Le périphérique a finalement été imaginé sous forme autoroutière.
03:39Dans les premières versions, il était question d'en faire un boulevard urbain,
03:43en quelque sorte, sur lequel il y aurait eu des intersections, des feux,
03:47donc une configuration tout à fait urbaine et pas celle d'autoroutes qu'on a vu surgir ensuite.
03:57Les travaux du boulevard périphérique démarrent en 1957 et c'est un chantier titanesque.
04:04On a du mal à s'imaginer maintenant qu'on a pu faire ça en une quinzaine d'années.
04:10Compte tenu des questions d'expropriation, d'enquête publique, etc.,
04:15je suis persuadé que ça prendrait sans doute beaucoup plus de temps.
04:18A l'époque, ça a pu être lancé rapidement pour les questions de foncier,
04:21puisque le foncier était peu ou prou déjà là,
04:24mais pour les questions d'architecture, de travaux publics,
04:28on était dans des dimensions jusqu'alors jamais atteintes,
04:31parce que le périphérique c'est 35 km,
04:34c'était des travaux gigantesques qui n'avaient jamais encore été faits à cette ampleur dans Paris.
04:38Le tout dernier tronçon du périphérique est achevé en 1973
04:42et le 23 avril, le Premier ministre Pierre Messmer inaugure cette route définitivement terminée.
04:48Clac, un coup de ciseau dans un ruban et voilà, le cercle est fermé.
04:52Le périphérique au complet, 17 ans après le premier coup de pioche.
04:56Il a coûté 2 milliards, chaque kilomètre revient à 55 millions.
05:01Financement à égalité par l'État et la ville de Paris avec participation du district.
05:06Marianne Guéraud, à qui revient la gestion du périphérique et à qui est-ce qu'il appartient ?
05:10En fait le périphérique ça reste un ouvrage communal
05:13et l'entretien c'est la ville de Paris qui en a la charge.
05:16C'est pas négligeable, ça représente à peu près 8 millions d'euros chaque année
05:20hors éclairage et hors ressources humaines
05:22et rien que pour changer l'asphalte c'est déjà un budget de 1,5 million d'euros par an.
05:28Donc c'est quand même un gros ouvrage dans l'escarcelle de la ville de Paris.
05:31Benoît Asse, à partir des années 80, plusieurs travaux sont effectués
05:35pour tenter de contenir le bruit de la circulation sur le boulevard périphérique.
05:39Il y avait en quelque sorte urgence puisque dès le début de son existence
05:42le périphérique a été victime de son succès
05:45avec une circulation très importante notamment aux heures de pointe.
05:49Et donc dès les années 80, le milieu des années 80
05:52d'importants travaux d'isolation phonique sont lancés.
05:55Au total va y avoir 13 kilomètres d'écrans
05:58qui vont être construits de part et d'autre du périph'
06:00pour protéger et les parisiens et les banlieusards du bruit.
06:03Ça reste quand même que la moitié du programme
06:05qui avait été initialement prévu
06:06puisqu'évidemment ça coûte très très cher de construire cela.
06:11Il va y avoir d'ailleurs d'autres travaux
06:13beaucoup plus tardifs
06:15puisque dans les années 2000
06:17il y a trois grands projets de couverture
06:20cette fois-ci du périph' qui sont lancés
06:22dans le secteur de la porte d'Elila,
06:24dans le secteur de la porte de Verve
06:25et dans le secteur de la porte de Champéry
06:27qui doivent normalement tous les trois être couverts
06:29pour isoler les riverains des nuisances sonores pour commencer.
06:33Et donc sur les trois tronçons qui avaient été prévus,
06:36deux seulement ont été réalisés.
06:37La porte d'Elila qui a été couverte en 2007
06:40et la porte de Verve qui a été couverte en 2008.
06:44Marie-Anne Guéraud, le boulevard périphérique
06:45est aussi régulièrement pointé du doigt
06:47pour sa pollution qui nuit à la santé des riverains.
