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Après plus de deux mois et demi de blocus total de Gaza dévasté par la guerre entre le Hamas et Israël, quelque 90 camions y ont livré mercredi de l’aide humanitaire selon l’ONU. Pour Code Source, Thomas Poupeau, journaliste au service société du Parisien, Ariane Riou, journaliste au service international et Robin Korda, envoyé spécial en Israël, reviennent à travers les témoignages de Gazaouis sur l’horreur de cette guerre. Récit. Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Pénélope Gualchierotti, Orianne Gendreau, Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:1120 mois de guerre, plus de deux mois de blocus humanitaire, la situation à Gaza est jugée
00:17catastrophique par les Nations Unies, les ONG et de nombreux pays à travers le monde. Le lundi
00:2319 mai, Londres, Paris et Ottawa ont averti qu'il ne resterait pas, je cite, les bras
00:29croisés face aux actions scandaleuses d'Israël à Gaza. Le jeudi 22 mai, le chef de l'OMS,
00:36l'Organisation Mondiale de la Santé, a appelé Israël à avoir pitié de Gaza. Le gouvernement
00:43israélien a autorisé ce mercredi 21 mai une reprise limitée de l'aide humanitaire. Une
00:49centaine de camions chargés de vivres ont pu passer ce jour-là. Comment vivent les Gazaouis
00:54aujourd'hui ? On fait le point dans Codesources avec trois journalistes du Parisien, Thomas
00:58Poupot, Ariane Rioux et Robin Corda. Robin Corda qui est actuellement en reportage en
01:03Israël.
01:12Le soir du mardi 13 mai, Emmanuel Macron est à la télévision sur TF1, une émission
01:16au cours de laquelle il balaie de nombreux sujets. Et à un moment, le journaliste Gilles
01:21Boulot l'interroge sur Gaza. Que répond le président ?
01:24Emmanuel Macron évoque un drame, il dit que c'est horrible ce qui se passe.
01:29C'est un drame et c'est horrible. Moi, mon boulot, c'est de tout faire pour que ça
01:32s'arrête. Surtout, il pointe du doigt le gouvernement de Benjamin Netanahou en qualifiant d'inacceptable
01:37ce qu'il fait à Gaza. C'est un drame humanitaire et c'est inacceptable.
01:41Il parle même de honte. C'est une honte. Et donc nous, on doit se battre absolument pour
01:46d'abord rouvrir. Parce que ce sont des vies. Et c'est la première fois qu'il parle du conflit
01:51en ces termes. Il entend, il le dit, faire monter la pression sur le gouvernement israélien.
01:55Alors, on va voir pourquoi Emmanuel Macron prend cette position à ce moment-là. Alors
02:00que jusqu'ici, le chef de l'État s'était montré beaucoup moins ferme envers le premier
02:04ministre israélien, Benjamin Netanahou. Robin Corda, vous êtes en ce moment en Israël,
02:09à Tel Aviv. Rappelez-nous d'abord ce qu'est la bande de Gaza, cette enclave palestinienne
02:14au sud d'Israël ? Alors, Gaza, c'est une bande de terre qui est au sud-ouest d'Israël.
02:20Elle est longée par la mer Méditerranée sur l'ouest. Il y a l'Égypte au sud et Israël
02:27qui fait donc l'est et le nord des frontières. C'est un petit territoire. Ça fait à peu
02:32près 40 kilomètres de long en hauteur et puis en largeur environ 8 kilomètres en moyenne.
02:40Et c'est extrêmement densément peuplé. Il y a 2,2 millions d'habitants qui y vivent. Donc,
02:46c'est vraiment un des territoires les plus densément peuplés au monde avec des grandes
02:51villes. Il y a notamment Gaza ville qui est au nord de cette bande de terre. Un peu plus
02:56au centre, il y a Ranyounes. Et puis, à la frontière sud avec l'Égypte, il y a la ville
03:01de Rafa. Et depuis 2007, presque personne ne peut entrer ou sortir de ce territoire.
