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Althea a été diagnostiquée bipolaire en 2019. En 2021, elle a rejoint l’association La maison perchée pour venir en aide aux personnes qui souffrent de troubles psychiques. Pour Code source, elle raconte le chemin parcouru pour accepter son diagnostic.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian.

#depression #bipolaire #lamaisonperchee

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Toute la semaine du 27 mars, près de 400 podcasts francophones s'associent pour le premier podcast ton,
00:18un événement inspiré du Téléthon, destiné à promouvoir le partage et l'entraide.
00:23Chaque podcast propose un épisode spécial pour mettre à l'honneur une association.
00:28Codesource participe à ce premier podcast ton.
00:31A travers un témoignage, nous avons choisi de parler de la Maison Perchée,
00:35une association parisienne d'aide aux jeunes adultes vivant avec des troubles psychiques.
00:40Altea, 32 ans, bipolaire, témoigne aujourd'hui dans Codesource.
00:44Elle est aussi bénévole à la Maison Perchée.
00:46Elle nous raconte son histoire au micro d'Ambre Rosala.
00:56Je rencontre Altea dans son appartement dans les Hauts-de-Seine, où elle vit avec son compagnon et leur chat.
01:00Elle a de longs cheveux châtains, complètement raides et de grands yeux verts.
01:05Altea est née et a grandi près d'ici avec sa mère, qui est secrétaire médicale dans un centre médico
01:09-psychiatrique.
01:11Altea est fille unique et n'a jamais connu son père.
01:14C'est une enfant plutôt timide, très fusionnelle avec sa mère qui l'a élevée seule.
01:18J'étais plutôt discrète, j'avais plutôt une personnalité assez sociable,
01:23mais je n'étais pas forcément celle qui allait prendre la parole tout le temps, pas très expansive.
01:28Et sinon, en termes de passion, moi c'est le cinéma qui m'a passionnée depuis ado.
01:34J'ai vraiment eu un choc de cinéma petit avec Le Roi et l'Oiseau, qui est un film d
01:38'animation que j'adore
01:39et que je regarde en bout, que ma mère détestait, mais que moi que j'adorais.
01:43Et du coup, c'est vraiment ça qui m'a animée.
01:45Après son bac, Altea fait justement des études de cinéma et d'audiovisuel à l'université.
01:50Elle décroche un master, puis elle trouve du travail dans le cinéma.
01:54En 2015, quand elle a 25 ans, elle s'installe avec son compagnon dans un appartement de la région parisienne.
02:00J'ai eu une vie vraiment tout ce qu'il y a de plus normal, du coup, avec un métier
02:04qui me passionne beaucoup.
02:06Des sorties, du temps entre amis, une vie riche, bien remplie, avec mes amis proches du lycée, mes amis de
02:14fac.
02:15Vraiment un cercle d'amis qui m'entoure assez présent au quotidien.
02:19Beaucoup de voyages aussi, parce qu'on a beaucoup voyagé avec mon compagnon,
02:23Kyrgyzstan, Iran, Costa Rica, beaucoup de voyages.
02:31Pendant l'été 2018, la structure où travaille Altea connaît une période de gros changements.
02:35C'est un moment très stressant pour elle, et Altea remarque que son comportement commence à changer.
02:40Je ne dormais plus, mais j'étais pleine d'énergie, j'avais envie de faire plein de choses.
02:44Et je me sentais vraiment connectée aux gens, à ce qu'ils disaient,
02:49comme si j'avais un peu une hyperacuité.
02:51Et je ne mangeais plus beaucoup non plus.
02:53J'avais vécu une situation assez stressante,
02:55et du coup, c'est comme s'il y avait quelque chose qui avait un peu basculé dans ma façon
02:59de prendre les choses.
03:00On se met à parler énormément, presque sans interruption,
03:04sans forcément écouter les gens qui sont autour de nous.
03:07Je disais les choses aussi beaucoup plus facilement, sans filtre,
03:10alors que je suis quelqu'un assez discret, assez réservé.
03:15Et là, du coup, il y avait comme si une petite barrière avait sauté,
03:17et je disais les choses beaucoup plus directement aux gens.
03:23Je me dis que c'est un état passagé, et pour être tout à fait honnête,
03:26c'est un état qui était plutôt plaisant.
