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François Mallet vient de publier à seulement 31 ans son autobiographie « Fêlé ». En parallèle, il joue son seul-en-scène « Heureux soient les fêlés » à Paris, dans lequel il rit de sa bipolarité. Témoignage.
Crédits : Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux, Pénélope Gualchierotti et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
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#françoismallet #bipolarité #santémentale
François Mallet vient de publier à seulement 31 ans son autobiographie « Fêlé ». En parallèle, il joue son seul-en-scène « Heureux soient les fêlés » à Paris, dans lequel il rit de sa bipolarité. Témoignage.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:13Codesource parle aujourd'hui de santé mentale et plus précisément de bipolarité,
00:17avec le témoignage d'un humoriste diagnostiqué d'un trouble bipolaire il y a 8 ans.
00:22François Mallet a 31 ans, il est sur scène en ce moment à Paris
00:26pour un one-man show intitulé « Heureux sois les fêlés ».
00:30Et en septembre, il a publié un livre dans lequel il raconte à la fois son parcours de vie,
00:35notamment son rêve brisé, d'or olympique en patinage artistique,
00:38et comment il a appris à vivre avec sa bipolarité.
00:42François Mallet témoigne aujourd'hui dans Codesource au micro de Barbara Gouy.
00:52Je rencontre François Mallet à Paris dans les locaux du Parisien.
00:56Il est grand, souriant et adopte tout de suite un ton amical.
01:01Il me raconte son parcours.
01:05François Mallet est né le 10 août 1994.
01:09Sa famille est installée dans l'Ain, à la campagne.
01:12Sa mère est institutrice et son père est agriculteur.
01:16Quand François a un an, ses parents divorcent.
01:19Il vit chez sa mère et un week-end sur deux, il va chez son père.
01:23C'était quelqu'un qui était très occupé.
01:26Il habite juste à côté, c'est toujours le cas sur l'exploitation familiale,
01:29où il y a aussi ma grand-mère et mon grand-père paternel.
01:31Donc je passais beaucoup de temps chez mes grands-parents.
01:33Et lui, quand je le voyais, c'était plus restreint dans le temps.
01:37Et c'était très intense.
01:40Lui, il faisait beaucoup de motocross, il en fait toujours, c'est sa grande passion.
01:45Donc les souvenirs que j'ai avec lui, dès l'âge de 4-5 ans, c'est beaucoup sur les
01:48engins,
01:49beaucoup sur les motos, beaucoup sur les moissonneuses-batteuses, beaucoup sur les tracteurs.
01:52Puis ça a duré, c'est-à-dire que le premier métier que j'ai voulu faire, c'était agriculteur.
01:57Donc c'était un vrai truc.
01:58À l'école, François a de bonnes notes.
02:00Et tous les étés, il attend la rentrée scolaire avec impatience.
02:05C'est un enfant joyeux.
02:08En septembre 2002, il a 8 ans, et sa mère l'amène aux portes ouvertes de la patinoire de la
02:13région.
02:14Et tout de suite, j'ai vraiment aimé.
02:17J'ai vraiment le souvenir de faire un seul tour de piste en me tenant un peu à la barrière,
02:21histoire de prendre mes appuis et de sentir très rapidement que j'avais trouvé l'équilibre et que ça allait
02:27me plaire.
02:28Et je me souviens que dès la première séance, qui était globalement ce qu'on appelle une séance publique,
02:31donc il y a des gens qui maîtrisent déjà, mais il y a beaucoup de gens comme moi qui essayent
02:34pour la première fois.
02:36J'ai le souvenir, je pense que la séance a duré entre une demi-heure et une heure,
02:39de commencer déjà à danser sur la glace, et c'est la discipline que je vais faire par la suite.
02:44Et c'est d'ailleurs ce que j'ai aimé dedans, c'est-à-dire de pouvoir et danser et
02:47glisser en même temps.
02:49François commence les entraînements de patinage artistique.
02:53Il apprend les bases du patinage et se consacre pleinement aux entraînements.
