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  • il y a 10 heures
Les résultats des élections seront particulièrement scrutés dans cette région où le RN est représenté par un transfuge de LR. Le parti de la droite s'est encore plus déchiré, avec la proposition d'alliance venue de LREM. Récit d’un retentissant feuilleton politique, raconté dans Code source par Alexandre Sulzer, journaliste au service politique du Parisien.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Marion Bothorel, Salomé Robles et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : Gomet'; Nice Matin, France Info, Europe 1, Public Sénat, France TV, LCI, RTL.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le Rassemblement National, ex-FN, peut-il remporter pour la première fois de son histoire depuis sa création une présidence
00:20de région ?
00:20Le résultat sera surveillé de près, notamment en PACA, en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
00:25L'alliance, dès le premier tour, entre le président sortant, le républicain Renaud Muselier, et la République en marche, a
00:32profondément divisé la droite, certains cadres de LR allant jusqu'à démissionner du parti.
00:38Codesources vous raconte aujourd'hui ce feuilleton, en repartant du début du premier épisode, avec Alexandre Sulzer, du service politique
00:46du Parisien.
00:59Alexandre Sulzer, aujourd'hui le Rassemblement National ne dirige aucune région française.
01:03Est-ce que le parti de Marine Le Pen pourrait en décrocher certaines pendant les élections des 20 et 27
01:09juin prochains ?
01:10Oui, c'est possible. Il y a plusieurs régions qui sont dans le viseur de Marine Le Pen, à commencer
01:14par les Hauts-de-France, qui est la région d'élection de Marine Le Pen, et qui est prenable, effectivement,
01:19pour son parti.
01:20D'autres régions dont on parle moins sont également à portée de main, telles que le centre de Val-de
01:25-Loire ou la Bourgogne-Franche-Comté.
01:26Et bien sûr, la région PACA, qui est son objectif principal.
01:30Qui dirige actuellement la région PACA, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ?
01:34C'est Renaud Muselier, qui est issu des Républicains, qui la dirige depuis 2017.
01:39Mais ce n'est pas lui qui l'avait conquis. En 2015, c'est Christian Estrosi qui avait gagné.
01:43Mais deux ans plus tard, il a privilégié sa ville de Nice et a laissé le flambeau à Renaud Muselier.
01:49Présentez-nous le président de la région PACA, qui est Renaud Muselier ?
01:53Renaud Muselier, c'est un Marseillais qui vient de fêter ses 62 ans.
01:58Il est issu d'une famille de résistants gaullistes.
02:02Lui-même est médecin de formation.
02:04Il est de Marseille. C'est un pur produit marseillais.
02:07C'est un cadre du RPR pendant de nombreuses années.
02:10Il a gravi les échelons du parti assez rapidement.
02:14Il s'est imposé un petit peu comme un dauphin de Jean-Claude Godin.
02:19À l'époque, maire de Marseille, il a été pressenti comme son successeur désigné pendant de nombreuses années.
02:25Finalement, il y a eu une cassure en 2008,
02:28où Jean-Claude Godin ne l'a pas soutenu pour la présidence de l'agglomération.
02:32Et il est parti un petit peu en guerre ensuite contre son mentor.
02:35Mais il reste évidemment une figure incontournable de la droite marseillaise.
02:39Il a été également secrétaire d'État aux affaires étrangères pendant la présidence de Jacques Chirac.
02:44Et c'est une personnalité qui est à la fois chiracienne et sarkoziste, proche également de Nicolas Sarkozy.
02:51Comment le décrire physiquement d'un mot ?
02:52Il est plutôt petit, a les cheveux gominés, souvent coiffés en arrière.
02:56Et il est très chaleureux.
02:58D'ailleurs, il suffit de l'entendre, il a l'accent jovial de Marseille.
03:03C'est quelqu'un qui a le contact facile.
03:05J'aime rire, j'aime m'amuser, j'aime la vie, j'aime la République, j'aime mon pays.
03:09Je suis un garçon positif.