03:28Et je me suis juste dit que j'avais pris confiance en moi,
03:33et ça ne m'a pas vraiment inquiété plus que ça.
03:35Un matin de janvier 2019, quand elle a 28 ans, Althea est dans son lit.
03:39Et comme souvent depuis quelques semaines, elle n'a quasiment pas dormi de la nuit.
03:43Et là, j'avais l'impression d'entendre la voix d'une amie qui est décédée.
03:49Et je voyais aussi beaucoup de choses, des connectivités aux choses,
03:53comme s'il y avait des coïncidences de partout.
03:56Ce matin-là, mon compagnon était sous la douche, j'ai appelé ma mère,
04:01je lui ai parlé, j'avais un discours un peu incohérent,
04:04et je lui ai dit « Attends, il y a Lucas qui me parle ».
04:08Il est sous la douche.
04:09Je fais « Oui, mais non, on est en train de parler par la pensée ».
04:13Et mon conjoint est parti au boulot parce que je ne lui ai pas dit ce qui se passait.
04:17Et ma mère est venue, et du coup, là, elle a vu que ça n'allait pas.
04:22Je ne me rendais pas compte que ça dérapait.
04:23Pour moi, c'était vraiment comme si j'avais découvert un peu une face cachée du monde.
04:28Et que du coup, j'étais un peu omnisciante, et que je comprenais tout.
04:32Et pour moi, tout était normal.
04:33Et en fait, je découvrais juste un nouvel univers.
04:35Et je ne voyais pas ce qui clochait, en fait.
04:44La mère d'Altéa se rend compte qu'elle a besoin d'aide.
04:46Elle appelle alors un ami de sa fille, qui travaille en milieu psychiatrique,
04:49pour lui demander conseil.
04:51Cette amie a tout de suite compris que je faisais une crise,
04:54ce qu'on appelle une crise maniaque.
04:56Et ils ont décidé de m'amener à l'hôpital, et ils voulaient m'amener à Saint-Anne.
05:00Et alors moi, dans mon esprit, c'était vraiment l'hôpital des fous, en fait.
05:05Et du coup, je me disais, mais non, je ne suis pas folle, je ne veux pas aller là-bas.
05:09Je ne veux pas qu'on m'enferme.
05:10Enfin, pour moi, c'était vraiment l'archétype de l'hôpital psychiatrique.
05:13Et là-bas, c'était quelque chose qui m'effrayait, en fait.
05:16Et du coup, j'ai refusé.
05:18J'étais vraiment vindicative à dire, non, non, non, je ne veux pas, je ne veux pas.
05:22La mère d'Altéa et son amie lui proposent de l'emmener plutôt à l'hôpital le plus proche de
05:26chez elle,
05:27ce qu'elle accepte.
05:28Mais comme elle est encore agitée, ils appellent les pompiers pour l'accompagner jusqu'à l'hôpital.
05:32Le moment où, du coup, ils ont dû appeler les pompiers pour m'emmener là-bas,
05:37là, ça a été vraiment le choc et où j'étais mise sous contention.
05:40Et j'avais l'impression d'être vraiment seule au monde et c'était un peu horrible.
05:43Et puis après, je me suis rendue compte qu'il n'y avait pas le choix.
05:46J'ai vécu ça de manière plutôt résignée.
05:50Je suivais ce qu'on me disait, je prenais les cachets qu'on me présentait.
05:54J'ai suivi le cours des choses, le cours des rendez-vous, le cours des repas et où je me
06:00suis un peu laissée faire.
06:03Comme elle a l'air d'aller mieux et qu'elle n'est plus agitée,
06:06Altéa peut sortir de l'hôpital au bout de quelques jours.
06:08Elle rentre chez elle, mais elle sent que quelque chose ne va toujours pas.
06:13J'entends plus de voix, mais j'ai toujours l'impression d'être très connectée aux choses,
06:16d'être très connectée aux gens, de faire des liens avec...
06:20Je vois un papillon, je me disais, c'est un signe, je vois des signes partout.
06:23Je continue vraiment à voir des signes dans tous les sens.
