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Le budget de l’État pour l’année prochaine doit être examiné cet automne par le Parlement. Mais le dérapage des finances publiques et l’instabilité politique viennent compliquer la tâche du nouveau gouvernement Barnier. Cet épisode de Code source est raconté par Marcelo Wesfreid, journaliste au service politique du Parisien, et par deux journalistes du service économie, Erwan Benezet et Vincent Vérier.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Raphaël Pueyo et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : BFMTV, France 24

#budget2025 #gouvernement #finance

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le budget 2025 au cœur de l'actualité.
00:15Une assemblée sans majorité, un gouvernement nommé le 21 septembre,
00:20c'est-à-dire 11 jours avant la date limite pour déposer le projet de loi de finances à l
00:24'Assemblée, le 1er octobre.
00:26A cela s'ajoute un déficit public en augmentation et des dizaines de milliards d'euros d'économies annoncées,
00:32autant d'éléments qui font du budget de l'État français pour l'année prochaine le principal sujet politique et
00:39économique de cette rentrée.
00:40Que se passera-t-il si le budget n'est pas voté à l'Assemblée fin décembre ?
00:45Y a-t-il un risque que le pays ne puisse plus payer ses fonctionnaires comme c'est parfois le
00:49cas aux États-Unis ?
00:51Élément de réponse dans Codesources aujourd'hui avec trois journalistes du Parisien,
00:55Erwann Benezé et Vincent Verrier du service Économie et Marcel Ovest-Fred du service politique.
01:06Aux États-Unis, un shutdown, c'est l'arrêt des activités gouvernementales,
01:10une fermeture des services de l'État américain quand le Parlement, le Congrès,
01:14ne parvient pas à voter le budget de l'État fédéral.
01:17Le dernier shutdown a été le plus long de l'histoire, 34 jours en décembre 2018 et janvier 2019,
01:25sous la présidence de Donald Trump.
01:28A première vue, le shutdown n'affecte pas vraiment la vie des Washingtoniens.
01:32Mais tout ne va pas bien pour autant.
01:34Les musées sont fermés, coup dur pour les touristes.
01:37Et devant le Capitole, hier matin, une manifestation de fonctionnaires.
01:41Une partie de l'administration fédérale est à l'arrêt.
01:43800 000 fonctionnaires au chômage technique ou non rémunéré.
01:47La faute au bras de fer qui oppose la Maison Blanche à ses opposants.
01:50Avant d'en venir au budget 2025 en France et ce qu'il pourrait se passer en décembre
01:55sur ce risque éventuel d'un shutdown à la française,
01:59on va résumer ce qu'il s'est passé sur le sujet ces derniers mois.
02:03Erwann Benezé, le 26 juillet, l'Europe a lancé contre 7 États membres, dont la France,
02:08une procédure pour déficit excessif.
02:11Il faut se souvenir que ces dernières années, avec la crise Covid, avec la crise de l'énergie,
02:16l'Europe avait assoupli ses règles budgétaires.
02:18Aujourd'hui, elle demande à ses 27 États membres de revenir à une vraie orthodoxie
02:22et notamment de revenir en dessous des 3% de déficit par rapport aux produits intérieurs bruts, le fameux PIB.
02:30Vincent Verrier, avant même cette annonce, ces derniers mois, le gouvernement français a promis
02:35plusieurs dizaines de milliards d'euros d'économies supplémentaires.
02:38Oui, parce que l'année 2024 a été une année horrible, les comptes sont au rouge.
02:42Il faut savoir que la croissance qui était prévue pour 2024 était au départ établie à 1,4%,
02:47finalement ça sera 1%, donc qui dit moins de croissance dit moins de recettes,
02:50donc il faut tailler dans les dépenses.
02:52Donc on a une première baisse qui est annoncée au mois de février,
02:54puis on se rend compte qu'au printemps, les comptes ne sont toujours pas revenus au vert,
02:57bien au contraire, puisqu'on s'aperçoit aussi que le déficit budgétaire de 2023 est conséquent,
03:03puisqu'on prévoyait un déficit de 4,9%, finalement ça sera 5,5%.
03:07Donc on annonce 10 milliards supplémentaires, et puis arrive l'été,
03:10et l'été on voit encore que les comptes plongent dans le rouge,
03:14et qu'il faut prendre des nouvelles mesures correctives.