06:50Expliquez-nous ça.
06:51Selon les données avancées par la ville de Paris,
06:54il y a quand même près de 200 000 habitants
06:56qui vivent à moins de 200 mètres de ce boulevard
06:58et grosso modo ça représente à peu près 550 000 habitants
07:02qui vivent plus ou moins à proximité de l'Axe.
07:05Donc c'est autant de riverains
07:07qui se prennent la pollution atmosphérique
07:09mais aussi les nuisances sonores
07:11dès qu'ils ouvrent leurs fenêtres.
07:13Les années passant, c'est devenu une vraie préoccupation.
07:16Les chiffres sont quand même très mauvais
07:17selon Airparif
07:18qui est l'organisme qui mesure la qualité de l'air
07:22à Paris, en région parisienne.
07:24Les niveaux moyens mesurés de dioxyde d'azote
07:27sont quand même deux fois supérieurs
07:29à la valeur limite annuelle
07:30auxquelles la population devrait être exposée.
07:33Et c'est pareil en termes de bruit.
07:35Donc on voit bien que les gens
07:37qui vivent à proximité avec leurs fenêtres
07:38qui donnent sur le périphérique
07:39ont des conditions de vie quand même assez insupportables.
07:42Benoît Asse, en janvier 2014,
07:44la vitesse maximale autorisée sur le périphérique
07:47est abaissée.
07:48On connaît désormais la date
07:49à partir de vendredi prochain, 10 janvier.
07:51La vitesse autorisée sur le périphérique parisien
07:53passera de 80 à 70 km heure.
07:56Les automobilistes,
07:57qui sont 1 300 000 à l'emprunter chaque jour,
08:00auront une semaine pour s'habituer au changement
08:02avant d'être verbalisés.
08:04Décision du maire de Paris de l'époque,
08:06Bertrand Delanoé,
08:07pour quelles raisons ?
08:08Comme pour les précédents aménagements,
08:10pour des questions de tranquillité des riverains.
08:12Puisque effectivement,
08:13on estime,
08:14et c'est avéré par les différentes études,
08:16que plus la vitesse baisse,
08:18moins les automobiles font du bruit.
08:20Donc il est d'abord question
08:21de réduire un petit peu les nuisances sonores.
08:24C'est également une question de fluidification,
08:26parce que quand la vitesse est abaissée,
08:29différentes études montrent que finalement,
08:30le flux des véhicules s'écoule plus facilement.
08:33Réduire la vitesse,
08:33ça permet aussi de réduire le nombre d'accidents.
08:35Et comment cette mesure,
08:36elle est reçue à l'époque par les automobilistes ?
08:38Assez rapidement,
08:39il y a des normes polémiques
08:41sur cette baisse de la vitesse.
08:43Voilà, on touche à un symbole,
08:45le 80 km heure sur le périph,
08:48qui n'est pas une vitesse autoroutière,
08:49mais qui n'est quand même pas une vitesse de circulation en ville.
08:51Il va y avoir d'énormes débats au Conseil de Paris,
08:54il va y avoir des associations d'automobilistes
08:57qui vont dire,
08:57mais on veut nous arrêter,
08:59on veut nous supprimer notre périphérique.
09:02Ça va être mis en place dans une certaine tension.
09:06On fait un saut dans le temps,
09:08Marianne Guéraud,
09:08à la fin de l'année 2018,
09:10la mairie de Paris nomme une commission
09:12chargée de se pencher sur l'avenir du boulevard périphérique.
09:16Pourquoi les élus veulent-ils s'emparer de cette question ?
09:18C'est un sujet récurrent
09:20qui est débattu au Conseil de Paris
09:21et qui évidemment est loin de faire l'unanimité.
09:24Il y a les tenants écologistes
09:26qui eux disent qu'il faut absolument
09:29supprimer cette autoroute urbaine
09:30et en faire un boulevard urbain classique
09:32avec des plotations.