06:27Cette amie qui travaille en psychiatrie a dit, ça ne va toujours pas,
06:32il faudrait que tu retournes te faire hospitaliser.
06:34Mais du coup, là, cette fois, il m'a accompagnée pour aller vers un établissement
06:38qui a vraiment été spécialisé dans ce que j'avais.
06:41Et là, ça a été un choc parce qu'on m'a placée en unité fermée.
06:44C'est-à-dire pas de portable, pas de visite pendant un certain temps.
06:49Je suis vraiment isolée pour vraiment faire redescendre la pression
06:53et essayer d'arrêter d'avoir ces idées qui s'accélèrent
06:57et du coup d'être sollicité, de sur-solliciter des personnes aussi,
07:01dans le but de me faire redescendre sur Terre, en fait.
07:04Et là, c'était un peu compliqué à vivre.
07:10Les médecins posent un diagnostic et annoncent à Altea qu'elle est bipolaire.
07:13Il lui explique que c'est un trouble psychique,
07:16alternant des phases maniaques avec une exaltation de l'humeur,
07:19comme celle qu'elle vient de vivre, et des épisodes dépressifs.
07:23Altea n'en a pas encore fait, mais elle peut,
07:25après l'épisode maniaque qu'elle vient de faire,
07:27tomber dans une phase de dépression grave.
07:29Quand ce mot de bipolarité est posé,
07:32j'ai l'impression que c'est pas moi au début,
07:34qu'on parle pas de moi et en même temps,
07:37vu ce qui m'est arrivé, il n'y a pas d'erreur en fait.
07:40Ça doit être ça.
07:42Je comprends pas trop ce qui m'arrive,
07:44et c'est un peu un choc.
07:45Quand on essaye de retracer ensemble avec les médecins mon passé,
07:50il n'y avait pas vraiment de signe avant-coureur au final.
07:52Parfois, pour certains, c'est un soulagement, le diagnostic,
07:55parce qu'ils ont vécu des hauts et des bas toute leur vie,
07:57et en fait, on a eu du mal à poser un mot là-dessus.
08:01Moi, c'est la première fois que je vis une crise comme ça.
08:04Je n'ai jamais fait de dépression avant.
08:06Et on me dit, du coup, plus vous faites de crise,
08:09plus vous avez de risques d'en faire.
08:11C'est un peu un moulin qui s'alimente.
08:15Je me dis, le but, c'est d'éviter d'en refaire
08:18et d'éviter de tomber en dépression aussi après,
08:20parce qu'après ce genre de crise,
08:22le gros risque, c'est de tomber en grosse dépression.
08:25Je me tourne vraiment vers l'avenir
08:27et avec un sentiment de pas de sérénité.
08:31Les médecins lui donnent un traitement
08:32et lui conseillent de suivre des groupes de parole à l'hôpital.
08:35Elle rencontre alors d'autres patients bipolaires
08:37ou souffrant d'un autre trouble psychique.
08:40Je vois des gens qui sont plus âgés que moi,
08:42qui sont là, qui ne s'en sortent pas vraiment avec la maladie,
08:46qui luttent au quotidien pour avoir une vie normale
08:48et qui n'ont pas forcément d'emploi,
08:51qui parfois ont quand même des enfants,
08:54mais pour qui c'est compliqué la vie au quotidien.
08:57Et là, je commence à réaliser ce qui m'arrive.
09:00Je me suis un peu dit
09:02mon avenir va être vu à l'aune de ce diagnostic
09:06et ce qu'il va falloir que je tire un trait
09:08sur certaines passions,
09:11les voyages par exemple,
09:13sur une vie de famille future.
09:14Ça ne m'apportait pas forcément
09:16de perspective d'avenir avec la maladie,
09:19d'avenir serein avec la maladie en fait.
09:25Althea sort de l'hôpital en février 2019,
09:28un mois et demi après sa crise maniaque.
09:29Elle rentre chez elle avec un traitement à prendre tous les jours.
09:32Je suis redescendue sur Terre,
09:33donc la chute est un peu raide.
09:37Et le retour à la réalité est dur.
09:39Et au final, je me sens de nouveau pas moi-même
09:42avec toujours des pensées un peu accélérées,
09:44mais cette fois un peu un sentiment de dépression.