03:17Cette procédure intervient dans un contexte de crise politique en France,
03:20suite à la dissolution de l'Assemblée, décidée le 9 juin par le président Emmanuel Macron,
03:25et après les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet,
03:30l'Assemblée nationale est divisée, aucun parti n'a la majorité absolue,
03:34l'Alliance de la gauche a 193 députés, le RN de Marine Le Pen 126 députés,
03:41le parti d'Emmanuel Macron en a 99,
03:44150 en comptant ses alliés du MoDem notamment,
03:4747 élus pour les Républicains.
03:49Cela va avoir des conséquences sur le vote du budget de l'État pour 2025.
03:53D'abord, Erwann Bénézé, quel est le calendrier habituel,
03:57les 3 ou 4 principales étapes du vote du budget ?
03:59Ce qu'on ne sait pas toujours, c'est que ça ne démarre pas au mois de septembre,
04:03tout au long de l'année, à partir du printemps,
04:06il y a différents jalons, il y a une première lettre par exemple
04:08qui est envoyée par Matignon au ministère,
04:10c'est généralement en mars ou en avril,
04:12ce qu'on appelle une lettre de cadrage,
04:13qui définit les grandes orientations de politique économique pour le prochain exercice.
04:17Puis ensuite, il y a tout un tas d'arbitrages,
04:19chaque ministre défend son budget,
04:21c'est parfois même un peu la foire d'empoigne.
04:23Puis avant de l'été, les administrations de Bercy,
04:25ils peaufinent les grandes lignes.
04:26Au mois de juin, il y a ces fameuses lettres plafond
04:29qui sont envoyées au ministère
04:31et qui définissent les limites des budgets.
04:34Ensuite, à la rentrée,
04:36c'est là que tout s'accélère.
04:38Officiellement, le premier mardi du mois d'octobre,
04:40qui tombe cette année le 1er octobre,
04:42doit débuter l'étude du projet de loi de finances,
04:46ou le PLF,
04:46au Parlement,
04:47pour être étudié tour à tour par l'Assemblée nationale,
04:50par le Sénat,
04:50pendant 70 jours,
04:52avant d'être voté,
04:53et pour être effectif au 1er janvier de l'année suivante.
04:55Vincent Verrier,
04:56pendant l'été,
04:56les services du ministre de l'Économie,
04:58démissionnaire Bruno Le Maire,
05:00préparent malgré tout le budget 2025, c'est ça ?
05:03Oui, puisqu'ils ne souhaitent pas
05:03que le nouveau gouvernement se retrouve face à une page blanche.
05:06Donc, ils esquissent un budget.
05:08Alors, ils ne peuvent pas faire n'importe quoi.
05:09Il n'est pas question de préempter ce pouvoir
05:12au futur gouvernement de fabriquer un budget.
05:14Donc, ils se contentent de reproduire
05:16le budget qui a été fabriqué en 2024,
05:19à l'identique,
05:19ce qui signifie qu'on aura la même quantité de dépenses.
05:22Donc, c'est 492 milliards d'euros.
05:25Sauf que,
05:25la difficulté, c'est qu'en reproduisant le même budget
05:28qu'en 2024 pour 2025,
05:31comme il y a eu l'inflation,
05:33ça veut dire que
05:34vous disposez de moins d'argent
05:35pour faire les mêmes choses.
05:37Puisque les choses coûtent plus cher.
05:39Donc, il faut que le gouvernement trouve
05:41l'équivalent de 10 milliards d'économies.
05:43C'est-à-dire qu'il y aura pour 10 milliards de dépenses
05:45que vous ne pouvez pas faire
05:46parce que les prix ont augmenté.
05:47D'un mot, quand on parle du budget 2025,
05:50c'est le budget de quoi ?
05:51Quand on dit qu'on va voter le budget de l'État,
05:52ça veut dire qu'on va voter l'ensemble des dépenses
05:55que l'État va être amené à faire.
05:57Donc, ça concerne à la fois
05:58celles réalisées à travers les ministères,
06:01le ministère de la Défense,
06:02le ministère de l'Éducation nationale,
06:03mais également celles des administrations,
06:05comme par exemple Météo France,
06:06comme par exemple la BPI.
06:09L'État dispose de beaucoup d'administrations.
06:11À travers son budget,
06:12l'État finance aussi ses hôpitaux,
06:14mais également la sécurité sociale.
06:15La sécurité sociale fait partie des budgets
06:17qui sont dans le rouge
06:18et pour lesquels les députés
06:19vont devoir trouver des économies.