03:11Et donc je pense qu'en étant positif, on m'abat des montagnes.
03:14Il est assez beau parleur et des fois, il a l'air quand même de noyer le poisson.
03:19Renaud Muselier est candidat à sa succession.
03:21Et face à lui, il va avoir un adversaire gênant, un certain Thierry Mariani.
03:26Le candidat du Rassemblement National depuis le jeudi 22 avril, il est bien connu chez les Républicains.
03:33Thierry Mariani, avant d'être au Rassemblement National, a été très longtemps au RPR, à l'UMP, puis chez les
03:40Républicains.
03:41Il était député du Vaucluse pendant de nombreuses années, avant d'être député des Français de l'étranger.
03:46Il a incarné vraiment l'aile la plus droitière du parti.
03:49En 2010, pour se rappeler au bon sonnier Nicolas Sarkozy, pour le ramener bien sur sa droite,
03:53il avait créé un club qui s'appelait la droite populaire, qui était le club des parlementaires les plus droitiers
03:58du parti.
03:59Il en a été d'ailleurs récompensé d'une certaine manière en 2010, en étant nommé par Nicolas Sarkozy, ministre
04:05des Transports.
04:05C'est pour ça qu'il a été choisi par Marine Le Pen, pour être candidat en PACA ?
04:09Bien sûr, Marine Le Pen a vu vraiment dans ce profil l'occasion de retourner Thierry Mariani contre ses anciens
04:16amis.
04:16Jusqu'alors, il était utilisé par l'UMP, par la droite, comme une figure anti-Front National dans sa région.
04:23D'ailleurs, il avait déjà mené la liste de la droite en 2010 contre Jean-Marie Le Pen.
04:28A l'époque, il allait sur ce terrain-là.
04:30Et désormais, elle retourne l'arme contre la droite traditionnelle.
04:34Je peux apporter à cette région un certain nombre de choses nouvelles.
04:39Et puis, parce que je pense aussi que dans cette région, il y a des priorités qui ont été oubliées.
04:43La sécurité, les agressions quotidiennes.
04:45Il suffit de regarder vos journaux pour en avoir la démonstration.
04:50À partir du moment où la candidature de Thierry Mariani est confirmée pour le Rassemblement National,
04:56quel va être l'objectif du président de région sortant, Renaud Muselier ?
04:59Renaud Muselier est assez fébrile par rapport à cette annonce-là.
05:03Il n'est pas à l'aise parce qu'il sait que Thierry Mariani peut parler à son électorat.
05:07Donc, il regarde les sondages et il voit que dans les sondages, jusqu'alors, son avance est très courte au
05:12premier tour.
05:13Il voit que dans les enquêtes d'opinion, s'il s'allait avec En Marche dès le premier tour,
05:18il aura une avance considérable, pense-t-il en tout cas, et nécessaire pour créer une dynamique pour le second
05:23tour.
05:24Donc, son but, clairement, c'est d'être le candidat à la fois des Républicains, mais aussi de La République
05:28En Marche.
05:29Alors, il ne l'assume pas très clairement, effectivement.
05:32Il donne des signaux, il rend hommage régulièrement à la politique telle qu'elle est menée par le Premier ministre.
05:38Et il dit assez rapidement qu'il est ouvert à des profils le plus large possible.
05:45« Ma région d'abord », dit-il, voilà, peu importe les étiquettes, ce qui compte pour lui, dit-il,
05:49ce sont les compétences individuelles.
05:51En tout cas, on comprend qu'il ne sera pas sectaire dans son recrutement.
05:54Le 13 février, dans une interview au Parisien, le président du groupe En Marche à l'Assemblée,
05:59Christophe Castaner, tend la main à Renaud Muselier.
06:02« Christophe Castaner a bien compris les signaux envoyés par Renaud Muselier.
06:06Par ailleurs, ils sont amis.
06:08Et il fait cette interview dans laquelle il dit, voilà, on répond à la main tendue par une autre main
06:13tendue.
06:13Faisons alliance contre le Rassemblement national.