09:46c'est ce qu'on appelle en fait un état mixte.
09:49C'est une phase en fait où moi je sentais
09:51que j'avais plein d'idées qui venaient
09:53toujours avec ces pensées très présentes
09:56et en même temps aucune envie de me lever,
09:59de manger, de faire des choses,
10:01enfin vraiment pas d'énergie en fait, pas d'énergie.
10:04Et je sentais que c'était pas vivable quoi.
10:07J'en parle à la psychiatre qui me suit
10:08et qui me dit en fait il faudrait revenir
10:11pour réajuster ton traitement.
10:13J'ai pas envie de rester comme ça toute ma vie
10:15dans cet état-là,
10:15donc j'y retourne
10:17et là pour le coup je crois que ça a été
10:18quelque chose d'encore plus dur pour mes proches
10:21de me voir retourner.
10:22Mon conjoint, il me le dit,
10:24je sais pas si je vais pouvoir tenir le coup
10:27si tu retournes tous les deux mois à l'hôpital
10:29et là pour moi c'est vraiment
10:30ce que j'ai pas envie d'entendre, c'est ça quoi.
10:33Et du coup je lui fais comprendre un peu rudement
10:35par exemple à quelqu'un d'autre,
10:37mais pas à moi en fait.
10:39J'ai besoin de me recentrer sur moi
10:41et d'y aller pour aller mieux quoi.
10:43C'est vraiment un moment de faiblesse
10:46parce qu'il a été un rock pendant toute mon hospitalisation,
10:48il a été vraiment là et c'est du coup ce coup de massue
10:51de me voir retourner à l'hôpital encore une fois,
10:53ça a dû vraiment être très dur pour lui.
11:01Altéa reste à nouveau quelques semaines à l'hôpital
11:03mais elle le vit beaucoup mieux.
11:04Elle sort en mars 2019 avec un nouveau traitement plus ajusté.
11:08Elle fait aussi attention à ne pas perturber son sommeil,
11:10ce qui pourrait précipiter un nouvel épisode maniaque ou dépressif.
11:14Deux mois plus tard, en mai 2019,
11:17elle sent qu'elle va beaucoup mieux
11:18et elle décide de reprendre le travail en mi-temps thérapeutique.
11:21J'ai pu reprendre deux jours par semaine
11:23puis au bout de quelques mois, trois jours
11:25puis au bout de quelques mois, quatre jours
11:26et en fait j'ai pu reprendre le travail progressivement
11:29et je pense que ça m'aide à avoir un cadre aussi.
11:31Le fait de travailler, c'est vraiment pour moi important
11:34d'avoir tous les jours une envie de me lever le matin
11:38et j'étais contente de reprendre en fait le travail
11:42mais après je me suis dit
11:45jamais je pourrais reprendre le travail à plein temps.
11:47Ça me semble un but impossible.
11:49Entre les groupes de parole auxquels j'étais inscrite,
11:53les rendez-vous avec le médecin
11:54et au final, un an après, j'étais de nouveau à plein temps
11:58et ça se passe super bien.
12:00Donc c'est vraiment, il faut se laisser le temps en fait.
12:05Quelques mois après avoir repris le travail,
12:07Althea doit gérer l'organisation d'un événement d'ampleur.
12:10Elle est un peu stressée
12:11et elle recommence à sentir les tout premiers symptômes d'une phase maniaque.
12:14Un manque de sommeil couplé à beaucoup d'énergie.
12:17Elle réagit tout de suite, elle en parle autour d'elle
12:19et elle arrive à éviter une nouvelle crise.
12:22Althea a peur de la rechute
12:23et elle met longtemps à se considérer comme stabilisée.
12:27Ça a mis au moins un an en fait.
12:30Ça a été long parce que même si j'avais les traitements,
12:34je sentais que ça agissait,
12:37je me surveillais beaucoup en fait.
12:39J'étais vraiment tout le temps en hyper-vigilance
12:41sur ce que je ressentais,
12:42sur la moins de mauvaise nuit que je passais.
12:45J'ai commencé à stresser
12:47et j'ai commencé un peu à relâcher.
12:50je reste toujours attentive
12:51mais à me faire confiance en fait.
12:53J'ai commencé à me refaire confiance vraiment au bout d'un an je dirais.
