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  • il y a 2 jours
En septembre 2020, Caroline Darian apprend que pendant près de dix ans, son père a drogué sa mère pour abuser d’elle et la livrer à d’autres hommes. Elle vient de lancer une campagne d’information et de sensibilisation sur la soumission chimique. Elle raconte son histoire au micro d’Ambre Rosala.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le 21 mai, le Parisien a consacré son dossier à un fléau méconnu, la soumission chimique.
00:18Des viols commis pendant que les victimes sont dans un état comateux,
00:21et dans plus de la moitié des affaires, les agresseurs sont des proches,
00:24souvent un mari, un compagnon ou un parent.
00:26Une femme notamment tient à alerter l'opinion publique, Caroline Darian, 44 ans.
00:33Son père a drogué sa mère pendant 10 ans pour la violer et la livrer à des inconnus.
00:38Caroline Darian témoigne aujourd'hui dans Codesource, au micro d'Ambre Rosala.
00:51Caroline Darian habite dans les Yvelines, en région parisienne, avec son mari et leur fils de 9 ans.
00:55Elle a 44 ans et elle est cadre dans une grande entreprise de communication.
01:00Elle est grande, blonde, avec les cheveux coupés au carré.
01:03Quand je la rencontre, elle porte un pantalon rose fuchsia et un t-shirt blanc avec dessus le dessin d
01:08'une femme
01:09et le slogan « M'endort pas ».
01:10C'est le nom qu'elle a donné à la campagne de sensibilisation qu'elle vient de lancer
01:14pour alerter sur la soumission chimique,
01:16un fléau qui consiste à droguer quelqu'un à son insu pour abuser de cette personne.
01:23Dans l'inconscient collectif, on a tendance à penser que c'est majoritairement du GHB
01:31et que c'est majoritairement en milieu festif.
01:35Or, les premières statistiques dont on dispose montrent bien que,
01:40contrairement aux idées reçues,
01:42la soumission chimique se passe dans plus de 50% des cas
01:46dans la sphère privée et intrafamiliale.
01:52On n'est pas forcément à l'abri chez soi.
01:55Là où, finalement, on a tendance à penser que la famille
01:58est le lieu de la protection légitime,
02:02eh bien non, on se rend compte que, malheureusement,
02:05c'est pas forcément le cas.
02:06Caroline est née à Gournay-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis.
02:10Elle grandit dans cette ville avec ses deux parents et ses deux frères,
02:13l'un plus grand et l'autre plus petit qu'elle.
02:15C'est une famille très unie.
02:17Adolescente et jeune adulte,
02:18Caroline est très proche de ses parents,
02:20et notamment de son père,
02:21qui travaille dans le BTP, puis dans l'immobilier.
02:24Vis-à-vis de mes amis d'enfance,
02:26il avait l'image du père idéal.
02:27C'est-à-dire qu'il m'emmenait le matin à l'école,
02:30quand je sortais tard,
02:31il venait me chercher,
02:33il ne me laissait prendre aucun risque.
02:35C'est lui qui m'a amenée pour les résultats de mon bac.
02:38J'étais très proche de lui.
02:40On faisait beaucoup d'activités ensemble.
02:43Il m'encourageait dans mes projets, dans mes études.
02:45Il avait cette image de père présent et proche de ses enfants.
02:51Caroline fait des études de communication
02:53et trouve du travail dans ce domaine.
02:55Elle rencontre son mari et ensemble,
02:57ils ont un petit garçon en 2014
02:58qui fait la joie de ses grands-parents.
03:01À peu près à ce moment-là,
03:02les parents de Caroline prennent leur retraite
03:04et décident de quitter la région parisienne
03:06pour s'installer dans le Vaucluse, dans le sud de la France.
03:09Caroline et sa famille restent très proches
03:11et avec son mari et son fils,
03:13elles passent chaque été trois semaines de vacances chez ses parents.
