- il y a 12 heures
La nomination de l’ancien Premier ministre de François Hollande, comme ministre aux Outre-mer du nouveau gouvernement a suscité la surprise lundi 23 décembre. Les critiques à gauche ne sont pas faites attendre. Marcelo Wesfreid, chef-adjoint au service politique du Parisien, retrace dans cet épisode de Code Source le parcours politique riche en rebondissements du ministre d’Etat de 62 ans, nommé à Matignon il y a plus de dix ans.
Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Pénélope Gualchierotti, et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network -
Archives : INA, BFMTV, France Inter.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11C'est le nom qui a le plus fait réagir quand le Premier ministre François Bayrou a dévoilé son gouvernement
00:17le 23 décembre.
00:18Celui de l'ancien Premier ministre de François Hollande, Manuel Valls, 62 ans, au poste de ministre des Outre-mer.
00:26Réaction très virulente à gauche, où Manuel Valls est considéré comme un traître depuis son ralliement à Emmanuel Macron en
00:33mars 2017,
00:34alors qu'il venait de participer à la primaire socialiste, le secrétaire général du PS Pierre Jouvet l'a par
00:40exemple qualifié de « riser pour la France entière ».
00:44Qui est Manuel Valls ? Quel a été son parcours politique ? Pourquoi son entrée au gouvernement a été autant
00:50critiquée à gauche ?
00:51Réponse aujourd'hui dans Codesources avec Marcel Ovest-Fred du service politique du Parisien.
01:04Monsieur Manuel Valls, ministre d'État, ministre des Outre-mer.
01:09Manuel Valls est nommé par François Bayrou ministre des Outre-mer juste avant Noël, le lundi 23 décembre.
01:15Marcel Ovest-Fred, ça entraîne des réactions parfois très virulentes à gauche.
01:19Oui, oui, il est vu comme un traître, certains disent c'est la lousse, c'est pas possible, il n
01:23'est pas de gauche.
01:24Il y a même un député qui dit non, moi j'avais lancé son nom, mais en rigolant c'était
01:28une blague pour dire qu'effectivement il pouvait aller chercher quelqu'un comme Manuel Valls.
01:32En fait c'est une levée de bouclier, il est vraiment vu comme un paria à gauche.
01:36Monsieur le ministre, cher François Noël Buffet, mesdames, messieurs, mes premiers mots sont, et vous le comprendrez, pour Mayotte et
01:46pour les Mahorais.
01:48Alors pour comprendre pourquoi cette nomination a autant fait parler et pourquoi les réactions à gauche ont parfois été très
01:54dures,
01:54On va résumer aujourd'hui qui est Manuel Valls, quel a été son parcours politique.
01:59Manuel Valls est le père de quatre enfants, il est divorcé et remarié, il est né le 13 août 1962
02:05en Espagne, à Barcelone.
02:07Il grandit à Paris.
02:08Marcel Ovest-Fred, qu'est-ce qu'on sait de son enfance et de son milieu ?
02:11Alors il naît dans une famille d'artistes, en tout cas qui fréquente beaucoup d'artistes, le papa est peintre
02:17catalan,
02:18il grandit dans une maison qui est au cœur de Paris, il y a des écrivains, des artistes qui passent
02:22tout le temps,
02:22ils baignent dans cette ambiance-là, c'est une famille dont le grand-père était banquier, l'arrière-grand-père
02:29aussi,
02:29il y a aussi un membre de la famille qui a créé l'hymne du Barça, on est des fervents
02:35supporters du Barça dans cette famille,
02:37on aime le ballon rond, et il grandit dans cette ambiance-là qui est assez éloignée de la politique.
02:42Manuel Valls prend la nationalité française en 1982, quand il a 20 ans,
02:47et à ce moment-là il a déjà sa carte au mouvement des jeunes socialistes depuis deux ans,
02:52et pendant ses études il fait des rencontres qui seront importantes pour la suite de sa carrière.
02:56Oui, alors son parcours politique, il débute à la fac, à la fac de Tolbiac, où il fait des études
03:00de droit,
03:01et il rencontre à ce moment-là deux personnes qui vont être ses amis, ses compagnons de route toute la
03:05vie,
03:06Stéphane Fuchs, qui deviendra l'un des papes de la communication,
03:09et Alain Bauer, le futur criminologue très connu aussi,
03:12et c'est avec eux qu'il commence en politique dans les cercles rocardiens.
