Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 heures
Le chef de file des Insoumis a annoncé sa candidature le 8 novembre, lors du journal télévisé de 20h de TF1. Après trois années difficiles, sa capacité à mobiliser autant d’électeurs qu’à la dernière présidentielle pose question. Jannick Alimi et Julien Duffé, journalistes au service politique du Parisien, reviennent sur son parcours dans Code source.


Code source est le podcast quotidien d’actualité du Parisien.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Journalistes : Raphaël Pueyo et Nathan Chatelain et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Benoît Laur - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : Youtube, INA, TF1, Public Sénat, France 24, LCI, Euronews.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Jean-Luc Mélenchon est en lice pour la présidentielle de 2022.
00:16Premier candidat déclaré à gauche, il s'est lancé le 8 novembre.
00:19En 2017, il avait cru en ses chances jusqu'au bout,
00:23finalement quatrième derrière François Fillon avec plus de 7 millions de suffrages.
00:27Sa personnalité séduit et divise, y compris dans son propre camp.
00:32Alors au moment où commence sa nouvelle campagne,
00:35Jeannick Halimi et Julien Duffet du service politique du Parisien nous rappellent son parcours.
00:43Le samedi 28 novembre, Jean-Luc Mélenchon organise un meeting virtuel sur Internet
00:48en raison de l'épidémie de coronavirus.
00:50Bonsoir, bienvenue et merci d'avoir accepté ce rendez-vous
00:55dans cette réalité augmentée.
00:59Julien Duffet, concrètement, il est dans un studio télé en région parisienne.
01:03A quoi ressemble ce meeting ?
01:04Il est seul dans le studio et c'est un décor assez sobre, blanc avec des touches bleues et rouges.
01:10Il y a son slogan qu'il utilise là depuis quelques semaines,
01:13« Nous sommes pour ! »
01:16Et très tôt, en fait, il va rentrer dans le vif du sujet.
01:18Il va expliquer pourquoi, à 17 mois de l'échéance, il se lance et il va dire,
01:22« Clairement, nous sommes prêts à gouverner. »
01:24Il se projette directement responsabilité.
01:27Il dit qu'il lancera dès juillet 2022 un plan de relance écologique et sociale,
01:33une assemblée constituante pour la VIème République qu'il souhaite.
01:37Il prend date.
01:40Alors, on va voir comment il en est arrivé là,
01:42rappeler l'essentiel de sa vie, de sa carrière politique
01:45et raconter pourquoi il se lance à nouveau dans une campagne présidentielle.
01:49Jany Kalimi, Jean-Luc Mélenchon a 69 ans.
01:52Il est né le 19 août 1951 au Maroc, à Tangier.
01:56Que font ses parents ?
01:57Ses parents sont des pieds-noirs algériens, en fait,
02:00qui se retrouvent à Tangier pour des raisons professionnelles.
02:04Ce sont des fonctionnaires moyens.
02:06Le père est receveur des PTT, comme on disait à l'époque,
02:09et sa mère est institutrice.
02:11À la suite du divorce de ses parents, il arrive en France à l'âge de 11 ans.
02:14Il va vivre en Normandie, puis dans le Jura et dans le Doubs.
02:17Lycéen à Lonce-le-Saunier, il y participe activement à mai 68.
02:21Il entre au syndicat étudiant UNEF et intègre un mouvement trotskiste, l'OCI,
02:26à Besançon, où il est étudiant au début des années 70.
02:30Il va décrocher un CAPES, il fait de la littérature et de la philosophie.
02:33Jannick Halimi, en 1973, il assiste à un meeting qui va le marquer.
02:38Oui, c'est un meeting à Besançon qui se tient dans le cadre de la campagne des législatives pour 1973.
02:46Et qui va-t-il écouter ? François Mitterrand.
02:50Et là, ça a été un moment fondateur dans la vie de Jean-Luc Mélenchon.
02:54Pourquoi il est impressionné ?