09:33Il y a la droite qui, elle,
09:35est beaucoup plus mesurée
09:36sur ce type de transformation
09:37et dit que ça reste un axe routier central
09:40très emprunté par les bandieusards
09:42et qu'on ne peut pas priver non plus
09:43les voisins directs de Paris
09:45de cet axe routier.
09:47Donc, en gros,
09:48ça s'invite quand même régulièrement.
09:49En 2014,
09:50la candidate de la droite,
09:53Nathalie Cochus-Comorizet,
09:54parlait carrément de faire disparaître le périphérique.
09:56On voit bien que c'est une nuisance
09:58aux yeux de certains élus parisiens
09:59dont il faut vraiment s'emparer
10:01et qu'il faut absolument transformer.
10:03Benoît Asse,
10:04quelques mois plus tard,
10:05en avril 2019,
10:06vous révélez dans Le Parisien
10:08ce que cette commission propose
10:09justement pour le périphérique.
10:11Quelles sont les principales mesures ?
10:13On avait titré
10:14« Mesures chocs »
10:15imaginées pour le périphérique,
10:16mais c'est vraiment le cas
10:17puisque c'était un ensemble de mesures
10:20qui avaient été suggérées
10:21par cette commission.
10:23La plus importante étant,
10:24une nouvelle fois,
10:25l'abaissement de la vitesse,
10:26la vitesse à 50 km heure,
10:27cette fois-ci,
10:28sur le périphérique.
10:29Puis c'était accompagné
10:31d'autres mesures très symboliques.
10:33La réduction du nombre de voies
10:35ouvertes à tout le monde
10:36pour ouvrir une voie
10:38au covoiturage uniquement
10:40et aux véhicules de transport en commun.
10:42Et aussi,
10:43la suppression pure et simple
10:45d'une autre voie du périphérique
10:46qui majoritairement fait 4 voies
10:48sur la plupart du tracé.
10:50Et ce projet prévoyait,
10:52là où c'est possible,
10:53de le réduire à 3 voies seulement.
10:54La quatrième étant reprise
10:57et redonnée aux Parisiens,
10:58en quelque sorte,
10:59parce qu'il était envisagé
11:00d'y remettre des plantations
11:02en pleine terre,
11:03d'en faire une promenade
11:04autour du périphérique.
11:09Deux ans plus tard,
11:11en 2021,
11:12la présidente de la région
11:13Île-de-France,
11:14Valérie Pécresse,
11:15décide d'organiser
11:16une consultation citoyenne
11:17au sujet du périphérique parisien.
11:20Sur quoi porte-t-elle précisément
11:22et quel est son but ?
11:23Alors,
11:23elle porte sur une seule
11:25et unique question
11:26qui est celle de la voie
11:27de covoiturage.
11:29C'est,
11:29êtes-vous pour ou contre
11:30la suppression d'une voie
11:31ouverte à la circulation
11:32pour tous
11:33sur le périphérique ?
11:34Ce qui est une question
11:35un peu biaisée
11:36puisqu'on entend
11:36êtes-vous pour ou contre
11:37la suppression d'une voie ?
11:38La mairie de Paris
11:39disant,
11:39mais c'est malhonnête
11:40puisqu'il ne s'agit pas
11:41de supprimer une voie
11:42de circulation
11:42mais il s'agit
11:43de la proposer
11:44au covoiturage.
11:45Et que donne
11:45cette consultation alors ?
11:47Il y a eu quand même
11:48près de 79 000 internautes
11:49qui ont réagi
11:50et qui à plus de 90%
11:53disent non,
11:53laissez-nous les quatre voies
11:54du périphérique.
11:55Est-ce que ce résultat
11:56il a une quelconque valeur ?
11:57Est-ce qu'il vaut quelque chose ?
