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L'expérimentation prometteuse d’un traitement au cannabis pour des malades en grande souffrance a pris fin en décembre 2024, sans déboucher pour l’instant sur une autorisation inscrite dans la loi. Code source fait le point avec Véronique Hunsinger, journaliste santé au Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.
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00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le cannabis dit thérapeutique ou médical sera-t-il un jour légal en France ?
00:16Depuis le printemps 2021, quelques milliers de malades atteints de pathologies incurables
00:21se sont vus prescrire du cannabis comme un médicament alternatif à la morphine
00:25pour soulager des douleurs parfois invivables.
00:28Cette expérimentation devait à terme déboucher sur une légalisation du cannabis
00:33comme c'est le cas dans d'autres pays
00:35mais la dissolution de l'Assemblée Nationale et la valse des ministres de la Santé
00:39divisées sur la question ont mis ce chantier en pause.
00:43Les médecins et les patients craignent aujourd'hui qu'ils soient définitivement abandonnés.
00:48On fait le point d'un code source avec Véronique Hunzinger, journaliste santé au Parisien.
00:53Elle a récemment consacré un dossier au cannabis thérapeutique.
01:07Véronique Hunzinger, le 10 janvier vous interviewez une jeune femme qui s'appelle Amélie.
01:12Elle vit à Tarbes dans les Hautes-Pyrénées et elle souffre depuis l'enfance d'une maladie neurologique rare.
01:18Est-ce que vous pouvez nous présenter Amélie en quelques mots ?
01:21C'est une jeune femme qui a 29 ans qui est atteinte d'une maladie neurologique qui est très rare
01:26qui s'appelle la syringegomélie qui cause d'énormes douleurs chroniques et qui évolue par poussée.
01:35Et dans sa dernière poussée, elle avait quasi perdu l'usage de son bras.
01:39Il faut aussi savoir que c'est une personne qui a connu une longue errance thérapeutique.
01:44Sa maladie avait débuté dans l'enfance.
01:47Déjà quand elle portait son cartable, elle avait d'énormes douleurs.
01:51Et la maladie a été diagnostiquée il y a une petite dizaine d'années et elle est soignée en neurologie
01:58au CHU de Toulouse.
02:00Et c'est quoi ces symptômes en quelques mots ?
02:02Des douleurs très intenses, des douleurs qui la tiennent éveillée la nuit.
02:06C'est très difficile de se mettre à la place de ce type de patients parce que c'est des
02:11gens qui souffrent vraiment en continu
02:13et dont la vie est un véritable calvaire faute de traitement.
02:17Amélie participe à une expérimentation en France supervisée par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament.
02:23Elle se voit prescrire du cannabis dans un but thérapeutique.
02:27Sous quelle forme et avec quel résultat ?
02:29Au tout départ de l'expérimentation, le produit était présenté sous deux formes différentes.
02:34D'abord les sommités de la plante de cannabis, c'est-à-dire les petites fleurs qui étaient installées dans
02:40un inhalateur
02:41qui ressemble un peu aux cigarettes électroniques.
02:44C'est une présentation qui a été abandonnée en cours de route parce que les soins disaient que ce n
02:49'était pas très pratique.
02:50Et l'autre présentation du cannabis, c'est tout simplement une huile essentielle.
02:55Ça se présente dans un petit flacon, un peu comme les médicaments pédiatriques avec une petite pipette.
03:00Évidemment, ce qu'il faut rappeler, c'est que ce n'est pas du tout un cannabis qui est fumé
03:04dans des cigarettes ou dans des joints.
03:06C'est vraiment un produit qui ressemble à un médicament.
03:12Est-ce que cette huile a fonctionné sur Amélie ? Est-ce que ça a donné des résultats ?
03:17Alors oui, clairement.
03:18C'est une patiente sur qui le traitement a très bien fonctionné.
03:21Comme souvent les malades qui souffrent de pathologies neurologiques, elle a pu refaire des nuits quasi complètes.
03:29Et puis surtout, elle a pu diminuer les antidouleurs classiques qu'elle prenait jusqu'à présent.
03:34La bonne nouvelle, c'est qu'elle a pu reprendre un emploi de secrétaire et elle a pu se réinsérer
03:39dans une vie sociale ordinaire.
03:42Et quand vous l'interviewez, elle est donc très inquiète. Pourquoi ça ?
03:45Le ministère de la Santé a accordé un espèce de sursis aux personnes qui étaient dans l'expérimentation pour qu
03:50'elles puissent continuer à bénéficier des produits pendant encore six mois.
03:55Mais personne n'a aucune idée de ce qui va se passer après.