02:58Je suis le premier à poser le pied sur la glace, le dernier à vouloir sortir,
03:02et c'est les premières années où j'apprends les pirouettes, les arabesques, les chorégraphies imposées, et ça se passe
03:09bien.
03:09Je me souviens qu'il y a beaucoup d'amis que j'ai en classe qui font aussi du patinage,
03:14et qu'on se marre bien, mais que moi il y a un truc où je sens que je vais
03:20avoir envie de faire de la compétition.
03:22Après deux ans d'entraînement, François commence les compétitions.
03:25Il n'est jamais premier, mais il a un très bon niveau.
03:30Enfant, il rêve déjà des Jeux Olympiques.
03:34À 12 ans, il déménage avec sa mère près de Lyon, il doit changer de club,
03:39et il commence à faire du patinage artistique en duo avec une patineuse,
03:44ce qu'on appelle le patinage en couple, pour pouvoir évoluer dans les compétitions.
03:50Et là, je découvre un autre monde.
03:52C'est compliqué, je n'ai pas le même caractère que mes partenaires.
03:56Je vais patiner avec deux partenaires différents de mes 13, 14 à 18 ans.
03:59On n'a pas le même caractère, on n'a pas les mêmes objectifs.
04:03Moi, au final, je suis très grand, très mince, et j'ai une musculature qui ne se développe pas assez
04:08vite à ce moment-là.
04:09Alors qu'il y a d'autres garçons, la musculature se développe plus,
04:12et on fait quand même des portées qui demandent d'être plus musclés.
04:15Il y a toute une dynamique où je pense que ce que j'ai à défendre artistiquement par mes nouveaux
04:21professeurs à Lyon n'est pas forcément saisi.
04:23Mais par contre, techniquement, je commence à être déclassé parce que, oui, pas la musculature,
04:30mon genou devient un petit peu plus raide, et c'est vraiment ce qu'on utilise le plus au patinage.
04:35Et donc, indépendamment du fait que ce n'est pas l'éclat avec mes partenaires sur la glace,
04:40il y a une lente, très progressive régression qui s'opère.
04:47Pendant des années, François est dans le déni.
04:49Il alterne les moments où il croit à son rêve olympique et les moments où il pense à tout arrêter.
04:56À 18 ans, pendant les révisions du baccalauréat, il décide d'arrêter le patinage du jour au lendemain.
05:03C'est très compliqué de se l'avouer au départ.
05:05C'est tellement toute ma vie, c'est tellement 15 heures d'entraînement par semaine,
05:08se lever à 5 heures, que c'est dur de se regarder dans le miroir et de se dire
05:12« bon, tu vois bien que tu ne seras jamais champion olympique,
05:15en dehors de ça que tu n'auras même jamais une carrière professionnelle en équipe de France. »
05:19Donc, j'arrête.
05:21On arrive au moment où, potentiellement, un choix se fait entre entamer une carrière professionnelle
05:27et faire des études supérieures.
05:29Et rationnellement, je vois quand même bien,
05:31même si émotionnellement, c'est très difficile pour moi,
05:33je vois bien que les résultats ne sont pas à la hauteur
05:35et que le choix logique et rationnel, c'est de faire des études supérieures.
05:40Et je me dis « bon, j'ai des aptitudes scolaires, j'aime bien l'école encore.
05:45Je prépare le concours pour faire Sciences Po et je me dis « bon,
05:48ça fait un petit moment que je m'intéresse au journalisme,
05:50j'adore regarder les grandes compétitions sportives et pas seulement le patinage. »
05:55Et je me dis « peut-être qu'il y a quelque chose à faire du côté du journalisme sportif
05:57»
05:57et je me dis « au pire, je commenterais les grandes compétitions de patinage
06:01et je vivrais un peu ma passion par procuration. »
06:04François se plonge dans les révisions du bac et du concours de Sciences Po.
06:09En fin d'année, il est pris à Sciences Po Lille.
06:12Et le jour où j'obtiens les résultats, je me souviens très bien,
06:14je suis chez moi, je découvre les résultats, il est assez tôt le matin,
06:18c'est une amie qui me dit « les résultats sont en ligne, va vite les voir. »
06:21Et je saute de joie.