02:56Il est impressionné parce que François Mitterrand est un tribun extrêmement convaincant
03:02et que c'est un homme qui monte parce qu'il venait de faire l'union de la gauche,
03:07l'union du Parti Socialiste, d'abord au Congrès d'Épinay en 1971,
03:11et puis le programme commun en 1972 avec le Parti Communiste
03:15et ce qu'on appelait à l'époque le mouvement des radicaux de gauche.
03:20Jean-Luc Mélenchon commence dans la vie active comme professeur et journaliste.
03:24Au niveau politique, il intègre le PS en 1976.
03:27Et plus de 20 ans plus tard, il sera à deux doigts de prendre la tête de ce parti.
03:32Il incarne une ligne, il incarne quelque chose de véritablement fort au sein du PS.
03:38Et donc, en 1997, il décide de se présenter à la direction du Parti Socialiste.
03:43C'est le Congrès de Brest et c'est le seul concurrent et adversaire de François Hollande.
03:50On ne voit pas pourquoi la vie politique devrait être une espèce de théâtre artificiel
03:56où dès lors que l'on est au pouvoir, on devrait cesser et s'éteindre toute forme d'esprit critique.
04:02François Hollande remporte haut la main cette élection interne
04:06puisque Jean-Luc Mélenchon ne gagne que 8,80% des voix.
04:10Il considère, Jean-Luc Mélenchon, que c'est une humiliation.
04:14François Hollande, qui est une sorte de courant majoritaire, aurait dû laisser au moins 15% des voix.
04:20Et c'est le début d'une brouille qui va se poursuivre jusqu'à présent.
04:27Ministre délégué à la formation professionnelle dans le gouvernement Jospin de 2000 à 2002,
04:31il fait campagne pour le non au référendum sur la Constitution européenne en 2005.
04:36et en 2008, il quitte l'EPS et lance son propre mouvement, le Parti de Gauche.
04:41Nous sommes tous des socialistes, nous sommes tous des communistes,
04:45nous sommes tous des écologistes, des trotskistes et même des libertaires à notre manière.
04:51Quel est son but à ce moment-là, Jean-Luc Mélenchon ?
04:53Il veut donc donner une ligne déjà beaucoup plus eurosceptique que ne le fait le Parti Socialiste,
05:01en tout cas dans son courant majoritaire et il veut, et ça c'est vraiment une première,
05:06il faut reconnaître ça à Jean-Luc Mélenchon, conjuguer le socialisme et l'écologie.
05:12Et puis de façon plus tactique, plus stratégique, il veut avec ce parti autonome
05:18ancrer sa force politique dans les territoires grâce à des élus, espère-t-il,
05:23et lui-même, lui-même sous cette étiquette, se fait élire en 2008 député européen.
05:31Julien Duffet, le dimanche 21 novembre 2010, devant ses partisans au parc des expositions
05:36du Mans dans la Sarthe, il décrit sa politique avec des mots qui vont rester.
05:40Oui, il y a cette fameuse phrase.
05:42Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas !
05:46Pour marquer les esprits, il ne faut pas hésiter à provoquer et ne pas hésiter non plus à avoir de
05:50grandes ambitions.
05:51Jannick Halimi, Jean-Luc Mélenchon se présente pour la première fois à l'élection présidentielle de 2012.
05:56Avec quel discours ?
05:58Il veut parler au peuple, à la façon du peuple.
06:01Et ça, cette notion est extrêmement originale dans le paysage politique français,
06:06en tout cas depuis la Seconde Guerre mondiale.
06:09Mais il n'empêche qu'avec le parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon reste totalement ancré à gauche.
06:15C'est clair, net et précis.
06:16Autour de lui, il arrive à réunir des forces politiques qui vont du parti communiste à certains dirigeants d'un
06:24parti d'extrême-gauche,
06:25comme le NPA, c'est-à-dire le nouveau parti anticapitaliste.
06:29Au soir du premier tour, le 22 avril, il termine quatrième derrière Marine Le Pen,
06:33avec un peu plus de 11% des suffrages exprimés.
06:36Le second tour oppose donc Nicolas Sarkozy à François Hollande.