03:59Si elle n'a plus accès à ce cannabis thérapeutique, ça veut dire qu'il faudra qu'elle reprenne des
04:06traitements antidouleurs beaucoup plus durs.
04:08Ça veut dire qu'elle va revenir à sa vie d'avant, potentiellement ne plus pouvoir travailler, devoir être à
04:15nouveau en arrêt maladie, voire en invalidité.
04:19C'est toute une partie de sa vie qui s'effondre potentiellement si elle ne peut plus bénéficier du cannabis
04:25thérapeutique.
04:27Alors on va voir dans CodeSource comment on est arrivé à cette situation.
04:30Véronique Unzinger, d'abord, rappelez-nous ce qu'est le cannabis au départ.
04:34Alors le cannabis ou le chanvre, c'est une plante à fleurs qui est originaire d'Asie, dont il existe
04:42un très grand nombre de variétés.
04:44Des variétés qui sont plus ou moins concentrées en molécules actives.
04:48Certaines variétés, pas du tout, notamment le chanvre qui est utilisé dans l'industrie, par exemple, pour faire de l
04:54'isolation des bâtiments.
04:56D'autres variétés sont très riches dans un des deux principes actifs qui est le THC.
05:01L'autre est le CBD qu'on connaît aujourd'hui parce qu'il est vendu de façon totalement légale dans
05:07le commerce à dose assez faible.
05:09Ces deux molécules ont des propriétés différentes.
05:13Le CBD vise plutôt l'inflammation et la douleur chronique, alors que le THC vise plutôt l'anxiété et la
05:21nausée.
05:21On connaît principalement le cannabis pour ses effets euphorisants ou relaxants, par exemple, selon les variétés de plantes.
05:27Mais il est aussi utilisé depuis longtemps dans un but médical pour calmer les douleurs.
05:33Le cannabis est utilisé à usage supposé thérapeutique depuis quasiment 6000 ans.
05:39Il y a eu des traces en Chine et en Égypte ancienne.
05:42Et puis il a vraiment été prescrit comme un antidouleur par les médecins britanniques à partir du milieu du 19e
05:49siècle.
05:49On sait que notamment il était prescrit à la reine Victoria qui avait des règles très douloureuses.
05:55Et puis, en fait, après la Deuxième Guerre mondiale, le cannabis thérapeutique a été supplanté par d'autres antidouleurs,
06:03ceux qu'on connaît actuellement, notamment le paracétamol, qui est un produit très efficace et qui est très sûr.
06:10Le cannabis thérapeutique ne fait pas complètement consensus.
06:14Il est critiqué par certains scientifiques, notamment à l'Académie de médecine,
06:20pour la raison qu'en fait, il n'y a jamais eu d'essai clinique en bonne et due forme
06:24pour prouver son efficacité, y compris dans la douleur.
06:28Ça, c'est quelque chose qui handicape aujourd'hui le développement du cannabis thérapeutique,
06:32même s'il est utilisé aujourd'hui dans beaucoup de pays comme antidouleur.
06:39Quel est l'intérêt du cannabis par rapport à d'autres antidouleurs légaux et bien connus comme la morphine ou
06:45le tramadol,
06:46qui sont prescrits pour des douleurs intenses, par exemple ?
06:49Alors, l'intérêt du cannabis thérapeutique, c'est que ces effets secondaires, en fait, sont beaucoup moins sévères
06:54que pour les antidouleurs classiques à base de morphine.
06:58Et ce que les patients apprécient en particulier, c'est qu'ils ont beaucoup moins l'impression d'être shootés.
07:03Il y a aussi beaucoup moins de... Il n'y a même pas d'accoutumance, en fait, au cannabis quand
07:08il est prescrit et utilisé de façon très quadrée.
07:12Et puis, il y a aussi des effets secondaires qui sont positifs, notamment sur l'appétit,
07:17voilà, pour des personnes qui ont des troubles digestifs.
07:21C'est un effet secondaire qui est très utilisé aussi dans ce sens-là.
07:24À la fin des années 2010, une trentaine de pays dans le monde, dont de nombreux États américains et le
07:29Canada,
07:30autorisent le cannabis thérapeutique. Dans l'Union européenne, 21 pays sur 27 ont légalisé cet usage,
07:36mais toujours pas la France. Pourquoi ?
07:39Ce qui est sûr, c'est que le contexte français est peut-être un peu différent,
07:43puis surtout le débat public est posé de façon différente.
07:46Il faut savoir que le cannabis est consommé de manière illégale en France, de façon très importante.