03:06Voilà. Alors, en fait, en 2007, il y a le Hamas qui est un groupe politique et militaire
03:12qui prend le pouvoir dans la bande de Gaza. Israël le considère comme un groupe terroriste.
03:18Et donc, à partir de ce moment-là, l'État hébreu va surveiller et filtrer les entrées
03:23et les sorties de ce territoire qui est cerné d'enceintes, de barbelés, de miradors. Et l'Égypte
03:31aussi, pour des raisons de sécurité, va interdire ou en tout cas extrêmement limiter les entrées
03:37et les sorties puisque le Hamas est lié aux frères musulmans. Et ce mouvement-là est
03:41aussi considéré comme terroriste par l'Égypte.
03:44Est-ce que certains habitants de Gaza allaient quand même travailler en Israël
03:47avant la guerre ?
03:48Alors, avant la guerre, oui, il y avait des milliers de Palestiniens qui disposaient
03:52d'un permis de travail et donc qui venaient tous les jours en Israël. Par exemple,
03:57moi, je me suis rendu à plusieurs reprises dans les kibbutz, les petits villages frontaliers
04:01de la bande de Gaza côté israélien et ils avaient pour habitude de recevoir des
04:06Palestiniens tous les jours qui travaillaient dans l'agriculture, par exemple. Et aujourd'hui,
04:11quand je me rends dans ces villages, on voit très clairement la bande de Gaza et de l'autre
04:16côté des enceintes, de l'autre côté des barbelés. Ce ne sont plus que des villes rasées,
04:21dévastées, des bâtiments détruits et toutes ces zones sont désertées depuis longtemps
04:26maintenant.
04:28Après l'attaque terroriste du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, attaque qui a fait
04:331218 morts dont une majorité de civils, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou
04:39a promis d'anéantir le Hamas, le Hamas qui est donc au pouvoir à Gaza. C'est le début
04:44d'une guerre meurtrière. Plus de 50 000 Palestiniens, dont de nombreux civils,
04:49sont tués dans les bombardements israéliens d'après le Hamas. L'armée israélienne
04:54pénètre dans la bande de Gaza. Robin Corda, les Israéliens rasent des quartiers
04:59entiers après les bombardements, notamment à la frontière avec Israël pour créer
05:04une zone tampon. Expliquez-nous ça.
05:06Voilà, c'est ça. Alors c'est une zone tampon sécurisée entre Israël et la bande de
05:11Gaza, tout simplement parce que c'est à partir de ces zones frontalières qu'il y a le plus
05:17gros risque soit d'infiltration du Hamas dans l'État hébreu à travers des tunnels, où
05:23Israël a aussi peur que des terroristes arrivent à par exemple percer des barbelés et à réitérer
05:30des attaques similaires à celles du 7 octobre. Et puis, bien sûr, c'est là aussi où il y a
05:34des
05:34caches d'armes et où il y a des envois de roquettes potentiellement destructeurs pour
05:40Israël parce que quand les missiles viennent de loin, Israël a un système très
05:44perfectionné qui s'appelle le dôme de fer et qui arrive à intercepter les missiles.
05:48Mais évidemment, lorsque ces missiles sont envoyés de zones très proches,
05:52Israël est beaucoup plus vulnérable face à ce type d'attaque.
05:55Thomas Poupon, où vivent les Gazaouis de ces quartiers qui ont été totalement détruits ?
05:59Alors les Gazaouis vivent dans des camps de déplacés, où en fait ils s'entassent
06:04par dizaines de milliers. C'est des camps qui souvent sont le long de la côte.
06:07Donc là, il y a des tentes, des abris de fortune qui sont évidemment pas adaptés aux conditions
06:12notamment climatiques. L'hiver est assez rude à Gaza, donc il y fait froid.