06:39Et il donne une consigne de vote.
06:41Il garde une dent, si je puis dire, contre l'homme François Hollande,
06:46mais il appelle à voter catégoriquement entre les deux tours pour le candidat du parti socialiste,
06:52sans rien demander en échange.
06:55Et ça, c'est extrêmement important.
06:58Près de quatre ans plus tard, le 10 février 2016, il fonde la France Insoumise.
07:03Et le même jour, il déclare sa candidature à la présidentielle de 2017, au 20h de TF1.
07:08Il faut passer à l'action, on ne peut pas rester sans voix.
07:10Je propose ma candidature pour l'élection présidentielle de 2017.
07:14– Jannick Halimi, comment il se positionne dans cette nouvelle campagne ?
07:17– Jean-Luc Mélenchon renie toute référence à ce concept de droite et de gauche.
07:23Il veut s'en référer au peuple.
07:26C'est un concept, on l'aura compris, qui dépasse les partis.
07:29Lui, son concept de peuple englobe bien sûr les ouvriers,
07:32mais aussi les petits fonctionnaires.
07:34Cette petite classe moyenne qui, estime-t-il, sont devenus le nouveau fer de lance de la révolution.
07:42Et c'est un élément qui se conjugue également au discours peuple anti-élite
07:48qui forgera énormément de concepts et de propositions politiques dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon.
07:54– Julien Duffet, pour cette campagne, il est très actif sur les réseaux sociaux ou encore sur sa chaîne YouTube.
07:59– Ça permet de mettre à profit ces talents d'orateurs qui sont quand même incontestables.
08:04Et puis ça permet de toucher aussi des gens qui ne viennent pas aux meetings traditionnels,
08:07et notamment les plus jeunes.
08:09Et ça va très bien marcher puisque sa chaîne YouTube a passé de 30 000 à 300 000 abonnés.
08:13Et en tout, à la fin de sa campagne, il aura cumulé 20 millions de vues sur ses vidéos de
08:17campagne.
08:18– Le 5 février 2017, il organise son premier meeting en hologramme.
08:23– Alors vous suis-je ? À Lyon ? Et maintenant à Paris !
08:29– En fait, ce n'est pas la technique de l'hologramme, c'est une vision d'optique assez basique.
08:32C'est un écran qui se reflète sur un plan plexiglas qui fait que ceux qui sont devant voient bien,
08:38ceux qui sont à côté voient en fait une image un peu aplatie.
08:40Mais bon, voilà, ça permet de faire le buzz.
08:42– Jannick Halimi, sur la forme, il se montre plus apaisé, plus rassembleur que 5 ans plus tôt ?
08:50– Très très vite, en quelques semaines, il passe de 11% à 17% ou 18% ou même
08:5419% par moment.
08:56Donc il sent qu'il a le vent en poupe.
08:58Et là, son ton veut devenir beaucoup plus apaisé.
09:02Un des derniers meetings qu'il avait fait le 9 avril 2017,
09:06avant le premier tour de la présidentielle qui se tenait sur le vieux port de Marseille,
09:10il en fait le meeting du candidat de la paix.
09:13Et le ton était effectivement non seulement plus apaisé, mais plus crédible.
09:18– Le jour du premier tour de la présidentielle, le dimanche 23 avril 2017, dans l'après-midi, il y
09:24croit.
09:24– Les sondages qui étaient distillés, les premières informations, rumeurs sorties des urnes,
09:30montraient Jean-Luc Mélenchon dans un mouchoir de poche, dans une marge d'erreur,
09:33avec François Fillon et Marine Le Pen.
09:36Donc oui, ils y ont cru et même jusqu'à la dernière minute, même lorsque les premiers résultats sont tombés,
09:42certains ont attendu encore après pour y croire, croire à cette défaite.
09:47Et Jean-Luc Mélenchon d'ailleurs a voulu décaler son intervention publique d'une heure
09:51pour attendre véritablement ce qu'il considérait comme des résultats définitifs.
09:55– Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont donc qualifiés pour le second tour.