06:23Vraiment, c'est-à-dire que moi, ma manière d'exprimer ma joie, c'est de danser,
06:25je me mets tout de suite à danser, j'ouvre la porte vitrée, je sors dans le jardin,
06:29je mime un peu des cris d'excitation parce que je vais éviter de réveiller les voisins.
06:34Et puis ma mère sent qu'il y a quand même de l'agitation,
06:37elle descend et on se saute dans les bras parce qu'elle sait ce que ça représente pour moi.
06:42Et que quelque part, on va dire, après cet arrêt brutal du patinage et qui est très douloureux,
06:47c'est un peu, pas une revanche, mais en tout cas, c'est une belle victoire.
06:52En septembre 2012, à 18 ans, François déménage à Lille,
06:57commence sa formation à Sciences Po et découvre la vie étudiante.
07:01C'est la découverte pour moi des premières soirées.
07:04Pour moi, c'est vraiment la découverte des soirées, de l'alcool aussi.
07:09Alors, je ne suis pas un gros buveur, mais je n'avais vraiment jamais bu de ma vie.
07:12Donc, c'est vraiment une découverte pour moi de faire des soirées,
07:14de rentrer à 3 heures du matin et d'enchaîner le lendemain avec les cours.
07:17J'ai vraiment l'impression d'être dans la transgression,
07:21alors que je vois chez les autres que c'est quelque chose d'un peu plus commun.
07:25À partir du mois de novembre, quand l'automne arrive,
07:28je sens le blues s'installer.
07:30J'ai toujours eu une tendance à être nostalgique,
07:33à avoir un rythme un peu ralenti dès que l'automne arrivait.
07:37Je suis très sensible aux saisons, vraiment.
07:39Mais là, je sens quelque chose qui s'installe.
07:41Et je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce que c'est,
07:43mais je sens qu'il y a un truc.
07:46Un mois plus tard, François rentre chez sa mère pour Noël.
07:50Là, j'éclate en sanglots.
07:52Ça sort malgré moi.
07:55Je suis vraiment très renfermé sur moi-même depuis quelques jours,
07:58depuis que je suis rentré à la maison, la gorge nouée.
08:01Vraiment pas bien, difficulté à s'endormir.
08:03Et puis vraiment, ce 24 décembre 2012,
08:06j'éclate en sanglots dans la cuisine
08:08et je vide un peu mon sac.
08:11Et c'est très difficile parce que je ne sais pas ce qui m'arrive.
08:13J'ai juste cette immense tristesse
08:15qui éclate d'un coup
08:16et qui est vraiment énorme.
08:18Et je ne sais pas à quoi elle est due,
08:20mais ça sort.
08:22La mère de François comprend ce qu'il se passe.
08:25Son fils fait une dépression,
08:27mais deux semaines après Noël,
08:29il doit passer ses partiels.
08:31En fait, je suis dans une telle détresse
08:34que je lui demande de remonter avec moi,
08:36de venir m'aider à déménager.
08:39Je n'ai plus envie d'être dans ma chambre de 9 mètres carrés du Crous
08:42où j'ai le moral dans les chaussettes.
08:44Donc elle vient, elle loue un hôtel.
08:46On est ensemble pendant toute cette semaine de partiels.
08:48De toute façon, elle voit que je ne suis pas capable de faire autrement
08:51et que je ne suis pas capable de monter dans un train tout seul
08:54à ce moment-là.
08:55Donc elle vient parce qu'on ne peut pas faire autrement
08:57et elle repart au bout d'une semaine.
08:59Et c'est forcément le déchirement
09:01et s'ouvre cette période où je l'ai constamment au téléphone
09:05plusieurs fois par jour.
09:07Et je pense que pour elle, c'est très douloureux,
09:09mais elle est là.
09:10Elle répond, elle m'accompagne
09:12et je pense que pour elle,
09:15c'est vraiment une période pas facile.