03:16L'idée à ce moment-là c'est de lancer, soutenir Michel Rocard contre, à l'époque, François Mitterrand,
03:23et c'est dans ce contexte-là qu'il fait ses premières armes.
03:26Il va être conseiller aux affaires étudiantes de Michel Rocard,
03:29quand celui-ci est Premier ministre entre 1988 et 1991.
03:34Il sera aussi conseiller en communication du Premier ministre Lionel Jospin à partir de 1997.
03:41Il est conseiller régional d'Île-de-France depuis 1986.
03:45Et en 2001, Marcel Ovest-Fred, il se fait élire maire d'Evry dans l'Essonne.
03:50À partir de là, il se fait remarquer en tant qu'élu de terrain.
03:53Alors il faut rappeler qu'il tente d'abord sa chance dans le Val-d'Oise, à Argenteuil,
03:57il essaye de s'implanter, il n'y arrive pas, et il va ensuite à Evry.
04:00Et là, en revanche, il réussit à devenir maire, et il va s'implanter,
04:04il va se faire une réputation de maire de terrain énergique.
04:08Il met en place des caméras de surveillance, la police municipale, il la renforce.
04:13Il met en place un certain nombre d'éléments qui vont constituer ensuite son identité,
04:17et sa base électorale, où il sera réélu pendant un certain nombre d'années.
04:20En octobre 2011, Manuel Valls participe à la primaire socialiste en vue de la présidentielle 2012.
04:26Les principaux candidats sont François Hollande et la maire de Lille, Martine Aubry,
04:30qui vont se qualifier pour le second tour.
04:32Lui est éliminé au premier tour, il termine dernier.
04:36Oui, c'est un énorme échec, d'autant qu'il avait, les années précédentes,
04:40cultivé un discours qui lui permettait d'être assez présent dans les médias,
04:44qui était un discours appelant à une rénovation du Parti Socialiste,
04:47il voulait même changer le nom du Parti Socialiste, on l'entendait beaucoup.
04:51Et donc ce 5%, parce qu'il fera 5% seulement, est un terrible échec.
04:55Et pourtant, et c'est là un trait qu'on retrouvera beaucoup dans sa carrière,
04:59il arrive à rebondir très vite, puisqu'il va tout de suite se rallier à François Hollande.
05:04Bonne pioche, puisque François Hollande deviendra président de la République.
05:07Et il va rentrer dans l'équipe de campagne de François Hollande pour gérer sa communication.
05:13Marcel Ovest-Fred, en mai 2012, quand François Hollande est élu président,
05:17Manuel Valls est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
05:21Pourquoi ce choix ?
05:22C'est un élu de terrain, c'est quelqu'un qui a évri à incarner un discours plutôt de fermeté.
05:27Il ne fait pas partie de ces socialistes qu'on a pu taxer d'angélisme sur ces questions régaliennes.
05:32Et puis surtout, il a su se rendre indispensable auprès du nouveau chef de l'État.
05:36Et c'est comme ça qu'il se retrouve ministre de l'Intérieur,
05:39et qu'il va se faire pendant deux ans un nom.
05:42En mars 2014, après la défaite de la gauche municipale,
05:46Jean-Marc Ayrault démissionne et François Hollande nomme Manuel Valls Premier ministre.
05:51Cher Manuel, une nouvelle étape commence.
05:54Le président de la République a décidé de vous nommer Premier ministre.
05:59Il a 51 ans.
06:00Pour Manuel Valls, c'est une consécration.
06:02C'est quelqu'un qui n'a fait que de la politique toute sa vie,
06:04qui a des ambitions.
06:05Il ne s'en cache pas.
06:06Il s'est présenté à la primaire, c'est-à-dire qu'il avait des ambitions présidentielles.
06:10Il va les affirmer au fil du temps, d'autant qu'à l'intérieur, ça se passe bien.
06:14Donc, il se sent pousser des ailes.
06:16Il se dit qu'à Matignon, ça va être l'étape vers l'Élysée.
06:20Mais ça ne se passe pas comme prévu.
06:22C'est plus difficile.
06:23Et il va reconnaître, là, les premières résistances.
06:26Mais il veut incarner le renouveau de la gauche.
06:30Et il a, à ce moment-là, des ambitions de plus en plus affirmées.
06:33Quelques mois plus tard, au mois d'août 2014, il y a un remaniement ministériel.
06:37Un ancien banquier d'affaires est nommé ministre de l'économie.