11:58Juridiquement non
11:59puisqu'il s'agissait
12:01uniquement d'une consultation
12:02en ligne,
12:02pas d'un référendum,
12:04pas d'un vote,
12:04pas d'une élection
12:05et puis par ailleurs
12:06le bémol qu'on pouvait apporter
12:08c'est qu'il était ouvert
12:09absolument à tout le monde.
12:11Il suffisait d'avoir
12:11l'adresse du site
12:12de la consultation
12:13et un ordinateur
12:14ou un smartphone
12:15et on pouvait se prononcer
12:16qu'on soit parisien,
12:17francilien
12:17ou marseillais
12:18ou bordelais.
12:20Deux ans plus tard,
12:20en 2023,
12:21le mercredi 17 avril,
12:23la ville de Paris
12:24lance à son tour
12:25une grande consultation
12:26en ligne
12:27pour sonder les habitants
12:28sur les mesures
12:29qu'elle préconise
12:30pour le périphérique.
12:31Concrètement,
12:32qui peut se prononcer
12:33et quelles sont les questions
12:34qui sont posées ?
12:35Tout le monde peut se prononcer
12:36puisqu'il s'agit
12:37d'une consultation en ligne.
12:38Il ne s'agit pas
12:39de répondre
12:40à la différence
12:41de la consultation
12:41qui avait été lancée
12:42par Valérie Pécresse
12:44à une question
12:44par oui, par non.
12:46mais de s'exprimer
12:47sur les projets
12:48que souhaite mettre en place
12:49la mairie de Paris.
12:50Il reste que
12:51sur les 6 000 personnes
12:53qui contribuent
12:54à cette consultation,
12:56là encore,
12:5785-86%
12:59des contributeurs
13:00étaient plutôt opposés
13:02aux mesures
13:03préconisées
13:03par la mairie de Paris.
13:04Et donc,
13:04le résultat
13:05de cette consultation,
13:06plutôt défavorable
13:07aux 50 km heure
13:08sur le périph
13:09et à l'idée
13:10d'une voie réservée,
13:11qu'est-ce qu'il change
13:12pour la mairie de Paris ?
13:13A priori,
13:14il n'y a pas grand-chose
13:14puisque la mairie de Paris
13:17et Emmanuel Grégoire,
13:19le premier adjoint,
13:20ont très vite précisé
13:21qu'il ne s'agissait pas
13:23d'un référendum,
13:24il ne s'agissait pas
13:24d'un vote,
13:25mais d'une consultation
13:26pour étoffer
13:28le dossier,
13:29pour prendre en compte
13:31les remarques
13:32des administrés,
13:33des riverains,
13:34des élus,
13:35mais qu'en toute
13:36des autres causes,
13:37le projet souhaité
13:38par la mairie
13:39allait être mis en œuvre.
13:43Marianne Guéraud,
13:44en novembre 2023,
13:45la mairie de Paris
13:46présente son grand plan climat
13:48pour les deux années à venir,
13:49une série de mesures
13:50destinées à lutter
13:51contre le réchauffement climatique
13:53dans la capitale
13:53et plusieurs d'entre elles
13:55concernent
13:56le boulevard périphérique.
13:57Il est à nouveau question
13:59de devoir le transformer
14:01puisque le plan climat,
14:02c'est quand même
14:03plusieurs centaines
14:05de mesures
14:05pour limiter
14:06la pollution dans Paris.
14:07Donc ça va
14:08des plantations d'arbres,
14:10la rénovation des bâtiments
14:11et évidemment
14:12à la restriction
14:13de la circulation
14:14automobile
14:15dans la capitale.
14:15Donc le périphérique
14:16est évidemment
14:17un sujet central
14:18de ce plan
14:18et en l'occurrence,
14:20à cette occasion-là,
14:21il relance l'idée
14:22de limiter
14:23la vitesse de circulation
14:24à 50 km heure
14:25et de limiter
14:27aussi les voies de circulation
14:28en faisant une voie dédiée
14:29aux transports en commun,
14:31aux bus,
14:32aux covoiturages
14:33et aux véhicules propres.
