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Diane Wattrelos est atteinte d’une maladie chronique particulièrement douloureuse. Pendant 10 ans, ses médecins lui ont prescrit du tramadol pour calmer ses douleurs, avant qu’elle ne réalise son addiction. Témoignage.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Marec Panchot. - Musiques : François Clos, Audio Network.
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Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Marec Panchot. - Musiques : François Clos, Audio Network.
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Au mois de septembre, l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament a annoncé de nouvelles mesures d'ici la fin
00:17de l'année pour mieux encadrer l'utilisation du tramadol, l'opioïde le plus prescrit en France.
00:23Ce médicament contre la douleur, très efficace, présente des effets indésirables très dangereux, pris à haute dose et pendant trop
00:30longtemps, il crée de l'accoutumance et une forte dépendance.
00:34Diane Wattrelo, 34 ans, a consommé du tramadol pendant 10 ans pour soulager des douleurs insupportables liées à une maladie
00:41neurologique.
00:43Elle a mis des années à comprendre qu'elle était devenue totalement accro à ce médicament.
00:48Diane Wattrelo raconte son histoire dans CodeSource au micro de Barbara Gouy.
01:01Diane Wattrelo vit avec son mari, ses deux enfants et ses trois chats dans une jolie maison à Passy-sur
01:07-Heure en Normandie.
01:08Nous nous installons toutes les deux autour de la table de son salon et elle commence à me raconter son
01:12histoire.
01:14Diane Wattrelo est née le 20 août 1990.
01:17Elle grandit en région parisienne avec deux frères, sa mère est journaliste et son père informaticien.
01:23Diane a du mal à raconter des événements précis de son enfance.
01:26Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de mon enfance, c'est un peu bizarre, mais je n'ai pas
01:29énormément de souvenirs de mon enfance.
01:31Pourquoi ? Je ne sais pas. J'étais très timide, j'étais un peu effacée.
01:34J'étais une bonne élève, je pense que je ne posais pas beaucoup de problèmes en fait.
01:37Il y a quand même un épisode de son adolescence dont elle se souvient très bien.
01:41C'est en 2004, lorsqu'elle a 14 ans, elle visite avec ses parents un terrain pour construire leur maison
01:47familiale.
01:48C'est à ce moment-là où j'ai commencé à avoir des douleurs au niveau du cou.
01:51Je me rappelle, j'avais des décharges électriques au niveau du cou et ça arrivait jusqu'à l'œil.
01:55Je ne me mettais pas du tout de mots, mais c'est à ce moment-là que j'ai commencé
01:58à avoir ces premières douleurs.
02:00Et c'était de temps en temps, ce n'était pas du tout tous les jours.
02:02Donc après, on a commencé quand même avec ma maman à chercher, parce que c'était quand même, même si
02:07c'était de temps en temps, c'était quand même handicapant.
02:10J'avais l'impression vraiment d'avoir des décharges électriques au niveau des dents.
02:12Donc on allait voir des dentistes, on m'a aussi enlevé des dents, on m'a limé les dents, enfin
02:16voilà.
02:18Malgré ses douleurs, Diane commence à faire souvent la fête vers la fin du lycée.
02:22Elle se fait beaucoup d'amis et elle rencontre un homme dont elle tombe amoureuse, Xavier.
02:27En septembre 2013, 9 ans après ses premières douleurs, Diane fait une grosse crise lors d'une soirée avec ses
02:33amis.
02:34Je n'en avais pas parlé à Xavier de ses douleurs de temps en temps.
02:36Donc là, ça recommence, sauf que là, je vois que ce n'est pas possible.
02:39C'est-à-dire que je ne peux pas prendre sur moi et ça ne s'arrête pas.
02:42Et je n'arrive pas à continuer à faire la soirée avec les autres.
02:44Et là, je vois qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
02:46Donc je dis à Xavier qu'on doit rentrer.
02:49Et effectivement, ça a été une horreur, un enfer toute la soirée.
02:52Xavier a dû appeler les pompiers et le problème, c'est que ça ne s'est pas arrêté.
02:55C'est-à-dire qu'à partir de ce soir-là, tous les soirs, ça a recommencé.
02:59Et je ne savais pas ce que j'avais.
03:01Diane décide d'aller voir son médecin.
03:03Il n'a toujours pas de réponse sur l'origine de ces crises,
03:06mais il lui prescrit un opioïde pour calmer la douleur, le tramadol.