07:52Si on regarde les derniers chiffres de l'Office français des drogues et toxicomanie,
07:58c'est 21 millions de Français qui ont déjà expérimenté le cannabis dit récréatif.
08:04Et on compte près de 900 000 consommateurs quotidiens.
08:08La question de la légalisation du cannabis récréatif est régulièrement posée dans le débat public,
08:14notamment à chaque campagne présidentielle.
08:17C'est un débat qui est très virulent et qui vient polluer celui sur l'utilisation du cannabis comme médicament,
08:26tout simplement parce que les plus farouches opposants au cannabis récréatif
08:31pensent à tort ou à raison que si on légalisait le cannabis comme médicament,
08:36ce serait en fait une première étape à une légalisation du cannabis dans tous les cas de figure,
08:42y compris le cannabis récréatif, ce à quoi ils sont extrêmement opposés aujourd'hui.
08:48En 2019, l'Assemblée nationale autorise finalement le lancement d'une expérimentation.
08:54Celle-ci débute en mars 2021.
08:57En clair, quelques personnes malades triées sur le volet se voient prescrire du cannabis
09:01sous la forme d'un mélange de THC et de CBD.
09:05Quel est le profil des participants et des participantes ?
09:07Alors, c'est un produit qu'on ne peut pas donner à n'importe quel patient.
09:11L'expérimentation pose vraiment un cadre.
09:15Alors, la principale indication, c'est les douleurs.
09:17Donc, il y a des douleurs de type neuropathique,
09:20des douleurs liées au traitement du cancer,
09:25des douleurs de certaines maladies neurologiques,
09:27notamment la sclérose en plaques
09:29ou des maladies nérodégénératives comme celle d'Amélie,
09:32dont on a parlé tout à l'heure.
09:34Dans tous les cas, l'expérimentation pose le principe
09:37que ce n'est jamais un produit qu'on utilise en première intention,
09:40mais uniquement quand d'autres traitements ne sont plus efficaces
09:44ou sont mal tolérés par les patients.
09:46Qui peut prescrire ce cannabis ?
09:48Alors, c'est des médicaments qui sont aujourd'hui
09:51prescrits uniquement par des médecins spécialisés de la douleur à l'hôpital
09:55et qui peuvent après être renouvelés en ville par le médecin traitant.
10:00Pourquoi à l'hôpital ?
10:01Parce qu'en fait, il faut trouver le bon dosage
10:04entre la bonne concentration en THC et en CBD.
10:09Donc, il y a en général une période un peu de tâtonnement
10:12de quelques semaines
10:13jusqu'à ce que le médecin trouve le bon dosage pour chaque patient.
10:17Et combien de personnes participent à cette expérimentation ?
10:20Alors, cette expérimentation a concerné 3200 personnes
10:23dans absolument toute la France.
10:28En novembre 2023, la Direction Générale de la Santé
10:31qui s'appuie sur l'expérimentation en cours
10:34rend dans un rapport des premières conclusions
10:36sur l'efficacité du cannabis à usage médical.
10:40Que dit ce rapport ?
10:41Ce qu'on voit, c'est que les deux tiers des personnes
10:43qui ont été incluses dans l'expérimentation
10:46sont toujours en cours de traitement.
10:48celles qui ont quitté l'expérimentation en cours,
10:51c'était soit parce que, en fait, ça ne marchait pas du tout,
10:54soit parce que les effets secondaires étaient trop désagréables.
10:58Ensuite, ce qu'on a constaté, c'est que dans toutes les indications
11:01de ce cannabis thérapeutique,
11:03il y avait une amélioration statistiquement significative
11:06et durable de la douleur,
11:08ce qui colle avec les observations des médecins.
11:11Pour votre enquête, vous interrogez Jean-Luc,
11:13l'un des malades qui bénéficie de ce traitement.
11:16Il a une soixantaine d'années
11:17et il est atteint d'une sclérose en plaques.
11:19Qu'est-ce qu'il vous dit sur les effets de ce médicament ?
11:22Lui, ce qu'il a beaucoup apprécié avec le cannabis thérapeutique,
11:26c'est qu'il dort beaucoup mieux.
11:27Il ne se réveille plus plusieurs fois la nuit comme auparavant,
11:31donc du coup, il est évidemment beaucoup plus reposé.
11:33Les douleurs liées à sa maladie sont soulagées.
11:36Et puis, ce qui est très particulier chez les malades de sclérose en plaques,
11:41c'est qu'il souffre de ce qu'on appelle la spasticité,
11:44c'est-à-dire une forme de raideur musculaire involontaire
11:48qui est à la fois douloureuse et qui peut provoquer des chutes.