06:16Quand il pleut, tout est inondé. Et ces camps sont aussi parfois bombardés par l'armée israélienne.
06:21Thomas Poupon, au mois de janvier, le 23 janvier, dans le Parisien, vous faites parler
06:25une Française, Anne Chatelain, 47 ans, infirmière de formation.
06:30Elle a dirigé pendant six mois un hôpital de campagne de la Croix-Rouge à Gaza.
06:34Et elle a été marquée par un enfant Gazaoui devenu orphelin.
06:38Oui, c'est un petit garçon qui s'appelle Ibrahim, qui a quatre ans.
06:42Et c'est le seul survivant de sa famille.
06:44Son père, sa mère, ses frères et soeurs ont été décimés dans un bombardement
06:48à la toute fin de l'année 2024.
06:50Il est grièvement blessé à la jambe.
06:53Il est totalement traumatisé par ce qui lui est arrivé, parce qu'il a vu,
06:56il a vu son père, sa mère mourir sous ses yeux.
06:58Et il ne s'est remis à sourire qu'au bout de trois mois.
07:01À ce moment-là, vous précisez que moins de la moitié des 36 hôpitaux de Gaza
07:05restent fonctionnels et seulement en partie.
07:08Quel a été le quotidien d'Anne Chatelain dans cet hôpital de campagne ?
07:12Alors, son quotidien, c'est plus de 300 consultations par jour.
07:17C'est parfois des afflux de blessés extrêmement graves, parfois 40 par jour,
07:21à tel point qu'ils ont été obligés, les médecins, les soignants et donc Anne Chatelain,
07:25de mettre en place un système de codes, donc codes noirs, codes rouges et codes jaunes,
07:30en fonction de la gravité des blessures.
07:32Et sachant que le code noir, c'est quand la personne arrive encore vivante,
07:36mais que par manque de matériel, parce que la blessure est trop grave,
07:39on ne peut plus la sauver.
07:41Le 19 janvier, une trêve entre Israël et le Hamas est entrée en vigueur.
07:45Et à partir du dimanche 2 mars, Israël bloque toute aide humanitaire à destination de Gaza.
07:52Ici, c'est déjà la pénurie.
07:55Les files d'attente s'étirent, des heures d'attente,
07:58pour finalement ne récupérer qu'un sac contenant du pain.
08:03J'attends pour avoir un sac de pain pour nourrir ma famille.
08:06Nous sommes environ 22 personnes pour un seul paquet.
08:10Il y a des échecs de négociations,
08:14et à partir de ce moment-là, l'État hébreu va refermer tous les points de passage
08:18pour empêcher les livraisons d'aides d'entrée,
08:23tout ça pour des raisons de sécurité officiellement.
08:27En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que les autorités israéliennes,
08:30elles accusent le Hamas de détourner cette aide humanitaire
08:33pour s'en servir soi-même,
08:35ou pour alimenter le marché noir et s'enrichir.
08:39Et ça, c'est inacceptable pour Tel Aviv.
08:41Cependant, ce blocage, en plein désastre humanitaire, en pleine guerre,
08:46c'est vivement dénoncé par les ONG.
08:54Et le but pour Israël, c'est de faire pression sur le Hamas ?
08:57Bien sûr, parce que non seulement le Hamas s'appauvrit,
09:00mais l'idée, c'est potentiellement aussi de retourner l'opinion
09:05contre le groupe qui est au pouvoir et qui a provoqué cette guerre
09:09avec son attaque du 7 octobre.
09:11Et on verra d'ailleurs, dans les mois suivants,
09:15de premières manifestations éclater contre le Hamas.
09:19Et le premier ministre israélien Netanyahou
09:21va dire à ce moment-là que la stratégie d'Israël fonctionne.
09:25Thomas Poupot, quelles sont les conséquences concrètes
09:27pour les habitants de Gaza ?
09:29Ce qu'il se dit sur place,
09:31et ce que pointent aussi certaines ONG,
09:34c'est une situation de famine.