06:41Un certain Emmanuel Macron, qui a 15 ans de moins que lui.
06:45À l'époque, Emmanuel Macron est inconnu du grand public.
06:47Il a juste été secrétaire général adjoint de l'Élysée.
06:50Sauf qu'il faut remplacer Arnaud Montebourg, qui s'est fait virer.
06:53Et à ce moment-là, Emmanuel Valls a l'idée d'enrôler ce jeune conseiller brillant, qui connaît très bien
07:01François Hollande.
07:02Et de donner un peu de modernité à son gouvernement.
07:05Il enrôle à ce moment-là Emmanuel Macron.
07:07Ils deviennent très vite, tous les deux, rivaux.
07:09Très rapidement, la rivalité s'installe parce que la modernité que voulait incarner Emmanuel Valls,
07:16c'est Emmanuel Macron qui va essayer de l'incarner.
07:19Et quelque part, au fil des mois, elle va ringardiser ce Premier ministre qui se voulait l'homme de la
07:25rupture, de la nouveauté.
07:26Et on a un Emmanuel Macron qui utilise finalement les mêmes outils.
07:31Il est omniprésent sur l'économie.
07:34Il se montre social-libéral, ce qui était le positionnement de Emmanuel Valls.
07:38Et là où le Premier ministre se durcit dans l'exercice du pouvoir,
07:42Emmanuel Macron va se montrer quelqu'un de souriant, de rond, prêt au compromis.
07:46Les deux personnages commencent à s'opposer dans l'opinion publique.
07:50La cote de popularité du Premier ministre s'effondre pendant que celle du jeune ministre de l'économie s'envole.
07:57En 2016, le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, défend une loi sur le travail
08:01dont le but est d'améliorer la compétitivité des entreprises.
08:05Mais Emmanuel Valls, en tant que Premier ministre, décide de faire passer le texte sans vote
08:09avec l'article 49.3 de la Constitution.
08:12Mesdames et Messieurs les députés, en application de l'article 49,
08:18alinéa 3 de la Constitution, j'ai donc décidé d'engager la responsabilité du gouvernement.
08:25Emmanuel Macron le vit très mal. Pourquoi ?
08:28Parce que le ministre de l'économie passe ses jours et ses nuits à l'Assemblée nationale.
08:32Il tente des deals, y compris avec les communistes.
08:35Il se dit qu'il peut faire passer cette loi.
08:37Et puis, il commence à avoir des ambitions présidentielles et il veut faire de cette loi
08:42une sorte de vitrine de sa façon de fonctionner, une sorte d'anti-valse dans la méthode.
08:49Et le Premier ministre n'est pas dupe, il voit bien la manœuvre.
08:52Et donc, quelque part, il s'aborde un petit peu cette manœuvre en prenant la loi
08:57et en la faisant passer au 49.3, dans un passage en force.
09:01C'est une énorme frustration pour Emmanuel Macron qui voulait en faire une victoire politique.
09:05Et puis, c'est vraiment le début d'une rupture entre les deux hommes.
09:09Et d'un mot, à ce moment-là, Emmanuel Valls critique presque ouvertement Emmanuel Macron.
09:13Oui, ce qui était une rivalité devient une animosité.
09:17Et là où on devait avoir une loi Macron 2, une loi croissance 2,
09:21Emmanuel Valls décide de ranger ce projet
09:24et de faire ce qu'on appellera la loi El Khomri, la loi travail,
09:28qui elle aussi passera par le 49.3.
09:35Emmanuel Valls est en responsabilité à Matignon pendant les attentats de 2015,
09:40attentats contre Charlie Hebdo le 7 janvier,
09:42puis les attentats de Paris et Saint-Denis le 13 novembre.
09:45Les questions de laïcité divisent la gauche.
09:49À cette période, Marcel Ovest-Fred, le Premier ministre Valls,
09:52avance l'idée qu'il y a deux gauches irréconciliables.
09:55De quoi est-ce qu'il s'agit ?
09:56Emmanuel Valls est le premier à théoriser l'idée que la gauche,
09:59qui pouvait apparaître comme un bloc,
10:00est traversée par une fracture qui n'est pas seulement sur les questions économiques,
10:05le collectivisme, la société de marché, etc.
10:08Non, elle est traversée aussi par un clivage, un divorce sur la question des valeurs
10:12et notamment de la laïcité.