09:59Et il faut attendre 21h50 pour qu'il vienne réagir devant les caméras et les micros.
10:04Il n'est pas qualifié à 600 000 voix près, il ne le digère pas.
10:08Son discours est très rapide, 4 minutes.
10:11– Le résultat annoncé depuis le début de la soirée n'est pas celui que nous espérions.
10:16– Il est assez pâle, il est assez blême.
10:19Il croyait gagner et son discours est effectivement emprunt d'amertume
10:23et d'un sentiment d'ingratitude qu'il ne va pas le quitter pendant très longtemps.
10:27– Et pour ce second tour, Macron, Le Pen, il ne donne pas de consignes.
10:30– Des consignes qu'il avait données en 2012, il en a tiré une leçon très très forte,
10:35c'est qu'il n'allait pas faire la même chose parce qu'il a été convaincu
10:38que cette volonté de se reporter sur le parti socialiste
10:42avait déçu toute une partie de son électorat populaire.
10:47C'était une erreur à ne pas refaire et il ne l'a pas faite
10:50puisqu'il n'appelle pas immédiatement à voter pour Emmanuel Macron entre les deux tours.
10:56– Cette absence de consignes claires est mal perçue par une partie de ses sympathisants ?
11:01– Elle est très mal perçue par une partie de ses sympathisants
11:03et même par une partie des cadres de son mouvement.
11:07Et c'est quelque chose là aussi qui va marquer les années suivantes.
11:11– Aux législatives, il se fait élire député à Marseille
11:14et avec 17 sièges au total, la France Insoumise
11:17peut constituer un groupe parlementaire à l'Assemblée.
11:19Mais à l'automne, le samedi 19 octobre,
11:22à propos des ordonnances sur le code du travail
11:24et face à la faible contestation contre la politique d'Emmanuel Macron,
11:29il reconnaît perdre une bataille.
11:31– Il dit effectivement, pour l'instant, c'est Emmanuel Macron qui a le point.
11:36Pourquoi ? Parce que malgré les réformes extrêmement libérales,
11:39comme dit Jean-Luc Mélenchon,
11:41les ordonnances travail, la réforme de la SNCF,
11:44il n'arrive pas à mobiliser.
11:46Et second élément important aussi, il entre en concurrence à l'époque
11:50avec les organisations syndicales, la CGT et la CFDT,
11:53qui eux, veulent mobiliser sur cette base sociale.
11:56Et il voit à l'époque un concurrent politique en la personne de Jean-Luc Mélenchon.
12:00Donc, Jean-Luc Mélenchon perd sur toute la ligne.
12:03– Près d'un an plus tard, le vendredi 7 septembre 2018,
12:07Jean-Luc Mélenchon croise à Marseille, sur le Vieux-Port,
12:10le président Emmanuel Macron.
12:12Et ils ont un échange très cordial devant plusieurs caméras,
12:15notamment les caméras d'LCI et de BFM TV.
12:17– Les deux souris.
12:19Macron explique qu'il a toujours plaisir à discuter avec Jean-Luc Mélenchon,
12:22même s'ils n'ont pas les mêmes idées.
12:25C'est une scène assez étonnante.
12:26– Mélenchon, ce n'est pas mon ennemi.
12:28– Et les journalistes interpellent Emmanuel Macron sur le fait que,
12:31quelques heures plus tôt, Jean-Luc Mélenchon a qualifié
12:33Emmanuel Macron de xénophobe.
12:35– Je l'ai dit.
12:36– Non, ça m'étonnerait.
12:37– Vous ne pouvez pas le croire.
12:38– Non, non, non.
12:38– Et le lendemain, Mélenchon va revenir là-dessus,
12:41il va s'expliquer, il va se justifier en disant
12:43« Bon, je n'allais pas m'engueuler avec le président
12:44à midi et demi dans les rues de Marseille,
12:46il sait que je suis son plus grand opposant. »
12:50– Quelques semaines plus tard, le mardi 16 octobre 2018,
12:53des policiers perquisitionnent les locaux de la France Insoumise
12:56et les domiciles d'une quinzaine de ses membres,
12:58dont Jean-Luc Mélenchon,
13:00perquisition dans le cadre d'enquêtes préliminaires
13:02sur les comptes de campagne de 2017
13:04et sur le travail des assistants parlementaires européens du parti.