03:10Je ne sais pas ce que c'est le tramadol, parce que je n'ai jamais pris d'antidouleur autre
03:14que du doliprane.
03:16Et je souffre tellement que je prends ce qu'on me donne.
03:19Pour moi, s'il me le donne, c'est que j'en ai besoin.
03:22Et de toute façon, je souffre tellement que je le prends.
03:23Et ça me met dans un monde un petit peu à part, un nuage de coton.
03:29Donc, même si ça ne m'enlève pas ma douleur, ça me permet un petit peu de m'évader.
03:35La douleur est encore trop intense et le médecin de Diane augmente ses doses de tramadol.
03:40Elle ne voit plus ses amis, elle ne mange plus et perd une quinzaine de kilos.
03:44Elle arrête ses études et en septembre 2014, un an après sa première grosse crise,
03:49les médecins lui diagnostiquent une algie vasculaire de la face, une maladie neurologique rare et extrêmement douloureuse.
03:56Alors, à partir de ce moment-là, déjà, je sais ce que j'ai.
03:59Je ne savais même pas ce que c'était moi, la LGS-Cœur de la face, parce qu'à l
04:01'époque, on n'en parlait pas.
04:03Donc déjà, je sais ce que j'ai.
04:04Je me rappelle, j'en parle, j'envoie un message à mon mari, je lui dis que j'ai la
04:07LGS-Cœur de la face.
04:08Je ne sais même pas ce que j'ai, mais je suis contente de savoir.
04:11Je sais que je vais pouvoir me battre contre cette maladie, qu'on va pouvoir me donner un traitement.
04:15Et puis, je vais pouvoir avancer.
04:17Donc, effectivement, je vais avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup de traitements.
04:19Je ne me rends pas compte à ce moment-là que ça va être extrêmement difficile,
04:22parce qu'en fait, les traitements, c'est en fait la maladie plus les effets secondaires des traitements.
04:27Et ensuite, je vais avoir des opérations.
04:29Et en fait, c'est la douleur de toutes les crises plus tous les effets secondaires.
04:34Et c'est très lourd, en fait.
04:38Pour calmer la douleur, les médecins continuent de lui prescrire du tramadol.
04:41Elle ne reçoit jamais d'avertissement sur le fait que ce médicament peut être addictif.
04:46On me prescrivait, c'est-à-dire que le tramadol était sur la liste au même titre que l'épitomax,
04:52l'émijecte,
04:53les autres traitements pour ma maladie.
04:55Il y avait tramadol, quoi.
04:57Et on ne m'a jamais dit, par contre, le tramadol, c'est quand même bizarre votre consommation.
05:02Jamais.
05:03Pourtant, j'ai déménagé, j'ai fait plusieurs neurologues, voilà.
05:07On ne m'a jamais dit.
05:08Jamais.
05:09Quand j'oubliais un médicament, j'avais des signes de manque, mais je ne mettais pas le mot dessus.
05:13C'est des douleurs dans tout le corps, c'est du chaud froid, la transpiration, vraiment grande transpiration.
05:20L'impression que j'ai des pics dans tout le corps.
05:23Et puis, il faut que je prenne le médicament.
05:25Et là, une fois que je prends le tramadol, du coup, tout cesse.
05:30Lorsque Diane a des symptômes de manque, elle pense qu'il s'agit de ceux de sa maladie.
05:34Et comme le tramadol qu'elle prend lui est prescrit par son médecin, elle ne pense à aucun moment qu
05:39'elle peut avoir une addiction.
05:41Elle continue donc son traitement jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte en 2017.
05:44Et pendant sa grossesse, elle décide d'arrêter de prendre ses médicaments.
06:13Avant la fin de sa grossesse, les crises reviennent très violemment.
06:18Et Diane doit recommencer à prendre ses différents traitements, dont le tramadol.
06:21J'ai été hospitalisée et le visage était déformé.
06:26C'est pas l'écrit, c'était vraiment violent.
06:28On avait l'impression que j'étais battue, c'était vraiment horrible.
06:30Je me rappelle, dans les couloirs de l'hôpital, c'était vraiment horrible.
06:34Et là, l'hôpital a pris la décision que je accouche prématurément.
06:38C'était très, très difficile.
06:40Raphaël, né le 5 septembre 2017, a 7 mois et demi de grossesse, en bonne santé.