10:15Il va dénoncer l'islamo-gauchisme,
10:18qui est à l'époque un terme assez nouveau,
10:19pour dénoncer, selon lui, le mariage d'une partie de la gauche
10:23avec l'islamisme, avec une sorte de clientélisme des quartiers.
10:28Et cette théorie, qui est au début assez minoritaire,
10:32elle va finalement être assez centrale dans le débat public.
10:35Toujours à cette période, en 2016,
10:37alors que le mandat de François Hollande va s'achever en 2017,
10:40Manuel Valls conseille au président de ne pas se représenter.
10:44En août 2016, pareil, un livre qui va avoir une répercussion majeure,
10:48qui est un livre de deux journalistes du monde,
10:50Un président ne devrait pas dire ça,
10:51dans lequel on découvre que le chef de l'État
10:54a parlé pendant des mois et des mois avec deux journalistes,
10:57y compris en publiant des documents secrets défense.
11:00C'est quelque chose qui va choquer énormément Manuel Valls,
11:02qui en parle encore aujourd'hui.
11:04Et ça crée une rupture, cette fois-ci,
11:07entre le chef de l'État et son Premier ministre,
11:09qui se dit que le chef de l'État n'est pas en mesure de se représenter.
11:13Il est très bas dans les sondages.
11:15Et surtout, il y a une divergence sur la façon d'incarner cette fonction.
11:19Et c'est à ce moment-là que se précise dans la tête du Premier ministre
11:24le projet de se présenter lui-même à l'élection suprême.
11:27Mes chers compatriotes,
11:29je m'adresse à vous ce soir
11:31pour vous faire connaître la décision que j'ai prise
11:34dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.
11:37J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle.
11:42Quelques semaines après cette annonce surprise,
11:45Manuel Valls participe à la primaire socialiste
11:47en vue de la présidentielle 2017, nouvel échec.
11:50Il perd au second tour le 29 janvier 2017
11:53face à Benoît Hamon, qui a une ligne beaucoup plus à gauche que lui.
11:57C'est un fiasco, cette campagne de la primaire.
11:59D'abord, il arrive sans programme,
12:02ce qui peut paraître étonnant pour quelqu'un
12:03qui, depuis des années, avait voulu incarner
12:05une sorte de renouveau, de rupture par rapport au Parti Socialiste.
12:09Sa campagne est un vrai chemin de croix.
12:11Il est assez impopulaire.
12:12Ça ne se passe pas bien.
12:13Les salles ne sont pas remplies.
12:14Il est sifflé dans les meetings.
12:16Il reçoit un jet de farine à Strasbourg.
12:19Il reçoit même une gifle lors d'un déplacement.
12:21Tout ça tourne en boucle sur les réseaux sociaux.
12:23Et au final, c'est un échec.
12:25La mise en scène ne trompe personne.
12:28La poignée de main est courte.
12:30Visage figé de Manuel Valls,
12:32comme de Benoît Hamon.
12:34L'image est censée symboliser la réconciliation
12:37entre les deux gauches.
12:39Elle raconte tout le contraire.
12:41Il est battu à plate couture.
12:44Benoît Hamon fait quasiment 60% des voix au second tour
12:47sur une ligne très divergente de la sienne.
12:50Et surtout, le règlement de la primaire
12:54incluait le fait de soutenir celui qui serait le vainqueur.
12:57Or, Manuel Valls très rapidement dit
12:59« ça, c'est pas ma ligne, Benoît Hamon »
13:01et refuse de le soutenir.
13:02À ce moment-là, il est vu par une partie de l'électorat socialiste
13:06comme un traître.
13:06Et deux mois plus tard, le 29 mars 2017,
13:09Manuel Valls fait savoir qu'il va finalement voter
13:12Emmanuel Macron à la présidentielle
13:14alors qu'il s'était engagé à soutenir le vainqueur
13:17de la consultation interne au PS.
13:19Marcel Ovest-Fred, est-ce qu'Emmanuel Macron
13:21le récompense d'une façon ou d'une autre pour ce soutien ?
13:24Alors, il ne lui donnera pas d'investiture
13:26pour les législatives qui suivront la présidentielle.
13:28En revanche, il finira par ne pas lui mettre
13:31de candidat en marche face à lui.
13:33En revanche, tous les lieutenants de Manuel Valls
13:36sont, eux, laissés à l'abandon d'une certaine façon.
13:39Aucun n'est récupéré par le nouveau pouvoir.