06:20Le 4 septembre, dans le Parisien,
06:22le député centriste,
06:23membre du groupe Liotte,
06:24à l'Assemblée, Charles Lecourson,
06:26qui est le rapporteur général du budget,
06:28est alarmiste.
06:29Que dit-il en résumé ?
06:30Bercy lui a envoyé des notes
06:31de la Direction générale du Trésor
06:34qui expliquent concrètement
06:35que les recettes fiscales
06:36vont être moins bonnes que prévues.
06:38Il faut savoir que ça fait partie
06:40du travail de Bercy
06:41de vérifier comment rentre l'argent.
06:43Et là, on s'aperçoit que
06:45l'impôt sur le revenu
06:46a rapporté moins que prévu,
06:47que la TVA a rapporté moins que prévu,
06:49ce qui signifie que les Français
06:49ont moins consommé.
06:51Et surtout, on s'aperçoit
06:52que les collectivités locales,
06:54elles, ont plus dépensé.
06:55Donc, on se retrouve avec un énorme trou.
06:57Et donc là, on avait prévu normalement,
06:59tout au départ,
07:00un déficit budgétaire pour 2025
07:02de 4,9%.
07:03Finalement, on le remonte
07:05à 5,1% au printemps.
07:07Et là, on annonce 5,5%
07:08à la sortie de l'été.
07:10Et là, les dernières prévisions
07:11laissent présager
07:12un déficit de plus de 6%
07:15pour 2024.
07:16Donc, ce qui veut dire
07:17que pour conclure le budget 2024,
07:19il faudra trouver
07:20de l'ordre d'une vingtaine,
07:21trentaine de milliards d'euros.
07:22Et sur le calendrier,
07:24il est alarmiste aussi ?
07:25Oui, parce que normalement,
07:25tout est bien écrit,
07:26tout est bien organisé
07:27comme une partition de musique.
07:28C'est-à-dire que
07:29vous préparez le budget
07:30un petit peu avant l'été
07:31et vous diffusez auprès du Parlement
07:33qui est chargé de voter le budget
07:34différents documents.
07:35Sauf que là,
07:36en l'absence de gouvernement,
07:37on n'a pas de document budgétaire
07:39ou alors d'une manière parcellaire.
07:41Et c'est extrêmement compliqué
07:42pour un gouvernement démissionnaire
07:43de transmettre au Parlement
07:45un squelette de budget
07:46alors qu'ils ne sont plus
07:47aux responsabilités.
07:49Donc, tant qu'il n'y avait pas
07:50de gouvernement,
07:51on n'avait pas de document budgétaire
07:52donc pas de document
07:53sur lequel le Parlement
07:53pouvait travailler.
07:55Et donc là,
07:55on se retrouve dans une situation
07:57contrainte
07:57puisque normalement,
07:59il est prévu par la Constitution
08:00que le Parlement
08:02discute du budget
08:03dans un délai de 70 jours.
08:04Sauf que plus on avance
08:05vers la fin de l'année,
08:06plus c'est 70 jours,
08:07on aura du mal
08:07à les respecter.
08:08Le lendemain,
08:09l'ancien ministre
08:10et ancien commissaire européen
08:11Michel Barnier,
08:1373 ans,
08:14est nommé
08:14Premier ministre.
08:15Mais la préparation
08:17de son gouvernement
08:17va prendre plus de deux semaines.
08:19Sur le fond,
08:20plusieurs pistes
08:21d'économie potentielle
08:22sont évoquées,
08:23notamment des augmentations
08:24d'impôts.
08:25Michel Barnier
08:26en parle le vendredi 6 septembre
08:28au 20h de TF1.
08:29Il a cette phrase,
08:30il dit
08:31« Je ne m'interdis pas
08:32de plus grande justice fiscale. »
08:34C'est assez flou,
08:35à l'Assemblée nationale,
08:36tout le monde y va
08:36de ces hypothèses,
08:38mais en fait,
08:38en gros,
08:39ça touche deux cibles.
08:41Un,
08:41les ménages les plus aisés,
08:42les plus riches,
08:43et puis deux,
08:43les grands groupes
08:44qui ont pu réaliser
08:46les super profits.
08:47Parmi les pistes
08:47d'économie envisagées,
08:48Vincent Verrier,
08:49il y a les aides
08:50aux entreprises
08:51pour l'apprentissage.
08:52Oui,
08:52puisqu'on a depuis quelques années
08:53une politique assez agressive
08:54de la part de l'État
08:55pour lancer ce moyen
08:56de se former,
08:57qui fonctionne bien,
08:58puisque ça permet à un jeune
08:59de s'insérer dans une entreprise
09:00à travers l'apprentissage.
