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En février, la Haute Autorité de santé a formellement recommandé d’abandonner la psychanalyse pour prendre en charge l’autisme. Depuis plusieurs années, des parents protestent contre ces pratiques thérapeutiques. Récit avec deux journalistes du Parisien : Véronique Hunsinger et Bérangère Lepetit, journalistes au pôle Vie privée.

Chapitres :
0:00 - Autisme : la HAS déconseille la psychanalyse
2:21 - Psychanalyse : origines et critiques
15:42 - Prise en charge de l'autisme et du TDAH : nouvelles approches

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Barbara Gouy, Anaïs Godard et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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#tdah #tdahinfantil #autisme

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Clara Garnier-Amouroux pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le 12 février, pour la première fois, la Haute Autorité de Santé a formellement
00:16recommandé d'abandonner la psychanalyse pour prendre en charge l'autisme.
00:20Théorisée à la fin du XIXe siècle par Sigmund Freud, la psychanalyse est utilisée
00:25depuis les années 1960 pour traiter plusieurs troubles infantiles, notamment l'autisme
00:30et le TDAH, le trouble du déficit de l'attention.
00:33L'idée de la psychanalyse, c'est que ces troubles seraient liés à un lien parent-enfant défaillant.
00:38Or, depuis plusieurs années, de plus en plus de parents protestent contre ces pratiques
00:42thérapeutiques qui les culpabilisent et qui peuvent retarder la prise en charge de leurs
00:47enfants, car on sait aujourd'hui que l'autisme est en réalité un trouble du neurodéveloppement.
00:52Pourquoi la psychanalyse est sous le feu des critiques ? Et quels sont les moyens
00:56alternatifs de prise en charge de ces troubles infantiles ?
00:59Élément de réponse aujourd'hui dans Code Source avec deux journalistes du Parisien,
01:03Véronique Unzinger, spécialiste santé, et Bérangère Lepetit, spécialiste des questions
01:08de société.
01:18Véronique Unzinger, le jeudi 12 février 2026, la Haute Autorité de Santé, une institution
01:24indépendante chargée de promouvoir les bonnes pratiques médicales, publie des recommandations
01:29concernant la prise en charge des troubles du spectre de l'autisme chez des enfants.
01:33Et pour la première fois, elle déconseille formellement la psychanalyse.
01:36Oui, tout à fait. C'est vrai qu'on a beaucoup entendu parler de cette recommandation parce
01:41qu'on l'a considérée un peu comme un enterrement de première classe de la psychanalyse.
01:46Et c'est vrai que c'était la première fois que, noir sur blanc, la HAS a qualifié
01:52la psychanalyse et les approches psychanalytiques en général dans l'autisme comme une méthode
01:58dite non recommandée.
02:00Pourquoi ? Parce qu'elle s'est basée sur des études qui n'avaient pas un niveau
02:05de preuves assez suffisant pour démontrer l'utilité de la psychanalyse.
02:10Véronique Unzinger, Bérangère Lepetit, dans cet épisode de Codesources, vous allez
02:14nous expliquer pourquoi la psychanalyse est de moins en moins plébiscitée, notamment
02:19pour prendre en charge des troubles infantiles comme l'autisme et le TDAH, le trouble de déficit
02:24de l'attention.
02:25Pour bien comprendre, on va remonter aux origines de la psychanalyse.
02:28C'est une discipline qui est née à la toute fin du XIXe siècle, sous l'impulsion
02:33du neurologue autrichien Sigmund Freud.
02:35Bérangère Lepetit, expliquez-nous le principe de la psychanalyse.
02:39Alors la psychanalyse, c'est une méthode de soins qui a été effectivement pensée
02:43par Freud, qui consiste à écouter les patients en leur faisant raconter leurs souvenirs,
02:49concrètement, lors de séances.
02:51Et notamment ce que Freud appelle l'inconscient.