09:18François commence une thérapie,
09:20il prend des antidépresseurs,
09:22il demande une dérogation pour pouvoir poursuivre ses études à Sciences Po Lyon,
09:26pour pouvoir se rapprocher de sa famille l'année suivante.
09:30Cette dérogation est acceptée,
09:32mais au fil des années,
09:34il se rend compte que tous les ans, c'est la même chose.
09:36Il se sent mieux au printemps
09:38et il retombe en dépression en hiver.
09:42On croit au début que c'est des dépressions saisonnières
09:44parce que vraiment,
09:45les gros moments de tristesse,
09:46c'est sans arrêt
09:48de octobre, novembre jusqu'à février, mars.
09:51Chaque année, ça revient.
09:53Chaque année, c'est traumatisant.
09:54Le traitement vient me soutenir.
09:56La tristesse diminue,
09:57mais alors vraiment,
09:59progressivement.
10:00C'est-à-dire la première année,
10:01ma première thérapeute,
10:02je pense qu'elle m'a vu pleurer
10:05beaucoup à chaque séance
10:06pendant 3, 4, 5 mois.
10:08C'était des larmes sans arrêt
10:10et ça n'en terminait pas.
10:12Et plus les années passent,
10:16plus ça s'atténue.
10:17En début d'année 2014,
10:19à 19 ans,
10:20François part en Erasmus à Londres.
10:22Il se sent bien
10:23et vit une histoire d'amour avec un homme.
10:26Même s'il se posait des questions
10:27depuis plusieurs années,
10:29c'est à partir de ce moment-là
10:30qu'il assume son homosexualité
10:32et qu'il fait son coming-out
10:34auprès de sa mère.
10:36Quand il rentre en France,
10:37il pense en avoir fini
10:39avec la dépression.
10:40Et de nouveau,
10:41octobre et novembre arrivent
10:42et il y a de nouveau
10:43cette énorme tristesse.
10:45Et là, j'avoue que je comprends.
10:46Je me dis,
10:47on a beaucoup travaillé
10:48sur ma relation avec mes parents,
10:49on a beaucoup travaillé
10:50sur le traumatisme
10:51de l'arrêt du patinage,
10:53on a beaucoup travaillé
10:54sur mon orientation sexuelle.
10:55Ça y est,
10:56je crois que je suis un garçon
10:57suffisamment bien dans mes baskets.
10:58Pourquoi est-ce que ça revient ?
11:00Et à ce moment-là,
11:00évidemment,
11:01je n'ai pas conscience
11:02que peut-être
11:03c'est autre chose
11:04et qu'effectivement,
11:06de manière cyclique,
11:08le dinde arrive de nouveau.
11:11En décembre 2014,
11:13à Noël,
11:14François décide
11:15de se confier à son père,
11:17à qui il n'a pas encore parlé
11:18de son orientation sexuelle.
11:20Donc j'attends
11:21que le repas soit terminé
11:22et puis voilà,
11:23après le dernier morceau
11:24de bûche
11:24et dernière gorgée
11:26de champagne
11:27qui, de mon côté,
11:29passe moyennement
11:30plus qu'un peu stressée,
11:31un peu la gorge nouée,
11:33je lui dis,
11:34papa,
11:35j'ai quelque chose
11:35à vous dire
11:36parce que j'inclus
11:36ma belle-mère aussi,
11:38bien évidemment,
11:39et j'annonce
11:40mon homosexualité
11:41et je pense que pour mon père,
11:44c'est peut-être,
11:45je ne sais pas
11:46et je ne saurais jamais exactement,
11:47je pense que pour lui,
11:48c'est peut-être trop dur
11:49de processer cette information-là
11:51à ce moment-là.
11:52et il a une réaction
11:53qui pour moi
11:54n'est pas facile
11:55à encaisser,
11:56à savoir,
11:58d'accord,
11:59mais est-ce que tu as
12:00un copain actuellement ?
12:01Non,
12:01comment est-ce que tu peux savoir ?