06:16Faisons une sorte de front républicain dès le premier tour pour éviter que la région ne bascule à l'extrême
06:20droite. »
06:21Le mercredi 7 avril, la Commission nationale d'investiture des Républicains se réunit à Paris.
06:27Le président sortant de la région PACA, Renaud Muselier, a un message.
06:31Il est ouvert aux mains tendues.
06:32« Je vais sortir du carcan des appareils politiques. »
06:36On voit qu'il est très, très, très ouvert sur les profils qu'il va prendre.
06:40Mais il refuse de dire qu'il fera un accord avec En Marche.
06:42Il sait que ses amis ne l'accepteraient pas.
06:45Et donc, cette première Commission nationale d'investiture qui lui donne son soutien
06:48se passe déjà dans une ambiance tendue.
06:50Le dimanche 2 mai, Jean Castex est dans le JDD.
06:53Et le chef du gouvernement parle des régionales en PACA
06:56en amenant une information surprenante.
06:59« Personne ne s'attendait à ce qu'il le dise aussi clairement.
07:04Il dit, voilà, on va faire alliance avec Renaud Muselier, tel quel.
07:09Et ça préfigure une recomposition nationale. »
07:13« Ça a été annoncé ce matin par nos confrères du JDD.
07:16En PACA, il y aura une alliance entre LREM et le président sortant de la région,
07:21les Républicains, Renaud Muselier. »
07:24C'est le Premier ministre en personne qui annonce que la droite va s'allier avec En Marche,
07:29alors que les dirigeants de la droite n'ont jamais été mis dans la boucle.
07:32« Beaucoup de cadres des Républicains sont choqués. »
07:35Ils l'apprennent en regardant le journal, ils n'y croient pas.
07:38Et immédiatement, Christian Jacob, le président du parti, les Républicains,
07:43retire le soutien à Renaud Muselier, qui est pourtant l'un de ses amis depuis 30 ans.
07:47Il y a unanimité à ce moment-là pour dénoncer cet accord
07:51présenté par le Premier ministre en personne,
07:53à l'exception de Christian Estrosi, le maire de Nice.
07:57« Aujourd'hui, Renaud Muselier a fait un choix.
08:00Ce choix, je le déplore, je le regrette, je le condamne fermement. »
08:05« En réalité, je sais que dans le parti, très peu suivront Renaud Muselier. »
08:10« Cet accord nous amènera au déshonneur et à la défaite.
08:14Les Républicains n'ont pas vocation à être les supplétifs d'En Marche. »
08:22Comment se défend le candidat LR en PACA et président sortant Renaud Muselier ?
08:26« Renaud Muselier est très chahuté par ce qui se passe.
08:29Il ne s'attendait pas à un tel tir de barrage de sa propre famille politique.
08:33Et pourtant, dans un premier temps, il a complètement assumé ce soutien.
08:37Il a fait un tweet immédiatement de remerciement à Jean Castex.
08:40Il se félicite de ce soutien.
08:42Et par rapport à sa famille politique, il prétend qu'il n'y a pas d'accord.
08:46Il dit « Les bonnes volontés viennent me soutenir dans l'intérêt de la région.
08:49Mais il n'y a pas d'accord d'appareil. »
08:51Mais cela dit, à droite, personne n'est dupe.
08:54Oui, parce que le chef du gouvernement ne fait pas qu'annoncer une alliance.
08:58Il donne aussi beaucoup de détails sur la future liste.
09:00Il dit que Sophie Cluzel, la secrétaire d'État au handicap, sera numéro 2 de la liste dans le Var.
09:06Il dit qu'il y aura 30% de représentants des marcheurs sur les listes.
09:10C'est donc très précis.
09:11De son côté, comment réagit Thierry Mariani, le candidat du Rassemblement National en PACA ?
09:16Pour lui, c'est la démonstration parfaite que la droite est en train de fusionner avec En Marge
09:21et que les électeurs de droite qui voteraient pour la liste des Républicains
09:24seraient cocufiés d'une certaine façon et voteraient en réalité pour Emmanuel Macron.
09:28Ça lui ouvre un boulevard électoral énorme dans lequel, évidemment, est de bonne guerre.
09:33Il s'engouffre très rapidement.
09:34On voit surtout une droite qui est achetée petit à petit à la découpe,
09:39comme le faisait le banquier Macron, puisque c'était sa spécialité, les fusions-acquisitions.
09:44Alors un jour, c'est M. le maire, un jour, c'est M. Darmanin.
09:47Aujourd'hui, prendre une carte aux Républicains, c'est un peu la loterie.
09:50Vous ne savez pas si vous allez tomber du côté de Macron ou du côté de l'opposition.
09:55Au lendemain de ces réactions, dans la foulée, le mardi 4 mai,
09:58les Républicains réunissent le matin leur comité stratégique.
10:02Ça se passe au siège du parti, rue de Vaud-Girard dans le 15e arrondissement,
10:07Alexandre Sulzer au départ.
10:09Les ténors du parti font savoir qu'ils seront fermes avec Renaud Muselier.
10:13Évidemment, il est hors de question pour les dirigeants du parti
10:15de laisser passer un tel affront.
10:18Donc l'ambiance est électrique autour de la table.
10:20Renaud Muselier arrive face à tout l'état-major du parti.
10:24La tension est palpable, elle est vraiment dans l'air.
10:27Il n'y a pas eu une telle tension dans le parti, sans doute, depuis de nombreuses années.
10:30Et là, même ses amis sont très fermes avec lui.
10:34François Baroin, par exemple, prend la parole et lui dit
10:36« Tu ne peux pas être celui qui va mettre une balle dans la tête de la droite française. »
10:41Christian Jacob intervient également pour dénoncer les amis malfaisants de Renaud Muselier.
10:46Et quand il parle d'amis malfaisants, il parle du maire de Nice, Christian Estrosi,
10:49ainsi que du maire de Toulon, Hubert Falco, qui soutiennent l'accord avec En Marche.
10:56Renaud Muselier essaye de s'en tirer.
10:58Il demande un peu de temps.
11:00Il leur dit « Laissez-moi réfléchir. »
11:01Ses amis refusent.
11:02Ils lui disent « Non, non, on n'a plus le temps. »
11:05Parce qu'eux-mêmes, la droite, réfléchit à lui mettre une liste concurrente dans les pattes
11:09pour s'opposer à lui.
11:10Ils lui disent « Non, il faut une réponse immédiatement.
11:12Il faut que tu nous dises ce que tu vas faire.
11:14Il faut que tu t'engages à dénoncer cet accord. »
11:16Comment se termine cette réunion aussi tendue ?
11:18Elle se finit dans le bureau de Christian Jacob
11:21avec François Baroin et Renaud Muselier.
11:23Ils se connaissent tous depuis 30 ans.
11:25Et dans ce petit conclave à trois, ils se disent « Il faut absolument qu'on trouve une porte de
11:29sortie
11:29parce que la situation est trop explosive. »
11:32Donc ils mettent la pression sur Renaud Muselier.
11:34Renaud Muselier sort et devant la presse, il dit « Un communiqué va suivre, on va trouver une solution. »
11:39Mais personne ne sait en réalité ce que va être cette solution.
11:42Au même moment, la même matinée, à l'Assemblée nationale,
11:46se tient la réunion du groupe En Marche à l'Assemblée.
11:49Et le Premier ministre Jean Castex justifie le fait de ne pas présenter de liste en PACA face aux Républicains.
11:57Oui, Jean Castex assume ce qu'il a dit deux jours plus tôt.
12:00Mais au sein du groupe, il y a des interrogations.
12:03Parce qu'il voit bien que Renaud Muselier n'assume pas le terme « d'accord ».
12:07Il a dit qu'il n'y avait pas d'accord.
12:09Et donc, chez En Marche, il commence à douter de la fiabilité de Renaud Muselier
12:13qui dit un peu « oui » à chacun de ses interlocuteurs.
12:19Quelques heures plus tard, comme il l'avait annoncé, Renaud Muselier publie un communiqué.
12:24Il est environ 16 heures.
12:25Mais ce communiqué est très flou.
12:28Certains disent « on n'y comprend rien » et c'est fait exprès.
12:31Absolument.
12:32Ce communiqué est extrêmement alambiqué.
12:35Il remercie à nouveau Jean Castex pour son soutien
12:38et assure qu'il n'y aura pas d'accord avec En Marche.
12:42Il dit que sa colonne vertébrale reste les Républicains,
12:45mais ne donne pas plus d'indications.
12:48Vraisemblablement, visiblement, des coups de fil ont été passés d'un côté comme de l'autre.
12:52Et le texte est de fait très ambigu.
12:54Je donnerai la priorité aux candidats qui s'engagent à se consacrer de toutes leurs forces
12:59à des enjeux locaux et non nationaux.
13:02Ce qui exclut les détenteurs de mandats nationaux,
13:05que ce soit les ministres, les députés, les sénateurs.
13:08Le soir même, nouvelle réunion chez les Républicains,
13:11réunion de la Commission nationale d'investiture.
13:13Comment ça se passe pour Renaud Muselier ?
13:15Elle s'annonce assez mauvaise pour lui,
13:18puisque les dirigeants du parti ont été très choqués par ce communiqué qui était alambiqué.
13:23Ils se disent que Renaud Muselier veut les embrouiller.
13:27Pourtant, lors de cette réunion, il arrive à retourner la plupart des dirigeants
13:31en leur rassurant qu'il n'y aura pas d'accord avec En Marche.
13:35Il s'engage à ne pas prendre ni ministre ni parlementaire En Marche.
13:40Christian Jacob est là pour le soutenir.
13:42Il veut absolument trouver un compromis.
13:45Et donc l'appuie en disant, vous voyez, il a pris des engagements,
13:48il faut en tenir compte.
13:49Et les Républicains décident à nouveau de donner leur soutien à Renaud Muselier.
13:54Alexandre Sulzer, à la fin de la journée,
13:56ceux chez les Républicains qui étaient pour des mesures dures
13:59contre Renaud Muselier ne décolèrent pas.
14:02Effectivement, certains comme Éric Ciotti, le député des Alpes-Maritimes,
14:06qui préside quand même la Commission nationale d'investiture,
14:09ou encore le sénateur Bruno Retailleau,
14:11qui est le président du groupe LR au Sénat, sont très en colère.
14:15Moi, je pense qu'il faut être logique et retirer le soutien à M. Renaud Muselier.
14:21Alors, est-ce que notre famille politique réagira
14:23ou est-ce qu'elle acceptera ce camouflet ?
14:26Ils estiment que Christian Jacob, le président du parti,
14:29a été trop conciliant avec son ami Renaud Muselier.
14:32Certains disent même que c'est une amicale de bouillistes.
14:35Ce n'est plus un parti politique, les Républicains.
14:37Ce sont des gens qui agissent par camaraderie,
14:39mais pas par sens politique.
14:41Les jours suivants, le mercredi et le jeudi,
14:43deux figures de la droite en PACA,
14:45favorables à un accord avec En Marche, quittent le parti.
14:48Oui, tout à fait.
14:49Il s'agit du maire de Toulon, Iberfalco,
14:51et du maire de Nice, Christian Estrosi.
14:53Eux trouvent que le parti, qui refuse de s'allier avec En Marche,
14:57de fait, donne une chance au Front National, au Rassemblement National.
15:00Et sur ce désaccord-là, il claque la porte.
15:02On nous parle toujours d'LR, LR, LR, LR.
15:05Parlez-nous de région, région, région.
15:07Voilà ce qu'on veut entendre aujourd'hui.
15:10Voilà ce qu'on va dire sur les marchés.
15:12Voilà ce qu'on va dire dans nos rues, dans nos places,
15:14dans nos villes, dans nos villages.
15:18Alexandre Sulzer, là, on est à dix jours de la date limite
15:21pour déposer les listes en vue des régionales.
15:24Et le lendemain, le samedi 8,
15:26vous écrivez dans Le Parisien sur un risque d'écartèlement des Républicains.
15:30Cette affaire suscite des tensions qui ont été illustrées, d'ailleurs,
15:33par des votes différents au sein des différentes instances.
15:35Il y a le gros du parti qui essaye de mettre à équidistance En Marche
15:41et le Rassemblement National.
15:42Et ceux qui considèrent que le danger principal et prioritaire pour la droite,
15:47c'est de se fondre dans En Marche.
15:48Et qu'il faut absolument marquer le coup
15:51et refuser toute compromission, même la présence de marcheurs, sur les listes.
15:55Alexandre Sulzer, là, on le voit, la droite est complètement divisée.
15:59Tout à fait. Et ça fait le bonheur à l'Elysée,
16:02puisque l'objectif, à moyen et long terme, pour Emmanuel Macron,
16:06c'est de fractionner la droite.
16:08Même si En Marche n'est pas très gagnant,
16:11on voit bien dans l'opération à court terme pour les régionales en PACA,
16:14l'objectif réel du président de la République,
16:17c'est de casser la droite, de créer des divisions
16:20et d'attirer à lui une partie de cette droite.
16:22Dans l'entourage d'Emmanuel Macron,
16:24il y a même un conseiller politique qui travaille à ça, justement.
16:26Oui, il s'agit de Thierry Solaire, un député de la République En Marche,
16:30qui est un ancien élu des Républicains.
16:33C'est un proche d'Edouard Philippe.
16:34Il connaît beaucoup de monde au sein des Républicains.
16:36Et son travail, c'est d'attirer à lui des personnalités des Républicains
16:42avec comme objectif final de faire exploser cette droite.
16:45Christian Jacob, le président des Républicains,
16:48accorde une longue interview aux Parisiens,
16:50publiée le mercredi 12 mai.
16:52C'est vous qui l'interrogez, Alexandre Sulzer.
16:54Et il est très remonté contre Emmanuel Macron et Jean Castex.
16:58Oui, il estime que Jean Castex est en train de réussir
17:02avec Emmanuel Macron son opération de déstabilisation de la droite.
17:05Il voit bien que dans l'opinion publique,
17:07son parti est en train d'être assimilé à La République En Marche.
17:10Donc il tient à marquer le coup.
17:11Il accuse le gouvernement de jouer un jeu très dangereux
17:14en faisant monter l'extrême droite pour faire disparaître la droite.
17:17Le jeudi 13 mai, la secrétaire d'État, Sophie Cluzel,
17:20annonce qu'elle retire finalement sa liste
17:23parce que, dit-elle, celle de Renaud Muselier lui convient,
17:27même si elle n'est pas dessus.
17:28Renaud Muselier qui dévoile justement sa liste
17:31le vendredi 14 mai au cours d'une conférence de presse.
17:34Tout à fait, après des jours et des jours de tractations,
17:36d'infos, d'intox, de rumeurs,
17:39effectivement, il n'y a pas de membres du gouvernement sur cette liste,
17:42comme il en avait pris l'engagement auprès de ses amis.
17:44Il n'y a pas non plus de parlementaires de La République En Marche,
17:47comme il s'y était engagé auprès de la droite.
17:50En revanche, il n'y a pas non plus de parlementaires LR.
17:53Par symétrie des formes, il a voulu qu'il n'y en ait ni d'un côté ni de l
17:57'autre.
17:57Ça, ça choque beaucoup au sein des Républicains
17:59qui espéraient que quatre parlementaires,
18:01deux députés et deux sénateurs, soient sur les listes.
18:04Pour la première fois dans l'histoire de la région,
18:06neuf tendances politiques seront représentées sur notre liste.
18:09De la droite aux écologistes régionales.
18:12Et j'ai un message très spécifique pour ma famille politique.
18:15Juste de la moitié des candidats hors société civile sont des Républicains.
18:18C'est de la colonne vertébrale.
18:20Renaud Museli annonce en revanche qu'il y a bel et bien une quinzaine de marcheurs.
18:24Et vu qu'il n'y a pas de liste en face,
18:27même s'il n'assume pas l'accord,
18:30ça prouve bel et bien qu'il y a eu un terrain d'entente
18:33entre lui et La République En Marche.
18:36Chez les Républicains, il y a toujours autant de colère en face ?
18:38Oui, il y a toujours autant de colère,
18:39notamment de ceux qui étaient favorables à une ligne dure,
18:42qui se rendent bien compte qu'eux-mêmes ont dû sacrifier leurs propres parlementaires
18:46et que même s'il n'y a pas de figure extrêmement connue des marcheurs,
18:51il y a bel et bien des marcheurs.
18:53Et certains, et pas des moindres,
18:55notamment Guillaume Pelletier, le numéro 2 du parti,
18:57annonce que s'ils étaient en PACA,
18:58ils ne voteraient pas pour Renaud Muselier.
19:00Le lundi 17 mai, les listes sont déposées
19:03et ne peuvent plus donc être modifiées.
19:05On pourrait croire que le feuilleton est terminé,
19:07mais non, le mardi 18,
19:09les ténors du parti Les Républicains se réunissent le matin
19:12pour débattre du maintien ou non de leur soutien à Renaud Muselier en PACA.
19:16Et oui, parce que cette liste a énervé beaucoup de monde,
19:19alors rebelote, on se retrouve au comité stratégique,
19:22certains aimeraient retirer le soutien du parti à Renaud Muselier,
19:26mais Christian Jacob tient bon,
19:28il ne veut pas changer de plan.
19:32De toute façon, il n'y a pas de plan B possible,
19:34puisqu'on a déjà dépassé le dépôt des listes.
19:37Et finalement, le parti sort un communiqué
19:40où il rappelle que Renaud Muselier a fait une erreur politique.
19:44Il ne lui accorde pas formellement son soutien,
19:47mais indique qu'il souhaite sa victoire.
19:50Renaud Muselier a fait une erreur politique.
19:53Il a commis une faute en cédant ainsi aux manœuvres élyséennes.
19:58Ceci étant, nous sommes maintenant dans le cadre de la campagne électorale.
20:02Il est évident que nous souhaitons la victoire de Renaud Muselier,
20:06candidat à Les Républicains, bien évidemment.
20:09Encore un compromis qui montre bien les divisions profondes du parti.
20:15Alexandre Sulzer, que donnent les enquêtes d'opinion sur l'élection régionale en PACA ?
20:19Les enquêtes d'opinion qui ont été réalisées après ce psychodrame
20:23ont confirmé ce que tous les acteurs de terrain pressentaient,
20:27à savoir une montée très forte de Thierry Mariani du Rassemblement national.
20:31Et dans différents sondages, le candidat du Rassemblement national arrive en tête
20:35à la fois au premier tour, mais également au second.
20:39Et s'il gagnait effectivement la région,
20:40ce serait la première fois que le parti de Marine Le Pen remporterait une région.
20:43Que nous aura appris ce feuilleton sur l'état de la droite en France ?
20:47Il illustre bien le fait que la droite manque d'espace.
20:50Depuis 2017, Emmanuel Macron a avalé une partie de cet espace.
20:53Et cette situation prouve bien que la droite a du mal à trouver son positionnement.
20:58Elle est écartelée entre le Rassemblement national et la République en marche.
21:03Ça préfigure des mois très difficiles avant la présidentielle.
21:16Merci à Alexandre Sulzer.
21:19Cet épisode a été produit par Marion Bottorel, Thibault Lambert et Salomé Robles.
21:23Réalisation, Julien Moncouquiole.
21:26Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
21:28disponible chaque soir du lundi au vendredi.
21:30Pour ne rater aucun épisode,
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