02:55Donc l'inconscient, c'est quoi ? C'est un contenu du psychisme que Freud a théorisé
03:01en disant que c'est le contenu refoulé.
03:04Ce dont l'individu n'a pas conscience, c'est souvent ce qui relève des désirs, des fantasmes.
03:09Sachant que le but de la psychanalyse, c'est de mieux se connaître et de mieux s'accepter.
03:14Il ne faut pas confondre la psychanalyse et la psychothérapie.
03:17Qu'est-ce que c'est la différence ?
03:19Alors la psychothérapie, c'est une démarche de soins qui va être entreprise par le patient
03:23lorsqu'il va rencontrer un problème particulier, un épisode dépressif,
03:28une situation de mal-être dans sa vie.
03:31On considère en fait que la psychanalyse, ça va être une méthode qui va durer plus longtemps,
03:37une méthode d'exploration du psychisme qui va être plus profonde, plus longue,
03:41avec des séances plus rapprochées.
03:44Donc souvent, on recommande même une à deux fois par semaine.
03:48Alors que la psychothérapie, on va pouvoir aller voir le psychologue ou le psychiatre
03:54une à deux fois par mois pour des séances d'une demi-heure.
03:57Ce n'est pas tout à fait la même méthode.
03:58Et il y a aussi la psychiatrie qui, elle, est pratiquée exclusivement par des médecins.
04:02C'est ça. Voilà. Donc il y a aussi à côté les psychiatres qui ont d'abord un diplôme de
04:09médecine.
04:10Donc le psychiatre, c'est un médecin qui a le droit à ce titre de prescrire des médicaments,
04:15de faire des arrêts de travail, de poser des diagnostics.
04:18Tandis que le psychanalyste ou le psychologue, lui, ne peut pas prescrire de médicaments.
04:23Véronique Unzinger, à partir des années 1960, des pédiatres et des psychanalystes
04:28commencent à s'intéresser à la psychanalyse pour prendre en charge l'autisme.
04:32L'autisme, c'est un trouble qui se manifeste dès l'enfance
04:35et qui englobe beaucoup de réalités différentes. Expliquez-nous ça.
04:39Effectivement, les manifestations peuvent être assez variées.
04:42C'est pour ça qu'aujourd'hui, on parle vraiment de troubles du spectre de l'autisme.
04:47Alors on considère aujourd'hui qu'environ 1 à 2% de la population est concernée.
04:52De quoi s'agit-il ? En fait, le principal signe de l'autisme,
04:56c'est des difficultés de communication et d'interaction sociale.
05:00Et souvent, elles sont associées à un comportement qui est marqué par des intérêts
05:06assez restreints et répétitifs pour certaines choses.
05:11Et donc, dans les années 1960, on commence à s'intéresser à la psychanalyse
05:14pour traiter ces troubles du spectre de l'autisme.
05:17Oui, alors les premiers pédopsychiatres, d'abord américains au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale,
05:23puis un peu partout dans le monde, à partir des années 60,
05:28commencent à s'intéresser à l'autisme.
05:30J'ai envie de dire, ils commencent d'abord à s'intéresser à l'enfant, en fait,
05:34qui n'était pas forcément un sujet médical avant.
05:38Alors en France, on pense bien sûr à la célèbre pédopsychiatre Françoise Dolto,
05:44qui était très populaire dans les années 70-80,
05:48parce qu'elle avait une émission à la radio.
05:51Et elle, à l'époque, elle disait, l'autisme n'existe pas à la naissance, il est fabriqué.
05:57C'est un processus réactionnel d'adaptation à une épreuve que vit l'enfant.
06:03L'idée de ces psychanalystes, en fait, c'est que l'autisme serait lié à un lien parent-enfant
06:07qu'il faudrait réparer.
06:08Oui, alors dans les années 50, les premiers pédopsychiatres qui se sont intéressés à l'autisme
06:15avaient une formule qui, aujourd'hui, va nous sembler vraiment glaçante.