11:51Il semblerait que le cannabis thérapeutique soit très efficace
11:55sur ces problèmes de spasticité.
11:57Donc, évidemment, il n'a pas du tout envie d'arrêter ce traitement.
12:01Est-ce que cette évaluation a relevé des cas d'addiction au traitement ?
12:05Alors non, ce n'est pas du tout ce qui est ressorti de l'expérimentation,
12:08mais peut-être aussi parce que c'est une expérimentation.
12:11Le cadre de prescription était très strict.
12:14Les ordonnances sont renouvelées tous les 28 jours.
12:16Tout est tracé.
12:17Donc, c'est absolument impossible pour quelqu'un
12:20de prendre plus que ce qui lui a été prescrit.
12:23Donc, de fait, il n'y a eu absolument aucun abus.
12:25Véronique Unzinger, à ce moment-là, au moment du rapport de la DGS,
12:28on se dirige donc, en toute logique, vers une autorisation
12:32à terme du cannabis thérapeutique en France,
12:35vu que les résultats sont prometteurs.
12:36Alors oui, clairement, on était parti pour.
12:39De toute façon, le but de l'expérimentation,
12:41ce n'était pas temps de voir si le cannabis marchait,
12:44mais bien dans quelles conditions le produit
12:46pourrait être un jour prescrit et distribué.
12:49Le passage dans le droit commun avait même été voté,
12:53donc à l'occasion du projet de loi de financement
12:55de la sécurité sociale pour 2024,
12:58avec l'idée de créer un statut ad hoc
13:01pour ce produit qui n'est pas, en fait,
13:03un médicament au sens strict.
13:07Mais, le dimanche 9 juin,
13:09le président Emmanuel Macron annonce
13:11qu'il dissout l'Assemblée nationale.
13:13Un nouveau gouvernement est nommé
13:14trois mois plus tard, en septembre.
13:17Gouvernement censuré, le 4 décembre,
13:19par les députés sur le projet de loi de financement
13:22de la sécurité sociale, est donc contraint de démissionner.
13:26Véronique Kunzinger, quelles sont les conséquences
13:28de ces remous politiques sur la perspective
13:30d'autoriser le cannabis médical ?
13:33Alors, clairement, la valse des ministres
13:35qu'on a connues à Venue de Ségur
13:37a complètement bloqué le sujet.
13:40Il y avait des textes réglementaires,
13:42donc en application du budget de la Sécu,
13:44qui avaient commencé à être travaillés
13:47par la haute administration.
13:48Mais, le décret s'est littéralement perdu en chemin.
13:52C'est-à-dire qu'il n'a jamais été présenté
13:54à la Commission européenne,
13:55ni au Conseil d'État,
13:56qui est le chemin habituel d'un décret.
13:59Ce qui a encore plus compliqué les choses,
14:02c'est que les différents ministres de la Santé
14:04qui sont succédés,
14:06avaient des opinions personnelles
14:08assez différentes sur le cannabis thérapeutique.
14:10On sait qu'Aurélien Rousseau, par exemple,
14:13ou Agnès Firmal-Baudot,
14:14étaient tout à fait pour.
14:16Puis, pour d'autres, c'était plus ambigu.
14:18Par exemple, pour Geneviève Dariussec,
14:20la précédente ministre de la Santé,
14:22c'était un peu un ni oui ni non, en fait.
14:28En décembre 2024,
14:30les textes de loi sont encore dans les tiroirs,
14:32mais l'expérimentation, elle,
14:34doit s'achever à la fin du mois, le 31.
14:37Les participants sont sans nouvelles
14:38et ça, j'imagine que ça les inquiète.
14:41Oui, tout à fait.
14:42L'expérimentation, légalement, devait s'arrêter.
14:44Donc, c'était vraiment un coup près.
14:47In extremis, quelques jours avant Noël,
14:49Geneviève Dariussec a signé une prolongation de 6 mois,
14:54une espèce de sursis, en fait, pour les patients.
14:56Mais il semblerait que le gouvernement auquel elle appartenait,
15:00le gouvernement Barnier,
15:01n'était vraiment pas très favorable au cannabis thérapeutique,
15:04puisque le courrier qu'elle signe
15:06prévoit tout simplement une perspective
15:08de sevrage des patients.
15:10Autrement dit,
15:11on arrête le cannabis thérapeutique.
15:13Véronique Kunzinger, début janvier,
15:15vous discutez avec des professionnels de santé
15:17qui participent à cette expérimentation,
15:20qui prescrivent le cannabis médical.
15:22Quel est leur état d'esprit ?
15:24Ah ben, ils sont extrêmement préoccupés,
15:26parce qu'il va falloir qu'ils trouvent des solutions
15:28pour leurs patients.