03:16Le reste de l'année, Caroline appelle ses parents
03:18et surtout sa mère très régulièrement.
03:20Et en 2017,
03:22elle remarque que son état de santé commence à se dégrader.
03:25Il pouvait arriver une ou deux fois par semaine
03:28où j'ai ma mère au téléphone,
03:29où je sentais qu'elle était un peu vaseuse,
03:32comme quand on est très fatigué
03:33ou quand on a bu trop d'alcool,
03:36où on sentait que ce n'était pas tout à fait net et cohérent.
03:39Mais surtout, parfois,
03:41elle ne se souvenait plus des conversations qu'on pouvait avoir
03:43ou le fait qu'on s'était eu au téléphone le matin même.
03:46Ça nous a tous inquiétés.
03:48Ces amnésies n'arrivent jamais
03:49quand Caroline ou ses frères sont avec leur mère.
03:51Elles se passent quasiment toujours
03:53quand leur mère est chez elle, dans le sud.
03:55Elle se met à perdre ses cheveux et à beaucoup maigrir.
03:58Elle voit plusieurs spécialistes,
04:00notamment des neurologues,
04:01mais personne ne comprend ce qui lui arrive.
04:04Le lundi 2 novembre 2020,
04:06Caroline, qui a 42 ans,
04:08est en télétravail chez elle.
04:09Elle cherche à joindre sa mère
04:11pour avoir des nouvelles, sans succès.
04:13Je n'ai pas ma mère au téléphone
04:14jusqu'à à peu près 17 ou 18 heures
04:16où j'essaye vainement de l'appeler
04:17et où je n'arrive pas à la joindre.
04:19Elle me rappelle à 20h25
04:21pour m'expliquer
04:22qu'elle a passé une bonne partie
04:24de sa journée au commissariat
04:25pour apprendre que son mari, mon père,
04:30la droguait depuis plusieurs années
04:32pour abuser d'elle
04:33et la faire abuser par d'autres hommes.
04:35À ce moment-là,
04:36elle me parle de plusieurs dizaines d'hommes.
04:41Je vis une espèce de tsunami dans mon salon.
04:44pas très bien comprendre
04:46de quoi elle me parle.
04:47Mais très, très vite,
04:49je raccorde avec tous ces moments
04:51d'incohérence,
04:53de comportement pas très net.
04:55Très vite, je me dis
04:56« En fait, c'était ça. »
04:58Tous les moments
04:58où je me suis inquiétée pour sa santé,
05:00c'était lié
05:01à l'administration de médicaments
05:04à des fins criminelles.
05:05Et c'est totalement déroutant
05:07et déstabilisant
05:07parce qu'on se dit
05:08« Mais comment c'est possible ? »
05:10« Je vis un effondrement. »
05:13Physiquement, intérieurement,
05:16il se crée une fêlure.
05:17Enfin, ça se brise à l'intérieur de moi.
05:21Très vite, mon mari
05:23nous dit à mes frères et moi
05:25qu'il faut qu'on y aille,
05:27qu'on ne peut pas la laisser toute seule.
05:28Et donc, c'est lui
05:29qui va organiser
05:31tout l'aspect logistique
05:32de sorte à ce que
05:33dès le lendemain matin,
05:34on prenne le premier train
05:35pour Avignon
05:36pour aller récupérer
05:37notre mère dans un état
05:38où on peut dire
05:40qu'à ce moment-là,
05:40elle est hors sol.
05:45En rejoignant leur mère
05:46dans le Vaucluse,
05:47Caroline et ses frères
05:48en apprennent un peu plus
05:49sur ce qui s'est passé.
05:50Leur père a été interpellé
05:51une première fois,
05:52un mois et demi plus tôt,
05:53en septembre,
05:54après avoir photographié
05:55sous les jupes de trois femmes
05:56dans un supermarché.
05:58Il a été placé en garde à vue
05:59avant d'être relâché
06:00et son téléphone et son ordinateur
06:02ont été perquisitionnés.