14:34Pauline Darvay,
14:35le 7 décembre,
14:36Clément Beaune,
14:37qui est alors
14:37le ministre chargé
14:38des Transports,
14:39réagit à ces annonces
14:40de la mairie de Paris.
14:41Que dit-il en résumé ?
14:42Il réagit sur France Info
14:44et il met effectivement
14:45en garde la ville
14:46en disant
14:47si vous faites
14:47en même temps
14:48la voie réservée
14:49et en même temps
14:50le périph à 50 km heure,
14:52vous allez rendre
14:52les gens fous.
14:53Le périphérique,
14:54il est géré
14:54par la ville de Paris
14:56mais sur des décisions
14:57comme ça,
14:58il faut évidemment
14:58une validation de l'État
14:59et donc je pense
15:00que ce n'est pas une bonne idée
15:01à court terme
15:02d'avoir cette limitation
15:02de vitesse.
15:03Et il affirme
15:04que l'État
15:04ne validera pas
15:05cet abaissement
15:06de la vitesse
15:06et d'ailleurs
15:07il précise
15:08que c'est une décision
15:08qui doit être concertée
15:10et vue
15:10avec les départements
15:12limitraux.
15:12Là aussi,
15:12c'est une question politique
15:13et de respect.
15:14On parlait de coopération.
15:15Le périphérique,
15:16c'est géré
15:17par la ville de Paris,
15:18c'est l'histoire
15:18mais c'est à trois quarts
15:20utilisé par des franciliens,
15:21des banlieusards
15:22et donc la moindre des choses,
15:24c'est de décider
15:24avec la région.
15:26Vous ne pouvez pas
15:26décider pour les autres
15:28sans aucune concertation
15:29et ensuite dire
15:30moi je suis pour la démocratie
15:31participative,
15:32il faut ouvrir le jeu,
15:33il faut discuter.
15:37Concrètement,
15:38est-ce que le gouvernement,
15:39est-ce que l'État
15:39peut s'opposer
15:40à des mesures
15:41prises par la mairie de Paris
15:42concernant le périphérique parisien ?
15:44C'est toute la question
15:45et ça dépend aussi
15:46du type de mesures.
15:48Ce qu'il faut comprendre
15:49c'est que la ville de Paris
15:50est propriétaire
15:51du boulevard périphérique,
15:52ça veut dire que c'est elle
15:53qui est en charge
15:54de son entretien notamment
15:56mais ce boulevard
15:57a aussi un statut particulier
15:59puisqu'il est considéré
16:00comme un axe essentiel
16:01à la sécurité
16:03à Paris
16:04et au bon fonctionnement
16:05des pouvoirs publics
16:06et le préfet
16:07de police de Paris
16:08est chargé
16:09de garantir
16:10la fluidité
16:11de la circulation
16:12des véhicules
16:12de sécurité
16:13et de secours.
16:15Donc ça veut dire
16:15que sur ce point-là,
16:16le préfet de police de Paris,
16:18donc l'État,
16:19doit donner son feu vert
16:21à la ville de Paris.
16:22Donc pour abaisser
16:23la vitesse
16:24sur le boulevard périphérique,
16:26si on considère
16:27que c'est une question
16:28de sécurité,
16:29alors oui,
16:29l'État
16:30et la préfecture de police
16:32doivent donner
16:32leur feu vert.
16:33En revanche,
16:33si on considère
16:34que c'est plutôt
16:35une mesure écologique
16:37qui va permettre
16:37de limiter la pollution,
16:39dans ce cas-là,
16:39on peut se dire
16:40que c'est plutôt
16:40une mesure qui est uniquement
16:42du ressort
16:42de la ville de Paris.