13:08Julien Dufay, Jean-Luc Mélenchon se rebelle.
13:11– Ça se passe sur le palier des locaux de la France Insoumise
13:14dans le dixième arrondissement à Paris.
13:15Il y a les cadres de la France Insoumise qui sont déjà là,
13:18des députés qui pianotent sur leur téléphone.
13:20Bon, ça se passe dans un calme relatif
13:22jusqu'à l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon
13:24qui arrive passablement énervé, très très remonté.
13:26– La République, c'est moi !
13:28– Cette phrase, on va beaucoup lui reprocher.
13:30– Oui, parce qu'il va la crier littéralement au nez du policier
13:33qui est en faction alors que la perquisition est en cours.
13:36On va lui reprocher parce que, pour certains,
13:38elle illustre une certaine mégalomanie.
13:39Elle rappelle une phrase restée célèbre,
13:42celle de Louis XIV et l'État, c'est moi.
13:43C'est une phrase, la République, c'est moi,
13:45qui va aussi choquer beaucoup en interne
13:46parce que, pour certains,
13:49elle illustre aussi l'autoritarisme, peut-être,
13:51de Jean-Luc Mélenchon.
13:52– Pour rébellion et intimidation envers des magistrats
13:56et des dépositaires de l'autorité publique,
13:58Jean-Luc Mélenchon sera condamné
14:00par le tribunal correctionnel de Bobigny
14:02à trois mois d'emprisonnement avec sursis
14:04et 8000 euros d'amende.
14:06Jeannique Halimi, dans la foulée de cet épisode,
14:08débute en novembre 2018 le mouvement des Gilets jaunes
14:11et il va avoir du mal à exister pendant toute cette période.
14:15– C'est plutôt le Rassemblement National
14:17qui arrive à capitaliser
14:18et qui représente plus cette révolte
14:21de la classe moyenne très modeste
14:24qui est très présente, notamment sur les ronds-points,
14:27est totalement opposée au désordre
14:29qui éclate dans les grandes villes.
14:31Désordre, comme on dit,
14:32plutôt justifié par Jean-Luc Mélenchon
14:35alors que Marine Le Pen s'en écarte très très vite.
14:38Voilà pourquoi Jean-Luc Mélenchon,
14:40la France Insoumise,
14:41malgré leur volonté,
14:43n'ont pas pu capitaliser sur ce mouvement populaire.
14:46– Le 26 mai 2019,
14:47aux Européennes,
14:48la France Insoumise fait un score décevant,
14:51un peu plus de 6% des suffrages,
14:53loin derrière Europe Écologie Les Verts,
14:55près de 13,5% des voix.
14:57C'est un revers important pour Jean-Luc Mélenchon ?
15:00– C'est un revers d'autant plus important,
15:02encore une fois,
15:03que cette élection prend place
15:05pendant ou juste à la fin du mouvement des Gilets jaunes
15:08et qu'il espérait en retirer les bénéfices.
15:10Et là, il se rend compte que qui en tire les bénéfices ?
15:12Les écologistes,
15:14mais surtout la République en marche,
15:16et le Rassemblement National.
15:17– Dans la foulée,
15:18plusieurs personnalités importantes de la France Insoumise,
15:21comme Charlotte Girard ou Thomas Guénolé,
15:24claquent la porte.
15:24Que dénoncent-ils ?
15:26– Ils critiquent le fait que la constitution des listes
15:28n'ait pas été très démocratique
15:30et que le programme n'ait pas été véritablement discuté
15:34au sein des instances.
15:35Mais de façon plus fondamentale,
15:37ce qu'ils critiquent, c'est le fonctionnement interne.