06:45Diane continue de prendre du tramadol à haute dose, après la naissance de son fils, pour calmer ses douleurs.
06:51Pendant qu'elle s'occupe de son bébé, elle se crée un compte sur les réseaux sociaux, sur lequel elle
06:55parle de sa maladie.
06:56Petit à petit, elle gagne en popularité.
06:59Trois ans après la naissance de Raphaël, en 2020, Diane retombe enceinte.
07:03Cette fois-ci, elle demande conseil aux médecins qui la suivent, pour adapter ses traitements à sa grossesse.
07:09Et il lui recommande de continuer à prendre ses médicaments, y compris le tramadol, pour éviter les crises de manque.
07:15Ça, c'est très difficile.
07:16C'est-à-dire qu'à chaque comprimé, je culpabilisais de prendre ce médicament.
07:20Surtout qu'en plus, j'ai eu affaire à un médecin qui a été très, très jugeant.
07:24En me disant que si j'avais des médicaments, je n'avais pas à être enceinte.
07:30Ça, j'ai trouvé ça horrible.
07:31Chaque comprimé que je le prends, que je prenais, c'était terrible.
07:34Franchement, si j'avais pu m'en passer, bien évidemment que je ne les aurais pas prises.
07:39La grossesse de Diane est compliquée.
07:41Elle est très fatiguée et à 29 semaines de grossesse, elle est hospitalisée et transférée dans un service de neurologie,
07:47en pleine période de Covid, alors que les visites sont interdites.
07:50Comme j'étais sous tramadol, ça endort le bébé.
07:53Donc moi, je ne sentais pas ma fille bouger.
07:56Donc il fallait quand même surveiller, parce que c'est une grossesse à risque, et ils n'avaient aucun équipement.
08:01Donc je me rappelle, j'avais mis une story, mais je ne me rendais pas compte du tout de l
08:05'impact que ça allait avoir.
08:06J'avais mis une story sur mes réseaux sociaux, j'avais peu d'abonnés à l'époque, et ça a
08:10été partagé de partout.
08:12Le vendredi, j'ai mis ma story, et le lundi, j'étais admise en grossesse pathologique.
08:16En grossesse pathologique, Diane se sent plus comprise, car elle est avec d'autres mères qui ont des grossesses à
08:21risque.
08:22Capucine naît le 11 novembre 2020, elle est en détresse respiratoire et elle présente un syndrome de sevrage.
08:28Tout s'arrange en quelques semaines.
08:30Mais les médecins ne disent toujours pas à Diane que le tramadol peut provoquer une dépendance.
08:34Et sans s'en rendre compte, Diane commence à utiliser des stratagèmes pour obtenir davantage de cachets auprès des pharmacies.
08:40Je multipliais les pharmacies et je multipliais les ordonnances.
08:43C'est-à-dire qu'en fait, je demandais à mon généraliste et je demandais à ma neurologue.
08:47Donc j'avais un double long d'ordonnances pour avoir le double dosage.
08:51Mais ça, je ne me rendais pas compte que ce n'était pas une conduite normale, en fait.
08:56Il m'est arrivé de faire tomber un cachet, donc après, sauf qu'on a un nombre de cachets limité.
09:03Donc si on fait tomber un, c'est une catastrophe.
09:05Enfin, franchement, c'est horrible, en fait.
09:07C'est vraiment horrible et c'est une honte.
09:09On est honteux quand on est sur notre carrelage à chercher le cachet qu'on a perdu.
09:13C'est honteux.
09:16Le 21 novembre 2021, Diane est installée dans le canapé avec son mari, Xavier.
09:22Il regarde un épisode de l'émission d'investigation sur M6, Zone Interdite,
09:26qui s'intitule « Médicaments, alcool, ces drogues légales qui détruisent les familles ».
09:31On regarde ensemble et je me reconnais.
09:34Je vois que c'est moi, en fait, les personnes, surtout une femme.
09:38Et là, c'est tilt, franchement.
09:40Et puis ma médecin m'en avait parlé un petit peu avant.
09:42Tout est aligné.
09:43Donc là, avec Xavier, on en parle.
09:45Et je reparle du coup à ma neurologue juste après.
09:48Je crois que j'avais rendez-vous avec elle un mois après.
09:50Tout est aligné.
09:52Ça faisait dix ans à peu près que j'étais addict.
09:54Et je comprends tout.
09:55Tout comme si le puzzle se remet en place.