09:35C'est-à-dire que sans aide humanitaire depuis plusieurs semaines,
09:39il n'y a plus de nourriture.
09:40Les puits d'eau potable ne sont plus forcément accessibles.
09:43Donc le quotidien des habitants de Gaza,
09:45c'est d'essayer de trouver de la nourriture.
09:47Sachant aussi que la plupart des installations agricoles
09:49ont été détruites,
09:50donc il n'y a plus que très peu de légumes, de fruits.
09:53Le prix de ces denrées-là a explosé.
09:56On est passé de moins d'un euro le kilo de pommes de terre
09:58à plus de 20 euros.
10:00Donc il s'agit de survivre.
10:01Et les gens sur place racontent aussi
10:03qu'ils sont obligés de boire de l'eau qui est non potable.
10:06Israël reprend les bombardements dans la nuit du mardi 18 mars.
10:09À partir de là, les frappes sont régulières.
10:12Le dimanche 30 mars, le croissant rouge palestinien
10:15annonce avoir retrouvé les corps de 15 secouristes
10:19tués par des tirs israéliens dans le sud de la bande de Gaza.
10:22Oui, en fait, l'armée israélienne a visé directement des ambulances.
10:26Ça s'est passé dans un quartier à l'ouest de Rafa.
10:29Et parmi les corps retrouvés, on dénombre 8 des ambulanciers du croissant rouge palestinien,
10:35qui est une société de secours qui fait partie du même mouvement que la croix rouge,
10:406 membres de la défense civile et un employé de l'Agence des Nations Unies.
10:43Que dit l'armée israélienne au sujet de ces 15 morts ? Quelle est sa version des faits ?
10:47L'armée israélienne dit que ces soldats ont tué plusieurs terroristes de Hamas en tirant sur leurs véhicules
10:54et qu'à ce moment-là, d'autres véhicules, en l'occurrence les ambulances,
10:58ont fait un mouvement de façon suspecte, c'est ce que dit l'armée,
11:01en direction des soldats et c'est à ce moment-là qu'ils ont tiré dessus.
11:08Robin Cordal, le lundi 24 mars, un journaliste gazaoui de 23 ans est tué.
11:13Expliquez-nous qui il était et ce qu'il s'est passé.
11:16C'est Osam Shabbat et il était suivi par 600 000 personnes sur Instagram
11:21parce qu'il documentait les effets de la guerre dans le nord de la bande de Gaza
11:25comme photojournaliste et notamment pour Al Jazeera.
11:29Et donc le 24 mars, il est tué par l'armée israélienne
11:33lors d'une frappe par drone près de Bethlaïa.
11:36Son véhicule explose et l'armée israélienne dira plus tard
11:41qu'Osam Shabbat a participé à des attaques et des activités terroristes,
11:46mais sa mort est dénoncée par plusieurs grandes associations de journalistes,
11:53notamment Reporters sans frontières.
11:55Le mercredi 16 avril, une jeune photojournaliste, elle aussi de 25 ans,
11:59meurt dans un bombardement israélien.
12:01C'est Fatima Assouna, elle a donc 25 ans, c'était une photojournaliste indépendante
12:08qui était très reconnue pour ses images de la guerre
12:12dans des grandes publications internationales, par exemple de Guardian.
12:17Et elle est tuée lors d'un bombardement particulièrement meurtrier
12:22puisqu'elle meurt avec 10 membres de sa famille
12:25lors d'un bombardement sur la maison familiale dans la ville de Gaza.
12:31Et Fatima Assouna, elle est particulièrement connue
12:36parce qu'elle faisait l'objet d'un documentaire
12:38qui a été sélectionné pour le festival de Cannes.
12:43Et d'ailleurs, elle avait appris cette sélection seulement quelques jours avant de mourir.
12:48Concrètement, aucun journaliste ne peut entrer dans Gaza ?