06:04C'est là que les enquêteurs
06:05ont découvert
06:06que l'affaire était en fait
06:07bien plus grave.
06:08Le père de Caroline
06:09a donc été incarcéré.
06:11Caroline et ses frères
06:12demandent tout de suite
06:13à voir l'enquêteur
06:14en charge de l'affaire
06:15pour qu'il leur explique
06:16la suite de l'histoire
06:17et ils se rendent au commissariat.
06:19Il nous reçoit
06:20dans ce petit bureau
06:21avec mes deux frères
06:22et je vois un homme
06:25qui est très mal à l'aise
06:26pour nous.
06:27Il ne sait pas trop
06:27comment nous dire les choses
06:30parce qu'il sait
06:31qu'il va nous annoncer
06:32une bombe.
06:32Ce qu'il va nous dire
06:34c'est que notre père
06:35a fait des choses très graves
06:36et qu'il les a reconnues
06:37en partie.
06:38Il nous dit
06:38qu'on est à une quarantaine
06:41d'auteurs
06:42qui ont abusé
06:43de votre maman
06:44sur ordre de votre père.
06:46Il y a un certain nombre
06:47de clichés et idéaux
06:48des scènes de viol
06:50qui ont été
06:51prises par lui
06:53et surtout stockées
06:54dans son disque dur.
06:55la raison pour laquelle
06:56ils ont pu le confondre
06:58elle était très clairement abusée
07:00dans un état
07:00de léthargie très avancée.
07:02Il n'y a pas
07:03de consentement possible.
07:05Elle est abusée
07:06dans un état de coma.
07:08C'est la colère
07:09qui me gagne
07:09et puis
07:10c'est une tristesse profonde
07:13parce que
07:14je me rends compte
07:16que je ne connais pas
07:18la personne
07:19que je fréquente
07:20depuis 42 ans.
07:23Caroline apprend
07:23que depuis près de 10 ans
07:25son père
07:25droguait régulièrement
07:26sa mère.
07:27Il avait ouvert
07:28un tchat sur internet
07:29qui s'appelait
07:30A son insu
07:31sur lequel il postait
07:32des photos
07:32et des annonces.
07:34Régulièrement
07:34il donnait un mélange
07:36de somnifères
07:37et d'anxiolithiques
07:37à son épouse
07:38sans qu'elle s'en aperçoive
07:40et faisait venir
07:41des hommes chez eux
07:41pour qu'ils la violent.
07:43Les enquêteurs
07:44parviennent à identifier
07:4573 agresseurs différents
07:46de tous âges
07:47et de toutes catégories sociales.
07:50C'est un échantillon
07:51représentatif
07:51de la société française.
07:53C'est des jeunes
07:55de 22, 25
07:58jusqu'à des grands-pères.
08:00Majoritairement
08:01ils sont installés
08:02dans la société.
08:02On ne parle pas
08:03de marginaux.
08:05C'est vraiment des gens
08:06pour la plupart
08:07qui ont une famille.
08:09Soit sont mariés
08:10soit sont en couple
08:11soit sont père de famille.
08:13Ils ont tous
08:15ce point en commun
08:17d'être monsieur tout le monde.
08:21Après ce premier entretien
08:22avec la police
08:23Caroline et ses frères
08:24rentrent chez leur mère
08:25et tout de suite
08:26ils l'aident
08:27à faire ses cartons
08:28pour qu'elle puisse
08:28déménager
08:29le plus rapidement possible.
08:31Et puis en fin d'après-midi
08:33on me rappelle
08:33et on dit
08:34il faut que vous repassiez
08:34au commissariat
08:35madame
08:35parce qu'on a des choses
08:37à vous remettre
08:38il faut qu'on vous
08:39remette les choses.