13:44Emmanuel Macron est élu président le 7 mai.
13:47Pendant les législatives qui suivent,
13:49Manuel Valls, qui rêvait de l'Elysée,
13:51lui aussi se fait réélire député de l'Essonne.
13:54Deux justesses à moins de 200 voix près.
13:57Dans les mois qui suivent, Manuel Valls déprime
13:59et au printemps 2018, sa deuxième épouse,
14:02la violoniste Anne Gravoin, le quitte
14:04après avoir découvert à la une de Closer
14:06sa liaison avec une députée macroniste.
14:09Marcel Ovest-Fred, pendant l'été qui suit,
14:11donc l'été 2018, Manuel Valls fait le choix
14:14de partir vivre dans le pays de son père,
14:16l'Espagne, en Catalogne.
14:17Il a une ambition, devenir maire
14:20de sa ville de naissance, Barcelone.
14:22Alors là, c'est la surprise générale
14:23puisque lui qui avait brigué
14:27les plus hautes fonctions en France
14:29se retrouve à faire ses adieux à la politique française
14:31et à tenter un pari un peu fou
14:34qui consiste à aller briguer
14:36cette mairie de Barcelone
14:38sur un positionnement
14:41anti-indépendantiste
14:43revendiqué.
14:44Et là encore, nouvel échec,
14:46puisque finalement il arrivera quatrième
14:48et au terme d'une élection
14:50qu'il vaudra à son parti d'ailleurs
14:52d'être condamné sur place
14:54pour financement illicite.
14:57C'est donc un fiasco
14:58et il rentre en France en 2021.
15:01Au passage, il s'est remarié
15:03avec Susanna Gallardo,
15:05une riche héritière d'une société
15:06pharmaceutique catalane.
15:08Et quand il rentre en France,
15:09Marcel Ovest-Fred,
15:10il devient chroniqueur sur BFM TV.
15:13C'est une façon de continuer à exister,
15:15c'est ça ?
15:16Oui, c'est quelqu'un
15:17qui a toujours aimé les caméras,
15:19aimé être dans la lumière.
15:20Donc ce passage à vie
15:21est difficile.
15:21Et puis, il a besoin
15:23de commencer à remettre un pied
15:26dans la vie politique française
15:28et il va faire ce que
15:29beaucoup d'anciennes gloires
15:30de la politique font,
15:32c'est-à-dire chroniqueur
15:33à la télévision,
15:34le temps de trouver
15:35une porte de sortie.
15:36Emmanuel Macron se fait réélire
15:38le 20 avril 2022.
15:39Les législatives sont organisées
15:41les 12 et 19 juin.
15:43Marcel Ovest-Fred,
15:44Manuel Valls tentent un retour.
15:45Il est candidat
15:46dans une circonscription
15:47des Français de l'étranger.
15:49Alors d'abord,
15:49il avait dit au revoir
15:50aux Français,
15:51à la vie politique française
15:52et on le retrouve
15:53à nouveau candidat.
15:54Donc ça suscite
15:54un certain nombre
15:55de sarcasmes.
15:56Et en plus,
15:57le résultat est catastrophique
15:59parce que lui,
16:00Manuel Valls,
16:01avait l'étiquette macroniste.
16:03Or, il est battu
16:04par un dissident
16:06qui était le candidat
16:08sortant macroniste
16:09qui l'emporte.
16:10En mars 2023,
16:12il critique violemment
16:13Emmanuel Macron
16:14dans une tribune
16:14qu'il signe
16:15dans le Figaro.
16:16Dans ce texte,
16:17il prône carrément
16:18un accord de coalition
16:19avec la droite,
16:21entre les macronistes
16:22et la droite,
16:22pour pouvoir gouverner
16:24et non pas
16:26rester dans une logique
16:27de débauchage
16:29où des personnalités
16:30de droit,
16:30des transfuges,
16:31arriveraient et seraient englouties
16:32dans une sorte
16:33de magma macroniste.
16:34En 2024,
16:36Emmanuel Macron dissout
16:37l'Assemblée
16:38le 9 juin
16:38suite à l'échec
16:40de son camp
16:40aux élections européennes.
16:42Manuel Valls
16:43ne se présente pas
16:44aux législatives anticipées
16:46mais quelques jours
16:46avant le scrutin,
16:47il co-signe une tribune
16:49dans le journal Le Monde.