12:59En novembre 2021,
13:01Althea entend parler d'une association
13:02qui s'est créée un an plus tôt,
13:04la Maison Perchée,
13:05pour accompagner les jeunes adultes
13:06qui vivent avec un trouble psychique.
13:08L'accompagnement prend la forme
13:10soit d'un groupe de parole
13:11entre plusieurs personnes concernées par le même trouble,
13:13soit d'un tête-à-tête
13:14entre quelqu'un qui est stabilisé
13:16et quelqu'un qui vient d'être diagnostiqué.
13:18Althea apprend que l'association recherche des bénévoles
13:21et elle décide de la rejoindre.
13:23Comme j'étais déjà stabilisée depuis un moment,
13:26je me suis dit
13:26si mon expérience peut aider d'autres personnes,
13:28en fait,
13:29ça peut être vraiment super bénéfique
13:31pour d'autres qui étaient dans l'état
13:33dans lequel j'étais il y a quelques années.
13:35On est vraiment assez isolés
13:37quand on a l'annonce du diagnostic.
13:40On a besoin de perspectives
13:42et on a besoin d'échanger
13:44avec des personnes qui ont vécu la même chose que nous.
13:46Et c'est vraiment ce qu'apporte la Maison Perchée.
13:48Ça réunit à la fois
13:49les gens atteints de bipolarité,
13:51de schizophrénie,
13:52des troubles borderline.
13:54Donc ça réunit vraiment
13:55toute une communauté assez large
13:57sur les troubles psy.
13:58On a vécu des choses vraiment hors du commun
14:01et du coup,
14:03pouvoir échanger là-dessus
14:04sans être jugée,
14:06avec des gens qui peuvent nous comprendre à 100%,
14:08c'est vraiment essentiel.
14:10Ça donne vraiment de l'espoir.
14:16Althea anime des groupes de parole,
14:18puis elle devient responsable du chat en ligne
14:19de la Maison Perchée.
14:21Elle s'engage dans l'association
14:22pour aider d'autres jeunes,
14:23mais aussi pour briser les tabous autour de la maladie,
14:26alors qu'elle-même ne parle pas facilement
14:28de son trouble bipolaire autour d'elle.
14:30On entend parfois
14:31« Ah, c'est un vrai bipolaire,
14:32c'est quelqu'un qui change d'avis
14:33toutes les deux secondes,
14:33qui change d'humeur
14:34toutes les deux secondes,
14:35et c'est vraiment pas le cas. »
14:36Et pour moi,
14:37c'est un des stigmates
14:39que je redoute le plus,
14:39ce serait d'être quelqu'un
14:40sur qui on ne peut pas compter,
14:42en fait.
14:43Alors qu'une fois qu'on a
14:45le traitement qui nous convient,
14:46on est totalement fiable.
14:48Il y a cette peur d'être jugée,
14:49cette peur un peu de voir
14:51le regard sur soi changer.
14:53Il y a un vrai travail à faire,
14:54et c'est vrai que le fait
14:55de prendre la parole aujourd'hui,
14:57c'est aussi un travail
14:58qui sert à la déstigmatisation.
15:00Je voudrais prouver aux gens
15:02en disant « Tu vois,
15:03depuis tant d'années,
15:04je suis diagnostiquée,
15:05et tu ne l'as jamais vue,
15:07parce que je suis comme toi,
15:09ça ne change rien à ma vie au quotidien,
15:11ça ne change rien à mon travail,
15:13et ça ne change rien à mes projets,
15:15au final. »
15:17Je vois l'avenir très sereinement,
15:19malgré ce qui m'est arrivé.
15:20Avec mon conjoint,
15:21on a un projet bébé,
15:23ça ne me freine plus au quotidien.
15:25Aujourd'hui, c'est même plutôt
15:27porteur de sens pour moi,
15:28avec l'engagement que j'ai
15:30à la maison perché.
15:32C'est plutôt une chose
15:34où je me dis « Ça a été
15:35un choc dans ma vie,
15:36j'ai quand même vécu
15:37quelque chose d'extraordinaire,
15:40et en même temps d'un peu fou,
15:41et de dur,
15:42et j'ai réussi maintenant
15:44à en faire quelque chose
15:45qui va donner de l'espoir aux gens,
15:46donc ça, c'est vraiment important pour moi.