12:51Depuis le début de la guerre, depuis le 7 octobre,
12:53l'armée israélienne a seulement laissé passer quelques journalistes pour l'accompagner sur le terrain,
12:59pour en fait organiser des sortes de tours médiatiques
13:02et montrer par exemple les tunnels que le Hamas avait creusés
13:06pour cacher ses armes et dissimuler ses autres activités.
13:11À part ça, c'est impossible pour un journaliste de se rendre dans la bande de Gaza,
13:16ou quasi impossible.
13:17Il y a une journaliste américaine qui, au début de la guerre,
13:21a réussi à infiltrer une équipe médicale des Émirats Arabes Unis.
13:25Mais sinon, les entrées sont interdites.
13:29Il y a des grands sas de sécurité, des zones tampons militarisées,
13:34et c'est impossible de se rendre de l'autre côté des barrières et des enceintes
13:38qui cernent ce territoire.
13:40Le 15 mai, Ariane Rioux, Thomas Poupot, vous publiez dans Le Parisien
13:44un papier décrivant la situation à Gaza, à partir de témoignages de Gazaoui
13:48que vous recueillez à distance au téléphone.
13:51Ariane, vous échangez notamment avec une mère de famille prénommée Naïl.
13:55Qui est-elle ?
13:56Alors, avant le début de la guerre, Naïl était formatrice en langue anglaise.
14:00Elle a donc trois enfants de 8, 14 et 16 ans.
14:04Et elle vit, enfin plutôt elle survit, c'est ce qu'elle me dit,
14:07sous une tente de fortune au sud-ouest de la bande de Gaza.
14:09Et elle est complètement à bout de force.
14:12Elle me dit que ses enfants sont rangés par la faim, par la peur,
14:16que sa mère aussi est atteinte d'un cancer de l'utérus
14:18et qu'elle a du mal à se procurer des médicaments pour la soigner.
14:22Naïl vous explique aussi qu'elle vient de perdre son père il y a trois semaines.
14:25C'est très dur pour elle de m'en parler.
14:28Elle me dit qu'elle l'a retrouvée inerte au milieu de la tente dans laquelle ils vivent.
14:33Son père, en fait, était diabétique.
14:35Il est mort parce qu'il n'avait plus accès à ses traitements et elle est complètement dévastée.
14:40Dans quelles conditions elle vit aujourd'hui ?
14:42En fait, sa maison a été détruite par des bombardements israéliens.
14:45Et en fait, depuis le blocus de l'aide humanitaire par Israël, donc le 2 mars,
14:50elle a beaucoup de mal à nourrir toute sa famille.
14:52Ils ont quelques restes de l'époque où ils pouvaient avoir encore accès à de la nourriture,
14:56du riz, des lentilles, mais même ça c'est compliqué de les faire cuire
15:00parce qu'en fait elle m'explique qu'il n'y a plus de gaz,
15:02il n'y a plus non plus de bois parce qu'ils ont coupé tous les arbres autour d'eux.
15:05Et donc elle est obligée, et ça, ça m'a marqué, de faire cuire les aliments
15:09en faisant brûler ses vêtements, ses chaussures.
15:12Elle vit vraiment dans des conditions de survie totale.
15:15La famille partage un seul repas par jour quand ils arrivent à avoir un peu de nourriture.
15:20Les Gazaouis, où est-ce qu'ils vont chercher de la nourriture ?
15:23Alors c'est la débrouille absolue.
15:24Il reste des stocks mais extrêmement réduits des distributions humanitaires quand elles avaient lieu.
15:31c'est-à-dire avant le début du mois de mars.
15:33Donc on se débrouille pour trouver une conserve ici ou là.
15:36Il y a encore des marchés mais les étals sont quasiment vides.
15:40Il y a également très très peu de légumes, de fruits,
15:43puisque la plupart des fermes ont été détruites,
15:47ne sont plus approvisionnées en eau, on ne peut plus arroser.