15:30Aujourd'hui, ils ne peuvent plus prendre
15:31de nouveaux patients en charge,
15:34notamment en service de soins palliatifs.
15:36Les médecins sont vraiment extrêmement désolés,
15:39les infirmiers aussi,
15:40parce qu'ils ont encore dans les armoires à pharmacie
15:43de l'huile de cannabis thérapeutique,
15:45mais ils n'ont absolument pas le droit de prescrire.
15:48Et puis, pour tous les patients
15:49qui souffrent de douleurs chroniques,
15:52c'est à la fois très compliqué,
15:53puis en même temps,
15:54les médecins ne peuvent pas s'empêcher
15:56d'espérer un nouveau revirement.
15:58Et du coup,
15:59ils ne savent pas tout à fait quoi faire aujourd'hui.
16:02Et le gouvernement actuel,
16:04qui a été nommé, je le rappelle,
16:06à deux jours de Noël,
16:07le 23 décembre 2024,
16:09quelle est sa position sur ce sujet
16:11du cannabis thérapeutique ?
16:13Alors, la position du gouvernement actuel
16:15est extrêmement ambigüe,
16:17d'autant plus que le problème
16:19est qu'il y a deux ministres de la Santé aujourd'hui.
16:22Yannick Nöder,
16:23qui est cardiologue de formation,
16:26avait été interrogé en tout début d'année.
16:28Lui, il n'avait pas totalement fermé la porte.
16:30Il avait dit qu'il fallait continuer
16:32à étudier la voie du cannabis thérapeutique.
16:35En revanche,
16:36sa ministre de tutelle,
16:37Catherine Vautrin,
16:38est clairement contre le cannabis thérapeutique.
16:42Elle l'avait déjà dit
16:43lors de son premier passage
16:44au ministère de la Santé
16:46au printemps dernier.
16:47Elle disait qu'on manquait d'éléments
16:48pour aller plus loin.
16:49Donc aujourd'hui,
16:50il y a un flou total
16:51autour de ce projet de loi.
16:53Quels sont les risques
16:54pour les patients
16:55qui suivent ce traitement expérimental
16:57et les autres malades
16:58qui attendent ce médicament
17:00depuis longtemps,
17:00si le cannabis thérapeutique
17:02n'est finalement pas légalisé ?
17:04Alors si, dans six mois,
17:05il ne devait plus du tout être possible
17:08de prescrire du cannabis thérapeutique
17:10en France,
17:11il y a plusieurs cas de figure.
17:13Certains m'ont dit
17:14qu'ils vont acheter du CBD légal
17:16dans le commerce.
17:18Le problème,
17:18c'est que c'est des produits
17:19qui sont très faiblement dosés,
17:21qui ne sont pas des médicaments,
17:23donc qui ne sont pas très efficaces.
17:25Certains médecins disent
17:25qu'on ne sait pas très bien non plus
17:27dans quelles conditions
17:28ils sont produits.
17:28Donc c'est vraiment un pis-aller.
17:31Aucun patient m'a dit franchement
17:33qu'il ira acheter du cannabis
17:34dans la rue auprès d'un dealer,
17:36mais enfin certains y pensent.
17:37Et puis,
17:38il y a aussi des associations
17:40de patients,
17:41notamment de malades neurologiques,
17:44qui sont vraiment hyper inquiètes.
17:45Quand on parle de maladies
17:48neurodégénératives,
17:49c'est vraiment des douleurs à vie,
17:51des douleurs extrêmement intenses.
17:52Les associations de ces patients
17:55disent que certains de leurs adhérents
17:58envisageraient même aujourd'hui
17:59l'option du suicide assisté en Belgique,
18:03si vraiment plus aucune solution
18:05ne leur a été proposée
18:06dans les prochains mois.
18:13Merci à Véronique Hounzinger.
18:15Cet épisode a été produit
18:16par Clara Garnier-Amourou
18:18et réalisé par Pierre Chaffanjon.
18:20Si vous aimez Code Source,
18:21laissez-nous un commentaire
18:22ou des petites étoiles
18:23sur votre application audio préférée
18:25ou sur YouTube.
18:26Ça nous aide à remonter
18:27dans les algorithmes.
18:29Et puis,
18:29on vous invite également
18:30à écouter notre podcast
18:32entièrement consacré
18:33aux faits divers,
18:34Crime Story,
18:35chaque samedi,
18:36une nouvelle affaire criminelle
18:37racontée par Claudia Prolongeau
18:39avec Damien Delsenis,
18:41le chef du service police-justice
18:43du Parisien.
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