16:43Benoît Asse,
16:44au début de cette année,
16:45au mois de janvier,
16:46vous interviewez
16:46l'adjoint à la maire
16:48de Paris
16:48en charge des transports,
16:49David Béliard,
16:50et il se montre
16:51déterminé.
16:53Oui,
16:53il est plus que jamais
16:54sur la ligne
16:55de la mairie de Paris,
16:56qui est le périphérique,
16:58est une voie communale,
17:00c'est Paris
17:01qui décide
17:01de son avenir,
17:03et donc,
17:03nous estimons
17:05que
17:06cette autoroute urbaine
17:08est trop polluante,
17:09fait trop de bruit,
17:10il faut absolument
17:12en diminuer les nuisances,
17:13et pour en diminuer
17:14les nuisances,
17:15il n'y a pas 36 solutions,
17:17c'est la réduction
17:18de la vitesse,
17:19la réduction du nombre
17:20de voies ouvertes
17:22à tout le monde,
17:23la création
17:23de la voie de covoiturage,
17:25et donc,
17:26David Béliard,
17:27l'adjoint au transport
17:28et à l'espace public
17:29de la ville de Paris,
17:30maintient que,
17:31avec ou sans
17:33la volonté de l'État,
17:35la ville de Paris
17:36mettra en œuvre
17:37ce qu'elle a promis
17:38de mettre en œuvre
17:39en matière
17:39de réduction des nuisances
17:40de cette autoroute urbaine.
17:41Marie-Anne Guéraud,
17:42le mercredi 22 mai,
17:44l'avenir du boulevard périphérique
17:45est abordé
17:46en conseil municipal,
17:48conseil présidé
17:49par la maire de Paris,
17:50Anne Hidalgo,
17:50et ce sujet
17:51donne lieu
17:52à des échanges houleux
17:53entre son adjoint
17:54en charge des transports,
17:55David Béliard,
17:56et le préfet de police de Paris,
17:58Laurent Nunez.
17:59Alors,
17:59ça fait déjà plusieurs jours
18:00qu'il y a des petits échanges
18:02entre le gouvernement
18:04et la majorité municipale,
18:05sauf que là,
18:06il y a le représentant
18:07de l'État
18:08qui est au conseil de Paris,
18:09et l'adjoint chargé
18:11des transports
18:12et de la mobilité,
18:13David Béliard,
18:13va le piquer au vif.
18:15Et sauf votre respect,
18:16avec ou sans vous,
18:17monsieur le préfet de police,
18:18nous le ferons,
18:19car nous en avons le pouvoir.
18:21La vitesse réduite
18:22à 50 km heure,
18:23on la fera sans vous.
18:24Voilà,
18:24on n'a pas besoin de vous.
18:25Et Laurent Nunez,
18:27qui d'ordinaire,
18:28en tant que représentant
18:29de l'État,
18:29reste toujours
18:30très mesuré,
18:31très diplomate,
18:32là on sent quand même
18:33qu'il est un peu agacé
18:34par les propos tenus
18:36par David Béliard,
18:37et il va tout de suite
18:38reprendre la parole.
18:39Donc je vais évidemment
18:39répondre à l'interpellation
18:41de monsieur Béliard,
18:43que je veux rassurer tout de suite,
18:45ça ne se fera pas sans moi,
18:46monsieur Béliard.
18:47En lui disant,
18:48ben non,
18:48ça ne se fera pas sans moi,
18:49l'abaissement de la vitesse
18:50de circulation,
18:51tout comme la voie dédiée
18:53au covoiturage,
18:54parce qu'en l'occurrence,
18:55il le rappelle,
18:56c'est un axe routier
18:58incontournable
18:58pour les questions de sécurité,
19:00et ces questions-là,
19:01c'est moi qui ai la main dessus.
19:02Donc vous devrez me consulter
19:04dès lors que vous voudrez
19:05réduire la vitesse de circulation
19:06sur le périphérique.