15:40Par exemple, Charlotte Girard dit
15:41« Quand tout le monde est d'accord, tout va bien,
15:43mais il n'y a pas moyen de ne pas être d'accord. »
15:49M. Guénolé dit carrément que Jean-Luc Mélenchon est un autocrate
15:52et que la France Insoumise est organisée comme une dictature.
15:56L'appareil central de la France Insoumise a lancé contre moi il y a quelques jours
15:59une machine accusatoire stalinienne,
16:01ce qui me force à parler.
16:02– Pour une personnalité comme Jean-Luc Mélenchon
16:05qui prône au contraire l'avènement du peuple
16:08et de la démocratie à travers une nouvelle république,
16:10c'est un coup extrêmement dur.
16:15Nouvelle échec électoral pour Jean-Luc Mélenchon
16:17et la France Insoumise.
16:19Au municipal de 2020,
16:21dont le second tour s'est déroulé le dimanche 28 juin
16:23en raison de l'épidémie de coronavirus,
16:26Yannick Halimi, pour ce scrutin,
16:28Jean-Luc Mélenchon a sciemment choisi de faire l'impasse.
16:31– Il prenait acte de la faiblesse de son parti
16:33qui manquait d'ancrage local.
16:36Donc Jean-Luc Mélenchon s'est très très peu mobilisé,
16:39même à Marseille dont il est les députés.
16:41Et la victoire est plutôt allée à ses autres concurrents de gauche,
16:44le parti écologiste et aussi le parti socialiste.
16:47– À ce moment-là, il semble hors course pour 2022 ?
16:51– Jean-Luc Mélenchon est très sujet à des phases up and down,
16:55d'euphorie, mais aussi de très très grosse déprime.
16:58Et là, Jean-Luc Mélenchon, une nouvelle fois,
17:00effectivement, semblait être dans cette phase négative
17:03et s'interroger sur le fait de remonter en selle
17:06pour la prochaine élection,
17:08qui sera celle de 2022 avec la présidentielle.
17:11Il y a eu un grand moment de doute.
17:14– Malgré ses revers et malgré ce doute,
17:16Jean-Luc Mélenchon, finalement, n'abandonne pas l'idée
17:19de se présenter de nouveau à la présidentielle,
17:21donc pour une troisième fois.
17:23Pourquoi ?
17:24– Pour plusieurs raisons, parce qu'il estime
17:26que les deux précédentes, ce ne sont pas des défaites,
17:28plutôt des tremplins et les étages d'une fusée
17:32qui n'a pas fini de le propulser.
17:33– Julien Dufay, les samedis 22 et dimanche 23 août,
17:36à Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme, près de Valence,
17:38vous assistez aux universités d'été de la France insoumise.
17:42Et déjà, sur place, on vous parle d'une nouvelle candidature
17:45de Jean-Luc Mélenchon pour 2022.
17:46– Cette candidature, elle est quasiment acquise
17:49dans l'esprit des militants même.
17:51Ils ne sont pas tous fans du personnage,
17:55mais ils le reconnaissent, c'est un charisme.
17:57D'ailleurs, ça va être confirmé le dimanche,
17:59le discours de clôture de Jean-Luc Mélenchon,
18:00le discours fleuve de 2h,
18:02où, au moins, il ne laisse pas vraiment planer le doute,
18:04c'est un discours de quasi-candidat.
18:05– D'autres députés de la France insoumise
18:07sont régulièrement invités sur les plateaux à la télé.
18:10Alexis Corbière, Adrien Catenins, François Ruffin
18:13ou encore Clémentine Autain, qui fait partie de cette mouvance,
18:15il y a eu un débat interne pour savoir
18:17qui serait candidat en 2022 ?
18:19– Un débat, c'est un bien grand mot,
18:21mais c'est vrai qu'il y a eu des rumeurs
18:23selon lesquelles le numéro 2,
18:25Adrien Catenins, qui est le coordonnateur
18:27de la France insoumise, aurait pu se présenter.
18:30C'est une jeune personnalité
18:32qui a lui aussi le vent en poupe
18:34et qui a comme père spirituel
18:35Jean-Luc Mélenchon.