09:02Sauf que la politique monnaie
09:03coûte cher.
09:04On a parfois des primes
09:05à l'embauche d'un apprenti
09:06de plus de 6 000 euros.
09:08Donc là,
09:08le gouvernement réfléchit
09:09à couper un petit peu
09:10ce dispositif
09:11sans l'éteindre complètement.
09:13Et l'idée,
09:13c'est de l'éteindre
09:14plus sur les apprentis diplômés.
09:16Donc,
09:17vous avez des ingénieurs,
09:18vous avez des normaliens
09:18qui peuvent parfois
09:19passer par cette filière.
09:20L'idée,
09:21c'est de se dire que
09:22généralement,
09:23les étudiants
09:24très bien diplômés
09:25ont moins de difficultés
09:26que les autres
09:26pourraient être insérés
09:27dans la vie active.
09:28Donc,
09:28on va peut-être limiter
09:29les aides pour cette
09:30tranche de population.
09:34Marcel Ovest-Fred,
09:35le mardi 17 septembre,
09:37le député LFI
09:38Éric Coquerel,
09:39qui est président
09:39de la commission des finances
09:40de l'Assemblée,
09:41et Charles de Courson,
09:42le député dont on vient
09:43de parler,
09:44le rapporteur général
09:45du budget,
09:46se déplacent
09:47tous les deux
09:47à Matignon.
09:48Ils réclament
09:49des documents nécessaires
09:50pour préparer
09:51l'examen du budget
09:53à l'Assemblée.
09:54Ils réclament
09:54ce qu'on appelle
09:55des lettres plafond.
09:56Ces lettres plafond,
09:57ce sont des documents
09:58que Matignon envoie
09:59tous les ans
10:00aux différents ministères
10:01pour leur dire
10:02quelles sont les dépenses,
10:03le plafond des dépenses
10:04qu'ils pourront utiliser
10:05dans l'année qui suit.
10:06Ça permet
10:07de concrétiser
10:08les économies à faire
10:09département par département,
10:11ministère par ministère,
10:12mission par mission.
10:13Ces deux personnages
10:15ont le droit
10:15d'aller à Bercy,
10:16ils ont le droit
10:17d'aller à Matignon,
10:18leurs prédécesseurs
10:18l'ont fait,
10:19pour demander,
10:21pour examiner
10:21sur pièce
10:22des documents.
10:23normalement,
10:24l'administration
10:24est tenue
10:25de leur donner,
10:25c'est la règle.
10:26Là,
10:27cette fois-ci,
10:27ni Bercy,
10:28ni Matignon
10:28ne leur donnent.
10:30Pourquoi ?
10:30Parce qu'ils estiment
10:31qu'ils sont face
10:33à une opération
10:33de communication
10:34et c'est vrai
10:35que ces deux personnages
10:36ont convoqué la presse
10:38et arrivent devant Matignon
10:40alors que toutes les chaînes
10:41d'infos
10:41sont en direct.
10:42L'idée,
10:43c'est de montrer
10:43qu'on est en retard,
10:44c'est ça ?
10:45L'idée est double,
10:46de montrer d'abord
10:47qu'on est en retard,
10:48sous-entendu
10:48qu'a fait Emmanuel Macron
10:49pendant tout l'été,
10:50il aurait pu nommer
10:51un gouvernement avant
10:51et la deuxième raison,
10:54c'est de montrer
10:54que les économies
10:56vont être importantes
10:57et en tout cas
10:58pour Éric Coquerel
10:59de dénoncer
10:59un budget austéritaire,
11:01je le cite.
11:02Après 16 jours
11:03de consultation,
11:04le gouvernement
11:05de Michel Barnier
11:05est finalement dévoilé
11:06le samedi 21 septembre.
11:09Le nouveau ministre
11:10de l'économie
11:10est un député
11:11macroniste de 33 ans,
11:13Antoine Armand,
11:14un haut fonctionnaire
11:15qui a fait l'ENA,
11:16il est inspecteur
11:17des finances,
11:18Erwan Bénézé,
11:19on imagine
11:20qu'il planche immédiatement
11:21sur le budget 2025 ?
11:22C'est la grande priorité
11:24de la rentrée,
11:25ça ne fait aucun doute.
11:26Avant son départ,
11:27Bruno Le Maire
11:27lui a laissé sur la table
11:28une version de travail
11:29du budget,
11:30d'ailleurs qu'on appelle
11:30un budget réversible.