08:40Je ne comprends pas
08:41ça ne peut pas attendre demain
08:42non ça ne peut pas attendre demain
08:43donc je comprends très vite
08:45que je vais devoir
08:46apprendre des choses
08:47qui ne vont pas me faire plaisir.
08:48Donc je reviens au commissariat
08:50aux alentours de 18h30
08:52et là je suis reçue
08:53dans un bureau
08:53par deux officiers de police
08:54et ils me disent
08:55voilà on a retrouvé
08:56des photos de vous
08:57on voudrait savoir
08:58si c'est bien de vous
08:59dont il s'agit.
09:00Donc là ils vont me présenter
09:01deux photographies
09:03où je suis allongée
09:06des clichés
09:06avec mes fesses
09:07en gros plan
09:07où on me voit dormir
09:10avec la lumière allumée.
09:12Très vite je me dis
09:13mais en fait moi aussi
09:13j'ai été chemise chimiquement
09:14donc ça m'apparaît évident
09:17parce que je me connais
09:18voilà on rentre pas comme ça
09:20dans mon intimité
09:21sans que ça puisse me réveiller
09:23si je suis pas dans mon état normal.
09:25Donc là je dévisse.
09:28Voilà je fais une première crise
09:30de tétanie
09:30dans le bureau
09:32des officiers de police.
09:44Caroline reprend ses esprits
09:46et elle porte immédiatement
09:47plainte contre son père.
09:48Elle n'arrive pas à dater
09:49les photos d'elle
09:49qui ont été retrouvées
09:50mais elle sait
09:51qu'elles ont été prises
09:52à deux moments différents
09:53il y a plusieurs années.
09:55Deux jours après leur arrivée
09:56dans le Vaucluse
09:57Caroline et ses frères
09:58rentrent en région parisienne
09:59avec leur mère
10:00qu'elle accueille chez elle.
10:01Les jours qui suivent
10:02sont très compliqués
10:03pour Caroline.
10:04J'ai vraiment été
10:06très très bousculé
10:07par ce que je venais d'apprendre.
10:11J'ai eu des très grosses angoisses
10:13des grosses insomnies
10:15surconsommation d'alcool
10:16à ce moment là aussi.
10:18Donc à ce moment là
10:19ouais c'est compliqué quoi.
10:21Et je finis d'ailleurs
10:22en fin de semaine
10:22étant donné que les événements
10:24la liste des événements s'allonge
10:27je finis par faire un séjour
10:28dans un hôpital psychiatrique quoi.
10:30Caroline est hospitalisée
10:31quelques jours
10:32pour le temps qu'elle puisse
10:33au moins dormir un peu.
10:34Après deux semaines
10:35d'arrêt maladie
10:36elle retourne au travail
10:37et ça lui fait du bien.
10:39Elle apprend ensuite
10:39que son père
10:40prenait parfois les femmes
10:41de ses frères en photo
10:42à leur insu
10:42quand elles se changeaient
10:44par exemple
10:44quand ils étaient en vacances
10:45chez ses parents.
10:46Elle apprend aussi
10:47que son père
10:48s'est rendu lui-même
10:49chez un homme
10:49qui l'avait invité
10:50à violer sa femme
10:51droguée et inconsciente.
10:54Je me rends compte
10:56en fait que
10:58j'ai été élevée
11:00et ça c'est très difficile
11:01en tant qu'enfant
11:02j'ai été élevée
11:04par l'un des plus grands
11:07prédateurs sexuels
11:08des 20 dernières années
11:09donc c'est assez compliqué
11:11parce que je ne l'ai pas vue
11:12c'est-à-dire qu'il y avait
11:14une face A
11:15et il y avait une face B
11:15et moi je ne connaissais
11:16que la face A.