15:49Donc en fait, c'est chaque jour un combat absolu pour trouver une boîte de conserve,
15:55un kilo de riz, trois pommes de terre.
15:57Et en plus, le manque a créé également une explosion des prix de ces denrées.
16:02Thomas, de votre côté, vous avez interrogé un père de famille,
16:05Riyad, un habitant de Gazaville, qui a deux enfants âgés de 8 et 4 ans.
16:10Lui, quelle est sa situation ?
16:12Alors, Riyad, c'est un travailleur humanitaire employé par le Secours Islamique France,
16:17qui est une ONG française qui travaille sur place à Gaza.
16:20Mais évidemment, depuis qu'il n'y a plus de distribution alimentaire,
16:22il n'a plus rien à distribuer.
16:24Il se retrouve dans la même situation que tous les autres Gazaouis,
16:27c'est-à-dire à devoir chaque jour trouver ici et là un peu à manger, un peu de riz
16:32pour ses enfants.
16:33Et actuellement, après avoir été déplacé de camp en camp, notamment dans le milieu de l'enclave,
16:39vers Ranyounes, il se retrouve aujourd'hui dans un appartement dans lequel il était avant,
16:44qui est à Gazaville, donc qui est en partie détruit.
16:47Et c'est là qu'il se trouve avec sa famille.
16:49Riyad, lui aussi, vient de perdre un membre de sa famille, le père de sa femme, son beau-père.
16:54Oui, son beau-père s'appelait Ali.
16:57Et il y a quelques mois, il a été blessé dans un bombardement israélien à la jambe.
17:03Sauf qu'évidemment, par manque de matériel médical, par manque de médicaments, sa plaie s'est infectée.
17:08Et par-dessus cette blessure, s'est ajouté le manque de nourriture.
17:13Ce que Riyad me racontait, c'est que son beau-père faisait 95 kg avant la guerre.
17:17Et quand il est mort d'infection, de malnutrition, il en pesait plus que 35.
17:21Dans votre article, un chirurgien qui a parlé à notre consoeur Elsa-Marie,
17:25explique à quel point le système de santé de Gaza est à bout de souffle.
17:29Oui, ce chirurgien, qui est un chirurgien obstétrique, s'appelle Zuer Larna.
17:34Ça fait 25 ans qu'il l'exerce dans l'humanitaire, notamment à Gaza.
17:38Et lui, il nous raconte comment parfois, souvent, même après des heures d'opération,
17:43les patients finissent par mourir.
17:44Il donne l'exemple d'une femme qui est arrivée un jour avec une balle dans la tête,
17:49qu'il a essayé de sauver.
17:50Mais en fait, faute de matériel, faute de médicaments, faute de moyens humains,
17:54en fait, elle est décédée sur la table d'opération.
17:59Thomas, au mois de mars, le jeudi 13 mars, une commission d'enquête des Nations Unies
18:04a qualifié d'acte génocidaire la destruction de la plus grande clinique de fécondation in vitro de la bande de
18:12Gaza.
18:12De quoi est-ce qu'on parle précisément et qu'a dit cette commission d'enquête de l'ONU ?
18:18Alors, cette clinique s'appelle la clinique Al-Basma,
18:20et c'était, avant la guerre, le plus grand centre de procréation médicalement assisté,
18:26donc où étaient stockés 4000 embryons et on y pratiquait jusqu'à 100 fécondations in vitro par mois.
18:32Elle a été bombardée par l'armée israélienne en décembre 2023.
18:36Sa destruction vise, selon la commission des Nations Unies, à empêcher des naissances à Gaza,
18:41ce qui constitue à ses yeux un acte génocidaire.
18:44Comment a réagi Benjamin Netanyahou à ces accusations ?
18:47Alors, il dément formellement, il juge que ses déclarations sont fausses, absurdes.