11:32En clair,
11:32il peut en faire ce qu'il veut,
11:33le garder en l'état
11:34ou complètement l'amender,
11:35mais une chose est sûre,
11:36c'est qu'il devra tenir compte
11:37des rapports de force
11:38au Parlement.
11:38On en vient au 25 septembre,
11:40le jour où on enregistre
11:41ensemble cet épisode
11:42de Code Source.
11:43La première étape
11:44pour un budget,
11:45c'est la présentation
11:46au Parlement.
11:47Elle doit se faire
11:48au plus tard cette année,
11:50le mardi 1er octobre.
11:52Concrètement,
11:52est-ce que ce sera le cas ?
11:53Ce ne sera pas le cas,
11:55c'est clair.
11:55Le gouvernement a déjà
11:57laissé entendre
11:58qu'il le présenterait
11:59plutôt aux alentours
12:01du 9 octobre.
12:01Alors,
12:02est-ce que c'est illégal ?
12:03Non.
12:04La Constitution fixe une règle,
12:06c'est qu'il y ait
12:0670 jours de débat.
12:08Ça, c'est l'arrêt constitutionnel.
12:09Après,
12:10en général,
12:11le texte doit être déposé
12:12le 1er octobre.
12:13Mais si on arrive
12:14à avoir quand même
12:1570 jours de débat,
12:16on sera dans les clous
12:17constitutionnels.
12:18Le débat sur le projet
12:19de loi de finances
12:20doit durer 70 jours.
12:21On s'attend à un débat
12:23compliqué,
12:23Erwann Benezé,
12:24vu les positions
12:25des différentes forces politiques
12:27qui sont parfois
12:27très éloignées.
12:29Très schématiquement,
12:29à gauche,
12:30on se dit qu'il faut faire
12:31rentrer plus d'argent,
12:32donc augmenter les impôts.
12:33Et à droite,
12:34il faut surtout
12:35s'attaquer d'abord
12:36aux dépenses.
12:38C'est d'un côté
12:39les administrations,
12:40donc réduire
12:41les dépenses
12:42de fonctionnement
12:42des administrations,
12:43l'État.
12:44Ensuite,
12:45il y a les collectivités
12:46qui sont aujourd'hui
12:47en déficit
12:48pour une majeure partie
12:49d'entre elles.
12:50Et le troisième gros poste
12:51de dépense du pays,
12:52c'est la sécurité sociale,
12:53tous les soins de santé.
12:54Et là aussi,
12:55on pourrait mieux réglementer,
12:57par exemple,
12:57le transport sanitaire
12:58ou d'encadrer
13:00les arrêts maladie
13:01et de créer peut-être
13:02un deuxième,
13:03voire un troisième
13:04jour de carence.
13:05Voilà toutes ces pistes
13:06qui sont à l'étude.
13:07Marcel Ovest-Fred,
13:08que se passe-t-il
13:08si au moment de voter
13:10le budget 2025,
13:11donc au plus tard
13:12fin décembre,
13:12le gouvernement
13:13n'arrive pas à dégager
13:14une majorité à l'Assemblée
13:16et donc que ce budget
13:17n'est pas voté ?
13:18Alors pour ça,
13:18il dispose d'une arme
13:19très efficace
13:20prévue par la Constitution
13:21qui est le 49-3.
13:22Il peut l'utiliser
13:22autant de fois qu'il veut
13:23dans un texte budgétaire.
13:25Mais attention,
13:26qui dit 49-3
13:27dit possibilité
13:28dans la foulée
13:29pour les oppositions
13:30de déposer une motion de censure.
13:31C'est-à-dire que
13:32quand le gouvernement
13:33a recours
13:34à l'article 49-3
13:36de la Constitution,
13:37les députés peuvent
13:38riposter, c'est ça ?
13:39Oui, le 49-3
13:41engage la responsabilité
13:42du gouvernement.
13:43Les groupes d'opposition
13:44peuvent à ce moment-là
13:45déposer une motion de censure
13:46et dans la configuration
13:48qu'on connaît à l'Assemblée,
13:49elle peut tout à fait
13:50être votée
13:51dans une conjonction
13:52de voix
13:53émanant de la gauche
13:54comme de l'extrême droite.
13:55Et si une motion
13:56de censure
13:57du gouvernement
13:57passe et votée
13:58à l'Assemblée,
13:59concrètement,
14:00il se passe quoi ?