06:19Il parlait de mères frigidaires, pour parler de ces mamans qui, soi-disant,
06:24n'arriveraient pas à nouer une communication satisfaisante avec leurs enfants
06:29et les empêcheraient ainsi de se développer correctement.
06:33Alors, bien sûr, on imagine la souffrance que les parents qui ont entendu ce genre de choses ont pu endurer.
06:40Malheureusement, ça a duré très longtemps.
06:41Je me suis entretenue avec un père de famille, il n'y a pas longtemps, dont l'enfant a une
06:46vingtaine d'années.
06:48Et lui, encore dans les années 2000, quand son petit garçon était petit, dans un hôpital parisien,
06:55le pédopsychiatre a demandé aux parents si cet enfant avait été désiré.
07:00Ensuite, il a demandé à la maman si elle l'avait allaité quand il était petit.
07:04Donc, les parents étaient très choqués parce que ça sous-entendait que c'était en fait de leur faute, quoi,
07:09si leur enfant allait aussi mal et qu'il ne s'en était pas bien occupé.
07:13Il n'avait pas assez aimé quand il était tout petit.
07:17Dans les décennies qui suivent, les psychiatres et pédopsychiatres, sous l'influence de la psychanalyse,
07:22se basent sur des thérapies de parole pour réparer ce lien familial qu'ils estiment défaillant
07:26et aider les enfants à vivre avec leurs symptômes.
07:29Mais ils ne posent que très rarement le diagnostic d'autisme, car pour la psychanalyse, cela revient à catégoriser le
07:35patient.
07:36Véronique Unzinger, à partir du début des années 2010, certaines des pratiques utilisées pour prendre en charge l'autisme,
07:43dont la psychanalyse, mais pas seulement, sont remises en question, à la fois par les associations de patients et par
07:48les parents.
07:49Pourquoi ?
07:49Alors, c'est un mouvement qui est monté un peu crescendo.
07:53Il y a plusieurs associations de parents qui se sont créées, toujours sur la base d'une colère, en fait,
07:58que leurs enfants n'aient pas été pris en charge correctement, qu'on les ait beaucoup culpabilisés.
08:04Et il y a une pratique en particulier qui a vraiment un petit peu cristallisé toutes ces colères,
08:10c'est ce qu'on appelait le « packing ».
08:12Alors, ça consistait à envelopper les enfants, des enfants petits, dans des draps mouillés, froids, à environ 10 degrés,
08:22puis d'envelopper ces mêmes enfants dans des couvertures pour les réchauffer progressivement.
08:27Ce qui était supposé avoir une vertu thérapeutique, c'est une méthode qui a beaucoup choqué les familles,
08:35qui a pourtant été défendue par des psychiatres pendant très longtemps.
08:39C'était presque devenu, en fait, le symbole des tensions entre les familles et une partie de la psychiatrie.
08:46En 2012, la Haute Autorité de Santé publie une première salve de recommandations dans la prise en charge de l
08:51'autisme
08:52et elle classe la psychanalyse dans les pratiques non consensuelles.
08:56Concrètement, ça veut dire quoi ?
08:57Oui, alors, ça a été vraiment le premier coup de butoir contre la psychanalyse.
09:02Donc, en 2012, la HHS a regardé toutes les études qui existaient.
09:06Elle n'en a pas trouvé qui montraient l'efficacité de ce type de prise en charge face à l
09:12'autisme.
09:12Et elle faisait le constat qu'il y avait une grande divergence d'avis sur cette prise en charge.
09:20Et donc, c'est comme ça qu'elle a traduit en termes, on va dire, diplomatiques,
09:25que la pratique n'était pas consensuelle.
09:28Mais ça a été une première étape.
09:29Je me souviens qu'à l'époque, le président de la Haute Autorité de Santé avait dit gentiment
09:35que les psychiatres devaient un petit peu commencer à se remettre en question.