18:53Il qualifie cette commission des droits de l'Homme des Nations Unies de cirque anti-israélien.
18:59Il la juge corrompue, antisémite et explique même que c'est, à ses yeux, un soutien du terrorisme et du
19:06Hamas.
19:07On en revient au début de cet épisode de Codes sources le lundi 13 mai, le jour de l'émission
19:11sur TF1 d'Emmanuel Macron.
19:13En Israël, Benjamin Netanyahou annonce que dans les jours qui viennent, l'armée israélienne va entrer massivement dans Gaza
19:20pour, je cite, achever l'opération et vaincre le Hamas.
19:23À ce moment-là, la pression internationale monte.
19:27Emmanuel Macron a donc parlé de honte.
19:28Le lendemain, le 14 mai, à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU tape du poing sur
19:34la table du Conseil de sécurité.
19:36« Allez-vous agir de façon décisive, demande-t-il, pour empêcher un génocide à Gaza ? »
19:43La pression internationale qui s'accentue au sujet de la situation humanitaire désastreuse à Gaza, Robin Corda,
19:49comment est-ce que c'est vécu en Israël ?
19:51Pour beaucoup d'Israéliens, il y a une forme d'injustice dans ces reproches.
19:55Pour les Israéliens, le plus important, c'est d'abord qu'il y a eu un agresseur et un agressé,
20:02qu'Israël a encore des otages qui sont détenus par le Hamas dans la bande de Gaza.
20:08Et en fait, beaucoup de personnes ne comprennent pas ces critiques.
20:12Voilà, on a l'impression ici, souvent, que l'attention internationale se focalise sur Gaza
20:19et refuse de comprendre la situation des Israéliens qui vivent un drame depuis le 7 octobre 2023.
20:26Ariane Riou, le dimanche 18 mai, le gouvernement israélien donne son accord pour une reprise limitée de l'aide humanitaire
20:32à Gaza.
20:33On sait pourquoi ?
20:34Oui, mais en fait, Benjamin Netanahou et son gouvernement n'avaient plus le choix.
20:38Et en fait, lui-même, le premier ministre israélien a diffusé une vidéo sur son compte Telegram
20:44dans laquelle il assure que des amis d'Israël lui ont dit qu'ils ne pourraient plus soutenir la poursuite
20:48de la guerre
20:49si des images de famine de masse dans le territoire palestinien étaient diffusées.
20:53Comment se traduit cette reprise de l'aide humanitaire sur le terrain ?
20:57Alors, d'abord, l'armée israélienne a autorisé l'entrée de 9 camions d'aide humanitaire de l'ONU par
21:03le sud-est de la bande de Gaza pendant le week-end.
21:06Et puis, les jours qui ont suivi, d'autres camions ont été autorisés à entrer dans la bande de Gaza.
21:11On parle de 100 camions, en l'occurrence.
21:13L'ONU a réagi en évoquant une goutte d'eau.
21:16Oui, parce qu'en fait, la situation est extrêmement critique.
21:20Il y a 2 millions de personnes qui vivent dans la bande de Gaza, donc 9 camions, puis même 100,
21:25c'est insuffisant.
21:26Beaucoup d'humanitaires estiment qu'il faudrait environ 500 camions par jour pour permettre à la population de Gaza de
21:31survivre.
21:32Et en plus, avec de si petites quantités, se pose de la question de la répartition avec la crainte d
21:37'émeute lorsque la nourriture sera distribuée.
21:57Merci Ariane Rioux, Robin Corda et Thomas Poupot.
22:00Cet épisode de Codesource a été produit par Oriane Gendreau et Pénélope Gualquierotti.
22:05Réalisation Julien Moncouquiol.
22:07Codesource est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
22:11N'hésitez pas à vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée, à nous laisser des commentaires et à partager.
22:15On vous invite aussi à écouter Crime Story, notre podcast hebdomadaire consacré aux faits divers.
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