19:08Une réponse
19:08qui,
19:09on le voit,
19:10fait tout de suite réagir
19:11Anne Hidalgo,
19:11qui s'empresse
19:12de reprendre elle-même
19:13le micro.
19:14Merci beaucoup,
19:15monsieur le préfet.
19:17On ne pourra pas faire
19:18sans moi non plus,
19:19puisque je suis maire de Paris,
19:20avec des compétences
19:22et en droit,
19:23et évidemment,
19:25sur lesquelles
19:26je vais revenir un instant.
19:28Parce qu'on est convaincu
19:29que réduire la place
19:31de la voiture à Paris,
19:32c'est le sens de l'histoire.
19:34Il y aura de la bataille,
19:35mais à la fin,
19:36je prends les paris ici,
19:38qu'il se passera exactement
19:39ce qui s'est passé
19:40sur la fermeture
19:42de la voie Georges Pompidou
19:43aux voitures
19:44et son ouverture
19:45aux piétons.
19:46Nous nous inscrivons
19:47dans le sens de l'histoire
19:49et peut-être même
19:49du bon côté de l'histoire.
19:51Je vous remercie.
19:55Donc on sent bien
19:55qu'il y a un vrai bras de fer
19:56à ce moment-là.
19:57On sent que ça va être
19:58un débat qui va encore
19:59perdurer pendant plusieurs mois
20:00et que ni côté gouvernement,
20:02ni côté ville de Paris,
20:03on a l'intention
20:04de lâcher le morceau.
20:05Ça va être une vraie bataille
20:06entre les deux.
20:08Pauline d'Harvey,
20:09le jeudi 30 mai,
20:10Eric Wirt,
20:11député Renaissance de l'Oise,
20:13remet au président de la République
20:14un rapport sur la décentralisation,
20:17un rapport dans lequel
20:18il propose notamment
20:19de nationaliser
20:21le périphérique parisien,
20:22donc que cette route
20:23appartienne à l'État
20:24et non plus à la ville de Paris.
20:26Oui, alors Eric Wirt
20:28a listé 51 propositions
20:30dans un document
20:31de 160 pages
20:32et parmi ces propositions,
20:34il y en a une,
20:35la numéro 40,
20:36qui propose
20:37de nationaliser
20:38le boulevard périphérique.
20:40Donc c'est un petit paragraphe
20:41dans un document
20:42de 160 pages
20:43et c'est une mesure
20:46que l'ancien ministre
20:47justifie en disant
20:48qu'il faut une continuité
20:49de gestion.
20:50Il explique que le périphérique
20:52a un statut particulier,
20:54qu'il n'y a que
20:54des axes nationaux
20:55qui y arrivent,
20:56donc par exemple
20:57l'A1, l'A4, l'A6,
20:59l'A13 ou encore l'A15
21:00et il rappelle
21:01que la préfecture
21:03de police de Paris
21:03a déjà des compétences
21:05dessus,
21:06comme c'est un axe
21:07qui est considéré
21:07comme structurant.
21:09Donc il dit
21:09autant considérer
21:10que c'est un vrai axe d'État
21:12et autant confier
21:13sa gestion à l'État.
21:14Et cette proposition
21:15fait vivement réagir
21:17à l'hôtel de ville ?
21:18Oui, côté ville de Paris,
21:19on dénonce immédiatement
21:21les visées politiques
21:22de cette proposition.
21:24Emmanuel Grégoire,
21:25qui est le premier
21:26adjoint socialiste
21:27de la maire de Paris,
21:28Anne Hidalgo,
21:30dénonce une mesure
21:31dont le but serait
21:32uniquement d'empêcher
21:33la ville
21:34d'abaisser la vitesse
21:35du boulevard périphérique.
21:36Il parle, je cite,
21:38d'une proposition
21:38totalement démagogique
21:40et anti-parisienne.