11:17je n'ai jamais senti
11:19un degré de perversité
11:20à ce niveau-là
11:20de mon père
11:21parce que
11:22je ne l'ai jamais vue
11:23dévisager une femme
11:24je ne l'ai jamais vue
11:25surpris en train de regarder
11:26un film pornographique
11:27je ne l'ai jamais
11:28jamais j'aurais pu imaginer
11:29ce genre de faille
11:32cette espèce de double vie
11:33de double personnalité
11:34on se dit
11:35mais comment est-ce
11:36qu'on n'a pas pu
11:36su voir
11:38on peut aussi
11:39vivre toute une vie
11:40sans connaître les personnes
11:41qu'on pensait aimer
11:42qu'on pensait connaître
11:43et ça veut dire
11:45qu'il y a tout un pan
11:45de notre vie
11:46qu'on a le sentiment
11:47d'avoir vécu sur du sable
11:49c'est nos fondamentaux
11:50qui volent en éclats
11:51finalement
11:54en janvier 2021
11:55Caroline écrit une lettre
11:57à son père
11:57qu'elle n'enverra
11:58finalement jamais
11:59dedans
12:00elle lui dit
12:01qu'il n'est plus rien
12:01pour elle
12:03symboliquement
12:03elle décide de changer
12:05le troisième prénom
12:05de son fils
12:06qui était jusqu'à présent
12:07le même que celui
12:08de son père
12:10très vite
12:10Caroline commence à écrire
12:12elle tient un journal de bord
12:13dans lequel elle raconte tout
12:15le cataclysme
12:16qui vient de toucher
12:17sa famille
12:17et comment elle-même
12:18sa mère
12:19et ses frères
12:20le vivent
12:22j'ai besoin
12:22de coucher sur le papier
12:23toutes ces douleurs
12:24et ces violences
12:25ça me permet
12:28de mettre à distance
12:30ce qui fait
12:31atrocement mal
12:32à l'intérieur
12:33je me dis
12:34mais chez nous
12:35dans notre cellule féminale
12:36on n'a pas compris
12:36donc je me suis dit
12:37mais si chez nous
12:38on n'a pas compris
12:39ça se passe comment
12:40chez les autres
12:41ça ne doit pas être
12:42un cas isolé
12:43je me suis mise à investiguer
12:44à rencontrer
12:45des structures
12:46et je me suis rendu compte
12:47qu'en fait
12:48c'était absolument pas
12:48un cas isolé
12:49et que ça pouvait
12:51potentiellement être
12:52un véritable enjeu
12:53de santé publique
12:54c'est tellement
12:56lourd
12:56à porter
12:58je me dis
13:00qu'il va falloir
13:01que tu en fasses
13:01quelque chose de noble
13:02pour toi
13:03mais surtout
13:04pour les autres
13:06Caroline décide
13:07de faire publier
13:08ce journal de bord
13:09et le 6 avril 2022
13:10elle sort son livre
13:11et j'ai cessé
13:12de t'appeler papa
13:13dans lequel
13:14elle raconte son histoire
13:15tout de suite après
13:16elle travaille
13:17pour mettre en place
13:18une campagne
13:18d'information
13:19et de sensibilisation
13:20avec le soutien
13:21d'associations
13:22elle veut appeler
13:23à la vigilance
13:24et aider les familles
13:25de victimes
13:25à reconnaître
13:26les signes
13:27de soumission chimique
13:28aujourd'hui
13:29Caroline ne sait toujours pas
13:30si elle-même
13:31a été droguée
13:31voire abusée
13:32son père continue
13:33d'affirmer
13:34que sur les photos
13:35qui ont été retrouvées
13:36dans son ordinateur
13:37elle est seulement
13:38en train de dormir
13:39Caroline
13:40elle
13:40a renoncé
13:41à savoir la vérité
13:43après deux ans
13:44et demi d'instruction
13:46je vois bien
13:47qu'en face de moi
13:47j'ai quelqu'un
13:48qui ne dira jamais
13:49la vérité
13:50donc je n'attends plus
13:51cette vérité
13:52je ne veux plus
13:53avoir
13:54à rentrer
13:55dans la tête
13:56de cet individu
13:56ça fait partie
13:57du processus
13:58de cicatrisation
14:00mais
14:01on sait que
14:02ça ne sera jamais cicatrisé
14:03parce que
14:04cette affaire
14:05m'a enlevé
14:05une partie de moi
14:07quelque part
14:07de mes fondamentaux
14:08de base
14:08donc
14:09ça a détruit
14:11énormément de choses
14:12je n'aurais plus jamais
14:13la vie d'avant
14:14au sein de la cellule familiale
14:15dans nos relations
14:17voilà
14:18il y a quelque chose
14:18qui s'est éteint
14:19et qui ne se rallumera jamais
14:20mais
14:22on doit apprendre
14:23à vivre avec
14:24on n'a pas le choix
14:38Ambre
14:38est-ce qu'on peut dire
14:39que Caroline Darian
14:40n'a plus de père
14:41aujourd'hui ?