09:58Je comprends tout.
09:59Diane fait une publication sur Instagram pour parler de son addiction.
10:03Elle se rend compte qu'elle n'est pas la seule dans ce cas-là.
10:06Je pensais être seule.
10:07C'est ça qui est hallucinant.
10:08Je pensais être toute seule.
10:09Et je pense que chaque personne pense être toute seule.
10:11Mais en fait, non.
10:13Il y a des adolescents, il y a des mères de famille, il y a des pères de famille.
10:16Je reçois des témoignages de personnes où je suis la première personne à qui ils en parlent.
10:20C'est-à-dire que le conjoint ne sait pas.
10:22Les parents ne savent pas.
10:25J'ai reçu des témoignages de personnes.
10:26Ça m'a bouleversée vraiment.
10:29Et des milliers, des milliers, des milliers de témoignages, que ce soit sur Instagram, sur TikTok.
10:32C'est trop tabou.
10:34Et j'ai perdu dix ans.
10:36Parce que personne n'a en parlé.
10:38Parce que personne n'en parle, en fait.
10:42Diane commence l'écriture d'un livre pour revenir sur les différentes étapes de son addiction.
10:47Et ses médecins décident de l'hospitaliser pour qu'elle fasse une semaine complète de sevrage au tramadol.
10:52Et du coup, vraiment, c'est un mélange.
10:54C'est-à-dire que je suis très heureuse.
10:56Parce que je me dis, quand je sors de l'hospitalisation, c'est fini et je n'ai plus rien.
10:59Ça va être une semaine.
11:00Mais d'un autre côté, j'ai peur d'avoir plus rien.
11:02Ça fait dix ans que je prends du tramadol.
11:03J'ai peur.
11:04Peur de ne pas réussir.
11:06J'ai peur d'avoir plus rien.
11:07Mais j'ai hâte.
11:08Donc c'est un mélange de tout.
11:10Et ça va être difficile.
11:12Diane fait de grosses crises de manque.
11:14Mais elle réussit à ne pas prendre de tramadol de la semaine.
11:17Quand elle rentre de l'hôpital, une lettre des services sociaux l'attend.
11:21Une femme qui la suit sur les réseaux sociaux les a alertées.
11:24Car elle estime que Diane ne peut pas être une bonne mère en raison de sa maladie.
11:28Diane est seule chez elle à ce moment-là.
11:30Il lui reste un peu de tramadol dans ses placards.
11:33Et elle replonge dans son addiction.
11:35Plusieurs semaines après avoir reçu ce courrier,
11:37les services sociaux font savoir à Diane qu'ils n'ont rien à lui reprocher.
11:41En parallèle, Diane continue son combat contre sa dépendance au tramadol.
11:45Et en faisant des recherches pour son livre,
11:47elle découvre qu'il existe des structures spécialisées,
11:50des centres de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie,
11:54les XAPA.
11:55Je n'aurais jamais connu le XAPA si je n'avais pas écrit mon livre.
11:58Il faut quand même se le dire.
11:59C'est-à-dire que l'équipe qui me suit, autant en neurologie, c'est génial,
12:02autant en addicto, là où j'étais suivie, c'était une catastrophe.
12:06Je leur disais quand même que j'avais peur de mourir, etc.
12:09Et donc, je suis allée au XAPA.
12:11Je ne connaissais pas, j'étais perdue, je prends rendez-vous.
12:14Et là, quand j'y suis allée, donc au départ, c'est un psychologue,
12:16c'est une psychologue qu'on va voir.
12:18Et j'ai été entendue, écoutée.
12:21Et puis, à la fin du rendez-vous,
12:23elle me donne un petit peu ce qu'elle pense être le mieux pour moi.
12:27Et elle me dit, est-ce que ça vous va ?
12:29Et ça, c'était la première fois qu'on me disait ça,
12:31de me demander si ce qu'on a prévu pour moi me convient.
12:34Et ça, j'ai trouvé ça super.
12:35Après avoir vu une psychologue, Diane voit une addictologue.
12:39C'est elle qui me dit que le mieux pour moi,
12:40il y a deux sortes de substituts, c'est la buprénorphine.
12:43Elle m'explique comment on va procéder,
12:45c'est-à-dire qu'on arrête complètement le tramadol.
12:47Et le lendemain, on prend le substitut.