16:02Ambre, on comprend
16:03qu'Altéa vit maintenant
16:04avec le risque
16:05de faire un jour
16:05un nouvel épisode maniaque.
16:07Est-ce qu'elle accepte
16:08cette situation
16:08ou est-ce que ça l'inquiète ?
16:10Alors oui, il y a toujours
16:11un risque de rechute
16:12et elle m'a dit
16:12qu'elle en était consciente.
16:13Par contre, ça ne l'obsède pas du tout.
16:15Elle vit très bien avec
16:17et surtout, elle a confiance
16:18en son traitement,
16:20en son mode de vie
16:20et en elle, tout simplement,
16:22pour ne pas avoir peur
16:23de la rechute au quotidien.
16:25Je le disais au début
16:26de cet épisode,
16:27on a fait ce sujet
16:28dans le cadre
16:28du premier podcast Ton.
16:30Près de 400 podcasts francophones
16:32qui, pendant une semaine,
16:34mettent à l'honneur
16:34l'association de leur choix.
16:36Le but est de promouvoir
16:37l'entraide, le partage,
16:39d'inviter aussi
16:39à faire des dons
16:40à ces associations.
16:42Concrètement,
16:43que fait l'association
16:44que tu as choisie,
16:45La Maison Perchée,
16:46qui se trouve
16:46dans le 11e arrondissement de Paris ?
16:48C'est une association
16:49qui accompagne
16:50les jeunes adultes
16:51qui vivent avec un trouble psychique,
16:53donc bipolarité,
16:54schizophrénie
16:55ou trouble borderline.
16:56Et en fait,
16:57ils ont plusieurs programmes
16:58d'accompagnement.
16:59Ça peut être
17:00un groupe de parole
17:01entre plusieurs personnes
17:02concernées par le même trouble
17:03ou alors un tête-à-tête,
17:05un accompagnement spécialisé
17:06entre quelqu'un
17:07qui est stabilisé
17:08depuis un certain temps
17:09et quelqu'un
17:10qui vient d'être diagnostiqué.
17:11Et le but,
17:12c'est vraiment
17:12de parler de la maladie,
17:14de déconstruire les clichés
17:15et surtout de donner
17:15de l'espoir pour la suite
17:17parce que,
17:17comme Altea le raconte
17:18dans le sujet,
17:19c'est pas toujours facile
17:19de se projeter
17:20quand on vient
17:20d'être diagnostiqué.
17:22Et La Maison Perchée
17:23propose aussi
17:23un accompagnement
17:24pour les familles
17:25avec, pareil,
17:26des ateliers,
17:27des groupes de parole.
17:28Et à chaque fois,
17:28ça se fait
17:29soit dans leur loco à Paris,
17:30soit en ligne
17:31sur une plateforme
17:32sur Internet
17:32pour que les gens
17:33qui n'habitent pas
17:34en région parisienne
17:34puissent aussi profiter
17:36d'un accompagnement.
17:37Ambre,
17:37de quoi est-ce que
17:38La Maison Perchée
17:39a besoin aujourd'hui ?
17:40Alors,
17:41il recherche activement
17:42des bénévoles,
17:43des personnes stabilisées
17:44et qui pourraient venir
17:45partager leur vécu
17:46et animer
17:47des groupes de parole,
17:48mais aussi d'autres bénévoles
17:50pour faire tourner
17:51l'association
17:51et son lieu de vie à Paris.
17:53Merci,
17:54Ambre Rosala.
17:55Et si vous envisagez
17:56de faire un don
17:57à La Maison Perchée
17:58ou de donner
17:59de votre temps,
17:59rendez-vous sur
18:01maisonperchée.org
18:03sans accent bien sûr
18:04et pour les infos
18:05sur le podcast Ton,
18:06l'adresse c'est
18:06podcastton.org.
18:08Cet épisode de Code Source
18:09a été produit par
18:10Thibaut Lambert,
18:11Clara Garnier-Amourou
18:12et Emma Jacob.
18:13Réalisation,
18:14Pierre Chaffanjon.
18:17Sous-titrage Société Radio-Canada
18:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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