14:42oui clairement
14:42pendant l'interview
14:43elle a réussi
14:44à l'appeler
14:44mon père
14:44à dire
14:45mon père
14:46mais elle m'a confié
14:46que c'était devenu
14:47très compliqué pour elle
14:48aujourd'hui
14:49elle dit plutôt
14:50mon géniteur
14:50parce qu'elle a
14:51complètement tiré
14:52un trait sur lui
14:52et elle m'a dit
14:53qu'elle ne voulait
14:54plus jamais le revoir
14:55et lui
14:55est-ce qu'il a essayé
14:56de la contacter ?
14:57oui
14:57il lui a envoyé
14:58plusieurs lettres
14:59depuis la prison
15:00où il tente
15:01de s'excuser
15:01et d'ailleurs
15:02il a aussi envoyé
15:03d'autres lettres
15:04à sa mère
15:05et à ses frères
15:05mais Caroline m'a dit
15:06qu'elle avait décidé
15:07de ne plus les lire
15:08et elle n'attend plus
15:09rien de lui
15:10et elle les donne
15:11directement à son avocate
15:12on l'a bien compris
15:12c'est une affaire
15:13de grande ampleur
15:14est-ce que le procès
15:15est déjà programmé ?
15:16oui le père de Caroline
15:17et 49 hommes
15:18accusés d'avoir violé
15:19la mère de Caroline
15:20sur ordre de son mari
15:21vont être jugés
15:22l'année prochaine
15:23ça devrait avoir lieu
15:25en mars 2024
15:26et vu le nombre
15:27des accusés
15:28le procès devrait durer
15:29au moins 4 mois
15:29et tous les accusés
15:31encourrent un maximum
15:32de 20 ans de prison
15:32Caroline Darian
15:33veut alerter
15:34aujourd'hui
15:35sur les cas
15:35de soumission chimique
15:36par des proches
15:37est-ce qu'on sait
15:38combien il y en a en France
15:39est-ce qu'on a
15:40des chiffres
15:40ou des estimations ?
15:41alors il y a
15:42chaque année en France
15:44environ 600 signalements
15:45de soumission chimique
15:46par un proche
15:47selon la NSM
15:48donc l'agence nationale
15:49de sécurité du médicament
15:51mais Caroline m'a expliqué
15:52que c'était un nombre
15:53qui était probablement
15:54largement sous-estimé
15:55parce que la soumission chimique
15:57c'est très difficile
15:58à détecter
15:58c'est difficile
15:59pour les victimes
16:00de se rendre compte
16:01qu'elles sont victimes
16:01et c'est aussi
16:02souvent difficile pour elles
16:03même quand elles le savent
16:04d'aller porter plainte
16:05contre un proche
16:07Merci Ambre Rosala
16:09et merci à Louis Scolcombe
16:10pour son aide
16:11Cet épisode de Code Source
16:12a été produit par
16:13Raphaël Pueyo
16:14Emma Jacob
16:15et Thibault Lambert
16:16réalisation
16:17Julien Moncouquiol
16:18Code Source
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