12:50Ça me fait peur parce que je me dis, je vais retomber comme la dernière fois,
12:52ça va être compliqué.
12:53Mais elle me dit, vous n'aurez pas le temps d'avoir des signes de manque.
12:57Et ce qui va être difficile, c'est de trouver le bon dosage.
13:00Si vous êtes en manque, on augmente, etc.
13:01C'est ça, c'est cette période-là qui n'est pas facile.
13:03Mais vous allez voir, on sera là.
13:06Et ça, ce qui est dingue, c'est que oui, ils ont été là.
13:08J'ai une infirmière qui m'appelait tous les jours.
13:11Tous les jours.
13:11Elle n'attendait même pas que je l'appelle.
13:13Elle m'appelait moi pour me demander comment j'allais.
13:15Enfin, moi, je n'ai jamais eu un suivi comme ça.
13:18Pour moi, ils m'ont vraiment sauvé la vie.
13:21Le substitut permet à Diane de ne plus ressentir le manque du tramadol
13:24lorsqu'elle n'en prend pas.
13:26Grâce à la buprénorphine, elle ne risque plus l'overdose.
13:30Son livre « Addict sur ordonnance » est sorti le 12 juin 2024.
13:34Et en octobre, elle a fêté ses six mois sans avoir pris aucune dose de tramadol.
13:38Je n'ai plus de tramadol, je ne risque plus ma vie.
13:41Donc ça, c'est déjà énorme.
13:44Et puis, je fais de victoire en victoire.
13:47Donc ça, je suis contente.
13:48J'avance.
13:49De toute façon, c'est ça.
13:50Il y a des journées qui sont très difficiles.
13:52Je ne vous cache pas.
13:54Quand on est malade chronique, c'est comme ça.
13:56Des journées où je pleure.
13:58Et puis, il faut se l'accorder.
13:59C'est normal.
14:01Et puis, d'autres journées où j'ai des victoires et je suis contente.
14:03Et je vis pour ça, de toute façon, pour ma famille,
14:05pour profiter de moments qui paraissent minimes pour d'autres.
14:09Mais pour moi, c'est génial.
14:15Barbara, est-ce qu'il arrive à Diane de ressentir à nouveau des douleurs
14:18liées à sa maladie depuis qu'elle ne prend plus de tramadol ?
14:22Oui, elle a encore entre 3 et 8 crises par jour environ.
14:24Elle me dit que c'est vraiment mieux qu'avant grâce à d'autres traitements qu'elle prend.
14:28Mais le tramadol n'aurait pas pu l'aider pour calmer la douleur
14:31puisqu'elle n'avait plus les effets antidouleurs.
14:33Les seuls effets qu'elle pouvait avoir, c'était dû au manque quand elle n'en prend pas.
14:36Le tramadol est délivré uniquement sur ordonnance.
14:39Mais des nouvelles mesures vont entrer en vigueur
14:41pour mieux encadrer leur prescription comme la codéine.
14:45Qu'est-ce qu'il va se passer concrètement ?
14:47À partir du 1er décembre, le tramadol et la codéine devront être prescrits sur une ordonnance sécurisée.
14:52C'est une ordonnance qui ne peut pas être falsifiée.
14:55Mais c'est vrai que ces dernières années, d'autres dispositifs ont été mis en place
14:58pour lutter contre l'addiction au tramadol.
15:00Depuis 2020, par exemple, les prescriptions ne peuvent pas aller au-delà de 3 mois
15:03sans avoir une nouvelle ordonnance.
15:06Merci Barbara Gouillet.
15:08Si ce sujet vous intéresse, Diane Wattrelo a raconté en longueur
15:11sa dépendance au tramadol dans un livre sorti en juin 2024.
15:15Ça s'appelle « Addictes sur ordonnance » paru aux éditions Le Duc.
15:19Cet épisode a été produit par Clara Garnier-Amoureau
15:22et réalisé par Marek Pancho.
15:24Si vous aimez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien,
15:28parlez-en autour de vous.
15:29Abonnez-vous sur votre plateforme d'écoute préférée
15:31ou sur la chaîne YouTube du Parisien.
15:34Laissez-nous des pouces en l'air ou des petites étoiles.
15:36Et ne ratez pas non plus Crime Story.
15:39Chaque semaine, Claudia Prolongeau raconte une nouvelle affaire criminelle
15:43avec le chef du service police-justice du Parisien, Damien Delsenis.
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