12:04Je pense qu'il n'a pas envie
12:06d'être blessant,
12:07mais sa réaction
12:07est forcément maladroite
12:08et donc du coup,
12:10moi,
12:10ça me blesse
12:11et il en va de même,
12:12du coup,
12:12je me dis,
12:13bon,
12:13maintenant que j'ai annoncé ça,
12:14dans la phrase suivante,
12:15je dis,
12:15d'ailleurs,
12:16je suis aussi dépressif
12:18et je te l'ai caché
12:19sans te le cacher,
12:20mais voilà,
12:20ça fait quand même deux années
12:21que je ne vais vraiment pas bien
12:22et pour moi,
12:23c'est une double annonce
12:24qui est compliquée
12:25parce qu'à ce moment-là,
12:26je ne me sens pas écouté
12:27et entendu.
12:29Un an et demi plus tard,
12:30on est à l'été 2016
12:32et François a une énergie débordante.
12:35Là,
12:36je commence à travailler,
12:37je passe un mois
12:37à travailler sur la caravane publicitaire
12:39du Tour de France,
12:40à faire le Tour de France
12:41en plein soleil
12:42avec un micro,
12:44des blagounettes
12:44à droite à gauche,
12:46mois de juillet très euphorisant,
12:47j'en profite le mois d'août
12:48pour partir tout le mois
12:50en vacances à l'étranger
12:51avec différents amis,
12:53je fais ma première Pride
12:54à Copenhague,
12:55très excitant
12:56et très euphorisant également.
12:58La rentrée arrive
12:59et là,
13:01le rythme s'accélère
13:01et moi,
13:02je n'en ai pas conscience,
13:03c'est mes amis
13:04qui commencent à m'alerter
13:05un peu quand octobre-devant m'arrive,
13:06mais effectivement,
13:08je rentre dans une phase
13:08où il faut envoyer des candidatures
13:10pour le stage de fin d'études,
13:11j'envoie 150 candidatures
13:13en l'espace de deux semaines,
13:14mais pour moi,
13:15ça me semble normal.
13:16Je vais même jusqu'à appeler
13:17des entreprises
13:18qui sont aux Etats-Unis
13:19en plein milieu de la nuit
13:20pour leur dire
13:20à quel point je suis motivé.
13:21Ça me semble normal.
13:23Je fais un peu plus de soirées
13:25que d'habitude
13:25et c'est une période
13:27où je suis célibataire
13:28mais où je peux multiplier
13:29les partenaires sexuels
13:31plus que d'habitude,
13:32mais ce n'est pas outrance,
13:34ce n'est pas en prenant des risques.
13:35Et donc, du coup,
13:36pour mes thérapeutes
13:37qui me voient à ce moment-là,
13:39c'est compliqué de déceler
13:41que c'est potentiellement pathologique.
13:44François trouve un stage
13:45de fin d'études
13:46à Canal+.
13:48Début 2017,
13:49il arrive à Paris
13:50pour faire ce stage,
13:51mais en quelques jours,
13:53l'euphorie redescend
13:54et il se sent
13:55de plus en plus mal.
13:57Il se met en arrêt maladie.
13:58Je commence à avoir une intuition
14:00avec ma maman aussi
14:01qui me dit
14:01potentiellement,
14:02je me suis renseigné,
14:03ça me fait penser
14:03à de la bipolarité
14:04et en arriver
14:05à me rapprocher
14:07des urgences
14:09de l'hôpital du 10e à Paris
14:11où il y a
14:12un centre expert bipolaire
14:13et je suis hospitalisé
14:15là-bas
14:16au centre Fernand Vidal
14:17et au bout d'un mois,
14:18en faisant part un peu
14:19à l'équipe médicale
14:20de tout mon parcours,
14:21de tout ce que je peux raconter,
14:23il y a un diagnostic
14:25de cyclotimie
14:26très précisément
14:27qui est posé,
14:28à savoir
14:28une forme atténuée
14:30de bipolarité
14:30où votre humeur
14:32est donc cyclique
14:33et où vous pouvez enchaîner
14:34des grosses phases
14:34de dépression
14:35avec ensuite
14:36des phases d'excitation
14:37qui ne sont pas maniaques,
14:38qui sont hypomaniaques.