16:50Tribune qui renvoie
16:51dos à dos
16:52le RN
16:52et la France Insoumise
16:53avec ce titre
16:54« Notre voix ne se portera
16:56ni sur un candidat RN
16:58ni sur un candidat LFI ».
17:00Manuel Valls
17:01est au fond
17:01le théoricien
17:03de ce qu'on appellera plus tard
17:04l'arc républicain
17:05c'est-à-dire qu'en
17:06développant l'idée
17:07qu'il y a deux gauches
17:08irréconciliables
17:09il pointe du doigt
17:11le fait qu'une partie
17:11de la gauche
17:12pour lui n'a pas
17:13droit de citer
17:13ou en tout cas
17:14n'est pas sa gauche
17:15et il condamne notamment
17:17tous les propos
17:18de Jean-Luc Mélenchon
17:19il dénonce
17:20une dérive islamo-gauchiste
17:22il considère
17:23que son antisionisme
17:25à cette frange de la gauche
17:26est en fait
17:27un antisémitisme déguisé
17:29et donc
17:30il va mettre
17:31sur un pied d'égalité
17:32le Rassemblement National
17:34et la France Assoumise
17:37Fin 2024
17:38le 9 novembre
17:39dans le Parisien
17:40Manuel Valls
17:41attaque une nouvelle fois
17:42Emmanuel Macron
17:43cette fois
17:44sur sa gestion
17:45de la crise politique
17:45en Nouvelle-Calédonie
17:47crise à l'origine
17:48d'émeutes violentes
17:49au mois de mai
17:50qui ont fait 14 morts
17:51dont deux gendarmes
17:52et les mots
17:53de Manuel Valls
17:53sont très forts
17:54le dossier lui est extrêmement cher
17:56parce qu'il s'en est beaucoup occupé
17:58comme premier ministre
17:59que par ailleurs
18:00c'est un dossier
18:01sur lequel
18:02ses deux mentors
18:03Michel Rocard
18:04et Lionel Jospin
18:06ont signé
18:07des accords historiques
18:08accord de Nouméa
18:09accord de Matignon
18:10donc quand il voit
18:11le chef de l'état
18:12s'en occuper
18:13et s'en occuper
18:13comme il s'en est occupé
18:14c'est quelque chose
18:15qui va leur révulser
18:16il va parler
18:17dans cette interview
18:18aux parisiens
18:18d'entêtement
18:19imbécile
18:20et criminel
18:21les mots sont
18:22d'une extrême violence
18:23il considère
18:24qu'Emmanuel Macron
18:24n'a pas à s'occuper
18:25de ce dossier
18:26que par ailleurs
18:26il s'en occupe mal
18:28une attitude
18:29qu'il va juger
18:29jusqu'au boutiste
18:30et il considère
18:32que ce dossier
18:33doit être géré
18:34comme toujours
18:35par les premiers ministres
18:36et ce n'est pas
18:36à l'Elysée
18:37de s'en mêler
18:38On en revient
18:39au début de cet épisode
18:40de Code Source
18:41le lundi 23 décembre
18:42François Bayrou
18:43fait donc appel à lui
18:44pour le ministère
18:46des Outre-mer
18:46François Bayrou
18:47à ce moment-là
18:47cherche à constituer
18:49un gouvernement
18:50de personnalité
18:52forte
18:53de poids lourd
18:54alors il se tourne
18:55vers cet ancien
18:56premier ministre
18:57qui
18:58ça tombe bien
18:59veut revenir en politique
19:00et qui du coup
19:02accepte
19:02et fait un retour
19:04inattendu
19:056 ans après avoir
19:06quitté la vie politique
19:07française
19:07il se retrouve dans
19:08cette équipe
19:08avec une autre
19:09ancienne première ministre
19:11qu'est Elisabeth Borne
19:12à un rang protocolaire élevé
19:14il est numéro 3
19:14avec un titre
19:15de ministre d'Etat
19:16C'est un retour
19:17inespéré pour lui ?