14:00À ce moment-là,
14:01très concrètement,
14:02il n'y a plus de gouvernement.
14:03C'est-à-dire que
14:04les ministres,
14:05le Premier ministre,
14:06présente la démission
14:06de son gouvernement.
14:08Et,
14:08effet collatéral,
14:09le texte qui était
14:10en cours d'examen
14:11devient caduc.
14:12Concrètement,
14:13ça voudrait dire
14:13qu'il n'y aurait pas
14:13de budget voté
14:14pour l'année suivante ?
14:15Alors, heureusement,
14:16le droit français
14:17prévoit
14:18quelques alternatives.
14:19Par exemple,
14:20la possibilité
14:22de procéder
14:23par ordonnance
14:24s'il y a bien eu
14:25auparavant
14:26un vrai débat.
14:28Le Parlement a été consulté,
14:29il s'est débattu,
14:30mais ce n'est pas arrivé au bout.
14:32On peut par ordonnance
14:33au moins
14:34reproduire le budget
14:35tel qu'il existait
14:36l'année auparavant
14:37élevé des impôts.
14:38Mais,
14:39c'est une règle
14:40qui n'a encore
14:41jamais été utilisée
14:42et par ailleurs,
14:43certains constitutionnistes,
14:44il y a débat,
14:45estiment qu'on pourrait
14:46se retrouver
14:47dans une situation
14:48à l'américaine
14:49de shutdown,
14:50c'est-à-dire
14:50sans possibilité
14:51de payer
14:52nos fonctionnaires,
14:53par exemple.
14:55Vincent Verrier,
14:56vous êtes d'accord,
14:57il y a un vrai risque
14:57de shutdown à la française ?
14:59Quand on discute
15:00avec les différents parlementaires,
15:01ils s'attendent
15:01véritablement
15:02à une guerre
15:03dans l'hémicycle,
15:03c'est-à-dire que
15:04chacun va essayer
15:05de montrer ses positions
15:06après,
15:08chacun en offre
15:09explique que
15:10de là à ne pas doter
15:11la France
15:12d'un budget,
15:13pour l'instant,
15:14je n'en ai pas entendu
15:15un seul me dire
15:16on fera en sorte
15:17que la France
15:17n'ait pas de budget,
15:18ça je ne l'ai jamais entendu.
15:19En revanche,
15:20qu'il y ait possiblement
15:21une censure du gouvernement,
15:23en revanche,
15:23que ça va batailler dur
15:24sur les bancs
15:25de l'Assemblée nationale,
15:26oui,
15:26mais priver la France
15:27d'un budget,
15:28ça non,
15:29je ne l'ai pas entendu.
15:29Marcel Ovest-Fred,
15:30ce vote du budget 2025,
15:32c'est la première épreuve
15:34pour le gouvernement,
15:35le premier test
15:36pour essayer de comprendre
15:37la crise politique
15:38que traverse la France ?
15:39Le budget,
15:40c'est vraiment
15:41l'épreuve
15:42la plus difficile
15:43à surmonter
15:44pour le gouvernement,
15:44mais attention,
15:45il y en aura d'autres
15:46avant,
15:47les oppositions
15:48peuvent déposer
15:49des motions de censure.
15:51Après la déclaration
15:53politique générale
15:54du 1er octobre,
15:55des partis politiques
15:56ont déjà annoncé
15:57qu'elles le feraient,
15:58notamment le Parti Socialiste,
15:59il faut à ce moment-là
16:00une majorité
16:01de députés présents
16:03dans l'hémicycle
16:03pour pouvoir renverser
16:04le gouvernement
16:05et le gouvernement
16:06peut tomber
16:06à n'importe quel moment
16:08d'ici à la fin décembre.
16:17Merci à Erwann Bénezé,
16:19Vincent Verrier
16:20et Marcelo Vestfred.
16:22Toute l'actualité éco
16:23et politique
16:24est à suivre
16:24en temps réel
16:25sur leparisien.fr,
16:27code source
16:28et le podcast quotidien
16:29d'actualité du Parisien.
16:30Cet épisode a été produit
16:32par Raphaël Pruéot
16:33et Clara Gardien-Amouroux,
16:35réalisation
16:36Julien Moncouquiol.
16:37N'oubliez pas
16:38le deuxième podcast
16:39du Parisien,
16:40Crime Story,
16:41chaque samedi
16:42une grande affaire criminelle,
16:43raconté par Claudia Prolongeau
16:45avec Damien Delsenie,
16:46le chef du service
16:47police-justice du Parisien.
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