21:42Et puis,
21:42ce qu'il met en avant,
21:43c'est le fait
21:43que le fonctionnement
21:44actuel marche très bien.
21:46Il rappelle
21:47que c'est le contribuable
21:48parisien
21:48qui finance intégralement
21:50l'entretien
21:51du boulevard périphérique.
21:52C'est l'équivalent
21:53de 8 millions d'euros
21:54par an
21:55pour entretenir
21:56la voirie,
21:57les différents tunnels
21:58du boulevard périphérique.
21:59Pour le moment,
22:00cette répartition
22:01des compétences,
22:02il dit que ça fonctionne
22:03bien en l'état
22:04et qu'il n'y a pas
22:04de raison de changer ça
22:06si ce n'est
22:06pour des raisons politiques.
22:12Marianne Guéraud,
22:13en attendant,
22:14la ville de Paris
22:15veut quant à elle
22:15profiter des Jeux olympiques
22:17qui auront lieu
22:18cet été
22:18pour pérenniser
22:19certains changements.
22:21Lesquels ?
22:21On sait qu'il va y avoir
22:22une voie dédiée
22:23aux sportifs
22:24et à leur délégation.
22:26C'est un engagement
22:27qui a été pris
22:28par la ville
22:28mais aussi par l'État
22:29qui a validé
22:30le dossier de candidature
22:31de la ville de Paris.
22:32Donc la maire de Paris
22:33ne cesse de le répéter
22:34aux membres du gouvernement.
22:35Cet engagement-là
22:36de voie dédiée
22:38au covoiturage,
22:39aux véhicules propres,
22:40l'État s'y est engagé.
22:41Donc elle veut absolument
22:42que dès la fin
22:43des Jeux olympiques
22:44et paralympiques,
22:45cette voie dédiée
22:46reste inscrite
22:48sur le périphérique.
22:50Pauline Darvay,
22:51cette grande bataille
22:52autour du boulevard périphérique
22:53entre l'État,
22:55la ville
22:55et la région,
22:56elle est loin
22:57d'être terminée ?
22:58Sans doute, oui.
22:59Il y a un tel imbroglio
23:00qu'on peut imaginer
23:01que ça va durer
23:02encore longtemps
23:02mais désormais
23:04la suite de cette bataille
23:05va aussi dépendre
23:07de qui prendra
23:08la tête du gouvernement
23:09à la suite
23:10des élections législatives
23:12des 30 juin
23:12et 7 juillet.
23:13On imagine
23:14que si c'est
23:15le rassemblement national
23:16qui arrive au pouvoir
23:17et ils vont s'opposer
23:18assez fermement
23:19aux mesures préconisées
23:21par la ville de Paris,
23:22à l'inverse,
23:23si on imagine
23:24que c'est la gauche
23:24qui prend la tête
23:25du gouvernement,
23:26là, on peut imaginer
23:28qu'ils seront plutôt
23:30favorables
23:30aux mesures proposées
23:32par la mairie de Paris
23:33et si c'est la majorité
23:35actuelle
23:36qui reste en place,
23:37là, les rapports
23:38de force
23:38resteront a priori
23:40globalement les mêmes.
23:41Quant au rapport
23:42d'Eric Wörth,
23:42vu le contexte politique,
23:43on ne sait pas du tout
23:45quelles propositions
23:46vont pouvoir être retenues
23:47ou pas
23:48par le président
23:49et le potentiel
23:50nouveau gouvernement.
23:55Merci à Pauline Darvay,
23:57Benoît Asse
23:58et Marianne Guéraud.
23:59Cet épisode a été produit
24:00par Clara Garnier-Amourou,
24:02Barbara Gouy
24:03et Camille Ruiz.
24:04Réalisation,
24:05Benoît Gilon.
24:06Code Source,
24:07c'est le podcast
24:08quotidien d'actualité
24:09du Parisien.
24:10Si vous aimez nos épisodes,
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24:13laissez-nous des petites étoiles
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