19:18Inattendu
19:19d'autant qu'on l'a souligné
19:21avec Emmanuel Macron
19:22ça a été en permanence
19:24une relation
19:24faite de
19:25je t'aime moi non plus
19:26de rapprochement
19:28de critique
19:29ces deux hommes-là
19:30sont en fait
19:31assez proches
19:31sur le fond
19:32mais leur personnalité
19:34n'ont cessé
19:35de s'entrechoquer
19:36et là
19:37il revient
19:38sur un poste important
19:42On l'a dit
19:43quand on apprend
19:43l'entrée
19:44de Manuel Valls
19:45au gouvernement
19:45les réactions
19:46sont parfois
19:46très virulentes
19:47à gauche
19:47dès le lendemain
19:49le 24 décembre
19:50le nouveau ministre
19:51des Outre-mer
19:52est l'invité
19:52de la matinale
19:53de France Inter
19:54et un auditeur
19:55l'insulte
19:56à l'antenne
20:21Jean-Noël
20:22s'il vous plaît
20:22je vous coupe
20:23les insultes
20:24n'ont pas leur place
20:25sur cette antenne
20:25Comment il réagit
20:26à cette attaque vulgaire ?
20:28Il ne s'y attarde pas
20:29outre mesure
20:30il s'attendait
20:32de toute façon
20:32à des réactions vives
20:34Moi je suis frappé
20:35quand même
20:35d'une manière générale
20:36par le climat
20:38de violence
20:39d'hostilité
20:41à l'égard
20:42des responsables politiques
20:43mais parfois aussi
20:43entre les français
20:45Je l'avais rencontré
20:46dix jours avant
20:47sa nomination
20:48il était assez conscient
20:50de son impopularité
20:52d'ailleurs
20:52il ne pensait pas
20:53revenir
20:54à une campagne électorale
20:55en France
20:56donc il s'attendait
20:58à ça sans doute
20:59et puis c'est un battant
21:00c'est quelqu'un
21:01qui sait que de toute façon
21:02le ministère
21:03des Outre-mer
21:04peut lui permettre
21:05de tourner la page
21:07de montrer autre chose
21:08il se trouve
21:08par ailleurs
21:09qu'il y a des dossiers
21:11extrêmement brûlants
21:13sur le plan
21:14régalien
21:14sécuritaire
21:15social
21:17dans ce ministère là
21:18c'est évidemment
21:19la Nouvelle-Calédonie
21:21c'est les Antilles
21:22c'est le cyclone
21:24Chido
21:24qui a dévasté
21:25l'archipel
21:26de Mayotte
21:27et donc
21:27il sait que ce sont
21:28des dossiers
21:29difficiles
21:30mais sur lesquels
21:30l'opinion publique
21:31l'attend
21:31et donc
21:32il y voit
21:33comme un défi
21:33pour justement
21:34pouvoir
21:35tourner la page
21:36montrer à nouveau
21:37qu'il sait
21:38exercer le pouvoir
21:40est-ce qu'on sait
21:41ce qui pousse
21:42Manuel Valls
21:43à continuer la politique
21:44malgré tous les revers
21:45qu'il a vécu
21:45comme le disait
21:46l'un de ses amis
21:47Manuel Valls
21:48c'est un homme
21:49qui a été
21:50dans le combat politique
21:52toute sa vie
21:52il n'a jamais fait
21:53autre chose
21:54que
21:55la politique
21:56les campagnes électorales
21:58les batailles
22:00d'opinion
22:01d'appareils
22:02donc
22:03il a eu
22:04des traversées du désert
22:05il a eu des échecs
22:06et c'est quelqu'un
22:07qui pense
22:08qu'il est passé
22:09à côté de son destin
22:10donc quand cette porte
22:11s'entre-ouvre
22:12il fonce
22:13avec une énergie
22:16démultipliée
22:16avec un sens
22:17de la communication
22:18qui est très fort
22:18avec beaucoup d'expérience
22:19il espère pouvoir
22:22redorer son image
22:23qui est en ce moment
22:24assez dégradée
22:32Merci Marcel Ovest-Fred
22:34cet épisode de Code Source
22:35a été produit par
22:36Clara Grosys
22:37et Clémentine Spiller
22:38réalisation
22:39Julien Moncouquiol
22:40Code Source
22:41est le podcast quotidien
22:42d'actualité du Parisien
22:44n'hésitez pas
22:44à laisser un commentaire
22:45ou des petites étoiles
22:46sur votre application
22:48audio préférée
22:49et puis on vous invite
22:50également à écouter
22:50le second podcast
22:51du Parisien
22:52Crime Story
22:53chaque samedi
22:54dans Crime Story
22:55une nouvelle affaire criminelle
22:56racontée par
22:57Claudia Prolongeau
22:58avec Damien Delsenis
22:59le chef du service
23:00police-justice du Parisien
23:02Générique
23:03d'après-midi
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