09:39À ce moment-là, comment réagissent les professionnels de santé qui s'occupent de ces enfants ?
09:43À cette époque-là, le monde de la psychiatrie est encore assez majoritairement favorable
09:51aux méthodes d'inspiration psychanalytique et les pratiques à des degrés plus ou moins divers.
09:59Et il y a une assez forte contestation de ces recommandations à ce moment-là.
10:05En 2016, un élu du Pas-de-Calais, le député Les Républicains, Daniel Fasquel,
10:10propose une résolution à l'Assemblée.
10:11Il veut interdire les pratiques psychanalytiques dans la prise en charge de l'autisme.
10:15Pourquoi il propose ça et comment c'est accueilli ?
10:17Effectivement, ce député Les Républicains est assez seul, en fait, dans le monde politique
10:22à l'époque, à s'intéresser au sujet de l'autisme.
10:26Donc, il dépose cette résolution qui ne sera finalement pas votée.
10:30Mais ça a quand même permis de mettre le sujet dans le débat public.
10:34Il a eu des mots assez durs, après avoir rencontré des familles, des parents.
10:40Il disait qu'il fallait sortir du Moyen-Âge, redonner de l'espoir aux familles.
10:44Et puis, lui, il plaidait pour les approches qui étaient déjà à l'œuvre dans des pays
10:50comme le Canada ou la Belgique, qui sont des approches plus éducatives, en fait, que médicales.
10:55Véronique Unzinger, qu'est-ce qu'on reproche à la psychanalyse, concrètement ?
10:59Les parents reprochent à la psychanalyse de les avoir beaucoup culpabilisés,
11:04de ne pas les avoir aidés.
11:06Le reproche aujourd'hui qu'on fait de manière générale, c'est qu'il y aurait eu beaucoup
11:09de retards de prise en charge, des familles qui ne savaient pas à qui s'adresser,
11:15des enfants dont la scolarité a été ralentie, heurtée,
11:20qui ont eu des parcours d'adolescents un peu chaotiques.
11:24Donc, c'est plus des retards de prise en charge qu'il faut déplorer pour ces raisons.
11:29Bérangère Lepetit, à ce moment-là, ça fait déjà une quinzaine d'années qu'on remet en question
11:33la psychanalyse de manière plus globale, notamment grâce au progrès des neurosciences.
11:38Tout à fait. Alors, on peut parler d'un livre qui a eu pas mal de succès,
11:42qui est sorti en 2005, le livre noir de la psychanalyse.
11:45C'est un livre qui est écrit par un collectif de psychologues.
11:49En fait, les auteurs remettent clairement en cause l'efficacité de la psychanalyse.
11:54Tout cela, en fait, dans un contexte où il y a une montée en puissance des neurosciences.
12:01Alors, les neurosciences, qu'est-ce que c'est ?
12:03Ça a commencé à se populariser en France à partir des années 80.
12:06En fait, c'est l'étude du fonctionnement du cerveau.
12:08On a, au fur et à mesure des années, mieux compris comment fonctionnait le cerveau,
12:13notamment grâce à certaines innovations comme le scanner, l'IRM,
12:18toute l'imagerie médicale qui a permis de mieux comprendre, en fait,
12:22tout simplement comment fonctionnait le cerveau.
12:24C'est, par exemple, le rôle de la dopamine dans le traitement de la maladie de Parkinson,
12:28la façon dont pouvait fonctionner la mémoire,
12:31donc les problèmes d'amnésie,
12:33ou tout simplement aussi la façon dont fonctionne le langage.
12:36Et donc, à ce moment-là, on se rend compte qu'il y a tout un tas de maladies,
12:40de pathologies qui sont liées au fonctionnement du cerveau
12:43et non à un problème d'inconscient ou d'éducation.
12:46Il faut aussi souligner qu'à ce moment-là, et même encore aujourd'hui,
12:49la France fait figure d'exception.