18:36Mais justement, Adrien Catenins,
18:38pour se présenter, devrait tuer le père
18:41et ça, il ne le fera pas.
18:43Clémentine Autain pourrait tout à fait le faire,
18:46mais son poids politique quand même reste restreint.
18:48Reste François Ruffin,
18:50qui est une sorte d'électron libre
18:51au sein de la France insoumise.
18:53Et François Ruffin n'a pas dit encore son dernier mot.
18:56– Julien Dufay, le dimanche 8 novembre,
19:01Jean-Luc Mélenchon annonce sa candidature
19:04comme la fois précédente,
19:05au 20h de TF1.
19:06– Je suis prêt
19:08et je propose ma candidature.
19:10– Léa Selyry qui dit
19:12qu'il fait nuit noire en clair,
19:13la période est difficile
19:14et qu'il va porter une lumière
19:15au bout du tunnel.
19:16Il propose sa candidature
19:18à la présidentielle,
19:19mais il l'a sortie aussitôt d'une condition.
19:22– Je serai candidat définitivement
19:24si et seulement si
19:26j'ai recueilli 150 000 signatures de parrainage.
19:30– Objectif à sa portée
19:31pour lui qui a plus de 2 millions
19:33de followers sur Twitter.
19:35Les 150 000 soutiens sont réunis
19:38en quelques jours
19:38et ça ne marque pas vraiment l'opinion.
19:40– Le suspense était très mince.
19:42En fait, c'était un vrai faux suspense.
19:43Il voudrait que ces 150 000 parrainages citoyens
19:45remplacent les 500 signatures
19:47de grands élus qui sont nécessaires
19:49pour se qualifier à la présidentielle.
19:51Mais bon, là, on sent que c'est aussi
19:53un coup de communication
19:54pour lancer sa campagne.
19:57– Jany Kalimi, pour vous,
19:59Jean-Luc Mélenchon a peu de chances
20:01de faire mieux qu'en 2017.
20:02En tout cas, vous estimez
20:03qu'il s'est tout simplement
20:05trompé de stratégie.
20:06Pourquoi ?
20:07– Souvenons-nous ce que disait
20:08Jean-Luc Mélenchon
20:09lorsqu'il chevauche l'idée du populisme
20:13plutôt que celui de la gauche,
20:14c'est qu'il estimait
20:15que la petite classe moyenne
20:17devait être le fer de lance
20:18de la révolution.
20:19On se rend compte,
20:21au gré des mobilisations
20:22et des éruptions hexagonales,
20:24que ces mobilisations populaires
20:27portaient plutôt en faveur
20:29de la droite
20:30et du rassemblement national.
20:32En fait, il semble
20:33que son logiciel stratégique
20:35soit totalement erroné.
20:37Jean-Luc Mélenchon
20:38ne veut pas le reconnaître,
20:39mais ça risque tout de même
20:41de lui sauter à la figure
20:42en 2022.
20:57Merci Julien Dufay
20:59et merci à vous
21:00Jeannique Alimi.
21:00Je renvoie au livre
21:01que vous co-signez
21:03dans lequel vous parlez
21:04de Jean-Luc Mélenchon.
21:05C'est chez Taillandier,
21:06Les Perdants Magnifiques
21:08de 1958 à nos jours.
21:10Cet épisode a été produit
21:12par Thibault Lambert,
21:13Raphaël Pueyo
21:14et Nathan Châtelain.
21:16Réalisation,
21:16Benoît Laure.
21:17Code Source
21:18est le podcast d'actualité
21:19du Parisien,
21:20disponible chaque soir
21:21du lundi au vendredi.
21:22Si vous aimez Code Source,
21:23n'hésitez pas à laisser
21:24des petites étoiles
21:25sur votre application
21:26de podcast
21:27comme Apple Podcast
21:28ou Google Podcast.
21:30N'oubliez pas de vous abonner
21:32pour ne rater aucun épisode.
21:33Et puis, vous pouvez nous écrire
21:35codesource
21:36at leparisien.fr
21:45Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations