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Emmanuel Macron a fait le choix de privilégier l’expérience en nommant Michel Barnier, 73 ans et figure des Républicains, comme chef du gouvernement. Après deux mois d’incertitude, initiée par la décision du chef de l’Etat de dissoudre l’Assemblée nationale, la crise politique que traverse le pays n’est pas pour autant terminée. Cet épisode de Code source est raconté par Marion Mourgue, cheffe du service politique du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : BFM, LCI, France Info.

En savoir plus sur ce sujet : https://www.leparisien.fr/politique/nouveau-premier-ministre-michel-barnier-a-t-il-vraiment-vote-contre-la-depenalisation-de-lhomosexualite-en-1981-06-09-2024-NLT3ODAPFBAOLMN5M322BTABAM.php?at_medium=sl&at_campaign=345

#barnier #premierministre

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Deux mois après le second tour des élections législatives anticipées,
00:15le président Emmanuel Macron a finalement tranché le jeudi 5 septembre.
00:20Michel Barnier, 73 ans, est nommé Premier ministre.
00:23Il remplace Gabriel Attal à Matignon.
00:25Michel Barnier est une figure de la droite.
00:27Il a été ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy,
00:31ministre des Affaires étrangères ou encore de l'agriculture.
00:34Ancien commissaire européen, il a par ailleurs à la fin des années 2010
00:38négocié au nom de l'Europe le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne.
00:43Dans Codesources, aujourd'hui, on résume les trois mois d'incertitude qui ont suivi la dissolution
00:47et on décrypte cette nomination qui ne referme pas la crise politique que vit le pays
00:52avec Marion Mourgue, la chef du service politique du Parisien.
01:07Merci à tous les équipes du service du Premier ministre d'être là, autour de Gabriel Attal.
01:16Marion Mourgue, pourquoi Emmanuel Macron a choisi Michel Barnier comme nouveau Premier ministre ?
01:21Parce que les autres options n'ont pas fonctionné.
01:24Bernard Cazeneuve n'avait pas le soutien du Parti Socialiste.
01:26Xavier Bertrand aurait été censuré par le Rassemblement National.
01:30Et donc, l'option Michel Barnier s'est imposée dans la dernière ligne droite.
01:33Alors, on va revenir dans ce podcast sur cette nomination, mais d'abord, on va résumer brièvement la crise politique
01:39que nous traversons.
01:41D'abord, il y a la défaite du camp d'Emmanuel Macron aux élections européennes du dimanche 9 juin.
01:46La liste macroniste termine deuxième avec 14,5% des voix, très loin derrière le RN emmené par Jordan Bardella
01:53avec 31% des suffrages et 30 sièges d'eurodéputés.
01:58À gauche, Raphaël Glucksmann est troisième avec près de 14% des suffrages.
02:02Le soir même, à 21h, Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée Nationale.
02:08Avec le recul, est-ce qu'on sait pourquoi il a fait ce choix une heure après le résultat des
02:13européennes ?
02:13Parce qu'il estimait finalement qu'il n'arriverait pas à gouverner dans une France qu'il voyait aussi éclater.
02:21Et c'était pour lui une manière de reprendre la main politique.
02:24Il était assez difficile de savoir qu'on aurait une telle crise, mais très vite, les gens lui ont dit
02:30« c'est une erreur ce que vous êtes en train de faire, monsieur le Président ».
02:33Et ça s'est confirmé. On voit qu'on a passé trois mois de crise politique.
02:37Après une campagne électorale de trois semaines pour ces législatives anticipées,
02:40le dimanche 7 juillet, c'est l'Alliance de la Gauche, le nouveau Front Populaire
02:45qui obtient le plus de sièges à l'Assemblée, 193 députés.
02:48Le parti d'Emmanuel Macron est deuxième avec ses alliés du MoDem, notamment 150 députés,
02:54mais seulement 99 si on ne parle que du parti du Président Renaissance.
02:59Le RN de Marine Le Pen termine troisième des législatives.
03:02Son groupe compte aujourd'hui 126 députés au total.
03:06Pour Emmanuel Macron, ce scrutin est donc une nouvelle défaite.
03:09Est-ce qu'on sait, lui, comment il analyse le résultat des législatives ?
03:13Ça lui a pris du temps au Président d'admettre sa défaite électorale.
03:16Il l'a reconnu, il l'a reconnu durant les consultations auprès de ses interlocuteurs.
03:21Il a compris que les Français souhaitaient une nouvelle politique et un changement d'incarnation.
03:26Mais il a du mal néanmoins à voir ce désamour des Français à son égard.
03:32Dès le lendemain, le lundi 8 juillet, Gabriel Attal, le Premier ministre sortant,
03:36présente sa démission conformément à la tradition.
03:38Emmanuel Macron la refuse.
03:40Le gouvernement est maintenu pour le moment, dit l'Elysée,
03:43afin d'assurer la stabilité du pays.
03:46Finalement, Emmanuel Macron accepte le 16 juillet la démission du gouvernement,
03:50gouvernement qui va continuer de gérer les affaires courantes,
03:53un certain temps, toujours d'après l'Elysée.
03:56Et le 23 juillet, Emmanuel Macron répond à sa première interview depuis les législatives,
04:01au 20h de France 2, et il reconnaît la défaite de son camp.
04:05La majorité sortante, elle a perdu cette élection.
04:08Vous reconnaissez la défaite ?
04:09Bien évidemment, mais personne n'a gagné.
04:11Mais vous espériez une clarification ?
04:13Pendant la même interview, il rejette l'idée de nommer à Matignon la femme proposée par l'Alliance de la
04:18gauche,
04:18la haute fonctionnaire Lucie Castettes, âgée de 37 ans,
04:22une énarque fondatrice d'un collectif de défense des services publics.
04:26Marion Mourgue, clairement, le président ne veut pas que des partis lui imposent le nom de la ou du Premier
04:31ministre.
04:31Il considère que le message des Français aux élections, c'est un refus des extrêmes,
04:37un refus du Rassemblement national et donc un front républicain,
04:40mais qu'il n'y a pas une adhésion aux idées du nouveau front populaire.
04:45Et que donc, ce n'est pas parce qu'ils sont arrivés en tête le soir de l'élection qu
04:49'ils ont gagné.
04:50Près de cette semaine après le second tour des législatives, le 23 août,
04:54Emmanuel Macron entame des consultations à l'Elysée pour choisir le ou la chef du gouvernement.
04:59Et c'est le début d'une longue attente pour les Français.
05:02Ça ressemble à un feuilleton avec régulièrement de nouveaux noms de probables Premier ministre.
05:07Oui, tous les jours, on est suspendu à un nouveau nom de Premier ministre,
05:11soit qui est poussé par l'entourage d'Emmanuel Macron,
05:14l'entourage plus technique, je pense au secrétaire général Alexis Collaire,
05:19soit l'entourage politique,
05:20et puis des noms qui sont mis aussi par les oppositions sur la table.
05:23Alors évidemment, il y a Lucie Castex qui est poussée par le nouveau front populaire,
05:27mais certains verraient bien d'autres noms.
05:31On a Jean-Louis Borloo qui revient beaucoup dans le débat.
05:33On a Thierry Baudet, le président du Conseil économique et social.
05:37Et donc, ça devient presque un feuilleton avec tous les jours ces épisodes,
05:41mais donc, à la fin, ça a fini par devenir ridicule.
05:44Et Emmanuel Macron a conscience qu'il faut aller vite,
05:46il le dit à plusieurs de ses interlocuteurs,
05:48même si vite, pour le président, ça a pris quand même plus de 53 jours.
05:52Le lundi 2 septembre, plusieurs politiques sont reçues à l'Elysée.
05:55Deux d'entre eux font figure de potentiel Premier ministre.
05:58Bernard Cazeneuve, l'ancien ministre de l'Intérieur de François Hollande,
06:01qui a aussi été son Premier ministre pendant cinq mois,
06:04et Xavier Bertrand, l'ancien ministre du Travail de Nicolas Sarkozy,
06:07et actuel président de la région des Hauts-de-France depuis plus de huit ans.
06:11Oui, ce sont deux rendez-vous en tête-à-tête, environ une heure à peu près.
06:15Emmanuel Macron est assez surpris par Bernard Cazeneuve,
06:18qui est très offensif, qui installe une cohabitation presque idéologique,
06:23selon les termes des proches d'Emmanuel Macron.
06:25C'est-à-dire qu'il veut revenir sur un certain nombre de politiques
06:27qui ont été menées par Emmanuel Macron, dont la réforme des retraites.
06:31Et ça, c'est un peu une ligne rouge pour le chef de l'État.
06:33Avec Xavier Bertrand, ça se passe presque mieux,
06:36alors que les deux hommes, depuis longtemps, ne s'entendent pas
06:40et ont eu des mots l'un envers l'autre.
06:43Donc, on s'acheminerait plus vers une cohabitation politique,
06:46c'est-à-dire que Xavier Bertrand serait dans une cohabitation très dure,
06:49mais ne reviendrait pas sur les sept dernières années,
06:53sur le programme mené, même si, évidemment,
06:56il enverrait des gestes à la gauche.
07:00Que se passe-t-il le lendemain, le mardi matin, le mardi 3 septembre ?
07:03Comme le révèle le Parisien, il y a un rendez-vous très important
07:07entre Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez, Bruno Rotaillot et Gérard Larcher,
07:11donc les trois responsables les plus importants à droite.
07:14C'est un rendez-vous téléphonique.
07:16Et Emmanuel Macron les sonde pour une nomination de Xavier Bertrand.
07:20Et évidemment, les responsables républicains ne ferment pas la porte,
07:23mais ils posent des conditions.
07:24Il faut que, si un gouvernement, Xavier Bertrand,
07:26ce soit bien une politique de droite qui soit menée,
07:28donc qu'il ait les coudes et franches.
07:30Et puis ensuite, que le chef de l'État s'assure
07:33qu'il ne serait pas censuré à l'Assemblée nationale.
07:35Et donc, c'est un vrai bouger de la part de la droite,
07:37puisque pour la première fois,
07:38elle ne s'oppose pas à la nomination d'un des leurs à Matignon.
07:42Et comme dans le même temps,
07:43le Parti Socialiste a fermé la porte
07:46à un soutien de Bernard Cazeneuve lundi soir,
07:49ce sont deux évolutions qui font réfléchir Emmanuel Macron
07:53et qui font pencher la balance pendant de nombreuses heures
07:57en faveur de Xavier Bertrand.
07:59À ce moment-là, c'est lui qui tient la corde.
08:01Le mercredi 4 au matin, Marion Mourgue,
08:03c'est la piste Xavier Bertrand qui tient la corde.
08:05À l'Elysée, on parle même d'une nomination
08:07qui devrait avoir lieu à la mi-journée.
08:09Sauf que le Rassemblement National monte au créneau
08:12et dit clairement son opposition à Xavier Bertrand.
08:15Alors, le Rassemblement National n'a pas gagné l'élection législative,
08:18mais comme vous l'avez bien rappelé,
08:20le RN a 126 députés,
08:22plus les 16 d'Éric Ciotti.
08:24Et donc, le RN est en capacité de bloquer un candidat
08:30et d'imposer aussi de cette manière un peu ses choix.
08:34Et donc, pour le RN, c'est rédhibitoire.
08:36Xavier Bertrand, c'est l'opposant de Marine Le Pen
08:38dans les régions Hauts-de-France.
08:40Ils se sont opposés à plusieurs reprises dans les urnes.
08:43Il a toujours contesté la politique du RN
08:45et le RN lui renvoie l'ascenseur et lui dit
08:47« Ce ne sera pas tôt ».
08:48Et finalement, fin de journée, les deux hypothèses,
08:51celles de Bernard Cazeneuve et celles de Xavier Bertrand,
08:53sont donc définitivement écartées par Emmanuel Macron.
08:57Le soir même, un nouveau nom est de plus en plus cité,
09:00celui de l'ancien négociateur du Brexit,
09:03Michel Barnier, âgé de 73 ans.
09:05Michel Barnier qui a été ministre à quatre reprises.
09:07Il a été ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac
09:10ou encore ministre de l'Agriculture sous Nicolas Sarkozy.
09:13A partir de 2016, il a représenté l'Union Européenne
09:17donc dans les négociations sur le Brexit,
09:19le départ de l'Union du Royaume-Uni.
09:22Marion Mourgue, pourquoi l'Elysée pense à lui ?
09:24L'Elysée pense à lui depuis un certain temps.
09:27C'est le secrétaire général de l'Elysée,
09:29Alexis Collère, qui est très proche de Michel Barnier.
09:31Il se rencontre début août.
09:34A l'époque, c'est posé de manière informelle
09:37une nomination à Matignon.
09:39Et évidemment, Michel Barnier ne ferme pas la porte.
09:41Les deux hommes se reparlent et puis il y a un rendez-vous,
09:45comme l'a révélé le Parisien,
09:47mercredi soir entre Michel Barnier et Emmanuel Macron.
09:51Et là, la question est clairement mise sur la table,
09:53celle d'une nomination à Matignon,
09:55puisque, comme l'a affirmé Emmanuel Macron à Gérard Larcher,
09:59la piste de Xavier Bertrand est tombée à l'eau.
10:02Gérard Larcher, le président du Sénat,
10:04le jeudi 5 septembre à 13h20,
10:06l'Elysée fait savoir dans un communiqué
10:08que le président Emmanuel Macron a nommé Michel Barnier
10:11comme Premier ministre.
10:12C'est la fin d'une période d'incertitude
10:14qui aura duré deux mois.
10:16Et elle m'en dit, Nathalie, je vous coupe.
10:18On a un nom à vous donner,
10:19le communiqué vient tout juste de tomber.
10:21C'est bien Michel Barnier
10:22qui est le nouveau Premier ministre.
10:24Michel Barnier est officiellement nommé
10:26Premier ministre de la France.
10:27Et à l'instant, un communiqué de l'Elysée,
10:29Julie, c'est officiel.
10:30Oui, Emmanuel Macron nomme
10:31l'ex-commissaire européen Michel Barnier.
10:34Marion Mourgue, avec qui Michel Barnier
10:36peut gouverner ?
10:37D'où vont venir les membres de son gouvernement ?
10:39Aujourd'hui, Michel Barnier va être obligé
10:41d'ouvrir son gouvernement
10:42à des forces politiques
10:44qui ne sont pas les Républicains.
10:46Donc là, on va rentrer dans une période
10:48de nouvelles consultations
10:49où Michel Barnier va devoir rencontrer
10:51tous les groupes politiques
10:52puisqu'il va falloir finalement
10:55réussir à construire un pacte législatif,
10:57donc une sorte de feuille de route
10:59qu'accepteraient différentes formations politiques
11:01et sur laquelle elles accepteraient de gouverner.
11:04C'est à partir du fond
11:05qu'on déterminera les hommes
11:07qui pourront rentrer au gouvernement.
11:09Et donc, a priori, il y aura
11:11des Républicains, des Macronistes
11:13puisque le bloc central est déterminant
11:15pour garder un peu de majorité
11:18à l'Assemblée
11:19et certainement que Michel Barnier
11:21ouvrira aux partis socialistes.
11:23Et quels sont les partis
11:24qui vont se refuser à travailler
11:26avec lui, avec Michel Barnier ?
11:27La France Insoumise, clairement,
11:29ne travaillera pas avec Michel Barnier.
11:31Le Rassemblement National dit pour l'instant
11:33attendre qu'il y ait un discours
11:35de politique générale,
11:36donc qu'on connaisse la feuille de route
11:37de Michel Barnier, pour savoir s'il y a censure.
11:39Le leader de la France Insoumise,
11:41Jean-Luc Mélenchon, parle, je cite,
11:42d'une élection volée au peuple français.
11:44L'élection a donc été volée au peuple français.
11:48Et il appelle à la mobilisation.
11:50J'en appelle donc à la mobilisation
11:53la plus puissante que possible,
11:55le 7 septembre,
11:56pour le respect de la démocratie.
11:58Plusieurs formations de gauche
11:59appellent à manifester ce samedi 7 septembre.
12:02Les partis de gauche sont très remontés,
12:04aujourd'hui, après cette décision ?
12:05Les partis de gauche sont remontés,
12:07mais ils ont une responsabilité,
12:08c'est qu'ils n'ont pas réussi à s'entendre
12:10quand le nom de Bernard Cazeneuve
12:12était accepté par Emmanuel Macron.
12:15Ensuite, il y a cette manifestation
12:17du 7 septembre,
12:19mais pour l'instant,
12:20les syndicats n'ont pas dit
12:22qu'ils manifesteraient.
12:23Et on est la semaine de la rentrée.
12:25Donc il y a aussi beaucoup de militants
12:27qui sont des mères et des pères de famille,
12:29et qui seront plutôt avec les enfants
12:31pour faire les courses de la rentrée,
12:32qu'à manifester.
12:33Donc ce n'est pas sûr que cette manifestation soit réussie.
12:36Le nouveau Premier ministre est issu des Républicains,
12:38LR qui a terminé quatrième des législatives
12:41et qui compte 47 députés dans la nouvelle Assemblée.
12:44Ce choix du Président,
12:45est-ce qu'il respecte l'esprit de la Ve République ?
12:48C'est difficile de répondre à votre question,
12:49puisque en 2024,
12:51la Ve République n'a plus grand-chose à voir
12:53avec celle de 1958.
12:55La Ve République était déterminée
12:57par rapport aux faits majoritaires.
12:59Il fallait une majorité absolue.
13:00Aujourd'hui, non seulement on n'a pas de majorité,
13:02mais en plus on a des blocs
13:03qui sont très divisés.
13:06Donc il est certes très bizarre
13:09que ce soit le groupe
13:10qui n'ait que 47 députés
13:12qui arrivent à Matignon,
13:13mais on rentre dans une période
13:15de cohabitation et de coalition,
13:17un mélange des deux
13:18et une culture du compromis
13:20que la France n'a pas forcément.
13:21Donc on est en train d'écrire
13:22une nouvelle page de notre histoire parlementaire.
13:25Est-ce que Michel Barnier risque d'être destitué,
13:28d'être censuré par l'Assemblée nationale ?
13:30C'est un risque évidemment possible.
13:32Il y a deux rendez-vous
13:34qui vont être très importants
13:35pour Michel Barnier.
13:36C'est le budget,
13:37le vote du budget par l'Assemblée nationale,
13:40donc dès le mois d'octobre.
13:41Et c'est un rendez-vous périlleux.
13:43Ensuite, la réforme des retraites
13:45qui va arriver sous forme de niche,
13:48c'est-à-dire que c'est des partis
13:49qui ont une journée
13:51pour développer un texte
13:52de leur choix à l'Assemblée nationale.
13:54Le Rassemblement national a décidé
13:57de remettre la réforme des retraites
13:59sur la table,
14:00va demander son abrogation
14:02et son évolution,
14:03sera soutenu en ce sens
14:05sûrement par des forces de gauche.
14:07Dans ces cas-là,
14:08l'Assemblée va être en ébullition
14:10et ça risque de se finir dans la rue.
14:13La nomination du Premier ministre
14:15aura pris deux mois,
14:16deux mois depuis le second tour
14:17des législatives,
14:19le 7 juillet.
14:20Là, maintenant,
14:20il faut donc former un gouvernement.
14:22Combien de temps ça peut prendre ?
14:23Ça va prendre du temps, j'imagine ?
14:24Oui, vu le temps qu'il a fallu
14:26pour choisir un Premier ministre,
14:28il semble que ça pourrait prendre du temps.
14:30Mais ensuite,
14:31on a des contraintes budgétaires,
14:32c'est-à-dire que très vite,
14:33le gouvernement va devoir être à la tâche
14:36pour voter un budget,
14:37pour le présenter aux parlementaires.
14:39Et donc, Michel Barnier
14:41va devoir aussi choisir très vite
14:43pour ne pas perdre de temps.
14:45Cette nomination,
14:45elle ne clôt pas
14:47la période de crise politique
14:48que nous vivons,
14:49c'est juste une nouvelle étape ?
14:50C'est une nouvelle étape
14:51parce que personne ne sait
14:52si Michel Barnier arrivera à tenir.
14:55C'est peut-être une question
14:56de semaine au gouvernement.
14:58Il est aussi très habile,
14:59il a su négocier
15:00quand il était au Brexit
15:01avec des forces politiques
15:03très différentes.
15:04Donc, peut-être qu'il y arrivera.
15:05Mais ça, personne n'a
15:06la fin de l'histoire.
15:07Et donc, de toute façon,
15:09la seule chose qu'on sait,
15:10c'est qu'on a 7 assemblées
15:11jusqu'à juillet 2025
15:12puisque le chef de l'État
15:13ne peut pas dissoudre
15:15une deuxième fois
15:16avant la fin de cette première année.
15:18Donc, pas de nouvelle élection
15:19avant juillet 2025.
15:21Mais en revanche,
15:21on peut avoir un nouveau Premier ministre.
15:23Bien sûr,
15:23on peut avoir une succession
15:25de gouvernements,
15:26une succession de premiers ministres
15:27avec des premiers ministres
15:28à la fois techniques
15:29ou politiques.
15:30Et on peut avoir une instabilité
15:32comme on l'a connu
15:33sur la Quatrième République.
15:34La prochaine élection présidentielle
15:36est prévue dans trois ans,
15:38en 2027.
15:39Emmanuel Macron est un président
15:40affaibli aujourd'hui ?
15:42Oui, clairement,
15:43il n'a pas de majorité.
15:44Le bloc central
15:46qui est censé le soutenir
15:47est de plus en plus divisé
15:49et le conteste.
15:50La dissolution,
15:52ces 53 derniers jours,
15:53avec beaucoup d'hésitation,
15:55de tergiversation,
15:55ont laissé des traces,
15:57même en Macronie.
15:59Et Edouard Philippe,
15:59dans une interview au Point,
16:01n'hésite plus
16:01à poser sur la table
16:03la question
16:03d'une présidentielle anticipée.
16:06Ça veut dire
16:06que même l'ancien Premier ministre
16:07théorise le fait
16:08que le chef de l'État
16:09pourrait ne pas aller
16:10jusqu'au bout de son mandat.
16:12Donc,
16:13cette petite musique,
16:15on l'entend de plus en plus.
16:16On l'entend aussi
16:17chez des soutiens
16:17d'Emmanuel Macron.
16:18Lui, à ce stade,
16:20n'a pas du tout
16:21l'intention de démissionner.
16:22Mais c'est les prochains mois
16:24qui diront
16:24s'il peut garder le pouvoir
16:26jusqu'à 2027.
16:34Merci Marion Mourgue.
16:35Toute l'actualité politique
16:36est à suivre en direct
16:38sur leparisien.fr.
16:40Cet épisode de Code Source
16:41a été produit par
16:42Raphaël Pueillot
16:43et Barbara Agoui.
16:44Réalisation,
16:45Julien Moncouquiol.
16:46Code Source
16:47est le podcast
16:47d'actualité du Parisien.
16:49Nous publions
16:49un nouvel épisode
16:50chaque soir de la semaine
16:51du lundi au vendredi.
16:53Et puis,
16:53n'oubliez pas
16:54le deuxième podcast
16:55du Parisien,
16:56Crime Story.
16:57Chaque samedi,
16:58une grande affaire criminelle
16:59racontée par
16:59Claudia Prolongeau
17:00avec Damien Delsenie,
17:02le chef du service
17:03police-justice du Parisien.
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