14:40Les phases hypomaniaques
14:41ont des symptômes similaires
14:43aux phases maniaques
14:44comme l'euphorie par exemple,
14:46mais ces symptômes
14:48sont atténués.
14:49À ce moment-là,
14:51François a enfin
14:52des réponses
14:52à ces questions.
14:53C'est un réel soulagement,
14:55l'annonce du diagnostic.
14:57Je me souviens,
14:58c'est des vraies larmes
15:00de soulagement.
15:01Ça ne s'explique pas,
15:02ça se vit tout simplement.
15:03Je ressens vraiment
15:04que la suite qui m'attend
15:07ne va pas forcément être facile,
15:09mais va forcément être meilleure.
15:11François commence un traitement
15:13pour stabiliser son humeur.
15:15Après avoir été diplômé
15:17de Sciences Po en 2017,
15:19il décide de ne pas se lancer
15:21dans une carrière de journaliste,
15:22mais plutôt de tenter
15:24une carrière de comédien.
15:25Et aujourd'hui,
15:27huit ans après le diagnostic,
15:29il se produit
15:30dans un seul enseigne humoristique
15:32à Paris
15:32dans lequel il parle
15:34de sa bipolarité.
15:35Ce spectacle s'appelle
15:36Heureux sois les fêlés
15:38et il assume pleinement sa maladie.
15:40C'est illusoire de clore les dossiers.
15:43J'ai cru à certains moments
15:44que je pouvais clore
15:45des parties de ma vie.
15:47En fait, tout est cyclique
15:49et pas seulement avec ma cyclotimie,
15:51mais tout est cyclique.
15:52On ne change pas une équipe qui gagne.
15:54Donc, ma vie sera toujours faite
15:57de créativité et de cyclotimie.
16:05Barbara,
16:05François Mallet
16:06vient de publier un livre
16:07au mois de septembre
16:08dans lequel il raconte
16:09sa vie, son parcours.
16:10Livre intitulé
16:11Fais-les,
16:12publié chez Larousse.
16:13Il en est où de sa carrière ?
16:15Est-ce qu'il est connu aujourd'hui ?
16:16Je ne pense pas
16:17qu'on puisse dire
16:18qu'il est très connu,
16:19mais il se produit quand même
16:20en ce moment
16:20pour son one-man show
16:21au Théâtre du Marais,
16:23tous les samedis
16:24jusqu'à début janvier.
16:25Et il a eu de bonnes critiques
16:26de la part des médias
16:27pour son spectacle,
16:28notamment Télérama.
16:30Donc, petit à petit,
16:31il commence à se faire remarquer.
16:32Concernant sa bipolarité,
16:34on vient d'entendre
16:34qu'il a appris à vivre avec.
16:36Comment il se sent aujourd'hui ?
16:37Ce qu'il me disait,
16:38c'est qu'il va bien,
16:39il est épanoui
16:40et il vit de sa passion.
16:42Il me dit que parfois,
16:43quand même,
16:43les phases d'euphorie
16:44qu'il avait peuvent lui manquer
16:45parce que c'était aussi
16:47des moments
16:47où il était très productif
16:49dans son travail.
16:50Mais aujourd'hui,
16:51grâce au traitement,
16:51il est stabilisé
16:52et il sait que c'est bien mieux
16:54qu'il n'ait plus
16:55ces phases d'euphorie
16:56pour ne plus vivre
16:57les phases de dépression
16:58qui les subissaient ensuite.
17:02Merci Barbara Gouy.
17:04Cote Source
17:04est le podcast quotidien
17:06d'actualité du Parisien.
17:07Cet épisode a été produit
17:08par Clara Garnier-Amourou
17:10et Pénélope Gualquierotti,
17:11réalisé par Théo Albaric.
17:15Le Parisien en podcast,
17:17c'est aussi Crime Story,
17:18chaque samedi,
17:19une affaire criminelle
17:20racontée par Claudia Prolongeau
17:21avec Damien Delsenis,
17:23le chef du service
17:24Police Justice du Parisien.
17:28– Sous-titrage Société Radio-Canada –
17:28– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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