12:51ailleurs en Europe, la psychanalyse est beaucoup moins utilisée pour traiter ses troubles infantiles.
12:56Oui, d'ailleurs, c'est amusant parce qu'on a dit tout à l'heure que Sigmund Freud était autrichien,
13:01mais dans des pays comme l'Allemagne ou l'Autriche,
13:04la psychanalyse est aujourd'hui beaucoup moins influente qu'en France.
13:07En France, on dit qu'il y a encore aujourd'hui entre 5 et 6 000 psychanalystes,
13:11et par ailleurs, beaucoup de psychiatres qui sont d'obédience psychanalytique
13:16et qui appliquent les méthodes de la psychanalyse.
13:18En France aussi, ce qui se passe, c'est qu'encore dès le lycée,
13:22dans les cours de philosophie en terminale, on apprend ce que c'est la psychanalyse.
13:27À la fac, il y a encore beaucoup d'enseignants qui expliquent certains phénomènes
13:32à leurs étudiants à travers la grille de lecture de la psychanalyse.
13:36Donc tout ça concourt à un environnement où en France, on baigne assez jeune,
13:43finalement, dans une sorte de jargon où la psychanalyse est censée venir expliquer
13:49certaines émotions, certains phénomènes.
13:52Et cette influence, elle est aussi liée en France au fait qu'il y a deux savants français
13:58qui ont eu beaucoup d'influence, notamment François Zolto,
14:00et aussi Jacques Lacan, qui est mort en 1981
14:05et dont beaucoup de médecins se revendiquent encore aujourd'hui.
14:10Le 23 septembre 2024, un nouveau rapport de la Haute Autorité de Santé enfonce le clou.
14:15Cette fois-ci, les experts de l'institution préconisent l'arrêt des pratiques psychanalytiques
14:19dans le traitement d'un autre trouble souvent présent dès l'enfance,
14:22le TDAH, le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité.
14:27D'abord, Bérangère Lepetit, comment ça se manifeste, le TDAH ?
14:31Ça se manifeste dès l'enfance, mais sachant qu'on sait aujourd'hui
14:35qu'il y a aussi beaucoup d'adultes qui peuvent être diagnostiqués TDAH.
14:40Donc, chez l'enfant, ça va se manifester en fait par des problèmes d'attention.
14:44Des enfants qui vont avoir du mal à se concentrer longtemps sur leurs devoirs,
14:50qui vont bouger partout.
14:52Ça peut être aussi des enfants qui peuvent piquer des colères assez vives
14:56ou être assez impulsifs.
14:57Ce rapport confirme l'existence du TDAH,
15:00ce qui faisait débat au sein de la communauté médicale.
15:03Qu'est-ce que préconise désormais la Haute Autorité de Santé
15:05pour prendre en charge ce trouble ?
15:07Dans ce rapport, la Haute Autorité de Santé ne met pas de côté l'usage des médicaments.
15:12En fait, on peut traiter un enfant avec de la ritaline ou ses dérivés.
15:19Donc, c'est un traitement pour permettre à l'enfant de davantage se concentrer.
15:23Ce rapport va dire qu'il faut utiliser des méthodes de guidance parentale.
15:28Donc, ça, c'est des méthodes qui sont utilisées pour changer la méthode de communication avec l'enfant,
15:36pour mieux pouvoir s'adapter à l'enfant, pour retrouver un peu de sérénité à la maison.
15:42Véronique Unzinger, on en revient au début de cet épisode de Code Source.
15:45Le 12 février 2026, la Haute Autorité de Santé classe donc la psychanalyse comme pratique non recommandée
15:51et affirme qu'il n'y a aucune preuve de l'efficacité de cette forme de thérapie
15:55dans le traitement de l'autisme chez les enfants.
15:58Comment réagissent les familles et les associations de patients à ce moment-là ?
16:01Les familles, en tout cas les associations de familles, ont immédiatement applaudi ces recommandations.
16:07Plusieurs associations avaient d'ailleurs été auditionnées par la HAS.
16:11Les parents que j'ai interviewés après étaient franchement unanimes.
16:16Il y a une maman qui m'a dit « on a assez souffert, vraiment on attendait ce jour,
16:21on attendait qu'on règle une bonne fois pour toutes le compte de la psychanalyse ».
16:25Et qu'est-ce que la Haute Autorité de Santé préconise pour prendre en charge l'autisme ?
16:29Alors la HAS insiste beaucoup, on a parlé tout à l'heure de neurosciences,
16:35elle insiste beaucoup sur l'origine de ces troubles qui, d'après les données actuelles de la science,
16:42se trouvent bien dans la maturation du cerveau des enfants.
16:46En fait, aujourd'hui, ce que la HAS recommande, c'est plus des approches comportementales et éducatives,
16:53en fait, plutôt que psychanalytiques, évidemment.
16:57En clair, c'est ce qu'on appelle de la guidance parentale,
17:00c'est-à-dire qu'on donne aux parents des outils pour les aider à bien faire grandir leurs enfants.
17:05C'est vraiment une approche par le soutien des familles.
17:09Et c'est aussi pour cette raison que, évidemment, les parents applaudissent à ces approches,
17:15puisqu'elles ne sont pas culpabilisantes, mais au contraire vraiment soutenantes.
17:18Le problème, c'est que les recommandations de la Haute Autorité de Santé ne sont pas contraignantes.
17:23Ça veut dire que les hôpitaux et les praticiens ne sont pas obligés de les suivre.
17:26Qu'est-ce que ça peut vraiment changer dans les faits ?
17:28Alors, c'est même le principe des recommandations de la Haute Autorité de Santé.
17:33Elles ne sont jamais contraignantes, quel que soit le sujet.
17:37Après, je pense que la médiatisation de ces recommandations de la HAS va probablement jouer.
17:44Je pense que les parents vont davantage se renseigner.
17:47Et puis, il y a des pratiques qui disparaissent un petit peu d'elles-mêmes.
17:51Alors, moi, je voudrais quand même introduire une petite nuance.
17:54C'est vrai qu'aujourd'hui, il n'y a quand même plus beaucoup de structures
17:57qui ont une approche purement psychanalytique de l'autisme.
18:01Mais il y a quand même des pédopsychiatres, et je crois qu'on peut tout à fait l'entendre,
18:05qui disent qu'il ne faut pas tout rejeter en bloc.
18:09Et autant, c'était une erreur de penser que l'autisme vient de l'histoire familiale d'un enfant,
18:16de relations qui auraient été mal nouées avec ses parents.
18:20Mais il n'empêche qu'un enfant, ce n'est pas un cerveau qui se développe en dehors de tout
18:26environnement,
18:27en dehors de toute interaction.
18:28Donc, évidemment que ce que vit l'enfant dans sa famille, dans son entourage,
18:34c'est à prendre en compte également.
18:36Et aujourd'hui, des pédopsychiatres, beaucoup plaident pour une approche assez globale
18:42et disent qu'il y a des outils qui sont issus de la psychanalyse
18:47qui peuvent également être aidants pour accompagner ces enfants.
18:59Merci à Véronique Unzinger et Bérangère Lepetit.
19:03Cet épisode de Codesource a été produit par Barbara Gouy et Anaïs Godard,
19:07réalisation Julien Moncouquiol.
19:09Codesource est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
19:13Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine, du lundi au vendredi.
19:17N'hésitez pas à écouter également notre podcast consacré aux faits divers, Crime Story.
19:22Chaque samedi, la journaliste Claudia Prolongeau
19:25et le chef du service police-justice du Parisien Damien Delseny
19:28racontent une nouvelle affaire criminelle.
19:30Sous-titrage Société Radio-Canada
19:34...
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